Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Mes plaintes, version californienne

Aucun récit de voyage chez moi ne se termine sans un billet consacré aux plaintes. C’est une tradition qui date de mon premier voyage en France, jusqu’au voyage à Las Vegas l’année dernière, en passant par le voyage fou et Montréal. Il n’y a rien pour la Nouvelle-Orléans, car la seule plainte aurait été sur ma famille, mais je vous rassure, j’avais aussi une grosse plainte à cette époque-là. On dirait que cette fois, il n’y a rien de nouveau, car je râle souvent sur la Californie, mais on aurait tort — car cette fois, je râle sur mes con-citoyens du Nord.

(Et non pas du Norg, les joueurs de Final Fantasy VIII.)

La première plainte, c’est que pour autant que je me plaigne des prix en Californie du Sud, c’est encore pire là-haut. Il y a des semaines, nous avons parlé du prix de notre commande habituelle chez McDo, dans le resto le plus proche de chez moi. Ce prix a haussé de 27 % pendant les 18 derniers mois.

Je tuerais pour que tout soit si bon marché en Californie du Nord.

Si vous êtes ici depuis longtemps, vous savez que de tous les restos rapides chez moi, le plus cher au cœur pour La Fille et moi est de loin Boudin. Le pain levain Boudin existe depuis 1849, et c’est absolument le produit phare de l’État et un produit de qualité en plus : vous seriez agréablement surpris d’apprendre que la recette n’a guère changé de l’époque d’Isidore Boudin. La Fille et moi y dînons toutes les semaines depuis ses 6 mois, et plus souvent à emporter pendant le Confinement. Cependant, nous étions de retour notre dernier soirée, pour un dîner dans la partie qui est censé est comme le notre, pas le resto haut-de-gamme de mon billet sur Fisherman’s Wharf. Voici notre ticket :

Le « French Dip », un sandwich dont nous avons parlé en 2021, est juste du rosbif sur une petite baguette de pain levain. La « chowder » est une soupe à base de crème, avec des palourdes. Je veux que vous voyiez ce que l’on paye pour ces deux à Elbe-en-Irvine, tiré du site de Boudin :

Le sandwich coûte 3 $ de moins chez moi, et il y a un paquet de chips en accompagnement — pas à San Francisco ! Et la soupe coûte 4,10 $ de moins. (Les boissons coûteraient 2,99 $ chacune chez moi, mais je m’en plaindrai moins.) Et ce n’est pas la seule insulte — il y a de faux frais imposé par la ville, 4 % du total avant les taxes, dit « Employee Health Surcharge ». San Francisco facture toutes les entreprises de la ville pour l’assurance médicale — bien que ce rôle soit réservé au gouvernement fédéral et aux États. Les villes ne jouent aucun rôle dans l’assurance, et vous ne trouverez ces frais nulle part ailleurs aux États-Unis.

Même en dehors des limites de San Francisco, les prix sont dingues. La Fille et moi avons payé 40 $ pour deux salades dans un resto rapide à Bakersfield en allant vers le nord. Ça aurait coûté peut-être 25-30 $ à Irvine (la chaîne était locale ; impossible de faire une comparaison exacte). Et je crois que je vous ai dit déjà que nous avons dépensé 40 $ pour deux sundaes chez Ghirardelli. Tout est absolument dingue au nord, au point où Irvine est presque — presque — raisonnable par rapport.

Mais pire que les prix, c’est l’attitude de merde. Tout le monde suit des scénarios rigides pour parler aux clients. Dès que l’on dit quelque chose qui part de leurs attentes, les masques tombent et des attitudes complètement inacceptables se montrent. C’est comme ça en Californie du Sud, mais turbocompressé en Californie du Nord.

Chez Boudin, il n’y a pas de recharges de boisson à Fisherman’s Wharf, pas comme à la maison. Alors je suis plus sensible quand l’employé remplit complètement le verre avec des glaçons avant d’y verser du thé. Quand je me suis plaint qu’il n’y avait presque rien à boire dans le verre, il m’a dit « Goodbye » (au revoir), dans un ton utilisé uniquement en anglais pour « F$%k you » (n*que-toi).

Quand nous avons quitté le Westin St. Francis — 250 $ la nuit pour la chambre — le portier m’a demandé « Puis-je t’appeler un taxi ? » Je lui ai dit non. Mais nous sommes allés à l’accueil pour avoir une copie imprimée de la facture. Il m’a demandé exactement la même chose 5 minutes plus tard, comme s’il ne nous a pas vu avant. C’était comme parler à un PNJ (personnage non-joueur) dans un jeu vidéo. J’étais un peu fâché, parce qu’en fait, nous avions dû nous garer dans un garage public, parce qu’il n’y avait pas de places dans l’hôtel à notre arrivée. Je lui ai dit ça — d’accord, j’aurais dû me taire — et il m’a répondu avec exactement le même « Goodbye » qui était vraiment F U.

Mais dans un hôtel de ce prix, pas d’excuses. Il fallait me dire quelque chose comme « Désolé que nous ne pouvions pas répondre à tes attentes » ou similaire. Et ça, c’était après un séjour complètement sans équipements ou service. À ce prix, on peut s’attendre à des cartes postales de l’hôtel dans la chambre et un stylo — c’est un peu de publicité, mais aussi un souvenir, et habituellement gratuit. Rien. Mais aussi pas de boutique dans l’hôtel pour acheter de telles choses et pas de resto non plus, le resto célèbre de l’hôtel ayant fermé en 2023 sans remplacement. C’était donc un Ibis Budget avec une meilleure décoration. Et toute l’équipe se fichait absolument de ça.

J’aurais pu payer la moitié de cet hôtel pour une expérience pareille, mais j’avais voulu partager quelque chose de spécial avec La Fille. Et c’était tout sauf ça. Tout le monde a la main ouverte, avec des demandes pour des pourboires de 18 % ou plus même pour des commandes à emporter (ne payez jamais un pourboire pour une commande à emporter aux États-Unis — ces employés ne sont pas payés de cette façon). Mais personne ne fait rien pour le mériter et l’attitude est inacceptable à chaque fois.

On penserait peut-être, « Ben, c’est la vie des grandes villes. Paris est pareil. » Mais c’est faux. Je n’oublierai jamais les histoires derrière « La bienveillance des Français » et tout ça s’est déroulé en plein Paris. Si Sartre connaissait mon État, Huis clos se serait terminé : « L’enfer, c’est la Californie du Nord. »

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les plaintes de La Fille

Avant de partir en vacances, je vous ai prévenu que la prochaine Langue de Molière traiterait des plaintes de La Fille sur la langue française. Nous voilà. Disons que nous sommes certainement liés.

Vous savez déjà que nous avons l’habitude d’échanger des SMS en français, surtout quand elle n’est pas chez moi. Et un jour, j’ai reçu un SMS de sa part qui a dit « Bon matin ». Quoi ? Elle n’a pas entendu ça de sa prof, j’en étais sûr. Je le lui ai dit, et elle m’a dit : « Mais jour ne veut pas dire la même chose que matin. On peut certainement dire « Bon après-midi » et « Bonsoir ». Et c’est le matin. Alors, c’est quoi le problème, mon vieux ? » ([Attention, peut-être qu’il a un peu embelli l’histoire. La Fille est toujours hyper-respectueuse. Comme moi. — M. Descarottes])

Je lui ai expliqué : « Tout n’est pas une traduction équivalent. On dit « Good morning » en anglais, et ça se traduit par « bon matin ». Mais ce n’est pas la bonne chose en français, tout comme tu voulais dire « Mon Dieu-roi », pas « Mon vieux » en traduisant de l’anglais. » Elle n’était pas contente de cette explication, et je l’avoue, moi non plus. La dernière partie est certainement correcte. Mais pourquoi existe-t-il des expressions équivalents pour l’aprèm et le soir, mais pas le matin ? Et puisque l’on en parle, pourquoi est-ce que l’on dit « bonne nuit » pour quitter quelqu’un plutôt que « bonne nuitée » ? Ce serait pareil à ce que l’on dit pendant le reste de la journée. J’avais donc des questions.

Je vous rappelle qu’il y a un effet sonore officiel du blog pour ce genre de question :

Nos amis québécois à l’Office de la langue française nous disent que « bon matin » est un emprunt à l’anglais, alors déconseillé. Cependant, ils ajoutent qu’en quittant quelqu’un, on peut dire « bon avant-midi », quelque chose que je n’ai jamais entendu. M. le Robert nous dit que ça se dit en Belgique et au Canada, et les logiciels ont tendance à n’apprendre que le français de l’Hexagone. Curieux de trouver une autre source métropolitaine, j’ai limité la recherche à des sites .fr, et ça n’a donné qu’une page de résultats, tous inutiles.

Mais quelque chose d’inattendu est arrivé quand j’ai essayé de rechercher « bon matin » uniquement dans l’Hexagone. Je n’ai rien trouvé d’officiel, tel qu’une déclaration de l’Académie française, juste un commentaire dans le forum du Figaro pour dire que c’est inconnu en France. Cependant, il faudrait dire ça à cette brasserie rennaise. Et à ce vendeur de sauces piquantes à Bordeaux. Et à ce petit resto réunionnais. En quelque sorte, « bon matin » s’étend partout !

Pour finir cette exploration de « bon matin », une linguiste québécoise, Marie-Éva de Villers, ajoute que : « bon matin est à la limite une formule de départ, comme le sont bonne soirée ou bon après-midi… ». Ça me rend perplexe encore une fois ; il me semble que l’on utilise le masculin pour l’arrivée et le féminin pour le départ. D’où les formules de jour/journée et de soir/soirée.

Quant à « bonne nuitée », il y a une poignée d’exemples en ligne, mais tous me semblent pas fiables pour des raisons diverses. Je considère que ça n’existe pas, mais j’ai du mal maintenant à expliquer pourquoi il existe bonjour/bonne journée et bonsoir/bonne soirée, mais pas de bonne nuit/bonne nuitée.

Cependant, nous sommes en train de former une francophone, alors vous vous trompiez si vous pensiez que La Fille n’avait qu’une plainte. Et celle-ci, nous la partageons. Chez nous, on dit quelqu’une avec un accent lourd pour indiquer une personne en particulier. Cependant, cet usage est apparemment déconseillé. Encore une fois, selon nos amis québécois :

L’emploi de quelqu’une est attesté au sens de « une… entre plusieurs » (une personne ou une chose), mais son emploi est considéré comme rare, vieilli et littéraire.

Il vaut mieux utiliser quelqu’un ou l’une ou une, ou reformuler la phrase.

Quelqu’une

Selon eux, si on va utiliser « quelqu’une », ça doit être suivi par « de » ou « des » :

Tu peux prendre quelqu’une des trois places disponibles.

Quelqu’une d’entre elles vous indiquera la marche à suivre.

Ils n’aimeraient donc pas notre utilisation, en tant que nom propre. Et là, il faut noter que l’Académie française est complètement d’accord. Dans son dictionnaire, elle dit qu’au singulier, c’est un usage littéraire si suivi par « de/des », et que ça doit être au masculin afin de vouloir dire « Un individu dont l’identité n’est pas précisée ».

On s’en fout. Nous avons besoin d’un mot pour désigner « un individu dont l’identité est parfaitement bien connue, mais nous sommes trop terrifiés pour le dire ». Comme Voldemort ; c’est-à-dire Celle-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Évidemment, j’ai peur de quelqu’une qui ferait peur à Voldemort. Ou bien à Mégatron.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour faire de la boucherie.

Qu’est-il arrivé à San Francisco ?

Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres.

Louis Antoine de Saint-Just

Et si Saint-Just se trompait, et en fait, c’était sur des monceaux de fèces et de seringues ? Toute conversation autour de San Francisco doit partir d’un fait : jusqu’en 2015, la ville était assez propre et assez normale. Puis, tout est parti en vrille. Parlons d’abord de la chute.

Entre 2011 et 2014, j’ai voyagé de nombreuses fois à San Francisco pour mon boulot, dans beaucoup des mêmes quartiers que je vous ai montrés la semaine dernière, ainsi que le « Mission District », où j’avais de nombreuses réunions. J’étais assez content de la ville elle-même que j’étais de retour avec La Fille et mes parents pour des vacances en famille en 2015. Même cette année-là, tout semblait normal.

Mais en 2015, il y a eu un meurtre choquant. Un immigrant illégal, Juan Francisco Lopez-Sanchez, a tué une femme, Kate Steinle (lien en français), au milieu de l’Embarcadero, les quais entre le Ferry Building et Fisherman’s Wharf. Vous avez vu les photos aux deux liens — c’est un quartier très touristique. M. Lopez-Sanchez a été expulsé des États-Unis 5 fois avant ce meurtre. Si on le croit, il avait trouvé un pistolet sur le quai, jouait avec le truc, et a tiré complètement par hasard. Trois fois. Cependant, la vérité, c’est que le pistolet a été volé à un officier du Bureau de Land Management 4 jours plus tôt. Personne ne peut prouver que M. Lopez-Sanchez l’a volé lui-même, mais son histoire n’était pas crédible. Cependant, il était chanceux de façon importante — San Francisco est l’un de nombreuses soi-disant « villes sanctuaires » qui interdisent toute coopération avec le gouvernement fédéral, et le jury local a déclaré Lopez-Sanchez non-coupable de tout sauf la possession illégale du pistolet.

Un certain candidat à la présidentielle a adopté la cause de justice pour Mme Steinle comme un thème de sa campagne. C’était ainsi que Donald Trump a gagné en 2016. Je vois qu’un lecteur du Monde n’a rien entendu de l’importance de cet événement — pourtant, c’était mentionné dans de nombreux discours du candidat !

Capture d'écran du moteur de recherche du Monde entre la date du meurtre et la date de la présidentielle, avec aucun résultat pour le nom Steinle.

C’était avec ça que le reste du pays a commencé à se rendre compte qu’en général, San Francisco s’en fichait des citoyens, surtout des contribuables, au nom non seulement des immigrants illégaux, mais aussi des SDFs. Malgré le fait que le problème avait commencé à la fin des années 2010, c’était seulement après le meurtre que le problème de la merde est devenu connu. Voici une carte de tous les rapports reçus par la ville de fèces humains dans les rues entre 2011-2019 :

Source

Ça vient du magazine Forbes, consacré au commerce et aux bourses, et les données sont entièrement des rapports reçus par 311, le numéro de téléphone de la ville pour des problèmes qui ne sont pas d’urgences. C’est 132 000 rapports pendant une décennie, dans une ville de presque exactement la même superficie que Paris. Ce projet continuait de rassembler des données jusqu’en 2023 — vous pouvez examiner la carte ici.

En 2022, la Hoover Institution, une partie de Stanford University (juste au sud de San Francisco), a estimé que la ville dépensait environ 57 000 $ par SDF (lien en anglais). Pensez-vous qu’il coûterait autant que ça pour nettoyer les rues ? J’en doute. Le problème, c’est que l’argent est gaspillé de façon époustouflante : la ville paye des hôtels pour abriter une petite partie de la population SDF, et pire, puisque la ville refuse de punir les consommateurs de drogues illégales, une très petite partie de cette population (162 adultes, selon un compte) a coûté 113M $ pendant une période de 8 ans, juste pour des traitements médicaux. L’argent est là, mais sans efforts pour changer les comportements, il ne sert à rien.

Je vous ai parlé avant la présidentielle du problème de crime dans cette ville, et comment même les vitrines de ma ville sont toutes fermées à clé. C’était comme ça qu’en 2023, les propriétaires du centre commercial que je vous ai montré ont tout simplement décidé d’abandonner le centre, même avec un prêt de 566M $. Et les propriétaires du Hilton Union Square, l’autre grand hôtel près du Westin St. Francis, ont aussi rendu l’hôtel à la banque cette même année (liens en anglais).

Pourtant, les photos que je vous ai montrées étaient d’une ville vide, pas sale. Fin 2023, Gavin Newsom, l’ancien maire de San Francisco devenu gouverneur de Californie, a ordonné le nettoyage de San Francisco avant la visite de Xi Jinping (lien en anglais). Quoi que l’on pense de sa motivation, la chute semble avoir arrêté. La question reste : est-ce que l’on peut sauver San Francisco ? Sincèrement, je ne sais pas.

Saison 4, Épisode 19 — J’ai laissé mon portefeuille à San Francisco

Il y a une chanson célèbre par le chanteur Tony Bennett, « I left my heart in San Francisco » (J’ai laissé mon cœur à San Francisco), enregistrée originalement en 1962. Notre gros-titre met le sentiment à jour avec ce que je ressentais en quittant la ville, mais pour être clair, je n’ai pas été agressé. C’était tout légal.

La Fille et moi sommes passés par une exposition d’art jeudi pour voir les tableaux de mon amie et l’hôtesse des soirées de jeux de l’OCA, Véronique Schmitt. Vous pouvez voir ici et au lien sur son nom qu’elle est talentueuse. Ses tableaux sont à moitié des scènes de la Californie du Sud, et à moitié des scènes françaises (typiquement parisiennes — la clientele reste américaine). Je pense parfois à lui demander d’apparaître sur « 5 Minutes Avec ».

« Mais Justin », vous me dites, « le nom en haut à gauche dit « Veronica ». Qu’est-ce qu’il y a ? » Comme beaucoup de monde, elle utilise le prénom équivalent en anglais. Je n’arrive pas à le dire, même si je regrette parfois de ne pas avoir adopté un prénom plus populaire en France : Enguerrand ou Ymbelet. Ne doutez jamais que je fais mes devoirs, même si je me trompe parfois de siècle.

Véronique ne le sait pas, mais si je réussis à déménager en France, l’une des dernières choses que je ferai ici sera de lui demander de peindre quelque chose en souvenir.

En parlant de commerce avec des membres de l’OCA, ce week-end, j’ai acheté un mixeur tout neuf en boîte à un autre, pour la moitié du prix original. L’histoire est un peu drôle. En 2023, son fils était en train de finir un doctorat dans un autre état. Elle pensait qu’il allait déménager à nouveau en Californie, alors elle avait acheté quelque choses qui semblaient bon à avoir pour meubler un appartement ici. Mais il a fini par accepter un poste dans un autre pays ! Alors elle cherchait à se débarrasser des trucs dont elle n’avait pas besoin. La garantie ayant expiré, évidemment elle n’allait pas le vendre à son prix original. Mais à ce prix, j’étais heureux d’abandonner la quête de remplacer le pot de mon ancien mixeur, alors c’était une bonne chose pour nous deux.

Demain sera la polémique sur ce qui s’est passé à San Francisco pour vider les magasins et les gratte-ciel. Si ceci n’est pas votre tasse de thé chez Un Coup de Foudre, on se reverra mercredi pour Langue de Molière comme d’hab.

Notre blague traite des métiers. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Plats et Cave. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi San Francisco sans Maxime Le Forestier, la première partie de notre récit de la visite, Ghirardelli Square et les quartiers ethniques, notre balade autour des quartiers nommés, Le magasin Nintendo, sur le seul magasin de ce genre de l’État, C’est le 1er, version août 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés et UC Berkeley, la visite de la fac célèbre.

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La Californie insolite

Je vous ai montré certaines parties de ce que l’on appelle « Central California », le centre de l’état, le jour de notre visite à UC Riverside, mais puisque ça faisait déjà 17h le temps que nous avions atteint Gilroy et les kiosques des agriculteurs étaient déjà largement fermés, je ne pouvais pas faire tout ce dont j’avais envie. En revenant de San Francisco le matin, c’était beaucoup plus facile à passer par de nombreux sites inconnus vers le nord de cette partie centrale. Il faut que j’ajoute que La Fille a raison — ce n’est pas le véritable nord de l’État, malgré l’usage commun. Il y an encore un autre 500 km de territoire très rural, et plein de forêts, entre San Francisco et notre voisin au nord, l’Oregon. Les malheureux de cette autre région ont une prison à sécurité maximale là, dans la ville avec le meilleur nom pour une telle installation, Susanville. ([Il essaye de vous passer un message en douce, les amis. — M. Descarottes])

Nous commençons dans une région qui est certainement inconnue pour vous, Morgan Hill. À environ 110 km au sud de San Francisco, c’est facile à sauter en roulant vers la grande ville. Mais ce serait une erreur ! Morgan Hill est la maison de nombreux producteurs de vin d’origine italienne, dont mon préféré, Guglielmo. Les rapports qualité-prix de cette région sont étonnants par rapport aux régions plus connues de Napa et Sonoma. Il faut ajouter que le climat n’est pas idéal comme au nord, avec des températures au-dessus de 33 °C en été et pas de brouillard. Cependant, ce ne sont pas de blagues pourries, comme les vins de Temecula, au nord-est de San Diego — la terre est bonne.

J’avais espéré acheter une bouteille de « Emile’s Heritage Red« , une valeur sûre à 9 $. Malheureusement, ça fait 16 ans depuis ma dernière visite et j’avais oublié que la boutique est fermée le mardi. « Mais Justin », vous me dites, « comment est-ce que vous connaissez ce petit producteur ? » Il y a deux décennies, je l’ai découvert avec mon ex pendant des vacances en Californie du Nord. Et non, ce fait n’a pas endommagé mon avis de Guglielmo — juste parce qu’une chose est devenue du vinaigre, ça ne dit rien sur l’autre.

Juste une quinzaine de kilomètres au sud de Morgan Hill se trouve Gilroy, la capitale de l’ail. Le Festival de l’Ail tous les juins est connu partout aux États-Unis, et l’odeur est si puissante que l’intérieur de votre voiture sentira l’ail même si les fenêtres restent fermées. Je ne plaisante même pas un peu. Pour vous donner une idée de ce que l’on trouve à Gilroy, nous sommes passés par Garlic World (Le Monde de l’Ail). C’est commercial, mais quand on est seul à un kiosque, on ressent la pression d’acheter quelque chose si on va prendre des photos.

Nous avons atteint Gilroy sur l’autoroute 101, mais 101 suit la côte par une route très lente, alors nous avons dû passer à l’autoroute 5, l’autoroute la plus importante pour relier toute la Côte Ouest. Et ça voulait dire rouler sur 152, une petite route montagneuse qui relie les deux au milieu de nulle part. Les touristes étrangers ne vont découvrir cette route que très rarement, car en général, il vaut mieux de suivre juste l’une des deux grandes autoroutes, selon vos envies.

Il n’y a qu’un arrêt majeur le long de la 152, celui de la boutique, aire d’autoroute et hôtel dit « Casa de Fruta » (Maison des fruits). C’est hyper-touristique, mais aussi un point de vente important pour les producteurs locaux — cette région est connue pour ses amandes, abricots, et cerises.

Je vous ai parlé très brièvement du producteur célèbre de bœuf, Harris Ranch, dans le billet sur Riverside lié en haut. Nous sommes passés par l’établissement, qui propose un hôtel, une boutique et un restaurant consacré aux steaks (on dit « steakhouse » en anglais). S’il y avait un Label Rouge américain, les deux producteurs de bœuf à l’Ouest qui mériteraient le label seraient celui-ci et Snake River Farms dans l’Idaho. (Il y aurait de nombreux tels producteurs dans le Midwest.) Au fait, j’ai l’impression que « bifteck d’aloyau » est un terme québécois pour ce que l’on appelle un « T-bone steak » dans ces photos ; je ne crois pas que les bouchers français coupent le bœuf de façon pareille.

Je ne pouvais pas prendre une bonne photo de l’extérieur pour une raison marrante : nous revenions de San Francisco avec un kilo de chocolat Ghirardelli, et j’insistais sur l’apporter dans les stations-service et les aires à chaque fois, afin qu’il ne fonde pas. Il faisait plus de 38 °C ce jour-là — il fait habituellement beaucoup plus chaud dans cette région que dans la mienne, car je suis au moins près de la côte.

Je veux vous montrer quelque chose que j’ai vu dans plusieurs aires d’autoroute, mais pas en France. Aux États-Unis, tout le monde a le droit d’utiliser une radio dite « citizens’ band » — Wikipédia me dit que ça existe en France, mais ie n’ai rien vu en passant par des aires d’autoroute. Ça permet de parler avec tout le monde sur les routes jusqu’à une distance d’environ 30 km. Les équipements sont en vente libre partout dans les relais routiers spécialisés (et j’ai une préférence de passer par celles-là pour leurs services).

Vitrine pleine d'équipement de citizen-band

La dernière chose que je veux vous montrer est où nous avons dîné à Bakersfield pendant notre retour. Bakersfield est une ville de 403 mille personnes, mais sans vrai centre-ville (les limites sont énormes — la superficie est environ 3x celle de Paris, 5x Strasbourg). La « cuisine » de la région est largement celle des chaînes de restos. Red Lobster (Homard rouge) est une chaîne spécialisée en poisson et en fruits de mer. C’est bien méprisé par les élites des côtes, un symbole du milieu du pays. Il y a beaucoup de choses frites là, et je serais le premier à dire que la qualité n’est que moyenne, mais le mépris est très mal placé.

Le pain là est d’un genre dit « baking powder biscuits », biscuits à la levure chimique. C’est une spécialité de notre Sud, et si la version chez Red Lobster est un peu trop salée, c’est aussi la raison principale pour laquelle la chaîne est renommée. Je n’y vais jamais à la maison car le resto le plus proche de chez moi est à 20 km, dans la ville de Garden Grove. Red Lobster ne pourrait jamais ouvrir à Irvine, parce que la haine classiste fermerait ses portes tout de suite. Mais même si c’est commercial, comme toutes les autres choses dans ce trajet c’est un aperçu de la vie quotidienne dans notre campagne, et j’accorde autant d’importance à tout ça qu’à nos grandes villes.

UC Berkeley

Je ne sais pas s’il y a une expression pareille en français, mais en anglais, on dit parfois « le grand-père de tous » pour exprimer que quelque chose est le plus vieux, l’original. Et quand on parle du système d’universités dites « l’Université de Californie » — l’Université de Californie à Berkeley est de loin la plus vieille, au point où elle se dit simplement « Cal » ou « L’Université de Californie », sans élaboration.

Avec cette histoire vient des particularités, à partir de : « Mais où est donc l’accueil pour les candidats ? » Ça se trouve au centre du stade, California Memorial Stadium :

Toutes les université de cette taille — plus de 40 000 élèves au total ! — ont de tels stades, et celui-ci peut accueillir plus de 52 000 personnes pour des matchs de football américain. C’est une grande entreprise pour les facs, le football, et un de ces quatre, il nous faudra en parler.

Mais pourquoi « Memorial » ? En souvenir de qui ? La réponse se trouve sur une plaque à l’extérieur du stade, qui dit « En souvenir des Californiens qui ont donné leur vie dans la Guerre mondiale 1914-1918. » Il faut comprendre que dans ce cas, Californiens ne veut dire que des diplômés de Berkeley. Je ne dis pas ça avec amertume ; il n’y a pas de sentiments impériaux là. C’est simplement que Berkeley existait depuis 50 ans déjà à l’époque, et UCLA était la seule autre université publique de l’État. C’est pourquoi UC Berkeley se dit « Cal » ou « Californie » comme si c’était la seule — pendant des décennies, c’était le cas.

Je n’ai pas beaucoup de photos de UC Berkeley elle-même. Nous étions épuisés à ce point. Mais remarquons quelques détails. L’école d’architecture est abritée dans un bâtiment de style brutaliste ; très européen, ça :

Il y a un campanile, la Tour Sather, qui fait 93,6 mètres de hauteur. On nous a dit que c’était le campanile le troisième plus haut du monde.

Le point fort de Berkeley n’est pas le campus en soi, mais la ville qui l’entoure. Elle a environ 150 ans, et est un mélange de nouveautés de monuments historiques. Vous vous sentirez très à l’aise là :

Berkeley est connue, parmi d’autres choses, pour être la maison d’Amoeba Music, un magasin de disques des années 90, spécialiste en vinyle. Malheureusement, les portes sont fermées le lundi, quand nous avons visité :

TOUT est fermé le lundi à Berkeley. La sœur de mon meilleur ami, elle-même avec un doctorat de Berkeley, m’avait conseillé de goûter cette pizzeria. C’était fermé, et tous ses voisins aussi :

Nous nous sommes retrouvés dans un petit « diner » du quartier avec une carte un peu partout — des burgers ainsi que des burritos. J’ai commandé l’un de ces derniers :

Après USC et UCLA, nous parlions d’un « tour des biscuiteries », alors nous avons trouvé une biscuiterie locale, CREAM, qui vend non seulement des cookies, mais aussi des sandwichs à la crème glacée fabriqués avec lesdits cookies. Je regrette de vous dire que CREAM a fini en troisième place — mais nous étions prêts à souffrir pour vous apporter cette info :

UC Berkeley est connue pour avoir plus de lauréats du prix Nobel que n’importe quelle autre fac du pays — 114 à ce point, profs et anciens élèves confondus — et 16 éléments du tableau périodique y ont été découverts. Alors on y trouve des rappels, comme ce panneau qui annonce que sa place de parking est réservée pour un lauréat (sans préciser qui) :

Demain, nous parlerons du retour à la maison — il y a eu plein d’arrêts insolites. Mais c’est assez pour les facs !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version août 2025

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

J’ai l’impression que je me suis fait insulter hier par l’un de mes nombreux coups de cœur sur Internet. À vous de me dire si j’ai mal compris. Mais je défendrais mon avis ; l’accord du temps est vraiment moins rigoureux en anglais qu’en français (lien en anglais avec des exemples de comment on mélange le futur et le présent), et ce n’est pas un phénomène récent.

Je garderai la confidentialité de notre conversation, mais sachez que Maman lyonnaise va bien.

Les « de retour » prennent les premières places comme d’hab, mais vraiment, si vous ne cliquez qu’un lien, faites attention à celui de SCRiiPT, sur un sujet qui nous touche tous.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Toujours rien. Quatre mois de suite comme ça, c’est choquant ! Mais honnêtement, j’avais assez à faire.

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien publié ce mois, mais ne va nulle part.

À encourager :

Rien de nouveau chez Un Esprit Sain Dans Un Corsage, Sharmi’s Cakes, Il Est Quelle Heure, Manonpatis, Le site du Shifâ’, Bonheur des yeux et du palais, Le journal des Jum’s, La lectrice en robe jaune, Les souris de Paris, L’autodidacte aux mille livres, Et si Facebook disparaissait?, Thriller Addict, Bessie’s Bazaar, Je suis sur la route, Maman Lyonnaise, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Grain de Sable, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Le magasin Nintendo

Je dois avouer quelque chose de surprenant. Alors que j’étais au courant du fait que Nintendo allait ouvrir une boutique à San Francisco en mai dernier (lien en français, comme tous les liens suivants !), je ne savais pas qu’elle se trouverait dans notre hôtel ! En fait, je n’avais aucune idée jusqu’au moment où nous y sommes arrivés. Quel fan je suis !

Puisque nous devions partir lundi matin pour Berkeley, et nous sommes arrivés très tard samedi soir (vers 22h), nous avons dû y aller après notre balade autour de l’Embarcadero et de Ghirardelli Square. Et quand nous sommes arrivés devant la porte, la queue était énorme — presque toute la longueur de la façade de l’hôtel ! Heureusement, la queue bougeait vite et nous avons fini par la faire pendant seulement 15 minutes. Commençons donc par l’extérieur, où des personnages des séries Mario, Zelda et Splatoon se côtoient dans les fenêtres :

Une fois admis au paradis, la première chose que l’on voit est une statue de Mario. Il n’y a pas d’autre choix possible :

Il y a de nombreux produits dérivés de cette série, mais La Fille vous dira que j’ai pleuré à voire des boites de rangement en forme de bloc ? et de briques. Je suis trop vieux pour décorer ma chambre avec ces choses, alors je n’en ai pas acheté — mais j’y pensais :

Si je ne gardais toujours pas un peu d’espoir de trouver une partenaire, il y aurait un oreiller bloc ? sur mon canapé déjà. ([À sa place, j’en aurais donc acheté deux — M. Descarottes])

Ou peut-être une carapace de Koopa Troopa rouge :

La Fille a besoin de plus gros sacs à dos de nos jours, ou elle aurait un sac Bowser pour la rentrée :

J’adorais aussi les casquettes de baseball Mario :

Un de ces quatre, nous parlerons de mes deux peluches. Bowser les a failli rejoindre !

Je ne suis pas fan de la série Animal Crossing, mais il y a une statue des personnages les plus connus :

Il y a aussi de nombreux produits dérivés de la série Donkey Kong, dont ces tonneaux :

On peut aussi trouver des pulls avec le logo du magasin, mais je n’ai pas l’habitude de porter des pubs :

Puis on descend sous terre, pour trouver les séries un peu moins iconiques que Mario (les connaisseurs comprennent que Donkey Kong fait partie de Mario). Là, c’est Link de la série Zelda qui nous attend :

Les produits dérivés sont similaires à ceux de Mario — des oreillers, des t-shirts, des portefeuilles, etc. — mais en forme de Réceptacles de Cœur ou de Bouclier Hylien :

La série Pikmin — dont La Fille a fini le jeu Pikmin 4 en français pendant ses vacances d’hiver ! — est là, représentée par les petites plantes ambulantes dites Pikmin, ainsi que le monstre qui est la mascotte de la série, les Bulborbes. La trousse à crayons, avec son bulborbe affamé prêt à manger des pikmin, c’est hilarant !

Les Pikmin ont aussi leurs statues :

On penserait que le magasin serait à moitié consacré à la série Pokémon, qui gagne encore plus d’argent que Mario, mais heureusement, c’est loin de la vérité. Les Pokémon n’ont qu’un coin du sous-sol :

Si vous connaissez la série Kirby, son personnage éponyme s’y trouve aussi sur des t-shirts :

Malheureusement, j’étais déçu par le choix faible de produits dérivés de la série Metroid. J’aurais payé un t-shirt avec l’héroïne Samus Aran dans son armure, mais le seul disponible la montre en maquette filaire, ce qui donne l’impression d’une paire de seins, et je ne veux pas avoir des problèmes à cet égard. C’est dommage — pour autant que j’aime Mario et Zelda, j’ai l’impression que c’est Metroid le plus acceptable pour un homme d’âge moyen.

Je sais, vous êtes curieux de nos achats : un t-shirt Zelda pour La Fille, et un t-shirt Bowser pour moi. Cependant, ils restent emballés pour plus tard.

Après le magasin Nintendo, nous étions épuisés, et avons dîné chez McDo pour terminer la journée. Demain, je publierai C’est le 1er, puis on aura la visite de UC Berkeley, et on finira avec deux derniers billets : le retour et mes pensées sur ce qui est arrivé à San Francisco. (Dimanche avec Marcel reviendra la semaine prochaine.) Après tout, je termine chaque voyage en France avec mes plaintes — pensiez-vous que je serais moins sévère envers la Californie ?

Ghirardelli Square et les quartiers ethniques

On reprend notre séjour à San Francisco avec Ghirardelli Square. À moins que ce soit votre première visite chez Un Coup de Foudre, vous savez déjà que Ghirardelli est mon chocolat habituel quand j’ai besoin d’un chocolat noir de qualité sans payer Valrhona. C’est le chocolat californien depuis 1852, quand un immigré italien, Domenico Ghirardelli a ouvert ses portes à San Francisco avec 91 kg de fèves de cacao. Ça fait déjà 60 ans que les bâtiments que vous allez voir ne sont plus l’usine de Ghirardelli, mais c’est un endroit classé monument historique. La Fille et moi sommes pleinement d’accord : sauf peut-être Boudin, rien n’est plus important à l’histoire californienne.

Ghirardelli Square vu d'en bas -- le nom du commerce est en lettres géantes en haut du bâtiment
Ghirardelli Square vu d’en bas

« Square » en anglais se traduit par « carré » pour la forme géométrique, et « place » pour l’endroit. Mais en anglais, le double sens fait un calembour, parce qu’au-delà des tablettes pour la pâtisserie, le produit phare de la marque est une série de chocolats en forme de carrés, emballés individuellement. Puisque l’ancienne usine est si bien connue, c’est logique. Et quand on visite cet endroit, on peut commander des coupes glacées ainsi que toute la gamme Ghirardelli, dont des « squares » disponibles uniquement ici.

Malgré l’histoire, Ghirardelli s’adapte aux tendances, alors voici la nouvelle coupe glacée — façon Dubaï :

Pub avec une photo d'une coupe glacée à la pistache et au chocolat, comme le chocolat de Dubaï

Pas là la dernière fois, un trône pour se prendre en photo ([La folie des grandeurs ! Il se croit un roi ! — M. Descarottes]) :

Moi assis sur un trône en forme de coupe glacée devant la boutique

Comme tout à San Francisco, les prix sont montés en flèche : notre commande aurait coûté 24 $ il y a une décennie. Nous avons payé 40 $. Oui, pour deux coupes glacées et rien d’autre. Celle avec la fraise était à La Fille ; celle au caramel au beurre salé était le mien.

Deux coupes glacées

Ne le dites pas à La Fille, mais elle a commandé exactement la même coupe à ses 5 ans. J’ai la photo en preuve.

Il reste de vieilles machines, mais elles ne servent plus à rien :

Ancienne machine pour broyer les fèves

Dans la boutique, on peut acheter des sacs géants de Ghirardelli Squares : le panneau dit « 2 sacs achetés, le troisième offert ». Mais c’était trop pour nous.

Étagères pleines de sacs de chocolat

Quelque chose d’effrayant, c’est que la ville est infestée par des voitures « Waymo » de Google — des taxis sans voiture. Pendant notre balade, près de Ghirardelli Square, j’ai réussi à prendre des photos d’une Waymo arrêtée à un feu rouge. Il n’y a personne derrière la volante.

En marchant le long de l’avenue Colombus, on arrive dans le quartier de North Beach, le quartier italien. Aucune minorité est plus persécutée en Californie que les italiens : on détruit des statues de Colomb et l’État est unique en remplaçant son jour férié par un autre au nom du syndicaliste César Chavez (car les mexicains sont les descendants des amérindiens, tant mieux pour fomenter le désaccord entre ces groupes). Je m’identifie aux Italiens : vous lirez plus sur le couple Frank et Dotty DeVita dans mon livre, car Frank était décerné Chevalier de la Légion d’honneur. C’était sa femme Dotty qui a tout appris sur la cuisine italienne à ma mère, qui a grandi dans un quartier italien sans l’être. Pour moi, les quartiers dits « Little Italy » — la Petite Italie — sont chez moi partout aux États-Unis, que ce soit à San Diego, à New York City, ou à San Francisco.

Panneau qui dit en italien « Bienvenue dans la Peite Italie »
Bienvenue dans la Petite Italie

On peut passer par les épiceries et voir la fabrication des pâtes fraîches :

À chaque fois où je suis à San Francisco, je fais un pèlerinage chez Victoria Pastry Company, la pâtisserie avec les meilleurs cannolis de l’État. Mais après la coupe glacée chez Ghirardelli, c’était juste pour les prendre en photo afin de vous les montrer :

Entre Little Italy et notre hôtel se trouve Chinatown, le quartier chinois. J’ai pris quelques photos pour vous donner un goût de l’ambiance, ainsi que des pattes de poulets.

Je croyais que ce serait le dernier post sur la journée à San Francisco avant de passer à UC Berkeley, mais le magasin de Nintendo, notre dernier arrêt ce jour-là, mérite vraiment son propre post, j’ai tant de photos !

Fisherman’s Wharf

Hier, nous étions en fait à notre dernière fac, mais nous n’avons pas encore fini notre récit de San Francisco. Il faut ajouter qu’après avoir marché plus qu’un marathon depuis jeudi, je suis aussi rouge qu’un homard après cuisson.

Après le Ferry Building dimanche, nous sommes partis pour Fisherman’s Wharf (Le Quai des pêcheurs, selon Wikipédia), une distance de 2,6 km à pied. Le port de San Francisco se trouve le long de cette route, et est connu sous le nom de « The Embarcadero », un mot espagnol qui veut dire « lieu d’embarquement ».

En marchant le long de la route, on peut voir deux des joyaux architecturaux de la ville : la Tour Coit, le mémorial d’une citoyenne riche, Lillie Coit, qui voulait faire quelque chose pour embellir la ville, et la pyramide Transamerica, l’ancien quartier général du nommé compagnie d’assurance :

De l’Embarcadero, on peut voir l’île d’Alcatraz, le Château d’If américain, avec une prison anciennement utilisée pour les pires criminels — de nos jours, c’est un musée.

Île d'Alcatraz

Fisherman’s Wharf est l’endroit où de nombreuses familles de pêcheurs vendent leurs pêches dans des restos. Malheureusement, à cause du virus, plusieurs des noms les plus célèbres sont définitivement fermés : Alioto’s, celui d’une famille de gangsters dont un qui est devenu maire ; Fisherman’s Grotto ; Castagnola’s ; Tarantino’s. Anciennement, chaque resto avait un petit kiosque à emporter devant le bâtiment. Depuis Covid, les kiosques ne sont que des terrasses où il faut s’asseoir, et les prix sont montés en flèche en résultat. En 2013, on pouvait acheter la moitié d’un homard avec de petites crevettes pour 10 $ — le même plat coûte 37 $ maintenant.

Je vous parle parfois du pain levain Boudin, l’autre grand réussite de la Ruée vers l’Or de 1849 (les jeans Levi’s sont de loin la plus grande réussite). À l’époque, un immigré français, Isidore Boudin a fondé la maison, mais ça fait déjà un siècle que l’entreprise appartient à une famille d’origine italienne (qui sait quand même conserver l’héritage). Chez moi, Boudin est un resto rapide et boulangerie. À Fisherman’s Wharf, c’est un temple consacré au pain californien, avec un vrai resto très proche du style des autres sur Fisherman’s Wharf.

Notre dernier arrêt sur Fisherman’s Wharf est le Musée Mécanique — ce n’est pas ma traduction, c’est le nom sur l’enseigne ! C’est une salle d’arcade consacrée aux jeux mécaniques du début du XXe siècle, ainsi que les jeux vidéo des années 80. C’est le seul endroit où je peux trouver mes jeux préférés de l’époque Avant Nintendo : Moon Patrol et Spy Hunter. Il n’y aucun souvenir plus traumatisant pour mon pauvre père que la musique très répétitive de Moon Patrol, La seule qu’il peut toujours fredonner de cette époque !

Un trajet de 10 heures nous attend, alors je coupe notre récit ici. Demain, on reprend San Francisco.