Je rencontre les xénophobes

J’ai quelque chose à dire à cause de ce qui m’est arrivé aujourd’hui. J’ai pensé à l’ignorer, mais il faut parfois prendre position.

Il y avait des mois, un français m’a écrit (EN ANGLAIS) pour me dire que ce blog est à la fois « plus royaliste que le roi » et « la chose la plus française » qu’il a jamais lu. C’était une note gentille et je lui ai remercié et dit aussi que je devrais partager ses commentaires avec une amie qui parle encore de « la calomnie de la brioche ». Ces commentaires restent entre mes trésors les mieux gardés. Je dis tout ça pour que vous ne l’oubliez pas trois paragraphes plus tard.

je ne m’attends pas à ce que tout le monde me connaisse ou me comprenne. Surtout des inconnus sur les réseaux sociaux. Je ne m’attends donc pas à ce que quiconque sur Facebook sache ce que j’écris ici. Mais je ne serai JAMAIS d’accord avec des diffamations de sang. Voici une vidéo du comédien américain expatrié, Sebastian Marx. C’est tout en anglais (avec des sous-titres en français), et il se moque du rôle des États-Unis pendant la Seconde Guerre Mondiale. (C’est seulement sur Facebook, désolé.) Sa vidéo n’est pas de la diffamation. Mais voilà des commentaires que j’ai reçus :

Ces commentaires en anglais disent que les russes étaient dans le Front de l’Est et c’était plus important alors ne dites pas de mensonges, s’il vous plaît, que les américains n’ont entré la guerre qu’à cause d’avoir été payé (répété deux fois), et que les américains n’ont l’air bon qu’aux autres américains. Et en français, bien sûr : « j’espère que tu resteras aux États-Unis ». « Yankee, go home, » comme on disait.

LE PETIT DIEU A FAIT QUOI ? Voilà :

J’ai écrit « Combien de divisions russes étaient en Normandie ? Ou aux Ardennes ? (Zéro pour tous les deux.) Je vous aime beaucoup mais bien que les Alliés ne gagne sans que les Soviétiques changent des côtés, je crois que nous avons l’air bon ici. Et ça vient d’un américain qui a envie de vous suivre. » M. Marx a répondu « Vous avez raison, bien sûr. Je ne voulais pas minimiser la valeur de l’huile d’olive. » (C’est une référence à sa vidéo.)

À mon avis, il était injuste vers le rôle américain. Et il a le droit ! Je ne discute rien à propos de ça. Mais c’est quoi la preuve de la femme qui a dit que les américains étaient payés ?

Elle dit que les britanniques « viennent de finir de vous payer ». Elle fait référence à un prêt de 1946 du gouvernement américain au gouvernement britannique. On peut discuter si c’était juste, ou même si c’était une bonne idée. Mais c’est pas une mauvaise attitude de dire que les canadiens ont fait un accord similaire avec les britanniques, et elle ne les blâme pas. C’est pas une mauvaise attitude de dire que les États-Unis ont donné de l’argent pour le Plan Marshall. Il ne faut pas dire que les États-Unis sont entrés en guerre en 1941 à cause d’une traité en 1946. Mentir sur ce sujet juste pour appeler mon grand-père et ses camarades des mercenaires, ÇA c’est la diffamation de sang.

Je ne parle jamais de politique ici ou sur Facebook, par choix. On a une diction chez nous, « Les avis sont égales aux trous de cul – tout le monde en a un ». Vous n’avez pas besoin de l’un ou l’autre des miens. Mais si le prix de mon projet est de croire à des mensonges juste pour ne pas offenser les cons, je ne le continuerai plus.

7 réflexions au sujet de « Je rencontre les xénophobes »

  1. Bernard Bel

    Je ne comprends pas les motivations de ces personnes incultes et excitées qui prétendent réécrire l’histoire — surtout avec des arguments aussi idiots que « les Américains n’étaient pas sur le front oriental » ! On pourrait en rire si ce n’était pas aussi agressif… Vous avez répondu parfaitement.
    À mon avis, ne pas s’occuper de ces interventions de malades mentaux qui passent leur temps à vomir des insanités sur les réseaux sociaux. C’est une proportion infime de la population à laquelle les réseaux servent de caisse de résonnance…

    Aimé par 1 personne

    Répondre
    1. jeliotb Auteur de l’article

      Je suis sûr que demain, je me sentirai mieux. Je suis aussi déçu parce que j’étais venu d’échanger des e-mails avec M. Marx cette semaine. J’espérais que je le verrais à Paris ; il s’avère que son spectacle est annulé. Il savais que j’étais un fan, mais il a choisi de répondre d’une façon qui a supporté les pires réponses.

      Aimé par 1 personne

      Répondre
      1. Bernard Bel

        Le sketch de Sebastian Marx est un jeu de rhétorique principalement motivé par sa chute (excellente) sur l’huile d’olive. Il s’appuie sur une tendance qu’on voyait effectivement, en France, jusqu’à la chute du rideau de fer, à ne pas mentionner l’intervention soviétique pendant la seconde guerre mondiale. Pour beaucoup de gens, dire quoi que ce soit de positif à propos de l’URSS signifiait qu’on soutenait le communisme et plus particulièrement le stalinisme… Et c’est vrai qu’on a surtout montré des films et des reportages célébrant le spectaculaire débarquement en Normandie. L’huile d’olive a coûté cher !

        Mais cette tendance unilatérale a fortement évolué depuis une vingtaine d’années. Les films historiques racontent en détail la campagne en Russie, et il est fréquent de dire : « Sans les ‘Russes’, on n’aurait pas gagné la guerre… » Sauf qu’il faudrait ajouter : « Sans les Américains, sans les Anglais, sans les Français, etc. » Tout s’est joué à très peu de détails, on peut entre autres citer le décodage des messages cryptés par l’équipe d’Alan Turing. Sans Alan Turing on aurait perdu la guerre !

        Ensuite, il y a eu les exactions après-guerre, notamment les viols collectifs de femmes allemandes. On ne peut pas isoler un événement et le projeter comme jugement en bloc de la population dont étaient issus les auteurs. Des Allemandes ont aussi été violées par des Français — je connais le fils de l’une d’entre elles. On pourrait accumuler de multiples exemples qui ne font qu’illustrer la folie humaine dans ces situations dramatiques. Il y a de terribles exemples dans l’actualité en ce moment.

        Bref on pourrait écrire des livres entiers sur ce sujet (et ça a été fait), mais tout échange (anonyme) à la manière de Facebook se réduit à des arguments simplistes de part et d’autre, avec une montée presque inévitable d’agressivité. Facebook, utilisé ainsi, est toxique, et aucune huile d’olive ne peut réparer ça.

        Aimé par 1 personne

Répondre à jeliotb Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s