Les rejets

Aujourd’hui, j’étais censé publier mon appel caritatif annuel pour donner du sang, et surtout, des plaquettes. Mais pour la deuxième fois en 4 années, j’ai été rejeté quand j’y suis allé. Je réessaierai la semaine prochaine, mais il me semble une bonne idée de parler de pourquoi c’est arrivé.

Avant de continuer, puisque je sais exactement à quoi vous pensiez tous en voyant le gros-titre, non, l’amertume à cet égard n’est pas planifié avant février. Cependant, hier matin, j’ai reçu le meilleur courriel du blog. Je ne veux même pas l’appeler pourriel, ni spam, car c’était extrêmement professionnel — bien écrit, avec de vraies infos pour contacter son auteur, et comme vous verrez, des détails spécifiques et vérifiables. Voici son début :

Capture d'écran qui dit : « Bonjour, Nous organisons la rédaction d'un article dont le thème est : "Les meilleurs sites pour les couples amoureux" »

J’attendrai pendant que vous essayerez de vous déplier de rire. Si on classait tous les sites d’Internet selon ce critère, celui dit « Un Coup de Foudre » serait, malgré son nom trompeur, au fond. Oui, il y a les macarons Saint-Valentin, mais euh… est-ce que monsieur a fait des recherches sur ses clients potentiels ? OMD, mais je dois vous montrer un peu plus, car j’ai failli avoir une crise cardiaque !

Capture d'écran de la suite qui m'invite à faire la promotion dans leur article, en disant, en partie : « Chaque participant sera présenté sous un angle positif pour mettre en valeur ses propres points forts. »

La Boulette ? La règle de 6-6-6 ? J’abandonne ? Mieux vaut faire de la pub pour le tourisme dans la Cité du Vatican sur un blog dit « Actu des talibans » !

Alors, l’autre rejet. Je suis arrivé à la porte de la Croix Rouge et me suis pris en photo :

L'auteur

Comme à chaque fois, je me suis habillé dans un t-shirt en français, afin que tout le monde vous attribuiez le mérite. Mais quand j’ai dû subir une prise de sang pour vérifier le taux d’hémoglobine, ils ont fini par me dire de revenir la semaine prochaine. Qu’est-ce qui s’est passé ?

À chaque fois où on fait un don de sang, peu importe les détails, on subit cette prise de sang. Aux États-Unis — je ne sais pas si c’est pareil en France — ce numéro doit être supérieur à 13,0 g/dL. J’en ai eu 12,4. Par rapport, voici mon dernier résultat d’une prise par un labo, il y a 4 mois :

Capture d'écran qui montre un taux de 13,5 g/dL.

Vous pouvez voir que les limites jugées normales sont entre 13,0 et 17,7. Qu’est-ce qui a changé ?

Je vous parle de plus en plus de l’inflation ici et les prix absurdes. Je peux dire très franchement que je mange beaucoup moins qu’il y un an (mais en quelque sorte, ne maigris pas), et que la quantité de viande rouge dans mon régime a chuté. Mon dernier repas avec de la viande ? Le Réveillon. Je ne suis pas du tout surpris, pour autant que je sois déçu.

Pendant les jours à venir, je vais faire des efforts pour manger de la viande rouge. J’y reviendrai mardi, et j’espère que ça ira mieux. Mais je vois bien que ça commence à avoir des conséquences.

La première fois où j’ai été rejeté ? J’avais pris de l’aspirine ce matin-là, sans savoir qu’il ne faut pas faire ça pendant deux jours avant de donner des plaquettes. Alors c’était une erreur stupide, mais rien de grave pour la santé.

Pour finir, juste pour vous amuser, il faut répondre à une cinquantaine de questions avant le rendez-vous ; voici certaines (les traductions suivent en bas, avec les réponses dans ma tête) :

« Êtes-vous enceinte en ce moment ? » Euh, je suis mâle ; ça marcherait comment ? « Avez-vous jamais été enceinte ? » Non, mais sérieusement, la biologie ne marche pas comme ça, même en Californie. « Pendant les 3 derniers mois, avez-vous couché avec une nouvelle partenaire ? » HAHAHAHAHA, euh…non. « Même chose mais avec plus qu’une partenaire ? » Les maths ne sont pas votre point fort, je vois. « Pendant les 3 derniers mois, avez-vous reçu de l’argent, des drogues ou autre paiement pour le sexe ? » Vous êtes les seuls à penser que « recevoir » serait le sens de l’affaire, mais non. « Même chose, mais pour vos partenaires. » Punaise, mais vous me prenez pour qui ?

Honnêtement, c’est la partie la plus énervante de ces dons, mais c’est comment vous savez que les dons de plaquettes me sont vraiment importants.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Break Free

En novembre, j’ai vu le mème suivant sur la page de Complots faciles :

Photo de Freddy Mercury et Xavier Niel, avec la légende : « Freddy Mercury a écrit le tube "I want to break Free", qui, traduit en français, donne "Je veux casser Free" après s'être violemment battu avec Xavier Niel, le patron de Free ! Simple coïncidence ? »
Source

Si vous ne connaissez pas la chanson « I Want to Break Free » par Queen, la voilà :

Perso, je préfère « Break Free » du jeu vidéo Super Mario Odyssey, mais ce n’est pas notre sujet.

Dans les commentaires, on a ajouté une photo avec un calembour, auquel j’ai répondre :

Photo d'une voiture gravement brûlée avec la légende "This is a break frit," c'est un break frit. J'avais répondu "Brake, pas break. Je suis anglophone de naissance. Mais bien joué !"

Je sais, je sais, vous cherchez tous vos claviers afin de me corriger, mais attendez un moment. Alors, dans l’anglais américain, on appelle ce genre de voiture « station wagon ». Mais au Royaume-Uni, et d’autres endroits qui ont tort, on dit plutôt « estate wagon » ou « shooting brake ». Dans ce cas, « shooting », tirer, vient de la chasse. Les voitures de ce genre s’appelaient anciennement « break de chasse » en France selon Wikipedia en…euh…anglais, alors ça ne devrait pas être une nouvelle choquante.

Mais le mème est correct : en anglais, « break » veut dire soit « casser » soit « briser ». « Le cœur brisé » se traduit par « a broken heart ». « Brake », par contre, veut dire « un frein » ou « freiner » (c’est le même mot en tant que nom et que verbe). Je n’ai jamais vu le mot tel qu’il est en français utilisé en anglais. Et il s’avère — je ne savais rien à cet égard — qu’à l’époque des voiture hippomobiles, la version originale était en fait « break ». Wikipédia — en français cette fois — l’explique :

Le terme français européen actuel vient, comme le nom des différents types de carrosseries automobiles, du nom d’un véhicule hippomobile : à l’origine, le break est une petite voiture destinée au dressage des chevaux (« to break » signifie dans le langage équestre « rompre », « dresser »).

Type de carrosserie

L’explication de l’anglais est correct — on dit toujours « break » en anglais pour dresser les chevaux.

J’ai aussi appris en recherchant ce mot qu’en anglais britannique, ils distinguent entre un « brake » et un « shooting brake » selon le nombre de portes — 5 pour le premier, 3 pour le dernier (le coffre étant considéré une porte). Quand on voyait ce mot dans les magazines américains consacrés aux voitures, c’était toujours juste « shooting brake ».

De toute façon, je ne suis pas le seul parmi mes amis à être fan de Complots faciles. C’était une chère amie qui a répondu à mon commentaire en haut :

Capture d'écran de deux commentaires. Mon amie m'a écrit "En fait c'est bien break ici. C'est comme ça qu'en France on appelle ce genre de modèle de voiture (les station wagons)". J'ai répondu "Mais en anglais britannique c'est "shooting brake". On l'a emprunté en changeant l'orthographe ?"

Elle a répondu à ma question avec la pépite qui a rendu ce mot de la matière de Langue de Molière :

Capture d'écran d'un commentaire de mon amie : "Wikipédia dit que c'est un faux anglicisme. Va savoir ce qu'on a encore foutu avec votre langue"

Selon elle, et l’article le dit vraiment, « break » est un faux anglicisme. Mais comme on a vu, c’est vrai seulement quant à l’anglais de nos jours — un britannique du XIXe siècle aurait certainement compris « break » d’exactement la même façon que le français de nos jours.

Et je mangerai mon brake — c’est-à-dire le frein de ma voiture — s’il s’avère qu’il y a deux tels exemples en français, où un anglicisme apparemment faux est en fait correct !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour boire un verre de champagne.

Les milliardaires

Je n’avais franchement aucune idée de quoi mon billet se traiterait aujourd’hui. Puis j’ai vu cette nouvelle écœurante de l’une de mes choses préférées au monde entier, la page sur Facebook dite « Complots faciles pour briller en société » :

Bon, les amis, ça sent la fin… En attendant, j’ai décidé d’utiliser plus mon site web vu que c’est le seul endroit où j’ai un vrai contrôle. J’ai viré toutes les pubs car trop envahissantes et il faut que je réfléchisse à une newsletter ou un moyen autre que les réseaux sociaux. Ne jamais oublier que FB et les autres ont droit de vie et de mort numérique sur vos profils.

Source

Il y a une capture d’écran sur son post original qui montre que les modérateurs ont encore une fois supprimé l’un de ses posts, et il risque d’être banni. Je trouve cette situation ridicule. M. Halby, l’auteur de cette page, a récemment publié un livre en France, « Nous Sachons », inspiré par son écriture en ligne. Je suis heureux de lui offrir de la publicité gratuite ici :

Couverture du livre « Nous Sachons » par Dimitri Halby
Source chez la FNAC

Ce livre a été publié par Éditions Robert Laffont, une maison assez bien réputée si pas à la hauteur d’une Hachette. Est-ce satirique ? Ben oui. Est-ce gentil envers ses cibles ? Non, pas particulièrement. Mais y a-t-il de vraies obscénités, de la pornographie ou autre chose qui mériterait une livraison emballé en papier marron, comme on dit aux États-Unis ? (C’est la loi pour les magazines pornographiques.) Non, absolument pas. Si La Fille était francophone de naissance, je n’hésiterais pas du tout à lui laisser lire ce livre.

Pourtant on se plaint aux États-Unis qu’avec la dernière présidentielle, M. Zuckerberg a décidé de transformer Facebook en le Far West en ligne, où on peut faire tout et n’importe quoi. Évidemment, ce n’est pas le cas partout ; je suis sûr qu’il y a des règles européennes en jeu, mais ce n’est pas le point. Tous ses détracteurs américains l’aimaient bien quand il supprimait de vraies infos au nom de leur programme politique. Et c’est ça qui m’amène à mon vrai sujet — notre relation toxique avec les milliardaires.

Pour ma part, je haïs chacun et tous des milliardaires qui sont sortis de nôtre Silicon Valley. Pourquoi ? Parce que je faisais partie de deux start-ups, et je pourrais vous raconter des histoires effrayantes de l’esclavage moderne derrière les gros-titres. Saviez-vous que c’est légal de prendre les travaux de quelqu’un pour un an entier à 80 heures la semaine avec seulement des actions en récompense, puis le virer sans lui donner les actions si telle ou telle étape n’a pas été atteinte ? Ne me demandez pas comment je le sais ; disons seulement que je n’ai jamais été viré.

Alors, je vois du monde qui expriment leur haine de M. Musk — qui je déteste parce que la Californie fait son tout pour nous forcer d’acheter des voitures électriques — mais aiment peut-être Jeff Bezos, qui force ses employés à uriner sur place sans faire une pause dans ses entrepôts. Ou peut-être qu’ils aiment George Soros, qui a payé les campagnes des procureurs qui ne poursuivent personne à Los Angeles et San Francisco, et qui a gravement endommagé l’économie britannique pour gagner sa fortune. Ou peut-être qu’ils imaginent que Steve Jobs était un chic type car ils aiment leurs iPhones — demandez aux chinois qui se suicidaient en sautant de ses usines ce qu’ils pensaient de M. Jobs. (Si vous vous demandez pourquoi j’utilise un iPhone et non pas un truc de Samsung, j’ai des histoires là aussi.)

J’ai un ami qui pense en ce moment que Musk ne pète que les parfums de Cartier. Ces conversations me rendent fou, mais n’imaginez pas du tout qu’il y en a un autre que je préfère.

Ce que j’essaie de dire, c’est que je suis déçu pour M. Halby, mais je ne considère pas que M. Zuckerberg a tourné sa veste. Ni Bezos ni Musk ni les autres. Parmi les trucs les plus mystérieux pour moi, c’est que beaucoup de monde adoptent tel ou tel milliardaire comme si c’était son équipe préférée. Ce sont des êtres humains, et ils suivent leurs propres conseils. Pourquoi on imagine que ce sont ses amis, je ne le comprends pas du tout.

Saison 3, Épisode 42 — Marcel et moi

La Fille et moi parlions en anglais hier pendant qu’elle jouait à Super Mario Party Jamboree quand tout à coup, elle a répondu à une question en disant « Oui ». Sans hésiter, j’ai répondu, « Non, c’est le Switch ». Je vous rappelle que l’ancienne console de Nintendo s’appelait Wii, et l’actuelle, c’est le Switch. Mon sens de l’humour vaut tout ce que l’on paye pour ça.

Mais puisque l’on parle de l’univers de Mario, je lui ai dit que j’allais vous demander tous de décider la polémique entre nous depuis fin décembre. À l’époque, je vous ai dit « La Fille est donc morte suite à des blessures, ses derniers mots étant, « Haha, tu préfères celle qui ressemble la plus à ma mère ». » en parlant des 3 princesses de la série Mario. En fait, elle n’est pas morte, mais elle continue de me taquiner avec ses plaintes que la princesse Daisy est moche par rapport aux deux autres. Alors, voici les 3 : Peach, Harmonie (dite Rosalina en anglais) et Daisy, telles qu’elles apparaissent dans Mario Kart Tour. Je crois qu’elle a une forte préférence pour les deux blondes juste à cause de l’aimer pour elle-même. Toutes les trois sont incroyablement minces, mais Daisy (la dernière ici), moche par rapport aux deux autres ? Je ne le vois pas du tout.

Je viens de rendre un deuxième brouillon de mon diaporama pour l’Assemblée Générale de l’OCA, que j’espère sera bientôt fini. J’ai eu de l’aide de deux membres depuis longtemps qui m’ont fourni beaucoup de photos des années 2000. Mais j’ai dû tout assembler, recadrer, et animer, et il m’a fallu des heures pour ça.

Vous aurez la visiteuse la plus ironique de l’histoire française au printemps. Disons que La Fille sera avec elle. Si ça ne suffit pas comme indice, elle s’est battue pour me nier un passeport pour ladite Fille en 2022, raison pour laquelle nous ne sommes pas allés en France cette année-là. Elle sera à Marseille une journée pendant une croisière. Si elle visite le Château d’If, merci de l’accueillir de façon digne du comte de Monte-Cristo. Vous voyez ? Je veux qu’elle soit traitée comme une noblesse ! Je dis ça, je dis rien.

Au fait, je regarderai le nouveau film plus tard cette semaine.

La situation en Californie part vraiment en vrillé. Depuis mes plaintes de la semaine dernière, il s’est avéré qu’un réservoir de plus de 400 millions de litres était complètement vide (lien en anglais). Et que la responsable des services publics à Los Angeles le savait depuis des mois. Voltaire, où êtes-vous ? On a besoin d’encourager les autres à faire leur travail.

Jeudi, vous aurez mon appel annuel pour la cause caritative la plus chère à moi. Ceux qui sont ici depuis longtemps savent déjà de quoi je parle. Pour les nouveaux, sachez que je ne fais jamais des demandes personnelles ni pour que de l’argent soit dépensé en dehors de la France. Mais dans ce cas, il n’y aura pas besoin d’argent. Juste du temps.

Notre blague traite de Noël. Il n’y a pas de bonnes nouvelles cette semaine car j’ai eu trop d’autres choses à faire pour faire mes recherches. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Les Mauvaises Gens et Madeleine.

Sur le blog, il y a aussi Penne aux asperges et tomates séchées au soleil, une recette de la Californie de mes souvenirs, Trop envie, où j’ai fait une bêtise car tout ce que je dis ici est sincère si pas toujours sérieux, Encore plus de dialogues avec La Fille, des souvenirs de ses répliques toute jeune, et Deux galettes, une soirée, sur la soirée la plus récente de l’OCA et ma galette pour l’occasion.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Dimanche avec Marcel

Aujourd’hui, je vous présente un nouveau projet du blog. Je vous ai prévenu que vous alliez tous mourir de rire, alors commençons avec la partie la moins ridicule :

Je vais lire À la recherche du temps perdu.

Maintenant, remontons le temps jusqu’en 1999, en particulier vers le 22 novembre, mon anniversaire. Mon frère m’a dit, « T’es le lecteur le plus rapide que je connais. Alors j’vais te donner la nouvelle édition de la traduction célèbre de Scott Moncrieff, et t’vas me dire ce qui est là-dedans. » (Évidemment, c’est une traduction. J’essaie ici de capturer son style personnel tel quel.)

Les 6 tomes de « À la recherche du temps perdu » en anglais. Chacun fait entre 600 et 800 pages, mais ils font environ la moitié de la hauteur d'un livre typique.

Je me suis assis avec le premier tome, « Swann’s Way », ou comme vous le connaissez, « Du côté de chez Swann ». J’ai atteint la célèbre scène des madeleines, puis je me suis dit, « Nom d’un frère cadet, mais c’est ennuyeux ! » J’ai fermé la couverture et me suis dit que j’y reviendrais plus tard. On dirait que c’est plutôt littéralement ma madeleine de Proust.

26 ans plus tard, le livre attendait toujours mon premier retour, jusqu’à cette semaine. D’une part, je me sens un peu coupable. D’autre part, après avoir aperçu ce qui m’attend dans les deux tomes de Molière, lire un pavé monstrueux en anglais plutôt qu’en français — en sachant que j’aurai besoin d’un dictionnaire 20 fois la page — me semble une bonne idée.

Avez-vous remarqué que ce que ces cadeaux ont en commun, c’est une sacrée quantité de travail fournie par mon frère ? Je n’en parle presque jamais, mais disons qu’il est comme ça de tous points de vue. ([J’insiste sur exprimer le point auquel je suis d’accord. — La Fille])

Alors ce qui se passera, c’est le suivant : Le dimanche — pour autant de temps qu’il me faudra pour tout finir — je vais écrire sur ce que j’ai lu dans ce livre. Si je n’ai guère lu, vous en entendrez parler. Si je réussis à lire plus de dix pages sans m’endormir, vous en entendrez parler aussi. Vous êtes désormais mes parrains involontaire pour me tenir responsable.

Les couvertures des 2 premiers tomes

J’aurais dû lancer ce projet il y a longtemps. ([26 ans, je dirais. — Mon frère]) Pour autant que j’aime M. Duvert, mon régime littéraire en anglais comprenait toujours plus de classiques que ce que vous avez vu en français. Je continuerai de lire d’autres choses en même temps, car ça ne m’aidera pas à lire en français. Mais je crois sincèrement que c’est une connaissance culturelle importante, et c’est absolument de la matière traditionnelle du blog. ([Regardez qui n’a accroché sa plaque qu’il y a 4 1/2 ans et ose parler de traditions ! Il y a des McDo en France dont les bâtiments sont plus vieux que lui ! — M. Descarottes])

Alors, je vous présente notre premier « Dimanche avec Marcel » :

Cette semaine, j’ai recommencé de nouveau Swann’s Way, Du côté de chez Swann, et je suis allé jusqu’à la fin du premier chapitre, 64 pages en anglais. M. Proust a un style très « flux de conscience » ; il persévère pendant 10 pages à la fois sur une seule pensée, avec de nombreuses digressions sur toutes les autres choses que la pensée lui rappelle. On passe donc ici de 10 pages où il se réveille, en pensant à toutes les chambres où il a jamais dormi, à une vingtaine de pages sur une soirée où il envoie une note à sa mère pour lui demander de venir lui dire « bonne nuit », en passant par une autre vingtaine de pages pour nous expliquer que sa famille connaissait anciennement, pendant sa jeunesse, un certain M. Charles Swann.

Que dire de M. Swann et de la famille du narrateur ? M. Swann vit apparemment « au-delà de sa place » dans sa caste de petite bourgeoisie, et profite d’une sorte de double vie que la famille du narrateur ne connaît que par le moyen de lire Le Gorafi Figaro. Il s’est marié à une femme mal réputée, et la famille, qui l’invitait souvent à dîner chez elle, le faisait désormais moins, à cause de sa désapprobation.

Pour sa part, ce n’est pas du tout évident pourquoi Swann devrait accepter les invitations. La grand-mère et grand-tante du narrateur jouent à des jeux d’esprit contre M. Swann. Les tantes du narrateur font pareil, où leur idée de le remercier pour une bouteille de vin est de dire « On a des voisins gentils » plutôt que « Merci du vin ». Le narrateur me semble un peu fou, mais pas surprenant vu son milieu familial.

Tout ça finit sur la célèbre madeleine. Le narrateur se trompe gravement ; seulement un gâteau forêt-noire ou un millefeuille a de telles propriétés. Non, mais sérieusement, je comprends, mais la puissance de cette scène baisse face au fait que tout semble provoquer des voyages dans les souvenirs chez le narrateur.

Deux galettes, une soirée

Ce soir, j’étais à une soirée de jeux de l’OCA. Je vous ai dit il y a des jours que j’allais faire une galette des rois pour l’événement : la voilà :

Galette des rois sur une assiette

Aimeriez-vous regarder d’un peu plus proche ? D’accord :

Galette des rois en gros-plan pour voir les diamants dessinés dans la pâte feuilletée de plus proche.

Mais je ne voulais pas répéter la situation de l’année dernière, où tout le monde était mécontents car je n’avais pas mis une fève au-dedans. Lundi, j’ai écrit un courriel à l’hôtesse pour la signaler que j’apporterais une galette des rois. Elle m’a dit qu’elle avait des fèves en plastique, et que je pouvais lui en emprunter une une fois sur place. Il s’est avéré qu’elle avait aussi une couronne. Voilà :

Galette des rois avec une couronne en papier

Vous remarquerez que le motif de diamants au-dessus n’a rien à voir avec mes dessins du passé. Je l’ai vu sur Instagram, et j’ai essayé de le copier. Mais c’est pourquoi celle-ci est en fait ma deuxième galette des 24 dernières heures. Voici la catastrophe dit la première fois :

Galette des rois avec du chocolat qui a coulé à la surface après s'être échappé de l'intérieur.

La garniture a fuite partout sur la moitié du haut, car j’ai coupé des lignes un peu trop profondément dans la surface. J’ai appris de mon erreur, mais je ne livrerais jamais un dessert dans un si pitoyable état. Dommage, car les lignes étaient plus régulières la première fois.

Je suis un peu déçu que ma galette n’a pas gonflé comme au passé, mais c’était presque parfaitement ronde. Il me semble comme si chaque année, quelque chose s’améliore et autre chose prend un pas en arrière. Mais je peux pas m’en plaindre. J’ai coupé 12 parts, et je suis rentré avec seulement une.

On a joué à ce que l’hôtesse appelle « le jeu de petits papiers », ou tout le monde écrit un mot sur chacun de quatre bouts de papier, puis on les mélange dans un gros panier. On fait 3 tours. Pendant le premier tour, on peut décrire le mot sans le dire, et son partenaire doit le deviner. Pendant le deuxième tour, il faut mimer le mot. Pendant le troisième tour, on donne un indice de seulement un mot. C’est donc très important de faire attention pendant le premier tour.

Pour la première fois, mon partenaire — le mari de l’hôtesse — et moi avons gagné. C’est super que tout le monde ait vu que je ne suis pas un fardeau inutile dans un tel jeu. Mon vocabulaire est plus limité que celui des autres, mais je sais des choses. Par exemple, j’ai reçu le mot « Astérix » et j’ai donné l’indice « Son chien s’appelle Idéfix ». Pourtant, je n’ai jamais lu une BD entière d’Astérix. Après le jeu, j’ai demandé au groupe, « Si j’avais donné l’indice « écrase » pour « Mammouth », combien de monde l’aurait eu ? » Pourquoi est-ce que je connais « Mammouth écrase les prix » ? Je ne peux pas mentir, j’aime voir les visages quand je sors de tels faits divers. C’est dingue, et je le sais.

Mais on m’a rattrapé avec une question impossible : « C’est qui ton acteur français préféré vivant ? » J’ai eu du mal à sortir un nom. (J’ai finalement répondu Pierre Niney, car j’ai vu plusieurs films avec lui, mais honnêtement, c’était le seul nom auquel je pouvais penser. J’ai honte d’avoir oublié Jean Dujardin.) Pour autant que j’écris sur la France, c’est vrai que je reste souvent coincé bien en retard de l’actualité. Mais pourquoi pas ? Entre l’endroit et l’époque, c’est mon idée du Paradis !

Encore plus de dialogues avec La Fille

À la fin de la Grande Fête du Tour, je vous ai fait une promesse en ce qui concerne La Fille :

Une autre fois, je vous raconterai deux histoires de ses 3 ans, presqu’aussi folles.

Les personnages du blog

Vu que j’ai eu beaucoup à faire hier, mais je pouvais écrire tout ça de mémoire en 20 minutes, nous voilà. Mais d’abord, nous avons reçu ses notes officielles pour le premier semestre de l’année scolaire. Je le savais déjà il y a une semaine, mais rien n’était officiel jusqu’à la sortie du bulletin scolaire. Je ne vais partager qu’une chose, mais j’en suis très fier :

Capture d'écran d'une note de 111,5 %

J’ai supprimé le nom de sa prof, mais on dirait que sa note est « plus que parfaite », hihihi. (Elle ne connaît toujours pas cette conjugaison.) On n’a pas des notes entre 1-20, mais plutôt F (échec) jusqu’à A, avec des plus et des moins pour les modifier. Elle a une si élevée note car la prof a choisi de soustraire les pires devoirs de toute la classe, en les accordant le même nombre de points, mais elle n’en avait pas besoin. C’est ça le genre de réussite qui garantit le débit de gourmandises.

Pour ma part, la prof sait qu’elle a déjà regardé trois films de Louis de Funès (tous dans mon top 4) ainsi que L’Homme de Rio, et quoi d’autre peut-on demander d’un parent pour aider ? J’ai fait une promesse à La Fille que si ça continue — comme s’il y a un doute ! — qu’elle pourra écrire un billet vers la fin de l’année scolaire.

Alors, nos deux histoires viennent de bien avant le début de nos aventures françaises — mais rien ne montre aussi clairement sa personnalité.

La première vient d’une visite à Disneyland. Je vous rappelle, elle n’avait que 3 ans. Là, il y a une attraction consacrée à Winnie l’Ourson, dit The Many Adventures of Winnie the Pooh. À l’extérieur, où on monte dans les voitures, il y a une rangée de lumières. On ne peut pas la voir dans la photo ci-dessous ; c’est sur le mur de la grange juste à gauche de l’entrée. Mais on peut la voir facilement d’où les passagers montent dans la voiture (exactement où celle dans la photo est stationnée).

Photo de l'entrée de l'attraction de Winnie l'Ourson
L’attraction de Winnie l’Ourson, Photo par
Benoît Prieur, Domaine public

Les lumières paraissent être juste des décorations. Elles sont toutes blanches, et chacune s’allume et s’éteint grosso modo par hasard. Sauf pour une. Après les avoir regardée pendant des minutes, elle m’a dit, « Regarde, papa, celle-là est un feu rouge ! Elle ne s’allume que quand la voiture a le droit de partir ! » Et elle avait raison.

L’autre histoire s’est passée quand nous sommes allés ensemble dans un resto. Ayant ses 3 ans, je voulais qu’elle arrête d’utiliser la poussette, et qu’elle marche partout. Mais elle avait d’autres idées. Quand je me suis garé dans le parking, je lui ai dit, « Oups, désolé, j’ai oublié la poussette à la maison. Faut marcher. » Elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit « Vérifie le coffre, papa. » Elle savait que j’avais menti. Si seulement vous auriez pu entendre le ton. Ce n’était pas une question. C’était le lieutenant Columbo disant « Juste une dernière chose ». Elle m’a eu et elle le savait !

3 ans, je vous dis.

Vous comprenez pourquoi on a des dialogues comme celui-ci. Et pourquoi je les encourage, plutôt que la punir pour son culot. Face à une telle personnalité, il n’y a rien d’autre à faire que de la développer.

Trop envie

J’ai fait une jolie boulette il y a deux jours, et c’est l’histoire la plus Justin que je vais vous raconter pendant tout 2025. « Oh là là », vous vous dites, « avec ce niveau de confiance, il a dû demander à quelqu’une de sortir ». Non, c’est encore plus stupide que ça.

Caïn venant de tuer son frère Abel, statue dont le visage est couvert par la main droite
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Vous savez déjà que j’ai une très chère amie à Rouen. Elle poste parfois des liens vers des immobiliers intéressants. Cette fois, elle a partagé le post d’une inconnue (à moi) sur Facebook avec un appartement de 55 mètres carrés, très joli même si plutôt petit par rapport à mon passé (j’habite actuellement dans un appartement de 100 mètres carrés, et jamais moins de 70). Au-delà de ces détails, il n’y avait d’autre infos. Mais il était 1h du matin chez moi, je venais de poster la recette des penne, ce qui m’a mis dans un état déjà un peu amer envers la Californie, et c’était dans cet esprit que j’ai répondu :

Je suis preneur, et je m'en fous d'où et du prix ! Je veux juste quitter la Californie !

Je me sens énormément coupable à cause de ce qui a suivi. Quand je me suis réveillé, j’avais plusieurs réponses. Il y avait un message de la propriétaire actuelle, qui voulait savoir si j’étais sérieux. Et il y avait un autre de mon amie pour me dire que c’était quelque chose de sa cousine et elle comprend mais si je ne suis pas sérieux, merci de ne pas donner de faux espoirs (ce n’est pas une citation exacte ; elle est plus gentille avec moi que je mérite).

Je comprends complètement. Je ne savais pas que cette fois, c’était de la part d’une connaissance personnelle, mais si on va laisser de tels messages, on est responsable pour ce qui arrive après.

Au moins une partie était quand même vraie. Aucune langue humaine n’a les bons mots pour exprimer le point auquel j’ai envie de quitter la Californie. J’ai fait les penne pour vous car j’étais en train d’avoir une crise de nostalgie après plusieurs jours de ne manger rien que du mexicain. Je viens de vous dire que l’on paye 50 % de plus pour McDo que le reste du pays — et le gouvernement de l’état menace de hausser encore une fois le SMIC (lien en anglais) juste pour les restos rapides, afin de le rendre encore plus cher. (Il faut comprendre que le vrai but est de réduire la consommation de ces produits parmi les pauvres, rien à voir avec « un salaire vital », l’expression commune.)

Pour vous donner un autre exemple lié à McDo, si on utilise l’appli au resto, il y a une variété de remises disponibles. Anciennement, il y avait une remise de 20 % sur toute commande d’au moins 15 $. Après le 1er janvier, c’est désormais sur toute commande d’au moins 20 $.

On va bientôt avoir un nouvel impôt de 50 centimes le gallon d’essence — pensez à 12 centimes le litre si ça vous aide. Ce sera juste en Californie et nulle part ailleurs. Nous payions déjà les impôts les plus hauts du pays (lien en anglais), 0,69 $ le gallon ainsi que 0,52 $ de « frais », donc 1,21 $ le gallon au gouvernement. Ça augmentera jusqu’à 1,70 $. Le deuxième plus haut ? L’Illinois à 67 centimes le gallon. Tout ça est au nom de nous dire — et je suis 100 % sérieux — que ça rendra les voitures électriques plus abordables. Les impôts paieront des remises aux acheteurs riches de ces voitures — sauf Tesla, car l’état est en guerre contre Musk (lien en anglais).

En ce moment, il y a des incendies qui sont en train de détruire des milliers de maisons dans le comté de Los Angeles. Pourtant, il n’y a pas d’eau dans les bouches d’incendie (lien en anglais). Le gouvernement de l’état dit qu’il y a juste trop de demande. Mais on n’a pas construit de nouveaux réservoirs depuis les années 60. Et on refuse absolument de brûler les broussailles avant que les grands incendies n’arrivent, car on n’accepte aucune pollution. On a même annulé ça en octobre 2024 (lien en anglais). Vaut mieux que des milliers de personnes perdent ses maisons.

Il y a une entreprise nationale, U-Haul, qui offre des camions de location pour déménager. Pendant 5 années de suite (lien en anglais), la Californie est l’état dont le plus de camions sont loués afin de la quitter.

Cet état n’est plus « L’État en or » (« Golden State »), comme on disait. C’est un asile pour les malades mentales qui continuent de punir les citoyens les plus pauvres en mettant le feu littéralement aux maisons de tout le monde.

Je regrette tellement d’avoir taquiné la cousine de mon amie. Mais si on me disait « Justin, vous pouvez vivre dans un hameau de 50 personnes en Lozère et nulle part ailleurs en France », je l’accepterais sans hésiter un moment.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Langue de vous-n’êtes-pas-sérieux

La semaine dernière, Langue de Molière a fini sur une promesse d’écrire sur la pire chose que j’ai jamais apprise de vous les lecteurs. Et je dois vous dire, si j’avais entendu parler de ceci en avril 2020, je me demande sincèrement si j’aurais abandonné. Je ne connais rien comme ça en anglais ni en japonais — il est possible qu’une telle chose existe en espagnol, mais je n’en ai jamais entendu parler là non plus.

Il y a deux semaines, naïf que je suis, j’avais écrit :

Comme je vous ai récemment dit, aux États-Unis c’est pire d’être juste soupçonné d’avoir fumé une cigarette que de maltraiter les « petits gens » (on dit en anglais « little people »

La Gauloise ratée

Il ne m’est pas venu dans l’esprit de vérifier l’accord de l’adjectif « petit » avec « gens ». C’est masculin, n’est-ce pas ? On apprend pendant la première semaine… bon, avec Duolingo, on apprend à répéter « un garçon et un cheval », mais ailleurs on apprend tout au début qu’un nom masculin reçoit un adjectif masculin, et un nom féminin reçoit un adjectif féminin. C’est ça le genre, même si on est perplexes sur le sujet aux États-Unis. Mais noooooon, pas cette fois. Mon lecteur Bernard m’a corrigé :

Pour “little people” on dirait plutôt « les petites gens » en français. Dans cette expression, « gens » est au féminin, comme « amour » dans « les amours »…

Mais pas dans « Les gens sont méchants ! » qui était une exclamation favorite du comique Fernand Reynaud. 😉

Commentaire de Bernard Bel

Ça m’a envoyé à mon dictionnaire Oxford, où j’ai lu :

Note en anglais dans mon dictionnaire bilingue ; la traduction suit dans le texte

Ça dit :

Quand utilisés avec « gens », les adjectifs « bon, mauvais, petit, vieux, vilain » sont placés devant « gens » et au féminin : « (toutes) les vieilles gens ». Mais le genre de « gens » lui-même ne change pas : « les bonnes gens sont heureux ». Tout autre adjectif fonctionne normalement : « tous les braves gens ».

NOPE. Ici, j’atteins ma limite. Je suis prêt à adopter tout genre de bêtise, mais avec ça, vous m’avez cassé le cerveau. Le truc ne marche plus.

« Les bonnes gens sont heureux. »

NON, MAIS SÉRIEUSEMENT.

En fait, la situation est encore pire que ce que dit mon dictionnaire. J’ai cherché Projet Voltaire pour plus d’infos, et trouvé cette pépite :

L’adjectif (même s’il est placé immédiatement avant le nom !) se met également au masculin lorsqu’il est suivi d’un complément : de prestigieux gens de robe. [Emphases à moi]

Le genre du nom « gens » : masculin ou féminin ?, par Sandrine Campese

Si j’ai bien compris, ce serait donc « de prestigieuses gens » sans la robe, alors la règle telle que mon dictionnaire la dit n’est pas correcte. N’importe quel adjectif devant le nom serait au féminin.

Mais encore une fois, non, car il y a une autre exception :

Lorsque « gens » est précédé de deux adjectifs dont le second, se terminant par un « e » muet, a la même forme aux deux genres, le premier adjectif se met au masculin : ces prétendus braves gens, de vrais honnêtes gens.

Je ne peux même pas imaginer qui garde ça dans la tête en parlant, quand on n’a pas de temps pour y réfléchir. Écrire, c’est autre chose.

Je commence à comprendre pourquoi les Français ne prononcent pas en général la fin des mots. Mieux vaut laisser tomber que se faire ridiculiser pour une « erreur ».

Au lycée, quand on rencontrait de telles bizarreries dans l’espagnol (oui, il y en a), ma chère prof dirait « Oui, il y a un millénaire, les conseillers du roi s’asseyaient autour d’une grande table pour penser à comment se foutre de la gueule de Pépé. » (N’oubliez pas que nous prenions tous des prénoms espagnols. Mais j’étais Diego.) Elle disait ça en anglais, bien sûr, mais vous avez la bonne idée. J’ai inventé une telle histoire pour expliquer pourquoi aucun des escaliers mécaniques du métro parisien ne fonctionnait pendant ma première visite — mais seulement dans le sens allant vers les sorties. Mais je ne l’ai pas partagé après mon retour, de peur que ça ne semble trop râleur, même pour moi.

Dans ce cas, on pourrait dire que c’est la faute au latin. « Gens » se traduit en espagnol par « gente », qui est au féminin, alors évidemment il y a des racines latines derrière ça, et le Trésor de la Langue française dit autant. Mais je ne vais pas blâmer César. Vous avez eu des siècles pour régler ce problème. C’est à vous.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de voitures en panne.

Penne aux asperges et tomates séchées au soleil

Aujourd’hui, je vous présente un plat complètement inattendu. Pour une chose, c’est la première fois où je vous donne un plat principal à 4 parts. Autre chose, c’est — ou plus précisément, c’était — un plat typique de la Californie. Voici la penne aux asperges et tomates séchées au soleil.

Le plat en gros-plan
Haute résolution en cliquant

J’ai faim. Allons le préparer !

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