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La Bretagne au Kansas

Il y a des mois, j’ai lu un article sur France 3 Bretagne qui se traitait d’un cloître gothique breton. Mais d’abord, sommes-nous d’accord que le Mont Saint-Michel lui-même se trouve en Normandie ?

Alors, il était une fois, il y avait au moins deux copies du cloître du Mont Saint-Michel. Voici une photo du cloître originale par le photographe le deuxième plus cité du Tour :

Cloître du Mont Saint-Michel
Cloître du Mont Saint-Michel, Photo par Zairon, CC BY-SA 4.0

L’une se trouvait à Pont-l’Abbé, dans le Finistère. Selon France 3, de nos jours il se trouve dans le « musée de Quimper », mais j’ai recherché plusieurs musées dans cette ville et ne l’ai pas trouvée. Cependant, celle-ci n’est pas l’objet de notre histoire.

L’autre se trouvait à Carhaix. Je laisse France 3 expliquer le point de vue français sur ce qui s’est passé :

C’est une Carhaisienne qui avait vendu le cloître et ses quelque 90 piliers aux formes caractéristiques, au milliardaire américain William Randolph Hearst, par le biais d’un antiquaire de Beauvais. Une vente réalisée pour un montant équivalent à l’époque, à 40 000 euros. « L’antiquaire avait volontairement brouillé les pistes pour éviter d’alerter les services de l’État, qui auraient pu faire un classement d’urgence »raconte Clément Perrichot.

On le croyait perdu — jusqu’à récemment, quand un médiateur qui travaille au Mont a signalé à Anne Derrien, l’historienne employée par la ville de Carhaix pour le retrouver, qu’il l’avait vu — au Kansas.

Je voulais comprendre le point de vue du musée américain, qui refuse de le renvoyer en France, alors j’ai recherché leur compte rendu de l’affaire. Selon eux, le cloître provient d’une abbaye près de Beauvais, dans l’Oise. Leurs notes indiquent qu’un certain « E. Simon » — pas clair si c’était un homme ou une femme — l’a eu à partir du 31 juillet 1930 et l’a vendu à la Galerie Brummer de New York en août de cette année. M. Hearst l’a acheté à la Galerie en août-même. Il a resté chez lui jusqu’en 1941 quand la galerie l’a racheté et l’a revendu au Musée Nelson-Atkins à Kansas City, toujours en 1941. Voici une photo du cloître tel qu’il existe aujourd’hui ; à noter, ils offrent un lien pour télécharger la photo, alors je crois qu’il n’y a pas de problèmes de droit :

Cloître au Musée Nelson-Atkins, visiblement gardé dans une salle à l'intérieur du musée
Cloître au Musée Nelson-Atkins, ©️Musée Nelson-Atkins

À mon avis, les arches ne ressemblent pas trop à celles du Mont Saint-Michel — la forme en haute est un objet géométrique un peu comme une fleur, et les arches du Mont se terminent à un point. Toutefois, il y a une bonne raison pour ne pas croire le musée. Voici une capture d’écran d’une plaque à Carhaix sur le cloître, montrée dans l’article lié au début :

Photo avec la légende « La galerie sud du cloître des Augustins vers 1930, avant son départ pour les États-Unis.
Capture d’écran d’un clip de France 3

La légende dit que la photo a été prise en 1930. Les arches sont très clairement les mêmes que dans le cloître américain. Il serait un tour de magie impressionnant pour le même cloître d’être à Carhaix et à Beauvais en même temps !

C’est donc quoi la vérité ? On penserait que le musée connaîtrait le nom de l’abbaye à Beauvais, mais ce n’est pas le cas. Je dois croire les carhaisiens sur parole en ce qui concerne la date de la photo, parce qu’il n’y a pas de preuves externes à son égard. Il y a donc des lacunes aux deux côtés — mais la question de la provenance beauvaisienne me semble plus inquiétante que la date de la photo. Il n’y a pas de doute qu’il s’agit du bon monument.

Je ne suis pas expert des lois à cet égard, mais si c’était à moi, j’essaierais à offrir le cloître en échange d’une garantie que d’autres œuvres seraient prêtées au musée.

Rapport sur l’état du projet

J’ai passé tout, et je veux dire tout le week-end en travaillant sur le livre. Je suis très satisfait d’un changement ; chaque recette qui avait de l’espace sur la page a maintenant des faits sur le département en haut de la recette. Je crois que ça améliore le sens de suivre le Tour même si j’ai écrit au début « Ce livre n’est pas du tout mon blog au format imprimé ». Ça reste le cas, mais ce changement ajoute un peu de couleur.

Liste de contrôle, Auteur inconnu, Domaine public

J’ai pris une décision difficile et le travail est terminé, alors il n’y aura plus de questions sur ce point. Le passé simple est passé au passé. Le livre se lit désormais plus comme ce blog, mais j’espère avec moins des « erreurs de minuit ».

Est-ce que vous comprenez de quoi je parle en disant ça ? Il y a une tendance lamentable, plus pendant l’année dernière qu’avant, où je finis l’écriture de mes articles à une heure où je m’endors. Et c’est à ces moments où j’appuie par hasard sur les flèches qui déplacent les paragraphes, sans avoir aucun souvenir de l’avoir fait. Je suis au courant que ça arrive, mais c’est parfois le cas que je n’ai aucune idée que c’est arrivé jusqu’au lendemain. C’est rarement le cas que l’on me le signale — très gentil de votre part, sincèrement — mais je suis gêné à chaque fois où je le découvre. À vrai dire, je crois que ce genre d’erreur n’existe pas dans le livre, mais je travaille toujours à supprimer les autres au maximum. Avec la fin du livre, il me faudra absolument régler la situation de mon horaire.

Il y a 3 pages qui n’existent toujours pas, et n’ont que des pages blanches réservées pour leurs contenus. Je dois régler cette situation. Je suis si, si proche de la fin, au point où il ne m’a pas dérangé de travailler à nouveau sur les recettes et la grammaire ailleurs, mais ça dit, les trous doivent être comblés et bientôt.

Mais à ce point, j’aime où je vais. Il y a des chapitres qui font référence à d’autres chapitres, mais la plupart du livre peut être lue au hasard, comme je le souhaitais. Je crois que très peu des chapitres se lisent comme bouche-trou, mais peut-être que je n’ai pas assez de distance du texte pour le reconnaître. Je suis surtout ravi qu’à ce point, personne n’ait refusé leur apparition dans le texte. (J’ai toujours une poignée de monde à contacter à cet égard, mais les retours à ce point sont positifs.)

Et j’aurai une surprise pour vous tous plus tard cette semaine. Il y a certaines choses qui ont été censées commencer après la fin du Tour, mais qui ont été reportées ces derniers mois. Disons que j’ai dû faire certaines tâches pendant cette période de corrections qui m’ont aidé à cet égard. Vous aurez bientôt le premier fruit de ça.

Merci encore pour votre patience avec ce processus. J’ai trop de choses sur mon assiette, comme on dit en anglais (Jain utilise la bonne expression dans sa chanson Inspecta), et je me sens très stressé, mais vous êtes tous les meilleurs et votre soutien reste inestimable.

Le réseau toxique

J’ai découvert quelque chose hier qui me met très mal à l’aise. Nous allons en parler tout de suite.

Commençons d’abord avec une nouvelle qui fera pas mal d’entre vous sourire. Pas moi, parce que c’est un autre exemple du problème américain que j’évoque encore et encore, que nous nous haïssons trop, les uns aux autres. C’était la nouvelle que M. le vice-président Vance a rejoint le réseau social Bluesky, et dans un jour, est devenu l’utilisateur le plus bloqué par d’autres utilisateurs (lien en anglais) de l’appli. Mais n’applaudîtes pas trop. Je vais vous montrer un tableau qui explique le problème :

Capture d'écran de la liste de top 5 bloqués sur Bluesky
Capture d’écran

Ça dit « Top 5 bloqués » et montre que 109 milliers d’utilisateurs de Bluesky ont bloqué M. Vance. Je ne connais pas le compte dit « nowbreezing ». Mais même si je ne suis pas les 3 autres, je les connais, parce qu’ils sont tous des personnes bien connues aux États-Unis. Et tous les 3 — Jesse Singal, Brianna Wu, et Mark Cuban — sont connus principalement pour être gauchistes dans les médias (M. Cuban est milliardaire, mais pas plus connu pour ses entreprises, toutes vendues). « Mais Justin », vous me dites, « ça montre que le blocage vont dans les deux sens, non ? Pas de problème ! » Ah non, en fait chez Bluesky, le problème est qu’ils sont bloqués pour être insuffisamment de gauche. Mais je dirais que même cela n’est pas un problème en soi ; tout le monde aime avoir sa chambre d’écho parfois.

Non, la raison pour laquelle je me plains de cette situation, c’est que je ne poste que des liens à mon blog là, rien de politique, et même moi, je me retrouve attrapé dans le même filet. Ayant découvert Clearsky, une appli qui surveille Bluesky, à cause de cette nouvelle, je me suis recherché, et j’ai découvert que je suis bloqué par 9 personnes que je ne connais pas du tout !

Capture d'écran des 9 comptes qui me bloquent. Je ne connais aucun des utilisateurs.

Alors, n’importe quoi, je ne suis pas la tasse de thé de tout le monde. Mais ensuite j’ai décidé de faire l’enquête sur d’autres choses que Clearsky montre, comme les listes où j’apparais. Et là, j’ai reçu une surprise :

Capture d'écran des 2 listes dont je fais partie.

Il s’avère que l’on m’a ajouté à une liste d’utilisateurs qui suivent un compte dit « Les électrons libres ». Je me reconnais coupable de ça ; c’est un projet d’une journaliste que je suivais déjà, Delphine Lancel, ainsi que d’autres journalistes. Ils se disent « techno-optimistes » — vous pouvez lire un article sur eux dans Le Figaro — et je suis tout sauf ça, mais je suis une diversité de gens tant qu’ils ne lancent pas des menaces de mort (un grave problème chez Bluesky en anglais). Cette liste est trop nouvelle pour être la raison pour laquelle je suis bloqué par les autres, mais il s’avère que sa créatrice, identifiée dans la capture d’écran ici, l’utilise pour me bloquer. Je ne la connais pas du tout ; pour autant que je sache, nous n’avons jamais interagi.

Et c’est ça que je trouve très inquiétant. Twitter est plein de listes de blocage, mais apparemment Bluesky dépasse ses capacités à cet égard. Avec Bluesky, on peut évidemment choisir de construire des listes de personnes qui ont simplement suivi quelqu’un d’autre, et les publier pour tout le monde. Ça m’étonne — même si cette personne veut me bloquer pour cette raison, je n’arrive pas à comprendre pourquoi Bluesky le rend facile à partager avec le monde entier. Il n’y a pas de fonction pareille sur Twitter.

Je vous ai montré en décembre comment Bluesky est devenu le réseau de choix pour ceux qui aiment fêter la violence politique aux États-Unis. Mais à l’époque, je croyais que c’était juste une coïncidence, que ce réseau soit devenu comme ça parce que beaucoup de monde qui avaient fui Twitter y ont trouvé une sorte de refuge.

Faisons la comparaison avec Twitter. Là, j’apparais dans 2 listes :

Ni « Apprentissage du français » ni « Amoureux Langue française » ne me font peur. On m’a mis sur ces listes pour des raisons évidentes et inoffensives. Chez Bluesky, c’est plutôt le travail d’un commissaire autonommé. Je ne veux pas quitter Bluesky — j’ai des connaissances qui sont seulement actives là — mais si je me retrouve sur d’autres listes construites de cette façon, ce sera certainement la fin.

L’expérience flan pâtissier

Il y a des semaines, j’ai vu une photo sur Instagram, et comme toujours quand il s’agit de la France, je suis tout de suite devenu obsédé. Voilà :

Ce qui m’a attiré n’était pas autant le goût du bonbon Bounty que l’idée de mélanger deux parfums dans des couches séparées de crème pâtissière. Franchement, La Fille déteste la noix de coco (ce qui me donne le droit à tous ses barres d’Almond Joy à Halloween). Et je ne dirais pas qu’imiter ce flan exact était mon but ; je voulais plutôt tester la technique. Alors ceci est plutôt un rapport sur l’état du projet. C’était aussi une opportunité de valider encore une fois deux recettes dans l’annexe du livre.

Alors, voici mon premier flan aux deux goûts, chocolat-vanille :

Flan entier en gros-plan

De la surface, il semble être un flan pâtissier ordinaire. Ce dont vous avez vraiment envie, c’est de voir la découpe. Voilà :

Bout de flan en gros-plan, vue du côté. Les deux couches de flan sont facilement visibles.

Puisque je suis mon propre critique le plus amer (au moins, depuis la démission de mon ex du blog), allons nous lancer dans les problèmes à ce point. Pour une chose, les lignes ne sont pas droites — il y a une sorte d’onde dans le bord entre les deux couches. Autre chose, il y a des points du flan à la vanille visibles dans la couche au chocolat. Et la croûte est trop épaisse, à ne pas mentionner pleine de petits trous où j’ai dû faire des réparations.

Cependant, la technique pour le construire est facile, et je crois que je peux tout régler. Et la couche au chocolat en particulier, c’est une tuerie. Je me demande un peu si je me soucie du reste du projet, parce que ce flan juste au chocolat serait déjà le meilleur que j’ai goûté. Je suis complètement sérieux. Mais j’ai une soirée tarot d’ici 10 jours, et ça veut dire qu’il reste des choses à faire !

La pâte est simplement notre pâte sucrée d’après Pierre Hermé. J’ai fait 40 % de la recette habituelle, afin que je puisse utiliser exactement un bâton entier de beurre. Voici des photos de la fabrication, parce que je voudrais juste vous rassurer (j’explique la blague dans le livre) que cette pâte n’a pas reposé pendant des mois au congélateur.

Alors, la crème pâtissière. C’est ma recette habituelle d’après Gaston Lenôtre, même si j’ai du mal à trouver un exemple avec les mêmes quantités — 5 jaunes d’œuf contre 500 ml de lait, très riche car il n’y a pas de blancs d’œuf. Mais cette fois, j’ai versé la moitié de la crème dans un bol une fois cuite, puis ajouté 55 grammes de chocolat noir pâtissier (1/2 tablette Ghirardelli). À noter, ce serait 110 grammes de chocolat pour parfumer toute la crème. Voilà :

Si vous regardez la dernière photo de proche, vous verrez de petits points blancs dans la crème pâtissière au chocolat. Ce sont des grumeaux de maïzena qui se sont collés dans la crème. Je crois que je peux régler ça avec un batteur plongeant. D’habitude je ne tamise pas la maïzena avant de la mélanger avec les œufs, mais peut-être que c’est nécessaire. Je ne l’ai jamais remarqué dans des crèmes à la vanille uniquement.

Voici le montage :

Il faut vraiment que je maîtrise le fonçage par bandes, car la pâte se déchire sous son propre poids quand on essaye de mettre la pâte étalée directement dans le cercle. Mais on peut verser la crème très facilement dans la pâte en deux couches, et étaler l’une au-dessus de l’autre. Si je l’ai fait plus liquide, avant que la crème ne soit cuite, il me semble que les deux couches se mélangerait, et on ne veut pas ça.

Ça fait 35 minutes au four, à 180° C, et un chalumeau après pour brûler la surface. Après, j’ai laissé le flan reposer une nuit entière au frigo. Je vais penser à ce que je veux faire pour la soirée de tarot, et à ce point, je vous donnerai une recette détaillée. Mais nous sommes déjà sur le bon chemin !

Autour de Las Vegas

On finit les points forts de mon voyage à Las Vegas de ce week-end, principalement mais pas seulement dans l’hôtel Paris.

Parlons d’abord des « francismes » de l’hôtel. Il y a des efforts pour avoir des panneaux authentiques, mais quand il s’agit de quelque chose que les clients doivent comprendre, la règle de « le » s’applique. Quoi, vous ne connaissez pas cette règle ? Ça dit que tout mot anglais se traduit en français en mettant « le » devant le mot. Ou « les » pour le pluriel. Quoi, c’est important ! Aussi, un accent peut suivre la lettre qu’il est censé aller avec ; « pool » veut dire « piscine ».

Dans la chambre, il y a un petit bar où si on enlève les bonbons, les chips, ou les… autres choses, on est facturé automatiquement. Et les tarifs sont chers :

Dites-donc, 15 $ pour les bonbons, c’est ridicule. Mais 70 $ pour le truc qui se dit « intimacy kit » ? De quoi s’agit-il ?

Photo de la trousse pour les amants -- une paire de lèvres bien rouges en gros-plan est imprimée sur la boîte.

Je ne voulais pas risquer d’être facturé si je touchais ce truc. J’imagine qu’il y a plus qu’une seule « lettre française » là-dedans (traduction littérale de l’expression britannique pour une capote), mais les contenus n’étaient pas visibles. Au cas où ça pourrait vous aider au futur, il y a une pharmacie CVS juste à côté de l’hôtel. CVS veut dire « Chaîne de voleurs sans-scrupules », mais les anglophones pensent que ça dit « Consumer Value Stores ». Même à leur pire, vous payerez certainement moins pour ce truc là. Et vous pensiez tous que je ne savais pas quelles étaient ces choses. (J’aurais fait le même pari à vos places.)

Parlons maintenant de la boulangerie de l’hôtel. L’année dernière, je vous avais montré « Brioche par Guy Savoy », ce qui était décevant. Cette fois, c’est Dominique Ansel, renommé partout aux États-Unis pour son « cronut », mi-croissant et mi-donut. Voici sa vitrine :

Tout ici coûte au moins 10 $ — les croissants, les pains au chocolat et les cronuts ; le kouign-amann géant coûte 70 $ (c’est un thème là, quand on se fait… hihihi, ce n’est pas ce genre de blog). Les petits kouign-amanns en haut à droite sont fourrés de glace à la vanille, et sont plus chers.

J’y ai commandé un kouign-amann nature ; il fallait que je sache comment les miens font par rapport à ce pâtissier célèbre.

Je dois vous le dire. Les miens sont meilleurs, et ce n’est pas proche. Il n’y avait aucun sel dans ces viennoiseries, évidemment adaptées aux goûts américains. Mais mon feuilletage est meilleur en plus. Ai-je le melon ? Ben oui, certainement. Mais le cronut était aussi bon que sa réputation — La Fille en a commandé un — alors les attentes étaient élevées. Les gens chez l’OCA qui reçoivent les miens gratuits savent exactement à quel point il faut les apprécier.

Oups, ai-je oublié de vous montrer ses macarons ? Et leur prix de folie ?

Ces coques sont trop plates — et bien trop proches, les unes des autres. C’est-à-dire que la quantité de ganache est honteuse. Pourtant, 6 $ chacun. Pierre Hermé n’ose pas facturer ça, et Ladurée non plus ! Il n’y a pas de question que mes macarons sont meilleurs, sans goûter les siens.

Quelqu’une pourrait manger hyper-bien chez moi ; je dis ça, je dis rien.

Nous étions de retour chez Mon Ami Gabi, le grill au pied de leur « Tour Eiffel ». Le sandwich au poulet et au brie était meilleur que mon steak frites de la dernière fois.

Il faut toujours se rendre au jardin de l’hôtel Bellagio, mon spectacle préféré de toute la ville. Je ne suis jamais déçu, mais je ferai mes excuses ici — il n’y a pas de texte alternatif pour ces photos parce que je ne connais pas le vocabulaire du jardinage. Mais oui, c’est moi en bas à droite. Je porte un jean du Temps des Cerises, incorrigible que je suis.

Il faut aussi voir le spectacle d’eau dans le lac devant le Bellagio :

J’ai remarqué une vitrine curieuse chez Hermès dans le Bellagio. C’est impossible de lire les mots dans la première photo, alors j’ai pris une photo avec eux en gros-plan :

« Tous en selle » ? Je me demande si c’est un calembour avec « on sale » en anglais, ce qui devrait s’écrire « en vente ». Selle et sale se prononcent de façon assez similaire. Mais s’il y a une signification française ici, mon dictionnaire ne la connaît pas et moi non plus.

Une dernière chose ? Il y a un magasin consacré à Coca-Cola ailleurs dans le Strip. Très inhabituelles, la queue était courte, alors La Fille et moi avons commandé « Autour du monde » (lien en anglais), une dégustation de 14 sodas pas vendus aux États-Unis — ils viennent d’Afrique, de Chine, d’Italie, même de Pérou. Nous sommes d’accord, « Beverly », vendu en Italie uniquement, est le deuxième pire soda de notre vie. Le pire ? C’est Fanta Prune Aigre, vendu en Chine. Mais la bière au gingembre Stoney ? Merveilleux.

14 petits verres en plastique avec des sodas ; les couleurs sont toutes très artificielles

Ben, en partant une toute dernière chose. Même les stations-service ont des manchots !

La fête d’un million de mots

Avec ce billet, je dépasse un million de mots écrits pour ce blog, tous écrits depuis le 1er novembre 2020. J’étais bien en retard à commencer, mais ce qui me manque en durée, je l’ai remplacé par la quantité, je suppose.

Je serais menteur si je vous disais que je l’ai planifié, mais il s’avère que je me retrouve à Paris pour l’occasion. Encore une fois, l’hôtel Paris Las Vegas plutôt que Paris, Texas ou bien le Paris avec les Galeries Lafayette Haussmann, où j’aurais pu trouver la bonne pâtisserie. Mais on fait ce que l’on peut.

Tour Eiffel de l'hôtel Paris Las Vegas

Avant de continuer, les statistiques, jusqu’à hier, 999 374 mots en total. Mais il y a environ 680 mots ici :

Chiffres tirés de la page « Tendances » de WordPress

Mais comment est-il arrivé que je me retrouve ici exactement aujourd’hui ? Plus tard aujourd’hui, mes parents, La Fille et moi irons tous à un concert de Weird Al Yankovic chez The Venetian, un hôtel que je vous ai montré avant, avec un thème basé sur Annecy. Non, je plaisante, sur Venise. Cependant, il serait beaucoup plus cher de séjourner là qu’à Paris, et les deux sont très proches, l’un de l’autre, alors nous voilà. C’est la première fois où je suis client, alors faisons le tour de choses que je n’ai jamais vues avant.

Pour une chose, voici la chambre :

Vue de la chambre, avec deux lits et environ 40 m carrés d'espace.

Il y a de l’art hyper-stéréotypé dans la chambre, avec des expressions familières :

Ça dit Oui, très bien et bonne chance en collage.

Nous sommes à la 13 étage, mais le nombre commence par 14. Comment ça ? N’oubliez pas que le nombre 13 est considéré malchanceux dans les cultures anglophones, alors il n’apparaît pas dans les casinos, surtout pas dans les ascenseurs.

Quelque chose d’amusant, les panneaux sont bilingues dans lesdits ascenseurs :

Ça dit « Hôtel et casino accès au niveau 1 uniquement »

Bien sûr, ici la version française suit la convention anglophone : le rez-de-chaussée se dit le « niveau 1 ». Mais quand les panneaux sont bilingues à Las Vegas, la deuxième langue est souvent le chinois, pas le français. Cependant, ce n’est pas partout. Le panneau pour la réception de personnes de marque dit « Le Diamond Check-In », littéralement « L’enregistrement diamant » et la salle juste pour eux dit « La salle des VIP » en bon franglais.

Cependant nous sommes allés ailleurs, chez Caesar’s Palace — le Palais de César — pour le dîner parce que ma mère ne voulait rien essayer dans l’hôtel. Ne me demandez pas pourquoi ; comme tout hôtel à Vegas, il y a au moins une douzaine de restos ici. Néanmoins, nous avons fini par choisir un resto français quand même ; voici la « Brasserie B » par le chef Bobby Flay.

Entrée de la Brasserie B

M. Flay est un peu le Cyril Lignac américain ; il occupe une place pareille dans les médias. Si vous reconnaissez son nom, c’est sans doute parce que j’ai cité ses astuces pour griller un steak pour mon dîner val-de-marnais. Alors, voici la carte avec ses prix époustouflants :

Photo de la carte

J’ai choisi la bavette avec une sauce au poivre, cuite à point, peut-être un plus saignant que ça. J’avais de bonnes raisons pour suivre ses astuces avec le steak ; même si la bavette n’est pas mon steak préféré, c’était excellent.

Photo de la bavette et sa sauce au poivre

Pour aller avec, des frites. Excellentes, mais un peu trop salées, comme arrive souvent aux États-Unis, où notre relation avec le sel est ce que vous pensez existe avec la cannelle.

Les frites

Pensiez-vous que je n’allais pas prendre un dessert ? Vous êtes sur le mauvais blog pour ça ! Mais c’était décevant, un soi-disant « gâteau délice au chocolat », sans ce que j’appellerais du gâteau. C’est une mousse au chocolat sur un croustillant au chocolat, avec un caramel au beurre salé. Des noisettes se trouvent sur l’assiette sans s’impliquer dans la recette. À vrai dire, la mousse était fade et le caramel était de loin la meilleure partie. Peut-être que je revisiterai cette idée moi-même. Je fais une meilleure mousse au chocolat, et j’aime le concept ; c’est la réalisation qui doit s’améliorer.

Ce n’était pas prévu comme fête de mon million de mots. C’est juste, comme je dis dans le livre, un autre « heureux hasard », comme beaucoup des histoires du blog, des choses imprévisibles qui vont pour le mieux contre tout attente. Mais ça le rend le dîner parfait pour l’événement, non ?

Ici et là

Il me semble que demain, je vais enfin atteindre la plus grande étape du blog, ce que j’ai mentionné il y a deux semaines. Je n’ai pas grand-chose de prévu pour la fêter, autre que de marquer l’occasion.

Alors, quelques notes en l’attendant :

La bonne nouvelle, c’est que mon médecin était plus content de mes résultats qu’attendu. J’avais rendez-vous chez lui mercredi, et il m’a dit que vu que rien n’avait empiré, il n’y avait pas besoin de me revoir jusqu’en décembre. En fait, tous les nombres autour du cholestérol étaient excellents. C’est pour le mieux, parce que je me suis comporté très mal pendant le week-end, avec un bol de…riz blanc. La honte ! Aussi, les 334 mg/dL de sucre ! (Presque 2 fois le bon maximum.) En même temps, j’ai lu cette semaine que le nombre d’abonnements au logiciel ProtonVPN a augmenté de 1 000 % en France par rapport à la semaine précédente, pour des raisons. Mon idée du mauvais comportement est peut-être un peu différente de la vôtre.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a un risque que nous n’allons nulle part pour les vacances cet été. Je vous ai dit il y a des mois que La Fille a été censée aller à Marseille pendant une croisière avec sa mère, mais les plans ont échoué au tout dernier moment. Alors, je pensais à faire une partie du même itinéraire, sans croisière, pour les vacances. Mais mes parents ont commencé à se plaindre comme toutes les années, « Faut pas partir sans nous, nous n’avons qu’un petit enfant. Mais nous ne savons pas quelles seront les bonnes dates. » Alors j’attendais alors que mon ex insistait sur connaître mes dates afin de faire ses propres plans. Je dois avouer, c’était une demande raisonnable.

Qui vient de me dire hier que les dates ne marcheront pas pour eux ? Alors que les prix ont haussé de 50 % par rapport à ce que j’aurais pu avoir il y a deux mois ? Je suis de très mauvaise humeur à cause de ce développement, alors je vous donne tous un Bon Point sans attendre les réponses :

C'est un « Bon Point Schtroumpf à lunettes », tiré de Facebook, gagné pour avoir pris du sarcasme au sérieux.

Je dois avouer, je ne sais pas vraiment si les prix d’hôtels ont bougé. Mais nous avions ces discussions exactement au moment où tous les européens disaient qu’ils allaient boycotter les voyages aux États-Unis à cause des droits de douane. Les allers-retours coûtaient juste un peu plus que les allers simples à l’époque, car personne n’achetait des billets en direction nord-américaine. Ce que j’essaye de dire, c’est que cette situation ne s’applique plus du tout. Je dois penser sérieusement à la situation, mais il me semble que ce sera peut-être trop.

Ça me rend assez énervé que je crois que je vais aller à Paris pour le week-end juste pour me soulager !

(J’espère qu’à ce point vous avez tous appris comment lire de telles déclarations de ma part. Si vous vous inquiétez sincèrement pour mon état, cliquez ici. Puis par ici.)

Don Luis del Aliso

Je viens de vous raconter des choses horribles sur la Californie, alors je vais vous raconter une autre histoire californienne qui est beaucoup plus dans mon remet typique. Ça a lieu dans la ville de Notre-Dame des Anges de la Rivière Porciúncula, ou comme dites vous les hispanophones, Los Angeles. Il y a un sacré rebondissement vers la fin.

En juillet 1826, un immigré européen, Juan-Luis del Aliso, est arrivé dans les îles Sandwich, de nos jours connues sous le nom Hawaï. À l’époque, le Royaume de Hawaï n’était toujours pas uni, alors les cartes utilisaient le nom donné par le capitaine James Cook, explorateur britannique. Ayant déjà ses 46 ans, notre Juan-Luis avait gagné et perdu une fortune dans son pays natal, et n’était plus bien-aimé des autorités à cause d’avoir choisi le mauvais côté pendant l’un des nombreux changements de gouvernement.

C'est un dessin d'un arbre nommé « El Aliso », âgé de plus de 300 ans à l'époque, qui se trouvait à la ferme de Don Luis del Aliso.
L’arbre dit « El Aliso », Dessin d,Edward Vischer, Domaine public

Juan-Luis s’est fait embauché en tant que gérant d’une distillerie de rhum en 1828, après un an de travail en tant qu’agriculteur. « Mais Justin », vous me dites, « c’est pas les Antilles ici. Hawaï n’est pas connu pour son rhum, malgré tout la canne de sucre qui y pousse. » Et vous avez raison ! Pour la deuxième fois en 5 ans, Juan-Luis a eu la malchance d’être à la mauvaise place au mauvais moment — la nouvelle reine, Kaahumanu, a interdit la production d’alcool en 1829.

Juan-Luis ne pouvait pas rentrer en Europe. Alors en 1830, il est monté à bord d’un bateau pour voyager en Californie, toujours sous le contrôle mexicain. Il est arrivé d’abord à Monterey, une ville près de San Francisco, mais a vite déménagé à Los Angeles. Là, avec le reste de son argent de ses aventures hawaïennes, il a acheté une ferme près de la Rivière des Anges, el Río de Los Angeles de Porciúncula. Étant européen, Juan-Luis a décidé de lancer un vignoble, mais il a essayé d’abord de planter les raisins apporté de l’Espagne par les prêtres, la variété dite Mission. On peut les manger — je le fais moi-même quand le choix est entre ces raisins et la mort — mais il n’était pas satisfait des résultats, comme il faut. Après tout, il y a de nombreux vignobles en Californie du Sud, et même si je n’utiliserais pas leurs produits même pour empoisonner des rats, aucun n’utilise les raisins Mission. (Les bons vignobles californiens se trouvent à partir de Santa Barbara, plus au nord, et surtout au nord de San Francisco. Mais à l’époque, tout vin était le bienvenu.)

Juan-Luis a donc décidé de commander des vignes bordelais, qui devaient naviguer autour de l’Amérique du Sud. Heureusement, il s’avère que les racines restent en bonne santé tant qu’elles sont entourées par des tranches de pomme de terre. Je ne plaisante même pas. Équipé de raisins de qualité, Juan-Luis pouvait enfin produire de meilleurs vins, et c’était lui la première personne à établir une cave pour vieillir ses vins en Californie. Anciennement, les espagnols des missions avaient tendance de boire leurs vins dès que la fermentation avait terminé. Vous feriez pareil avec ces nullités de raisins Mission.

En 1840, Juan-Luis a commencé à exporter ses vins en dehors de LA, d’abord en Californie du Nord, mais bientôt à la Côte Est, et sa première livraison en France une décennie plus tard. Mais on parle maintenant d’un homme de 60 ans. Alors en 1855, Don Luis del Aliso comme il était connu (« Don » étant un honorifique espagnol, et « El Aliso » le nom de son domaine, d’après l’arbre de notre image) a vendu son entreprise à son neveu, Don Pedro Sansevain, et a pris sa retraite. Après, il a fait des dons importants pour lancer le premier hôpital et la première école publique de la ville de Los Angeles, où il est mort en 1862.

Mais il me semble qu’avec tous ces succès, j’ai oublié de vous dire de quel pays européen il est venu. Sûrement l’Espagne avec un tel nom que Juan-Luis, non ? Mais en fait, notre héros est né Jean-Louis Vignes, à Béguey, en Gironde, où il a vécu jusqu’à ce qu’il ait perdu sa position sous le roi Charles X, parce qu’il était lié à l’ancien gouvernement républicain. Son neveu, né Pierre Sainsevain, a été envoyé en Californie en 1839 pour le chercher dès que sa famille a eu des nouvelles de lui. Et jusqu’à nos jours, il y a une rue importante à Los Angeles (lien en anglais) qui porte le nom de Vignes.

Les émeutes de Los Angeles

Je ne suis pas du tout ravi d’écrire sur ce sujet. Mais la vérité qui se cache derrière mon livre, même si je l’ai mentionnée à plusieurs reprises sur ce blog, c’est qu’Un Coup de Foudre est né dans les cendres des émeutes de 2020, quand je me suis dit, « Un pays qui se met le feu avec la complicité enthousiaste de la moitié de la population n’est plus le mien ». Je n’écris pas sur ça dans le livre, parce qu’il est là pour fêter la France, pas susciter la polémique. Mais tous les mauvais souvenirs sont de retour, et c’est exactement le même gouverneur de Californie, M. Newsom, qui veut voir l’état brûler, car il pense que ça fera de lui un président.

Mettons d’abord la scène. Aux États-Unis, Leroy Merlin s’appelle « Home Depot ». Ce n’est pas la même entreprise, mais la fonction est la même. Mais il y a une différence importante. Supposons qu’à côté de chaque Leroy Merlin, une bande d’immigrés trainait pendant toute la journée. Pour adapter au contexte français, supposons que ces immigrés soient tous algériens, et que vous puissiez être très certain que chacun était là sans visa. Cependant, ils sont là pour chercher du travail — les entrepreneurs en bâtiment de la région y viennent le matin, cherchent quelques hommes pour aider, et partent. Tout le monde appelle les endroits où ces immigrés trainent « job sites », chantiers, bien que le travail ait lieu ailleurs. Supposons qu’il soit bien évident que ces hommes font tous du vélo avec des vélos volés, mais au-delà de ça, le taux de crimes lié à ces types n’est pas top sévère la plupart du temps. Au fait, n’oubliez pas qu’ils envoient 60 milliards de dollars au Mexique chaque année, comme je vous ai dit l’année dernière.

Le 6, après des nouvelles que le gouvernement fédéral avait arrêté des types à un « chantier » (il s’est avéré faux, mais ne laissons pas la vérité nous detourner d’une opportunité), il y avait une manif en dehors d’une prison de la région :

Capture d'écran d'une foule d'environ mille personnes en défilé autour d'une prison
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Mais à un certain point, les manifestants ont décidé de bloquer les agents fédéraux dans le bâtiment, et à ce point, c’est devenu une émeute. Puis le 7, cette photo est apparue. C’est aussi près de la prison en haut, à Paramount, une ville juste au sud du centre-ville de LA.

Capture d'écran d'un tweet avec de la fumée noire partout, au-dessus de plusieurs voitures policières. Un homme conduisant une moto porte un drapeau mexicain.
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C’est ici où je dois faire mes excuses pour une erreur hier, même si c »est sans conséquences. Je vous ai dit qu’il y avait des émeutes près de quelque part que j’avais recommandé. Ces photos de Randy’s Donuts viennent de mon trajet à LA en 2024 pour voir Phillippine Delaire :

Randy’s se trouve très proche de l’aéroport LAX, dans la ville d’Inglewood. Mais nous sommes d’accord que le panneau, c’est inratable, non ?

Bon, il s’avère qu’il y a un imitateur à Compton, la pire banlieue de LA, et je ne le savais pas. Je le mentionne parce que j’ai évoqué Randy’s sans mentionner le nom hier, et je suis honnête, alors je n’allais pas cacher l’erreur. Mais le problème n’est pas mieux pour cela. Voici une photo prise par Reuters le 7 :

Un groupe d'une dizaine de hommes assis dans la rue devant Dale's Donuts. Ils portent des drapeaux mexicains. Un homme porte un keffiyeh sur la tête.
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Je me suis trompé que « Dale’s Donuts » était en fait Randy’s. Ils sont presque identiques. Mais vous pouvez voir — il y a des feux, des drapeaux mexicains, même des keffiyehs. Attendez, qu’est-ce qu’un keffiyeh a à voir avec des immigrés mexicains ?

Plus tard le 7, les émeutiers ont commencé à bloquer l’autoroute 101, l’une des 2 les plus importantes pour croiser LA du nord au sud. Le 8, ils ont commencé d’appeler des taxis autonomes de l’entreprise Waymo (filiale de Google), afin d’y mettre le feu :

5 voitures brûlantes dans la rue
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Ailleurs dans la ville, près d’Union Station — la gare la plus importante — des émeutiers avec des drapeaux mexicains et palestiniens jettent des pierres contre des voitures du California Highway Patrol — les policiers de l’état, pas la ville. Je vous recommande FORTEMENT de cliquer le lien de la source pour regarder le clip ; j’utilise des captures d’écran ici seulement au cas où on supprimerait les tweets plus tard :

Capture d'écran d'un tweet avec un clip qui montre des voitures policières stationnées sur une autoroute. Des gens sur un pont jettent des pierres sur les voitures.
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À noter également — la date montre le 9, mais juste après minuit ; c’est un clip tourné pendant l’après-midi du 8. Il faut comprendre — il n’y avait aucun parler de soldats jusqu’au moment où il y a eu des voitures brûlantes et des policiers aggressés dans la rue.

Beaucoup du pays se souvient de « fougeux mais largement paisible », l’expression de la chaîne CNN pour dire que les preuves de nos yeux étaient fausses en 2020. C’est encore une fois fougeux. Personne ne s’intéresse à ce genre de paix une deuxième fois.

Je vous ai dit que je suis beaucoup plus impressionné par la presse française cette fois, parce qu’il y a beaucoup plus de la vérité dans les articles que j’ai vus ce week-end. Alors que Le Monde continue de décrire ce qui arrive comme des « manifestations » et répète la déclaration du gouverneur Newsom que la violence est le « fantasme fou » du président — il n’y a aucune différence entre leur reportage et celui de Libération — beaucoup des autres médias français utilisent le mot « émeute ». Par exemple, ce clip de Franceinfo est largement excellent, même si j’aurais aimé qu’ils ne parlent de « manifestants » exactement au moment où un émeutier détruit une voiture policière. Paris Match vous montre des photos des voitures brûlantes ainsi que d’autres dégâts sous un gros-titre de « Los Angeles après les émeutes ». France 24 utilisait déjà le bon mot très tôt le matin du 8.

Cependant, aucune source médiatique française vous direz que Mme la présidente Sheinbaum, de Mexique, vient de dire que son pays « mobiliserait » si les États-Unis imposait des impôts sur les 60 milliards de dollars dont nous avons parlé en haut. Mais voici un compte Twitter qui a traduit ses mots en français pour vous :

Je comprends l’espagnol ; en fait, il est plus probable qu’elle parle d’actions gouvernementales que d’émeutes. Mais un quart des chaînes de radio à LA sont en espagnol (lien en anglais), et si vous ne pensez pas que ses compatriotes à LA aient entendu ce discours, vous vous trompez.

Tout ça, c’est à dire qu’il y a plus qu’arrive que ce que l’on voit dans les médias, que ce soient américains ou français. Mais utiliser le mot « manifestation » à ce point est de suivre les médias qui nient toujours que la violence existe tout court — comme CNN qui fait encore une fois la même chose — et je vous encourage à prendre ces infos en compte quand vous prenez des nouvelles des États-Unis.

Voyage dans les temps

Je sais, je sais, vous vous demandez tous ce qui s’est passé aux mises à jour du Projet 30 Ans de Taratata, le samedi. La vérité, c’est que je suis bien bloqué sur le prochain artiste, car c’est Alain Chamfort, et la longueur de sa discographie dépasse l’infini, et on parle plutôt de nombres vraiment grands, comme le prix de la vanille. Alors oui, j’évité de l’écrire, car j’ai habitude d’écrire ces billets d’un coup, et je ne peux pas y consacrer un jour entier. Mais ce n’est pas mon sujet du jour autant qu’un effort de vous faire rire avant de passer à quelque chose de grave.

J’étais bien surpris par la rapidité des retours de plusieurs bénévoles en lisant des parties de mon manuscrit. Je m’attendais à une ou deux semaines pour tout le monde. Et je veux être bien clair, j’apprécie les efforts de chacun et tous. Mais il y a deux développements cette semaine qui m’influencent dans les pensées qui suivent.

La première était la découverte d’un projet de livre par quelqu’une qui a déjà apparu dans ces pages au passé, une japonaise qui étudie en France et publie sous le nom « Enchantée Erica ». Je ne suis pas abonné à son compte Insta, mais le fait d’avoir cliqué une fois suffit pour qu’Insta mette ses vidéos dans mon flux à jamais. Et honnêtement, je l’assume ; elle est enthousiaste et sincère, et ne me dérange pas. De toute façon, si j’ai bien compris, elle terminera bientôt ses études et a écrit un livre sur ses expériences dans le pays. C’est auto-édité, mais a l’air bien professionnel pour ses 100 pages.

En jetant un œil sur les photos avec des extraits — mes excuses à Billie, mais impossible de les citer de façon efficace — je vois que c’est un effort, disons, beaucoup moins ambitieux que le mien, à ne pas dire sans intérêt. C’est un livre de poche, avec des anecdotes de sa quotidienne. Elle dit que ça fait 10 ans qu’elle étudie le français, depuis ses années lycéennes, et je dirais qu’elle a probablement un niveau B2 vu tout ce que je vois dans ses clips. Le niveau d’écriture du livre dans les extraits me rappelle un peu ce qui se trouve ici, mais sans les jeux de mots et les autres prétentions. ([Et les cobayes. — M. Descarottes]) Et quand je dis « ce qui se trouve ici », je veux dire surtout la gamme de conjugaisons : le passé composé, l’imparfait, le futur simple, peut-être moins de mes deux préférés, le passé conditionnel et le plus-que-parfait.

Ça nous amène à l’autre chose. J’ai reçu une note très utile de l’un de mes lecteurs bénévoles, avec un avis très honnête sur la grammaire. N’imaginez pas que ce sera une plainte de ma part ; je sais que je tente quelque chose d’ambitieux, et j’ai besoin de l’entendre. La note a dit en partie :

J’ai l’impression que vous voyez un peu le passé simple comme je vois l’imparfait du subjonctif : un temps « bonbon » qu’il est agréable de retrouver de temps en temps.

Franchement, s’il a tort, c’est seulement parce que la vérité est encore pire. C’est en partie un problème d’avoir tout appris à la maison, mais aussi en partie un problème d’en avoir tiré les mauvaises leçons.

Je crois que c’est assez bien connu que tout ce que je sais vient d’une combinaison de logiciels, des médias, et des livres que j’ai lus, non pas pour apprendre la grammaire, mais de la fiction et de l’autobiographie. Considérez donc ce que j’ai vu dans un roman de jeunesse, Prospérine Virgule-Point :

— Prospérine, soupira sa mère d’un ton las, cette chose dégoûtante trempe dans ton bol… Pourquoi tu n’essaierais pas plutôt d’avaler tes céréales au lieu de t’acharner sur ce cadenas ?

Le dialogue se déroule dans le présent, mais le passé simple apparaît partout dans le livre où les actions des personnages sont décrites à la troisième personne. Ce n’est pas une question de combien de temps est passé entre les actions des personnages et le moment du récit. Ça m’a donné l’impression que c’était simplement la forme littéraire à utiliser.

Même chose avec les romans de Guy-Roger Duvert ; voici une citation du tout premier roman que j’ai lu, L’Appel d’Am-Heh :

« Les hommes ne veulent pas aller plus loin, effendi. Ils disent que l’endroit est maudit. » Rick ne put réprimer un petit sourire satisfait. «Donc ils le connaissent… »

Le passé simple marche de même façon ici, à mes yeux ; c’est simplement au lieu du passé composé pour autant que je sache. Mais la pire chose, et la faute est entièrement à moi, est de faire la comparaison avec un extrait de l’autobiographie de Claire Koç, Claire, le prénom de la honte. Elle n’est pas francophone de naissance, et a grandi en Turquie pendant sa première décennie :

« Tout en toi pue la France. » Plus d’une fois, mon visage a essuyé la violence de ce crachat. Ce sont d’abord mes parents qui m’ont répété cette phrase. Mes camarades de classe et mes profs ensuite, mes copines aussi. Puis je l’ai entendu serinée par certains collègues tout au long de ma vie professionnelle.

Ces événements sont loin dans son passé ; pourtant tout est dans le passé composé. Vous êtes tous plus qu’assez malins pour voir ce que j’essaye de dire, mais je le dirai quand même :

La leçon que j’ai tirée de toutes ces lectures, c’était que le passé simple était largement une question d’être « littéraire » ou « éduqué », et que faire autrement signalerait que c’était simplement une question d’avoir appris trop tard, d’être trop intimidé par la variété énorme des temps en français. Croyez-moi, j’ai fait plus de recherches que ça, en lisant par exemple cet article du Figaro, ce qui a renforcé mon impression : « Le passé simple peut exprimer la narration dans un récit. Il est également le temps à utiliser lorsqu’on parle d’un événement historique. »

J’ai d’autres retours qui ont simplement essayé de corriger les verbes cas par cas. Mais ce dont je n’ai aucune envie, c’est de faire perdre du temps à ceux qui essayent de m’aider. Je peux, s’il y en a besoin, l’éliminer avec deux ou trois jours d’efforts acharnés. Mais je ne veux pas le faire à moins que la situation soit horriblement grave, et en ce moment, sincèrement, je n’en suis pas sûr.

Mon espoir pour ce livre est toujours de soumettre le manuscrit à de vraies maisons d’édition. J’en ai une dans la tête que je crois serait idéale, car elle vient de sortir un livre sur les États-Unis que j’ai trouvé vraiment dans le même esprit. Les livres de Claire Koç ont été publiés par Albin Michel, pas auto-édités, alors je ne veux pas suggérer que j’avais l’idée en tête qu’il fallait écrire au passé simple ou finir comme Enchantée Erica. Mais j’ai en ce moment l’impression que j’ai bel et bien mal rangé le bordel, comme j’aime dire, et vu que vous avez tous vu deux échantillons du livre, c’est mieux de poser la question à vous tous en même temps.