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Je découvre l’Hérault

On retourne maintenant en Occitanie pour la septième fois, pour visiter le 34, l’Hérault. C’est le département le dix-huitième plus peuplé, et les habitants se nomment héraultais. C’est notre septième séjour en Occitanie, dont le quatrième des derniers cinq. Je dois vous dire — il y en a plein que je n’ai pas pu inclure, surtout la ville de Sète. (Peut-être que vous pouvez la connaître grâce à cette série documentaire sur TF1.)

On commence comme d’habitude dans la préfecture, Montpellier, à ne pas confondre avec la ville américaine de Montpelier. (Attendez, on a plein de Paris ici.) Dans le XIIe siècle, Montpellier faisait partie de la couronne d’Aragon, jusqu’en 1349, lors le roi Philippe VI de Valois l’a acheté pour la France. Puis il a vendu la ville à Charles le Mauvais, roi de Navarre. Je voulais juste mentionner ce roi-là. Avec tous les cons et incompétents de l’histoire, il faut être quelqu’un de spécial pour être dit « le Mauvais ».

En tout cas, notre premier arrêt, c’est le Vieux Montpellier (2 étoiles Michelin). On y trouve de l’architecture intéressante, dont la Place de la Comédie (2 étoiles) et l’Arc de Triomphe (1 étoile), qui célèbre des victoires de Louis XIV. (Et garanti de ne pas être emballé par un « artiste » !) On visite aussi le Musée Fabre (3 étoiles), avec une collection de plus de 7 000 œuvres, de la Renaissance à nos jours. Puis on visite l’incroyable château d’eau à la Place royale du Peyrou (2 étoiles), érigée en 1688 pour accueillir une statue du roi Louis XIV. On finit avec quelque chose de très inhabituel pour ce blog, le quartier Antigone (1 étoile), construit dans les années 70s — oui, les 1970s, pas les 1770s — dans un style néoclassique. J’adore les bâtiments de ce quartier !

Maintenant, on conduit au nord-ouest, environ 80 km, pour visiter le Cirque de Navacelles (3 étoiles), le plus large canyon d’Europe. Après avoir vu les panoramas, on descend pour voir la rivière Vis et visiter le tout petit village de Saint-Maurice-Navacelles au fond (189 personnes, 6 églises). À quelques kilomètres à l’ouest, on trouve les Gorges de la Vis (2 étoiles), avec des hautes falaises et des vallées vertes. On monte encore dans notre voiture pour conduire vers l’un des Grands Sites de France, Saint-Guilhem-Le-Désert. Moi, j’habite déjà dans un désert, et en plus, je suis d’accord avec notre personnage de la télé, Monk, qui a dit « La nature, c’est sale ». Mais ça vaut le coup, parce que l’on va visiter les Gorges de l’Hérault (2 étoiles) et la Grotte de Clamouse (3 étoiles), ce dernier célèbre pour ses cristaux appelés « aragonites » et « calcites ».

Après le paragraphe le plus inhabituel de l’histoire de ce blog, on conduit encore une fois vers le sud-ouest pour nos derniers arrêts, Colombiers et Béziers. Souvenez-vous qu’on a parlé du Canal du Midi pendant notre séjour dans l’Aude ? À Colombiers, on est là pour visiter l’Oppidum d’Ensérune (2 étoiles), les restes d’une ville gauloise. Mais ce qu’on veut voir là, c’est la vue panoramique des plaines languedociens, dont l’ancien étang de Montady (1 étoile), asséché depuis 1247 et le Canal du Midi. Pendant ce temps, on prend un bateau pour passer à travers du tunnel de Malpas, le premier tunnel navigable au monde. Puis, on arrive à Béziers, pour visiter l’ancienne cathédrale de Saint-Nazaire (1 étoile) avec un vue spectaculaire du Pont Vieux, et les Écluses de Fonséranes (1 étoile), « qui permet de rattraper une différence de niveau de 21,50 m » selon le Guide Michelin.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Hérault ? Il y a l’écrivain Paul Valéry, le chanteur Georges Brassens, le résistant Jean Moulin, mon troisième moins préféré philosophe français Auguste Comte (après Messrs. Derrida et Foucault), la femme la plus controversée parmi les fans de Johnny Hallyday, Laeticia Boudou, et pendant que Johnny Depp et Vanessa Paradis étaient en couple, ils vivaient à Saint-Gely.

Finalement, quoi manger dans l’Hérault ? Tous genres de coquillages, les tielles, des petites tourtes remplies de poulpe et de sauce tomate, les petits pâtés, une spécialité de charcuterie qui est venue de l’Inde en 1768, et la macaronade, des macaronis à la viande de bœuf. En dessert, il y a l’escalette, une galette mince, et le frescati, un gâteau aux plusieurs saveurs en même temps dont raisins confits, rhum, et café. Il y a plusieurs genres de vin AOC dans l’Hérault, mais le seul disponible chez moi est le Minervois, un vin de dessert, genre Muscat.

Les cannelés

Pour terminer notre séjour en Gironde, on goûtera un dessert local qui est devenu un classique de la pâtisserie française, les cannelés. Au fait, je vous ai menti encore une fois, parce que j’ai acheté un moule de plus. J’ai vraiment besoin de quelqu’un à la maison qui peut m’empêcher de ça. En tout cas, voilà :

Je dois cette recette à Cook&Record. Son moule produit 15 petits cannelés ; le mien, 8 plus grands. La même quantité de pâte suffit également pour tous les deux. Il faut commencer cette recette la veille, parce que la pâte doit reposer 24 heures au frigo.

Les ingrédients :

  • 500 grammes de lait
  • 30 grammes de beurre
  • De la vanille — soit une gousse ou une cuillère à soupe de vanille liquide
  • 100 grammes de farine
  • 200 grammes de sucre
  • 2 pincées de sel
  • 2 œufs
  • 30 grammes de rhum

Les instructions :

  1. Dans une casserole, porter à ébullition le lait, et faire fondre le beurre. Ajouter la vanille et mélanger bien. Enlever du feu et réserver.
  1. Dans un saladier, mettre les œufs, le sel, la farine, le sucre, et le rhum. Battre tout avec un batteur plongeant ou batteur à œufs.
  1. Après avoir obtenu une pâte homogène, verser le lait dans le saladier et battre pendant quelques minutes de plus.
  1. Couvrir le saladier avec du film à contact, et laisser reposer pour 24 heures dans le frigo.
  2. Le lendemain, préchauffer le four à 250°C. Beurrer votre moule, et remplir chaque puit avec de la pâte, jusqu’au bord des cannelures. Mettre au four pour 10 minutes, puis baisser le feu jusqu’à 180°C. Faire cuire pendant 1h15 de plus, puis sortir le moule du four et laisser refroidir dans la moule. Démouler pour les servir, et vous êtes fini.

Mon dîner girondin

Il n’y avait vraiment pas de choix pour le plat principal ce soir. Si vous connaissez même un peu la cuisine bordelaise et vous me connaissez, vous savez déjà qu’il fallait toujours être une entrecôte bordelaise, avec un plat d’accompagnement très particulier. Dis-nous, Louis, c’est quoi le plat ?

Avec du Coca-Cola ? Hohoho, non ! Mais pas non plus with Beaujolais Nouveau — c’est du mauvais endroit (et je ne suis pas non plus grand fan). J’ai choisi un très bon Saint-Émilion du Château de Ferrand :

C’était comment le vin ? Very very good, marvelous, wonderful — et pas trop nouveau ! (Vous pouvez voir que cette scène m’a profondément bouleversé. Et sérieusement, je recommande le vin.)

Pour la recette de l’entrecôte, j’ai suivi celle-ci de L’Atelier des Chefs sauf pour la viande elle-même. Pour la viande, j’ai suivi les conseils d’un célèbre chef américain, Alton Brown, qui est aussi connu comme scientifique. C’est la première fois où j’ai cuisiné un steak dans une poêle, alors je voulais être sûr. La salade c’est pas grande-chose, mais c’est quand même à moi.

Les ingrédients pour « salad of tomatoes », 1-2 personnes :

  • 1 concombre
  • 1/2 tomate par personne
  • De l’huile d’olive

Les instructions pour « salad of tomatoes » :

  1. Rincer vos légumes.
  1. Si vous n’avez pas de mandoline, couper les légumes en fines lamelles avec un couteau. Mais s’il y a une mandoline dans votre cuisine, on va en profiter. Couper plutôt un petit bout du concombre pour faire un bord plat.
  1. Avec la lame ondulée, couper de fines lamelles. Après chaque coupe, tourner le concombre à 90° pour faire la coupe gaufrée.
  1. . Couper la tomate en fines lamelles.
  1. Réserver les légumes au frigo pour le montage.

Les ingrédients pour l’entrecôte bordelaise, 1-2 personnes :

  • 1 entrecôte de 400-500 grammes
  • 1 échalote
  • 1 cube de bouillon de viande
  • 4 grammes ou 1 cuillère à soupe de farine de blé
  • 13 cl de vin rouge
  • Du poivre
  • Du gros sel
  • De l’huile d’olive

Les instructions pour l’entrecôte bordelaise :

  1. Éplucher et ciseler finement les échalotes.
  1. Mettre une poêle assez grande pour vos steaks dans le four. Préchauffer le four à 260°C. Dès que le four finit de préchauffer, sortir la poêle du four, et la mettre sur la cuisinière à feu vif pour 5 minutes.
  2. Rincer et sécher votre viande. Badigeonner les côtés avec de l’huile d’olive, puis saupoudrer avec du gros sel et un moulin à poivre. Sans ajouter plus d’huile à la poêle, mettre la viande dans la poêle pour 30 secondes. Retourner avec des pinces, et faire cuire l’autre côté pour 30 secondes de plus.
  1. Dès que la deuxième côté est cuite, mettre la poêle encore une fois dans le four pour 2 minutes. Ouvrir le four, retourner avec des pinces et faire cuire pour 2 minutes de plus. Ça devrait faire de la viande mi-saignant. Retirer la viande sur une assiette et couvrir avec du papier aluminium pendant qu’on faire la sauce. Je ne pouvais pas utiliser l’appareil photo pendant cette étape, mais voici une photo après la cuisson.
  1. Dans la même poêle, faire suer les échalotes. Saupoudrer de farine, bien remuer puis ajouter le vin rouge, le cube de bouillon de viande avec 30 cl d’eau, et le poivre. (J’ai mélangé les ingrédients liquides, dont mon bouillon en gelée, dans une tasse.) Laisser réduire d’au moins 1/3. La sauce réduira vite, alors la retirer dans un bol.

Montage :

  1. Arranger vos légumes sur une assiette. Arroser les légumes avec de l’huile d’olive. Mettre la viande sur l’assiette, et arroser avec la sauce bordelaise. Servir tout de suite !

Voici l’intérieur de ma viande. C’moins cuit que Chef Brown a promis. On peut vérifier la viande après l’avoir sorti du four, et revenir si vous avez envie d’un steak plus cuit.

Je découvre la Gironde

Si je vous dis qu’il n’y a que trois noms départementaux connus aux États-Unis, vous devineriez lesquels ? Paris, bien sûr, mais les autres ? Je vous dis qu’au moins pour ceux qui ont plus de trente ans, ce sont la Gironde et la Vendée. Pourquoi ? Parce que l’on avait la responsabilité de prendre un cours d’histoire européenne au lycée, où la Révolution faisait une grande partie. (Ne m’invite pas à m’exprimer sur les jeunes.) Donc, quand je vous dis que je m’attends ce post depuis longtemps, c’est rien que la vérité.

La Gironde, le 33, est le département le septième plus peuplé, et les habitants se nomment girondins, peut-être le seul gentilé départemental connu aux États-Unis (relisez en haut). C’est notre sixième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

On commence avec la seule ville en France selon nos marchands de vin la préfecture, Bordeaux. Et le meilleur endroit pour commencer, c’est le Vieux Bordeaux (3 étoiles Michelin). On y trouve la Place de la Bourse (3 étoiles) avec son célèbre miroir d’eau (1 étoile) et fontaine des Trois Grâces. À côté de la Place, on trouve le Musée national des Douanes (0 étoiles), mais aussi le Grand Théâtre de Bordeaux (2 étoiles), la maison de leur opéra, un bâtiment des années 1770s. En face de la Garonne, il y a aussi la Porte Cailhau (1 étoile), un arc de triomphe de 1495. On finit notre séjour dans le Vieux Bordeaux avec la Cathédrale Saint-André (2 étoiles), érigée entre les XIe et XVe siècles.

Il n’y a vraiment pas de monuments aux Girondins comme je les connais, les révolutionnaires fédéralistes. (Vous pensiez que je parlais de leur équipe de foot ?) Au moins je ne les ai pas trouvés. Alors, on continue avec LE truc bordelais, la Cité du vin (2 étoiles). Après tout, qui dit Bordeaux dit forcément vin. On y trouve des expositions sur l’histoire de Bordeaux, les terroirs, l’élaboration du vin, et quelque chose dont j’ai vraiment pas envie, « le vin de l’amour ». (Ma fille a fait des bruits d’embrasser quand je lui ai mentionné ce truc.) Après, on continue au sud de la Gironde pour visiter le château de La Brède-Montesquieu (1 étoile), la maison du célèbre philosophe qui a beaucoup inspiré la Révolution américaine avec « De l’esprit des lois ». Selon sa théorie des climats, « certains climats sont supérieurs à d’autres, le climat tempéré de France étant l’idéal ».

Maintenant, on est dans la campagne. C’est le temps pour visiter les vignobles ! On commence avec l’un des plus prestigieux vignobles du monde, Saint-Émilion (3 étoiles). Le Guide Michelin ne mentionne qu’un château particulier, Château de Ferrand (0 étoiles), mais si je dois voler 15 000 km pour visiter, on ne rate pas du tout Château Figeac. La visite coûte 50 €. JE PAYE SANS QUESTION. Je n’achèterai même pas un « Petit-Figeac » pour notre dîner girondin, parce que je gaspillerais la moitié de la bouteille, un crime. Ensuite, on conduit à Pauillac. où les vignobles du Haut-Médoc (2 étoiles) nous attendent. Ici, on trouve les Châteaux Rothschild — une visite chez Mouton Rothschild coûte 65 €. On paye encore. Le Château Margaux y est aussi, et on peut prendre un rendez-vous pour un tour, mais pas de verre de vin chez eux. En « dessert », on visite la région de l’appellation Sauternes pour visiter le Château d’Yquem — les visites coûtent entre 84-300 €. À Sauternes, il y a aussi d’autres châteaux intéressants, le Château de Roquetaillade (2 étoiles), qui date de 1306, et le Château de Cazeneuve (2 étoiles), anciennement à Henri IV et Marguerite de Valois.

Qui sont les personnages connus de la Gironde ? D’abord le philosophe Montesquieu, mais aussi beaucoup de révolutionnaires comme Élie Guadet et Jean-François Ducos. Parmi les plus célèbres français aux États-Unis en 1999, l’héros de la Bataille de McDo, José Bové y est né, ainsi que le mercenaire Bob Denard. (Je ne plaisante pas, j’ai entendu parler de tous les deux !) Des plus grands crédits du département sont le théologien Jacques Ellul, la chanteuse Marie Laforêt, et le réalisateur Édouard Molinaro, auquel je dois deux de mes premiers cinq films de Louis de Funès, Oscar et Hibernatus.

Quoi manger en Gironde ? Il n’y a pas de question que leur plus célèbre plat est l’entrecôte à la bordelaise (et que l’on manque complètement de steaks dans notre collection de recettes…). Mais aussi la lamproie, dont j’ai pas envie. J’étais surpris à découvrir : il y a 57 appellations de vin, mais rien d’autre produits vraiment locaux. En dessert, ils mangent de la tourtière, la même chose que le pastis gascon, notre dessert gersois, et le fameux cannelé est lié à Bordeaux. Il y a aussi un genre de macaron, de Saint-Émilion, qui n’a pas trop à voir avec les macarons parisiens.

Le pastis gascon

Pour notre dessert gersois, on a quelque chose de traditionnel, un peu comme la croustade de Couserans, mais plus facile. Voilà, le pastis gascon, connu aussi sous le nom de tourtière :

C’est un dessert à base de pâte filo, rempli de pommes à l’Armagnac. Mais Keldelice nous dit :

Chez soi, pour éviter de se lancer dans la délicate opération de l’étirage, il est possible (au risque de faire hurler les « puristes ») d’utiliser de la pâte filo toute prête, voire, des feuilles de brick !

Keldelice

Toutes les recettes que j’ai trouvé utilisent soit de la pâte filo soit de la brick. Puisque le brick est tout inconnu dans nos marchés aux États-Unis, j’ai décidé d’utiliser de la pâte filo. J’ai mélangé deux recettes pour le mien — l’une aux pommes dit « 6 belles pommes », mais 4 suffisaient. C’était environ 1 kg. Mes références sont le pastis gascon du Journal des Femmes et la tourtière aux pruneaux de Cuisine AZ.

Les ingrédients :

  • 1 rouleau de pâte filo
  • 1 kg de pommes
  • 100 grammes de sucre pour macérer les pommes
  • 5-10 cuillères à soupe de sucre pour sucrer la pâte
  • 100 grammes de beurre fondu
  • 20 cl d’Armagnac

Les instructions :

  1. Peler les pommes. Les couper en fines lamelles. — J’ai utilisé ma mandoline.
  1. Les faire macérer dans l’armagnac avec 100 g de sucre pendant 1 heure. Mélanger de temps en temps. — Même 200 cl n’est pas assez pour couvrir cette quantité de pommes, mais on ne veut pas gaspiller l’Armagnac. À la fin de l’heure, égoutter les pommes et réserver l’Armagnac.
  1. Préchauffer le four à 200°C (thermostat 6-7). Beurrer votre moule à tarte. Mettre une feuille de filo sur la moule et la badigeonner avec de beurre fondu ; saupoudrer chaque feuille avec 1 cuillère à soupe de sucre. Arroser avec un peu de l’Armagnac d’avant. Répéter avec une deuxième feuille de filo. Pour être un peu mieux pour la santé, j’ai mis du sucre seulement sur une feuille de filo sur deux.
  1. Couvrir les pommes avec deux feuilles de filo comme avant, avec le beurre et le sucre. Répéter plusieurs fois, à l’hauteur de votre moule. Replier les bords sur les pommes.
  1. Chiffonner deux feuilles de pâte de plus, et les placer sur la tarte. N’oubliez pas de les beurrer, sucrer et arroser comme les autres.
  1. Enfourner 10 minutes à 200°C, puis 20-30 minutes à 180°C (thermostat 6). 20 minutes était assez pour le mien. Vérifier avec la lumière du four.
  1. Laisser refroidir, puis démouler.

Mon dîner gersois

Je sais depuis longtemps que ce jour arriverait. Presque tous les départements du Sud ont leur propre sorte de cassoulet, alors il faudrait que j’en fasse un finalement. Alors pour ce soir, je vous présente mon dîner gersois, le cassoulet.

Pourquoi avais-je peur de faire ce plat ? Ce dîner est le plus cher du blog, encore plus que mon dîner calvadosien (une meilleure valeur). On a besoin de 5 sortes de viande pour le vrai cassoulet authentique de Castelnaudary, et les autres ne sont pas trop différentes. Voilà la facture :

  • 1 cuisse de confit de canard — 15 $
  • 4 petites saucisses — 9 $
  • Du lard — 9 $
  • Des haricots tarbais vrais — 20 $
  • D’autres légumes — 3 $

Et j’ai coupé la quantité de viandes ! C’est un plat pour une plus grande famille, pas pour une personne. Oui, j’aurai plusieurs repas, mais j’ai encore un tas d’haricots, et ce plat coûte trop cher pour refaire.

En tout cas, voici nos ingrédients authentiques du soir. Je dois les haricots à myPanier, et le confit de canard à Moulin.

Cette recette est plus ou moins celle-ci pour le cassoulet de Castelnaudary. Je ne mentionnerai pas les ingrédients que j’ai complètement coupé, mais vous pouvez les y trouver.

Les ingrédients :

  • 200 grammes de haricots tarbais
  • 1 cuisses de canard confite
  • 4 saucisses façon « Toulouse »
  • 200 grammes de lard
  • 1 gros os de bœuf
  • 1 oignon
  • Une poignée de petites carottes
  • Des clous de girofle (facultatif)

Les instructions :

  1. La veille, faire tremper les haricots une nuit dans l’eau froide.
  1. Le lendemain, vider cette eau, mettre les haricots dans une casserole avec trois litres d’eau froide et porter à ébullition pendant 5 minutes. Eteindre le feu, vider l’eau et réserver les haricots.
  1. Procéder à la préparation du bouillon avec à nouveau 3 litres d’eau, le lard coupé en larges lanières, le gros os de boeuf et, selon votre goût, un peu d’oignons (plantés de clous de girofles) et de carottes. Saler et poivrer (généreusement)
  1. Cuire ce bouillon pendant au moins une heure puis filtrer le bouillon et récupérer le lard.
  1. Dans ce bouillon filtré mettre les haricots à cuire jusqu’à ce que ceux ci soient souples mais restent bien entiers. Pour cela il faut environ une heure d’ébullition
  1. Dans une grande poêle sauteuse faire dégraisser les morceaux de confit à feu doux puis les réserver.
  1. Dans la graisse restante faire rissoler les saucisses, puis les réserver.
  1. Faire rissoler le reste du lard qui doit être bien doré et les réserver avec les autres viandes
  1. Egoutter les haricots et conserver le bouillon au chaud. Ajouter aux haricots quelques gousses d’ail.
  1. Tapisser le fond de la cassole (ou comme moi, un plat creux en terre cuite) avec des morceaux de lard.
  2. Ajouter environ un tiers des haricots.
  1. Disposer les viandes, sauf le confit de canard, et par dessus verser le reste des haricots.
  2. Disposer le confit de canard par dessus.
  1. Compléter la cassole en versant le bouillon chaud (et les jus de cuisson des viandes) qui doit juste couvrir les haricots — j’avais besoin d’un peu plus de bouillon. J’ai aussi ajouté quelques carottes de plus tôt. Poivrer à moulin, et si vous avez encore de graisse de canard, ajouter une cuillère à soupe.
  1. Mettre au four à 150°/160° (Thermostat 5 ou 6) et laisser cuire deux à trois heures
  2. Pendant la cuisson il se formera sur le dessus de la cassole une croûte marron dorée — il n’y en avait pas trop sur le mien.
  3. Quand le dessus des haricots commence à sécher on ajoutera quelques cuillères de bouillon

Je découvre le Gers

Pour la troisième semaine, on reste en Occitanie pour visiter le 32, le Gers. C’est le département le douzième moins peuplé, et les habitants se nomment Gersois. C’est notre sixième visite en Occitanie, et la troisième en l’ancienne Gascogne, mais seulement la première fois où je rends compte de ce dernier fait. La Gascogne faisait une grande partie de l’imagination des anglophones à propos de la France, à cause de Trois Mousquetaires, surtout d’Artagnan, et de Cyrano de Bergerac. En tout cas, leur site de tourisme nous promet des « Gerspériemces ». On verra.

On commence dans la préfecture, Auch, une petite ville de 22 000 personnes. Leur plus intéressante destination est la cathédrale Sainte-Marie (2 étoiles Michelin). Ne ratez surtout pas ce beau post de Flanel, plein de photos de l’intérieur de la cathédrale (et aussi d’autres lieux à Auch). À la cathédrale, on trouve un mélange des styles gothique et Renaissance. Dans le chœur, de 1552, on trouve plus de 1 500 sculptures en bois. Certains voudront visiter le Musée des Amériques (1 étoile), avec des collections de l’Amérique Centrale et du Sud, mais pour ma part, j’ai déjà eu 44 ans des Amériques. Ne ratez pas l’escalier monumental (1 étoile), qui lie les deux parts de la ville. Il y a aussi une statue de d’Artagnan, proche de l’escalier.

Il y a six des Plus Beaux Villages de France dans le Gers. À l’est d’Auch, on trouve le village médiéval de Sarrant. Le reste sont tous au nord/nord-ouest d’Auch. On commencerait par Lavardens, à environ 20 km d’Auch, où on trouve deux monuments classés historiques, le Château de Lavardens et l’église Saint-Michel. On continue vers les trois autres, Montréal-du-Gers, Fourcès, et Larressingle, tous à environ 50 km d’Auch et très proches les uns des autres. Ces villages font partie de la région d’Armagnac appelée Armagnac-Ténarèze (2 étoiles), l’une de trois régions où la boisson célèbre est produite. La ville de Condom est considérée comme la capitole de l’Armagnac-Ténarèze, et elle est au milieu de ces villages. On visite donc une distillerie comme le Domaine de Magnaut ou le Château de Courrejot. À Condom, on visite aussi la Cathédrale Saint-Pierre (1 étoile) et à Montréal-du-Gers, la villa gallo-romaine de Séviac (1 étoile)

Qui sont les gersois les plus connus ? Sans doute le D’Artagnan historique, Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan, Saint-Bernard-de-Comminges (dont on a découvert sa cathédrale la semaine dernière), la chanteuse anglaise surnommée Siouxsie Sioux, et le cible fréquent du Canard enchaîné, Jean Castex lui-même !

Quoi manger dans le Gers ? En tant que département du Sud-ouest, il y a beaucoup de plats que l’on reconnaît de l’Ariège ou de la Haute-Garonne, comme le cassoulet ou la croustade aux pommes. Il y a une soupe bien locale, remplie de viandes confites, la garbure gersoise. En dessert, on y trouve aussi le gâteau à la brioche, un produit artisanal cuit au feu. Pour boire, il y a bien sûr l’armagnac, mais aussi de nombreux vins locaux, comme les vins de l’IGP Gers et le floc-de-Gascogne.

Le fénétra, un dessert toulousain

On finit notre séjour en Haute-Garonne avec un dessert très toulousain, le fénétra. Originalement lié à Pâques, aujourd’hui ce gâteau fait partie d’une fête toulousaine appelée le Grand Fénétra. C’est confit de confiture d’abricots, de confit de citron, et de dacquoise, tout sur une base de pâte sablée. Voilà :

Je dois cette recette à Cuisine Actuelle, sauf la pâte sablée, qui vient d’une recette de Cook and Record. Le seul changement, c’est la taille. Tous les fénétras que j’ai trouvé ont des bords droits. Mais je n’ai pas de moule à tartes comme ça, alors j’ai essayé d’utiliser ma grosse cercle de pâtisserie. Il s’avère que ses bords sont trop hauts, alors, j’ai roulé ma pâte une deuxième fois, puis l’ai mise dans une plus petite cercle. J’ai trop travaillé ma pâte, je crois, alors les bords ont trop rétréci pendant la cuisson.

Vous connaissez déjà ma confiture, la plus chère marque de luxe de ce genre aux États-Unis (heureusement, trouvée en promotion). Pour le citron confit, j’ai suivi mon propre conseil, et j’ai utilisé des fruits confits d’ici. Pas de pastèque — ce sont des écorces de citron et d’orange, des cerises, et de l’ananas.

Les ingrédients :

  • 275 grammes de farine
  • 225 grammes de sucre
  • 150 grammes de beurre pommade (beurre laissé 1h à température ambiante)
  • 1 œuf entier
  • 4 blancs d’œuf
  • 300 grammes de confiture d’abricots
  • 1 citron confit
  • 70 grammes de poudre d’amande
  • Du sucre glace

Les instructions :

  1. Mélanger 250g de farine et 125g de sucre puis ajouter 150g de beurre pommade.
  1. Malaxer et sabler la pâte (jusqu’à ce que vous obteniez une pâte de texture sableuse).
  1. Ajouter un œuf entier et bien mélanger. Former une boule, puis laisser reposer au frigo au moins une heure :
  1. Chauffez le four th. 5-6 (175 ­°C). Étaler la pâte, puis la mettre dans un moule à tarte. Piquer le fond avec une fourchette. Couvrir avec un disque de papier de cuisson puis de billes ou de légumes secs. Enfourner pendant 15 min. Retirez le papier de cuisson et les billes/légumes. Laisser refroidir.
  1. Fouetter les blancs d’œufs en neige au robot. Dès qu’ils deviennent mousseux, ajouter 50 grammes de sucre en poudre. Continuer à fouetter jusqu’à ce que les blancs en neige soient fermes et verser les 50 derniers grammes de sucre en fouettant toujours.
  1. Incorporer doucement la poudre d’amandes et 25 grammes de farine avec une spatule souple. Verser dans une poche à douille.
  1. Étaler la confiture d’abricots sur le fond de tarte et parsemer de dés de citron confit.
  1. Recouvrir de la garniture à l’aide de la poche à douille et saupoudrer de sucre glace avec un tamis. Enfourner pendant 15 minutes de plus.
  1. Saupoudrer à nouveau de sucre glace et enfourner pour encore 15 minutes. Laisser refroidir, puis démouler.

Mon dîner haut-garonnais

Pour ce dîner, j’ai un autre recette qui montre ce que l’on peut faire avec les produits du département. Mais on aura aussi un gâteau très traditionnel, surtout servi à Pâques. Voilà le souris d’agneau des Pyrénées confite au miel ; notre dessert suivra :

Je dois la recette de l’agneau au site départemental de la Haute-Garonne, et surtout à leur cuisinière, Nadine Barbottin (surnommée Mam’s Cook). Elle a fait une vidéo pour cette recette, et les instructions sont un peu différent que sur le site. J’ai suivi la vidéo, sauf pour la quantité d’échalotes et aussi de l’agneau.

Les ingrédients (pour 1-2 personnes) :

  • 1-2 souris d’agneau
  • 2-3 gousses d’ail
  • 2 échalotes
  • 2 carottes (ou une poignée de petites)
  • 50 ml de vin blanc
  • 1 branche de thym
  • 1 feuille de laurier
  • 1.5 cuillères à soupe de miel
  • 1.5 cuillères à soupe de vinaigre balsamique
  • 1 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • Sel, poivre
  • Du bouillon de bœuf

Les instructions :

  1. Dans une cocotte, faites revenir les souris d’agneau dans l’huile d’olive. Retirez-les.
  1. Dans la même cocotte mettez les échalotes et laissez colorer.
  1. Déglacez avec le vin blanc.
  1. Remettez les souris dans la cocotte, puis ajoutez le miel, les gousses d’ail entières, et le vinaigre balsamique.
  1. Une différence entre la vidéo et la recette écrite — la vidéo dit d’utiliser du bouillon, pas juste de l’eau. Alors, j’ai fait 240 ml de bouillon de bœuf :
  1. Ajoutez le bouillon, puis de l’eau jusqu’à mi-hauteur, les carottes, le laurier, et le thym. Salez et poivrez.
  1. Portez à ébullition, puis baissez le feu. Couvrez la cocotte et laissez mijoter à feu doux jusqu’à ce que les souris soient tendres, soit 2 à 3 heures. Après 1 heure, j’ai ouvert la cocotte et tourné la souris. Pour moi, 2 heures de cuisson a suffit.
  2. Retirez les souris de la cocotte, conservez-les au chaud ; la dernière photo de cette étape vous montre la cocotte en enlevant le couvercle. Retirez la liquide, les gousses d’ail, et les échalotes. Mélangez-les tous avec un batteur plongeant. Dressez et servez.

On peut voir du riz sur mon plat. J’ai encore beaucoup de riz de Camargue. C’est au moins aussi du Sud, n’est-ce pas ?

Je découvre la Haute-Garonne

On reste en Occitanie pour le prochain arrêt de notre tour, le 31, la Haute-Garonne. C’est le département le onzième plus peuplé et les habitants se nomment Haut-Garonnais. (Il n’y avait jamais une Basse-Garonne, alors pourquoi la Haute ? Personne ne me dit rien.) C’est notre cinquième tour en Occitanie.

La préfecture de la Haute-Garonne est Toulouse, bien connue pour son port sur la Méditerranée, le Terminal Maritime de Toulouse. Qu’est-ce que vous dites ? Que Toulouse est à 150 km de la mer ? Ben, le lien est bien réel, c’est donc pas la seule fois où on trouvera de la confusion géographique en France. En fait, c’est le résultat d’un accord entre Toulouse et Barcelone, et les services du « Terminal Matitime » sont en fait par chemin de fer.

Mais sérieusement, si vous pensiez que Nîmes était deja impressionnant, Toulouse est un autre régal. On commence à la Place du Capitole (2 étoiles Michelin), avec sa grande croix occitane et les signes du zodiaque dessinés en face du Capitole. Puisqu’on est là, prenez un tour du Capitole lui-même (1 étoile), si vous voulez. Mais on est là pour le Vieux Toulouse (3 étoiles), plein du grand patrimoine de la Haute-Garonne. On y trouve le Couvent des Jacobins (2 étoiles), avec son église en brique, la maison des reliques de Saint-Thomas-d’Aquin. Puis on continue au Musée des Augustins (2 étoiles), dans un ancien couvent, avec plus de 4 000 œuvres du Moyen-Âge au présent.

On continue maintenant vers un bâtiment extraordinaire, l’Hôtel d’Assézat (3 étoiles), de 1555. De même taille que le Louvre, on y trouve un autre musée extraordinaire, la Fondation Bemberg (3 étoiles), avec des collections de la Renaissance, et de peintures françaises des XIXe et XXe siècles. Êtes-vous épuisés après toutes ces merveilles ? Mauvaise chance, les amis, parce que l’on marche maintenant à la Basilique Saint-Sernin (3 étoiles), l’une des étapes du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et, selon le Guide Michelin, « [la] plus grande et la plus belle église romane du Midi, élevée du 11e au 14e s., est aussi la plus riche de France en reliques ». Il y a 3 autres musées étoilés 2 fois à Toulouse, mais moi, je vous conseille de vous balader au long du Canal de Garonne (1 étoile). Si vous profitez des canaux, visitez aussi la péniche Maison Nougaro, consacré au chanteur Claude Nougaro, qui a chanté « Ô Toulouse ».

On quitte Toulouse maintenant et conduit vers le sud-ouest du département, près de la frontière espagnole, pour le village de Saint-Bertrand-de-Comminges. On y trouve la Cathédrale Sainte-Marie (1 étoile) et son cloître (2 étoiles). Les trésors du cloître valent la peine ; selon le Guide Michelin, ils comprennent « des tapisseries de Tournai du 16e s., des chapes brodées datant de 1309, des ornements épiscopaux et la crosse de saint Bertrand, prélat français mort en 1123 ». À côté à Valcabrère, on trouve la Basilique Saint-Just (1 étoile), du XIe siècle. Finalement, parce que l’on est si proche aux Pyrénées, pensez à faire de la randonnée dans les montagnes — le Comité du Tourisme vous propose de nombreuses idées.

Qui sont les personnages bien connus de la Haute-Garonne ? Nous avons déjà mentionné le chanteur Claude Nougaro, mais il y a aussi le philosophe thomasien Jacques Maritain, le chimiste Paul Sabatier (gagnant du Prix Nobel), le sculpteur Augustus Saint-Gaudens, et l’actrice Patricia Karim, qui a joué l’épouse de Pierre Mondy dans le dernier 7e Compagnie. Et au cas où elle lirait cet article, mon coup de cœur Émilie Mazoyer y étudiait.

Quoi manger en Haute-Garonne ? Nous sommes encore dans le Sud, alors le cassoulet, bien sûr. Il y a la saucisse de Toulouse, bien connue comme ingrédient principal dans le plat célèbre, le gloubi-boulga. On y trouve aussi le mounjetado, un plat comme le cassoulet qui vient de leurs voisins ariégeois. En dessert, il y a une croustade aux pommes, très similaire au plus célèbre dessert de ce blog, et la pescajoune, une sorte de crêpe aux pommes. Il y a 4 produits protégés du département, l’ail violet de Cadours (AOC), l’agneau des Pyrénées (IGP), le porc noir de Bigorre (AOC), et les vignerons du Frontonnais (AOP).