La Fille n’est pas chez moi cette semaine, mais plutôt chez sa mère. Cependant, de temps en temps elle m’envoie des textos, surtout pour pratiquer son français, ainsi que me taquiner. (Elle dit de ses habitudes, « La Fille, c’est plus qu’un nom, c’est une marque. ») Hier, il y avait deux leçons à apprendre à cet égard.
D’abord, elle m’a écrit :
Le sujet qui était trop amusant n’est pas important. Mais l’erreur qui suit est une bonne leçon sur ses progrès. Elle sait depuis longtemps que « on » est la personne à utiliser quand il s’agit de n’importe qui, que c’est la personne que l’on peut remplacer pas « quelqu’un ». Cependant, dans la tête, elle pense au mot anglais « you », et en anglais « you » n’est pas seulement la traduction de « tu » et « vous », c’est souvent la traduction de on quand il est au singulier. Au début, je n’ai pas compris ça, En essayant de reformuler la pensée, elle écrit autre chose qui est du vrai n’importe quoi. J’ai dû le lui demander en anglais.
Une fois éclairci, j’ai dit que ça devrait être « Je pense que personne ne peut faire des erreurs comme toi. » Les erreurs sont tous des efforts malmenés à traduire mot-par-mot de l’anglais. Je connais certainement le problème.
Des minutes plus tard, un autre exemple est apparu dans la conversation. J’étais surpris que, vu l’heure, elle soit libre de parler :
Ce moment me rappelle le moment dans Les Visiteurs 2 où Jacquouille découvre le mot « OK » :
Le problème cette fois, c’était que « d’accord » se traduit par « I agree », mais aussi par « OK ». « OK » veut dire plusieurs choses en anglais, dont d’accord, mais aussi que quelque chose est de qualité moyenne — « juste OK ».
J’ai fini par lui donner des exemples de quoi dire pour exprimer un avis mitigé dans ce cas — « il n’avait rien de spécial » ou « c’était moyen » — mais j’ai l’impression que ceci sera plus difficile à corriger. C’est une traduction trop littérale, dans un contexte où les expressions anglaises sont bien figées.
Mais au moins je reconnais ce qui arrive car je sais déjà ce qui est dans sa tête. Il m’arrive à l’esprit que c’est peut-être un problème en apprenant le français comme langue étrangère — si on ne connaît vraiment pas bien l’autre langue de l’élève, il doit être très difficile d’expliquer les erreurs.
En avril, en répondant à un commentaire de Billie, qui avait dit qu’elle payerait pour avoir mes voisins, j’ai écrit :
Mon voisin à l’étage, je l’appelle « le dinosaure », car il fait des pas lourds à toute heure. Les voisins d’en bas, ils hurlent de gros mots, sont souvent ivres, et jouent de la guitare électrique pendant des heures tous les jours.
Depuis ce temps-là, je souffre quotidiennement pendant toute la journée aux mains de ce voisin. Ou plus probablement, à ses pieds. Les bruits forts commencent vers 7h tous les jours et continuent jusqu’à minuit, et parfois après — même à 3h du matin de temps en temps.
Pendant les deux dernières semaines, tout est parti en vrille. En plus des pas lourds sans cesse, il y a des sons comme un marteau-piqueur, suivis toutes les 2-3 heures par un aspirateur, jusqu’à 22h du matin. Je ne sais pas ce qui se passe, mais impossible que tout ça vient d’un trop gros homme qui marche partout.
Hier, je n’en pouvais plus. J’ai contacté la gérante de mon immeuble et lui ai dit : « Dis-donc, je n’ai rien dit car après mes problèmes avec le voisin en bas l’année dernière, je voulais essayer d’être compréhensif. Mais ce type est bruyant sans cesse depuis 3 mois déjà ! » Elle m’a dit qu’elle le vérifierait, mais dis-donc, c’est probablement juste une machine à laver tombée en panne.
QUOI ? Le problème, c’est que l’attitude de tout service aux clients aux États-Unis est de nier que les problèmes existent. De dire que vous imaginez tout.
Une heure plus tard, elle m’a écrit pour me dire que depuis une semaine, ils accueillent des invités, dont un garçon très actif, mais tout ça arrêtera. Et une heure après ça, c’était même le cas — mais si c’était vrai, j’ai deux questions :
Quel genre d’adulte ne considère pas ce niveau de bruits un problème jusqu’à ce qu’il reçoive des plaintes de la gérante ?
Pour quel genre de con me prennent-ils ? Je viens de dire que ça fait 3 mois, et ils veulent me faire croire que ça ne fait qu’une semaine ?
Je ne suis pas aussi stupide que ça. Je comprends que beaucoup de monde mentirait dans une situation pareille, afin de ne pas recevoir une punition plus sévère. Mais je n’allais pas accepter cette explication insultante. Je lui ai donc écrit pour dire, « Merci, mais je ne les crois pas du tout. Je viens de te dire que ça fait plus longtemps qu’une semaine. » Et à son tour, elle m’a écrit pour dire « Je t’écoute ». Ça m’a énervé encore plus — impossible que nous disons les deux là vérité !
La Fille et moi avons parlé de « Stompy the Dinosaur » pendant tout ce temps, mais j’ai dit juste « le dinosaure » car je n’étais pas sûr de comment traduire son surnom. Mon dictionnaire donne « pas lourd » pour « stomp » en tant que nom, mais ici, c’est plutôt un adjectif, ce qu’il fait. Et si je combinais les deux mots dans l’ordre donné par mon dictionnaire, vous me diriez tous qu’il était un fruit de mer. Alors il n’est pas « Paslourd » mais « Lourdpas. ». Et peu importe la traduction, il est sans conteste le pire voisin que j’ai jamais eu.
Je suis sûr qu’il y a plein de voisins chelous dans les immeubles français. Mais de plus en plus, je suis absolument choqué par le niveau d’indifférence de tous les voisins autour de moi. C’est comme si chacun — en bas, à l’étage, et à côté — se croyait le seul qui habite ici, et qu’il n’avait d’obligation envers personne. Je me demande sincèrement ce qui s’est passé ici ; mon immeuble n’était pas du tout comme ça même il y a 5 ans.
Il y a deux semaines, j’ai intitulé un épisode de la balado d’après une expression anglaise, « going to the dogs ». Littéralement, ça se traduit par mon titre, « tout va aux chiens ». Je l’ai choisi parce que le sujet de la moitié de l’épisode — la blague, un gros-titre satirique et un article — concernait des chiens. Cependant, il ne s’agit pas de chiens littéraux en anglais. (Hihihi, il y a un jeu de mots avec l’anglais dans cette dernière phrase, complètement par hasard — un groupe de chiens nouveaux-nés s’appelle un « litter » en anglais.)
En fait, l’expression est très proche des expressions en français à base du verbe « partir » : tout part en vrille/cacahuète/etc. C’est-à-dire que les choses tournent pour le mal (lien en anglais). Cependant, quand je l’ai mis en Google Traduction par curiosité, j’ai reçu une surprise :
Non seulement l’équivalent français n’utilise pas « partir », mais ce « vau-l’eau » m’est complètement inconnu. Alors, qu’est-ce que c’est que « vau-l’eau » ?
Le tout premier sens dans le Trésor de la langue française, et apparemment le plus littéral, c’est de suivre un cours d’eau :
VAU(-)L’EAU (À),(VAU LEAU , VAU-LEAU ) loc. adv. et subst.
I. −Loc. adv.
A. − En suivant le fil de l’eau.
Deux gros dos squameux émergent de l’eau bourbeuse et replongent dans la vase Des régimes de bananes flottent à vau-l’eau (Cendrars, Du monde entier, Le Formose, 1924, p. 203).
L’autre sens en tant qu’adverbe est exactement ce que je cherchais :
B. −Au fig. Au gré du hasard, à l’abandon, à la dérive. Destinée, illusions, plans, rêves à vau-l’eau; être, partir, se laisser aller, (s’en) aller à vau-l’eau.
Frais séjour où se vint apaiser la tempête De ma raison allant à vau-l’eau dans mon sang (Verlaine, Œuvres compl., t. 2, Amour, 1888, p. 14).
C’est donc assez clair que le « vau » est le cours suivi par ladite eau, et avec ça, l’équivalence avec l’expression anglaise devient compréhensible. Les chiens et l’eau sont les deux hors notre contrôle. Mais j’aimerais suggérer qu’il y a une différence entre importante entre ce chien et cette eau :
Je vous avais dit que La Fille serait bientôt propriétaire d’une Nintendo Switch 2, qui est arrivée chez nous mardi dernier. En ce moment, nous n’avons que deux jeux pour aller avec : Mario Kart World, qui tout le monde achète pour aller avec (c’est beaucoup moins cher de cette façon qu’au lien), et Welcome Tour, un mini-jeu qui vous montre comment marche le tout. Ce dernier vaut les 10 €, peu importe les nombreuses plaintes en ligne que c’est payant tout court. Mais nous ne sommes pas ici pour une critique de la console en soi. C’est hors mon sujet. Ce qui rentre bien dans mon sujet, c’est parler de certaines traductions liés à Nintendo.
Avant de même essayer le nouveau jeu de Mario Kart, la première chose dont La Fille avait envie, c’était de tester comment marchait le dernier Zelda, Tears of the Kingdom. La différence est incroyable. Mais à cause de ce jeu, j’ai découvert qu’une blague que j’ai fait il y a deux ans, à sa sortie, ne marche pas du tout en français. J’explique :
Dans le premier Zelda pour Switch, Breath of the Wild, il y avait un héros en forme d’oiseau géant, nommé Revali. Revali avait un super-pouvoir, dit en anglais, « Revali’s Gale », littéralement « le vent violent de Revali ». Avec ce pouvoir, il pouvait se lancer très fortement dans le ciel. Mais dans le dernier jeu, son descendant Babil, a un pouvoir beaucoup moins puissant, la Rafale de Babil. Quand je l’ai vu pour la première fois en 2023, j’étais déçu et je l’ai tout de suit appelé « l’éternuement de Revali ». Cependant, ça ne marche pas comme calembour en français, parce que le pouvoir original ne porte pas de nom lié au vent en français. C’est plutôt la Rage de Revali. Je sais, il ressemble à un animal sauvage, mais avec un tel nom, mieux vaut faire appel au docteur Pasteur, non ?
L’autre chose que je vais évoquer cette fois n’a strictement rien à voir avec la Switch 2, mais il s’agit de Nintendo. Si vous fréquentez certains blogs français, surtout celui d’Agathe, vous avez peut-être croisé un internaute qui s’appelle Bleck. Ce nom me rendait fou, et un jour, je n’en pouvais plus : je lui ai demandé si c’était d’après mon méchant préféré de tous les jeux de rôle dans l’univers Mario, le comte Bleck. Il m’a dit que non, et a ajouté qu’il n’avait pas la moindre idée de quoi je parlais. Je compatis. Moi non plus.
Puis, il s’est avéré qu’aucun Français n’aurait une idée de quoi je parlais — car le méchant ne s’appelait pas « Bleck » en français. Ce n’était même pas proche.
Le comte, Source, Fair use selon les lois des États-Unis
Je suis franchement jaloux de son sourire et son style. Mais en français, il s’appelle le comte Niark. J’ai souvent du mal avec les choix de traductions en français, mais celle-ci me rend particulièrement perplexe. Je ne sais pas si « Niark » vous rappelle quelque chose, mais « Bleck » est proche du mot anglais pour le noir, “black ». Ça va très bien pour un méchant. Heureusement, il me semble que la traduction française est autrement très bonne, et la scène où le comte arrange le mariage de la princesse Peach avec le méchant Bowser reste aussi hilarant en français que la version que je connais :
Je pourrais écrire des milliers de mots sur les différences entre les jeux de Nintendo en français et en anglais. Mais j’arrêterai avec la meilleure traduction de toute Nintendo, qui dépasse la version anglaise. Lisez attentivement le nom du méchant !
Ça y est, le moi de 2020 appartient désormais au passé. Il voulait aller en France ? 2021. Il voulait voir Indochine dans un stade ? 2022. Il voulait voir les plages de Normandie et la Tapisserie de Bayeux ? 2023. Il voulait voir Bertrand Usclat, Sebastian Marx et Paul Taylor, ses héros du Confinement ? 2022, 2024 et 2025. Tout ce que j’avais espéré réussir cette année-là, c’est maintenant terminé, si plus lentement qu’attendu.
Bien sûr, le Tour était censé durer pendant 2 ans, et il m’a fallu 4 ans pour tout faire. Mais je ne m’attendais pas à la moitié de ce qui arrivait sur le chemin. Il reste le but de rencontrer dans la vraie vie plusieurs personnes que je connais depuis 2020, mais en quelque sorte, ça me semble autre chose, en dehors d’une liste de contrôle.
Dimanche matin, j’ai écrit un courriel à tous mes bénévoles pour leur remercier pour l’aide, ainsi que demander comment les citer dans les remerciements. 230 pages sont complètement corrigées selon les retours ; j’attends toujours une personne, mais le manuscrit est largement terminé. Je crois que je l’enverrai à des maisons d’édition le 28 — les dernières tâches seraient finies d’ici vendredi, mais j’ai une dernier contrôle de qualité planifié après ça, et je ne vais pas l’envoyer un vendredi, parce que je ne veux pas que les destinataires le ratent en partant pour le week-end.
Je suis partial, bien sûr, mais j’avais plusieurs buts pour le texte, et je crois que je les ai tous réussi. C’est l’œuvre intellectuelle que j’aurais dû produire il y a 25 ans, avec 16 pages de bibliographie. C’est par tours amusant et sérieux, avec des histoires bien-aimées du blog — le voyage fou, le malentendu nivernais, les brouteurs, M. Descarottes — ainsi que des histoires jamais racontées ici, dont une venant de la Seconde Guerre mondiale que j’espère que tout le monde lira.
Mais surtout, je crois sincèrement que j’ai capturé la plus belle version de ce blog, que c’est les bonnes nouvelles sur la France. Il me rend fou que les blogueurs littéraires disent « feel-good » pour parler de certains romans, parce que vous savez tous que je fais des efforts littéralement québécois pour éliminer tout anglicisme de mon écriture. Cependant, c’est exactement la bonne description du livre. Sauf pour quelques pages où je râle sur mes plaintes habituelles — surtout l’anglais partout et la bise — c’est une lettre d’amour à la France entière, qui met tout le pays en vedette. (Exactement ce que j’ai dit de La Grande Vadrouille.)
Je suis bien au courant que surtout pendant l’année dernière, il est devenu de plus en plus difficile pour moi de cacher certaines déceptions personnelles. Mais j’ai travaillé dur pour garantir qu’il n’y a rien de ça dans ce livre. Vous y trouverez tout l’optimisme de l’introduction en haut de la page du Tour, toute la joie de découvrir tant de choses pour la première fois. Je ne peux pas regarder l’humoriste Paul Mirabel, car nous partageons tous les mêmes défauts, mais je vous promets, ce côté n’existe pas du tout dans le texte.
S’il y a un défaut que je ne peux pas corriger, mais sais que c’est là, c’est que certaines parties manquent du profondeur souhaité. Par exemple, le Grand Classement des films ne reçoit que 2 pages. Pensez-vous que j’ai si peux à dire sur une si grande passion ? Absolument pas. Mais j’ai choisi mon format exprès — tout se lit rapidement, pour donner un sens de l’émotion, du tourbillon de découvertes sans cesse. Il y aura beaucoup plus à dire, mais c’est enfin la fin de ce projet, et le commencement de beaucoup d’autres.
Je sais à quoi vous vous attendiez, mais hier, j’ai réussi le dernier rêve lié à mon expérience d’apprendre le français en 2020. C’était un moment doux-amer ; ce chapitre de ma vie est désormais définitivement fermé.
Quand j’ai commencé à étudier le français, dès que les algorithmes de Facebook se sont rendus compte que je passais du temps sur des groupes français, le site a commencé à me recommander des humoristes en français. C’est comme ça que j’ai découvert Sebastian Marx, qui est en fait new-yorkais, et Paul Taylor, qui est d’origine irlandaise. Je sais que je l’ai dit plusieurs fois au passé, mais c’était une aide inestimable, d’écouter des voix plus proches de la mienne afin d’apprendre la langue. J’espère depuis longtemps les voir en France, pas aux États-Unis, mais on fait ce que l’on peut.
Comme toujours quand il s’agit d’un spectacle à Los Angeles, je suis parti 3 heures à l’avance. On dirait que j’étais là encore une fois beaucoup trop tôt, mais s’il vous semble que je vous ai montré des adresses nulles au passé, cette fois nous sommes dans le centre-ville historique, devenu parmi les pires adresses de la Californie. Je mentionne parfois que quand on dit « banlieue » en anglais, il s’agit des pires quartiers autour de Paris (les journaux télévisés l’utilisent pour avoir l’air authentique ; ils ne savent pas que « Versailles est en banlieue » apparaît dans mon dictionnaire bilingue). Bienvenue dans la banlieue de LA !
Voici le Regent Theater :
Vous voyez le bâtiment à votre gauche ? C’est abandonné :
Au coin de la rue, il y a l’un de plusieurs anciens hôtels, devenus des HLM. Celui-ci était le Hotel Barclay
Il n’y avait presque rien à manger dans ce quartier. J’ai trouvé quelques bars, tous en mauvais état — mais aussi un restaurant très inattendu, « Le Petit Paris » :
Il a l’air assez accueillant, n’est-ce pas ? Les prix sont à couper le souffle — entre 30 et 60 $ pour tout dans un mauvais quartier. Franchement, je ne voulais pas prendre le risque. Regardez en face de la rue — des graffitis sur un autre bâtiment abandonné :
Il y avait des sans-abris partout — j’ai fait un effort pour ne pas leur prendre en photo, car ils sont des êtres humains dignes du même respect auquel je m’attendrais. ([Mais vous n’avez plus d’attentes à cet égard. — M. Descarottes])
Tout ça, c’est-à-dire que c’était un quartier que je ne recommanderais jamais, pas comme le Sunset Strip où Arnaud Demanche a joué. En fait, l’un des restos les plus vieux de la ville, Cole’s, se trouve dans ce quartier. Il fermera définitivement le 2 août après 117 ans. C’est connu pour ce que j’ai appelé « le sandwich français qui ne l’est pas », le « French Dip » : du rosbif sur une baguette. Il y avait une queue époustouflante pour y aller :
J’ai trouvé le quartier extrêmement effrayant, et heureusement, l’homme au guichet m’a laissé entrer une heure avant le spectacle. Alors, la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y pas eu de reprise de ce qui s’est passé dans la queue pour Arnaud Demanche, où tout le monde autour de moi refusait de me parler. La mauvaise nouvelle, c’est qu’au-delà d’un couple assis devant moi — dont j’ai offert de leur prendre en photo — tout le monde dans le théâtre refusait de me parler. Encore une fois, c’était dommage — je suis très curieux sur qui va à ces spectacles.
Voici la scène :
Avant Paul Taylor, il y a eu une première partie, un immigré français nommé Noman Hosni (lien vers son compte Insta). Il n’était pas drôle. Il faut comprendre que depuis le 11 septembre 2001, je ne m’intéresse pas du tout à des « blagues » venant de telles personnes sur la sécurité à nos aéroports.
Heureusement, Paul Taylor était tout ce que j’espérais. Son spectacle, dit « Fuck me, I’m French » (Baise-moi, j’suis Français), était complètement en anglais, mais il s’agissait de son sujet habituel, la vie en France en tant qu’expatrié anglophone qui doit s’adapter. Je dirais que par rapport à ses spectacles bilingues, il s’est plaint plus sur les difficultés de jouer en France — en particulier, il parlait d’une ville de l’est du pays, Freling (orthographe ?), où il avait l’impression que personne ne comprenait ses blagues, et qu’il préfère jouer dans les grandes villes avec plus de personnes vraiment bilingues. Il a dit que c’était pour ça qu’il voulait faire un spectacle tout en anglais, mais il me semblait qu’il voulait flatter un peu le public pour le comprendre.
Et cette question de bilingues fait la plupart de son humour. Il parlait du bas niveau d’anglais en France et a dit quelque chose que la foule semblait apprécier, que quand ses connaissances françaises expatriées reviennent dans le pays, il doivent faire semblant de parler l’anglais pire qu’en réalité, ou leurs proches leur taquinent. Il y avait toute une séquence sur apprendre l’anglais à sa fille, ce qu’il trouve difficile parce que les livres disponibles pour son âge (6 ans) ne sont pas très bons. Et au cas où le public ne le croirait pas, il a apporté un livre qui était censé apprendre des comptines en anglais — c’était enregistré par des Français, et les extraits étaient très difficiles à comprendre.
Cependant, j’aurais du mal à traduire ses blagues en français, parce qu’ils s’appuyaient sur certains faits de prononciation en anglais. Par exemple, il parlait de l’expérience d’utiliser Siri chez lui, car sa femme est Française, mais ils utilisent Siri en anglais. Alors quand elle demande à Siri de compter 13 minutes, elle dit « thirteen », mais ça sonne exactement comme « thirty », 30. Il racontait une situation où après un peu, elle a changé à demander « twelve », 12. Il l’a félicité pour avoir trouvé une solution pour éviter ces mots trop proches, et elle a répondu, « Nan, j’ai perdu une minute en discutant avec Siri, alors je n’ai plus besoin de 13 minutes ! ». Croyez-moi, tout ça a marché en anglais, mais l’explication le rend moins drôle.
Cette foule était très différente des autres que j’ai vues avec des humoristes français venus aux États-Unis. Les couples étaient largement mixtes — comme la Française avec l’Américain assis devant moi. Il a demandé des questions comme ça au public ; ce n’était pas juste mon imagination. Je pouvais certainement l’écouter autour de moi. Je suppose que c’était pour ça qu’il n’a pas attiré les couples habituels de l’OCA qui sont venus aux autres spectacles racontés ici pendant les deux dernières années.
Je n’ai qu’un vrai regret cette fois. J’aurais tellement aimé prendre une photo avec lui, tout comme Sebastian Marx et Bertrand Usclat. Ils étaient la bande-sonore de cette première année d’études. Mais dès qu’il a quitté la scène à la fin du spectacle, je l’ai perdu, et l’homme du guichet m’a dit qu’il était parti par une autre porte. C’est dommage. Je lui écrirai pour dire autant, parce que ça aurait été la fin parfaite.
On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Adrien Gallo, qui a suivi Alain Chamfort sur le plateau. Là, il a chanté « Aline » de Christophe, alors pas de bon points pour deviner qui sera le prochain artiste de cette série.
Adrien Gallo avec BB Brunes à l’Armada de Rouen, Photo par Agostinho, CC BY-SA 3.0
Il y a certains artistes qui sont apparus sur le plateau en tant que représentants d’un plus grand groupe, et d’autres qui sont apparus en tant que solistes. Adrien Gallo a fondé un groupe, BB Brunes, en 2006, dont il était le chanteur, mais il a entamé une carrière solo en 2014, et a été présenté comme soliste pendant l’émission. Cependant, puisqu’il continue d’être actif dans le groupe, et écrit une belle partie de sa musique, je traite de sa carrière avec le groupe pour commencer.
Adrien Gallo est né à Paris en 1989, fils d’un réalisateur de télé et une criminologue. Sa première guitare était le cadeau d’un ami de la famille, l’humoriste des Charlots, Luis Rego. À partir de 2000, lui et certains amis à l’école ont créé un groupe, Hangover (gueule de bois en anglais), dont les paroles étaient en anglais. Vu qu’il n’avait que 11 ans à l’époque, j’aimerais bien savoir à quel point ils comprenaient l’anglais ! Mais c’est en 2005 qu’un ami acteur, Jules Sitruk, partage leur maquette à son père, Claude, qu’ils changent de nom. Le « BB » est apparemment un hommage à la chanson de Serge Gainsbourg, Initials BB, et Brunes fait référence au boulevard Brune, où ils faisaient des répétitions.
En 2006, BB Brunes sort son premier single, Le Gang. Ça me rappelle fortement Iggy Pop ou The Ramones — dont la voix plaintive du chanteur. M. Gallo n’a que 17 ans dans ce clip, alors il lui reste de la maturité à venir.
Le single est rapidement suivi d’un album entier en 2007, Blonde comme moi. Sur cet album, la piste Mr Hyde a moins le son « garage », comme on dit du Gang et des influences nommées en haut. BB baise, en revanche, est si bruyant que je ne peux rien comprendre sans paroles écrites. Et vu que les paroles comprennent, « Mes ovaires sont prêts », c’est probablement pour le mieux.
Deux ans plus tard suit l’album « Nico Teen Love », rien à voir avec le Nico le plus fréquemment cité sur ce blog, mais tout à voir avec la nicotine. La piste éponyme me semble plutôt quelque chose des années 90 venant de Seattle, genre Nirvana ou Pearl Jam :
Mais ils n’ont pas abandonné leurs racines ; M la maudite est plus de la même chose du premier album.
En 2010, le groupe sort un EP tout en anglais, mais dont j’ai du mal à vous donner le bon titre — c’est soit BB Brunes soit EP anglais. La chanson « Taste of a Baby » (Le goût d’un bébé OU Les goûts d’un bébé — le titre est ambigu) a un titre suffisamment déroutant que j’ai dû l’écouter. Hélas, ça veut dire le premier choix. Beurk. « For Ever and Ever and Ever Ever Ever » (À jamais et à jamais, etc.) sonne comme une centaine de groupes britanniques des années 60. Si vous m’aviez donné ce dernier clip sans me dire que ça venait d’un groupe français, j’aurais pris M. Gallo pour un britannique.
En 2013, BB Brunes sort « Long courrier », qui ne renonce pas exactement leurs racines de punk, mais aurait pu venir directement des années 80. Le premier single, « Coups et blessures », ne sonne comme rien d’avant de chez eux :
La voix de M. Gallo, 27 ans ici, a en fait mûri. Quant à la chanson « Stéréo », c’est un régal pour les fans de Douglas Adams qui connaissent la poésie des Vogons : « swimming pool » rime avec « houle », « poule » et « swinging foule ».
En 2014, Adrien sort son premier album solo, Gemini. Est-ce le même type qui est chanteur de BB Brunes ? J’ai du mal à y croire ! Écoutez « Monokini » et découvrez son côté Barry Manilow ! Mais sa chanson « Copacabana » n’a rien à voir avec celle de M. Manilow.
Au fait, le correcteur de mon portable veut changer le nom de M. Manilow en « Manille », le chien d’Il Est Quelle Heure. Ne me croyez pas sur parole :
Quant au reste de Gemini, c’est hyper– commercial ; écoutez « Crocodile », qui semble plus produit qu’écrit.
En 2017, BB Brunes est de retour avec Puzzle, un album qui sera nommé aux Victoires de la Musique pour meilleur album de rock, mais perdra à Shaka Ponk. Je ne sais pas. Ça sonne beaucoup plus proche de Gemini que de leurs travaux de plus tôt ; « Éclair éclair » est un tube pour eux, mais c’est trop « pop » pour mes goûts :
« Pyjama », du même album sonne au début comme s’ils écoutaient du Bernard Lavilliers, mais le reste est aussi électronique que le premier clip. « Origami » fait pareil : un geste vers le Japon pour commencer, puis plus de musique électronique.
En 2019, Adrien Gallo sort un autre album solo, « Là où les saules ne pleurent pas ». Encore une fois, c’est un départ du son de BB Brunes, mais dans tout autre direction que Gemini. La chanson éponyme est largement une ballade avec une guitare acoustique :
Ailleurs dans le même album, nous voyons Adrien au piano pour la première fois, en duo avec Vanessa Paradis :
J’ai l’impression que cet album n’a pas été une réussite — les infos sur ses classements m’ont échappée — pourtant, je le considère parmi son meilleur travail. Et ça nous amène au résumé.
Que penser d’Adrien Gallo ? Il est évidemment un musicien talentueux, avec une carrière de deux décennies à ce point, dont plusieurs albums de platine. Mais je trouve que je suis moins qu’enthousiaste. Quand il poursuivait une vision artistique moins commerciale, sa voix n’était pas à la hauteur. Quand sa voix a enfin mûri, la musique n’était plus à mon goût. J’espère qu’au futur, il y aura enfin un album de son côté qui montre son talent sans chasser si évidemment l’approbation des classements.
Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.
En août dernier, M. Descarottes a dû partager ce qu’il a appelé « le meilleur jour de ma vie ». Il s’agissait du câble manquant. Hier, c’était mon tour à moi. Vous allez ri-go-ler !
De temps en temps, mon ex oublie qu’elle m’a intenté un procès pendant 2 ans, 10 ans après le divorce, juste pour s’amuser pendant le Confinement, un procès où elle n’a rien gagné. Alors, quand La Fille a eu un événement scolaire en 2022 où nous étions là ensemble, mon ex m’a dit — devant ladite Fille — « oui, chéri » en réponse à je-ne-sais-plus-quoi. C’était choquant, mais après, La Fille et moi avons ri.
Moi, je ne ferais jamais la même erreur. Disons que nos expériences de ces affaires n’étaient pas du tout pareilles. Mais j’écrirai d’abord « Die Tour durch die deutschen Länder », où je cuisine ein Schnitzelund ein Nachtisch de chaque état allemand avant que cette pensée ne vient dans l’esprit.
Avec ça en tête, mettons la scène. La Fille et moi sommes chez McDo, en train de nous plaindre que la différence entre deux promotions pour notre déjeuner était exactement de six centimes, et que le prix de notre commande a haussé de 27 % au même endroit par rapport à janvier 2024. C’est-à-dire, nous ne dérangions personne. C’est en ce moment que LE SMS arrive du numéro de mon ex. Je jette un coup d’œil à mon portable, et tout de suite plie de rire si fort que La Fille craint que je fasse une crise cardiaque.
Vous avez probablement déjà deviné où je vais. Quels étaient le premiers mots du texto ?
Salut Mon Amour
Cette fois uniquement, il va falloir me croire sur parole parce que je n’oserais jamais publier une capture d’écran avec son nom, soit le nom de son enfant avec Gargamel. (Je vous rappelle que ce choix de surnom vient uniquement de sa coupe de cheveux et ne contient aucun autre message.) Mais je vous jure que ce n’est rien que la vérité. En traduction, évidemment.
Je suis bien au courant que les fautes de frappe peuvent arriver à tout le monde. Mais je vous promets, vous aurez mon enregistrement de « Deutschland Uber Alles » sur ma chaîne YouTube avant que je ne fasse cette boulette.
([Il peut faire une si extravagante promesse seulement car il ne tapera jamais « Salut Mon Amour » dans un SMS. Rien à voir avec la destinataire. — M. Descarottes])
Le vilain cobaye a probablement raison. Mais je peux dire sincèrement que malgré toutes les « erreurs de minuit » sur ce blog, je n’ai jamais fait cette erreur, et même si je vis cent ans de plus, je ne la ferai jamais !
En novembre 2020, j’ai demandé pour la première fois, « Mais quelles sont les spécialités du département ? » J’ai dû rechercher quelque chose comme « recettes locales Ain » — je ne sais plus — et heureusement, j’ai vite trouvé Keldelice, un site consacré aux producteurs et à la cuisine des régions. On pouvait y rechercher non seulement par département mais même par commune, un niveau de détail inestimable pour mes besoins.
La toute première recette du blog, la soupe bressane au potiron, venait du site. La dernière recette d’Un Coup de Foudre qui venait de Keldelice a été le dessert du même département, le gâteau de courge. La vérité sur cette catastrophe, c’est que je l’ai échouée plusieurs fois, puis décidé que c’était une ressource excellente pour « quoi faire », mais une mauvaise idée pour « comment faire ». Cependant, presque tout article du Tour contient au moins un lien vers Keldelice, et souvent beaucoup plus.
Avec la fin de Mayotte (et il n’y a pas de lien vers Keldelice dans cet article-là — autant qu’en Creuse, le site n’a pas eu de données pour le département), j’ai mis le site de côté pendant des mois. Puis, en mars, quelque chose de bizarre est arrivé quand j’ai commencé à vérifier des liens pour ma bibliographie — seulement l’accueil marchait. Tout autre lien produisait des erreurs. Cette situation a duré pendant 5, peut-être 6 semaines. Il n’y avait pas de moyen pour contacter les admins, et je n’avais aucune idée de quoi faire. Puis, en mai, le site était de retour sans explication. Je ne m’en plaignais pas !
Lundi, je pouvais toujours visiter des liens là pour vérifier des détails. Mais hier, en vérifiant pourquoi le correcteur sur mon ordinateur n’aimait pas « brocciù » avec un accent grave sur le « u », j’ai reçu un message tout différent d’avant du côté de Keldelice :
Évidemment, quelque chose n’allait pas déjà — c’était incroyable que personne n’ait rien fait pour restaurer le site avant. Mais une disparition totale ? Je n’étais pas du tout prêt pour cette nouvelle, même si la bibliographie est autrement prête.
La question du brocciu est un bon exemple de comment il me fallait souvent trouver une deuxième source en ce qui concernait Keldelice. Une fois que je me suis rendu compte qu’il y avait une erreur d’orthographe, j’ai vérifié le bon « Je découvre », vu que c’était ma pratique à l’époque, et l’ai recherché. Et je croyais — brièvement — que je devenais soit fou soit aveugle ([Soit ? Ce n’est pas comment s’écrit« et ». — M. Descarottes]). Pour la deuxième fois cette semaine, il me semblait qu’une erreur d’orthographe ailleurs m’avait trompé de façon durable. Si vous recherchez « brocciu » tous les résultats n’ont pas d’accent sur le « u » : pas du Ministère d’Agriculture, ni du site officiel des producteurs, ni le site officiel de tourisme. Mais en insistant avec des guillemets, j’ai trouvé d’autres exemples avec l’accent : Marie Claire, un resto corse, le magazine Taste France (une publication du Ministère d’Agriculture !).
J’ai supprimé l’accent du livre. Cet article n’est pas sur le brocciù, c’est sur Keldelice, et ceci est un exemple de comment j’ai appris quelque chose là qui n’était pas complètement faux, mais peut-être pas la bonne chose à citer. D’autres fois, des erreurs du site m’ont dit que le Bleu de Gex était un produit antillais, ou que le nougat de Montélimar venait des Hauts-de-France. Je ne crois pas que ces choses aient été faites exprès, mais que l’on ne faisait pas assez d’attention aux fautes de frappe avec certaines données.
Ça dit, c’était souvent mon meilleur outil pour me lancer sur la bonne voie. À défaut d’une référence telle que le Larousse gastronomique — un livre qui ne se concentre pas sur la cuisine paysanne comme le Tour — Keldelice était un point de départ largement fiable, et souvent plus utile que les sites de tourisme, qui ne proposaient que de « bonnes adresses ». Vraiment, sans faire un tel projet, vous ne comprenez pas pourquoi j’apprécie tant les Berry Province et Réunion Tourisme du pays — trouver même juste les bons noms de plats était souvent un défi.
Alors, malgré ses défauts, Keldelice me manquera. J’écris dans le livre sur l’expérience de quitter Duolingo — quand quelque chose fait partie de sa vie pendant des années, c’est difficile de le quitter. Mais j’avais vraiment épuisé Duolingo. Keldelice était une ressource vivante, et un modèle pour tout ce que j’essaye de faire ici. Je n’ai jamais pleuré un site web avant, mais il y a des larmes pour Keldelice.
Je suis sûr que beaucoup d’entre vous se souviennent des résultats catastrophiques de l’IA dans le cours d’anglais de La Fille en mai. Ça ne fait pas longtemps, après tout. Cependant, je ne m’attendais pas à ce qui est arrivé juste après la fin de notre année scolaire : Français de nos régions a publié une carte sur une autre forme de tricherie. Je suis étonné par la diversité du vocabulaire sur ce sujet :
Si j’ai bien compris, il y a 16 mots différents ici pour la même idée, contre seulement un que je connais en anglais, « cheat sheet » (une traduction très littérale serait « feuille de tricherie »). Je remarque qu’entre « antisèche » et soit « pompe » soit « billet de pompe », environ la moitié du pays dit juste un de deux choix.
C’est « antisèche » qui a attiré mon attention. Je ne savais pas que « sécher », un mot lié aux cheveux et aux linges, voulait aussi dire « ne pas aller à l’école ». Mais voilà :
b) Manquer volontairement (un cours, l’école).Mon cher commandant (…) me dit le curé, avec la bille têtue et pas d’accord des mômes résolus à sécher la classe, c’est en ce lieu démantelé que vous envisagez mon entretien avec le colonel Moscardo? Comment y parviendrai-je? (Malraux,Espoir, 1937, p. 591).
Mais ce n’est pas sa seule signification scolaire. Ça veut aussi dire que l’on reçoit de mauvaises notes :
a)Vx. [En parlant d’un élève] Se faire sécher.Être mal noté, et de ce fait, être recalé à l’examen.Quelques élèves travaillent leurs examens de fin d’année juste assez pour ne pas se faire sécher (Lévy-Pinet1894, p. 280).
De ce dernier, c’est évident d’où vient « antisèche », quelque chose contre sécher.
Bien sûr, dans le tarot, être sec est aussi une mauvaise chose :
Le petit sec
Un joueur possédant le petit sec (c’est son seul atout et il n’a pas l’excuse) doit obligatoirement l’annoncer, étaler son jeu et annuler la donne avant les enchères.
On penserait qu’un habitant d’un désert vibrerait avec ce vocabulaire. On aurait tort. J’ai déjà vécu assez de sécheresses, merci.
Je passerai à côté de beaucoup du reste des mots, qui ne veulent rien dire d’autre — « tust » et « pinoche » n’apparaissent pas dans le Trésor. Cependant, peut-être l’un des faits divers les plus Coup de Foudre vient de Normandie et Bretagne, où ce truc s’appelle « une carotte ». ([J’ai des plaintes ! Je gagne mes carottes en travaillant dur — couiner jusqu’à ce que le gros en a assez, c’est du travail honnête ! — M. Descarottes])
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler d’un autre animal poilu, les chiens.