La Fille n’est pas chez moi cette semaine, mais plutôt chez sa mère. Cependant, de temps en temps elle m’envoie des textos, surtout pour pratiquer son français, ainsi que me taquiner. (Elle dit de ses habitudes, « La Fille, c’est plus qu’un nom, c’est une marque. ») Hier, il y avait deux leçons à apprendre à cet égard.
D’abord, elle m’a écrit :
Le sujet qui était trop amusant n’est pas important. Mais l’erreur qui suit est une bonne leçon sur ses progrès. Elle sait depuis longtemps que « on » est la personne à utiliser quand il s’agit de n’importe qui, que c’est la personne que l’on peut remplacer pas « quelqu’un ». Cependant, dans la tête, elle pense au mot anglais « you », et en anglais « you » n’est pas seulement la traduction de « tu » et « vous », c’est souvent la traduction de on quand il est au singulier. Au début, je n’ai pas compris ça, En essayant de reformuler la pensée, elle écrit autre chose qui est du vrai n’importe quoi. J’ai dû le lui demander en anglais.
Une fois éclairci, j’ai dit que ça devrait être « Je pense que personne ne peut faire des erreurs comme toi. » Les erreurs sont tous des efforts malmenés à traduire mot-par-mot de l’anglais. Je connais certainement le problème.
Des minutes plus tard, un autre exemple est apparu dans la conversation. J’étais surpris que, vu l’heure, elle soit libre de parler :
Ce moment me rappelle le moment dans Les Visiteurs 2 où Jacquouille découvre le mot « OK » :
Le problème cette fois, c’était que « d’accord » se traduit par « I agree », mais aussi par « OK ». « OK » veut dire plusieurs choses en anglais, dont d’accord, mais aussi que quelque chose est de qualité moyenne — « juste OK ».
J’ai fini par lui donner des exemples de quoi dire pour exprimer un avis mitigé dans ce cas — « il n’avait rien de spécial » ou « c’était moyen » — mais j’ai l’impression que ceci sera plus difficile à corriger. C’est une traduction trop littérale, dans un contexte où les expressions anglaises sont bien figées.
Mais au moins je reconnais ce qui arrive car je sais déjà ce qui est dans sa tête. Il m’arrive à l’esprit que c’est peut-être un problème en apprenant le français comme langue étrangère — si on ne connaît vraiment pas bien l’autre langue de l’élève, il doit être très difficile d’expliquer les erreurs.
En avril, en répondant à un commentaire de Billie, qui avait dit qu’elle payerait pour avoir mes voisins, j’ai écrit :
Mon voisin à l’étage, je l’appelle « le dinosaure », car il fait des pas lourds à toute heure. Les voisins d’en bas, ils hurlent de gros mots, sont souvent ivres, et jouent de la guitare électrique pendant des heures tous les jours.
Depuis ce temps-là, je souffre quotidiennement pendant toute la journée aux mains de ce voisin. Ou plus probablement, à ses pieds. Les bruits forts commencent vers 7h tous les jours et continuent jusqu’à minuit, et parfois après — même à 3h du matin de temps en temps.
Pendant les deux dernières semaines, tout est parti en vrille. En plus des pas lourds sans cesse, il y a des sons comme un marteau-piqueur, suivis toutes les 2-3 heures par un aspirateur, jusqu’à 22h du matin. Je ne sais pas ce qui se passe, mais impossible que tout ça vient d’un trop gros homme qui marche partout.
Hier, je n’en pouvais plus. J’ai contacté la gérante de mon immeuble et lui ai dit : « Dis-donc, je n’ai rien dit car après mes problèmes avec le voisin en bas l’année dernière, je voulais essayer d’être compréhensif. Mais ce type est bruyant sans cesse depuis 3 mois déjà ! » Elle m’a dit qu’elle le vérifierait, mais dis-donc, c’est probablement juste une machine à laver tombée en panne.
QUOI ? Le problème, c’est que l’attitude de tout service aux clients aux États-Unis est de nier que les problèmes existent. De dire que vous imaginez tout.
Une heure plus tard, elle m’a écrit pour me dire que depuis une semaine, ils accueillent des invités, dont un garçon très actif, mais tout ça arrêtera. Et une heure après ça, c’était même le cas — mais si c’était vrai, j’ai deux questions :
Quel genre d’adulte ne considère pas ce niveau de bruits un problème jusqu’à ce qu’il reçoive des plaintes de la gérante ?
Pour quel genre de con me prennent-ils ? Je viens de dire que ça fait 3 mois, et ils veulent me faire croire que ça ne fait qu’une semaine ?
Je ne suis pas aussi stupide que ça. Je comprends que beaucoup de monde mentirait dans une situation pareille, afin de ne pas recevoir une punition plus sévère. Mais je n’allais pas accepter cette explication insultante. Je lui ai donc écrit pour dire, « Merci, mais je ne les crois pas du tout. Je viens de te dire que ça fait plus longtemps qu’une semaine. » Et à son tour, elle m’a écrit pour dire « Je t’écoute ». Ça m’a énervé encore plus — impossible que nous disons les deux là vérité !
La Fille et moi avons parlé de « Stompy the Dinosaur » pendant tout ce temps, mais j’ai dit juste « le dinosaure » car je n’étais pas sûr de comment traduire son surnom. Mon dictionnaire donne « pas lourd » pour « stomp » en tant que nom, mais ici, c’est plutôt un adjectif, ce qu’il fait. Et si je combinais les deux mots dans l’ordre donné par mon dictionnaire, vous me diriez tous qu’il était un fruit de mer. Alors il n’est pas « Paslourd » mais « Lourdpas. ». Et peu importe la traduction, il est sans conteste le pire voisin que j’ai jamais eu.
Je suis sûr qu’il y a plein de voisins chelous dans les immeubles français. Mais de plus en plus, je suis absolument choqué par le niveau d’indifférence de tous les voisins autour de moi. C’est comme si chacun — en bas, à l’étage, et à côté — se croyait le seul qui habite ici, et qu’il n’avait d’obligation envers personne. Je me demande sincèrement ce qui s’est passé ici ; mon immeuble n’était pas du tout comme ça même il y a 5 ans.
Je vous avais dit que La Fille serait bientôt propriétaire d’une Nintendo Switch 2, qui est arrivée chez nous mardi dernier. En ce moment, nous n’avons que deux jeux pour aller avec : Mario Kart World, qui tout le monde achète pour aller avec (c’est beaucoup moins cher de cette façon qu’au lien), et Welcome Tour, un mini-jeu qui vous montre comment marche le tout. Ce dernier vaut les 10 €, peu importe les nombreuses plaintes en ligne que c’est payant tout court. Mais nous ne sommes pas ici pour une critique de la console en soi. C’est hors mon sujet. Ce qui rentre bien dans mon sujet, c’est parler de certaines traductions liés à Nintendo.
Avant de même essayer le nouveau jeu de Mario Kart, la première chose dont La Fille avait envie, c’était de tester comment marchait le dernier Zelda, Tears of the Kingdom. La différence est incroyable. Mais à cause de ce jeu, j’ai découvert qu’une blague que j’ai fait il y a deux ans, à sa sortie, ne marche pas du tout en français. J’explique :
Dans le premier Zelda pour Switch, Breath of the Wild, il y avait un héros en forme d’oiseau géant, nommé Revali. Revali avait un super-pouvoir, dit en anglais, « Revali’s Gale », littéralement « le vent violent de Revali ». Avec ce pouvoir, il pouvait se lancer très fortement dans le ciel. Mais dans le dernier jeu, son descendant Babil, a un pouvoir beaucoup moins puissant, la Rafale de Babil. Quand je l’ai vu pour la première fois en 2023, j’étais déçu et je l’ai tout de suit appelé « l’éternuement de Revali ». Cependant, ça ne marche pas comme calembour en français, parce que le pouvoir original ne porte pas de nom lié au vent en français. C’est plutôt la Rage de Revali. Je sais, il ressemble à un animal sauvage, mais avec un tel nom, mieux vaut faire appel au docteur Pasteur, non ?
L’autre chose que je vais évoquer cette fois n’a strictement rien à voir avec la Switch 2, mais il s’agit de Nintendo. Si vous fréquentez certains blogs français, surtout celui d’Agathe, vous avez peut-être croisé un internaute qui s’appelle Bleck. Ce nom me rendait fou, et un jour, je n’en pouvais plus : je lui ai demandé si c’était d’après mon méchant préféré de tous les jeux de rôle dans l’univers Mario, le comte Bleck. Il m’a dit que non, et a ajouté qu’il n’avait pas la moindre idée de quoi je parlais. Je compatis. Moi non plus.
Puis, il s’est avéré qu’aucun Français n’aurait une idée de quoi je parlais — car le méchant ne s’appelait pas « Bleck » en français. Ce n’était même pas proche.
Le comte, Source, Fair use selon les lois des États-Unis
Je suis franchement jaloux de son sourire et son style. Mais en français, il s’appelle le comte Niark. J’ai souvent du mal avec les choix de traductions en français, mais celle-ci me rend particulièrement perplexe. Je ne sais pas si « Niark » vous rappelle quelque chose, mais « Bleck » est proche du mot anglais pour le noir, “black ». Ça va très bien pour un méchant. Heureusement, il me semble que la traduction française est autrement très bonne, et la scène où le comte arrange le mariage de la princesse Peach avec le méchant Bowser reste aussi hilarant en français que la version que je connais :
Je pourrais écrire des milliers de mots sur les différences entre les jeux de Nintendo en français et en anglais. Mais j’arrêterai avec la meilleure traduction de toute Nintendo, qui dépasse la version anglaise. Lisez attentivement le nom du méchant !
Je sais à quoi vous vous attendiez, mais hier, j’ai réussi le dernier rêve lié à mon expérience d’apprendre le français en 2020. C’était un moment doux-amer ; ce chapitre de ma vie est désormais définitivement fermé.
Quand j’ai commencé à étudier le français, dès que les algorithmes de Facebook se sont rendus compte que je passais du temps sur des groupes français, le site a commencé à me recommander des humoristes en français. C’est comme ça que j’ai découvert Sebastian Marx, qui est en fait new-yorkais, et Paul Taylor, qui est d’origine irlandaise. Je sais que je l’ai dit plusieurs fois au passé, mais c’était une aide inestimable, d’écouter des voix plus proches de la mienne afin d’apprendre la langue. J’espère depuis longtemps les voir en France, pas aux États-Unis, mais on fait ce que l’on peut.
Comme toujours quand il s’agit d’un spectacle à Los Angeles, je suis parti 3 heures à l’avance. On dirait que j’étais là encore une fois beaucoup trop tôt, mais s’il vous semble que je vous ai montré des adresses nulles au passé, cette fois nous sommes dans le centre-ville historique, devenu parmi les pires adresses de la Californie. Je mentionne parfois que quand on dit « banlieue » en anglais, il s’agit des pires quartiers autour de Paris (les journaux télévisés l’utilisent pour avoir l’air authentique ; ils ne savent pas que « Versailles est en banlieue » apparaît dans mon dictionnaire bilingue). Bienvenue dans la banlieue de LA !
Voici le Regent Theater :
Vous voyez le bâtiment à votre gauche ? C’est abandonné :
Au coin de la rue, il y a l’un de plusieurs anciens hôtels, devenus des HLM. Celui-ci était le Hotel Barclay
Il n’y avait presque rien à manger dans ce quartier. J’ai trouvé quelques bars, tous en mauvais état — mais aussi un restaurant très inattendu, « Le Petit Paris » :
Il a l’air assez accueillant, n’est-ce pas ? Les prix sont à couper le souffle — entre 30 et 60 $ pour tout dans un mauvais quartier. Franchement, je ne voulais pas prendre le risque. Regardez en face de la rue — des graffitis sur un autre bâtiment abandonné :
Il y avait des sans-abris partout — j’ai fait un effort pour ne pas leur prendre en photo, car ils sont des êtres humains dignes du même respect auquel je m’attendrais. ([Mais vous n’avez plus d’attentes à cet égard. — M. Descarottes])
Tout ça, c’est-à-dire que c’était un quartier que je ne recommanderais jamais, pas comme le Sunset Strip où Arnaud Demanche a joué. En fait, l’un des restos les plus vieux de la ville, Cole’s, se trouve dans ce quartier. Il fermera définitivement le 2 août après 117 ans. C’est connu pour ce que j’ai appelé « le sandwich français qui ne l’est pas », le « French Dip » : du rosbif sur une baguette. Il y avait une queue époustouflante pour y aller :
J’ai trouvé le quartier extrêmement effrayant, et heureusement, l’homme au guichet m’a laissé entrer une heure avant le spectacle. Alors, la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y pas eu de reprise de ce qui s’est passé dans la queue pour Arnaud Demanche, où tout le monde autour de moi refusait de me parler. La mauvaise nouvelle, c’est qu’au-delà d’un couple assis devant moi — dont j’ai offert de leur prendre en photo — tout le monde dans le théâtre refusait de me parler. Encore une fois, c’était dommage — je suis très curieux sur qui va à ces spectacles.
Voici la scène :
Avant Paul Taylor, il y a eu une première partie, un immigré français nommé Noman Hosni (lien vers son compte Insta). Il n’était pas drôle. Il faut comprendre que depuis le 11 septembre 2001, je ne m’intéresse pas du tout à des « blagues » venant de telles personnes sur la sécurité à nos aéroports.
Heureusement, Paul Taylor était tout ce que j’espérais. Son spectacle, dit « Fuck me, I’m French » (Baise-moi, j’suis Français), était complètement en anglais, mais il s’agissait de son sujet habituel, la vie en France en tant qu’expatrié anglophone qui doit s’adapter. Je dirais que par rapport à ses spectacles bilingues, il s’est plaint plus sur les difficultés de jouer en France — en particulier, il parlait d’une ville de l’est du pays, Freling (orthographe ?), où il avait l’impression que personne ne comprenait ses blagues, et qu’il préfère jouer dans les grandes villes avec plus de personnes vraiment bilingues. Il a dit que c’était pour ça qu’il voulait faire un spectacle tout en anglais, mais il me semblait qu’il voulait flatter un peu le public pour le comprendre.
Et cette question de bilingues fait la plupart de son humour. Il parlait du bas niveau d’anglais en France et a dit quelque chose que la foule semblait apprécier, que quand ses connaissances françaises expatriées reviennent dans le pays, il doivent faire semblant de parler l’anglais pire qu’en réalité, ou leurs proches leur taquinent. Il y avait toute une séquence sur apprendre l’anglais à sa fille, ce qu’il trouve difficile parce que les livres disponibles pour son âge (6 ans) ne sont pas très bons. Et au cas où le public ne le croirait pas, il a apporté un livre qui était censé apprendre des comptines en anglais — c’était enregistré par des Français, et les extraits étaient très difficiles à comprendre.
Cependant, j’aurais du mal à traduire ses blagues en français, parce qu’ils s’appuyaient sur certains faits de prononciation en anglais. Par exemple, il parlait de l’expérience d’utiliser Siri chez lui, car sa femme est Française, mais ils utilisent Siri en anglais. Alors quand elle demande à Siri de compter 13 minutes, elle dit « thirteen », mais ça sonne exactement comme « thirty », 30. Il racontait une situation où après un peu, elle a changé à demander « twelve », 12. Il l’a félicité pour avoir trouvé une solution pour éviter ces mots trop proches, et elle a répondu, « Nan, j’ai perdu une minute en discutant avec Siri, alors je n’ai plus besoin de 13 minutes ! ». Croyez-moi, tout ça a marché en anglais, mais l’explication le rend moins drôle.
Cette foule était très différente des autres que j’ai vues avec des humoristes français venus aux États-Unis. Les couples étaient largement mixtes — comme la Française avec l’Américain assis devant moi. Il a demandé des questions comme ça au public ; ce n’était pas juste mon imagination. Je pouvais certainement l’écouter autour de moi. Je suppose que c’était pour ça qu’il n’a pas attiré les couples habituels de l’OCA qui sont venus aux autres spectacles racontés ici pendant les deux dernières années.
Je n’ai qu’un vrai regret cette fois. J’aurais tellement aimé prendre une photo avec lui, tout comme Sebastian Marx et Bertrand Usclat. Ils étaient la bande-sonore de cette première année d’études. Mais dès qu’il a quitté la scène à la fin du spectacle, je l’ai perdu, et l’homme du guichet m’a dit qu’il était parti par une autre porte. C’est dommage. Je lui écrirai pour dire autant, parce que ça aurait été la fin parfaite.
En août dernier, M. Descarottes a dû partager ce qu’il a appelé « le meilleur jour de ma vie ». Il s’agissait du câble manquant. Hier, c’était mon tour à moi. Vous allez ri-go-ler !
De temps en temps, mon ex oublie qu’elle m’a intenté un procès pendant 2 ans, 10 ans après le divorce, juste pour s’amuser pendant le Confinement, un procès où elle n’a rien gagné. Alors, quand La Fille a eu un événement scolaire en 2022 où nous étions là ensemble, mon ex m’a dit — devant ladite Fille — « oui, chéri » en réponse à je-ne-sais-plus-quoi. C’était choquant, mais après, La Fille et moi avons ri.
Moi, je ne ferais jamais la même erreur. Disons que nos expériences de ces affaires n’étaient pas du tout pareilles. Mais j’écrirai d’abord « Die Tour durch die deutschen Länder », où je cuisine ein Schnitzelund ein Nachtisch de chaque état allemand avant que cette pensée ne vient dans l’esprit.
Avec ça en tête, mettons la scène. La Fille et moi sommes chez McDo, en train de nous plaindre que la différence entre deux promotions pour notre déjeuner était exactement de six centimes, et que le prix de notre commande a haussé de 27 % au même endroit par rapport à janvier 2024. C’est-à-dire, nous ne dérangions personne. C’est en ce moment que LE SMS arrive du numéro de mon ex. Je jette un coup d’œil à mon portable, et tout de suite plie de rire si fort que La Fille craint que je fasse une crise cardiaque.
Vous avez probablement déjà deviné où je vais. Quels étaient le premiers mots du texto ?
Salut Mon Amour
Cette fois uniquement, il va falloir me croire sur parole parce que je n’oserais jamais publier une capture d’écran avec son nom, soit le nom de son enfant avec Gargamel. (Je vous rappelle que ce choix de surnom vient uniquement de sa coupe de cheveux et ne contient aucun autre message.) Mais je vous jure que ce n’est rien que la vérité. En traduction, évidemment.
Je suis bien au courant que les fautes de frappe peuvent arriver à tout le monde. Mais je vous promets, vous aurez mon enregistrement de « Deutschland Uber Alles » sur ma chaîne YouTube avant que je ne fasse cette boulette.
([Il peut faire une si extravagante promesse seulement car il ne tapera jamais « Salut Mon Amour » dans un SMS. Rien à voir avec la destinataire. — M. Descarottes])
Le vilain cobaye a probablement raison. Mais je peux dire sincèrement que malgré toutes les « erreurs de minuit » sur ce blog, je n’ai jamais fait cette erreur, et même si je vis cent ans de plus, je ne la ferai jamais !
En novembre 2020, j’ai demandé pour la première fois, « Mais quelles sont les spécialités du département ? » J’ai dû rechercher quelque chose comme « recettes locales Ain » — je ne sais plus — et heureusement, j’ai vite trouvé Keldelice, un site consacré aux producteurs et à la cuisine des régions. On pouvait y rechercher non seulement par département mais même par commune, un niveau de détail inestimable pour mes besoins.
La toute première recette du blog, la soupe bressane au potiron, venait du site. La dernière recette d’Un Coup de Foudre qui venait de Keldelice a été le dessert du même département, le gâteau de courge. La vérité sur cette catastrophe, c’est que je l’ai échouée plusieurs fois, puis décidé que c’était une ressource excellente pour « quoi faire », mais une mauvaise idée pour « comment faire ». Cependant, presque tout article du Tour contient au moins un lien vers Keldelice, et souvent beaucoup plus.
Avec la fin de Mayotte (et il n’y a pas de lien vers Keldelice dans cet article-là — autant qu’en Creuse, le site n’a pas eu de données pour le département), j’ai mis le site de côté pendant des mois. Puis, en mars, quelque chose de bizarre est arrivé quand j’ai commencé à vérifier des liens pour ma bibliographie — seulement l’accueil marchait. Tout autre lien produisait des erreurs. Cette situation a duré pendant 5, peut-être 6 semaines. Il n’y avait pas de moyen pour contacter les admins, et je n’avais aucune idée de quoi faire. Puis, en mai, le site était de retour sans explication. Je ne m’en plaignais pas !
Lundi, je pouvais toujours visiter des liens là pour vérifier des détails. Mais hier, en vérifiant pourquoi le correcteur sur mon ordinateur n’aimait pas « brocciù » avec un accent grave sur le « u », j’ai reçu un message tout différent d’avant du côté de Keldelice :
Évidemment, quelque chose n’allait pas déjà — c’était incroyable que personne n’ait rien fait pour restaurer le site avant. Mais une disparition totale ? Je n’étais pas du tout prêt pour cette nouvelle, même si la bibliographie est autrement prête.
La question du brocciu est un bon exemple de comment il me fallait souvent trouver une deuxième source en ce qui concernait Keldelice. Une fois que je me suis rendu compte qu’il y avait une erreur d’orthographe, j’ai vérifié le bon « Je découvre », vu que c’était ma pratique à l’époque, et l’ai recherché. Et je croyais — brièvement — que je devenais soit fou soit aveugle ([Soit ? Ce n’est pas comment s’écrit« et ». — M. Descarottes]). Pour la deuxième fois cette semaine, il me semblait qu’une erreur d’orthographe ailleurs m’avait trompé de façon durable. Si vous recherchez « brocciu » tous les résultats n’ont pas d’accent sur le « u » : pas du Ministère d’Agriculture, ni du site officiel des producteurs, ni le site officiel de tourisme. Mais en insistant avec des guillemets, j’ai trouvé d’autres exemples avec l’accent : Marie Claire, un resto corse, le magazine Taste France (une publication du Ministère d’Agriculture !).
J’ai supprimé l’accent du livre. Cet article n’est pas sur le brocciù, c’est sur Keldelice, et ceci est un exemple de comment j’ai appris quelque chose là qui n’était pas complètement faux, mais peut-être pas la bonne chose à citer. D’autres fois, des erreurs du site m’ont dit que le Bleu de Gex était un produit antillais, ou que le nougat de Montélimar venait des Hauts-de-France. Je ne crois pas que ces choses aient été faites exprès, mais que l’on ne faisait pas assez d’attention aux fautes de frappe avec certaines données.
Ça dit, c’était souvent mon meilleur outil pour me lancer sur la bonne voie. À défaut d’une référence telle que le Larousse gastronomique — un livre qui ne se concentre pas sur la cuisine paysanne comme le Tour — Keldelice était un point de départ largement fiable, et souvent plus utile que les sites de tourisme, qui ne proposaient que de « bonnes adresses ». Vraiment, sans faire un tel projet, vous ne comprenez pas pourquoi j’apprécie tant les Berry Province et Réunion Tourisme du pays — trouver même juste les bons noms de plats était souvent un défi.
Alors, malgré ses défauts, Keldelice me manquera. J’écris dans le livre sur l’expérience de quitter Duolingo — quand quelque chose fait partie de sa vie pendant des années, c’est difficile de le quitter. Mais j’avais vraiment épuisé Duolingo. Keldelice était une ressource vivante, et un modèle pour tout ce que j’essaye de faire ici. Je n’ai jamais pleuré un site web avant, mais il y a des larmes pour Keldelice.
J’ai appris beaucoup de choses ce week-end que je n’aiment pas du tout. Il y a des erreurs que j’ai faites des milliers de fois ici sans que personne ne les mentionne.
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0
En 2022, j’ai partagé sur Facebook un mème qui se moque de l’âge de M. Michel Drucker en ajoutant :
Ma chère amie Pascale m’a répondu que :
J’en ai tiré la mauvaise leçon. Depuis ce temps-là, j’écris chaque fois « des années », « des minutes », « des heures », etc. Mais beaucoup de mes bénévoles m’ont corrigé avec « quelques » au lieu de « des ». Voici un petit « best-of » du blog :
Il y a des années, quand j’ai entendu « Douliou Douliou Saint-Tropez » pour la première fois…
Si j’ai bien compris, j’aurais dû écrire « quelques » chaque fois.
Et parlons de « chaque fois ». D’habitude, j’écris « à chaque fois ». Mais j’ai lu encore et encore des corrections pour me dire d’éliminer les « à ». Puis j’ai découvert cette astuce de l’Académie française :
À chaque fois (que) est tout à fait correct, d’emploi plus rare et plus littéraire que chaque fois (que).
Je ne sais pas s’il reste des lecteurs qui s’en souviennent, mais il y a longtemps, avant de rejoindre l’OCA, j’avais l’habitude d’écrire sans « ne », afin de pratiquer la langue comme je l’utiliserais à l’oral. J’ai reçu assez de plaintes pour arrêter ça, mais personne ne m’a jamais dit « n’écrivez pas « à » dans ce cas » ! Et maintenant tout le monde le fait !
Un de plus ? Voici l’erreur la plus gênante de tout le blog. Je viens d’apprendre que c’est « couper en dés », pas « couper en dès ». J’ai failli faire une crise cardiaque en apprenant ça. Voilà :
1/2 heure avant de commencer, sortir le beurre du frigo et le couper en dès afin de ramollir.
Il y a des centaines d’exemples de cette erreur. Mais il faut remonter jusqu’à mon dîner rhodanien pour trouver un exemple de l’usage correct, et là, j’ai aussi écrit « Couper le paleron en dès ». En fait, il n’y a que 3 autres recettes sur tout le blog, toutes de l’époque où j’avais l’habitude de copier-coller des instructions, qui sont correctes à cet égard : Mon dîner manchois, Mon dîner cantalien, et Les chouquettes. Ouaip.
Ai-je mentionné que j’ai collé certains de ces « dès » dans les bulletins de l’OCA, et personne ne les a jamais remarqués non plus ? Gê-naaaaaaaaaaaant !
Le français n’a pas de bons mots pour exprimer le point auquel je suis gêné en ce moment. L’allemand en a probablement des centaines.
Vous alliez avoir tout autre article aujourd’hui, quelque chose d’attendu depuis longtemps. Cependant, j’essaie sincèrement de finir le livre cette semaine, pendant que La Fille n’est pas à la maison. Il me faudra 3 heures pour finir ledit article, et je ne les aurai pas jusqu’à ce que je finisse.
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0
D’abord, j’aimerais dire deux choses.
En premier, je suis toujours prêt à me blâmer pour tout. La Fille et moi avons même une chanson sur ce sujet, sur l’air d’une chanson des années 70. En anglais, le titre dit « Tout est beau », mais nous chantons plutôt « Tout est la faute à Justin » (croyez-moi, en anglais ça convient mieux aux paroles originales).
L’autre chose, la faute pour tout malentendu lié au livre est la mienne. Par exemple, il y a une métaphore que j’ai inventée ici en juin 2024 qui forme une partie importante du récit. Ça se trouve vers la fin de mon article sur Eddy Mitchell, et je l’ai adoptée partout — l’idée étant qu’il y a deux France, la moderne, symbolisée par Eddy Mitchell, et la traditionnelle, symbolisée par Maïté. J’aurais dû envoyer une copie de ce chapitre à chacun de mes bénévoles. Je regrette la confusion exprimée par chaque personne qui s’en est plainte. Je crois sincèrement que tout s’accorde très bien quand on lit le livre en entier, mais sans contexte, je comprends le problème.
J’ai passé du temps avec 2 retours hier soir, l’un reçu il y a deux semaines, pas d’un lecteur habituel, et l’autre, reçu très récemment. Jusqu’à ce point, je n’ai jamais expérimenté vraiment ce que j’appellerais un « choc culturel ». Des différences, bien sûr, mais un moment où je me suis dit « Est-ce que j’ai tout mal compris ? », jamais. Maintenant, ça fait deux, peut-être trois fois.
J’entends souvent des Français qui ont étudié aux États-Unis que notre système de notes est trop gentil, qu’une « A », la note la plus haute possible chez moi, ne vaut qu’un 15/20 en France. J’entends parfois que j’exprime plus de fierté envers La Fille que ce qui est normal en France, et que les parents américains ne sont pas assez stricts par rapport aux parents français.
Disons que je comprends maintenant. Je m’inquiète que mes propres habitudes me mènent à voir des choses qui ne sont vraiment pas là, et je ne cafarderai sur personne. Mais je dirai que le français est une langue très nuancée, alors des mots comme « rien » et « aucun », pour décrire le sens d’une phrase, frappent comme des masses. Chez moi, ces mots ne seraient pas utilisés à moins que le texte soit du vrai n’importe quoi. J’ai pourtant l’impression que ce n’est pas l’intention, mais je suis mal placé pour faire moi-même les distinctions.
Mais l’autre critique est venue de quelqu’une que je considère une chère amie, qui m’a dit « ton experience pourrait intéresser des américains plutôt que des français. Pourquoi ne pas l’écrire aussi en anglais ? » J’espère que j’ai mal compris. « Plutôt » se traduit toujours par « rather », ce qui veut dire « au lieu de », pas « ainsi que ». Alors la première phrase me semble dire que j’aurais dû écrire en anglais au lieu de français, et que le sujet n’intéresse pas les Français. Cependant, la deuxième phrase dit clairement « aussi », et il me semble que ça ne veut pas dire ce que je craignais. Je ne crois pas du tout que cette personne veuille me blesser, mais je galère sincèrement à lire la première phrase d’autre façon.
Un troisième lecteur m’a dit quelque chose que je ne comprends même pas. Il s’agit des césures. Apparemment, je devrais les faire à la main, car selon cette personne, à chaque fois où le logiciel ajoute une césure, il faut mettre un trait d’union à la fin d’une ligne, où le mot est coupé, puis un autre au début de la ligne suivant, où le mot se reprend. Pourtant, quand je lis Le Canard enchaîné ou des livres sur Kindle, je ne vois que des traits à la fin des lignes, comme ici :
Capture d’écran du Canard
J’ai passé une heure en recherchant comment faire ça automatiquement dans LibreOffice, mon logiciel de choix, sans succès. Est-ce que vous ajoutez vraiment les césures à la main ?
Je me demande donc en ce moment si je viens de perdre des mois d’efforts. Mon idée fixe la plus durable, c’est qu’en fait je suis très faible, et que vous êtes tous trop gentils avec moi. J’ai entendu de nombreux commentaires enthousiastes, mais l’un de mes thèmes, c’est exactement que tout ça me semble incroyable. Je m’attendais à une crise de confiance tôt ou tard, parce que je me connais. Mais je m’attendais à ce que ce soit fait maison !
J’ai le cœur brisé et cette fois, je dois me demander si c’était en partie de ma faute. Je vous dirai tout d’abord que personne n’est mort pour autant que je sache, mais c’est presque certainement une perte permanente.
Si vous êtes ici depuis longtemps, peut-être que vous vous souvenez d’un billet pour présenter deux connaissances sur Twitter en région strasbourgeoise, « Les bons œufs de Twitter ». Le gros-titre lui-même était un calembour sur les anciennes photos de profil sur ce site-là, qui étaient des œufs pour ceux qui ne se souciaient pas d’en prendre une, ainsi qu’une expression en anglais. Si vous n’avez pas envie de le lire, je connaissais les deux sous les noms d’Internet de Homer et ytrezaa.
Comme beaucoup de monde, les deux ont largement quitté Twitter pour Bluesky. Vu le manque de réponses sur les deux de nos jours, j’ai tendance de les visiter juste pour poster des liens vers mes articles. Mais à chaque fois où je visitais Bluesky, puisque je savais que ytrezaa avait l’habitude de poster le matin en France, je vérifierais si elle avait mis quelque chose là et lui donnerais une mention j’aime.
Hier je me suis rendu compte que ça faisait des semaines depuis la dernière fois où je l’avais vue. Plus de semaines que ce que j’ai imaginé. Alors j’ai vérifié mes réponses, et il me semblait que notre dernière conversation a impliqué une situation aux États-Unis qui l’avait contrariée :
Mais je sais que j’avais aimé quelques posts de son côté après, alors je ne crois pas qu’elle m’ait bloqué à cause de ça. C’était elle qui m’avait invité à Bluesky (quand c’était nécessaire) pour commencer :
Cependant, il me semble qu’en fait, je ne suis pas bloqué. Elle a simplement supprimé ses comptes sur les deux sites.
J’espère que ce n’était pas quelque chose que j’ai dit — je me blâme toujours pour ces choses, mais la vérité, c’est que je n’ai pas d’infos à cet égard. Ce qui m’a fait rendre compte que quelque chose n’allait pas, c’était que nous nous sommes rencontrés à cause d’une autre connaissance commune, Steve Olson — et je viens de corriger la partie de mon livre qui raconte son histoire.
Je sais que rien ne dure pour toujours, et tout le monde nous quitte tôt ou tard. Et je sais que chacun a ses propres raisons. Mais l’année dernière a vu beaucoup de pertes — Pascale, M. Descarottes, et maintenant ytrezaa — et honnêtement, je n’en profite pas.
Je vais juste partager une conversation de nos SMS d’il y a 2 jours. Puis nous en parlerons un peu. C’est dingue :
Comme souvent, le dialogue a commencé par une vantardise de son côté, dans ce cas qu’elle est une meilleure étudiante que moi. J’étais très fier de voir cette phrase — il n’y a pas d’erreurs là. C’est du bon travail !
Bien sûr, je n’allais pas simplement la laisser dire de telles choses, alors j’ai répondu en disant que je n’avais même pas essayé. Mais ça, c’était pour la provoquer à poursuivre sa pensée avec une raisonnement, peu importe à quel point ce soit ridicule. Et je n’ai pas été déçu ! Elle a fait deux erreurs dans sa réponse, mais savoir la différence entre « de » et « des » devant un nom, c’est un peu compliqué. Et si elle ne sait toujours pas comment choisir entre « à » et « dans », ce n’est pas grand-chose non plus après seulement une année d’études.
Sa dernière réponse laisse plus à désirer. Nous avons discuté plus tard les différences entre « que », « ce que » et « quoi »,mais il me semble que ça prendra du temps. L’erreur de « veux à dire » est tout simplement une traduction dans la tête de l’anglais — elle voulait mettre le mot « to » devant un verbe à l’infinitif.
Mais j’en suis ravi. Elle initie de plus en plus de conversations en français par SMS, et je suis heureux de l’encourager. Si elle veut raconter des salades pour pratiquer, qui suis-je pour dire non ? Elle veut pratiquer tout court !