Il y a des mois, j’ai lu un article sur France 3 Bretagne qui se traitait d’un cloître gothique breton. Mais d’abord, sommes-nous d’accord que le Mont Saint-Michel lui-même se trouve en Normandie ?
Alors, il était une fois, il y avait au moins deux copies du cloître du Mont Saint-Michel. Voici une photo du cloître originale par le photographe le deuxième plus cité du Tour :

L’une se trouvait à Pont-l’Abbé, dans le Finistère. Selon France 3, de nos jours il se trouve dans le « musée de Quimper », mais j’ai recherché plusieurs musées dans cette ville et ne l’ai pas trouvée. Cependant, celle-ci n’est pas l’objet de notre histoire.
L’autre se trouvait à Carhaix. Je laisse France 3 expliquer le point de vue français sur ce qui s’est passé :
C’est une Carhaisienne qui avait vendu le cloître et ses quelque 90 piliers aux formes caractéristiques, au milliardaire américain William Randolph Hearst, par le biais d’un antiquaire de Beauvais. Une vente réalisée pour un montant équivalent à l’époque, à 40 000 euros. « L’antiquaire avait volontairement brouillé les pistes pour éviter d’alerter les services de l’État, qui auraient pu faire un classement d’urgence »raconte Clément Perrichot.
On le croyait perdu — jusqu’à récemment, quand un médiateur qui travaille au Mont a signalé à Anne Derrien, l’historienne employée par la ville de Carhaix pour le retrouver, qu’il l’avait vu — au Kansas.
Je voulais comprendre le point de vue du musée américain, qui refuse de le renvoyer en France, alors j’ai recherché leur compte rendu de l’affaire. Selon eux, le cloître provient d’une abbaye près de Beauvais, dans l’Oise. Leurs notes indiquent qu’un certain « E. Simon » — pas clair si c’était un homme ou une femme — l’a eu à partir du 31 juillet 1930 et l’a vendu à la Galerie Brummer de New York en août de cette année. M. Hearst l’a acheté à la Galerie en août-même. Il a resté chez lui jusqu’en 1941 quand la galerie l’a racheté et l’a revendu au Musée Nelson-Atkins à Kansas City, toujours en 1941. Voici une photo du cloître tel qu’il existe aujourd’hui ; à noter, ils offrent un lien pour télécharger la photo, alors je crois qu’il n’y a pas de problèmes de droit :

À mon avis, les arches ne ressemblent pas trop à celles du Mont Saint-Michel — la forme en haute est un objet géométrique un peu comme une fleur, et les arches du Mont se terminent à un point. Toutefois, il y a une bonne raison pour ne pas croire le musée. Voici une capture d’écran d’une plaque à Carhaix sur le cloître, montrée dans l’article lié au début :

La légende dit que la photo a été prise en 1930. Les arches sont très clairement les mêmes que dans le cloître américain. Il serait un tour de magie impressionnant pour le même cloître d’être à Carhaix et à Beauvais en même temps !
C’est donc quoi la vérité ? On penserait que le musée connaîtrait le nom de l’abbaye à Beauvais, mais ce n’est pas le cas. Je dois croire les carhaisiens sur parole en ce qui concerne la date de la photo, parce qu’il n’y a pas de preuves externes à son égard. Il y a donc des lacunes aux deux côtés — mais la question de la provenance beauvaisienne me semble plus inquiétante que la date de la photo. Il n’y a pas de doute qu’il s’agit du bon monument.
Je ne suis pas expert des lois à cet égard, mais si c’était à moi, j’essaierais à offrir le cloître en échange d’une garantie que d’autres œuvres seraient prêtées au musée.














































































