Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Saison 3, Épisode 31 — Le tapis volant de Mehmet

Il nous reste deux départements, et les préparations pour la Grande Fête du Tour commencent à prendre forme. Ça fait des années où j’ai une idée de certaines choses dont je veux vous parler à la fin du Tour. Maintenant, j’ai une liste avec chacun des gros-titres du mois de novembre, et du travail à faire. Il y a des choses où j’aurais dû garder de meilleures archives pendant les 4 dernières années.

Il y a une question, pas à dire polémique, dans mon groupe d’utilisateurs de Duolingo. L’expression « n’est-ce pas », est-elle toujours courante, ou est-elle tombée en désuétude ? Étant le seul membre avec des sources, je leur ai fait une promesse de vous le demander à tous.

Autre demande d’aide : je suis en train de préparer le bulletin de l’OCA pour novembre et décembre. Si on a une bonne recette de bredeles, je suis preneur.

J’aimerais évoquer une idée qui reste dans la tête depuis des mois. Vous savez que j’ai une faiblesse pour envoyer des cartes postales en France. Naturellement, je fais ça juste à cause d’être égoïste, afin de me faire connu. Mais il me semble qu’il serait super d’avoir un moyen un peu plus rationnel pour trouver les demandes pour ces choses. Quand on voit les demandes sur Facebook, on ne sait pas toujours si elles sont récentes, authentiques, etc. Et du côté des destinataires, il me semble qu’il serait super d’avoir un moyen plus sûr que « jeter une bouteille dans la mer » pour ces activités. Vous voyez où je vais ? On en parlera plus, plus tard. Mais je vous dirai maintenant que je chercherai des partenaires pour cette activité.

Vous souvenez-vous de la polémique chez WordPress ? Avec cette nouvelle, l’entreprise Automattic a mis le feu à mon avis sur eux. On peut toujours copier les logiciels « open source » de cette façon, mais dire que WP Engine n’a rien fait pour contribuer, puis voler leur code, c’est de la piraterie. Puisque l’article est plein de jargon informatique, disons que c’est comme si j’avais construit une maison, puis M. Descarottes a changé les serrures et a annoncé « Voilà, c’est désormais chez moi ». ([Il n’y en avait pas besoin, bien compris. — M. Descarottes])

J’ai fait un petit don à la cagnotte d’une connaissance, Andréa Bonin, qui essaie de s’établir en tant que pâtissière à son compte. Elle vient d’atteindre son premier objectif pour financer son laboratoire. Si vous habitez près de Moras-en-Valloire en Drôme, faites-lui une commande (le premier lien est son Insta). Elle est impressionnante.

Il m’a fallu des mois, mais j’ai enfin mis à jour la page des Blagues de la Semaine. Elle est tout à coup l’objet de pas mal de recherches d’internautes, tout comme mon article sur la règle de 6-6-6. En fait, à moins que quelque chose ne change vite, la fin du bilan de l’année sera très différent des 3 derniers. (C’est un peu un soulagement si vous avez lu les bilans précédents.)

Notre blague traite de l’intelligence émotionnelle. Les Bonnes Nouvelles traitent d’un homme qui a gagné à nouveau sa vision. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Mehmet, La Poste et Serveur.

Sur le blog, il y a aussi Remplacé, une petite anecdote sur la vie de mon immeuble, La malediction de Mehmet, l’histoire du tapis turc qui m’a maudit, Mon dîner guyanais, le bami et son fricassé de poulet, et Les dizé milé, des beignets façon guyanaise.

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Les dizé milé

On finit notre séjour dans l’Outre-mer des Caraïbes et l’Amérique du Sud avec une sorte de beignet — mais un beignet bien des tropiques ! Ce sont les dizé milé, faits avec des techniques que vous reconnaîtrez, mais aux parfums tous différents de l’Hexagone !

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J’aime beaucoup cette recette, autant pour la facilité de gérer cette pâte par rapport aux autres que j’ai faits que pour son goût. Mais comment sont-ils ? Super ! Allons les préparer !

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Ici et là

J’ai eu un jour, comme on dit en anglais, alors pas de temps pour préparer mon dessert guyanais. Je vous rassure, vous l’aurez demain, et oui, je le connais. Mais plutôt qu’un billet bien planifié, juste quelques petites nouvelles :

J’étais déçu hier soir par les éliminatoires de baseball ici. Je ne regarde plus rien, ayant annulé mon abonnement à la télé américaine (malheureusement, assez d’autres dépenses pour ne pas avoir économisé plus cette année), mais la seule équipe que je continue de suivre dans l’espoir que tout ira bien, c’est les Padres de San Diego. Ils sont rarement bons, mais cette année, ils avaient enfin un vrai espoir d’aller à la Série mondiale. Cet espoir est mort à cause de l’équipe de Los Angeles, les Dodgers, qui ont dépensé 1 milliard en contrats cette année (pas payés en seulement 1 année). Je déteste cette ville. Félicitations aux acheteurs du championnat, je suppose.

J’ai enfin découvert la solution à la chose que je hais le plus chez mon iPhone 15 Amateur, comment désactiver l’écran. Le truc est toujours allumé depuis le jour où je l’ai acheté ; c’est censé être une fonctionnalité, mais je ne le veux pas. Quelque chose est arrivé aujourd’hui où j’ai hurlé « Mais enfin ! » dans un parking (ne vous inquiétez pas ; toutes les autres personnes là étaient hispanophones, alors ils n’ont rien compris), et je ne pouvais plus bouger jusqu’à ce que j’aie trouvé la réponse. Qu’est-ce qui est arrivé ?

Je ne suis pas abonné à aucun service de streaming. Toute la musique sur mon portable a été achetée par moi, soit sur CD soit du magasin iTunes quand il n’y a pas de disque disponible. Alors je connais ma musique. Je suis descendu de ma voiture et tout à coup, de la musique en français a commencé à jouer dans ma poche. C’était ça :

Je n’ai rien contre M. Jean-Jean ni M. Goldman, mais je n’avais rien lancé. Il s’est avéré que l’appli de RTL était toujours sur l’écran verrouillé, malgré le fait que je ferme toujours l’appli quand je suis fini. Mais Apple sait mieux que moi ce que je veux, et si je dis que je ne veux jamais de lecture automatique, c’est juste que je suis menteur. Avec un bouton toujours sur l’écran, c’est étonnant qu’il m’ait fallu 10 mois pour ça.

De toute façon, il s’avère que l’on peut désactiver cette fonctionnalité non-désirée. En français, ça s’appelle « toujours à l’écran ». Voilà :

Je suis plutôt fier de moi pour l’avoir trouvé, car je ne connaissais pas le bon nom en français (mon portable reste en anglais ; c’est juste les applis des réseaux sociaux et WordPress en français — s’il y a une urgence, je ne veux que personne ne puisse accéder au portable). Je suis ravi que ce truc soit parti !

J’étais utilisateur des BlackBerry avant le premier iPhone. Cette entreprise pensait que ce serait super pour les appareils d’avoir la possibilité d’appeler 911 (pensez à 112) même quand verrouillé. J’ai eu un appel furieux de la police à Los Angeles une fois ; c’est pour ça que je ne veux rien faire avec un portable verrouillé !

Au fait, le français a commencé à vraiment gâcher mon anglais. Hier, j’ai dit à quelqu’un « I have the habit of… », ce qui est du mauvais anglais — mais c’est littéralement « j’ai l’habitude ». On dirait plutôt « I’m used to » ou « Habitually, I ». Oups. Mais « désolé, pas désolé », comme on dit en anglais.

Quelque chose de cool m’est arrivé sur Instagram. Une pâtissière japonaise a commencé à me suivre. Ses posts sont tous comme ça :

Je ne peux pas lire tout ça sans un dictionnaire et beaucoup de patience — il y a au moins 100 kanji que je ne connais pas dans le post ! Mais j’essaye toujours d’être accueillant, alors on a eu l’échange suivant :

Je pouvais au moins écrire « sugoi », ce qui veut dire « super », et elle a répondu avec « arigatou », merci. J’imagine qu’elle a reconnu que c’était grosso modo la limite pour moi.

Et c’est grosso modo assez pour moi. On se reverra demain avec mon dessert guyanais !

Mon dîner guyanais

J’ai eu un peu de mal à choisir quoi faire pour ce dîner. En Guyane, beaucoup des plats les plus intéressants ont besoin d’ingrédients indisponibles chez moi — l’awara, le sorossi, etc. Puis j’ai découvert qu’en Guyane, on mange certains plats d’origine indonésienne, tirés des immigrés dans leur voisin, le Suriname. Alors, voici le bami et son poulet fricassé :

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Est-ce que ça vous semble facile ? HOHOHO, vous êtes chez Un Coup de Foudre ! Attachez vos ceintures pour une aventure !

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La malediction de Mehmet

Mon dîner guyanais est une chose qui doit commencer « la veille » pour être prêt, alors il faut attendre le lendemain pour cela. À sa place, vu qui vient de me contacter, je vais vous raconter l’histoire de Mehmet.

En 2008, mon ex et moi, toujours mariés à l’époque, sommes partis pour des vacances en Grèce et en Turquie. La Turquie, je la recommande mais peut-être pas maintenant vu le comportement de M. Erdogan. La Grèce… disons que l’un des plus grands plaisirs de ma vie était la découverte qu’en français, « aller se faire voir chez les Grecs » est une insulte. L’un des deux pires patrons de ma vie venait de Grèce, après tout.

Peut-être que vous savez que les turcs sont réputés pour la qualité de leurs tapis. Nous en avons acheté trois, ainsi qu’un petit utilisé pour les chevets. Ce dernier était un cadeau pour ma grand-mère ; après sa mort, je l’ai reprise en souvenir d’elle. Quelqu’une a tous les autres tapis. Ça me convient ; je n’ai rien gardé de cette époque.

Petit tapis pour chevets

Je serais menteur si je vous disais que je me souvenais bien des vendeurs de ce voyage. Mais à partir de 2014, j’ai commencé à recevoir des SMS. J’ai écrit sur la première sur Facebook (prénoms de l’ex et La Fille supprimés) :

Ça dit en partie :

Je viens de recevoir l’appel le plus inattendu de tous les temps. En 2008, mon ex et moi avons fait une croisière en Grèce et en Turquie…Pendant le voyage, nous avons acheté des tapis de plusieurs magasins à Istanbul (à Athènes aussi, mais la version grecque est une copie inférieure).

Qu’est-ce qui disait le SMS ? « Bonjour Justin, je suis Mehmet le vendeur de tapis. Tu en avais acheté un dans mon magasin en Turquie. Je suis dans ta région et aimerais te rendre visite avec notre collection. » Certains détails ont changé depuis ce temps-là. Pour une chose, il ne s’appelle Mehmet à chaque fois. En 2020, il s’appelait Gurkan :

Des mois plus tard, il s’appelait Metin :

Début 2022, il était Mehmet :

Plus tard cette même année, il est devenu Can (peut-être la version courte de Gurkan ?) :

Il m’a contacté 8 fois en 2023, parfois en écrivant son nom comme « Memet », parfois comme « Mehmet ». Hier, j’ai reçu un SMS en tant que ce dernier :

« Bloque-le ! » me disent tous les américains qui en entendent parler. Mais c’est presqu’impossible car il n’utilise jamais deux fois le même numéro téléphonique — pas stupide, celui-ci ! Pour être juste, il envoie aussi des photos de tapis, et elles font envie :

Il ne me dérangerait pas de décorer mon appartement de cette façon. Mais le mec n’aura jamais un centime de ma part ! Pourquoi ?

Parce qu’à chaque fois où il m’écrit, la première chose qu’il fait est de me rappeler que j’y ai fait des achats avec quelqu’une qui me déteste et elle en a tous sauf un ! Je considère ça une partie de ma condamnation, mais à moins que je change de numéro, ces appels et SMS continueront.

Les aventures postales

Je vous ai mentionné que j’allais envoyer un autre colis en France cette semaine. Je ne m’attendais pas à autant de problèmes. Comme le fondant, c’est une chose où le nombre de répétitions n’a rien à voir avec ma confiance en mes compétences (zéro). Mais ce que vous ne saviez pas, c’est que c’était la suite d’une autre aventure de cartes postales.

Fin septembre, une amie a partagé avec moi cet appel pour des cartes postales :

Source sur Facebook

Vu que l’École Arzmael se trouve en Bretagne, je pensais gravement à leur écrire, « J’ai vu votre appel sur les rézosocios. Non, mais sérieusement. » Vous devriez savoir pourquoi.

Mais étant moi, je me suis dit « Awww, des petits. Je dois faire quelque chose de spécial pour eux ! » Vu que j’ai dû conduire à San Diego, j’ai décidé de passer par Legoland California pour leur acheter une carte.

Sauf que. (Pour continuer notre thème breton.)

Sauf que ça fait une décennie depuis la dernière fois où je suis allé à Legoland, et je ne savais pas que l’hôtel est de nos jours entouré par le même parking payant que le reste du parc. Je suis prêt à beaucoup, mais payer 25 $ juste pour acheter une carte postale ne se compte pas parmi mes bêtises.

Mais une fois dans la région, je me suis dit, « Allez, vous pouvez au moins déjeuner chez Milton’s. » C’est un deli façon new-yorkaise — vous diriez plutôt « restaurant-traiteur » selon mon dictionnaire. Ce genre de resto me manque cruellement dans mon comté tout asiatique-hispanique. (Nous avions Jerry’s Famous Deli. Tout ce que j’ai dit avant s’applique.) Je ne peux trouver un sandwich comme celui-ci nulle part chez moi, du rosbif et du pain de seigle new-yorkais (on dit « rye bread ») :

En rentrant de San Diego, je me suis dit, « Ben, vous allez passer par l’ancienne mission des espagnoles, ça marcherait aussi. » C’était déjà 18h quand j’y suis arrivé, et la mission était déjà fermée. Mais j’espérais qu’il y aurait des boutiques toujours ouvertes dans le quartier. NON. Tout ce qui était ouvert, c’était un resto à côté du chemin de fer.

Déçu, j’ai trouvé une carte postale dans une pharmacie le lendemain. C’est écrit avec mon sens de l’humour typique. Je vous rappelle que je ne connais aucun « Dingo ». Il s’appelle Goofy en VO. Ceux qui ont de bonnes mémoires se souviendront du fait que j’ai joué ce tour au passé.

Mais cette carte, en fait ça fait déjà 10 jours depuis que je l’ai envoyée. Le casse-tête du jour, c’était le colis avec ce cadeau pour mon amie — la même qui m’avait demandé d’envoyer la carte !

J’ai acheté quelques bonbons mexicains pour aller avec, parce que si j’allais dépenser une somme pour envoyer un colis, il devait valoir le coup. On peut les trouver en France, mais ça coûte environ 3x ce que je paye. En revanche, après les frais de livraison et les impôts, c’est moins le cas !

Et c’est les impôts dont j’ai envie de parler. Pour la première fois, l’USPS (notre association à but jamais-lucratif pour employer les plus gros cons du pays — dit autrement, notre Poste) m’a donné des estimations précises des impôts payés par la destinataire. J’ai failli avoir une crise cardiaque.

Puisque vous ne pouvez pas voir les valeurs déclarées, je vous dirai que j’avais dit 5 $ pour les 2 boîtes de bonbons « De la Rosa » (j’ai payé 5,20 $, mais on ne peut pas utiliser les centimes dans le formulaire), 2 $ pour les sucettes « Coronado », et 33 $ pour le crâne en plastique, ce que j’ai payé au ciné. Et pour ça, 23 $ de « frais » ainsi que 20 $ d’impôts ?!?

« Heureusement » pour mon amie, j’ai eu des problèmes avec le site de l’USPS, et ne pouvais pas imprimer le formulaire tout de suite. J’ai mentionné ça à une amie expatriée, et elle m’a dit que tous ses cadeaux renvoyés en Europe ont une valeur déclarée de 20 $. Ayant bien compris ce qu’elle voulait dire, j’ai coupé par 2 mon estimation de la valeur du crâne, et le nouveau total des frais et impôts était 10 $.

Je trouve ça dingue. On est censé avoir le droit d’envoyer 45 € de valeur en cadeau sans impôts selon les règles actuelles. 40 $ de valeur déclarée est en dessous de cette limite. L’idée qu’elle aurait payé plus d’impôts que ce que j’ai payé originalement, c’est fou.

Mais, euh, merci de ne pas cafarder sur moi aux douaniers, d’accord ?

Remplacé

D’habitude, je n’écris qu’une fois par jour, et ce post est, sans vergogne, largement pour rétablir mon horaire. Mais, je ne l’écrirais pas si quelque chose d’hilarant n’était pas arrivé !

Le nouveau robinet

Alors, la grande majorité de mécaniciens et gardiens en Californie du Sud sont des immigrés mexicains (ainsi que les cuisiniers dans les restos rapides, les jardiniers, les nettoyeurs à sec, et certains autres posts). En général, ils n’apprennent que la moindre quantité d’anglais dont ils ont besoin pour interagir avec leurs employeurs et leurs clients. D’où la polémique, mais je n’écris pas pour me lancer dans le sujet. Je le dis juste pour vous expliquer que le mec entré dans mon appartement pour réparer — enfin, remplacer — le robinet a eu trois appels téléphoniques pendant sa visite chez moi, tous en espagnol, tous sur haut-parleur.

Je ne dis jamais aux personnes qui ne le savent pas que je comprends leurs conversations dans d’autres langues. Si elles pensent que c’est la sécurité grâce à l’obscurité, elles méritent tout ce qui leur arrivent. Je ne ferai rien avec cette info, mais ce que j’ai clairement entendu pendant sa conversation avec une femme qui n’était pas évidemment une collègue, c’était (je traduis) :

Ne t’inquiète pas, l’époux n’est pas à la maison.

Époux est la traduction la plus exacte de « esposo », après tout. (Je dirais « mari » s’il avait dit « marido » — voilà, je reste en bonne forme.)

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Du vide

Langue de Molière apparaît un jour à l’avance cette semaine car les saloparesseux (j’invente les meilleurs mots) qui « travaillent » pour mon immeuble m’ont fait un appel vers 14h hier pour me dire que personne n’allait venir chez moi pour réparer le robinet. Pas de cuisine de mon côté en ce moment.

Il y a des semaines, je vous ai écrit une petite ([Pour lui — M. Descarottes]) note sur nos explorations à venir dans les départements d’Outre-mer. Je voulais finir par dire que je ferais le même niveau d’effort là qu’ailleurs. Mais je n’avais qu’une expression dans l’esprit, et pire, en anglais. C’était « to the best of my abilities ». Traduite littéralement, on dirait « au meilleur de mes compétences/capacités ». Mais dès que je l’ai écrit, je me suis dit « J’ai l’impression que c’est trop anglais. Faites plus de recherches, Justin ! »

Et la première chose que j’ai trouvée m’a dit exactement ça. Sur le site d’un logiciel, un correcteur de grammaire, j’ai trouvé les conseils suivants :

Capture d’écran de LanguageTool

Mais c’est quoi LanguageTool ? C’est un logiciel allemand développé avec des fonds de l’UE (lien en anglais même quand on choisit « français »). Alors, c’est à qui, cette plainte ? Honnêtement, je ne suis pas sûr. Après ce message d’un logiciel, presque tous les résultats de Google viennent soit du Québec soit du gouvernement canadien. Le « Juridictionnaire » du gouvernement canadien la dénonce comme « barbarisme » ! La Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue français dit qu’une autre expression, « au meilleur de ma connaissance », aussi traduite exactement d’un anglicisme, est déconseillé pour cette raison. En revanche, j’ai du mal à trouver une source hexagonale qui dit la même chose.

Il y a des fois, pas souvent, mais des fois quand même, où je jurerais que les québécois étaient prêts à dire « un est déconseillé car trop proche de l’anglais « one ». Dites plutôt « non-pluriel » ou « l’unité moins que deux ». » Je les adore, j’ai adopté pas mal de vocabulaire québécois, mais ça sent un peu obsédé.

De toute façon, j’ai fini par choisir « dans la pleine mesure de mes moyens » exactement comme l’a suggéré LanguageTool. Mais la semaine dernière, comme je fais souvent en mentionnant le prochain sujet de ce billet, j’ai écrit que celui-ci serait « dans la vide mesure de mes moyens », un calembour qui ne fonctionne pas bien à moins que vous connaissiez l’expression anglaise.

Les québécois proposent une expression pour couvrir les deux cas :

Au sens de « de mon mieux »

Pour rendre ce sens, on pourrait substituer à la locution calquée des expressions comme de mon mieux, du mieux que je peux (ou que j’ai pu).

L’expression déconseillée au meilleur de ma connaissance

Mais ça me suggère que l’on pourrait remplacer l’adjectif par son contraire, exactement comme ce que j’ai fait — « pire » pour « mieux », et « vide » pour « plein » — exactement comme nos jeux de mots avec ces expressions en anglais, ce que j’ai fait la semaine dernière. Même si ça me semblait moins qu’idéal. Sinon, les québécois ne s’en plaindraient pas autant.

Dans ce cas, j’ai encore une fois du mal à en tirer une leçon. Il me semble qu’il n’y a pas de polémique hexagonale sur cette locution. Et franchement, « du mieux que je peux » me semble aussi un peu proche du sens littéral de l’expression anglaise, juste avec un verbe (peux) à la place d’un nom (capacités). J’éviterai la traduction littérale, car on peut sentir la réaction québécoise depuis chez moi, mais cette fois, j’ai l’impression que c’est moins « barbare » que l’on aimerait me le dire.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec des accusations.

Saison 3, Épisode 30 — Coup de foudre pour la Guyane

J’ai fait une erreur horrible il y a deux jours ; j’ai publié l’article sur Les Craquantes 1 heure trop tôt, complètement par hasard. Je vous ai expliqué il y a longtemps pourquoi je publie juste après 9h du matin en France tous les jours ; il me faudra vite régler cette situation. (C’est le stress de devoir publier avant minuit que je veux éviter.)

Croyez-vous au karma ? Je ne suis ni hindou ni bouddhiste mais je le crains quand même. Hier, quelque chose est arrivée pour mettre en danger mes progrès vers la fin du Tour ce mois-ci — l’échec catastrophique du robinet de ma cuisine. J’ai évité de justesse des crocodiles une inondation. C’est ma récompense pour avoir mentionné que j’ai réussi l’horaire du Tour le mois dernier. Il me faudra des jours pour les réparations (pas par moi ; il me manque les compétences).

Au moins La Fille et moi venons de voir LE MEILLEUR FILM DE TOUS LES TEMPS. Naturellement, je parle de Transformers : le commencement. Je ne le savais pas, mais c’était le film que j’attends depuis mes 7 ans. Désolé Louis, désolé Bourvil, mais c’était PAR-FAIT. Pas d’êtres humains nulle part, enfin les 2 heures sur Cybertron auxquelles j’attendais toute ma vie ! Il sortira en France le 23 octobre.

Avant d’entrer dans la salle, j’ai vu un seau à pop-corn en forme de décoration traditionnelle pour le Jour des morts au Mexique. Je l’ai acheté pour mon amie à Rouen. Je suis extrêmement jaloux du seau. Il va passer le reste de sa vie en France. Au fait, c’était le dernier disponible !

Vous pouvez me croire ou pas, mais je fais mes excuses à chaque colis venant de France pour lui avoir fait passer ses jours en exil.

Le nouveau jeu Zelda est sorti il y a une semaine, mais je ne l’ai pas touché du tout jusqu’à la rentrée de La Fille. En fait, je ne l’ai toujours pas touché, car c’est elle qui a tenu la manette toute cette semaine. Il y avait un puzzle qui allait avec, offert par les magasins de chez Cible — désolé, Target (le logo explique tout — au fait, on prononce souvent le nom de cette chaîne avec un faux accent français). Voilà :

Elle joue à celui-ci en anglais, et franchement, je suis d’accord. Il y a plein de jeux de mots et de références qui comptent sur une connaissance de la série en anglais (par exemple, « Grumble grumble« ). Mais grâce à Julie, j’ai récemment appris que les Loftwings (une sorte d’oiseau géant) s’appellent Célestriers en français, et j’aime ce nom beaucoup mieux ! (Même en anglais, on dit « destrier » pour les chevaux des chevaliers.)

Notre blague traite de tricher. Les Bonnes Nouvelles traitent d’une crèche dans un endroit inattendu. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Pierre, Voyelle, et Iguanes.

Sur le blog, il y a aussi C’est le 1er, version octobre 2024, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Les Craquantes, l’histoire d’une photo et ses autographes, et La polémique WordPress, l’histoire de nouvelles qui vont mettre le bordel dans un mauvais état pour les utilisateurs du logiciel.

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La polémique WordPress

Je ne crois pas que j’écrive ce post, mais je viens d’apprendre des choses sur un procès lié à WordPress qui pourrait poser des problèmes au futur pour ses utilisateurs. La plupart de mes sources sont en anglais, mais il s’avère que ce procès est maintenant bien connu parmi la presse francophone (au moins la partie consacrée à la technologie).

Détail de Boxing, from the Games and Sports series (N165) for Old Judge Cigarettes – print, issued by Goodwin & Company, Photo par The Metropolitan Museum of Art, Domaine public

Le contexte, c’est qu’il y a deux entreprises qui s’appellent « WordPress », avec des domaines presqu’identiques, wordpress.org et wordpress.com. La première est une association à but non-lucratif qui gère le logiciel dit WordPress. La deuxième est une entreprise dit « Automattic », un jeu de mots sur le nom de son fondateur, un certain Matt Mullenweg, qui était aussi co-fondateur de l’association. Automattic héberge tous les sites « wordpress.com », dont celui-ci, mais n’est pas le seul hébergeur disponible. En revanche, elle a une relation unique avec l’association, ayant le seul droit d’utiliser les marques et logos de WordPress sans limites. Pourtant, le changement pour renommer son appli « Jetpack » est venu du fait que même là, l’entreprise n’est pas censée se représenter comme le seul fournisseur du logiciel.

Le problème, c’est que l’autre grand spécialiste en hébergement de sites de WordPress, une entreprise dite « WP Engine » n’a jamais rien contribué au développement du logiciel WordPress. (Plus précisément, la quantité d’effort est minuscule par rapport à celle d’Automattic.) Mais le problème avec cela, c’est que WP Engine n’est pas obligé de contribuer au développement du logiciel. C’est « open source » (lien en français) ; c’est-à-dire que le logiciel n’est pas payant en soi, et n’importe qui peut le copier et l’utiliser à nouveau.

Selon le site Développez, ainsi que The Verge et Ars Technica (deux derniers en anglais), M. Mullenweg a exigé que WP Engine commence à payer 8 % des revenus à Automattic pour le droit d’utiliser le nom WordPress ainsi que le logo. WP Engine a dit « non », alors WordPress.org — l’association à but non-lucratif — a répondu par désactiver son droit d’accéder aux serveurs de l’association pour obtenir des mises à jour. WP Engine a lancé un procès contre Automattic, et de son tour, Automattic vient de faire démissionner 8 % de ses employés, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ses décisions.

Il y a un dicton parmi les avocats anglophones, et j’imagine que les francophones ont quelque chose de similaire : « Une partie qui se représente a une folle pour cliente ». On pourrait dire que c’est un dicton intéressé, car les avocats ne gagnent pas d’argent dans ce cas. Mais il y a de bonnes raisons en plus, et numéro un — je vous dis ça en tant que fils d’un avocat ainsi que quelqu’un qui a survécu deux procès avec mon ex — c’est que quoi que l’on dise peut être utilisé devant le tribunal. Ce qui dit son avocat, pas autant. Apparemment, personne n’a dit ça à M. Mullenweg.

Il participe à un fil sur le site Hacker News (en anglais) pour discuter le procès. Là, pendant les 3 derniers jours, il mentionne tout genre de conversation qu’il a eu avec des employés de WP Engine, dont Heather Brunner, la PDG de l’entreprise, qui il a essayé d’embaucher pour WordPress.org. Ça apparaîtra dans les documents rendus au juge, je vous rassure, mais présenter son côté en public comme ça, ça mettra de l’eau aux bouches des avocats de WP Engine !

On dirait que ces affaires n’impliquent pas directement les utilisateurs de WordPress.com, moi et vous tous. Mais si vous avez aimé le niveau de service aux clients jusqu’à ce point (il le dit avec un maximum de sarcasme), ça ne va pas s’améliorer avec 8 % des employés de moins. On va payer les frais des avocats pour ceci, et les revenus pour ça chez Automattic viennent des cotisations de sites comme celui-ci (je paye 96 $/année pour le plan « Premium »). Il n’est pas difficile à imaginer comment ça affectera les frais d’Automattic à l’avenir.

Je suis plus sympathique aux plaintes d’Automattic que vous ne le pensez. Ils font la grande majorité des travaux sur le logiciel open source. J’utilise tout genre de tel logiciel dans mon quotidien, et je comprends l’investissement. Mais cette histoire de 8 % des revenus d’un utilisateur, ça n’ira nulle part dans un tribunal américain, et il m’étonne qu’ils aient choisi ce chemin au début.