Assemblée Générale

Ce soir, j’ai assisté à l’Assemblée Générale de l’OCA pour la première fois en presque 3 ans d’adhésion. Anciennement, c’était mon avis que c’était pour les « vrais », pas les intrus comme moi. Mais chaque année, le bureau est élu en janvier, et cette fois, ça veut dire moi.

Avant de continuer, la prochaine fois où un français me dit qu’un événement aura lieu au premier étage, et on est aux États-Unis, je m’en souviendrai qu’il aura voulu dire le deuxième étage. On ne dit pas « rez-de-chaussée » en anglais. J’ai perdu du temps à cause de ça.

On a dû apporter des plats salés. Voici le mien, les gougères au saumon fumé de mon dîner icaunais :

Assiette avec 30 gougères coupées en deux et fourrées avec du fromage à tartiner Alouette, du saumon fumé et de l'aneth.

C’était très généreux de ma part. Il y avait 3 œufs dans ces gougères. Du vrai or pour les dorer aurait été moins cher. Les 80 grammes de Comté dans ce plat était certainement moins cher. Oui, malgré étant ici.

Je vous ai déjà dit que j’étais responsable de préparer un diaporama pour l’événement avec un sommaire des activités de l’année dernière. Mais cette année est le 25e anniversaire de l’association, alors j’ai dû aussi préparer une rétrospective des 25 dernières années. Ici, je suis très fier de ce que j’ai fait, même si je ne peux pas vous le montrer directement.

Le groupe privé sur Facebook n’existe que depuis 2015, alors j’ai dû demander de l’aide pour trouver des photos des 15 premières années. Ce qui rend la situation encore plus compliquée, c’est que beaucoup de monde viennent et partent en 3-4 ans. Il y a du monde qui vivent ici depuis longtemps, mais je dirais que la grande majorité sont ici pour travailler pendant des années, puis ils rentrent. Alors, il n’y avait que trois familles qui m’ont répondu avec des photos de la période en question. Mais heureusement, ça a suffi.

Je ne me considère pas un grand maître de PowerPoint — compétent, mais pas la sorte qui va passer des heures en créant des arrière-plans compliqués ou des animations complexes. Les bandes-sonores, c’est autre chose, et surtout si on va jouer sur la nostalgie. Alors pour commencer, il y avait les versions « piano sans voix » de Tes Yeux Noirs et Le Baiser tirées de l’album Singles Collection 1981-2001 d’Indochine. Puis, quand j’ai atteint les activités du groupe de cinéphiles, un extrait de La Dernière Séance, joué sur Taratata par Eddy Mitchell avec Thomas Dutronc, Axel Bauer et Paul Personne. Pour les activités culturelles, la musique change à « De l’autre côté de mon rêve », par Véronique Sanson. Pour les soirées de jeux et de cartes, j’ai choisi Nuit d’ivresse par Les Rita Mitsouko. Après ça, on passe à la partie historique.

J’ai commencé cette partie avec la version d’Un Autre Monde que j’ai de l’album « Au cœur de Téléphone ». Il me semblait parfait pour représenter la génération qui a immigré ici il y a 25 ans. On m’a envoyé une photo d’un concert de Patrick Bruel en 2011 à Los Angeles, où plusieurs membres l’avaient rencontrés après le concert. Alors la musique change à « Chacun Fait C’Qui Lui Plaît », chanté par lui sur Taratata, juste avant son apparition sur l’écran. Pas mal, hein ? Le tout finit avec un dernier extrait de Taratata, où Sheila, Julie Zenatti et des autres chantent « Le Temps de l’amour », afin que mon diaporama finisse sur les paroles « On s’en souvient ».

Avouez-le, si on vous aviez dit « C’est un américain qui va préparer le diaporama pour les 25 ans d’une association francophone », mais vous ne saviez pas lequel, auriez-vous jamais deviné que la bande-sonore serait comme ça ? NOPE.

Alors, comment était-il accueilli ? Croiriez-vous que toute la salle chantait avec La Dernière Séance et Un Autre Mode ? Ben oui, car vous avez tous vu Taratata, et vous savez comment vous faites tous. Je n’aurais pas pu demander plus. J’ai l’impression que des yeux ont été ouverts ce soir, et peut-être qu’il sera plus facile de m’intégrer au futur.

Mais ce ne serait pas une histoire de Justin sans des catastrophes. J’avais proposé mon propre rétroprojecteur pour l’occasion, mais c’est un truc de vieux (2004). Je ne vais pas vous ennuyer avec tous les détails techniques, mais disons que l’on a dû se précipiter pour trouver autre chose.

L’élection s’est déroulé très rapidement. On a été tous annoncés, puis Madame la présidente a demandé à l’assemblée de lever les mains s’ils étaient pour nous tous.

« Mais Justin », vous me dites, « il n’y avait qu’une catastrophe ; vous l’avez exagéré ? » Jamais. Disons qu’il y a un groupe d’hommes américains là que je connais, tous mariés à des Françaises. Il y en a un qui ne me connaissait pas avant, car il ne parle pas la langue, alors il n’assiste aux événements en général. Il m’a demandé, en anglais, « Tu as appris le français pour ta femme ? » Je sais qu’il ne voulait rien faire de mal. Mais en ce moment-là, si j’aurais pu fondre comme la Méchante Sorcière de l’Ouest, vous ne liriez pas ce billet. Ce n’était pas le seul malentendu de la soirée, mais je n’en dirai plus.

Je ne devrais pas m’en plaindre. J’espère depuis le moment où je suis devenu bénévole que ça m’aiderait à être accepté, et je crois que les choses s’arrangeront mieux à cet égard.

Assiette de madeleines faites maison par Justin Busch

Samedi avec Adolphe

Comme prévu, on parle d’À la recherche du temps perdu un jour à l’avance cette semaine à cause du fait que samedi soir, je serai occupé. Je reconnais que vu la matière de ce blog, on pourrait en conclure du gros-titre que je parle d’un certain leader allemand, mais ce n’est pas de ma faute que Proust a donné ce prénom à l’oncle de son narrateur.

Je dois avouer que je n’ai avancé que de 20 pages depuis la dernière fois. À ce rythme, il me faudra 2 1/2 ans pour finir ce livre ! Je ne peux pas du tout supporter ça, alors je dois trouver un moyen de lire plus vite.

J’avais pensé la semaine dernière que j’étais loin de lire la fin de sa description de l’église Saint-Hilaire. Je me suis trompé. Je n’étais qu’à 2 pages de la fin de ça, mais Einstein vous aurait dit que Proust est un bel exemple de la relativité ; quand on essaye de déchiffrer 2 pages de Proust, le…temps…ra….len…tiiiiiiiiiiiit. <Des sons de ronfler. > Désolé, où étais-je ? Ah oui, l’église. Après nous avoir régalé avec une description détaillé de l’abside, il finit par nous expliquer que tout autre clocher ou flèche lui rappelle Saint-Hilaire, et quand il demande de l’aide dans la rue, s’il aperçoit un tel bâtiment, il se fige en place en se souvenant de l’église. J’ai des nouvelles, M. Proust. Ce n’est pas juste là.

Puis, on reprend l’histoire de sa tante Léonie. Il s’avère qu’en plus de ne plus sortir de sa chambre, elle a viré tous ses visiteurs, sauf une, une certaine Eulalie. Si on l’encourage à prendre une balade, on se retrouve jeté. Si on la prend au sérieux et croit que sa maladie est trop grave, même chose. C’est seulement cette Eulalie qui sait naviguer les Scylla et Charybde de ses humeurs (métaphore pas utilisé chez Proust à ce point, peut-être la seule qui n’y est pas imprimée). Ça nous amène aux repas que Françoise prépare quand Eulalie leur rend visite, mais j’ai réussi à réduire la longueur de mes billets jusqu’à ce point, alors on saute cette partie.

Le narrateur mentionne qu’il avait l’habitude de quitter la maison après ces repas pour regarder les affiches des théâtres sur une colonne Morris du village. Il n’est jamais allé dans un théâtre, il veut juste choisir quelle pièce de théâtre devrait être sa première. Je m’attends à la fin de l’univers avant qu’il ne prenne une décision, mais de son tour, ça lui rappelle son oncle Adolphe.

Je vous rappelle que pour un homme de moyen âge, je suis très, très naïf. Je crois que j’ai enfin compris cette partie, mais Proust écrit de façon si elliptique que je n’étais pas complètement sûr. L’oncle Adolphe avait apparemment deux habitudes : se plaindre que le narrateur ne lui rend pas visite assez souvent, et recevoir des dames chez lui. Mais qui sont ces dames ? Selon le narrateur, il parlait à son oncle des acteurs et des actrices, et il lui semblait que les dames étaient peut-être aussi des actrices.

Un jour, il rend visite à son oncle quand il n’est pas attendu, mais c’est la visiteuse qui insiste sur l’accueillir. Il paraît qu’elle connaît peut-être les parents du narrateur — honnêtement, je n’étais pas sûr si elle prétendait, ou si c’était sincère. De toute façon, Adolphe demande au narrateur de ne pas mentionner la présence de madame chez lui, mais le narrateur le fait quand même, et en résultat, il y a une rupture entre la famille et l’oncle Adolphe, telle que ils ne se reverront plus jamais.

C’est une courtisane, M. Proust, vous pouvez juste le dire. Je n’aime pas jouer à Sherlock Holmes pour le moindre détail.

Nous sommes à 110 pages dans ce livre, et je n’ai toujours pas la moindre idée d’où vient le titre « Du côté de chez Swann ». Du côté de chez tante Léonie, peut-être. Faites quelque chose, M. Swann, je suis prêt pour un peu d’intrigue !

La Saint-Galentine

Les courriels commencent à m’énerver vraiment, et j’étais très occupé hier, alors vous avez droit à — quoi d’autre ? — mes plaintes sur une nouveauté américaine. Pour info, j’aurais pu écrire sur mon diaporama pour l’Assemblée Générale de l’OCA, qui aura lieu samedi soir (Dimanche avec Marcel sera plutôt samedi cette semaine), mais je ne peux pas vous le montrer directement, alors ça attendra mon post sur l’événement. Disons que je suis particulièrement fier de la bande-sonore. Mais revenons aux moutons, car ils me dérangent en ce moment.

Le cauchemar annuel s’est lancé le 16 janvier cette année avec ce courriel de chez Sanrio :

Capture d'écran du sujet d'un courriel de chez Sanrio ainsi que son logo.

Le sujet dit « Soyez prêts pour la fête « Galentine’s » ». « Mais Justin », vous me dites, « pourquoi est-ce qu’un homme de moyen âge reçoit des courriels de la manufacture de Hello Kitty ? » Attention, c’est qui qui pose les questions ici ? ([C’est plutôt un homme du Moyen-Âge. — M. Descarottes]) Mais bon, si vous devez insister, je me suis abonné quand La Fille n’avait qu’un an. Et c’est impossible de désabonner car Hello Kitty est si kawaii (mot japonais qui veut dire « si mignon que ça donne envie de vomir »).

Mais je ne vous ai pas montré la capture d’écran pour critiquer mes goûts en peluches — euh, je veux dire « les goûts de La Fille en peluches ». C’est pour m’en plaindre de « Galentine’s ». Évidemment, ça part du nom de la fête du 14 février, connue en anglais sous le nom « Valentine’s Day ». « Gal » est un mot argotique pour les femmes ; je dirais que « meuf » est le bon équivalent. Ce néologisme veut suggérer que pour la Saint-Valentin, les femmes devraient faire…quoi que ce soit que les femmes font ensemble. Je ne sais pas, je ne suis pas témoin de ces activités. Mais c’est quand même sans les hommes.

Macy’s, la grande surface qui a acheté tous ses concurrents et est la seule qui reste aux États-Unis, a fait la même chose. Est-ce que les femmes s’achètent des sacs à main et du maquillage, les unes pour les autres ? Je ne sais pas. Mais Macy’s doit savoir que je suis un homme — sinon, j’ai une histoire d’achats là qui est très bizarre.

Capture d'écran d'un courriel qui dit « Des cadeaux pour ta galentine ».

Et le pire de ces courriels doit être celui que j’ai reçu hier après-midi d’une entreprise vinicole en Californie du Nord, Guglielmo Winery. Oui, vu le nom, faut savoir qu’elle a des racines italiennes. Je ne sais pas pourquoi je reste abonné. Anciennement — c’est-à-dire il y a 20 ans, quelqu’une et moi aimaient ses vins, qui avaient un rapport qualité prix plutôt bon pour des vins de 10-15 $ la bouteille. Mais ça fait 16 ans depuis la dernière fois où j’y a visité, et depuis 2020, les seuls vins que j’achète sont français. De toute façon, c’était ça l’annonce du jour :

Capture d'écran d'un courriel de Guglielmo Winery qui annonce la Soirée Galentine.

Ça dit qu’il y aura une « Soirée Galentine’s » le 7 février. Super, ça ne me concerne pas du tout. Mais quelque chose dans le courriel m’a fait arrêter tout court :

Capture d'écran de la pub dans le courriel pour "Stacked by Stef", fournisseur de bijoux.

Ça dit « Stacked by Stef », une entreprise qui vend ce qu’elle appelle des « bijoux permanents ». Pourquoi permanents ? Parce qu’après avoir choisi un bracelet, madame la propriétaire le soude. Il n’y a pas de fermoir. C’est donc pour la vie (je suppose qu’avec la bonne cisaille, on peut régler ça, mais quand même).

Honnêtement, je ressens tout ça, car cette idée de « Galentine’s » encourage exactement l’attitude de la règle de 6-6-6. Mais d’autre part, mesdames, si vous allez vous faire soudre des bijoux, peut-être que je veux en savoir moins. Beaucoup moins.

Non, mais sérieusement, et si on avait besoin d’une IRM ?

OK, dernière chose : aimeriez-vous deviner ce qui veut dire « Palentine’s » ? Je n’invente rien :

Capture d'écran d'un courriel qui dit, traduit de l'anglais, « Les meilleures recettes de Palentine's »

Les cookies chocolat et Twix de Péla

Il y a une semaine, j’ai montré de nouvelles photos de chez Péla à La Fille. Elle m’a répondu : « Tu ne vas pas me torturer en me montrant ces photos sans les préparer toi-même. » J’ai demandé « Ou quoi ? » « Ce n’était pas une question, Papy. Hop, au four ! » Alors voici les cookies chocolat et Twix de Péla :

Des cookies en gros-plan avec le sceau d'approbation de La Fille
Haute résolution en cliquant

Vous avez faim maintenant, alors allons les préparer !

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Le don de plaquettes, version 2025

C’est encore une fois le temps pour mon appel annuel pour donner des plaquettes. Vu l’augmentation d’abonnés depuis la dernière fois, je répéterai l’histoire de comment il se passe que je fais ça.

Fin 2021, la niece d’une copine de classe de mon lycée, Sadie Winberg, est tombée malade d’une leucémie. Elle a eu un AVC, comment la maladie a été découverte, alors c’était déjà très avancé. Une collecte de sang a été organisée pour février 2022, mais Sadie est morte à l’âge de 14 ans en janvier.

Je suis un monstre en forme humaine, mais j’étais touché de façon égocentrique car La Fille n’avait que ses 11 ans quand tout ça s’est passé. C’était très, très facile d’imaginer ma fille à sa place. Je n’allais pas aller à la collecte de sang originale, car c’était à San Diego, à plus de 100 km de chez moi, mais après avoir entendu parler de sa morte, j’ai pris un rendez-vous pour donner des plaquettes, le don le plus utile pour les patients atteints de cancer. Je n’ai rien dit ici cette année-là, parce que je croyais que la famille voulait garder sa confidentialité.

Mais en 2023, quand j’ai vu que les Winberg organisaient un concours en souvenir de Sadie, j’ai décidé que ce serait une cause caritative annuelle pour moi. Le don en 2022 était devenu toute une aventure, car j’ai dû essayer 3 fois afin de le réussir — la première fois, j’avais pris de l’aspirine, et la deuxième fois, l’infirmière m’a blessé. Tout ça est raconté dans mon appel de 2023. J’ai répété le don en janvier 2024, et aujourd’hui, après l’avoir raté la semaine dernière, nous voilà.

Voici l’affiche pour le concours qui aura lieu début février :

Affiche pour le concours 5km "Because of Sadie"

Et voici des photos qui prouvent qu’encore une fois, j’étais là. Il y a des pansements sur mes deux bras, parce que les plaquettes exigent une aiguille dans chacun — une pour extraire le sang, et l’autre pour le rendre, sans plaquettes.

Comme à chaque fois, je portais un t-shirt en français et mon casque audio Focal, fabriqué en France, parce que je voulais que tous ceux qui me rencontraient attribuent le mérite aux francophones. Et qu’est-ce que j’écoutais pendant les 2 heures sur place ? Le disque du Central Tour d’Indochine, bien sûr. Tout comme en 2023, ça a créé des problèmes, car je pleure souvent en l’écoutant, surtout pendant Nos Célébrations et L’Aventurier, et les infirmières croyaient que je souffrais. (C’était vrai, mais du mal du pays, pas des aiguilles.) Rien que la vérité, je vous jure.

Alors, étant complètement sans pitié, voici la partie où je vous demande de vous faire piquer avec des aiguilles, puis passer deux heures au lit sans bouger. Les plaquettes ne durent que 5 jours avant d’expirer, alors il y en a toujours besoin. Mais si vous n’avez que 20 minutes, le sang entier est aussi le bienvenu.

Je vais le rendre tout simple pour vous. En France, la Croix Rouge n’a rien à voir avec les collectes de sang. Vous avez plutôt l’Établissement français du sang. Cependant, il n’est pas le cas que toutes les maisons de dons peuvent prendre des dons de plaquettes. Voici la liste. Ne doutez pas que j’ai déjà tout lu. Croiriez-vous que l’on accepte des dons de sang même à Aurillac ? C’est vrai, même si ça aurait étonné Belmondo dans Un singe en hiver. Voici l’examen pour vérifier si vous pouvez en donner. Merci de votre attention ; c’est vraiment ma cause préférée.

Adieu, M. Descarottes

Hier, les funérailles de M. Descarottes ont eu lieu à Sea Breeze Pet Cemetery à Huntington Beach (à environ 15 km de chez moi). C’était l’un des pires jours de ma vie, même un mois après son décès. La Fille m’a demandé de ne pas publier la photo de lui dans son cercueil, alors je ne le ferai pas. Je vous dirai simplement que son jouet préféré était là avec lui, exactement comme je l’avais demandé.

Commençons à l’entrée du cimetière. Voici l’enseigne, apparemment là depuis le début en 1961 vu son état :

Enseigne qui dit Sea Breeze Pet Cemetery, cimetière d'animaux d'compagnie

Avant de passer aux funérailles, voici quelques images du terrain. D’abord, des tombes près de l’entrée :

Quelques tombes recouvertes de fleurs

Et une statue du tout premier animal enterré au cimetière, « Old Sarge », un chien qui a servi avec les Marines pendant la Seconde Guerre mondiale :

Statue en plâtre blanc du chien nommé "Old Sarge"

Voici l’extérieur de la morgue. Je ne vais pas vous montrer la chapelle, car il était là avec le cercueil ouvert :

Photo de la morgue, un bâtiment d'une étage, beaucoup plus long que large.

Notre premier cobaye a été enterré à côté d’un arbre. M. Descarottes l’a rejoint sur le même site :

Vue du site du tombe à côté d'un arbre, à droite. Il y a une brouette pleine de terre à gauche, et un mur en arrière-plan.

Vous ne pouvez pas le voir d’ici, mais nous sommes à 4 km du Pacifique, en direction derrière le mur sur la photo. Les deux cobayes sont enterrés avec leurs têtes face à l’océan.

L’équipe ne nous a pas permis de parler ou offrir des prières avant de commencer de remettre la terre dans le trou. Ils voulaient finir le plus vite possible. On en parlera plus en bas. Pour l’instant, voici la tombe à la fin de l’affaire, l’herbe remplacée sur le trou :

La tombe après avoir rempli le trou avec de la terre.

Et voici une vue de la tombe de l’autre sens, en regardant vers l’arbre du côté de la tombe, au lieu de derrière l’arbre :

Vue de la tombe de l'autre côté, regardant de gauche à droite

M. Descarottes ne serait pas content de moi si je ne râlais pas en son nom quant au comportement des pompes funèbres. Alors, vu qu’il est mort le 19 décembre, pourquoi est-ce que les funérailles n’ont pas eu lieu qu’un mois plus tard ? Rien de la sorte n’est arrivé la dernière fois, après tout.

Le cimetière est complet. Toutes les tombes sont déjà payées. Quand nous avons payé la tombe du premier cobaye en 2019, c’était assez d’espace pour 3 rongeurs ou un chat ou chien. Vu que nous n’allions jamais enterrer un plus grand animal, ce n’était pas un problème. Mais en 2019, il y avait une plus grande équipe — de nos jours, il n’y a que deux employés, un homme et une femme. Monsieur est paresseux comme personne d’autre, et madame n’est pas capable de creuser les tombes. Officiellement, la morgue est ouverte 8 heures par jour, 5 jours par semaine.

En fait, monsieur n’y travaille que deux ou trois jours par semaine, et il quitte les lieux pas plus tard que 13h à chaque fois. Il a refusé d’être disponible pendant les vacances d’hiver en janvier, ni plus tard même si ce serait le seul enterrement d’un jour, et je ne pouvais pas retirer La Fille du lycée pour ça. Si mon ex n’avait pas accepté un échange de garde pour ce week-end dont le 20 — un jour férié aux États-Unis à l’honneur de Martin Luther King — les funérailles auraient dû attendre jusqu’en mars ou bien en avril. Il ne fait aucun effort pour travailler avec les familles.

Voici le panneau qui nous a accueilli au moment de notre arrivée — « Closed » veut dire « fermé » :

Photo d'une fenêtre avec un panneau qui indique que la morgue est fermée

C’est évidemment devenu un boulot à temps partiel pour les deux personnes qui travaillent toujours là, et ils font leur tout pour rendre l’expérience la plus désagréable possible pour les familles en deuil. Je n’ai pas de mots pour exprimer mon vrai avis.

Après l’événement, nous avons déjeuné avec mes parents (aussi là pour l’enterrement) chez Marie Callender’s, une chaîne de restos célèbre pour leurs tartes ainsi qu’un plat dit « pot pie ». Il me faudra vous en faire un, car je n’ai aucun espoir de l’expliquer. J’avais espéré qu’une tarte serait réconfortante pour La Fille, mais elle était trop triste pour manger. Pour ma part, j’ai eu du chili et cornbread (pain de maïs), un autre plat typiquement américain qu’il me faudra préparer pour vous :

Bol de chili et pain de maïs

C’était au moins un peu réconfortant pour moi, mais la vérité, c’est que nous avons à nouveau les cœurs brisés et il nous faudra un peu de temps pour guérir.

Saison 3, Épisode 43 — Des madeleines pour Queen

Cette semaine se déroulera plutôt différemment que d’habitude. Lundi sera les funérailles de M. Descarottes — je sais, ça fait longtemps, et je suis mécontent ([Moi aussi — M. Descarottes]), mais ce sera notre sujet de mardi. Mardi sera mon rendez-vous pour réessayer mon don de plaquettes annuel, alors j’espère que mercredi verra la bonne publication. J’ai une recette de cookies, déjà écrite, qui reste en attente. Et l’Assemblée Générale de l’OCA nous attend. Y aura-t-il Langue de Molière cette semaine ? J’sais pas.

J’entends parler qu’il y aura d’autres nouvelles des États-Unis lundi, mais ici, on parlera seulement du pauvre M. Descarottes. Il nous manque horriblement. La cage reste chez moi ; La Fille et moi l’avons discutée et il nous semble que c’est peut-être trop personnel, et que les autres serviteurs de cobayes se sentent mal à l’aise à donner des cages d’occasion à leurs propriétaires. On va donc probablement jeter la cage, avec tristesse.

D’habitude, les gros-titres sont satiriques et je ne dévoile que leurs titres ici, afin de vous encourager de les découvrir sur Spotify. Mais un brouteur a osé mettre un escroc dans les commentaires de l’article sur le Collectif AVI. Je ne l’ai pas approuvé, mais je vous donnerai un goût :

Capture d'écran d'un commentaire qui commence par « Bonjour, je m’appelle Monique LANTIN (île de la Réunion) et je suis victime d’une arnaque sentimentale sur le net. Le prétendant s’appelle Alain Verdier médecin chirurgien à Lille parti en mission humanitaire en Côte d’Ivoire et c’est fait »

Je vous épargne la longue histoire douteuse qui suit, mais elle recommande que l’on contacte un policier d’Interpol et donne une adresse Gmail. On trouvera ce même faux policier recommandé dans les commentaire de Télé Star, sous tout autre histoire. Impossible d’exagérer ma colère contre ces gens.

Les éliminatoires de la NFL continuent. Il reste mon vœu sincère que tout match de cette ligue finisse comme le match dans le film « The Dark Knight Rises ». Mais jusqu’au moment heureux, je suis ravi de dire que les Chargers de Los Angeles ont été éliminés.

J’ai de bonnes et de mauvaises nouvelles sur le blog. Toutes les années, je vous promets que je ferai plus d’efforts pour réduire la longueur des articles ici, et j’échoue à chaque fois. Mais après 3 semaines, il y a 10 % de moins de mots en moyenne par article par rapport à 2024. Malheureusement, même chose pour les commentaires et les mentions j’aime. Oups. Étant paranoïaque sur ces choses, j’offre mes excuses pour quoi que soit.

On n’en a pas parlé, mais La Fille, tyran qu’elle soit (le mot anglais « taskmaster » n’ayant pas de traduction exacte), a décidé que nous allions hausser le niveau de sport chez nous. On marche ensemble environ 5 km tous les jours depuis le début de l’année. C’est bon pour la glycémie, je dois l’avouer.

En parlant de La Fille, ne lui dites rien, mais je planifie le gâteau le plus compliqué de l’histoire du blog pour son anniversaire en mai. C’est d’après un gâteau qui se trouve dans Super Mario Party Jamboree. Il me faudra tout ce temps pour apprendre plusieurs choses jamais tentées ici. Heureusement pour elle, je crois qu’elle vaut la peine. Plus important, il fera toujours 4 mois avant mon prochain rendez-vous au labo pour une prise de sang.

Notre blague traite du général de Gaulle, et est censée être une histoire vraie. Les Bonnes Nouvelles concernent une nouvelle équipe de foot pas comme les autres. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Queen, Policier, et Scientifiques.

Sur le blog, il y a aussi Les milliardaires, ma plainte sur les gens qui se croient Batman sans l’être, Les rejets, l’échec de mon don de sang, et Le Comte de Monte-Cristo, ma critique du nouveau film.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Assiette de madeleines faites maison par Justin Busch

Dimanche à Combray

Dimanche avec Marcel est de retour. Cette semaine, nous nous retrouvons en terre inconnue ; c’est-à-dire la partie du livre après le tout premier chapitre. Mais on n’est pas allés très loin. La dernière fois, j’ai fini 65 pages ; cette semaine, on n’a atteint que la page 90, alors 25 de plus.

Avant de parler du livre lui-même, je dois vous dire quelque chose d’amusant. Ce soir, j’ai assisté à une soirée tarot. J’avais planifié un dessert normand, jamais vu ici, mais je l’ai gravement raté. (Quand j’ai dit ça à la soirée, tout le monde disait de telles choses comme « Oh, un petit bout brûlé n’aurait pas grand-chose. » Mais c’était complément inutile, comme ma bûche qui s’est effondrée il y a deux ans.) Alors, avec seulement 2 1/2 heures pour faire quelque chose de zéro, j’ai fait… ouaip, vous l’avez bien deviné, des madeleines.

Une assiette avec 16 madeleines, la moitié avec la bosse en haut, l'autre moitié avec le côté cannelé en haut.

Je ne les referai plus jamais pour ce groupe. « Mais Justin », vous me dites, « elles sont presque parfaites — aucune n’est trop cuite, et il y a une belle bosse sur chacune. » Je le sais. Et la moitié des invités — il y en avait 15 — les ont ignorées. Personne n’est obligé de les goûter, pour être clair, mais si j’avais su que vous ne les aimez pas, j’aurais fait autre chose. Laissez tomber et revenons à nos névroses, car c’est ça la matière d’À la recherche du temps perdu.

Alors, on a parlé de deux sujets dans ces 25 pages. La première, c’est sa tante Léonie, qui ne quitte plus sa chambre pour rien. Elle est en fait la cousine du narrateur, mais il nous dit qu’il l’appelait sa tante. De toute façon, elle regarde le monde de sa fenêtre tout le temps, et est une bavarde qui demande sans cesse à sa cuisinière, Françoise, qui sont tous les personnages qu’elle ne reconnaît pas. La pauvre Françoise entend de nombreuses plaintes dans cette partie qu’elle prépare trop d’asperges et aussi qu’elle devrait chercher de plus grosses asperges. Le temps que le narrateur n’ait cessé de parler de tante Léonie, j’étais déjà bien fatigué d’elle. Elle se plaint beaucoup trop, et quand c’est moi qui le dit, vous savez exactement à quel point elle doit être ennuyeuse.

L’autre chose de laquelle il parle, c’est Saint-Hilaire, l’église du village de Combray. Il a réussi à dire très peu d’important après 10 pages consacrées juste à ça (et on n’a toujours pas fini de parler de l’église. On sait que le narrateur se souvient de certains personnages du village, tels que Mme Sazerat, qui arrive toujours avec un paquet de la boulangerie locale. Et qu’il y a une tapisserie là-dedans dont les personnages du livre d’Esther ressemblent à un ancien roi de France et à l’amante du tapissier. Et que l’abside de l’église est plutôt moche par rapport aux cathédrales de Chartres et de Reims. Non, mais sérieusement.

J’attendais à ce que quelque chose se passe dans cette partie, et j’étais gravement déçu à cet égard. On est à 90 pages, et à ce point, M. Proust continue juste de mettre la scène. Je sais que c’était la tendance parmi les romans psychologiques modernistes du début du XXe siècle — et c’est pour ça que je maudis toujours le nom de Theodore Dreiser, auteur américain de la même époque — mais je suis bien prêt à voir quelque chose arrivé qui n’est pas simplement le comportement habituel de tel ou tel personnage.

Je pense, pourtant, que j’aurais bien aimé cette Françoise. Elle n’est que domestique de la famille du narrateur, mais il me semble qu’elle a une attitude très saine, et autour de ce groupe, c’est déjà une grande réussite !

Le Comte de Monte-Cristo

Ce soir, j’ai regardé le nouveau film du Comte de Monte-Cristo avec mon groupe de cinéphiles de l’OCA. Avant de continuer, je dois dire deux choses qui n’ont rien à voir avec le film en soi. D’abord, à chaque fois où je dis ce nom, soit en français soit en anglais, j’ai envie de faire une blague stupide et l’appeler le Sandwich de Monte-Cristo, ce sandwich (lien en anglais) étant la version américaine du croque-monsieur. Mais l’autre chose vient du Gorafi, qui a publié un petit clip sur Facebook pour annoncer que vu le succès du film, il sera bientôt adapté en livre. Il y a des fois où je souhaite que vous puissiez me voir au moment où je fais une telle trouvaille. Celui-ci m’a tué.

Nous pouvions regarder le film, toujours pas disponible aux États-Unis, car l’organisatrice avait acheté le disque pendant un voyage en France. Alors nous avons dîné ensemble avant de regarder le film. Je n’ai rien fait cette fois — pour eux — mais vous aurez quand même droit à des photos des cookies que j’ai faits juste avant d’y aller. C’est notre post de demain.

Alors, le film. Je vous ai dit quelque part qu’enfant, j’avais lu une traduction abrégée en anglais. Ça fait longtemps, alors je ne dirais jamais que je connaissais l’intrigue en détail. Mais je me souvenais bien de son début — notre héros, Edmond Dantès, est accusé faussement d’être conspirateur napoléonien et passe une belle décennie au Château d’If en conséquence. Là, il fait la connaissance d’un autre prisonnier qui lui raconte où trouver un grand trésor. Avec ça, il pourra revenir pour se venger sur ses ennemis. Je me souvenais du nom Danglars, mais au-delà ça, j’avais beaucoup oublié.

Que dire ? Vous souvenez-vous du point auquel j’étais enthousiaste des 3 Mousquetaires : D’Artagnan l’année dernière ? C’était comme ça mais encore plus fort — je vous dirai maintenant que ce film porte une très haute recommandation de ma part. Très haute.

La partie que je connais le mieux, c’est le début, et c’était tout ce dont je rêvais. Je crois que cette partie a été légèrement changée du livre, mais ce qui compte, c’est que Dantès sauve une naufragée, ce qui a vraiment impressionné le propriétaire du bateau. Il vire Danglars et le remplace en tant que capitaine avec Dantès.

Malheureusement pour Dantès, la femme qu’il a sauvé est en fait conspiratrice bonapartiste, et elle portait une lettre signée par l’Empereur de son exil sur Elbe (d’où le nom de ma ville sur ce blog, Elbe-en-Irvine). Dantès ne pense plus à ça — avec son nouveau titre, il épousera enfin Mercédès, sa fiancée. Tant pis pour lui, son cousin Fernand a la même idée.

Au mariage d’Edmond et Mercédès, Edmond est arrêté par des soldats du roi. Le procureur Villefort fait un complot avec Danglars et Fernand pour se débarrasser d’Edmond par l’incarcérer dans le Château d’If.

Photo du Château d'If sur son île dans la mer près de Marseille.
Château d’If

Il est impossible de surestimer à quel point ce château hante mes rêves depuis 3 décennies. Quand je pense aux pires endroits du monde, c’est le cauchemar par excellence, une sorte de super-Alcatraz (prison californienne, aussi sur une île). Cette partie du film était ma préférée parce que nous les spectateurs vivons l’enfer qui est le Château. Les prisonniers sont enfermés dans des trous sous le sol d’où les gardes les surveillent. Chacun est confiné dans un isolement cellulaire. Vous savez que je suis un vrai cinglé, car après l’avoir vu, j’ai plus envie d’y visiter que jamais.

Après ça, je crois — mais j’aurais du mal à l’expliquer — que le film part du livre dans plusieurs sens importants. Je suis mal placé à en parler, mais le Dantès de cette partie est un peu le Batman du XIXe siècle, avec des gadgets que je trouve peu probables (jamais électriques — il s’agit de la construction de sa maison). Mais l’important est là — il est follement riche, et il fait son tout pour manipuler Danglars et Villefort, qui méritent tout ce qui leur arrivent, ainsi que Fernand.

La photographie de ce film est un point fort, ainsi que les travaux de Pierre Niney et Anaïs Demoustier, qui jouent dans les peaux de Dantès et Mercédès. Si le film n’est pas complètement fidèle au livre original, il reste un grand spectacle digne de l’un des plus grands contes jamais racontés.

Le Collectif AVI

Hier, je m’occupais de mes propres oignons quand tout à coup, j’ai reçu une notification sur Twitter que la légende dite Méta-Brouteur ferait un « Space » pour parler du faux Brad Pitt qui fait fureur en ce moment en France. Ce serait sous les auspices d’une association dite le Collectif d’Aide aux Victimes d’Influenceurs. Entre le fait qu’inspiré par Méta-Brouteur, j’ai fait mon propre effort pour emmerder un brouteur, et le fait que je m’intéresse fortement aux escrocs, impossible pour moi de résister.

Capture d'écran de la notification sur Twitter

D’abord, voici un lien vers l’enregistrement. Ça fait plus de 2 heures ; je n’ai écouté qu’environ 45 minutes.

Parlons d’abord du scandale du jour. Je n’ai pas vu le reportage original sur TF1, qui est désormais retiré d’Internet à cause de harcèlement envers la victime. Mon précis suit donc le rapport de Franceinfo. C’est l’histoire d’une certaine Anne, quinquagénaire, déjà dans un mariage malheureux quand elle est contactée par quelqu’un qui lui fait croire qu’il est la mère de Brad Pitt et veut jouer à marieuse entre les deux. Avec l’aide de fausses photos et vidéos générées par l’IA, madame arrive à croire que c’est vraiment lui, et dépense environ 830 mille euros avant de voir dans les journaux que Brad Pitt est en fait avec une autre femme.

Je compatis énormément avec cette femme, car tout le monde se moque d’elle pour l’avoir cru, mais moi, je sais que c’est seulement la haine de soi sans fond qui m’a sauvé du même sort. Un jour, ce genre de scepticisme me coûtera cher. Je recevrai un MP de Véronique Sanson sur Instagram où elle me dira « Je viens de dire à une amie que je suis partie pour acheter des cigarettes. C’est-à-dire que je viens de monter dans l’avion d’Air France. Tu me chercheras demain au terminal Tom Bradley à LAX vers 18h ? » Et je lui dirai non car je ne le croirai pas du tout ; puis le LA Times publiera des photos de son arrivée mais il sera trop tard. Alors, Véro — puis-je t’appeler ça ? — je t’offre mes excuses, mais c’est que trop d’arnaques arrivent sur Internet pour le croire.

Non, mais sérieusement, Anne était déjà déprimée et vulnérable, alors je ne juge pas, même s’il me semble qu’elle aurait dû insister sur de meilleures preuves. Mais ce que je n’ai jamais dit de ma propre expérience d’un brouteur, c’est que j’ai assez gardé la tête pour prendre un rendez-vous avec un psychologue le lendemain de la « rupture », car je ne voulais pas faire une vraie bêtise, et je me connaissais assez bien pour m’inquiéter. Je rejoins donc Méta-Brouteur, qui a écrit sur cette histoire :

Je ne comprends pas ce besoin d’enfoncer une victime qui est déjà au fond du trou, d’une manière générale.

Et de justifier ça par « c’est la sélection naturelle « , comme si la science approuvait…

Je pense que c’est cela que l’on doit interroger.

Tweet de Méta-Brouteur

J’étais donc heureux d’apprendre plus du Collectif AVI et ses travaux. C’est une association de bénévoles anonymes ou sous pseudonymes, comme Méta-Brouteur, qui prennent des témoignages des victimes et les aident à déposer des plaintes avec les bonnes autorités. Ils aident aussi les victimes à trouver des ressources de soutien, tels que les psychologues et les avocats. Tout ça se fait sans aucune demande d’argent — les seules actions que l’on peut faire sur leur site sont raconter sa propre histoire, les contacter et devenir aussi bénévole.

Je vous parle autant d’escrocs non pas seulement car ils m’offensent. La vérité, c’est qu’il n’y a aucun rapport entre la quantité de tentatives que je reçois en français et en anglais. Toutes les semaines, je suis contacté par plus de brouteurs via mes comptes Facebook et Instagram en français que j’en reçois pendant toute l’année en anglais. (Tous mes escrocs de SMS, en revanche, sont en anglais.) Ça rend la sécurité en ligne encore plus importante, et c’est pour ça que je trouve si important de ne pas se moquer des victimes.