Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Autopsie d’Halloween

Alors que tout le monde fête Halloween le 31 octobre, pour moi la fête arrive vraiment le 1er novembre. Pendant des décennies, les magasins offrent des réductions, souvent entre 25 et 50 %, sur les stocks de bonbons qui y restent. Après tout, ils sont emballés dans des sacs avec des dessins de chauve-souris, de vampires, même de moi sur un sac particulièrement effrayant. (Je plaisante. Pour autant que vous sachez.)

Je regrette de vous dire, que tout comme dit Bane dans « The Dark Knight Rises » (son titre français ; au Québec, c’est « L’Ascension du Chevalier noir ») : « L’heure n’est pas à la peur. Cela viendra plus tard. » (Le clip est en VF ; ce n’est pas ma traduction.) On est plus tard.

D’abord, je veux que vous voyiez comment fait Ralphs le lendemain d’Halloween. Il y a des cochons qui seraient plus gênés que les employés de Ralphs, si vous voyiez leur porcherie dans un tel état. C’est honteux :

Étagères d'Halloween : le stock qui reste est très mal rangé, et il y a de nombreux sacs de bonbons sur le sol. Pas dans des boîtes, juste éparpillés ici et là.

Vous pouvez voir qu’il y a des tickets jaunes avec les prix, et des barres rouge au-dessus de chacun. Cette photo n’a pas assez de résolution, mais je vous dirai que chaque barre rouge est imprimé avec soit « prix bas » ou « en promotion ». (Ben, leurs équivalents en anglais. Arrêtez de imiter La Fille.)

Ces prix sont exactement ceux disponibles en juillet ou en août. Au début, je pensais que les paresseux qui « travaillent » chez Ralphs n’avaient pas mis à jour les tickets. J’ai choisi deux sacs, et les ai apportés à la caisse automatique pour les scanner. J’avais raison. Les prix étaient faux — mais dans le mauvais sens ! Les « réductions » mentionnées sur les tickets n’étaient plus valables : un sac qui se vendait pour 21 $ depuis son apparition en juillet coûtait désormais 25 $ ! Un autre sac coûtait même 28 $, du jamais vu de ma vie pour ces produits de chez Hersheys et Mars. (Il y a une boutique suisse ici, Läderach, ou 28 $ ne vaut que peut-être 250 grammes. Un sac de Hershey’s pour 28 $ fait au moins plus d’un kilo.)

C’est la première fois de ma vie où le lendemain d’Halloween ne voit aucune réduction, et même une augmentation pour certaines choses. J’étais si choqué que j’ai visité un autre Ralphs, ainsi qu’un concurrent, Stater Bros. (BAS de gamme), et une pharmacie, CVS, qui vend largement tout sauf les médicaments. Même chose partout.

Pour être clair, il s’agit uniquement des bonbons. Voici une décoration d’une pierre tombale, inutile jusqu’en octobre prochain. Le ticket montre clairement que le prix a été réduit de 20,99 $ à 10,49 $. Moins 50 %, comme toujours.

J’ai eu un peu de succès chez Walmart, où j’ai honte de faire mes achats (car ils prennent le clientèle, malheureusement pas sans raison, pour des criminels). Les tickets n’indiquent aucune réduction ; pourtant, tout a été réduit de 25 % à la caisse automatique :

À noter, ces produits, les Skittles et les Tootsie Pops, ne contiennent pas de chocolat (dans le dernier cas, un peu de poudre de cacao, mais pas de solides). Je vois que seulement les Skittles sont disponibles chez Carrefour ; dommage si vous ne connaissez pas les produits Tootsie. Les Tootsie Rolls sont grosso modo comme des Carambar mais au goût de chocolat, et sans blagues pourries. Une Tootsie Pop est une sucette avec un petit bout d’un Tootsie Roll au centre.

J’ai l’impression qu’une fois disparu, on ne reverra plus jamais de soldes après Halloween. Probablement pareil pour la Saint-Valentin, qui a aussi des bonbons emballés uniquement pour la saison. Mais est-ce vraiment trop demander qu’un magasin soit propre si on va payer comme ça ?

Saison 4, Épisode 31 — Bon 5e anniversaire au blog

Quelque chose est arrivé il y a deux jours qui est soit gênant soit touchant. ([Ou les deux. — M. Descarottes]) J’avais hâte de sortir « C’est le 1er » et j’ai complètement oublié que le 1er novembre fait exception à l’horaire, car c’est l’anniversaire du blog. Bien sûr, quelque chose devait bouger, car le 1er était suivi directement par Proust et cette balado. Vous voyez où étaient mes priorités ; comme je dis à la fin de chaque épisode, je vous adore tous.

Alors, chaque année, ou maintenant presque, je publie de réflexions sur l’état du blog pour son anniversaire (2021, 2022, 2023, 2024). Comme toujours, je prendrai un moment pour reconnaître les réussites depuis la dernière fois. Octobre vient de voir une étape dont je n’aurais jamais osé rêver au début :

Capture d'écran des statistiques mensuelles du blog -- 7 001 vues en octobre (j'ai fin avec 7 071 sur 4 382 visites.

À vrai dire, 2025 n’est pas du tout allé comme prévu. Le lancement de Dimanche avec Marcel est certainement un succès — et la vérité, c’est que je n’avais pas la moindre idée de comment ça se déroulerait au début. Je savais que j’allais passer du temps pour finir mon manuscrit, un projet lancé début 2023 mais pas vraiment en cours jusqu’à la fin du Tour. Je reste reconnaissant à tous ceux qui m’ont aidé à le finir. Je regrette de vous dire que la prochaine date limite approche dans deux semaines ; j’imagine que c’est déjà sa propre réponse.

J’ai annoncé beaucoup de plans pour l’évolution du blog après le Tour, et jusqu’à ce point, très peu d’entre eux ont commencé. C’est une déception, même si le manuscrit et le déménagement étaient les priorités. J’avais espéré finir au moins les « 5 Premiers, revisités » — seulement l’Ain est apparu à ce point.

Une partie de ça, c’est la vie. Mais une autre partie, c’est l’épuisement duquel j’ai parlé l’année dernière. La passion pour la France est toujours là, aussi forte que jamais. Mais je m’inquiète de plus en plus que septembre 2028 arrivera, La Fille partira comme prévu, mais moi, je ne serai pas du tout prêt pour le déménagement qui est mon espoir depuis le début. Je veux être là pour travailler, et il me semble que ces plans auraient déjà dû commencer. Je me sens perdu, et quand ça arrive, il devient de plus en plus difficile de me concentrer. Avec ce post, ça fera 1 223 jours de suite de posts, avec 1 828 posts et 1,1 million de mots au total depuis le début. C’est une drôle de façon de perdre sa concentration, je le sais, mais je suis quand même honnête sur la différence entre les coulisses et la scène.

L’anniversaire du blog est 3 semaines avant celui de l’auteur, alors on en parlera plus assez bientôt. Mais j’essaie de toujours vous faire rire avec les nouvelles autour des épisodes, alors voici l’histoire le plus Justin que vous entendrez cette année.

Je croyais que j’avais laissé ma poubelle dans l’ancien appartement. La taille de sac poubelle la plus commune pour les cuisines est 13 gallons, environ 49 litres. J’ai donc acheté une telle poubelle pour aller dans le placard sous le robinet dans la cuisine. Mais le truc était trop grand pour y rentrer ! « Saloperie de propriétaire ! », me suis-je dit, en pensant que l’Irvine Company (qui contrôle la moitié d’Orange County) était trop radin pour construire un assez grand placard. Je l’ai rapportée au magasin, et j’ai acheté une poubelle de 10 gallons, ayant mesuré la hauteur pour être sûr.

Et qu’est-ce qui s’est passé ? La plomberie au-dessous du robinet l’a bloqué ! Je me suis donc dit : « Allez, en acheter une qui sera au milieu de la cuisine. » Je l’ai rendue, puis payé cher pour une poubelle en métal pour être plus « décorative ».

Puis mon père m’a appelé hier : « Dis-donc, tu vas récupérer ta poubelle ? » J’avais laissé beaucoup de trucs chez mes parents, car je n’en pouvais plus à cause de mes genoux, et j’avais complètement oublié que c’était là. J’ai donc rendu la troisième poubelle au magasin. Et c’est comment j’ai découvert qu’en fait, j’avais acheté une poubelle de seulement 6 gallons afin qu’elle rentre sous le robinet de l’ancien appartement. Pourtant, pendant 15 années, j’ai acheté des sacs de 13 gallons sans jamais penser : « Les sacs, pourquoi sont-ils si grands par rapport à la poubelle ? »

Il faut être un vrai génie pour être aussi bête !

Notre blague traite du complotisme. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Énergie et Artichaut.

Sur le blog, il y a aussi Le plus grand match de tous les temps, sur le 3e match de la Série mondiale, La ca-thé-strophe, sur une mauvaise nouvelle concernant ma boisson préférée, Trick-or-treat, sur les prix de bonbons pour Halloween, et C’est le 1er, version novembre 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec les de Stermaria

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 25 pages.

La dernière fois, notre héros et sa grand-mère faisaient leur tout pour me faire appeler le 119. Puis je me suis souvenu du fait que tout ça s’est déroulé il y a un siècle et en plus, mon portable est dans la mauvaise zone. Mais ne vous inquiétez pas, il s’est tout de suite replongé dans de nouvelles bêtises !

Sa première nuit dans une nouvelle chambre ne passe pas très bien, et ses pensées vont en direction de Nopeistan de l’Est :

Peut-être cet effroi que j’avais…de coucher dans une chambre inconnue…n’est-il que la forme…de ce grand refus désespéré qu’opposent les choses qui constituent le meilleur de notre vie présente…que les nécessités de la vie pourraient m’obliger à vivre loin de Gilberte…

Nonononon. Ça fait deux ans depuis le moment où vous avez quitté Gilberte de votre propre volonté, vous. Je ne veux entendre même pas un mot de plus à propos de « cet effroi ». Et pour info, je viens de déménager dans une toute nouvelle chambre où le seul problème la première nuit était le fait que j’avais laissé ma couverture dans mon ancien appartement, alors j’ai eu froid (je l’ai récupérée le lendemain). Pourtant, personne ne dira que mon compte rendu de ces faits est de la grande littérature.

Mais en fait, il y a un point important qu’il soulève ici, qu’un déménagement loin d’où nous sommes habitués à vivre peut être un vrai traumatisme, même si ça réussit des buts importants :

Certes ces amitiés nouvelles pour des lieux et des gens ont pour trame l’oubli des anciennes… Et la crainte d’un avenir où nous seront enlevés la vue et l’entretien de ceux que nous aimons et d’où nous tirons aujourd’hui notre plus chère joie… ce serait donc une vraie mort de nous-même, mort suivie, il est vrai, de résurrection, mais en un moi différent…

Je pense souvent à exactement cette question : j’ai enfin trouvé une communauté chez moi — pourquoi est-ce que j’ai envie de tout plaquer et recommencer à nouveau loin d’ici en 2029 ? Carrefour. C’est largement Carrefour. Et des stations-service pleines de nougat de Montélimar. Non, mais sérieusement, c’est parce qu’ils sont tous à des étapes de la vie trop différentes de la mienne, et si je veux avoir la moindre opportunité de vivre la vie dont j’ai envie, ça doit être dans une plus grande communauté avec plus de monde comme moi. Mais ce sont des réflexions face à l’idée de croiser un continent et un océan et y rester pour toujours. Pas de partir en vacances une semaine dans une station balnéaire à 200 km de chez moi. Notre narrateur a des idées beaucoup trop extravagantes pour les circonstances.

Cependant, même dans ce nouveau milieu, certains faits de la vie bourgeoise restent les mêmes. Il s’avère que tout comme le salon des Verdurin, il y a les habitués de Balbec :

ils se composaient de personnalités éminentes des principaux départements de cette partie de la France, d’un premier président de Caen, d’un bâtonnier de Cherbourg, d’un grand notaire du Mans… venaient se concentrer dans cet hôtel.

Comme les Verdurin, il faut avoir quelqu’un à exclure, afin de se sentir supérieur, et dans ce cas, il s’agit d’une petite vieillarde :

D’autre part, le bâtonnier et ses amis ne tarissaient pas de sarcasmes, au sujet d’une vieille dame riche et titrée, parce qu’elle ne se déplaçait qu’avec tout son train de maison.

Il y a d’autres personnages qui séjournent à Balbec sans faire partie de cette communauté. Les de Stermaria, une famille bretonne, ne passent guère de temps dans l’hôtel, mais quand monsieur voit le narrateur et sa grand-mère à « sa » table, il faut les remettre dans leur place :

À peine commencions-nous à déjeuner qu’on vint nous faire lever sur l’ordre de M. de Stermaria, lequel venait d’arriver et, sans le moindre geste d’excuse à notre adresse, pria à haute voix le maître d’hôtel de veiller à ce qu’une pareille erreur ne se renouvelât pas, car il lui était désagréable que « des gens qu’il ne connaissait pas » eussent pris sa table.

Charmants, eux. Je me suis dit : « Je crois que nous les reverrons ; sinon, je les laisserais tomber. » 4 pages plus tard, voilà :

Hélas, d’aucune de ces personnes le mépris ne m’était aussi pénible que celui de M. de Stermaria.

Car j’avais remarqué sa fille dès son entrée, son joli visage pâle et presque bleuté…

Vraiment, ce gars est le type le plus prévisible au monde, non ? Et si je vous disais que la prochaine chose qu’il faisait, c’était d’utiliser la vieillarde pour faire la connaissance de mademoiselle ? Exactement comme il a utilisé Mme Swann pour faire la connaissance de Gilberte, afin de s’approcher de Bergotte ?

le directeur se pencha vers ma grand’mère… il lui coula dans l’oreille : « La Marquise de Villeparisis »…

On peut penser que l’apparition soudaine, sous les traits d’une petite vieille, de la plus puissante des fées ne m’aurait pas causé plus de plaisir, dénué comme j’étais de tout recours pour m’approcher de Mlle de Stermaria… Tandis que cette Mme de Villeparisis était bien la véritable, elle n’avait pas été victime d’un enchantement… mais était capable au contraire d’en mettre un à la disposition de la mienne qu’il centuplerait, et grâce auquel… j’allais franchir en quelques instants les distances sociales infinies, au moins à Balbec, qui me séparaient de Mlle de Stermaria.

C’est comme regarder un accident de train au ralenti. On sait ce qui arrivera à chaque fois, mais impossible de détourner le regard quand même. La prochaine fois, on regardera l’accident de près !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version novembre 2025

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Adieu :

  • Carry the Beautiful semble être supprimé. Anne-Marie était la toute première abonnée d’Un Coup de Foudre. Je vais l’écrire pour être sûr.

Nouveaux à moi :

  • Toujours rien. Hmmmm. Les gens sont aussi les bienvenus à venir découvrir mon blog afin que je découvre les leurs, vous savez ?

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien publié ce mois, mais ne va nulle part. Les Dédexpressions a publié une nouvelle expression sur Instagram pour Halloween.

À encourager :

Rien de nouveau chez Petits plats entre amis, La tête dans le panier , La lectrice en robe jaune, Un déjeuner en Provence, Carnets d’une plume, Le journal des Jum’s, Les souris de Paris, Et si Facebook disparaissait?, Bessie’s Bazaar, Je suis sur la route, Maman Lyonnaise, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Grain de Sable, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Ici et là

Vous souvenez-vous de mon article sur VoiceOver ? Il s’est avéré cette semaine que les connaissances gagnées en l’écrivant étaient utiles après tout ! Une membre de mon groupe d’utilisateurs de Duolingo sur Facebook a posé une question sur comment regarder les publicités pour gagner plus de « énergie » (la saloperie pour vous empêcher d’en faire trop sans payer). Cependant, et je ne le savais pas malgré avoir connu madame depuis un an déjà, elle était aveugle — et le bon bouton n’est pas toujours là. Voici l’écran en question, avec le bouton souligné en jaune :

Capture d'écran de Duolingo, avec une barre qui montre l'énergie (sur une échelle de 25 points) ainsi que 4 boutons : acheter Super Duolingo, qui n'utilise pas d'énergie, remplir la barre pour 500 « bijoux », la monnaie interne de l'appli, recevoir 5 points d'énergie en regardant une pub, ou 2 points gratuitement, disponible 1 fois les 4 heures.

« Mais Justin », me dites-vous, « vous avez supprimé Duolingo de votre portable début 2023 ! Comment est-ce que vous avez pris des captures d’écran ? » Bonne question, merci de votre fidélité ! À l’époque, j’ai supprimé l’appli, mais pas mes données personnelles. Au cas où. Voici le cas où. J’ai réinstallé l’appli, ai réactivé VoiceOver et lui ai donné exactement les noms des menus et des boutons que VoiceOver utilise quand le bouton est disponible. Aucune autre personne dans le groupe ne savait utiliser VoiceOver. Et moi, je me suis rappelé encore une fois que je serais absolument perdu si je devais le faire sans voir.

Puis-je me plaindre de cette « énergie » ? C’est une nouveauté qui n’existait pas quand j’étais utilisateur. À mon époque, il y avait 5 « cœurs », comme dans The Legend of Zelda, et on perdait un cœur seulement en faisant une erreur. Alors, un linguiste pouvait prendre des centaines de leçons en n’obtenant que des résultats parfaits. Le système d’énergie élimine l’opportunité de suivre dans mes traces, au moins sans payer. À chaque fois où vous répondez à une question, vous perdez un point des 25, que vous répondiez correctement ou pas. Y a-t-il 10 questions dans une leçon ? Vous allez perdre 10 points — mais si vous réussissez une note parfaite, vous serez remboursé entre 2 et 4 points. Nul.

J’ai découvert que j’ai laissé autre chose dans mon ancien appartement. C’est le bol de mon sorbetière, un accessoire de mon robot KitchenAid. Naturellement, je n’ai rien entendu du bureau dudit immeuble. Quand je reçois le remboursement de ma caution, des critiques aussi négatives que possible apparaîtront sur Yelp, sur Google, sur tous les sites pour chercher un appartement. Puis je recevrai un appel colérique : « Mais qu’est-ce que l’on a fait pour mériter ça, toi con ? » Et je répondrai : « Je ne sais pas, peut-être que vous auriez pu être honnêtes parfois ? » La gérante ne comprendra rien, car selon ses manuels, en tant que client, je suis censé juste accepter d’être pris pour une piñata.

À vrai dire, je n’ai pas trop utilisé la sorbetière. Elle a apparu deux fois pendant le Tour, pour la crème glacée à la vanille et la glace de Plombières. Mais la grande majorité du temps, le bol restait dans mon congélateur sans rien faire. Le remplacement me coûtera 80 $. Je ne sais pas si j’en ai envie avec seulement 2 ans et demi de plus en Californie.

Depuis plus d’une décennie, je veux un grill Fuego pour ne pas partager ceux de la communauté. Mais ça coûte 500 $. Je ne pouvais pas l’avoir dans mon ancien appartement, mais avec si peu de temps, la même question se pose.

J’ai sorti — finalement — mon dernier bulletin de l’année pour l’OCA hier. J’avais demandé au groupe de partager leurs recettes familiales de Noël. Une seule réponse, hélas. Alors cette fois, mes recettes étaient les Spritz du Tour et des biscuits de Noël de Péla. Vous aurez ces derniers de moi la semaine prochaine, mais si vous n’avez pas envie d’attendre, les voilà.

Afin de faire ça, j’ai dû brancher mon ordinateur, un cauchemar pour les genoux (pas de portable chez moi). Mais avec ça, j’ai branché à nouveau mon jouet préféré. Connaissez-vous ce truc ? On en parlera plus une autre fois.

C'est un caisson de basse Velodyne, dit MicroVee, placé sous mon bureau. Un cube de 30 cm le côté, c'est pourtant équipé d'un amplificateur de mille watts. Cependant, il est réglé sur un volume très bas, afin de ne pas trop déranger le voisin du dessous.

Il faut que j’arrête — c’est le 1er demain, et si vous pensez que j’ai commencé aussi tôt que d’hab, avec un déménagement, hahahaha, ça pourrait être la blague de la semaine !

Trick-or-treat

Nous sommes bientôt Halloween. Je me demande si j’aurai des « trick-or-treaters » pour la première fois. Si ça vous semble étonnant, en général, ils ne passent pas par les immeubles, surtout quand il y a un portail. Cette année sera la première fois depuis 2004 où je n’habite pas derrière un portail.

Mais je ne comptais pas sur acheter des bonbons. J’ai vu un article hier (lien en anglais) qui a dit que le prix d’un sac de 100 bonbons au chocolat a presque doublé par rapport à 5 ans plus tôt, de 9 $ à 16 $. Je regrette de vous dire que je n’ai aucun souvenir des prix de 2020. Cependant, c’est certainement vrai que les prix sont à une plante de cacao près de 16 $.

Mais attention ! Il y a 100 bonbons, puis il y a 100 bonbons au chocolat. Et quand il s’agit de nos « aminaqueurs » chez Ralphs, il faut faire encore plus attention. Voici « 100 bonbons Hershey » selon Ralphs :

15,99 $ se prononce 16 $ d’où je viens. 31,55 onces est juste un peu moins de 2 livres (32 onces). Mais beaucoup ne va pas quand on regarde les contenus : c’est un mélange de Hershey’s, de Reese’s et de KitKats, tous au chocolat — mais aussi de Jolly Ranchers, de Goldbears de Haribo et de Twizzlers. Ces 3 derniers bonbons ne contiennent pas de chocolat du tout.

Par contre, Walmart vend un sac de 110 bonbons de Hershey’s pour moins d’argent, un peu moins de 15 $ :

Capture d'écran d'un sac de 110 bonbons Hershey's chez Walmart ainsi que son prix, 14,96 $

Il y a aussi 6 variétés de produits de chez Hershey là-dedans — les mêmes petites barres de Hershey’s, de Reese’s et de KitKats, mais aussi un deuxième genre de Reese’s, des Whoppers, et des barres Heath. TOUS ces produits sont au chocolat. Ralphs vous arnaque (ou arnaqueriez, puisque vous n’êtes pas ici) avec beaucoup de produits qui ne sont pas affectés par le prix de chocolat !

Il n’y a pas de mots, même pas en allemand, pour exprimer mon avis de Ralphs. Je ne veux pas faire mes courses chez Walmart. Au-delà de la pharmacienne, l’un de mes nombreux coups de cœur, je déteste tout autour de Walmart, à commencer par être pris pour un voleur à chaque fois où je sors du magasin. Et je vous dirai très franchement que la qualité des légumes frais est lamentable chez eux. Mais pour les produits emballés, chaque fois où on fait la comparaison, Ralphs n’est pas près de Walmart, malgré le fait que c’est juste une marque de Kroger, une entreprise de même taille que Walmart. Il n’y a pas d’excuses pour les prix beaucoup plus chers pour les mêmes produits.

Voici pourquoi pour moi, le vrai Halloween est le 1er novembre, quand Ralphs offrira des réductions de 50 % sur ses bonbons. Walmart ne fera pas pareil.

BFM nous dit que la même chose est arrivée en France, où une tablette de Lindt 70 % coûtait 1,53 € en 2023, et 1,89 € en février de cette année — mais 2,34 € de nos jours. Cette même tablette de Lindt coûte 5,48 $ chez Walmart en ce moment. Et 6,99 $ chez Ralphs. 1 € vaut environ 1,16 $ en ce moment. Walmart coûte environ 2x le prix européen si on convertit le prix.

Heureusement, plutôt que nous faire faillite, l’entreprise derrière les M&Ms offre le « M&Ms Rescue Squad » (Équipe de secours) cette année. Si vous épuisez votre stock de M&Ms le jour de Halloween, ils vous livreront plus de stock gratuitement — mais uniquement ce jour-là ! C’est ce qui promet leur site :

Offre de livraison de bonbons gratuits le jour de Halloween
Capture d’écran

Plus tôt cette année, je plaisantais qu’au lieu de joyaux, je payerais des œufs pour mes pâtisseries. Maintenant, il s’agit de chocolat !

La ca-thé-strophe

Je crois que j’ai déjà raconté l’histoire du moment où j’ai quitté définitivement les sodas en 2006, quand on m’a diagnostiqué un diabète. À l’époque, et jusqu’à maintenant, j’ai remplacé le soda avec du thé glacé. Mais pas comme en France — aux États-Unis, le sucre est facultatif dans le thé glacé. C’était donc un outil important pour baisser ma consommation de sucre.

Thé glacé, Photo par Evan Swigart, CC BY 2.0

Cependant, il y a deux jours, j’ai raté encore une autre opportunité pour donner du sang, à cause d’un taux d’hémoglobine trop bas. Peut-être que vous vous souvenez de ça en janvier. Cette fois, l’infirmière m’a dit : « Dis-donc, est-ce que tu bois beaucoup de thé noir ? »

Pardon ? Mais oui, plusieurs litres par jour ! Et il se passe que ça peut avoir des conséquences. Voici quelques exemples :

« Le thé noir retarde la guérison de l’anémie ferriprive. »

« Essai clinique sur l’effet de la consommation régulière de thé sur l’accumulation de fer dans l’hémochromatose génétique. »

Ce sont des études médicales publiées en anglais, et dans des journaux bien réputés. Il y a des questions sur les quantités dont on a besoin, mais je bois plus qu’assez selon toutes.

Alors, il faut que je quitte le thé, non seulement le soda. J’espère que l’eau ne fera pas trop de problèmes !

Le plus grand match de tous les temps

Hier soir, je travaillais sur le bulletin de l’OCA, car j’étais horriblement en retard à cause de mon déménagement. Cependant, il y avait un problème. En même temps que j’essayais de travailler, le plus grand match de l’histoire du baseball a eu lieu.

Capture d'écran du score du match : les Dodgers gagnent 6-5 sur les Blue Jays

Je ne dis pas ça légèrement. La Série mondiale, le championnat, a lieu tous les octobres, et c’est où nous sommes maintenant. Les équipes en question sont les Blue Jays de Toronto et les Dodgers de Los Angeles. Il faut que nous mettions les choses en place : quand j’ai écrit une blague où je m’imaginais en enfer, j’étais entouré par des affiches pour les Dodgers. J’ai écrit à un ami il y a des jours : « La seule fois où j’encouragerais les Dodgers, c’est s’ils jouaient contre les Yankees de New York. Et la seule fois où j’encouragerais les Yankees, c’est s’ils jouaient contre Satan lui-même. Et dans ce dernier cas, je ne serais pas très content de mon choix ! » Comme tout venant de Los Angeles, je n’en suis pas fan.

Cependant, avec leurs tas d’argent dignes de l’oncle Picsou, les Dodgers ont réussi à signer des contrats avec plusieurs des meilleurs joueurs au monde. Shohei Ohtani, qu’ils vont payer 700 millions de dollars entre 2024 et 2043 (pour 10 ans de service ; c’est un contrat inhabituel), est sans conteste le meilleur joueur au monde, et risque de finir comme le meilleur de tous les temps. Mookie Betts a été élu le joueur par excellence en 2018, et reste presque aussi bon que ça. Freddie Freeman a reçu le même palmarès en 2020, ainsi que joueur par excellence de la Série mondiale en 2024. Blake Snell a été élu meilleur lanceur en 2018 et 2023. Non, ce n’est pas habituel pour les meilleures équipes d’avoir plus que deux telles personnes.

Un match habituel dure 9 « innings », ou manches. Pendant chaque demi-manche, une équipe est en attaque, l’autre en défense. Après 9 manches, si le score reste égal, ils jouent jusqu’à ce qu’une manche entière est jouée où une équipe finit avec plus de buts. Alors si une équipe marque un but pendant la première demi-manche, l’autre a une opportunité d’attaquer avant de finir. Mais si une équipe marque un but pour prendre les devants pendant la deuxième demi-manche, le match termine tout de suite.

Et c’est le nombre de manches jouées qui fait autant pour rendre ce match le plus grand. Ce match a duré 18 manches, ce qui égale le record du match le plus long dans une Série mondiale. Et ce match-là a eu lieu en 2018, et a été aussi gagné par les Dodgers.

Mais ce qui rend ce match différent, c’est que les Blue Jays ont battu les Dodgers moins Shohei Ohtani 5-2 pendant les 9 manches obligatoires. Ohtani a frappé 2 coups de circuit, ainsi qu’un troisième coup sûr qui a marqué un but. Et ça, c’est la troisième fois dans les éliminatoires cette année où Ohtani a frappé plusieurs coups de circuit pendant un match. Personne n’a jamais fait ce qu’il fait.

Au-je mentionné que pendant un match avec 3 coups de circuit la semaine dernière, quelque chose fait seulement 13 fois dans les éliminatoires pendant toute l’histoire du baseball, il a aussi retiré 10 frappeurs sur 3 prises ? C’est quelque chose fait plusieurs dizaines de fois dans les éliminatoires, mais jamais sans rendre un but. Pour un joueur de faire les deux en même temps, c’était déjà sans conteste le meilleur effort par un joueur de tous les temps.

Et ce match s’est terminé à la fin de la 18e manche, quand Freddie Freeman a lancé un coup de circuit, le genre de chose qui vaut un palmarès de joueur par excellence pour la Série — sauf qu’Ohtani va le gagner si les Dodgers finissent par remporter la Série. Aucun autre choix n’est possible.

Je déteste regarder ce niveau d’excellence par des hommes portant les uniformes de l’ennemi, mais il faut l’avouer — en ce moment, ce que j’ai écrit en octobre de l’année dernière reste aussi vrai que jamais : félicitations aux acheteurs du championnat. Cette fois, c’est mérité comme jamais.

Saison 4, Épisode 30 — Adieu, Elbe-en-Irvine

Cet épisode a été enregistré sur iPhone sans microphone dédié. Le son… disons que je voulais toujours sonner comme un Transformer, mais exprès, pas comme ça. Cependant, je suis ravi de vous dire que l’on a retrouvé Alarmo hier soir, alors l’une des deux choses notées dans « La coda décevante » est rétractée. Il y a une bonne explication — c’était dans un carton labellisé « Bedroom » (Chambre), sans préciser laquelle. C’était donc mis dans la mienne au lieu de celle de La Fille. C’est une erreur honnête, la responsabilité est à nous, et je laisserai une bonne critique pour les déménageurs sur Yelp après tout.

Ça ne change rien quant au microphone. Au moins je pouvais éditer l’épisode avec mon casque Focal comme d’habitude — j’allais utiliser un autre casque jusqu’au moment où je me suis souvenu du fait que l’adaptateur pour USB-C restait sur la prise du casque Focal. C’est comment j’ai fini par découvrir Alarmo — j’ai fouillé dans un nombre de cartons que j’allais laisser pour plus tard cette semaine.

J’imagine que vous pensez que j’ai largement fini le rangement du nouvel appartement. Hahahaha… non. Ce week-end, j’ai dû m’occuper de tout ce dont La Fille a besoin. Au vieil appartement, elle utilisait toujours la même table qu’à ses 5 ans pour faire ses devoirs. Nous avons passé samedi en cherchant un nouveau bureau et chaise pour elle, et vu que les deux sont venus de chez IKEA, dimanche était consacré à monter les deux. La télé reste dans sa boîte, la cuisine n’est qu’à moitié finie, et j’ai toujours une trentaine de cartons à examiner dans ma chambre. Mais mon ordinateur est prêt et je reprends mon horaire typique cette semaine. Mes genoux, pas autant.

En parlant d’IKEA, je suis convaincu depuis longtemps que les suédois se moquent du reste d’entre nous avec les noms de leurs produits. Dans le café, j’ai vu des kits de maison en pain d’épices dits « Vintersaga ». Je l’ai mis dans Google Traduction, et ça m’a rendu « Conte d’hiver ». Ben, je suis prêt à le croire ; Vinter sonne comme l’anglais « winter » pour hiver.

Photo de boîtes de kits de maisons en pain d'épices « Vintersaga »

Mais j’ai aussi vu des paquets d’une sauce dite « Allemansrätten », et je me suis dit : « Alleman sonne comme « Allemand ». S’agit-il d’un produit suédois ? » Google Traduction donne « le droit public ». Je ne dirai pas que c’est du n’importe quoi car le paquet dit « Allemansrätten est le droit de tout le monde aux champs, aux forêts et à un bon repas avec une sauce salée ». Une recherche sur Google suggère qu’en fait, les suédois utilisent ce mot pour parler d’un droit d’accéder aux espaces publics. Mais rien à voir avec la cuisine.

Paquet de sauce en poudre

Ça fait des années depuis ma dernière visite chez IKEA, alors je ne savais pas qu’ils vendent des boulettes « à base de plantes », ainsi que les boulettes végétariennes dont je me souvenais. C’est quoi la différence ? Il me semble que « à base de plantes » veut dire un produit plus traité et moins naturel ! (C’est le sac à gauche dans la photo.)

Deux sacs de boulettes surgelées chez IKEA : à gauche à base de plantes, à droite, végétarienne. La liste d'ingrédients « à base de plantes » est beaucoup plus longue.

Complètement par hasard, voici un mème publié par IKEA à propos du vol du Louvre. Ça dit que ce truc ne protègera pas vos joyaux non plus, mais les mettront en vedette :

C'est un dôme en verre dit Begavning ; du suédois pour « talent »
Screenshot

Dernière chose, je vais partager une pub aussi saoulante que moi que j’ai reçue sur Facebook :

À gauche, ça dit « Fin des rendez-vous : un événement uniquement pour des gens sexy et intelligents ». À droite, j’ai demandé à Facebook pourquoi je voyais cette pub. Apparemment, être célibataire et aux États-Unis suffisaient. Puisque ça ne garantit ni sexy ni intelligent, j’ai bloqué le compte, car géré par des menteurs.

Notre blague traite de deux histoires d’amour. Nos articles sont :

Il n’y a pas de gros titres satiriques ni deBonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi Presque prêt, des réflexions du dernier moment avant le déménagement, Ce qui ne me manquera pas, de gentilles pensées sur les voisins et le propriétaire de mon ancien immeuble, L’histoire de Bill, l’histoire d’un dessin qui a failli disparaître et La coda décevante, sur deux choses que je croyais volées (ça reste le cas pour l’une d’entre eux).

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Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec la Vierge de Balbec

Vous ne pensiez pas qu’une petite chose comme le bouleversement complet de ma quotidienne allait annuler Dimanche avec Marcel, non ? C’est trop important (et j’ai toujours trop mal aux genoux pour passer beaucoup de temps en rangeant le nouvel appartement). On reprend donc « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, je n’ai avancé que de 15 pages.

La dernière fois, notre jeune ingrat vient d’arriver en Vieux-Balbec, dit Balbec-en-Terre. En attendant l’arrivée de sa grand-mère et Françoise, il visite l’église de Balbec, possédée d’une statue du Christ avec une histoire tirée directement de l’histoire de la Somme :

Balbec-en-terre, où je me trouvais, n’était ni une plage ni un port. Certes, c’était bien dans la mer que les pêcheurs avaient trouvé, selon la légende, le Christ miraculeux dont un vitrail de cette église qui était à quelques mètres de moi racontait la découverte…

Mais plutôt que le Christ attendu, c’est une statue de la Vierge qui fait la renommée de l’église de Balbec. Le narrateur nous dit qu’il avait été impressionné par des moulages au musée du Trocadéro, mais une fois face à la vraie :

c’était elle enfin, l’œuvre d’art immortelle et si longtemps désirée, que je trouvais, métamorphosée ainsi que l’église elle-même, en une petite vieille de pierre dont je pouvais mesurer la hauteur et compter les rides.

Rien ne suffit jamais pour celui-ci ! Quand je me suis retrouvé face au Premier Consul passe les Alpes, Le Radeau de la Méduse, Le Serment des Horaces et Jeanne d’Arc d’Ingres en l’espace d’une journée, je ne me suis pas dit : « Bah, c’était mieux en photos dans mon manuel scolaire » !

Il y a un autre train à prendre pour passer de Vieux-Balbec à Balbec-plage, et c’est au quai où nous apprenons que :

je retrouvai ma grand’mère mais l’y retrouvai seule — car elle avait imaginé de faire partir avant elle, pour que tout fût préparé d’avance (mais lui ayant donné un renseignement faux n’avait réussi qu’à faire partir dans une mauvaise direction), Françoise qui en ce moment sans s’en douter filait à toute vitesse sur Nantes et se réveillerait peut-être à Bordeaux.

La bienheureuse Françoise sera donc peut-être épargnée une semaine de ces anti-vacances.

Je note une deuxième expérience où le narrateur se révèle mon opposé, sur le train vers Balbec-plage :

À tout moment le petit chemin de fer nous arrêtait à l’une des stations qui précédaient Balbec-Plage et dont les noms mêmes (Incarville, Marcouville, Doville, Pont-à-Couleuvre, Arambouville, Saint-Mars-le-Vieux, Hermonville, Maineville) me semblaient étranges…De même, rien moins que ces tristes noms faits de sable, d’espace trop aéré et vide, et de sel, au-dessus desquels le mot ville s’échappait comme vole dans pigeon-vole…

Pour le narrateur, ces noms inconnus sont tristes et sans signification. Pour un plus vieux Justin, arrivant en France pour la première fois :

Mais je veux que vous regardiez cette carte du RER B d’autre façon, comme je l’ai vu. Je ne connaissais aucun de ces endroits, et pour moi chacun et tout aurait pu être le site du château de Cendrillon, pour autant que je sache.

Je découvre la Seine-Saint-Denis

J’avoue ici que je devais beaucoup à un chapitre d’Orthodoxie par G.K. Chesterton, « L’Éthique du pays des fées », mais je note que j’étais déjà au courant de la réputation de la Seine-Saint-Denis. C’est tout une question d’attitude. Quelle tristesse pour le jeune narrateur qu’il ne puisse pas regarder tous ces endroits inconnus comme un champ de possibilités, avec espoir plutôt qu’avec cynisme. Franchement, avec toutes les vies fantasmatiques qu’il vit dans sa tête, je trouve ça plus que surprenant.

Le narrateur et sa grand-mère arrivent enfin au Grand-Hôtel, où j’étais surpris à lire :

Tandis que j’entendais ma grand’mère, sans se froisser qu’il l’écoutât son chapeau sur la tête et tout en sifflotant, lui demander avec une intonation artificielle : « Et quels sont… vos prix ?… Oh ! beaucoup trop élevés pour mon petit budget »

À l’époque, on pouvait négocier les prix avec les hôtels ? Essayez ça chez Accor ou Hilton de nos jours !

Le narrateur est émerveillé par un ascenseur :

le directeur vint lui-même pousser un bouton : et un personnage encore inconnu de moi, qu’on appelait « lift » (et qui à ce point le plus haut de l’hôtel où serait le lanternon d’une église normande, était installé comme un photographe derrière son vitrage ou comme un organiste dans sa chambre), se mit à descendre vers moi avec l’agilité d’un écureuil domestique, industrieux et captif. 

Il faut se souvenir qu’il s’agit des années 1890. Mais quelle description de ce machin quotidien !

On finit cette fois sur un instant qui serait reçu plutôt différemment à notre époque :

ayant vu qu’elle voulait m’aider à me coucher et me déchausser, je fis le geste de l’en empêcher et de commencer à me déshabiller moi-même, elle arrêta d’un regard suppliant mes mains qui touchaient aux premiers boutons de ma veste et de mes bottines.

— Oh, je t’en prie, me dit-elle. C’est une telle joie pour ta grand’mère.

Quelle époque, quand les ascenseurs étaient quelque chose de bizarre, mais déshabiller ses parents ados du sexe opposé, non !