Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec des tortillas

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Avec ce billet, on se lance dans la seconde partie du livre, « Noms de pays : le pays ». Il n’y aura pas de Dimanche avec Marcel la semaine prochaine, car je passerai plutôt Dimanche avec Une tonne de boîtes. Cette fois, j’ai avancé de 25 pages.

On commence avec une note malpolie pour renvoyer Gilberte :

J’étais arrivé à une presque complète indifférence à l’égard de Gilberte, quand deux ans plus tard je partis avec ma grand’mère pour Balbec. 

C’est quoi Balbec ? Ne le cherchez pas sur une carte ; c’est une station balnéaire fictive. On dit que c’est inspiré de la ville de Kerplougastennsac’h, dans le Finistère. Non, je plaisante, la ville se nomme Beg Meil. Mais Balbec vient encore plus fortement de Cabourg, dans le Calvados, particulièrement le Grand Hôtel, qui existe vraiment. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le restaurant du Grand Hôtel s’appelle Le Balbec. C’est ça le marketing. Mais la carte ne contient pas de madeleines, et pire, il y a ce cauchemar — si je suis à Cabourg, je ne cherche pas de faux desserts mexicains !

MAÏS & TORTILLAS 18
Mais en différentes textures (grillé, crémeux, mousseux, croquant et glacé), guacamole au piment jalapeño, tortillas à la farine de mais. Pour accentuer les saveurs, nous vous invitons à découvrir une liqueur de maïs du Mexique (2cl - 8€).
Capture d’écran de la carte

Je vous jure, si je mange une tortilla de plus cette semaine… ([À noter, sur les calendriers Américains, la semaine commence avec dimanche, pas lundi. Il sera chez Miguel’s dimanche, rassurez-vous. — M. Descarottes])

Je n’ai aucun commentaire sur la prochaine citation. Je vais juste vous laisser chercher le sujet de cette phrase.

Mais enfin le plaisir spécifique du voyage n’est pas de pouvoir descendre en route et de s’arrêter quand on est fatigué, c’est de rendre la différence entre le départ et l’arrivée non pas aussi insensible, mais aussi profonde qu’on peut, de la ressentir dans sa totalité, intacte, telle qu’elle était dans notre pensée quand notre imagination nous portait du lieu où nous vivions jusqu’au cœur d’un lieu désiré, en un bond qui nous semblait moins miraculeux parce qu’il franchissait une distance que parce qu’il unissait deux individualités distinctes de la terre, qu’il nous menait d’un nom à un autre nom ; et que schématise (mieux qu’une promenade où, comme on débarque où l’on veut, il n’y a guère plus d’arrivée) l’opération mystérieuse qui s’accomplissait dans ces lieux spéciaux, les gares, lesquels ne font pas partie pour ainsi dire de la ville mais contiennent l’essence de sa personnalité de même que sur un écriteau signalétique elles portent son nom.

Juste avant de partir, un docteur dit à notre héros :

« Je vous réponds que si je pouvais seulement trouver huit jours pour aller prendre le frais au bord de la mer, je ne me ferais pas prier. »

Il reste 400 pages dans ce tome. Ça veut dire que les 300 précédentes, qui s’étalent sur au moins un an, se sont déroulés plus vite que ce qui m’attend ?

J’interromps ce billet pour vous conseiller que si vous avez des pensées suicidaires, veuillez appeler le 3114, ou d’autres lignes d’écoute si besoin.

Le narrateur mentionne que le train pour Balbec passe par :

la cathédrale de Saint-Lô, avant qu’il se fût éloigné vers le couchant.

J’ai eu une pensée émue en pensant que Proust ne savait pas ce qui était arrivé à cette église, dont sa beauté a été gâchée par l’Histoire.

Le narrateur et sa grand-mère y voyagent séparément, afin qu’elle puisse passez une nuit chez une amie sur la route. Le narrateur pense de son arrivée :

Et peut-être était-il moins pénible pour moi de sentir l’objet admirable de mon voyage placé avant la cruelle première nuit où j’entrerais dans une demeure nouvelle et accepterais d’y vivre.

« La cruelle première nuit » ?!? Dites-donc, mon gars, je me suis enregistré dans trois ibis budget différents pendant mon voyage en 2023. Et vous, vous allez vous enregistrer dans un hôtel où le truc le plus pénible est un dessert à la guacamole pour 18 €. Non, je ne sais pas combien de francs de l’époque de Proust ça veut dire.

Devinez qui va accompagner le narrateur :

Mais devant la clarté de son regard, devant les lignes délicates de ce nez, de ces lèvres, devant tous ces témoignages absents de tant d’êtres cultivés chez qui ils eussent signifié la distinction suprême, le noble détachement d’un esprit d’élite, on était troublé comme devant le regard intelligent et bon d’un chien à qui on sait pourtant que sont étrangères toutes les conceptions des hommes…

Ça ne vous parle pas ? Françoise la cuisinière est de retour — et je vous promets, si on sort avec moi, je ne ferai jamais la comparaison entre elle et un chien comme ça ! Des drôles de compliments de notre Marcel !

Et à moi pourtant ma propre voix me donnait du plaisir

Nan, vous plaisantez !

Il voit du train une fille :

la belle fille me donna aussitôt le goût d’un certain bonheur… d’un bonheur qui se réaliserait en vivant auprès d’elle.

Son cœur d’artichaut est encore pire que le mien ! Heureusement pour cette fille, le train quitte la gare avant qu’il ne puisse lui faire une Gilberte.

Et c’est ici où nous arrêtons, avec son arrivée à Balbec-en-terre, à ne pas confondre ni avec Balbec-plage ni avec Balbec-dans-l’espace (j’ai inventé l’un des deux). En deux semaines, on découvrira ce qu’il fera sur place.

J’ai eu envie de vous revoir

Les billets vont devenir plutôt courts jusqu’à mercredi prochain, car j’ai des choses à faire. Heureusement pour moi, hier héroïne du blog Véronique Sanson a décidé de faire quelque chose d’étonnant, et voilà, post sans effort.

En 2024, elle a embarqué sur un tour dit « Hasta Luego », ce qui m’inquiétait, parce que c’est de l’espagnol pour « À plus tard ». Je croyais que c’était donc son adieu, même si rien de la sorte n’a été annoncé.

Cependant, le 10, c’est-à-dire hier, elle a lancé une nouvelle tournée appelée « J’ai eu envie de vous revoir », et pour la fêter, elle a sorti une nouvelle chanson de même nom, sa premier single depuis « Et je l’appelle encore » en 2016. Le voilà :

J’ai du mal à transcrire toutes les paroles par oreille, mais j’ai au moins ça de la première moitié :

J’ai eu envie de vous revoir
<qqch>
Alors j’ai enfilé mes bottes
Pour venir vous retrouver
Et tout le monde, de ce qu’il reste
Je veux le partager
Avec le temps qui rit, qui laisse
De la <qqch> sur mon clavier
Et j’ai peur, si vous sachiez
Qu’avec le temps je vous oublie
Vous qu’aviez tant rempli ma vie
Je voulais vous dire… merci

Il y a une autre strophe de même taille, mais ça donne une assez bonne idée du thème. C’est impressionnant — sa voix est plus grave que pendant les années 70 ou 80, mais reste assez claire et pas du tout râpeuse. En tant que musique, ce n’est pas à la hauteur de sa « Drôle de vie », mais presque rien ne l’est.

C’est une note de remerciement en forme musicale, et j’imagine qu’elle ne planifie pas beaucoup d’autres nouveautés. Qui sait combien de temps reste dans sa carrière ? Pas moi, certainement. Mais de mon côté, je suis reconnaissant pour tout ce qu’elle m’a donné, surtout le vol magique vers la France pour la première fois, où j’écoutais « Drôle de vie » en boucle, et m’en foutais du fait que je portais une masque de taille enfant, trop serré, jusqu’à mon arrivée. C’était Véronique Sanson la bande-sonore de la meilleure semaine de ma vie, et pour ça, je voudrais lui dire merci.

Le remaniement Descarottes

([Avec une planche Ouija, j’ai réussi à contacter M. Descarottes. Il regarde les actualités françaises avec inquiétude, et m’a envoyé ses pensées. — Justin])

Bonjour, les amis, je vous ai manqué horriblement depuis décembre, je le sais. L’année dernière, vous avez raté une opportunité importante — me charger du gouvernement — et maintenant, qu’est-ce qui se passe ? Les gouvernements français durent moins longtemps qu’une belle litière du Petit Rongeur ! Avec moi, vous auriez eu au moins deux semaines entre ma candidature et l’événement malheureux.

M. Descarottes dans sa cage, nez contre les barres, avec un regard qui dit « Vous ne voulez pas me donner à manger tout de suite ? »

Mais il est évident que certaines choses devront changer selon les exigences du moment. J’ai mes priorités, après tout… et, euh, je me soucie de vous aussi !

  • La Maternelle nationale : Bien sûr, il y a des différences importantes entre les partis. Mais sérieusement, un jour ? Les enfants de 4 ans doivent faire plus d’efforts que ça pour s’entendre. Alors, on va copier les meilleures universités américaines, qui croient aussi que leurs élèves sont des bébés (Georgetown, Brown, Michigan), et installer une salle avec des craies de cire, des briques Lego et des souffleurs de bulles de savon dans l’Assemblée nationale. Toute personne souhaitant une vote de censure pendant les 90 premiers jours d’un nouveau gouvernement devra d’abord y passer une semaine. Télévisé sur LCP. Des cobayes seront disponibles pour caresser, et il faudra le faire. Souvent.
  • La loi Groland : Saviez-vous que sur Canal+, il y a un documentaire sur un pays qui effectue des remaniements toutes les 20 minutes ? Alors, personne ne sera désormais autorisé à être ministre dans deux gouvernements de suite. En plus, Bruno Le Maire est interdit tout court de rentrer dans un tel poste, car en quelque sorte, c’est sa faute à lui. Cependant, Rachida Dati peut rester car le gros la trouve mignonne. Mais sans responsabilités, car le reste d’entre vous en a assez.
  • Jours fériés : Toute personne souhaitant supprimer des jours fériés sera invité à montrer l’exemple. En commençant par perdre ses week-ends. Des champs de carottes gouvernementaux seront plantés afin de leur fournir le bon endroit pour leur nouveau loisir obligatoire — récolter. Il sera aussi télévisé.
  • Dons obligatoires de légumes : J’étais dégoûté à découvrir les tonnes de pommes de terre gaspillées dans les Landes. Il y a un meilleur usage pour ça. Tout légume qui n’est pas vendu au moment de sa récolte sera donné à manger aux animaux de la région. Toute personne qui n’est pas éligible pour servir au gouvernement à cause de la loi Groland sera obligé de travailler en livrant ces légumes à mes cousins et amis. Ça aidera à encourager les anciens ministres à ne pas chercher réintégrer le gouvernement, à moins qu’ils ne profitent de travail honnête. J’ai l’impression que ça mettra définitivement un terme au manège des dernières années.
  • Nouvelles recherches biologiques : La dernière fois, je vous ai parlé de mon plan de cultiver une nouvelle variété de carotte dans chaque département. Il y a une recherche encore plus importante : le clonage. Le budget du CNRS sera doublé, et tous les fonds seront dirigé vers le but le plus important au monde : me cloner. Regardez la photo en haut : vous ne pouvez pas dire non à ce visage, non ?

Le plan Descarottes : car un cobaye sait mieux régler les choses que cette bande !

À plus dans le bus

Avouez-le, vous ne connaissez pas d’autre étranger qui dit de telles choses.

De toute façon, notre billet du jour concerne une question posée par ami du blog Filimages en lisant le prix époustouflant pour stationner une voiture pour le concert de Rush a LA, 51 $. Il m’a dit : « il me semble plus judicieux d’y aller en bus ou en covoiturage ». À chaque fois où j’entends le mot « bus » d’un Français, je ne peux que secouer la tête, sourire et penser : « Ne perdez jamais l’espoir ». La vérité, c’est que je savais déjà ce qui m’attendais. Mais je lui ai dit quand même que je ferais l’enquête.

Il faut se souvenir que bien que la France ait 20% de la population américaine, une bonne fraction, les États-Unis fait environ 18 fois les kilomètres carrés. Il y a des choses qui sont bien logiques en France, mais qui ne marcheraient jamais aux États-Unis — et ça avant de considérer qu’en général, chaque ville ou comté est responsable de ses propres transports en commun. S’il faut croiser une frontière importante, comme entre Los Angeles et Orange, on ne trouvera pas de coordination entre les deux.

Alors, j’ai mis les deux points de terminaison dans Google Maps pour rechercher une route par transports en commun. Je dois le faire parce que la prochaine fois où je prends un bus en 22 ans de vie dans le comté d’Orange sera… la dixième ? La cinquième ? Non. La première-ième. Ouaip. Il y a des choses qui ne se font pas ici. Ce n’est pas à dire qu’il n’y a pas de bus ici, mais très peu et en général, ils ne vont pas là dont j’ai besoin.

Afin de ne pas publier mon adresse exacte, j’utilise ici celle de l’aéroport local, très proche de chez moi. Ça ne change rien d’important. Supposons que je voulais arriver à temps pour un concert à 20h. Le Kia Forum est à 70 km de chez moi. À quelle heure penseriez-vous qu’il me faudrait partir ?

Capture d'écran du sommaire du trajet proposé par Google

16h24, ça vous parle ? Oui, il s’agit d’un trajet de 3 heures et 22 minutes, avec 5 transferts ainsi que deux promenades de 1 à 1,5 km chacune. Le tout ne coûterait que 13,75 $ mais qu’est-ce qu’il y a, d’accord ? J’explique.

La première étape serait de prendre un bus de l’aéroport jusqu’à la gare de Tustin, pour prendre le train régional dit Metrolink. Rien de grave, c’est juste qu’un type a été fusilé à la station-service à côté de cette gare il y a des mois. À vrai dire, il y a des années sans fusillades tout court à Tustin, et je ne m’inquiète pas trop pour cette partie. En fait, il serait plus logique de me garer dans le parking de cette gare. C’est gratuit.

Capture d'écran du trajet de Tustin à Union Station

On prend ensuite le Metrolink jusqu’à Union Station, au centre-ville de LA. En fait, c’est la mauvaise direction, bien à l’est de notre destination, mais il faut le faire afin de se transférer au bon système, car c’est le seul moyen de passer d’Orange County à LA pour atteindre leur métro. Il nous faut 1 heure pour ça, et Union Station est la maison des SDF, mais on veut prendre des transports en commun, quoi ?

Capture d'écran du trajet d'Union Station jusqu'à Pico

Puis on peut prendre la ligne À du métro de LA. Ça ne prend que 11 minutes et 5 arrêts. Le quartier de Pico n’est pas trop mauvais.

Capture d'écran du trajet de Pico à Crenshaw

Puis il faut se transférer à la ligne E, destination Exposition et Crenshaw. Merveilleux. Nous sommes pas loin du quartier des émeutes de 1992. En tant qu’homme blanc, je ne suis pas le bienvenu dans ce quartier. Mais nous voulons vraiment prendre les transports en commun.

Capture d'écran du trajet de Crenshaw jusqu'au centre-ville d'Inglewood

On prend la ligne K au centre-ville d’Inglewood. Inglewood se traduit comme « Porte de la Chapelle », ou peut-être « Colline du Crack ». En fait, ici nous sommes à 4 km du point d’origine des émeutes, Florence et Normandie (ce sont les noms en anglais des rues, je n’ai rien traduit). Heureusement, je ferais ce trajet en été, alors à 19h22, mon arrivée à Inglewood est avant le coucher du soleil. Ce qui est bon, car…

Capture d'écran de la dernière étape, la balade entre Inglewood et le Kia Forum.

Il nous reste une balade de 1,5 km à pied afin d’atteindre le bon endroit. Il est 19h46, alors je suis là juste à temps pour le concert.

3 heures plus tard, c’est le temps pour rentrer. Tout ira bien, j’en suis sûr.

Attention, quoi ? Il me faut patienter jusqu’à 3h54 du matin afin de prendre les mêmes étapes à l’envers ? HAHAHAHAHAHA… non. Le prix est bon, mais peu importe, car à 1h du matin, je me serai fait agresser au couteau. Désolé, mais ça m’est déjà arrivé à LA en 1997, raison pour laquelle je refuse de marcher au-delà de Beverly Hills. Quelle coïncidence, cette fois-là, j’allais aussi à un concert de Rush au Forum !

Et maintenant vous comprenez tous pourquoi je roule en voiture chaque fois où je dois aller à Los Angeles.

Un retour complètement inattendu

Je viens de vous parler de l’histoire triste de mon groupe préféré anglophone, Rush. Naturellement, ce blog étant ce qu’il est, dès que j’ai écrit « Le groupe a pris sa retraite en 2015 à cause de la santé défaillante de Neil, qui est mort d’un cancer du cerveau en janvier 2020. », les deux membres survivants ont annoncé qu’après 10 ans d’absence, ils voudraient jouer ensemble encore une fois. Il m’étonne de voir à quel point j’ai des sentiments mitigés.

C'est une photo d'un feu rouge au vert, le nom Rush, et les mots "Fifty Something Tour" (Tour pour la cinquantaine)
Annonce du « Fifty Something Tour », ©️Rush

En 2023, je vous ai parlé du tour que le chanteur du groupe a fait pour promouvoir son livre. J’étais très mécontent des places à 500 $ pour un événement sans concert, donc sans équipe, sans instruments — toutes les choses qui pouvaient justifier un prix aussi gonflé. Je crains que cet événement sera plus de la même chose.

Il n’y aura que 12 dates dans 7 villes. L’une de ces villes sera Los Angeles. Il coûtera 51 $ juste pour stationner sa voiture dans le parking de l’arène. Mais ça dit, c’est à Inglewood, et je serais exactement aussi ravi de laisser ma voiture dans la rue quelque part à Clichy-sous-Bois. Alors oui, je payerais ces frais exorbitants — mieux vaut être cambriolé de façon légale, je suppose. Cependant, et c’est important — seulement si le prix du billet reste dans des limites raisonnables.

Je payerais jusqu’à 150 $ pour un tel billet, le stationnement pas compris. L’arène en question peut accueillir 20 000 personnes pour un match de basket, mais pour un concert, ce sera plutôt 15 000. Il y aura une loterie pour même avoir le droit d’acheter un billet, et Ticketmaster a l’habitude de se vendre des billets, puis les vendre comme des billets de revente, alors je ne garde pas beaucoup d’espoir. Et je ne payerai certainement pas 500 $ pour un billet censé être vendu pour 100 $ ou quoi que ce soit, quelque chose qui arrive tout le temps avec Ticketmaster. (Au fait, les efforts à combattre les revendeurs sont quelque chose que j’estime énormément chez Indochine.)

Mais mettons le prix de côté. Ce ne sera pas Rush comme je le connais, car il y aura quelqu’un d’autre que Neil Peart derrière la batterie. J’entends parler qu’Anika Nilles, le batteur embauché pour ce tour est assez douée (Neil a remporté plus de victoires de meilleur batteur que n’importe qui pendant sa carrière), mais pendant une décennie, on nous disait : « Oh non, il n’y a pas de Rush sans tous nous trois. » L’idée qu’ils feraient comme Mötley Crüe ou AC/DC et « prendre sa retraite » encore et encore juste pour se faire payer avec des prix époustouflants me met mal à l’aise. Honnêtement, je me sens manipulé.

Il faut comprendre que tout au fil de sa carrière, alors que chacun des trois musiciens ont remporté des prix des magazines consacrés à leurs instruments, les critiques ont toujours détesté Rush. C’est la musique des nerds, avec des signatures temporelles inhabituelles, des paroles sur la science-fiction ou des sujets philosophiques, et un sens de l’humour plutôt comme le mien. (Je ne suis pas perplexe sur ce sujet.) Rush pouvait remplir des arènes comme celle de LA, mais jamais, jamais de stades. Pour gagner l’argent, ils devaient donc monter plus de spectacles que les Metallica du monde. Si l’idée est de ne pas travailler souvent, et vider les poches de fans désespérés quand ils en ont besoin, ça ne m’intéressera pas du tout.

En 1980, ils ont sorti une chanson, « The Spirit of Radio », L’Esprit de la radio, qui critiquait exactement ce genre de comportement dans leur industrie. C’était l’une de leurs plus populaires, et je n’ai jamais assisté à un concert où ils ne l’ont pas jouée. Le 13, le jour de la loterie, on verra combien ils veulent pour une place, et on saura si ça signifie toujours quelque chose, ou si c’était juste le produit de la jalousie.

Mon bébé vient de m’écrire une lettre

Connaissez-vous la chanson « The Letter » du groupe des années 60, The Box Tops ? J’ai été vraiment impressionné par la reprise par un chanteur italien, Zucchero, pendant le spectacle des 30 Ans de Taratata. Le refrain est mon titre du jour. Je l’évoque parce que, moi aussi, on vient de m’écrire une lettre hier. La voilà :

Bonjour,
Nous vous remercions de nous avoir adressé votre manuscrit que nous avons lu avec attention.
Malheureusement, notre comité de lecture n’a pas été suffisamment enthousiasmé par ce texte pour pouvoir s’engager à le publier chez Calmann-Lévy.
Nous vous remercions cependant de votre confiance et espérons que vous trouverez un accompagnement de valeur chez l’un de nos confrères.
Bien à vous, Le service éditorial

C’est la première réponse que j’ai reçue, mais pas la première maison à laquelle j’ai envoyé mon manuscrit. En fait, ça fait presque exactement un mois chez eux. Je me demande donc : est-ce que le manuscrit attendait trois semaines, puis on a lu ma lettre d’introduction, dit « Hahaha, non » et a envoyé ça ? Ou est-ce que l’on a vraiment passé des heures en le lisant avant de prendre une décision réfléchie ? Impossible de dire.

Mais en réfléchissant à ce processus, il m’est arrivé à l’esprit qu’essayer à publier avec une maison d’édition est exactement comme utiliser une appli de rencontres, une autre activité dont je ne profite pas. Comment ça ?

On commence avec les profils… désolé, les formulaires de soumission de manuscrit. Là, on poste les demandes, genre « Je ne m’intéresse qu’à ceux que… ». Voici des exemples de maisons avec qui je n’ai pas d’espoir d’une relation :

NOUS SERONS HEUREUX DE LIRE VOS TEXTES, SI VOUS PENSEZ QU’ILS CORRESPONDENT À NOTRE LIGNE ÉDITORIALE. PAR EXEMPLE, NOUS N’AVONS PAS POUR PROJET DE PUBLIER DE POÉSIE, DE THÉÂTRE, NI DE THÈSES.

Calmann-Lévy

Nous vous informons que nous traitons les envois de manuscrits par voie électronique uniquement et lorsqu’ils concernent les domaines du feel good, de la comédie romantique et de la romance.

J’ai Lu

404 publie des livres-jeux, des fanfictions et des jeux centrés sur la pop-culture. Vous pouvez nous envoyer votre manuscrit, accompagné d’une note de présentation (résumé, genre, public visé, bio) à l’adresse

404 Éditions

Alors, en plus de votre profil… désolé, votre manuscrit, vous êtes censé leur écrire des notes pour expliquer pourquoi vous seriez un bon parti pour eux. Et pour ça, il faut bien fouiller dans leur profil… désolé, leur catalogue, afin de trouver juste les bons livres qui prouvent que vous avez raison.

Dans le cas de Calmann-Lévy, je savais que ça allait être un boulot, car c’est l’une des maisons d’édition les plus vieilles de France et les plus prestigieuses au monde. On ne trouve pas beaucoup de recettes dans leur ligne. Pourtant, j’ai trouvé deux livres où, entre les deux, je dirais qu’une soumission de ma part n’a pas été juste un coup d’arrogance. Je cite ma lettre de présentation :

J’espère que mon manuscrit trouvera sa place chez Calmann-Lévy parce que votre ligne éditoriale comprend deux livres dans un style similaire : D’abord, Souvenirs Friands de Jean-Robert Pitte utilise ses recettes en tant que moyen pour raconter ses souvenirs. Et comme Ce que j’ai appris de vous de M. Barnier, Un Coup de Foudre met en vedette tout un panel de Français, des gens que j’ai rencontrés partout dans le pays. 

Si vous lisez les extraits disponibles aux liens, c’est dingue à quel point Un Coup de Foudre le livre a des points en commun avec les deux. Chaque chapitre de Souvenirs Friands se termine par une recette ; le livre de M. Barnier est plutôt un livre entier de profils comme la douzaine dans le mien. D’autre part, ces deux sont des hommes de renom. Ces mêmes choses ne sont pas forcément intéressantes venant de ma bouche.

Tout comme les applis de rencontres, après avoir fait tout cet effort, votre chérie promet de vous écrire de même façon que Gilberte. Cet exemple vient de J’ai Lu :

Après réception, nous ne vous recontacterons que dans le cas où nous souhaiterions donner suite à votre projet. Merci et bonne chance dans votre démarche.

Calmann-Lévy, par contre, est plus typique en proposant un délai maximum :

Dans la mesure du possible, nous nous efforçons de répondre dans un délai de trois mois.

J’apprécie qu’ils ont au moins répondu. D’autres maisons vous dirent uniquement que si vous n’aviez rien entendu après le délai cité, ils ne s’y intéressent pas. Et franchement, ça, c’est le truc le plus appli de rencontres de tout.

Jeune, mon autrice préférée était Madeleine L’Engle, surtout pour sa série dite Kairos. C’est bien connu aux États-Unis que son premier roman, Un raccourci dans le temps, à été rejeté par 26 maisons d’édition (lien en anglais). Mais au moins elle avait les lettres en preuve. De nos jours, ça fonctionne beaucoup plus comme les applis, et franchement, ce n’était pas une coïncidence que je leur ai dit adieu dans ces pages il y a un an.

Saison 4, Épisode 28 — C’est pas Cannes ici

Commençons avec une bonne nouvelle — pas de majuscules, c’est juste personnel. Depuis vendredi, je suis stressé car j’étais en retard à soumettre ma demande de bail pour notre prochain appartement. Si quelque chose ne s’est pas allé, j’allais avoir une fin de mois très intéressante, sens malediction. Cependant, dimanche aprèm, j’ai reçu le contrat — nous déménagerons à temps. Les billets du 16 au 22 ne seront pas grand-chose, mais peu importe.

Alors, continuons avec les mauvaises nouvelles. Je viens de me rendre compte que la différence entre les bails — nous déménageons dans un immeuble moins cher — payerait un appartement de rêve dans mon quartier de rêve, celui de la Cathédrale de Rouen. Pas un assez grand pour nous deux, mais pour moi-même, certainement. Les prix chez moi sont vraiment à pleurer.

Autre chose, je vais enfin encadrer plusieurs affiches afin de les accrocher dans le nouvel appartement. Je n’avais pas voulu mettre des trous dans les murs chez moi, mais dans le prochain, je m’en fiche. Cependant, il y a une autre chose qui a changé. Vous les verrez plus tard, mais sachez que plusieurs sont de l’art original de mon ancienne bande-dessinée préférée, Les Aventures du Docteur McNinja. J’avais tardé une décennie après les avoir achetées de peur que si je sortais avec quelqu’un, puis elle voyait que c’était mon idée de comment décorer, ce serait la fin. Il me semble que ce n’est plus une raison, et non pas parce que le monde s’est adapté à mes goûts douteux.

C’est quand même mon but de vous montrer tout une fois fini. J’aimerai mieux la cuisine, et je pourrai finalement utiliser ma casserole française en cuivre, achetée il y a 12 ans sans savoir que ça ne marche pas avec les cuisinières à induction. Je pourrai mettre en vedette tous mes achats français des 5 dernières années, et ça me fait plaisir aussi. Je viens d’acheter des affiches de Rabbi Jacob et de La Grande Vadrouille, qui me seront envoyées par Colissimo. Je dois espérer qu’elles n’arriveront pas trop vite, car je les ai faites envoyer à la nouvelle adresse.

Je serai très curieux de voir si je pourrai reprendre mes enregistrements pour ma chaîne YouTube. Peut-être que vous vous souvenez du changement effectué par le propriétaire de mon immeuble qui l’a rendu impossible, une porte en verre trop réfléchissante.

S’il n’y a pas de miracle cette semaine, mardi prochain (pas demain ; le 14) vous aurez ma critique du livre qui a rendu une certaine maison d’édition celle dont je rêvais. Ça n’aura rien d’amer — je suis sincèrement admiratif de ce livre, et je crois que ça montre que le mien aurait bien rentré dans sa ligne éditoriale. Mais ce n’est pas à moi de juger. J’aimerais tellement savoir si c’était au moins assez intéressant pour mériter plus d’un jour avant de prendre une décision. Aucune maison n’envoie plus de lettres à cet égard.

Notre blague traite des différences entre avoir une copine et une femme. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Ours et Logique. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi La malchance, sur la vie de Neil Peart, C’est le 1er, version octobre 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Ni l’un ni l’autre, sur des choix que je n’aime pas, et Le film du blog, où je passe des notes à chez Gaumont sur la distribution souhaitée pour le film à venir.

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Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec personne

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 26 pages.

Quand nous avons quitté notre héros la dernière fois, il avait décidé de rendre visite à Gilberte après tout. Mais ce type, qui l’évitait à cause d’une insulte largement imaginaire, a une idée si bête en affaires amoureuses que je ne peux que l’appeler « Justinesque » :

Du moment que tout était oublié, que j’étais réconcilié avec Gilberte, je ne voulais plus la voir qu’en amoureux. Tous les jours elle recevrait de moi les plus belles fleurs qui fussent.

Mais cette idée ne dure même pas une page avant que tout ne parte en vrille :

[D]ans le crépuscule, je crus reconnaître, très près de la maison des Swann mais allant dans la direction inverse et s’en éloignant, Gilberte qui marchait lentement, quoique d’un pas délibéré, à côté d’un jeune homme avec qui elle causait et duquel je ne pus distinguer le visage… cette Gilberte que, maintenant, j’étais décidé à ne plus revoir.

Décidez-vous. Mais enfin, de toutes ces pensées confuses, de la sagesse :

Le plus souvent nous continuons de nous évertuer et d’espérer quelque temps. Mais le bonheur ne peut jamais avoir lieu.

Quant à l’argent pour les fleurs, cette fois, nous ne sommes pas pareils :

Je serrai les dix mille francs. Mais ils ne me servaient plus à rien. Je les dépensai du reste encore plus vite que si j’eusse envoyé tous les jours des fleurs à Gilberte, car, quand le soir venait, j’étais si malheureux que je ne pouvais rester chez moi et allais pleurer dans les bras de femmes que je n’aimais pas.

Alors, il va enfin arrêter de penser à une relation amoureuse, non ? Non.

Pour une minute où je revoyais Gilberte maussade, combien n’y en avait-il pas où je combinais une démarche qu’elle ferait faire pour notre réconciliation, pour nos fiançailles peut-être.

Votre quoi ? L’envie de le gifler à travers un siècle remonte. Puis, la préfiguration.

Il y eut une scène à la maison parce que je n’accompagnai pas mon père à un dîner officiel où il devait y avoir les Bontemps avec leur nièce Albertine, petite jeune fille, presque encore enfant

On n’a toujours pas entendu le nom Albertine. Pourtant, un autre tome est intitulé Albertine disparue. Arrêtez, elle est trop jeune pour vous, monsieur.

Il suit une vingtaine de pages de tortures que ne peuvent se dire que proustiennes. Comme est son habitude, notre narrateur se perd dans une série de roues dans les roues, une machine de Rube Goldberg où il imagine une série de lettres entre lui et Gilberte (peut-être que certaines sont réelles) où il s’éloigne d’elle de plus en plus, tout dans l’espoir qu’elle dira « Ah non, reviens à moi », jusqu’au moment où il décide qu’elle a enfin adopté son point de vue. Et c’est après ça que notre narrateur décide d’adopter l’habitude de se promener autour de l’Arc de Triomphe exactement aux moments où il sait que Mme Swann prendra ses propres balades.

En anglais, il y a un dicton qui s’applique ici : « Fish, or cut bait, » littéralement « Pêchez ou laissez tomber l’appât dans l’eau. » Sérieusement, s’il veut quitter les Swann, arrêter d’embêter madame ! Mais ce passage douloureux se termine enfin quand Madame dit un jour :

« Alors, me disait-elle, c’est fini ? Vous ne viendrez plus jamais voir Gilberte ? Je suis contente d’être exceptée et que vous ne me « dropiez » pas tout à fait. J’aime vous voir, mais j’aimais aussi l’influence que vous aviez sur ma fille. Je crois qu’elle le regrette beaucoup aussi. Enfin, je ne veux pas vous tyranniser parce que vous n’auriez qu’à ne plus vouloir me voir non plus ! »

Avec ça, on atteint ce qui est clairement un arrêt important. Dans la traduction anglaise, la maison d’édition coupe le texte en deux parties, et le deuxième est intitulé « Noms d’endroit : l’endroit », un écho de la troisième partie du premier tome, intitulé « Noms de pays : le pays ». En fait, le texte français reprend ce nom du premier tome pour la deuxième moitié du deuxième tome. Cependant, ce n’est pas présent dans la version originalement publiée par Gallimard. Il me semble que l’histoire de Gilberte finit ici pour l’instant (je sais déjà qu’elle reviendra plus tard), et nous allons mettre le cap sur un autre port. C’est plus que le bon moment ; je n’en pouvais plus de cette relation !

Le film du blog

Il y a des semaines, j’ai posé la question : « si on tournait le film de votre blog, qui jouerait dans les rôles principaux ? » Depuis ce temps, je pense un peu à la question, mais c’est compliqué. Après tout, il serait logique d’avoir quelqu’un dans le rôle principal qui a le même accent que moi. Et si ce film allait être tourné pour un public anglophone, les choix seraient totalement différent. Pour cet exercice, je vais supposer que le livre réussit assez (certains savent que je suis sur le point de perdre tout espoir pour ma maison d’édition de rêve — sa date limite s’approche), c’est Gaumont qui achète les droits, et il n’y a donc pas question de Leonardo DiCaprio dans la peau de l’auteur. Cependant, si M. DiCaprio jouait dans le rôle, il faudrait qu’il ait une copine de moins de 25 ans pour aller avec, alors disons jamais plus jamais.

Caméra de cinéma Paillard-Bolex, Photo par Terri Monahan, CC BY-SA 2.0

À noter, il y a plus de personnes que je ne peux en distribuer les rôles. Soyez donc le bienvenu à suggérer votre doublure préféré pour vous-même. Alors, sans plus d’attentes :

Moi : Grégory Gadebois. On penserait que Jodie Foster serait le choix logique, car : 1) selon les Français, tous les américains bilingues sont Jodie Foster et 2) les réalisateurs modernes aiment échanger les genres. Je plaisanterais si je mentionnais Pierre Niney, parce qu’il est un peu le DiCaprio français du moment. Mais M. Gadebois a joué le seul personnage supportable dans En attendant Bojangles, a travaillé avec Woody Allen, et est à quelques mois près de mon âge. Alors, tant que ça lui convient de se raser, car je n’ai jamais été barbu de la vie, c’est à lui.

La Fille : Cypriane Gardin. Il faut avoir un enfant, et elle a deux atouts importants : 1) un rôle dans HPI, et 2) aucune relation avec Blanche Gardin, dont l’humour m’échappe souvent. Ça suffit.

M. Descarottes : N’importe quel cobaye de bonne couleur peut le jouer sur l’écran, mais il faut absolument qu’il soit doublé par Laurent Gerra. En partie parce qu’il avait choisi M. Gerra comme porte-parole, mais aussi parce qu’il va probablement m’imiter en racontant des histoires gênantes en voix off, alors la voix doit être quelqu’un de connu pour imiter.

Laurent Ruquier : Lui-même, dans un camée où je hurle à la radio dans ma voiture. Faites-moi confiance, la bonne scène est dans le livre.

Bernard : Il va y avoir une scène très importante où il tape sur l’ordinateur pour me présenter le nougat de Montélimar en disant directement à la caméra : « Il est peu probable que ça ait des conséquences, mais on sait jamais. » Ça doit donc être quelqu’un qui est grosso modo le Leslie Nielsen français. Malheureusement, le choix idéal, Michel Galabru, n’est plus disponible. Cependant, Pierfrancesco Favino, qui a joué l’abbé Faria dans la version 2024 du Comte de Monte-Cristo, pourrait faire du bon travail ici.

La maîtresse de Flanel, le Chat voyageur : Je vais piller Les Combattantes. Sandrine Bonnaire a joué la mère de l’actrice de notre prochain personnage dans cette série-là, et a fait un super boulot. Cette scène se déroule à Lisieux.

Light&Smell : On n’a qu’un dessin pour celle-ci, mais avec la bonne paire de lunettes, Sofia Essaïdi, qui était magnifique dans Les Combattantes, ressemble assez audit dessin. Il y a un montage dans le film où elle lit ma critique du Second Degré n’est qu’une température, et tout à coup, le nombre d’abonnés quadruple. C’est rien que la vérité.

Jours d’humeur : Pierre Niney, bien sûr. Il nous rassure souvent qu’il a le bon corps pour ça, après tout.

Mon ami dans la Somme : Si le livre est publié, vous aurez enfin son prénom, mais pas pour l’instant. Mais je vous rassure, aussi avec la bonne paire de lunettes, Bastien Bouillon peut le faire. Il a déjà joué pratiquement ça dans Monsieur Aznavour, dans la peau de Pierre Roche. Faut juste changer les lunettes un peu.

Mon amie rouennaise : Même histoire quant au prénom. Cependant, le choix m’est évident : Audrey Lamy, là pour jouer presque exactement son rôle dans Tout ce qui brille. Je n’étais pas fan du tout du film, mais son personnage était très maligne, avait du bon sens, et n’a jamais été pris par surprise, même dans des situations farfelues. Ce sont exactement ses qualités.

Mon amie Pascale : Le choix logique est Mimie Mathy. Grosso modo de la même taille, mais heureusement aussi à cause d’avoir une forte personnalité.

Les hôtesses des soirées de jeux de l’OCA : Il n’y aura jamais de film sur ce blog sans Audrey Fleurot (et probablement pas avec, mais laissez tomber). J’en ai besoin de trois, et il nous reste trois Combattantes, entre Mme F, Julie de Bona et Camille Lou. Voilà.

Il Est Quelle Heure : Il faut avoir une actrice sourde dans le rôle, et il me semble qu’Emmanuelle Laborit joue le même rôle que Marlee Matlin aux États-Unis — la même personne choisie à chaque fois. Alors, bonjour Sophie Vouzelaud.

J’ai conçu cette question comme « tag » pour les blogueurs, alors, si vous l’êtes, à vous de jouer !

Ni l’un ni l’autre

Je suis abonné aux courriels d’une boutique près de San Francisco, Frenchery. Aujourd’hui, elle m’a envoyé une pub pour une boisson fabriquée dans les Bouches-du-Rhône. Ça vient du Château La Coste, un domaine plutôt haut de gamme, avec des restos par des chefs étoilés. La boisson s’appelle « Nooh« , pour « No » (anglais pour non) et « OH », la formule chimique pour l’alcool (un atome d’oxygène et un d’hydrogène). C’est un « vin sans alcool », ou comme ce genre de truc s’appelle aux maternelles, du jus de raisin.

En fait, selon ooh eux, c’est du vrai vin car « L’alcool, contenu dans le vin est extrait par distillation sous vide, c’est-à-dire une évaporation à 35-40°C maximum, afin de ne pas altérer le vin et en préserver certains arômes. » Bizarre, j’aurais juré que l’on faisait de la distillation afin de concentrer l’alcool, pas l’extraire ! Mais qu’est-ce que je sais, je ne suis pas marchand de vin ! Ce que je sais, c’est que je n’en ai pas envie, que ce soit du jus soit du vin.

J’évoque ce vin douteux pour une raison qui n’a, en fait, rien à voir avec la boisson elle-même. Hier, je me suis trouvé chez Apple pour la deuxième fois cette année à cause d’une prise USB-C qui se débranche encore et encore. On penserait que je serais donc tenté à jeter un œil chez Samsung, car j’en ai ras-l’Apple. Mais en fait, des manchots joueront au hockey sur le marais glacé de Cocyte avant je n’achète un produit de Samsung. J’explique.

iPhone avec un écran fissuré, Photo par Creative Tools, CC BY 2.0

En 2013, j’ai eu un entretien d’embauche chez Samsung, pour un poste de chercheur en logiciels pour leurs télévisions. Il y avait deux parties de cet entretien : 1) je devais préparer un exposé sur ma vision de l’avenir des télés, et 2) je devais répondre à certaines questions techniques afin de tester mes compétences de programmeur.

Je vous dirai franchement que je ne me serais pas embauché non plus à cause de cette deuxième partie. J’étais trop spécialisé dans des logiciels autres que ce qu’ils faisaient. Si c’était toute l’histoire, on n’en parlerait pas. Mais le gérant là-bas m’a dénoncé au recruteur comme le plus grand con qu’il avait jamais rencontré à cause de mon exposé, et c’est ça notre histoire. Car j’avais, j’ai, et j’aurai raison à jamais sur ce sujet, et il m’énerve qu’il m’a pris pour un idiot.

Le recruteur m’avait dit que ce qu’ils voulaient vraiment entendre, c’était comment réussir en concurrence contre Apple. J’ai préparé un exposé avec une thèse qui leur semblait folle ; pourtant, 12 ans plus tard, je reste 100 % correct. Qu’est-ce que Samsung produit dans le domaine de téléviseurs ? Toute la gamme de tailles, de 69 cm jusqu’à 190 cm. Et j’ai eu une nouvelle surprenante.

Je leur ai dit qu’Apple n’allait jamais les concurrencer avec un écran plus grand que 76 cm (30 pouces ; nous ne parlions de cm). Pourquoi ? Pour une chose, j’avais fait mes devoirs : pendant les 37 ans de l’entreprise, ce n’était jamais arrivé. Mais j’avais une autre raison.

Je ne sais pas comment cette société mène ses affaires en Europe, mais aux États-Unis, ses magasins sont tous situés dans des centres commerciaux plutôt haut de gamme. Il n’y a pas de telle chose comme un quai de chargement pour le clientèle chez eux. Alors, sans changements majeurs, il leur serait simplement impossible de vendre des téléviseurs plus grands.

Quand le recruteur m’a lu la note du gérant chez Samsung, il m’a dit que selon eux, le segment de marché qui connaissait la croissance la plus rapide était les télés de 55 pouces (140 cm). Si j’étais trop paresseux pour le savoir, c’était insultant pour moi de leur avoir fait perdre du temps.

12 ans plus tard, il reste le cas qu’Apple n’a jamais sorti d’écran avec plus grand que 76 cm. Ce n’était pas sorcier, c’était une simple question de logistique. Mais le recruteur m’a viré comme client pour ça, et c’est pourquoi il n’y a pas de produits de Samsung chez moi.

Ça dit, j’en ai marre de l’idée que je paye maintenant 120 $ par année juste afin que l’on nettoie cette saloperie de prise. Mais tout comme Nooh, que je n’en veux ni en vin ni en jus de fruit, je n’ai envie de ni l’un ou ni l’autre en ce moment.