Archives de l’auteur : Justin Busch

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Des opportunités prises et ratées

D’abord, je vais vous dire tous d’aller lire l’excellente histoire de Thanksgiving chez Jours d’humeur. Si c’est pas tout vrai, ça devrait être le cas. Moi, je vais plutôt parler de la suite, Vendredi noir. Surtout celui-ci.

Selon le gouvernement Québécois, il ne faut pas dire « Vendredi noir » pour « Black Friday ». En fait, ils déconseillent les deux, en faveur de « Vendredi fou ». Les raisons sont très différentes, mais plutôt touchantes de leur façon. Quant à « Vendredi noir », ils disent :

Un jour noir est un jour malheureux, voire funeste, au cours duquel se produit un événement tragique pour un ensemble de personnes, par exemple les attentats du 11 septembre 2001. On a, notamment, nommé Jeudi noir le krach boursier du 24 octobre 1929, à l’origine de la Grande Dépression.

Je pense aux bousculades qui ont tué (lien en anglais) des chercheurs de bons marchés et je ne suis pas sûr qu’ils aient raison, mais ces jours-là sont finis. Il n’y a plus de promotions pour les 20 premiers acheteurs. Peut-être qu’un jour, personne ne se souviendra plus de cette bêtise culturelle.

Mais l’autre raison des Québécois est tout simplement qu’on va emprunter à l’anglais en marchant sur leurs cadavres, pour emprunter une métaphore anglaiseil faudra me passer sur le corps » est proche, mais manque du mot piquant) :

L’emprunt à l’anglais Black Friday, d’usage récent en français, n’est pas acceptable parce qu’il ne s’intègre pas au système linguistique du français.

Je n’arrive pas à comprendre quel emprunt serait acceptable, mais je suis pas offensé. C’est leur affaire, et en plus, bien que mes raisons ne soient pas les leurs, on partage le même but de ne pas entendre des anglicismes. (Vous ne comprendrez jamais l’horreur de « Is that OK? »/« Est-ce OK ? ». Comptez-vous chanceux.)

J’ai évité nos centres commerciaux aujourd’hui, parce qu’il reste quand même de grosses foules, et les « promotions » sont largement un escroc. Mais j’ai visité le meilleur magasin d’Orange County, myPanier, parce qu’ils ont eu une vraie promotion. -20 %, comme beaucoup de monde, mais sans avoir haussé les prix avant, comme cette blague de Martine :

Qu’est-ce que j’ai acheté ? Voilà :

Du chocolat pour ma fille, du beurre pour la pâtisserie, des Anis de Flavigny afin d’occuper mon docteur, du nougat de…Bretagne ? — on verra — et des pralines roses lyonnaises. Ça fera 11 départements de plus — peut-être 4 mois — avant d’arriver dans le Rhône. Mais ça fait un an entier depuis la dernière fois où les pralines roses y ont été en stock, et je n’allais pas rater mon opportunité. Vais-je les utiliser dans une recette ? Aucune idée, mais il sera moi qui prendrai cette décision, pas le manque d’un ingrédient. (Au fait, est-ce que je devrai écrire 2 articles, 69D et 69M ?)

([Menteur ! Dites-leur la vérité ! Ce sont pas l’intégrale de vos achats ! — M. Descarottes]) Bon, il dit la vérité. J’ai aussi acheté 4 barres du chocolat Ghirardelli, mon préféré pour les ganaches. ([Et ? ET ?]) Ç…ce…cela !

([C’est pas un produit français, garçon.]) C’est un souvenir d’enfance, c’est mon excuse.

De toute façon, j’ai récemment raté une autre opportunité, dont je doute qu’elle revienne. Je voulais tellement une affiche du concert d’Indochine à Paris, exactement comme sur ce T-shirt :

©️Indoshop

Mais j’attendais car leurs frais de livraison à l’étranger n’ont rien à voir avec le coût, étant 32 € tout court. Et je voulais aussi commander le T-shirt, mais ma taille (L, pas XL, merci) est en rupture de stock depuis le début. Je voulais acheter les deux en même temps au lieu de payer les frais deux fois. En attendant le T-shirt pendant des mois, la boutique ne vend plus l’affiche. Si on m’avait dit que je ne pouvais en choisir qu’un, il aurait été l’affiche. Oups.

Tout ça, c’est-à-dire prendre vos opportunités quand elles se présentent. Je vais me donner des claques pendant longtemps à cause de cette dernière !

Le gâteau « Red Velvet » de La Fille

Aujourd’hui, je vous présente quelque chose d’inattendu. Tout l’équipe chez Un Coup de Foudre fait son tour en vedette de temps en temps, et leurs rôles sont assez bien connus ([Garçon ! Plus de carottes, tout de suite ! –M. Descarottes]). Mais cette fois-ci, c’est La Fille qui cuisine. Voilà, son gâteau « Red Velvet » (littéralement « Velours rouge »).

L’arrière-plan ne vous est pas familier, hein ? C’est pourquoi vous êtes chez la Mère Coup de Foudre pour la fête d’anniversaire. (Peut-être que ce nom ne collera pas ; j’ai jamais pensé à cette situation.) Elle avait dit à ma fille que les deux feraient un gâteau ensemble, puis au dernier moment, elle a changé d’avis et a dit à ma fille de le faire ensemble avec moi. Merci, maman.

Naturellement, je lui ai dit, « Si tu vas cuisiner chez nous, il y aura des photos. » Je suis fier de ses efforts, et vous allez voir qu’elle a appris la leçon la plus importante — la cuisine, c’est le triage. Dès qu’on commence, il y a des crises partout et des choses qui ne vont pas. Faut toujours penser à « qu’est-ce que je peux faire ? », pas à « tout est perdu ».

Comme le gâteau aux carottes, cette recette vient du livre Southern Cakes. Le glaçage est exactement le même, mais je le copierai ici pour être complet. Le « Red Velvet » et l’un de mes gâteaux préférés depuis la première fois où je l’ai goûté, à Ralph Brennan’s Jazz Kitchen à Disneyland — la version locale des restos de la famille Brennan à la Nouvelle-Orléans. (Voilà, toutes mes histoires sont liées, les unes aux autres.)

Les ingrédients pour le gâteau Red Velvet :

  • 375 grammes de farine
  • 1/2 cuillère à café de sel
  • 1 cuillère à café de vanille liquide
  • 240 ml de lait ribot
  • 2 cuillères à soupe de poudre de cacao
  • Du colorant rouge
  • 240 + 40 grammes de beurre doux
  • 400 grammes de sucre en poudre
  • 2 œufs
  • 1 1/2 cuillères à café de bicarbonate de soude
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre blanc
  • 225 grammes de fromage Philadelphia
  • 450 grammes de sucre glace
  • 1 cuillère à soupe de vanille liquide
  • Du lait (facultatif)

Les instructions pour le gâteau Red Velvet :

  1. Préchauffer le four à 180°C.
  2. Beurrer 2 moules à gâteau ronds de 23 cm, y déposer du parchemin, et beurrer le parchemin.
  1. On va préparer 3 mélanges. D’abord, tamiser la farine dans un grand saladier, ajouter le sel, et mélanger.
  1. Dans un autre bol, combiner le lait ribot et la cuillère à café de vanille liquide. Remuer bien.
  1. Dans un petit bol, mélanger la poudre de cacao avec le colorant rouge. Ce sera un peu difficile, mais remuer jusqu’à ce que le tout devienne une pâte.
  1. Dans le bol d’un robot, battre le beurre à petite vitesse jusqu’à ce qu’il devienne moelleux. Ajouter le sucre en poudre et battre plus vite pendant 3-4 minutes. Racler souvent les bords. Y ajouter les œufs et mélanger bien. Puis, ajouter la pâte de cacao et mélanger encore.
  1. On va ajouter le lait en deux fois et la farine en trois fois. Ajouter un tiers de la farine, puis la moitié du lait. Battre à petite vitesse jusqu’au moment où la farine est dissous. Répéter avec le deuxième tiers de la farine et le reste du lait. Finir avec le reste de la farine.
  1. Dans un petit bol, mélanger le bicarbonate de soude et le vinaigre blanc avec une cuillère en bois. Ajouter à la pâte et mélanger bien. Déposer dans les moules.
  1. Enfourner pendant 20-25 minutes, mais ne retirez pas les gâteaux du four jusqu’à ce qu’ils réussissent le test du cure-dent.

Pendant que les gâteaux refroidissent, on passe au glaçage :

  1. Faire ramollir le beurre et le fromage Philadelphia, puis les mettre dans le bol d’un robot équipé de la feuille. Les rendre moelleux. Ils doivent être bien ramollis, où vous allez avoir des petits morceaux de beurrer dans votre glaçage.
  1. Ajouter le sucre glace en six fois, et mélanger bien à chaque fois. Racler les bords souvent avec une maryse.
  1. Ajouter la vanille liquide et mélanger plus.
  2. Maintenant, c’est une question de texture. Si vous trouvez le glaçage trop sec ou dur, ajouter du lait, une cuillère à soupe à la fois. Mélanger et tester après chacune. En ce cas, on en a utilisé 3.

Montage :

Peut-être que vous avez remarqué que son premier gâteau a eu des bords très irréguliers. Alors ce que je lui ai dit, c’était d’étaler du glaçage sur ce gâteau en premier :

Puis elle a mis le plus beau gâteau au-dessus. J’ai coupé un cercle avec un couteau très bien aiguisé, afin de produire des bords plus réguliers. À la fin, j’ai fait une petite coupure dans le cercle extérieur pour retirer les bords sans abîmer le gâteau :

Après, elle a étalé le reste du glaçage au-dessus et autour les bords du gâteau. À mon avis, le glaçage avait la bonne texture, mais il n’a pas bien collé aux bords du gâteau.

Je l’ai aidée à déplacer le gâteau sur une assiette propre et nous l’avons livré chez les grands-parents. Ma mère y a posé deux rangs de bougies, 4 et 6 pour 46. Et oui, je les ai TOUS soufflés en une fois — pas toujours trop faible !

Elle a fait du bon travail. Je suis le mauvais prof pour lui apprendre à décorer, mais elle a tout fait ici, sauf pour les parties qui avaient besoin soit d’un couteau soit du four. Et franchement, je crois qu’elle peut utiliser les couteaux sans problème. Mais je ne peux même pas risquer la moindre blessure chez elle. De toute façon, je suis fier d’elle — c’est de loin le truc le plus difficile qu’elle a cuisiné, et elle l’a choisi toute seule.

Le pain de citrouille de Thanksgiving

Je sais, je sais, « Justin, on ne fête ni votre anniversaire ni Thanksgiving en France. C’est quoi toute cette cuisine à l-autre-que-française ? Avez-vous oublié qu’aujourd’hui est le deuxième anniversaire du meilleur compliment de votre vie, que vous êtes « plus royaliste que le roi » sur le blog ? »

Assume toujours que les trucs les plus fous que je dis sont vrais.

Eh bien, pour autant que je travaille devant un four cette semaine, je veux l’utiliser ! Et demain, il y aura encore une recette américaine — mais celle-là sera spéciale et je m’attends à ce que vous fassiez tous la bonne chose. De toute façon, c’est mieux de lire ces recettes que de perdre la tête pendant « Black Friday » (un escroc de notre part, comme je vous ai dit au début).

Mais ce pain est aussi mon truc préféré de tout Thanksgiving (sauf peut-être pour la tarte à la citrouille, et ma fille l’adore aussi. C’est moins de travail que beaucoup d’autres choses ici, et franchement, je l’assume.

On dit tous « Bienvenue » au nouveau membre de l’équipe, mon cadeau d’hier. C’est une nouvelle balance, et elle est imperméable, un problème avec mon ancienne :

Pour cette recette, j’ai utilisé deux choses qui pourraient être difficiles à trouver en France. La première est de la purée de citrouille ; voilà la bonne chose chez Carrefour. L’autre est l’épice de citrouille, dit « pumpkin spice » en anglais, un mélange de cannelle, de muscade, de clous de girofle et de gingembre. J’ai aucune idée où trouver ce mélange, mais vous savez maintenant quelles épices sont les bons choix.

Les ingrédients pour le pain de citrouille :

  • 425 grammes de purée de citrouille
  • 335 grammes de sucre
  • 140 grammes d’huile végétale
  • 375 grammes de farine
  • 2 cuillères à café de vanille liquide
  • 4 œufs
  • 75-150 grammes de noix concassées
  • 2 cuillères à café de bicarbonate de soude
  • 1 cuillère à café de sel
  • 1/2 sachet de levure chimique
  • 1 1/2 cuillères à café d’épice de citrouille, ou de la cannelle et des clous de girofle moulus

Les instructions pour le pain de citrouille :

  1. Préchauffer le four à 180°C. Mettre la grille du four plus bas, afin que les hauts des moules soient au milieu du four.
  2. Beurrer les fonds — et seulement les fonds — de deux moules à cake. Les miens sont 25x13x8 cm. À cette taille, certains préfèrent utiliser seulement un moule. Vous verrez que mes pains ont moins de hauteur que d’habitude. Mais j’ai eu une raison !
  1. Dans un grand saladier, déposer la purée de citrouille, le sucre, l’huile végétale, la vanille liquide et les œufs. Mélanger complètement.
  1. Ajouter la farine, la levure chimique, le bicarbonate de soude, le sel et les épices. Mélanger jusqu’à ce que le mélange soit homogène.
  1. À cette étape, j’ai mis la moitié de la pâte dans l’un des deux moules, puis ajouté 75 grammes de noix concassées à la pâte pour l’autre. C’est car ma fille ne devrait pas manger des noix en ce moment. Si vous n’avez pas d’appareil dentaire, ajouter 150 grammes de noix à la pâte, remuer, puis diviser la pâte (ou mettre tout dans un seul moule ; c’est à vous).
  1. Enfourner pendant 50-60 minutes (2 moules) ou 1h10-1h20 (1 moule). Les pains sont prêts quand le test de cure-dent réussit avec un cure-dent propre.
  1. Laisser refroidir pendant 10 minutes dans les moules, puis les retirer pour refroidir sur des grilles.

Vous n’avez pas trop d’expérience avec le pain de citrouille, mais je vous rassure — les miens sont parfaits. Voici celui avec les noix :

Contrairement à d’autres recettes ici, ces pains se gardent merveilleusement au congélateur. Mais je doute qu’ils atteindront le frigo pour ça.

À la ferme

L’une de mes répliques préférées — bon, de nombreuses telles répliques — vient du film La classe américaine (c’est lié au bon moment) :

Dino — Où j’ai connu George ?
Dino — C’est une excellente question. À la ferme.
L’ami de Dino — La ferme ? Quelle ferme ?
Dino — Ah la ferme ta gueule toi, ducon, espèce de crétin.

Cyclim.se

Mais la langue française est pleine d’expressions qui viennent de la ferme et ses alentours. L’une des plus vieilles entrées dans mon fichier d’expressions est « Ça ne casse pas trois pattes à canard » un métaphore sans aucun vrai équivalent en anglais. Les Dédexpressions suggère que l’on peut dire « nothing to write home about » en anglais — c’est-à-dire « il ne vaut pas le coup d’écrire à la maison » — mais en anglais, il y a plusieurs expressions qui concernent les animaux pour dire l’inverse, quelque chose de spécial. On peut dire que « c’est les genoux de l’abeille » (« it’s the bee’s knees« ) ou « c’est les pyjamas du chat » (« it’s the cat’s pajamas« ), et en anglais, on peut les nier pour signifier « pas grand-chose ». De cette façon, on est dans la même grange.

Je parle parfois d’un village fictif, Anguille-sous-Roche, la maison de quelqu’un que je n’ose pas nommer. Évidemment, j’adore l’expression « il y a une anguille sous roche », quelque chose qui ne va pas. Les Dédexpressions suggère « something fishy » en anglais — on pourrait dire « quelque chose de poissonesque », pour inventer un mot. Mais encore une fois, il y a un meilleur équivalent animal en anglais, « a snake in the grass » ou « un serpent dans l’herbe ». C’est exactement la même idée.

Sautons du coq à l’âne. J’aime tellement les expressions sur les vaches, mais il ne faut pas appeler la collection une « vacherie », car ça veut dire plutôt quelque chose de méchant, même si c’est en fait l’origine du mot. (Une vacherie à la ferme, elle pue.) Mais je peux espérer que j’écris en français mieux qu’une vache espagnole, au moins à une vache près. Je m’ennuierai des vaches quand les cochons voleront ; oups, on parle d’abord en français ici. Ça devrait être « quand les poules auront des dents ». Mais en fait, on dit en anglais « les dents de la poule » (« hen’s teeth ») pour quelque chose d’impossible. Jamais comme un verbe ; c’est seulement un nom.

Je vous ai promis la dernière fois de parler de la ferme, alors je ne suis pas le cochon qui s’en dédit ! Mais on a oublié l’autre chose que l’on trouve à la ferme, les légumes. Langue de Molière vous reverra au jardin.

Le procès d’anniversaire

Bonjour, les amis, c’est encore une fois M. Descarottes avec vous. Aujourd’hui est l’anniversaire du gros — 46 ans — mais c’est lui enfermé à clé dans ma cage. Comme Maurice, il a poussé le bouchon trop loin.

Qu’est-ce que le type a fait ? Voilà, son gâteau d’anniversaire — c’est plusieurs crimes dans une seule photo !

Peut-être que vous vous souvenez du fait qu’il partage son anniversaire avec le général de Gaulle. Je lui ai donc ordonné de chercher le dessert préféré du général, et de vous le présenter. Il s’est avéré qu’un grand amour des desserts n’était pas parmi les qualités du général — on a trouvé des preuves qu’il y avait des fraises melba, le Parfait (ou Coupe) Viviane, et le vacherin glacé. Mais il y a quand même des choix.

Puis le gros a dit « Je n’en veux pas », et pire « Je vais faire quelque chose d’américain. » Et encore pire, « Je vais faire cuire DES CAROTTES ! » C’est horrifiant, mais quand il m’a apporté un bout du gâteau, je lui ai attrapé dans ma cage ! Vous pouvez voir qu’il a du foin pour manger.

Comme dans Alice au pays des merveilles, « La sentence d’abord ! On vous jugera après, effrontée ! » Alors, on va chanter tous une petite chanson qui convient parfaitement aux anniversaires, Ça ira. Non, pas la bêtise de Vitaa et Slimane, la version traditionnelle. C’est ce qu’il adore, la tradition, n’est-ce pas ?

Les détails suivent :

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Épisode 36, des moules et de la Moselle

Cette semaine, je n’ai pas eu de grandes nouvelles. Peut-être que vous avez entendu parler que quelqu’un a récemment gagné un prix de loterie de presque 2 milliards de dollars. Et si je vous disais que le gagnant vivait en Californie du Sud ? Mais c’est pas moi — le billet a été vendu à Altadena, à 90 km de chez moi. (Si c’était moi, une chambre chez le George V aurait déjà été réservé.)

De toute façon, j’ai la blague parfaite pour le début de la Coupe du monde, un événement que je regarderai autant que la NFL et la NBA cette année — pas du tout. Nos articles sont :

Il y a aussi Le concours de popularité (merci d’avoir fait la bonne chose, les amis), et Mon dîner morbihannais. Attention aux moules marinières — mon appartement sentait les moules même deux jours plus tard !

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Le film du Central Tour

Mon anniversaire approche la semaine prochaine (nooooooon), en presque même temps que l’évènement le deuxième plus important de l’année. C’est à dire le film du Central Tour d’Indochine, à apparaître le 23 et le 24 novembre.

Et bien sûr, je pensais à écrire un post pour dire « on part pour faire nos achats de nougat », juste pour vous taquiner, mais honnêtement, même si je pouvais voler juste n’importe quand, le 24 novembre, c’est le Thanksgiving ici. Je serais mort si j’étais pas à table chez mes parents. (Pourquoi jamais l’inverse ? C’était quoi le problème avec mon Thanksgiving français ?)

Heureusement, le groupe a gentiment pensé à ses fans à l’étranger. Alors le film sortira dans des pays bien connus pour leurs grandes populations francophones, comme le Pérou, l’Australie, et l’Allemagne. (Au fait, j’ai pas de dent contre les péruviens — il y a de vrais fans là-bas, mais aucune visite du groupe depuis 1988 (lien en espagnol)). Bon, il sera aussi au ciné au Québec en décembre. Mais non, je ne vais pas vous dire « Je pars pour une assiette de poutine ».

J’entends parler que le même film sortira plus tard sur DVD. Je l’achèterai, bien sûr, mais l’expérience à la maison ne sera pas du tout comme au ciné. Si on peut avoir un festival de cinéma français à Los Angeles pendant 4 jours, pourquoi pas une séance une fois là-bas ?

Non, mais sérieusement, qui va le voir en Australie ? Des kangourous et des koalas ? Nous avons aussi de l’eucalyptus ici, Nico ! (Est-ce évident à quel point je suis jaloux ?)

Le dernier événement OCA de l’année

Ce soir, je suis allé avec mon groupe de cinéphiles de l’OCA pour voir…un film américain, She Said. Il arrivera bientôt en France sous le même nom, le 23 novembre. Je ne parlerai pas du film pour plusieurs raisons, parmi lesquelles : 1) ça traite de #BalanceTonPorc/#MeToo, et c’est bien hors de mes sujets, 2) c’est un œuvre qui essaye de vous faire oublier l’histoire du New York Times quant à exactement ce sujet, et 3) quand je suis avec l’OCA, je préfère penser à de bonnes choses.

On a dîné chez Macaroni Grill, une chaîne de restos italiens américains. C’était anciennement l’un de mes habituels, mais ça me rappelle quelqu’une, alors je n’y vais plus souvent. Mais pour certains, même si je ne savais pas pendant combien de temps ils vivaient ici, c’était la première fois. Et ça, c’était une expérience !

Dans ce resto, ils servent une miche de pain avant le dîner, avec de l’huile d’olive sur des assiettes pour partager. Le truc américain, c’est d’arracher le pain avec les mains et passer des bouts autour de la table. Absolument personne n’a fait ça. Nous étions une dizaine, alors il y avait peut-être 4 miches sur la table. Chacune a été tranchée avec un couteau. Je ne m’attendais pas du tout à ça, mais il a quand même fait chaud au cœur.

Un autre moment intéressant s’est arrivé à cause d’une jolie boulette à la part du resto. L’un d’entre nous n’a pas reçu sa salade bien après l’arrivée de tous les autres plats. Aux États-Unis, la coutume en ce cas est d’offrir un dessert gratuit. (Mais ne le demandez pas aux serveurs ; ça doit arriver volontairement.) On parle souvent de commander des desserts « pour la table » ici ; c’est-à-dire que tout le monde partage le même dessert avec des fourchettes différentes pour chacun. Moi, je n’aime pas ça, mais je l’ai refusé à cause d’avoir mangé des pâtes (300 sur le moniteur de glycémie ce soir — aïe ! Des salades ce week-end !). Sinon, le groupe entier a participé à ça. Est-ce que l’on fait la même chose en France qu’aux États-Unis, où était-ce un moment bien américanisé ?

Je m’asseyais aux côtés de quelques-uns que je ne connaissais pas avant. Naturellement, j’ai parlé du blog et du voyage fou plus tôt cette année pour voir Indochine. J’oublie souvent que tout le monde ne connaît pas forcément tout ce que j’écris ici. Alors, on a dû jouer L’Aventurier sur son portable pour un autre à la table.

Ils ont bien ri quand j’ai récité ma scène préférée du Gendarme se marie par cœur, au plein milieu du resto ! J’ai eu rien à boire sauf du thé, je vous jure, mais je suis prêt à faire de vraies bêtises en français pour amuser les autres.

Mais il y avait un moment spécial que je souhaite m’arriverait plus souvent. L’une de mes nouveaux amis m’a demandé ce que j’ai fait pour mon dîner corrézien. J’ai dû le vérifier, car il y a maintenant plus de 110 recettes dans le grand tableau du Tour. C’était la mique. À mon avis, c’était pas l’une des réussites du blog (en partie parce que je n’avais aucune idée à quoi elle devait ressemble). Mais elle m’a dit que c’était très rare de trouver quiconque ici qui connaisse tout court ce plat. De tels moments valident l’effort de connaître tout le pays.

Ça fera deux mois avant notre prochaine séance de film. Ils vont me manquer.

Le concours de popularité

Hier, pendant le dîner, ma fille m’a dit « Tu devrais me citer plus souvent sur ton blog, car « La fille » est le personnage le plus populaire. » (Elle m’a expliqué que « la fille » est son nom pour son personnage « inspiré de l’actualité », car les citations ne sont pas toujours exactes.) Je lui ai répondu, « Tu sais que je viens de te citer ? », ensuite je lui ai montré que je l’ai mentionné dans Les numéros chanceux.

Mais elle n’était pas satisfaite. Elle m’a dit, « Et si tu faisais un sondage, qui penses-tu gagnerait ? » Moi, sachant qui est le patron, j’ai répondu, « M. Descarottes, certainement. Mais je suis quand même prêt à tester ce propos, si tu veux. » Et elle le voulait.

Alors, voilà, le deuxième sondage du blog.

Je découvre la Moselle

On continue maintenant le Tour avec le 57, la Moselle. C’est le département le vingt-troisième plus peuplé, et les habitants se nomment mosellans. C’est notre septième séjour dans le Grand Est (et cinquième depuis le 51 !). La Moselle est distinguée en étant le seul « Eurodépartement », qui vient d’une idée, pas complètement réalisée, de partager certaines compétences gouvernementales entre Metz et la commune allemande de Sarrebruck.

On commence à la préfecture, Metz (3 étoiles Michelin). Comme beaucoup de l’ancienne région d’Alsace-Lorraine, cette ville a connu des périodes sous les Allemands et comme partie de France. Donc, quand on parle du Quartier impérial (1 étoile), c’est l’Empire allemand du Kaiser Wilhelm II, qui a construit des bâtiments en granit et en basalte à partir de 1870. De nos jours, on voit ces bâtiments autour de la gare (1 étoile) érigée par les allemands en 1908, avec une tour d’horloge impressionnante. Tout ça fait partie de la « nouvelle ville », où on trouve aussi le Centre Pompidou-Metz (3 étoiles), qui abrite des collections d’art moderne. (Est-ce que le Centre vous rappelle aussi le célèbre quartier général des méchants d’un certain dessin animé ?)

D’ici, on marche vers la vieille ville, et son plus grand trésor, la Cathédrale Saint-Étienne (3 étoiles). C’est une cathédrale gothique du XIIIe siècle, mais il y a 6 500 m2 de vitraux, du XIVe siècle jusqu’à Marc Chagall pendant le XXe siècle. Puis on traverse la rivière Moselle par le Moyen Pont, avec sa vue spectaculaire du Temple Neuf, un temple protestant construit par les Allemands en 1904. Une fois atteint, on retourne vers le quartier de la cathédrale pour aller au Musée de la Cour d’Or (2 étoiles), avec des collections Gallo-Romaines, Médiévales et de Beaux-Arts.

On suit la Moselle vers le nord-est, à Thionville. La suite de notre visite à Verdun, on visitera une partie de la Ligne Maginot, le Gros ouvrage du Hackenberg (1 étoile). N’ayez pas peur, mais on descend au sous-terrain. Il y a des tunnels partout, des casernes, et des casemates, ainsi qu’un musée avec des uniformes et des armes de l’époque. Mais je jure, je ne suis pas seulement votre guide aux boucheries, alors ensuite on visite le Château de Lagrange et ses jardins « Prairiales » (1 étoile). Les jardins doivent leur nom « aux larges bandes de prairies semées de fleurs de tous pays ».

Après ça, on va traverser vers l’Est. On est très proches de Sarrebruck, et le Guide Michelin vous conseillerez de visiter de nombreux sites là-bas. Mais c’est une frontière que je ne franchirai pas. Moi, j’irai plutôt à Saint-Avold où on trouve le plus grand cimetière américain de la SGM. On se retrouvera à Bliesbruck, pour le Parc archéologique européen (1 étoile), consacré à des ruines celtes ainsi qu’à des gallo-romains. Après, on continue à la Citadelle de Bitche (2 étoiles), une énorme forteresse sur une colline érigée par Vauban au XVIIe siècle (de ses travaux originaux, il ne reste qu’une chapelle). De nos jours, la citadelle abrite le Musée des Hommes dans la Guerre de 1870, dédié à la guerre franco-allemande de l’époque. Finalement, au sud-est, on va visiter deux centres de l’industrie du soufflage de verre : Saint-Louis pour la Cristallerie du même nom et son musée (dont une visite guidée des ateliers), et Meisenthal pour le Site Verrier Meisenthal, maison natale des boules de Noël depuis 1858 (c’est l’Alsace-Lorraine, après tout).

Qui sont les personnages les plus connus de la Moselle ? Le célèbre cardinal Mazarin était évêque de Metz de 1652 à 1658, et le maréchal Michel Ney, l’un de mes héros, a reçu sa formation militaire à Metz. Le mathématicien Charles Hermite, découvreur de nombreux résultats quant aux matrices, est né à Dieuze. Joachim von Ribbentrop…euh, pas français mais l’un des plus gros salopards de l’Histoire, il était lycéen à Metz lors de l’occupation de la Moselle par les voisins au nord.

Quoi manger en Moselle ? Encore une fois, c’est de la cuisine lorraine : les produits de mirabelles, la quiche lorraine, les spritz. Il y a aussi des confiseries comme les boulets de Metz (des boulets de canon de chocolat !) et la wagotine (des mini-wagons en nougatine récouverts de mirabelles et d’autres spécialités locales). Il y a un macaron local, celui de Boulay, avec seulement un producteur (hmmm, qu’est-ce qui se passe ici quand j’entends de telles choses ?). Pour boire, il y a la limonade Lorina, qui vient du Saulnois, et des vins AOC Moselle dont les cépages sont « l’auxerrois, le müller-thurgau, le pinot gris et le pinot noir ».