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La classe américaine

Ce soir, j’ai regardé ce qui est sans doute le film le plus bizarre de toute mon histoire francophone. C’est « La classe américaine », un pastiche (un mot anglais qui veut dire un pastiche) de beaucoup de films américains, coupés pour les transformer en quelque chose de nouveau, une parodie française de « Citizen Kane ». Ce film n’était pas disponible de mes sources habituelles, je l’ai donc regardé sur YouTube. En fait, des copies enregistrées par des fans et mises sur Internet sont la seule source pour ce film.

Je ne vais pas passer beaucoup de temps en décrivant l’intrigue. Pourquoi ? D’ailleurs le fait qu’il n’y ait pas de sous-titres — qui n’était vraiment pas un problème — le génie du film vient du fait qu’il n’y a vraiment pas d’intrigue. Il y a plutôt des jeux — de mots, des gags visuels, du plagiat intentionnel. Je dois le site cyclim.se (je ne plaisante pas) pour leur liste de films utilisés dans celui-ci.

Ce qui se passe est plus ou moins l’histoire de « Citizen Kane », mais cette fois, il traite d’un nouveau personnage, Georges Abitbol, et les journalistes viennent du film « Les Hommes du président ». M. Abitbol est « joué » par John Wayne, mais c’est lui dans une vingtaine d’autres films, avec des morceaux d’ici et là. On le rencontre au début en tant que capitaine d’un bateau.

Il discute avec un autre homme au sujet de la classe — il a-t-elle ou non ? Il semble qu’Abitbol meurt dans un accident, et ses derniers mots sont « Monde de merde » ; ça rappelle le célèbre « Rosebud » de Kane.

On passe au bureau du journal, où l’éditeur demande que ses journalistes découvrent le secret de cette citation-là.

C’est ici où on prend une pause pour qu’Orson Welles lui-même nous dise qu’il déteste le plagiat. Cette scène est empruntée à « Commencez la Révolution sans nous ». Franchement, je n’ai jamais vu ce film-là, et je pensais que cette scène est venue de quelque chose de gênant qu’il a fait dans les années 70s. Il est devenu porte-parole pour une cave californienne, Paul Masson, producteur du vrai pinard, et il était toujours ivre pendant le tournage de ses pubs. Voilà un exemple :

De toute façon, l’humour du film vient souvent du doublage ridicule. Ici, Charles Bronson, dans la peau d’un amérindien, crie « On va manger des CHIPS ! » Ce n’est pas du tout logique, mais c’est bien marrant !

D’autres fois, l’humour vient des jeux de mots. Cette scène vient de « L’Inconnu de Las Vegas », mais les répliques sont drôles.

Journaliste : Où est-ce que vous avez connu Georges ?

Homme 1 : Où j’ai connu Georges. C’est une excellente question. À la ferme.

Homme 2 : Quelle ferme ?

Homme 1: À la ferme ta gueule, toi con, espèce de crétin.

Je pensais que j’allais mourir de rire !

Parfois, je n’avais même pas la moins idée pourquoi quelque chose s’est passée, ailleurs d’être marrante.

Homme dans le resto mexicain : Un bon chili con carne, d’habitude <incompréhensible>. Je fais un régime à base de « wish » lorraine.

C’est juste pour faire la mauvaise prononciation, je crois.

Et beaucoup de parler de « la classe » :

Homme dans un resto, en parlant de Georges : « C’était l’homme le plus classe du monde, mais c’est tout. »

« J’aime les hommes qui ont la classe. »

Finalement, il s’avère qu’Abitbol n’est vraiment pas mort, et on apprend finalement ce qui voulait dire « Monde de merde ». C’était simplement que « le monde allait mal ». Il n’y avait rien de spécial derrière cette phrase !

Je vous conseille fortement de regarder « La Classe Américaine » si vous ne l’avez jamais vu. Ce n’est pas une classique du cinéma français. Mais c’est une expérience très intelligente et parfois vraiment drôle !

La Belle Américaine

Ce soir, j’ai regardé l’un des films les plus déroutants du blog. C’est le dernier de mes achats du voyage — et je suis bien triste pour ça — et j’avoue, je l’ai acheté parce que je devais savoir de quoi parle ce titre-là. Oui, le film a Louis de Funès, et je veux finir par regarder tous ses œuvres, mais il n’est sur scène que pendant 6-7 minutes du film. (Dans deux rôles — c’est au moins intéressant ce qui se passe avec lui.)

L’emballage est quelque chose de spécial. Voilà tous les efforts — une brochure sur l’histoire du film, une version colorisée ainsi que l’originale, et tout en édition numérotée. Après tout ça, on aurait pensé qu’il y aurait au moins des sous-titres pour les sourds — et on aurait tort.

C’est pas du tout ma première fois sans aucun sous-titre, mais j’ai eu du mal à tout comprendre. Autant que La soupe aux choux ou Papy fait de la résistance, il faudra que je le revoie un jour. En tout cas…

On commence dans une usine pour établir les personnages. Le réalisateur, Robert Dhéry, adore les machines impressionnantes, alors il nous montre quelque chose de compliqué juste pour extruder des barres métalliques.

Ensuite, on voit le quartier du personnage principal, un un M. Perrignon :

Il achète une voiture américaine, selon Wikipédia, un Oldsmobile modifié pour le film. (Ma famille avaient plusieurs Oldsmobiles, mais la marque est disparue.)

Selon Wikipédia, la voiture lui a coûté 500 nouveaux francs, mais plusieurs fois j’aurais dit que j’ai entendu « quarante cent mille », qui doit avoir tort. De toute façon, je n’ai bien compris ce qui s’est passé quand il a acheté la voiture mais il semble que la coûte aurait dû beaucoup plus cher, et qu’une secrétaire se fâche contre lui parce qu’elle attendait la voiture pour elle-même.

On retourne dans l’usine et on rencontre de Funès pour la première fois. Il est responsable de l’usine, et il y a un moment vraiment drôle avec Jean Lefebvre comme comptable. Il fait une erreur de calcul, et il est rétrogradé. Regarde le panneau :

La secrétaire enferme M. Perrignon dans le coffre de la voiture, mais il est sauvé par hasard, par un cambrioleur :

Il y a un moment bizarre où quelqu’un qui conduit un Ford Thunderbird se moque de lui. Le Thunderbird a été toujours ma voiture préférée, mais Ford ne fait plus ce genre de voiture.

Puis il y a une scène ridicule dans une station de lavage. Pourquoi il n’a pas fermé la capote, je n’ai pas compris.

M. Perrignon se trouve dans une fête, et il rencontre le Ministre de Culture, qui adore sa voiture. Ils deviennent rapidement des amis. Les deux visitent son ancienne usine, où Perrignon rencontre encore le chef joué par de Funès.

Il y a une exposition d’une nouvelle machine pour extruder les mêmes barres :

Dans la rue, la voiture commence à rouler parce qu’il n’a pas mis le frein à main, et la voiture roule jusqu’à une péniche :

Après des mésaventures, il retourne dans son quartier. Pendant une fête, sa femme a un accident avec la voiture et la baraque-roulotte de son frère :

Finalement, on voit tout le monde sur une piste de course. Ils ont transformé la voiture en nouvelle baraque-roulotte et on imagine que la mauvaise chance de M. Perrignon est enfin finie.

Un pour tous, tous pour un

Il y a beaucoup de versions des Trois Mousquetaires, mais je suis sûr que vous avez tous déjà deviné que j’ai regardé celle avec Bourvil. Ça fait plus de 30 ans depuis que j’ai lu une traduction du roman en anglais, et en plus, en version abrégée. Alors, je ne sais pas si Planchet, le rôle joué par Bourvil, était si grand dans le roman.

Le film suit plus ou moins ce dont je me souviens. Au début, notre héros D’Artagnan sort de la Gascogne pour rejoindre le service du roi. Il est insulté par de nombreuses personnes, dont le Comte de Rochefort et Milady de Winter :

Il est blessé, mais après avoir guéri, il entre Paris, où il rencontre les Trois Mousquetaires. Il n’a pas trop de sens, et il lance des défis contre chacun.

Dans un moment du plus haut réalisme, il loue un appartement parisien avec les mots : « Cette chambre est indigne d’un futur mousquetaire, par contre le prix est digne d’un prince. » Rien n’a changé, Monsieur.

Il et les mousquetaires se rencontrent pour un duel, mais ils sont interrompus par les gardes du Cardinal Richelieu. Ils se battent ensemble contre les gardes, et c’est une victoire complète :

Au palais, on trouve le roi, qui joue aux cartes jusqu’au moment où il est interrompu par M. de Tréville, le capitaine des mousquetaires, qui lui raconte des nouvelles du combat. Le roi pardonne aux mousquetaires, dont il est fier.

Le dialogue entre de Tréville et le roi est drôle :

De Tréville : Trois des meilleurs mousquetaires de Votre Majesté avaient organisé une petite campagne avec un jeune cadet de mes amis. Ces paisibles garçons s’étaient retrouvés aux Carmes déchaux.

Louis XIII : Pour dîner sur l’herbe comme des agneaux

En tout cas, D’Artagnan engage un valet, Planchet (Bourvil), et tombe amoureux de la nièce du propriétaire de son logement. Il s’avère que Planchet est un peu voleur, et il pêche pour des bouteilles de vin. Le narrateur nous dit : « Ainsi ce qui menaçait de devenir un carême se transformait en Ascension. » Ce sont des mots de M. Dumas, ou M. Audiard ? J’aimerais bien savoir.

Pendant ce temps-là, la reine voit son amant, le duc de Buckingham (premiere erreur : les relations à distance) Elle lui donne des ferrets (un mot anglais qui veut dire furets ; j’ai eu des problèmes de rire pendant la reste du film) en preuve de son amour interdit.

Les gardes du Cardinal arrivent chez D’Artagnan pour se venger à cause de leur défaite. Planchet gagne en les frappant avec une poêle sur la tête. C’est un moment drôle !

Mais le Cardinal fait ses propres intrigues, et les mousquetaires sont tous arrêtés et mis dans la Bastille avec Planchet :

Puis, le Cardinal fait un complot avec les comtes de Rochefort et de Wardes, et Milady de Winter, pour attraper la reine dans son affaire avec le duc. Je ne comprends pas pourquoi il demande aux mousquetaires à le garder, parce qu’ils entendent son complot :

Un autre dialogue drôle pendant ce moment :

Porthos : N’est-il pas indiscret d’écouter l’étage supérieur ?

Aramis : Depuis Jeanne d’Arc il est admis d’écouter les voix d’en haut.

Le roi libère les mousquetaires de la Bastille, et D’Artagnan fait la même chose pour Constance ; ça nous mène à un anachronisme hystérique :

Après un moment où les mousquetaires et Milady de Winter font des intrigues l’un contre l’autre, on a enfin le moment célèbre — « Un pour tous, et tous pour un ! »

Ensuite, c’est une course entre les mousquetaires et les hommes du Cardinal pour retrouver les furets ferrets. Un Planchet bien ivre trinque à la Bastille :

À la fin, la reine a ses bijoux, le Cardinal est gêné, et tout va bien :

Et les Mousquetaires finissent par devenir l’un des bonbons les plus populaires aux États-Unis :

©️Mars, Inc.

L’incorrigible

Ce week-end, j’ai regardé le dernier des films dans mon coffret Belmondo, L’incorrigible. Pendant la première moitié, je me préparais pour vous écrire que « j’ai eu de fous rires, mais aucune idée pourquoi ». Mais j’ai oublié la chose la plus importante — c’était un film sous les mains d’Audiard, et il a toujours des raisons pourquoi il fait tout. Alors :

Quand on rencontre Belmondo au début, il sort d’un prison et tout de suite, il commence à faire à nouveau des escrocs par le téléphone :

Et on voit qu’il ne manque pas de femmes avec qui il avait des relations, dont au moins un enfant en résultat :

Mais il y a quelqu’un de nouveau, un psychologue qui est aussi « assistante permanente postpénale » qui le suit. Il la convainc de déjeuner ensemble pendant qu’il fait encore un autre escroc contre des hommes politiques africains. Après, les deux vont à l’opéra, où Belmondo a encore une autre ancienne amante :

C’est pas exactement une relation professionnelle. Elle sait qu’il est un gros menteur, mais elle lui invite à visiter le Musée de Senlis, où ses parents sont chargés d’affaires. Ici, l’intrigue commence enfin. Il s’avère que c’est un escroc de la part de Belmondo pour que ses complices puissent cambrioler un triptyque.

Pendant qu’ils volent l’œuvre d’art, Belmondo doit distraire la jeune femme. Ils vont au lit, mais dès que le triptyque est volé, Belmondo fait semblant d’être en colère, puis il disparaît.

Mais Belmondo se rend compte que la femme l’aime vraiment après qu’elle ment pour lui aux journaux. Il lui rend visite et offre de faire une confession, mais elle refuse. Alors les deux volent la moitié de l’argent de la rançon — et refusent le reste, parce que ça sent une piège. À la fin, on les voit avec leurs complices

Le Gabin que vous ne connaissez pas (2 de 2)

On a déjà rencontré les personnages de Moontide, Bobo (Gabin), son ami Tiny, et sa nouvelle amie Anna. Maintenant, on continue avec l’histoire.

Anna n’est pas du tout heureuse que Bobo l’a empêché de se noyer. Pour sa part, Bobo aurait apprécié un peu de gratitude :

Le lendemain, Bobo aide un docteur dont son bateau a tombé en panne.

Pendant ce temps-là, Anna range la péniche où Bobo travail et prépare du petit-déjeuner.

Maintenant, Tiny retourne en cherchant Bobo. Il veut toujours que Bobo quitte la ville avec lui pout aller à San Francisco, et il critique Anna comme quelqu’un sans valeur.

Tiny menace Bobo, parce qu’il sait son secret — quand Bobo est saoul, il se met facilement en colère, et a même étranglé quelqu’un comme ça.

Mais après cette conversation, Bobo parle avec Nutsy, un autre ami (joué par Claude Rains). Nutsy vole un chapeau, qu’il croit est une preuve que Tiny a raison. Bobo décide de quitter Anna, qui n’arrive pas à y croire :

Bobo revient au bar du début du film, où il se retrouve avec la femme qui était là avant. Mais elle lui dit quelque chose qui lui rappelle Anna.

Bobo revient à Anna, et ils décident de vivre ensemble. MAIS Bobo explique à Anna qu’il veut se marier avec elle, et tout doit être « parfait ». À cause de son caractère ou pour faire satisfait les censeurs ? C’est à vous de décider.

Quand Henry revient, Bobo lui dit qu’il ne veut plus être payé avec de l’alcool, juste de l’argent. Bobo et Anna font des plans pour leur mariage :

Mais pendant que Bobo est parti, Tiny retourne, et il menace Anna. Il lui parle de la mort de Papa Kelly, dont il dit que Bobo a tué pendant qu’il était saoul. C’est le chapeau de M. Kelly que Nutsy a brûlé. Mais Tiny ne sait pas encore qui Bobo et Anna se marieront.

Tiny revient au bar, où tout le monde boit pour célébrer les bonnes nouvelles de Bobo et Anna. Alors il découvre ce qui arrivera, et Nutsy lui conseille de quitter Bobo — il parle du poisson pilote, qui se colle aux requins pour voler leur nourriture, ce que Tiny fait avec Bobo.

Puis, c’est le jour du mariage (peut-être une semaine après leur rencontre !) Nutsy parle à Bobo de la tradition que le marié ne voit pas la mariée avant la cérémonie.

Et on voit la cérémonie :

Le docteur qui avait le bateau en panne parle à Bobo, et lui demande de régler encore son bateau. Ils partent, ensuite ils restent coincés longtemps en mer parce que le bateau a beaucoup de problèmes. Pendant qu’ils sont partis, ils parlent de l’amour et comment on sait que c’est réel.

En même temps, Tiny retourne chez Bobo et Anna. Il est bien ivre, et il menace encore Anna. Mais Anna se rend enfin compte que c’est en fait Tiny qui a tué Papa Kelly, et Tiny l’attaque.

Quand Bobo et le docteur arrivent, ils trouvent Anna, qui est gravement blessée. On voit Anna à l’hôpital, où Bobo attend avec Nutsy. Après une chirurgie, le chirurgien (pas le même docteur) dit à Bobo que c’est grave, et qu’Anna a seulement dit le mot « Tiny ». Bobo part pour le chercher.

Bobo et Tiny se retrouvent à l’extérieur de la maison. Tiny nie qu’il a blessé Anna, mais Bobo le poursuit jusqu’au bout de la jetée. Bobo ne touche pas Tiny, mais Tiny glisse et se noie.

Bobo revient à l’hôpital, où Nutsy lui dit qu’Anna survivra. Il s’avère qu’elle est devenue paralysée, mais à la fin, on découvre que Bobo a tout planifié, et le couple vivra heureux pour toujours.

Alors, quoi penser de tout ça ? Franchement, je n’aime pas trop l’accent de Gabin en anglais, et souvent pendant le film, il me semblait qu’il a dû apprendre ses paroles phonétiquement. Mais les dix dernières minutes du film sont parmi les meilleures œuvres de Gabin, égales avec ses rôles dans La traversée de Paris ou Un singe en hiver. Si vous pouvez trouver « La péniche de l’amour » en français, ça vaut la peine. Sinon, j’ai fait ce post si détaillé pour que vous compreniez exactement ce qui s’est passé dans ce film presque perdu.

Le Gabin que vous ne connaissez pas (1 de 2)

En 1942, notre héros Jean Gabin a pris une décision très inhabituelle. Il a joué en anglais à Hollywood, dans un film appelé « Moontide. » Il est sorti plus tard en français sous le titre « La Péniche de l’amour ». C’est quand même presque tout inconnu dans les pays francophones. J’ai trouvé une copie de ce film en version originale, et après avoir vu la première demi-heure, j’ai décidé de faire quelque chose de différent. Au lieu de le regarder sur ma télé, je l’ai regardé sur mon ordinateur pour que je puisse vous donner un clip et des photos à meilleure qualité, ainsi que vous donner une description plus détaillée. Alors, cette fois, j’écris en deux parts.

Pour résumer, Gabin joue un débardeur, Bobo, qui voyage haut et bas à travers de Californie avec son ami, Tiny. Bobo est toujours complètement saoul. Voici le moment où il entre dans le film. Je vous donne une minute avec lui pour mieux comprendre son personnage.

Au début, on trouve Tiny dans un bar, où il cherche Bobo :

Quelques secondes plus tard, Bobo arrive. Il est déjà saoul, mais il va au bar pour plus d’alcool :

Après avoir bu du whisky, Bobo voit une femme et il sort le type qui la drague.

Mais son copain retourne et lui et Bobo se battent. Bobo le met KO :

Après le combat, il y a une séquence comme un rêve. Bobo boit de plus en plus avec la femme, et on lui voit passer dans un resto chinois. « Chop Suey » est un plat tout inconnu en Chine ; c’est un plat des immigrants chinois aux États-Unis :

Quand Bobo se réveille plus tard, il est devant un petit magasin qui vend des appâts pour la pêche :

Un type chinois, Henry, lui explique qu’ils buvait ensemble, et qu’il a offert un boulot à Bobo. Il répète son offre :

Bobo retourne à Tiny qui le convainc de partir à San Francisco :

Mais avant de partir, il se promène sur la plage avec un autre ami, et ils empêchent une nouvelle femme, Anna, de se noyer.

Maintenant, on a tous nos personnages importants. Demain, le reste du film.

Le Plan 9 du Moyen-Âge

Il y a un film très célèbre aux États-Unis que vous n’avez jamais entendu parler. Pourquoi ? Parce que tout le monde est d’accord que ce film-là, Le Plan 9 de l’Espace, est le pire film de tous les temps, donc inédit à l’étranger. (Au lien, en français, vous trouverez le titre « De nombreuses erreurs techniques ». C’est un petit goût de pourquoi il mérite sa réputation.) Je me sens comme je viens de voir le Plan 9 Français, vendu sous le nom « Les Visiteurs : La Révolution ».

C’est bien évident quel est le plus grand problème de ce film. Comme dit Yaourt dans La Folle Histoire de l’espace, « On se reverra dans la suite, la recherche de plus d’argent ». La seule raison de sortir ce film 18 ans après le précédent devait être l’espoir de l’argent, parce qu’ils ont eu une très bonne idée et n’ont rien fait !

Ce dernier film commence dans une magnifique église :

On aurait pu espérer que ce serait le début de quelque chose de merveilleux. Mais tout ce qui arrive, c’est que le roi menace un employé de Godefroy qu’il doit se produire ou il perdra son titre. Hélas pour Godefroy et Jacquoille, ils sont coincés dans le temps de la Révolution. Et c’est d’où vient notre prochain problème — le méchant est encore un descendant de Jacquoille, quelqu’un de stupide et de gourmand en même temps. Jacquoillet veut voler le château de Montmirail au nom de la Révolution :

Il y avait plus de blagues sur la langue :

Godefroy : C’est son « fillot ». Dis-leur andouille.

Jacqouille : C’est mon fillot qui nous a arrestés !

Juge : Qu’est-ce que ça veut dire un fillot ?

Autre juge : C’est son filleul.

Avez-vous entendu que le révolutionnaire Marat a été tué dans sa baignoire ? Non, vous êtes le seul ? Eh bien, ce film va raconter une centaine de blagues à propos de ce sujet, jusqu’à ce que vous soyez prêt à devenir royaliste. Voilà ce qu’il dit à propos de la température : « Le bain est glacé, je vais attraper la mort. »

Depuis le premier film, c’est clair que Jacquoille aime l’idée de l’égalité. Godefroy est horrifié par la nouvelle de Robespierre, mais Jacquoille l’applaudît. On aurait pu écrire un film TRÈS intéressant sur ce sujet, mais tout ce qui fait Jacquoille est se moquer de Godefroy et faire semblant d’être un noble. Marie-Anne Chazel, qui joue dans un nouveau rôle, lui dit « On a de l’hygiène à Paris, on pisse dans la rue ! »

Quand ils rencontrent enfin Robespierre, l’homme célèbre est aussi terrifiant comme il devrait être, et il menace beaucoup de monde avec la guillotine. Mais il a mal au estomac à cause d’un mauvais boudin, et la scène devient stupide.

Il y avait une idée intéressante au début du film pour expliquer leurs âges — plus qu’ils évitent leur propre temps, plus qu’ils vieillissent vite. Mais au lieu de finir par retourner à leur propre temps, à la fin, les deux arrivent dans les années 40s. J’étais déjà bien prêt pour le film à finir, alors même le drapeau allemand et des soldats comiques ne m’intéressaient pas. En fait, après avoir vu quelques secondes plus tôt qu’ils mourraient sans retourner au Moyen-Âge tout de suite, cette scène est plus homicide que drôle.

Ce film n’est vraiment pas aussi mal que Plan 9. Ce film-là a été tourné pendant une semaine sans budget. Mais les premiers deux Visiteurs avaient 2 des personnages plus intéressantes du cinéma et beaucoup de moments drôles. Cette fois, c’est juste les mêmes gags encore et encore, et l’idée est toute épuisée.

Les couloirs du temps

Ce soir, j’ai regardé la suite des Visiteurs, Les couloirs du temps. C’était drôle, mais c’est un film qui aurait été encore plus drôle s’il avait duré 15 minutes plus court.

On commence avec nos héros être revenus dans le Moyen-Âge. Dès le départ, on reçoit une autre leçon de vocabulaire ancien :

L’accent circonflexe, comme en « août » veut dire qu’il y avait anciennement un « s », alors « aoust ». Ouais, je suis si malin pour savoir ça ! Ou pas. Franchement, ça rend le mot plus proche à sa signification en anglais, « August, » de sorte qu’il n’y a pas besoin d’explication.

Peut-être que vous vous souvenez que la mauvaise personne est revenue en place de Jacqouille, et il a vite des problèmes :

L’intrigue est donc que Godefroy doit retourner au présent, retrouver Jacqouille, et revenir des joyaux volés à son beau-père. Pas trop compliqué — est c’est d’où qui viennent les problèmes du film.

Encore et encore, on voit Jacqouille en train de faire des bêtises, surtout en bouffant. C’est clair que le réalisateur s’attendait que c’est ce qui voulait le public :

Il y a toujours des moments drôles qui viennent de la décalage du temps. Béa appelle la télévision la « boîte à troubadours » en parlant à Ginette, parce qu’elle croit que Ginette vient du Moyen-Âge. Et quand Jacqouille entend un pompier qui crie « Coupez l’eau », il fait ça — littéralement :

Un renseignement sur la relation entre l’anglais et le français. Jacquoille dit « Je n’ouïs plus ! » après avoir détruit la boîte à troubadours. Je n’ai jamais entendu le verbe ouïr, mais je savais tout de suite que ça voulait dire « entendre » parce que c’est « oir » en espagnol, lequel je parle déjà. Mais on dit aussi « Oyez » en anglais ! C’est pour annoncer le début d’un procès dans certains de nos tribunaux. (Le lien est en anglais.) J’avais toujours pensé que ça venait du latin, mais en fait, ça date à Guillaume le Conquérant, selon l’article.

Le moment de la destruction de la télé, et le feu qui suit, sont quand même drôles :

Et il y a un moment qui n’a rien à voir avec l’intrigue, ou Godefroy et Jacquoille font peur à un jeune qui ne fait que jouer aux jeux vidéo :

Mais des moments comme celui-ci n’avance pas l’histoire, et il y a trop de ces détours. Après une heure et demie, j’étais tout prêt pour la fin du film, mais je ne m’attendais pas du tout ce qui s’est actuellement déroulé. Ils arrivent au temps de la Révolution !

Et ça, c’est enfin quelque chose de nouveau, alors j’ai hâte de regarder le dernier film de la série. Ça arrivera donc la semaine prochaine.

Montjoie, Saint-Denis !

L’un de mes achats chez Leclerc était l’intégrale des Visiteurs. Ce soir, j’ai regardé le premier film de la série. C’était un peu difficile à cause de la langue ancienne, mais tellement drôle !

On a commencé pendant le Moyen-Âge, pendant une liaison romantique :

Un peu plus tard, les crédits me rappellent l’une des habitudes les plus françaises — la réorganisation constante ! Il n’y a plus de région Languedoc-Roussillon — elle fait partie maintenant de l’Occitanie, depuis 2016.

Notre héros, Godefroy, cherche un moyen de voyager dans le temps pour corriger une grave erreur, le résultat de la potion d’une sorcière. Mais il arrive dans nos jours à cause d’une erreur par un sorcier :

Lui et son écuyer ont du mal avec les choses modernes, comme les voitures :

Quand les gendarmes sont arrivés pour les arrêter, j’ai enfin compris quelque chose qui est arrivé à M. le Président Macron :

Après beaucoup de mésaventures, sa descendance enfin arrivé à croire qu’il est vraiment son ancêtre. Mais pas avant qu’il gaspille une bouteille de Chanel No. 5 qui a coûté 6 000 Fr, environ 1300 € de nos jours (selon la calculatrice d’INSEE).

En même temps, Godefroy n’aime pas nos jours et veut retourner à ses propres. Pourquoi ? La Révolution :

Béatrice : Il était contre les privilèges et pour le partage des terres…Robespierre lui a fait couper la tête.

Godefroy : Quel bon sens, ce Robespierre !

Pendant ce temps-là, son écuyer découvre qu’il est très utile de savoir les secrets d’un château de 1 000 ans plus tôt !

Il s’avère que le descendant du sorcier est prête pour aider les deux hommes du Moyen-Âge à retourner à leur temps.

Mais l’écuyer ne veut pas retourner, et il échange son descendant pour lui-même. C’est pas clair si ça changera le futur, ou si c’est ce que le sorcier s’attendait.

La chose la plus difficile, c’était que beaucoup de mots de ce film n’existent ni dans Google Translate ni dans le Collins-Robert. Heureusement, j’ai déjà connu « ne point » grâce aux leçons C1, alors je n’étais pas confus par cette réplique :

Godefroy : On ne torture point les femmes chez moi, la brûler suffira !

Mais voilà des exemples dont j’avais du mal :

  • Gougnafier
  • Gueux
  • Pont-levis
  • Oubliettes
  • Maroufle
  • Nobliau

J’ai pu deviner pont-levis parce que c’était évidemment le genre de pont que l’on ne trouve jamais sauf aux châteaux. Et nobliau n’est pas trop loin de « noble » en anglais. Le reste, je pouvais trouver dans le Robert (mais pas la version bilingue).

Pas dans mon Bescherelle Conjugaison :

Au début du film, une femme dit aussi :

Je me réjouis, Sire Fulbert, que mon fils espousaille votre douce fillote.

Il me semble que cette conjugaison « -aille » est une forme du subjonctif, mais ça n’existe pas dans mes livres. C’était assez évident que ces répliques voulaient dire.

En tout cas, j’ai deux films de plus à regarder de cette série. Ils seront mes plus récents films. J’aurais aimé regarder le nouveau OSS 117, mais j’étais en France trop tôt. Je ne veux pas dire au revoir à de Funès, Bourvil, ou Belmondo, mais j’ai l’impression que c’est presque le temps de vous rejoindre dans le présent.

Bébel derrière le Rideau de fer

Pendant ces dernières deux semaines, comme le reste du monde, moi, je lis n’importe quoi que je trouve sur Belmondo. Mais j’ai trouvé un article très intéressant pour partager. Il vient de Radio Prague International, et je suis sûr que c’est des nouvelles pour vous aussi qu’ils ont une service en français. Il s’appelle Adieu, Bébel, l’As des as de tous les Tchèques.

Selon Jiří Dědeček, « écrivain, musicien et traducteur du français » :

Parce que les réalisateurs comme Godard étaient considérés comme des hommes de gauche, et que les films de Claude Zidi et Philippe de Broca étaient des comédies, alors ils pouvaient être montrés ici..

Ça explique donc comment ils pouvaient regarder les films de Belmondo. Mais pas seulement lui ! L’intervieweur demande :

Ici, et sans doute en Slovaquie aussi puisque tous ces films étaient vus dans la Tchécoslovaquie d’alors, dans le panthéon cinématographique populaire des Tchèques, il y a trois noms : Jean-Paul Belmondo, Louis de Funès et Annie Girardot.

Et il s’avère que les tchèques sont bien éduqués sur les films français. M. Dědeček répond :

J’ajouterais aussi Lino Ventura et Alain Delon.

Ça m’a rendu curieux — trouverait-on la même chose dans d’autres pays d’Europe de l’Est ? Voilà, en Pologne :

« Escalier en carton, adieu à Jean-Paul Belmondo et à un dieu à moto. Une journée en images »

En Hongrie :

« Le nom de Jean-Paul Belmondo était connu de tous, et la nouvelle de sa mort a secoué le monde. Maintenant, il s’est avéré qu’il était prêt à passer. »

En Lettonie :

« Entre les saints et les fous : Jean Paul Belmondo commémore Pierre fou, fou, dit Ferdinand Griffon. La nihiliste Michelle de Paris. Adrien, un pilote arrivé à Rio. Egalement légionnaire français énigmatique des débuts de la servitude au Casino Royale (1967). Ce ne sont là que quelques-uns des plus de 70 films de Jean Paul Belmondo (1933-2021). Il y a quelques jours, l’un des acteurs les plus importants du cinéma français et mondial est décédé à l’âge de 88 ans. »

Selon la Radio publique arménienne :

« Jean-Paul Belmondo est décédé »

L’article le plus détaillé que je pouvais trouver est carrément celui des tchèques. Mais c’est bien clair que notre héros est suffisamment connu pour qu’ils écrivent tous à propos de lui. Je peux vous dire qu’aucun article ici n’est une traduction de quelque chose de AFP ou franceinfo.

Non, je ne parle aucune de ces langues. Mais on peut faire de petits miracles avec Google, Wikipédia, et quelques devinettes chanceuses !