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Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Je découvre l’Eure-et-Loir

On revient maintenant dans la région Centre-Val de Loire, dans le 28, l’Eure-et-Loir. C’est le département le cinquante-septième plus peuplé et les habitants se nomment euréliens. C’est notre deuxième visite dans la région après le Cher (au moins, dans le Tour — j’ai déjà visité le Loiret).

On commence encore dans la préfecture, Chartres. QUELLE CATHÉDRALE ! Notre-Dame de Chartres (3 étoiles Michelin) date du XIIe siècle, et est un magnifique exemple d’architecture gothique. Ne ratez surtout pas ses vitraux, appelés par Michelin « la plus importante collection de France ». Pendant que nous sommes là, nous visitons aussi le Centre international du vitrail (0 étoiles), le seul musée de son genre en France, consacré aux vitraux. Parce que l’on est toujours obsédés par la SGM, on arrête pour lire l’histoire de La Tondue de Chartres, symbole de la libération en 1944, et l’histoire de Jean Moulin, héros de la Résistance. En dehors de Chartres, on visite maintenant Maintenon, pour son beau château (1 étoile) et son aqueduc (1 étoile) de Louis XIV, qui voulait « parvenir les eaux de l’Eure jusqu’aux fontaines de Versailles ».

Après Chartres, on conduit vers le sud, à Châteaudun pour voir leur château des XVe-XVIe siècles (2 étoiles). C’est connu pour être chez Jean de Dunois, « le bâtard d’Orléans » et ami de Jeanne d’Arc. Ne ratez surtout pas les statues de sa Sainte-Chapelle (il y en a 15). Un peu plus loin au sud-ouest, on trouve la Domaine de Montigny-le-Gannelon (1 étoile), un château de la Renaissance, avec de jolis jardins. Puis, on conduit au nord pour visiter le village Illiers-Combray, où le jeune Marcel Proust a passé son enfance. Il y a un musée consacré à Proust dans l’ancienne maison de sa Tante Léonie.

Notre tour est presque fini. On continue vers l’ouest, à La Ferté-Bernard, pour visiter l’Église Notre-Dame-des-Marais (2 étoiles), avec de nombreux bustes en relief et des verrières du XVIe siècle. Au nord, on passe par le Manoir de Courboyer (1 étoile), qui fait partie du Parc Naturel Régional du Perche, et on finit par passer le reste de la journée dans le parc (1 étoile)

Qui sont les gens les plus connus de l’Eure-et-Loir ? Nous avons déjà parlé du soldat Jean de Dunois. L’Eure-et-Loir est aussi le lieu de décès de plusieurs rois de France (ou des Francs), dont Hugues Capet et Philippe VI. Henri IV, le premier roi Bourbon, fut sacré en la cathédrale de Chartres (le seul !). Le château de Maintenon appartenait à Françoise d’Aubigné, connu sous le nom Madame de Maintenon, dernière épouse de Louis XIV. C’est pas chez Marcel Proust, mais il y vivait pendant sa jeunesse. Françoise Rosay, l’une de mes actrices préférées, y est inhumée.

Quoi manger en Eure-et-Loir ? Il y a des plats locaux de Chartres, comme le rata beauceron, un ragoût de pommes de terre, de la poitrine de porc, et d’oignons, et la poule au pot, lié au roi Henri IV. La baguette retrodor, connue partout en France, est originalement de Chartres. En dessert, il y a le cochelin, une pâtisserie en forme de garçon, et le Mentchikoff, un bonbon au gianduja, après un prince russe. Il n’y a pas de produits AOP du département, mais il commence récemment à élever des vignes pour produire à nouveau des vins, dont du champagne. (Je plaisante — c’est carrément du vin pétillant !)

Emballez plutôt Christo

Cette semaine est le début de ma deuxième année comme abonné du Canard enchaîné. Quand je me suis abonné au début de septembre l’année dernière, je n’ai rien dit à personne pendant deux mois, de peur qu’ils ne se mettent en colère contre moi. Aux États-Unis, ça arrive souvent juste à cause de lire des publications que vos amis n’aiment pas. Il s’est avéré que j’avais complètement tort. Et vous vous demandez pourquoi je vous aime tant.

Je n’étais jamais grand fan du « artiste » Christo avant de ses aventures avec l’Arc de Triomphe. Franchement, son projet m’a mis en colère parce que je n’ai pas pu voir l’extérieur de l’Arc. Et vous avez payé 14 millions d’euros pour le droit de le regarder pendant un mois ! J’étais donc heureux de trouver des dessins à propos du sujet dans le dernier Canard :

Et quelqu’un a lié ce truc à l’autre grande nouvelle du mois :

Mais le reste de ce numéro se préoccupe trop de la prochaine présidentielle pour moi. Ce n’est pas à dire que ce n’est pas un sujet important, c’est juste quelque chose de difficile à suivre pour moi. Par exemple, je sais que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé sa candidature. Je sais aussi que beaucoup de monde que je suis sur Twitter lui blâme pour ce qu’ils appellent « #saccageparis », le remplacement des bancs et des lumières par des trucs moins beaux. Mais je n’ai jamais lu sa côté de l’histoire, alors je ne juge pas. Je ne connais pas non plus M. Benalla, même si j’ai une idée de ce qui veut dire ce dessin :

Au moins celui-ci m’a fait rire. C’est la mauvaise croisière ! (Mais ça rappelle un peu la fin de Docteur Folamour.)

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Un renseignement à propos de l’argent

Peut-être que vous vous souvenez d’une série appelée « L‘Homme qui valait très millards » ? Ce titre m’a toujours rendu confus, parce qu’en anglais, c’est « The Six Million-Dollar Man, » ou « L’Homme qui valait 6 millions de dollars ». Je ne l’ai jamais vue en français, mais j’aurais pensé que la quantité d’argent n’avais pas besoin d’être changé. En tout cas, aujourd’hui j’ai vu ce post dans l’un de mes groupes sur Facebook :

Je ne veux pas dire que j’ai été offensé, mais dès que j’ai vu ça, je pensais que c’était peut-être une différence de devise. En tout cas, ça a provoqué une conversation intéressante.

Un homme a répondu que c’était en centimes, ou anciens francs :

Un autre a demandé s’il s’est trompé de francs :

Alors j’ai fini par apprendre quelque chose de nouveau, ce qui veut dire « la brique » (d’argent) :

Pour comparaison, le premier film Fantômas avec de Funès est sorti en 1964, et une collier de diamants dans ce film-là à coûté 5.500.000 francs :

Le chèque ne dit que des francs, pas ancien ou nouveau, mais je penserais qu’en 1964, ça voulais dire nouveaux francs, parce que le changement avait été lieu en 1960. Et franchement, si ça voulait dire 55 000 nouveaux francs, il me semble que ça ne valait pas les efforts de Fantômas.

Mais en 1975, est-ce que l’on dirait toujours anciens francs ? Aucune idée. C’est pas difficile d’imaginer que toutes les prosthèses coûtent 600 fois un collier. Je sais, c’est pas grand-chose. Mais j’aimerais penser que nous ne vous avons pas fait une si grande arnaque !

Un gâteau aux pommes et aux poires moins sucré

Personne ne lit ce blog soit pour le véganisme soit pour les régimes. Mais quand une chère amie normande m’a suggéré cette recette, j’ai tout de suite su que je la ferais. (Également parce que c’est une chère amie, et parce que ma plus grande faiblesse est que je dis « oui » à n’importe quoi, pourvu que l’on me le demande en français. Je suis chanceux que personne ne profite trop de ce dernier fait.) En tout cas, ce gâteau n’utilise que 50 grammes de sucre, vraiment pas mal si on le coupe en 9 parts. Je le trouve très bien soit chaud soit froid.

Pour cette recette, je vous présente une nouvelle vieille amie, ma mandoline. Elle a 15 ans, mais ça fait presque une décennie depuis la dernière fois où je l’ai utilisée. Pourquoi ? Je n’avais plus les lames ! Récemment, j’ai trouvé en ligne au moins la lame la plus importante, alors, on recommence ensemble !

Je dois ajouter, vous serez plus chanceux que moi avec le choix d’ingrédients. La recette originale demande des poires passe-crassane, une poire bien rouennaise. Moi, j’ai dû utiliser des poires Bosc, qui sont cultivés aux États-Unis ainsi qu’en France.

Cette recette vient du site Tasties Foods. D’ailleurs les poires, il n’y a pas de changements.

Les ingrédients :

  • 3 pommes golden
  • 3 poires, passe-crassane si possible
  • 70 grammes de farine
  • 50 grammes de sucre
  • 20 grammes de beurre fondu
  • 2 œufs
  • 1 sachet de levure chimique
  • 10 cl de lait
  • 1 cuillère à soupe d’arôme vanille
  • 1 pincée de sel

Les instructions :

  1. Pour commencer la préparation, faire chauffer le four à 200°C (th 6-7).
  2. Combiner la farine, la levure et le sel puis les tamiser ensemble.
  1. Dans un saladier, fouetter les œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange soit blanchi.
  1. Verser dans le mélange le beurre préalablement fondu, le lait et l’arôme vanille.
  1. Reprendre le fouettage puis incorporer petit à petit le mélange de farine tout en continuant de fouetter.
  1. Partager équitablement la pâte dans deux grands bols. — Ne soyez pas paresseux. J’ai utilisé un bol à soupe pour le deuxième, et c’était un peu trop petit.
  2. Éplucher et enlever le trognon des pommes.
  1. Diviser les pommes en deux puis les réduire en fines tranches à l’aide d’une mandoline.
  1. Mettre dans l’un des bols de pâte les tranches de pommes.
  2. Bien incorporer les pommes dans la pâte. — Le but n’est pas de couvrir complètement les pommes. Vous verrez, ce sera assez de pâte.
  1. Renouveler l’opération pour les poires dans l’autre bol.
  1. Prendre un moule carré de 20 cm de côté puis le beurrer et fariner.
  1. Transférer en premier la pâte aux pommes en égalisant la surface.
  1. Par la suite, étaler également l’autre pâte au poire sur le dessus de la pâte aux pommes.
  1. Enfourner le tout pour 35 minutes de cuisson à 200°C (th 6-7). — Faites attention ! Si vous utilisez aussi un moule en silicone, vous aurez de joli temps à ne pas renverser la pâte !
  2. Une fois à point, retirer le gâteau du four et le laisser tiédir dans le moule avant de démouler.
  1. Facultatif : Parsemer de sucre glace et le partager en 6 rectangles (ou 9 carrés) selon la convenance. — Je trouve ce gâteau suffisamment sucré sans ajouter du sucre glace.

Le Guignolo

Il n’y avait vraiment pas un autre choix cette semaine — j’ai dû regarder un film de Belmondo. J’ai eu deux films de lui dont je ne les ai pas encore regardés, alors j’ai choisi Le Guignolo. J’ai maintenant une question : POURQUOI EST-CE QUE PERSONNE NE ME L’A RECOMMANDÉ ? C’est peut-être le meilleur Belmondo que j’ai vu, encore plus que L’homme de Rio ou Le cerveau !

Au début du film, on trouve Alexandre Duoré (Belmondo) dans une situation plutôt bizarre. Il est prisonnier en France, mais aussi un agent du gouvernement français. On le voit en train de cambrioler une peinture, mais quand la maîtresse de maison l’attrape, elle le séduit :

Après cette scène, il monte sur une croisière où il fait plusieurs escrocs en faisant semblant d’être un maharadjah. Le premier ne marche pas, et la deuxième fois, il s’avère que son victime fait aussi un escroc ! Le moment le plus drôle du film — Belmondo utilise du parfum Chanel No. 5 comme sels !

Les deux décident de travailler ensemble contre un noble allemand. Ils font semblant d’être frère et sœur, et pendant qu’elle séduit le noble, il prétend de se suicider à cause de faire faillite. Ce moment m’a fait flipper parce que je pensais que Belmondo étouffait vraiment ! (Je sais qu’il a bien survécu, mais je me demande si cette scène est un peu trop réaliste.)

Aprzès ça, il vole à Venise, une ville qui me donne des émotions contradictoires. D’une part, elle est très jolie. D’autre part, elle coûte chère pour visiter. En tout cas, il est recruté pour apporter une mallette à une femme qu’il pense est la maîtresse d’un scientifique. Le scientifique est assassiné, et Dupré se rend compte qu’il est en danger à cause d’un tireur.

Belmondo visite l’ambassade des arabes qui veulent l’invention du scientifique. Ça se passe très mal, mais il s’échappe. Grâce à la scène avec le piano, je sais maintenant qu’une composition célèbre dont je n’ai jamais connu le nom est la marche funèbre de Frédéric Chopin :

Après s’être échappé, Belmondo fait deux escrocs en même temps avec l’aide de vieux amis. C’est un régal de voir Henri Guybet et Michel Galabru ensemble ; je les adore tous les deux. Un autre moment très drôle — un bijoutier dit qu’il vient de « Arcleef et Van Pels », une blague de Van Cleef et Arpels.

La police arrive après un appel du personnel de l’hôtel, ensuite il y a une jolie chasse. Ne ratez pas la Piazza San Marco, le meilleur site touristique à Venise.

Belmondo revient en France, où il y a une autre jolie chasse avec les arabes et la police, et un combat dans une usine de pain :

À la fin, il s’avère que son personnage travaillait avec la police tout le temps (exactement comme Flic ou Voyou, par le même réalisateur, Georges Lautner), et Belmondo finit par recevoir la Légion d’Honneur. Il n’y a même pas un moment ennuyeux pendant le film entier, à cause de tous les escrocs et cascades.

Une seul chose d’ajouter. Avant de regarder le film, j’ai essayé de trouver la signification du mot « guignolo ». Rien sur Google Translate. Rien dans le dictionnaire bilingue Collins-Robert. Et rien dans le Trésor de la Langue Française. Une amie me l’a expliqué, mais je suis étonné qu’il n’y a rien dans les dictionnaires !

Les américains médusés

Si vous suivez les réseaux sociaux, il semble que toute la France se moque d’un américain qui a découvert « La Pataterie ». Je ne connais pas cette chaîne, mais je comprends très bien l’attitude de ce monsieur. À votre place, je ne me serais pas moqué de lui.

Avant de voyager en France, je me suis dit, « Vous n’avez pas le droit de manger quoi que ce soit américain, monsieur. Vous êtes là pour vivre à la française ! » (Oui, je me vouvoie.) Je ne vous l’ai pas dit, mais j’ai fait une seule exception. À l’aéroport, juste avant de monter dans l’avion pour quitter le pays, j’ai acheté une boîte de macarons. Voilà :

Pensez-vous que je n’ai pris qu’une photo ? Non, j’ai dû aussi prendre une photo du resto lui-même !

En ce cas, c’était pour ma fille. Elle a 11 ans, et elle ADORE McDo aux États-Unis. Elle était en vacances avec sa mère pendant que j’étais en France (c’est pourquoi j’ai dû voyager cette semaine-là ou pas du tout). Je les ai donc gardé jusqu’à mon retour aux États-Unis. Je sais, c’est une mauvaise idée de garder des macarons pendant plusieurs jours, mais je n’avais pas de choix. En tout cas, nous sommes d’accord que les macarons de McDo sont rien de spécial. MAIS —

Pourquoi est-ce que nous étions tous curieux des macarons de McDo ? Parce que l’on n’a RIEN comme ça ici. En fait, il y a peu de choix en dessert chez McDo ici, alors quand nous avons vu leur menu français, c’était un monde tout neuf. Et franchement, il faut que j’ajoute qu’aux États-Unis, personne ne croit que les Français ne mangent qu’aux restos étoilés. Certains d’entre ceux qui ont répondu à ce monsieur n’étaient vraiment pas honnêtes à propos de ce sujet :

https://mobile.twitter.com/Oresias/status/1435242483106172929

Celui-ci est en anglais ; voici la traduction du Parisien :

« Sérieusement ? Vous venez visiter la France, patrie de la gastronomie, et le restaurant le plus étonnant que vous ayez trouvé est une chaîne ? Installé dans un bâtiment ressemblant à un entrepôt d’usine ? »

Article du Parisien

J’ai eu exactement la meme experience chez La Croissanterie à la Gare d’Austerlitz le jour où j’ai visité Orléans. Je n’ai rien dit à l’époque de peur d’être moqué comme ce monsieur. Mais voilà mes photos :

Je sais bien qu’il y a plein de meilleures boulangeries en France. Mais en tant que quelqu’un qui a pris des trains pendant dix ans pour aller au boulot, je peux vous dire qu’il n’y a RIEN à ce niveau de qualité dans nos gares. J’étais choqué que ce serait le cas n’importe où.

J’adore mes amis partout en France et en Belgique. Mais parfois quelqu’un ou l’autre qui n’a jamais visité les États-Unis me dit que tout le monde dans le Kansas ou le Nebraska est un gros con qui ne sait rien. C’est parce qu’ils ne connaissent que les stéréotypes. Je vous rassure que l’on ne manque pas de cons en Californie. Ce que j’essaie de vous expliquer, ce n’est pas que l’on ne sait rien. C’est un si grand plaisir de découvrir qu’à quelque part d’autre, il existe des choses différentes et meilleures, même dans la vie quotidienne.

Un livr sans un lettr

Un ami anglophone m’a récemment demandé si je connaissais un écrivain français, Georges Perec. J’ai dû avouer que je n’ai jamais entendu parler de cet homme. Il s’avère qu’il a écrit un roman avec une propriété intéressante — il manque complètement le lettre « e ». Il s’appelle « La Disparition ».

J’ai tout de suite dit, « Il faut que ce livre se déroule dans le passé ! » Et c’est plus ou moins le cas, même s’il aurait pu l’écrire dans le futur.

Le protagoniste s’appelle « Anton Voyl ». Je l’ai vérifié sur Politologue — il y a environ 1 300 Busch en France, comme moi, mais aucun Voyl. C’est juste pour la blague.

J’ai trouvé une copie en ligne, mais je ne veux pas vous donner le lien, parce que je n’ai pas trop de confiance que le site est sûr. Mais je vais vous partager des citations pour vous donner une idée de l’experience :

On peut voir qu’il doit tricher un peu avec tous ces personnages historiques. Qui appelle l’ancien roi « Caroli Magni » au lieu de Charlemagne ? Ou « Timour Ling » au lieu de Tamerlan ? Mais ces trucs sont moins trompeurs que son idée de remercier :

Thank you ?!! Moi aussi, je pourrais écrire un roman entier sans une lettre si je changeais de langue à chaque fois où la lettre est inévitable !

Mais je ne veux pas vous donner la mauvaise idée. Je n’ai pas encore lu tout le roman, mais il est parfois très drôle. Et je comprends que la manque d’une sert à quelque chose dans l’intrigue. L’auteur était inspiré par un roman en anglais, Gadsby, où la même chose s’est passé seulement pour que son auteur s’amuse. Dans le roman français, il y a apparemment des conséquences quand les personnages se rendent compte de la manque d’une lettre dans leurs vies.

Mon dîner eurois

J’adore autant que jamais la tradition, mais pour le dîner ce soir, il y a presque autant de recettes que de normands. J’ai fait de la sole normande — il y a ceux qui vous disent de cuisiner le poisson dans le bouillon et ceux qui disent de ne pas faire ça. Avec du cidre ou du vin blanc. Avec de la farine, ou pas. Ce soir, j’ai choisi une recette sans farine (pour la tester pour mon amie qui ne mange pas de gluten), et j’ai bu le cidre après avoir cuisiné avec du vin blanc. Alors voilà, la sole normande et la teurgoule.

J’aime cette version de la sole normande, mais j’ai grandi avec des versions qui utilisaient toutes de la farine. Peut-être que vous trouverez cette sauce pas assez épaisse, et je comprends. Mais la vraie star de ce repas, c’est la teurgoule. Malheureusement, personne n’est pas ici pour m’empêcher de manger plus d’un plat. Je vais mourir à cause de m’avoir teurgoulisé, mais je mourrai content quand même.

Voici mon cidre de ce soir. L’adresse dit que c’est un produit d’une entreprise appelée Eclor. Leurs marques en France sont La Mordue et Écusson. Après avoir lu leurs sites, je crois que leur produit ici est plus Écusson que La Mordue. Je l’ai beaucoup aimé, et d’habitude, je ne bois pas de cidre.

Je dois la recette de la sole normande au magazine Marie Claire. J’ai fait leur quantité de sauce, mais avec seulement assez de poisson et fruits de mer pour deux personnes. Aussi, je n’aime pas les huitres, alors je ne les ai pas utilisées. Je suis heureux de la cuisson du poisson. Il y a des recettes qui disent 5 minutes, et des autres qui disent 15-20 minutes. Fais attention à l’instruction #4 pour plus d’infos.

Les ingrédients pour la sole normande :

  • 1 grosse sole
  • 1 oignon
  • 1 carotte ou des petits carottes
  • Des clous de girofle
  • 1 bouquet garni
  • 1 dl de vin blanc sec
  • 50 g de beurre
  • Des moules
  • 100 g de crevettes décortiquées
  • 2 jaunes d’œufs
  • 1 grosse cuillerée à soupe de crème fraîche
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour la sole normande :

  1. Levez les filets des soles, ou faites-les lever par votre poissonnier.
  1. Faites fondre doucement le beurre dans une casserole, ajoutez les arêtes et les têtes des soles, mouillez avec le vin blanc et assez d’eau pour bien couvrir les arêtes. — Ici, le poisson est vendu en forme de filet, alors je manque des arêtes et des têtes. Pas besoin quand on va faire cuire le poisson dans le bouillon.
  2. Ajoutez l’oignon piqué des clous de girofle, la carotte en rondelles, le bouquet garni, sel et poivre. Finir par ajouter le poisson. — (Dans la recette originale, ils oublient de dire quand il faut cuisiner le poisson !)
  1. Faire bouillir, puis baisser le feu. Laissez cuire doucement 30 minutes. Enlevez le poisson après 15-20 minutes. Passez ce fumet sur une passoire fine.
  2. Mettez les filets sur un plat, recouvrez-les de papier d’aluminium et tenez-les au chaud sur la porte ouverte du four réglé à 100° C, thermostat 3.
  1. Faites pocher les moules et les crevettes 2 minutes dans le même fumet et sortez les moules de leurs coquilles. — Notez bien que les moules se sont ouvertes après avoir été pochées. Si ça n’arrive pas, elles ne sont pas bonnes à manger. (Et c’est une question de santé, pas de goût.)
  1. Mélangez dans un bol les jaunes d’œufs et la crème et versez dessus 2 dl (ou 2 verres de cuisine) de fumet passé, en tournant sans arrêt.
  1. Disposez les moules et les crevettes autour des filets de soles, posez les huîtres sur les filets et nappez le tout avec la sauce.

Je dois la recette de la teurgoule au site The French Cooking Academy. C’est en anglais, mais par un Français. J’ai lu une douzaine de recettes. Elles ne sont pas toutes d’accord sur le temps de cuisson — il y a celles qui disent 3 heures et celles qui disent 5. Ça dépend de la quantité un peu, mais faut aussi vérifier votre cuisson. On veut une croûte brune, mais pas gonflée. Ne vous inquiétez si ça arrive – elle tombera — mais votre teurgoule sera déjà assez cuite. Je n’ai fait qu’un changement — j’ai ajouté un peu de muscade. C’est un très bon choix !

Les ingrédients pour la teurgoule :

  • 100 grammes de riz
  • 1 cuillère à café de cannelle
  • 100 grammes de sucre (semoule ou en poudre)
  • 1 L de lait entier
  • 1 pincée de sel
  • 1 gousse de vanille ou une cuillère à soupe de vanille liquide

Les instructions pour la teurgoule :

  1. Dans un plat rectangulaire en céramique, mélanger le riz, la cannelle, le sel, et le sucre.
  1. Râper de la muscade.
  1. Dans une casserole, mélanger le lait et la vanille. Faire bouillir, puis éteindre le feu. Si vous utilisez une gousse de vanille, laisser rester pendant dix minutes.
  1. Verser le lait dans le plat rectangulaire et mélanger.
  1. Faire cuire en bas du four pendant 3 heures à 150 ºC. Si votre teurgoule est gonflée, laisser rester. Elle sera quand même TRÈS CHAUDE. Déguster soit chaud soit froid.

À l’honneur de Belmondo

J’imagine qu’il y avait beaucoup de changements à la dernière minute chez Le Canard Enchaîné cette semaine. La mort d’une icône nationale comme Jean-Paul Belmondo demande plus que un dessin, plus qu’un gros titre. Mais il y avait plutôt moins de choses sur le triste événement que je ne l’aurais attendu. Ce n’est pas à dire qu’ils ont échoué.

J’avoue que je n’ai pas encore regardé Le Guignolo. Mais ça fait partie de la boîte que j’ai acheté il y a deux mois, et ce sera donc mon film de ce week-end.

Si j’étais membre de la famille de M. Castex — que je ne connais pas du tout sauf dans les pages du Canard — j’aurais peur des nouvelles importantes, car chaque fois où quelque chose se passe, il finit par être la punchline.

Mais peut-être le vrai hommage, c’est que les canards eux-mêmes parlent de M. Belmondo. J’ai appris un nouveau mot, ribambelle :

Franchement, je ne suis pas sûr qui est le meilleur but dans la vie — apparaître dans cette conversation hebdomadaire, ou ne jamais mériter leur attention. Je suis prêt à discuter tous les deux côtés.

Je ne connaissais pas l’allocution scolaire ni cette histoire avant de voir ce dessin. Oh là là, quelle gaffe ! (Il y en a un autre sur le même sujet, mais celui-ci suffit.)

Enfin, j’ai appris deux nouveaux desserts grâce à celui-ci :

J’ai entendu parler de M. Zemmour pendant que j’étais à Paris, mais je ne le connais vraiment pas. Vu avec qui il dîne, et les noms des desserts, le point est bien évident. J’ai lu que l’on n’appelle plus ce dessert « tête de nègre » — c’est plutôt tête au chocolat. Dois-je vous dire qu’aucun journal aux États-Unis n’aurait publié ce nom-là en anglais ? Petit renseignement — en anglais, on appelle la dame blanche « sundae, » un mot très proche à notre mot pour dimanche (Sunday), mais personne ne sait d’où vient vraiment le nom du dessert.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Je découvre l’Eure

J’avoue, rien ne me plait comme revenir en Normandie. On continue avec le 27, l’Eure. C’est le département le quarante-deuxième plus peuplé, et les habitants se nomment eurois. C’est seulement notre deuxième séjour en Normandie., mais je suppose que j’ai triché par ayant déjà visité la Seine-Maritime dans la vraie vie. Je ne m’excuse pas.

On commence comme souvent dans la préfecture, Évreux. Ils ont une cathédrale, Notre-Dame (2 étoiles Michelin) qui date au Xe siècle bien qu’elle ait eu besoin de plusieurs siècles pour construire ; on y trouve donc plusieurs styles d’architecture. On y trouve aussi le Musée d’art, histoire, et archéologie (2 étoiles), dans un ancien palais épiscopal de 1500, avec des collections gallo-romaines et d’art plus moderne. On remercie nos amis allemands pour avoir raté la Tour de l’Horloge (0 étoiles), du XVe siècle, quand ils ont détruit beaucoup de la ville. Finalement, on visite l’Église Saint-Taurin (0 étoiles) pour voir la châsse de Saint-Taurin, en argent et émaux

Mais on a hâte de voir le reste de l’Eure, parce que c’est plein de beaux villages et d’autres trésors. On commence au Plessis, au sud d’Évreux, pour voir la Côte des Deux-Amants (2 étoiles). Selon la légende :

Edmond, un jeune écuyer, sauve la belle Caliste, la fille de son maître le Baron Rulphe (Seigneur de Pont-Saint-Pierre) de l’attaque d’un sanglier. Edmond demande la main de celle qu’il aime. Le Seigneur y consent, à une condition : « Vois la hauteur de ce mont escarpé. Gravis-le en portant ta bien-aimée ». Edmond se soumet à l’épreuve. Mais, succombe à l’effort. La jeune fille, désespérée, succombe à son tour.

Source

Puis, on conduit vers l’est, au village de Giverny, chez Claude Monet. Sa maison et ses jardins (2 étoiles) sont les stars du village, mais il faut aussi visiter le Musée des impressionnismes (1 étoile) pour des expositions qui changent fréquemment. Puis on conduit à la ville de Vernon, pour voir la Collégiale Notre-Dame de Vernon (1 étoile) et sa façade impressionnante en forme de rose.

On est presque fini — dommage, parce que l’on peut continuer pendant des jours. On traverse la Seine vers Les Andelys, pour voir le Château-Gaillard (2 étoiles), ancien château du roi Richard Cœur de Lion (on a déjà trouvé son cœur à Rouen). Pendant que l’on est là, on visite aussi la Collégiale de Notre-Dame des Andelys (1 étoile), une église façon Renaissance. Au nord, on trouve les ruines de l’Abbaye de Fontaine-Guérard (1 étoile), et on finit par visiter la Forêt de Lyons (2 étoiles) à Lyons-la-Forêt — ne me regardez pas comme ça, c’est l’adresse ! — où on trouve 10 000 ha d’arbres avec souvent plus de 20 m de hauteur et des châteaux comme celui de Vascoeuil.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Eure ? Bien sûr, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion à cause de son château, et Claude Monet, le peintre célèbre. Mais aussi le peintre Nicolas Poussin, le compositeur Maurice Duruflé, mon héros le pâtissier Gaston Lenôtre, le journaliste Henri Gault (l’un des fondateurs du guide Gault et Millau), et le cible fréquent du Canard Enchaîné, Bruno Le Maire.

Quoi manger dans l’Eure ? Nous sommes toujours en Normandie, alors vous savez déjà que ça veut dire la pomme sous toutes ses formes — du jus, du cidre, du Calvados, et du pommeau. (J’entends parler que l’on peut aussi manger des pommes crues, mais c’est juste une rumeur.) Il y a plus de Calvados dans le Calvados, bien sûr, mais en fait, il y a aussi une distillerie dans l’Eure. On y trouve beaucoup de fromages AOP — Camembert, Livarot, Pont-l’évêque. On ne peut pas oublier la sole normande, un plat si célèbre qu’il est devenu le nom du resto dans La cuisine au beurre (et ce dernier, un livre pour les enfants). En dessert, la tarte normande, la teurgoule (une sorte de riz au lait), et le flan normand, comme le flan pâtissier, mais aux pommes. Oui, je ne manque PAS d’idées pour ce dîner !