Archives pour la catégorie Non classé

La rentrée de la rentrée, version 1ère/11e

Il y a deux ans, tout au début de la carrière lycéenne de La Fille, j’ai partagé un peu sur « Back to School Night », la rentrée pour les parents. Hier soir, j’étais de retour pour ce qui se considère l’année la plus importante pour les lycéens, première — ou comme on dit en anglais, 11e.

La Fille suit 6 cours cette année. La première, c’est l’histoire américaine. Je ne connais pas les attentes pour l’examen de « placement avancé » à la fin de l’année, mais selon le prof, il faudra apprendre tous les 47 présidents, les dates de leurs mandats et les partis. Ça me semble inutile — on n’a certainement pas fait ça à mon époque. C’est un peu intéressant que le président William Henry Harrison n’a vécu que 31 jours après son investiture à la Maison Blamche — car il a donné un discours d’environ 2 heures sous la pluie, et a attrapé une pneumonia en conséquence — mais il n’a rien fait d’important dans ce rôle. Son successeur, John Tyler, est largement connu pour être devenu traître pendant la Guerre de Sécession, bien après son mandat. Si c’est ça la qualité des normes éducatives de nos jours, je crains le futur.

Le deuxième cours, c’est la 4e année de français, et sera la fin de ses études à cet égard au lycée. Et si je vous disais que je portais mon t-shirt avec une image de Louis de Funès et son képi de gendarme ? Hihihi, la prof savait exactement de qui j’étais le père ! Elle m’a dit : « Ta fille est si motivée ». S’il ‘est vrai — et il l’est — c’est parce qu’elle a vu ce qui s’est passé sur ce blog pendant les 6 dernières années, ainsi que dans la vraie vie avec l’OCA. Il n’y a pas de meilleure motivation que voir des résultats utiles. Si elle avait appris l’espagnol, la limite de ça serait de passer ses commandes chez Miguel’s en espagnol. Je suppose que nous aurions regardé des films de Cantinflas aussi (on le considère le meilleur acteur comique mexicain, mais même s’il est enterré dans le Panthéon mexicain, je ne le crois pas l’égal de de Funès ou de Bourvil). Je suis soulagé d’avoir évité ce futur.

Il nous va falloir acheter ces deux livres :

Photo d'une diapositive avec 2 manuels que nous sommes censés acheter.

À gauche, c’est Barron’s Guide à l’examen AP de langue et de culture française (ma traduction du titre, évidemment). Barron’s est un journal consacré aux affaires, mais aussi la marque d’une série de référence pour les lycéens. À droite, c’est « 5 Étapes pour réussir un cinq » — la note la plus élevée pour les examens AP. Je ne connais pas cette série, mais le livre pour l’examen de français est écrit par une nommée Geneviève, alors on peut espérer.

Je vais sauter les profs de physique et d’anglais, car ils n’ont eu rien d’intéressant à dire. Ça peut être une bonne chose — j’ai quitté leurs salles sans être choqué.

Le prof de maths s’imagine un humoriste de stand-up. Voici son introduction pour lui-même :

C'est une diapositive avec le nom du prof, les noms de ses cours, et un dessin comme ferait un enfant de 5 ans.

Au-dessous du dessin, il a écrit « Mon premier fourmilier, par <nom supprimé>, 20e année ». Il plaisante — 20e serait un diplôme de la fac, puis la quatrième année d’études pour un doctorat. Je doute qu’il ait un doctorat. Le fourmilier est la mascotte de la fac locale, l’Université de Californie à Irvine.

Mais il est aussi quelqu’un de sérieux. Il a partagé une citation du physicien américain Carl Sagan pour expliquer son but en tant que prof :

Texte traduite dans l'article.

Google traduit ce texte comme :

Je pressens une Amérique telle qu’elle sera à l’époque de mes enfants ou de mes petits-enfants : une nation dont l’économie reposera sur les services et l’information ; où la quasi-totalité des industries manufacturières aura migré vers d’autres pays ; où des pouvoirs technologiques prodigieux seront aux mains d’une infime minorité, sans que quiconque représente l’intérêt public ni même ne saisisse les enjeux ; où la population aura perdu la capacité de définir ses propres priorités ou de remettre en question, en connaissance de cause, ceux qui détiennent l’autorité ; où, cramponnés à nos cristaux et consultant nerveusement nos horoscopes — nos facultés critiques en déclin, incapables de distinguer le sentiment de bien-être de la vérité —, nous glisserons, presque sans nous en rendre compte, vers la superstition et l’obscurantisme…

Selon le prof de maths, il veut éviter ça. Moi, je dirais que nous sommes déjà là.

La meilleure nouvelle de la soirée venait du prof de la fanfare. Il avait planifié un samedi début octobre où la fanfare participerait à un défilé le matin — et un autre le soir. Il vient de décider de supprimer le deuxième défilé de l’horaire. J’en suis ravi.

Mais ne vous méprenez pas — cette année, elle sera stressante.

Hommage à Philippe Bouvard

Sans doute la pire chose sur arriver avec tant de retard à la culture française, c’est que beaucoup de monde appartient déjà au passé. Eddy Mitchell avait déjà pris sa retraite — deux fois ! — avant ma toute première leçon. Belmondo est mort juste une année après. Michel Drucket… ben, nous sommes juste de brèves étincelles de son point de vue. Et ça nous amène au sujet malheureux du jour, l’adieu à Philippe Bouvard.

Philippe Bouvard sur le plateau des Grosses Têtes en 2009, Photo par Jérémy-Jean, CC BY-SA 3.0

J’ai entendu la nouvelle en allumant la radio ce matin pour écouter Les Grosses Têtes, comme souvent pendant l’année scolaire. C’est comme ça que j’ai trouvé l’hommage à Bouvard en train de se diffuser. Au moment où j’ai commencé à écouter, déjà très tard dans l’épisode, c’était le chanteur Éric Laugérias au téléphone pour parler de ses souvenirs (il commence à 25:00 dans cet extrait). Là, j’ai appris une pépite que je n’avais pas connue — je savais que M. Bouvard avait été viré des Grosses Têtes par RTL afin de trouver quelqu’un de plus jeune, mais je ne savais pas que la première fois, c’était pour laisser place à Christophe Dechavanne en 2001 et non Laurent Ruquier en 2014. En plus, c’était l’intervention de M. Ruquier qui a restauré M. Bouvard à son poste pendant 13 ans de plus. J’avais toujours compris que M. Bouvard s’en voulait à M. Ruquier mais je n’ai jamais entendu le côté de M. Ruquier. Franchement, je trouve ce geste étonnant, et je suppose que personne n’aurait pu vraiment faire plaisir à M. Bouvard en tant que successeur. J’ai lu du parler sur Stéphane Bern, mais à vrai dire, c’est facile à dire de telles choses quand elles restent théoriques.

De toute façon, écoutez surtout M. Laugérias à partir de 26:00 dans le clip lié ci-dessus. Il mentionne qu’avec Karl Zéro, il avait produit des sketches pour M. Bouvard où il faisait semblant d’être « un général russe, un cuisinier italien », et alors que presque personne ne lisait ce blog à l’époque, en 2021 j’ai parlé d’une autre collaboration de Messrs Zéro et Laugérias que je connaissais en tant que fan des X-Files dans les années 2000. Il reprend brièvement cette matière, et ça vaut la peine.

Je dois dire que je trouve la couverture tous azimuts de RTL à cette occasion un peu trop, avec une chaîne tout Bouvard dans l’appli :

Capture d'écran de la nouvelle chaîne sur web « RTL Radio Bouvard », avec une photo de lui des années 1970.

Après tout, si M. Ruquier a les mains propres, c’est certainement moins le cas pour la gestion qui l’a viré deux fois ! Il me semble que c’est plus apprécié après sa mort qu’à la fin de sa vie, et ça, je trouve dommage.

Si ce blog a un tout petit rôle dans les événements du jour, c’est qu’en quelque sorte, je suis devenu la référence pour l’histoire de Mme Leprieur d’Agon-Coutainville. Une centaine d’internautes l’a visitée hier :

Capture d'écran de mes statistiques du 24 août -- l'article sur Mme Leprieur en tête avec 95 vues, devant même les blagues

Je ne l’aurais jamais cru, mais après Wikimanche, le site officiel de référence pour son département, je suis le deuxième résultat pour une recherche de « Madame Leprieur » :

Capture d'écran de Google -- barre de recherche, Wikimanche, puis ce blog

C’est étonnant de relire cette histoire, aussi écrit en 2021, en se rendant compte qu’il me fallait une année de plus, et la recommandation d’une amie, pour découvrir Les Grosses Têtes — il ne m’est jamais arrivé à l’esprit que l’émission existait toujours !

Mais mon souvenir de Philippe Bouvard ne vient vraiment pas des Grosses Têtes. Pour moi, il sera toujours l’animateur de « Tous les coups sont permis », l’émission fictive où Charles Duchemin affronte enfin Jacques Tricatel à la fin de L’Aile ou la cuisse. Ici, on le voit en train d’organiser l’affaire :

On peut voir le débat sur Facebook, mais pas de façon intégrée ici. Je le recommande sans hésiter. C’est évidemment le trio de de Funès, Coluche et Julien Guiomar qui sont les stars, mais on voit clairement l’assurance de M. Bouvard dans son élément, le maître du plateau.

C’est impossible pour moi de parler profondément de sa carrière à la radio. Je savais où le trouver sur RTL à la fin, avec sa courte émission, À mon humble avis, le dimanche, mais il ne s’agissait pas du format qui a fait sa renommée. Et il faut dire que même Les Grosses Têtes telle que je la connais n’est plus la même émission — à partir du fait que l’on n’entend jamais des pseudos humoristiques pour les auditeurs, Mme Bellepaire de Loches ou M. Jules d’Orange. Mais on vit tous dans le monde médiatique qu’il a créé, ce qui m’a tout de suite séduit dès le premier jour, et pour ça, je remercie Philippe Bouvard.

La paella et l’espionnage

Langue de Molière est reportée d’un jour parce que je cherche quelques autorités de plus pour mon sujet. Au lieu de ça, je vais vous présenter un rappel de pourquoi il n’y a absolument pas de cookies de suivi sur ce site.

J’ai reçu un courriel absolument écœurant d’un centre commercial ici, Fashion Island. Vous n’entendez jamais parler que de South Coast Plaza sur ce blog, car en plus d’être le centre commercial le plus rentable du pays, c’est où se trouve mon resto italien préféré. Mais Fashion Island est « l’autre » — c’est en fait dans un quartier plus prestigieux, Newport Beach, et pendant une décennie, La Fille et moi l’a visité chaque mardi. Un jour, je vous dirai pourquoi. Mais l’important, c’est qu’ils voulaient annoncer l’ouverture d’un nouveau resto espagnol :

Vous pouvez tout de suite voir ce qui m’a attiré. C’est la paella. Quand je suis allé en Espagne en 1993, ma prof a amené notre groupe dans l’un des meilleurs restos de ma vie (rien à voir les étoiles Michelin ; il n’y en a pas dans ce cas), La Paella Real (lien en espagnol). Je n’avais jamais goûté une paella même une fois de la vie ; je suis parti convaincu que c’était l’un des 10 meilleurs plats au monde. Un de ces quatre, il me faudra publier un vrai classement.

De toute façon, malgré le fait que je suis complètement entouré par la cuisine mexicaine, pensez-vous que l’espagnole existe ici ? Presque pas du tout. Il y a une chaîne ici et là, Café Sevilla (lien en anglais), pas la pire, mais je déteste son ambiance de bar. Et hélas, c’est tout. Mais si vous connaissez la paella, vous savez que c’est en général un grand plat, préparé pour plusieurs personnes en même temps. Tout à coup, comprenez-vous pourquoi j’ai dit que ce courriel était écœurant ?

J’ai quand même cliqué sur le menu, et il m’a dit exactement ce que je craignais :

« Nos paellas sont fabriquées sur commande. Un rituel espagnol, fait pour être partagé »

S’il y a des restes pires que le riz après une nuit au frigo, je ne les connais pas. J’ai donc besoin d’au moins une autre personne pour y aller. Et je vais vous dire très franchement qu’il n’y a même pas besoin de demander — ni mes parents ni La Fille ne goûteraient ces plats. La Fille déteste tout fruit de mer sauf les palourdes, mon père ne mange rien venant de la mer sauf le fish and chips, et ma mère ne touchera pas à un plat où les crevettes ont toujours leur tête. Il est possible que l’un des trois décide de jouer le martyr, mais faites-moi confiance — je veux éviter la suite à tout prix. Alors, si je veux aller chez Telefèric…

… j’ai besoin d’un rendez-vous.

Je fais une pause pour que vous puissiez tous aller aux urgences. Je sais que la moitié d’entre vous vient de faire une crise cardiaque à cause des rires et le reste devrait au moins consulter un médecin au cas où.

J’ai donc pensé au plan B plutôt qu’attendre la fin de l’univers. Je ne veux vraiment pas ajouter des poêles à ma collection — la seule à laquelle je pensais était une crêpière — mais si je veux une paella, il va me falloir la faire moi-même. Je me suis assis devant mon ordinateur et j’ai recherché une « paella pan » (poêlé à paella). Voici deux captures d’écran qui comprennent toute l’histoire dans mon navigateur :

Pour résumer, après avoir visité le site du resto et OpenTable, le site pour réserver une table, j’ai visité les sites de Williams-Sonoma (boutique culinaire), Google Shopping, World Market et La Tienda (deux boutiques trouvées par Google), les sites de Smithey, El Cid, All-Clad et Mauviel (tous des fabricants des bonnes poêles) et deux sites de critiques pour faire des comparaisons. Aussi Amazon. Tout est là pour les curieux.

Il faut ajouter que j’utilise un bloqueur de publicités sur mon navigateur, Firefox, que je refuse tout cookie de publicité quand il y a un choix d’après la loi RGPD et que je refuse tout cookie venant d’un tiers.

Plus tard, j’étais sur Facebook, sur mon portable. Voici des publicités que j’ai reçues :

Ce n’est même pas tout. J’ai fait tout ce que je pouvais pour éviter exactement ce genre d’espionnage, et pourtant c’était plus agressif que jamais. La protection des bloqueurs ne vaut évidemment rien.

Je suis déjà client d’All-Clad depuis des décennies et je ne veux pas dire non à Cristel, car c’est une bonne marque française. Mais je vous promets qu’aucun du reste ne verra jamais un centime de ma part, car je trouve ça absolument dégoûtant. Je ne suis pas sûr que les marques — et certainement pas les agences de publicité — aient compris : quand on a l’impression d’être surveillé sans cesse, ça ne suscite pas de sentiments chaleureux.

Tout ça dit, je ne suis rien que pragmatique, alors j’offre un accord à tous ces annonceurs : j’achèterai l’une de leurs poêles un jour après mon rendez-vous chez Telefèric. J’attends.

(Il n’y a pas assez d’argent dans leur budget de marketing pour que ça arrive.)

Une farce avec mon plus vieil ami

Si vous avez écouté les fins des deux derniers épisodes de la balado, vous savez déjà que la rentrée de La Fille était la semaine dernière. Avant ça, elle voulait complètement nettoyer sa chambre, car elle suivra 4 cours « AP » (placement avancé) et n’aura pas beaucoup de temps pour le ménage.

Oui, elle voulait faire ça. Je n’y suis pour rien. Était-ce censé être si facile de vivre avec une ado ? Mais si vous cherchez une arrière-pensée, c’est arrivé en forme de me faire honte : « Si j’ai enfin fini de déballer les cartons et tout ranger, pas plus d’excuses chez toi, papy. » (Oui, elle connaît la différence entre « papa » et « papy ». Vraiment, si c’est le pire, je n’ai rien pour m’en plaindre.)

Alors moi aussi, j’étais très occupé par le nettoyage dans les coulisses. Je suis derrière elle, car j’ai beaucoup plus de trucs, mais l’important, c’est qu’il y avait une réunion du bureau de l’OCA hier soir, et pour la première fois depuis notre déménagement, j’étais assez confortable avec l’état de ma chambre (qui est aussi mon bureau) que je n’ai pas utilisé ma photo habituelle comme arrière-plan sur Zoom.

« Mais Justin », me dites-vous, « quelle photo ? » Celle-ci, évidemment :

C'est un café Pierre Hermé. La porte est ouverte et il y a un chariot à glaces juste à gauche, aussi de Pierre Hermé.

Vous vous attendiez à autre chose ? (C’est le café Pierre Hermé, 126 Bd Saint-Germain, 75006. J’ai pris cette photo au début de la dernière journée de mon premier voyage.)

Quand on peut voir dans ma chambre, impossible d’éviter que l’on va voir mon lit. Dans mon ancien appartement, mon bureau était grosso modo en face du centre du lit ; dans le nouveau, on aperçoit juste un peu du bord. Alors — et je croyais que ce serait hyper-drôle, parce que jusqu’à ce mois, j’étais le seul homme du bureau — j’ai décidé de faire une farce avec mon plus vieil ami, qui vit avec moi depuis mes 4 ans. Je vous présente Crocker Spaniel :

C'est un petit chien marron en peluche. Il a un gros nez noir, et deux petits yeux noirs, et s'assied sur ses deux pattes arrière.

Je sais, vous penser que je viens de faire une faute de frappe. L’espèce de chien s’appelle cocker spaniel, pas de « r », ou comme on dit en français, « Cocker anaglais ». (Pourquoi on ne dit pas « épagneul », la traduction habituelle de « spaniel », aucune idée.) Mais voici deux photos qui expliquent tout :

Celle-ci montrent les deux faces d’une plaque qu’il porte autour de son cou. La première dit « Crocket Spaniel » ; la deuxième est le logo d’une ancienne banque californienne, Crocker Bank (lien en anglais), racheté par le géant national Wells Fargo dans les années 80. Alors oui, Crocker était un cadeau de la banque quand on ouvrait un compte pour les enfants. Au fait, il avait anciennement une petite sœur, Crocker Spanielette, mais ça fait 30 ans que l’on ne sait pas ce qu’elle est devenue. (Je crois que mon frère l’a jetée, malheureusement.)

La farce, et je l’ai soigneusement testée avant le début de la réunion, c’était que Crocker était pleinement visible sur mon lit, mais bien en arrière-plan. Il fallait faire attention à ma chambre pour le remarquer. Puisque personne n’a rien dit, je suppose que c’est passé inaperçu.

Voici une dernière photo de lui pour le voir en entier :

Meilleure vue de tout Crocker. On peut plus facilement voir sa bouche, avec une petite langue rouge. Il sourit.

« Alors Justin », me dites-vous, « vous voulez nous dire que vous dormez avec une peluche depuis tout ce temps ? » Ah non, pas du tout. En fait, il n’était même pas chez nous jusqu’en 2020, car ma mère m’avait interdit de le retirer de la maison de mes parents, au cas où mon frère aurait des enfants. (Super, maman, merci de l’interdire à votre petite-fille réelle en faveur d’un enfant théorique.) Mais cette année-là, au nom de commencer à vider ma chambre, elle m’a laissé le donner à La Fille.

Après un certain temps, elle m’a dit : « Nous nous en sommes parlés, et Crocker veut reprendre te veiller. » Alors il a pris une place à côté de mon bureau jusqu’au déménagement. Mais non, je ne dormais pas avec une peluche !

Ça dit, Crocker pose mon plus grand problème quant à déménager en France. Je veux qu’il soit présent pour la prochaine génération, les enfants de La Fille, et surtout qu’il ne soit pas jeté quelque part en France quand je partirai pour Saint-Sever. Je ne sais pas quoi faire avec lui quand La Fille sera à la fac.

Mais ça, c’est pour 2029. Pour l’instant, Crocker reste chez moi, et personne ne me connaît mieux.

Le coup de foudre du con

Je vais vous raconter une histoire 100 % vraie. Tout s’est passé mercredi soir. Elle réunit toutes les idées fixes du blog d’un coup. Vraiment, c’est un peu étonnant.

Mercredi après-midi, je me suis dit, « La Fille est partie, alors vous êtes libre non seulement d’aller chez Miguel’s Jr. pour une quesadilla, mais de marcher autant que souhaité pour Pikmin Bloom. N’oubliez pas d’aller acheter un billet pour la loterie Mega Millions, car le jackpot vient d’atteindre un milliard. » C’est important à savoir qu’il y a deux loteries nationales aux États-Unis. L’heure limite pour acheter un billet de Mega Millions est 19h45, mais l’heure limite pour Powerball est 19h.

Et c’est exactement ce que j’ai fait. Je suis arrivé chez Miguel’s vers 17h30, dans l’attente d’y rester environ 45 minutes. En m’asseyant, il m’est arrivé à l’esprit que sans l’avoir planifié, j’avais fait le choix idéal pour tous mes buts : Miguel’s est juste au coin de la rue d’une station-service où j’ai l’habitude d’acheter les billets quand la loterie devient assez intéressante. En plus, ça pourrait être le début d’une belle balade de 5 km si je continuais vers la prochaine rue et faisait un aller-retour.

Cependant, je n’avais pas compté sur quelque chose que vous allez devoir croire sur parole. L’un des gags récurrents de ce blog est la série d’annonces que telle ou telle personnalité médiatique est désormais mon coup de cœur. J’avoue avoir un cœur d’artichaut, mais la raison plus sérieuse pour ça, c’est que c’est aussi ma seule façon d’exprimer de tels sentiments, dans un contexte où, franchement, il n’y aucune chance que quoi que ce soit arrive. Je suis au courant que certaines personnes préféreraient que ça arrête — mais vu ce qui se passe quand soit des connaissances soit des inconnues pensent que j’ai dit la moindre chose, et vu que j’ai définitivement quitté les applis de rencontre, vraiment, je garde la bouche fermée autrement.

« Que diable, Justin », me dites-vous, « qu’est-ce que ça a à voir avec Miguel’s ou la loterie ? » Tout ça est une longue explication de pourquoi je n’ai absolument rien dit quand une jolie femme s’est assise seule à deux tables de moi. J’ai pensé pendant une éternité à lui demander s’il la dérangerait à dîner ensemble. Mais en fait, seulement 5 minutes étaient écoulées. Puis, j’ai eu ma commande et elle la sienne, et j’ai décidé que le moment était passé, que c’était trop tard. Pourtant, je restais curieux, même si elle n’a jamais une fois arraché les yeux de son portable. (C’est malpoli de fixer les yeux ; je crois que j’ai évité ça.) Je n’ai pas quitté Miguel’s jusqu’au moment où elle s’est levée.

C’est ainsi que je ne suis pas arrivé à la station-service qu’à 19h05, et le caissier m’a dit que je viens de rater l’heure limite. J’ai quand même acheté deux billets pour le prochain tirage, le samedi, me disant que peut-être que personne ne gagne.

Vous savez déjà ce qui s’est passé, non ?

Gros titre du journal The Detroit News pour annoncer le résultat.
Capture d’écran

Ça dit : « Le gagnant de Powerball dans le Midwest aura 1 milliard de dollars ; 2 billets dans le Michigan valent 50K $. »

Bon travail, Justin. Au moins j’ai eu une bonne balade d’une heure :

C'est une carte qui montre ma route avec des fleurs virtuelles « plantées » pendant mon trajet.

J’ai l’impression que je vais regretter mercredi soir pendant longtemps, et je ne sais même pas si je parle des billets ratés.

Les mésaventures de La Fille au pays du travail

Je n’ai pas demandé le droit de publier ce qui suit, mais aucun vrai nom sera utilisé, sauf le mien.

Entre les deux tomes de Lewis Carroll sur son personnage Alice, je préfère Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Mais c’est le titre de la suite, « Through the Looking-Glass », De l’autre côté du miroir, qui est devenu une expression en anglais pour une situation apparemment surréaliste pourtant réelle.

C'est le roi (en forme d'une pièce d'échecs) avec Alice et le Lapin blanc
Dessin du roi pour De l’autre côté du miroir par John Tenniel, 1871, Domaine public

Il y a deux semaines, La Fille a passé son tout premier entretien d’embauche pour un boulot. À vrai dire, j’étais contre cette idée. La onzième année, ou comme on l’appelle en français, première, se considère l’année la plus importante pour les candidatures aux facs américaines. Je préférerais qu’elle se concentre sur ses études, mais quelqu’un insiste autrement. Et cette personne ne me parle plus du tout sur ce qui se passe dans la vie de La Fille.

Et oui, vous allez dire, « Vous êtes quoi, un saucisson ? Les parents doivent être d’accord, non ? » Bien sûr, je pourrais insister sur mes droits et prendre rendez-vous chez l’arbitre. Ce serait cher, et il n’y a aucune garantie quant au résultat.

Alors, l’entretien. C’était chez une entreprise consacrée au soutien scolaire pour les élèves des écoles primaires et des collèges. J’ai fait de mon mieux pour préparer La Fille — j’ai trouvé des questions mentionnées par des anciens candidats sur des sites consacrés à l’emploi, et on a fait des répétitions. Je n’étais pas présent, mais selon La Fille, l’entretien semblait bien passer, et elle a entendu qu’elle aurait une décision d’ici une semaine.

Ça nous amène à mon vrai sujet, le manque total de professionnalisme dans ce pays. Seulement une entreprise m’a jamais contacté après un entretien pour me dire non, Google. Je vous ai raconté l’histoire de ce qui s’est passé chez Samsung — il valait mieux que ce gérant-là se taise, au lieu de ce qu’il a fait. Mais autrement, alors qu’il vous faut faire attention à écrire des notes après un entretien, remercier tous concernés pour leur temps, etc., si l’entreprise ne vous veut pas, elle laisse tomber sans un mot. C’est pour ça que j’ai évoqué De l’autre côté du miroir — comment ose-t-on insister que le reste du monde ait des qualités que l’on ne possède pas du tout ?

Il me semble que l’on a donc la décision dans ce cas. Mais La Fille n’accepte pas cette situation, et je l’ai aidé à écrire une courte note pour relancer avec le gérant. Je la traduis :

Bonjour Monsieur,

J’aimerais relancer après mon entretien récent pour un poste au sein de votre entreprise. Y a-t-il d’autres questions que vous avez pour moi ?

J’ai profité de l’opportunité pour en savoir plus sur cette opportunité et j’espère prendre des nouvelles bientôt. Merci encore de votre temps.

Sincèrement, La Fille

En tant que parent, la lettre que j’écrirais à sa place, en sachant que l’on sait vraiment déjà, elle serait tout autre chose :

Cher Connard,

Vous avez plein à dire sur l’importance d’être fiable et responsable, mais il n’y a évidemment pas de miroirs chez vous.

Je vous prie d’accepter, Monsieur, mes salutations les plus distinguées d’un bon voyage pour vous faire voir chez les Grecs.

Sincèrement, Justin

Je regrette tellement que ce soit ainsi que La Fille commence à apprendre vraiment comment marche le travail aux États-Unis. Mais après tout ça, je dois poser la question intéressée : puis-je m’attendre à mieux en France ?

Burrito

Aujourd’hui je mets mon grain de sel sur une polémique aux États-Unis cette semaine qui me met en colère.

Tout a commencé quand un militant de droite, M. Andrew Kolvet, a mentionné qu’un étudiant de sa connaissance lui avait dit « Un burrito ne devrait pas coûter 20 $ » :

Source

Il travaille pour Turning Point, l’ancienne organisation de Charlie Kirk, alors il habite probablement en Arizona.

Il faut que j’ajoute que si on parle d’un burrito, sans préciser d’où, on parle sans question de la chaîne nationale Chipotle, pas de Taco Bell ou d’un resto local. Chipotle est un resto rapide, mais le genre de chose qu’un Français approuverait — les légumes sont largement bio, et ils avaient anciennement un slogan « Nous n’avons pas de micro-ondes ». Ils se vantent toujours de ça, mais n’impriment plus ce slogan sur leur emballage.

Ça a provoqué une réponse aussi snob que fausse de Marc Thiessen, un écrivain pour le PQ vendu en forme de journal, le Washington Post : « Pleure-moi une rivière. Les burritos dans la cantine à la fac sont compris dans tes frais. »

Source

Au cas où vous penseriez qu’il s’agissait d’une différence partisane, M. Thiessen était anciennement rédacteur de discours dans la Maison Blanche du deuxième Président Bush. Peut-être qu’il ne sait pas — et j’y suis hyper-sensible, car La Fille sera bientôt élève dans une fac — que les cantines des facs ne sont plus à volonté. Quand nous avons visité USC l’année dernière, nous avons payé des prix effrayants pour manger dans la cantine, et selon ce que l’on a commandé.

Mais j’ai parlé de Chipotle. Pendant deux décennies, c’était mon burrito préféré. Ça fait 3 ans depuis ma dernière visite. Voici ce qui coûterait mon ancienne commande — mais sans chips et boisson :

Le montant est 18,20 avant les impôts, 19,61 $ après.

Aux États-Unis, l’impôt dit « sales tax » est toujours facturé à la fin, alors j’ai utilisé Photoshop pour combiner les captures d’écran du montant initial et après l’impôt.

Il y en a qui disent : « Ouais, avec des frais de livraison d’Uber Eats. » Ce prix est pour manger sur place.

« Mais Justin », me dites-vous, « vous avez clairement triché. Ça dit 2x la viande. » Je plaide coupable. Ça fait plus d’une décennie que les employés ne donnent presque aucune viande dans le burrito à moins que vous ne payiez pour la doubler — il n’y a pas de micro-ondes, et pas de balance de cuisine non plus. Et ça ajoute 6 $ au prix en Californie. Je remarque que c’est pareil à Washington, D.C., où travaille M. Thiessen. Mais à Texas, c’est 5 $.

Cependant, ce que je n’ai pas fait, c’était d’ajouter 3 $ de guacamole comme ferait le reste du pays. Ou 2 $ de « queso blanco », un fromage bien-aimé de beaucoup de monde. Ma commande est un peu plus cher que les autres, mais moins que vous ne le pensez.

J’ai fait des comparaisons avec cette commande dans d’autres villes. Sans captures d’écran :

  • Dallas, Texas : 18,46 $
  • Denver, Colorado : 18,80 $
  • Las Vegas, Nevada : 19,13 $
  • Kansas City, Missouri : 20,12 $
  • Indianapolis, Indiana : 19,24 $
  • Miami, Florida : 18,62 $

Les impôts à Kansas City sont presque 2x les autres !

Pour vous donner une idée des changements ici, anciennement — et je veux dire en 2020 — j’aurais eu ce burrito avec des chips et un boisson pour environ 15 $.

J’adore cette polémique. Rien ne me plaît autant que « Ne crois pas tes yeux menteurs. » Heureusement que j’ai découvert Oz-en-Isère cette semaine, car j’ai tout à coup envie d’y aller !

Piéton

Je vous ai dit la semaine dernière que je n’ai pas eu ma voiture pendant trois jours. Je ne suis pas trop impressionné par le pourquoi de la situation, mais ça m’a donné « l’opportunité » (ce que j’aurais rendu avec plaisir) de regarder de très proche le comportement de mes voisins envers les piétons.

Signal de passage avec « ne marchez pas » et « marchez » illuminés en même temps, Photo par B137, CC BY-SA 4.0

D’abord, un mot sur ma voiture. Il y a un mois, le voyant sur le tableau de bord pour indiquer des problèmes avec les coussins gonflables (ce que vous les anglophones appelez « airbags ») s’est illuminé. Comme d’hab, j’ai tardé pendant deux semaines sans rien faire, car il m’a fallu un an entier la dernière fois où il y avait un problème là (pas de ma faute — manqué de disponibilité d’un remplacement). Je ne voulais pas relancer le concessionnaire pour la même chose. Mais après, le garagiste là m’a dit qu’il me fallait attendre une semaine pour un rendez-vous. Et après ça, il a fallu un jour et demi avant qu’un mécanicien n’a inspecté ma voiture.

Le garagiste m’a dit qu’il s’agissait d’un problème avec les fils qui connectaient l’airbag aux capteurs de collision. Et que la garantie n’avait rien à voir avec ce boulot, alors j’allais devoir payer 600 $ pour les travaux. Je ne suis pas sûr si je crois cette explication, mais je n’ai vraiment pas eu de choix car sinon, j’allais payer 300 $ juste pour le diagnostic. Faire pareil ailleurs me coûterait donc environ le même montant. Croyez-vous que c’est une coïncidence ? Moi non plus.

De toute façon, sans voiture pendant 3 jours, et ayant été trop stupide pour aller au supermarché avant le rendez-vous, j’ai dû quitter l’appartement au moins une fois par jour pour aller manger quelque chose. D’habitude, je ne stocke rien — je vais au supermarché deux ou trois fois par semaine car je ne planifie les repas à l’avance, et de cette façon, je ne gaspille pas de nourriture. Alors je n’avais que des céréales et quelques pots de Yoplait au frigo, ce qui voulait dire que j’allais marcher chez Miguel’s Jr. tous les jours, un aller-retour d’environ 2 1/4 km avec 4 feux rouges entre les deux points.

Il fait entre 29-31 °C ici tous les jours la semaine dernière, ainsi que celle-ci, alors j’ai pris un bon coup de soleil sur la tête. Ne me demandez pas pourquoi je n’ai pas pensé à porter un chapeau. Je ne le sais pas non plus.

Mais je suis ici pour me plaindre des voisins, pas de moi-même. À chaque feu rouge, il y a un passage clouté. Peu importe ce que vous pensez de croiser les rues quand la lumière vous signale d’arrêter — les new-yorkais et les « Angelenos » n’attendent pas, et il me semble que les parisiens non plus — ici, croiser contre la lumière est de prendre sa vie en main. Parce que si vous êtes piéton, vous êtes le seul. Personne ne s’attend à vous voir dans la rue.

Pas comme en France, c’est légal de tourner à droite quand le feu est rouge dans la grande majorité des États (pas tous). Mais à moins qu’il y ait une flèche verte, on est censé arrêter complètement et vérifier qu’il n’y a pas de piétons dans la rue avant de tourner. Censé.

Encore et encore, j’ai eu deux expériences pendant ces trois jours. Parfois, un chauffeur homicide m’apercevrait sur le trottoir et déciderait donc de prendre le virage à grande vitesse, dans l’espoir de me devancer. Mais plus souvent, les chauffeurs ralentissaient presqu‘au point d’arrêter, sans le faire vraiment. Ils avançaient donc vers moi alors que je traversais la rue. Il me semble que cette attitude est encore plus homicide que l’autre — il faut avoir des couilles pour pointer une machine de 1 500 kg vers un piéton sans arrêter, peu importe la vitesse.

La Fille et moi avons l’habitude de prendre des balades autour d’un parc près de notre appartement. Pour l’atteindre, il faut croiser une rue contrôlé par des panneaux d’arrêt plutôt que des feux rouge. Et quand on fait ça, les chauffeurs arrêtent vraiment. C’est aux feux rouges où on voit l’hostilité dans toute sa splendeur. Et franchement, je n’ai pas envie de continuer de tester ma chance ‘

Au revoir, la FNAC

Langue de Molière est reportée d’un jour pour que je puisse vous raconter l’une des pires nouvelles de l’histoire de ce blog.

Je ne sais pas parler de ma propre histoire sans la FNAC. J’ai commencé mes études sans jamais en avoir entendu parler, mais il n’y avait que 4 mois entre ma première leçon et mon premier colis de la FNAC, reçu le 23 juillet 2020 :

C'est six DVDs, de gauche à droite et de haut en bas : La Zizanie, La Grande Vadrouille, Le Tatoué, L'Aile ou la cuisse, La Soupe Aux Choux, Le Corniaud. Derrière le disques, il y a un lecteur universel (acheté aux É-U) et une affiche de la FNAC, gratuite dans le colis

J’étais évidemment ivre de Louis de Funès et prêt à regarder tout ce que je pouvais, et la FNAC est tout de suite devenu mon fournisseur de choix. Et ce qui a rendu tout ça possible, c’était que chaque colis de la FNAC était expédié par DHL, arrivant en deux jours à presque chaque fois.

Sautons du coq à l’âne. Connaissez-vous la vérité derrière DHL ? DHL sont les initiales des fondateurs : Dalsey, Hillblom, Lynn. Seulement un de ces types est célèbre aux États-Unis, et pour de mauvaises raisons. Larry Hillblom (lien en anglais), avec ses milliards, a déménagé aux îles Mariannes. Des îles, il voyageait dans les pays les plus pauvres de l’Asie — les Philippines, le Vietnam, le Saipan — et payait des familles pour le droit de violer leurs jeunes filles. Après son deuxième accident d’avion, en 1995, il est disparu et jugé mort, et les tribunaux ont fini par reconnaître quatre enfants — un au Vietnam, deux aux Philippines et un aux Palaos — comme les siens. Ils ont hérité des centaines de millions malgré le fait qu’il avait nié avoir des enfants.

Après sa mort, ses partenaires cherchaient à vendre l’entreprise. Alors en 2001, Deutsche Post est devenu la société mère de DHL. Sur ce blog, c’est particulièrement important à mentionner ce fait.

Évidemment, après des années de chanter les louanges de DHL, je veux salir sa réputation, car je savais ça déjà, mais je n’ai jamais rien dit. Je vais enfin vous dire exactement ce qui s’est passé.

Ça fait un an et demi depuis mon dernier achat chez la FNAC, car l’inflation a vraiment mangé mon pouvoir d’achat. Mais quand j’ai vu une publication de mon héros Métabrouteur pour parler de son livre récent, je me suis dit : « Dites-donc, vous pouvez au moins acheter ça. » Puisqu’il ne coûte qu’un ou deux euros de plus pour livrer une deuxième chose, j’ai ajouté un coffret de CDs à la commande. Le montant total des biens était 39,92 € (disons 45 $), ainsi que 14,51 € pour les frais de livraison. À vrai dire, j’avais oublié les nouveaux impôts de 2025, mais franchement ce n’est pas la partie choquante.

Mardi matin, j’ai reçu le texto suivant (détails personnels supprimés). Ça dit :

Des droits de douane sont requis pour la livraison par DHL Express. Le colis sera retourné sous 5 jours si le paiement n’est pas effectué.

J’ai cliqué le lien et vu le montant choquant de 22,83 $. Désolé, mais je sais que les impôts entre les États-Unis et l’UE ne sont pas à 50 % ! Qu’est-ce qui se passait ? Voici la facture détaillée :

Ça dit 1,34 $ pour « frais réglementaires », 3,99 $ pour les droits de douane, et 17,50 $ pour « frais de traitement ». Dit autrement, DHL m’a facturé 328 % des frais pour le soi-disant « coût » de payer les impôts.

Il n’y a pas de mot pour ce genre de cambriolage. La mafia aurait honte d’un si fort pourcentage. J’ai écrit une note au mal nommé « service aux clients ». Voici la traduction de Google des parties les plus piquantes :

J’ai été stupéfait de recevoir un message de votre entreprise m’informant de 22,83 $ de « droits d’importation » à payer… Ces frais sont directement versés à DHL et représentent 300 % des taxes. Ils n’ont aucun rapport avec vos coûts de traitement, tels que les 3 % prélevés par les organismes de paiement, et dépassent le coût total de l’expédition. Cette pratique est inadmissible et relève de l’usure. Je ferai part de mon profond mécontentement à la FNAC concernant vos pratiques abusives et je ne passerai plus aucune commande chez vous.

J’ai déjà la réponse. Traduite par Google :

Je suis sincèrement désolé d’apprendre que votre expérience a été négative. Je vous prie de bien vouloir accepter nos excuses pour ce désagrément ; ce genre de situation est inhabituel chez DHL.

Nous comprenons qu’en tant que client, vous vous attendez à recevoir votre produit rapidement et en bon état. Nous sommes conscients de ne pas avoir été à la hauteur de vos attentes et nous vous présentons nos plus sincères excuses.

Ces informations permettront à DHL de se développer en tant qu’entreprise internationale et de continuer à offrir un service d’excellence à ses clients grâce aux meilleures technologies disponibles en matière de logistique et de transport.

Ça ne répond à rien de ce que j’ai dit, malgré avoir été « signé » (qui sait si la personne existe ?).

J’aurais pu vivre avec les 10 % de plus, car la vérité, c’est que je n’ai jamais payé la TVA — mes prix de la FNAC étaient moins chers que les vôtres. Mais ce 17,50 $ par colis, c’est une dépense aussi importante que n’importe quel disque ou livre, et pour absolument rien. À un moment quand je dois faire de plus en plus d’économies, car l’électricité et l’essence montent en flèche, pensez-vous que je vais gaspiller de l’argent sur des frais opportunistes ? Moi non plus.

Alors, au revoir la FNAC. J’espère que l’on se reverra en 2029 sur le sol français.

Duolingo me vire

Après six années, parfois même heureuses, il me semble que le hibou vert a enfin eu assez de moi et m’a viré. J’explique.

Avant de continuer, je dois reconnaître que je n’étais même pas censé être là. Vous savez tous que j’avais supprimé l’appli en 2023, puis j’étais de retour en 2025 pour aider une amie avec sa séquence de jours de suite, puis je voulais gagner à nouveau le plus haut score possible en français… et finalement, j’allais réviser le japonais juste assez longtemps pour ne pas me ridiculiser — trop — pendant mes vacances. Tout ça, c’est-à-dire que je suis un gros menteur quand il s’agit de quitter Duolingo.

Hier, il y avait une mise à jour de l’appli. Je vous rappelle qu’anciennement, on pouvait choisir de regarder des pubs pour gagner un peu de « énergie », le système pour empêcher les utilisateurs non-payants de trop faire. Avec ce système, j’aurais dû payer pour apprendre le français — mais veuillez ne pas pleurer pour le hibou vert, car j’ai regardé des tonnes de pubs pendant mon apprentissage. Il a reçu son argent.

Voici le système pour gérer l’énergie avant la mise à jour :

Capture d'écran avec 4 choix pour l'énergie : s'abonner à Super Duolingo, tout remplir pour 600 « joyaux » (la fausse monnaie de l'appli), recevoir 5 points pour une pub ou recevoir 2 points gratuits, une fois par heure.

Le bouton souligné en jaune dit « +5 énergie — Regarde une pub » (c’est en anglais donc la bonne conjugaison est « tu »). Et voici la situation maintenant :

Capture d'écran avec 3 choix pour l'énergie : s'abonner à Super Duolingo, tout remplir pour 600 « joyaux » (la fausse monnaie de l'appli), ou recevoir 5 points gratuits, une fois par heure.

Il n’y a plus de bouton pour regarder une pub en échange d’énergie. Au lieu de ça, on reçoit maintenant +5 au lieu de +2 gratuitement une fois par heure. Ça ne sert à rien, parce qu’une leçon de japonais mange 10-12 points des 25 possibles même quand on ne fait pas d’erreurs. Certains exercises de kanjis utilisent 20 points d’un coup.

Avec ça, il sera désormais impossible de faire plus de 2 leçons par jour, ce qui est inutile. Je suis bien satisfait — un type dans mon miroir a même écrit une courte rédaction dans un livre sur ce point — qu’il faut faire beaucoup plus d’une ou deux leçons par jour pour être utile. 5-10 leçons, pendant une demi-heure, c’est utile.

Pour être bien clair, je n’ai pas de droit de m’en plaindre. Tout ce que j’ai fait avec Duolingo était gratuit, et je serais la première personne à vous dire que personne n’est obligé d’offrir ses services gratuitement. En même temps, si les pubs obligatoires ne sont pas une façon d’être payé, je ne veux plus entendre des plaintes des sites web que j’utilise un bloqueur de publicités, car ça ne vaut apparemment rien.

À vrai dire, je crois depuis des mois que quelque chose n’allait pas chez les pubs. Pendant ma première fois, entre 2020 et 2023, il y avait une diversité énorme de pubs, une pub après chaque leçon, et il fallait regarder au moins les 5 premières secondes avant de la fermer. À mon retour, pour 5 points d’énergie, une pub pouvait être de 5, 15 ou 30 secondes. On ne savait pas ce que l’on recevrait, et il y avait moins d’annonceurs, mais toujours une ou deux douzaines. Récemment, presque toutes les pubs (dans ma région ; j’en ai vu d’autres au Japon) venaient soit de WhatsApp, soit de 4-5 jeux vidéo pour les portables, soit d’AAA, l’association d’automobilistes mentionnée ici avant. Et presque toutes les pubs étaient de 30 secondes, ce que j’imagine payait le plus. Si j’étais un annonceur, je serais franchement furieux avec Duolingo car le retour sur investissement doit être horrible quand la même pub joue en boucle.

« Alors Justin », me dites-vous, « payez le hibou vert. Ça vaut évidemment quelque chose pour vous. » Peut-être que vous avez raison, mais c’est absolument impossible de voir le vrai prix sans s’abonner. Regardez ça directement de l’App Store d’Apple et dites-moi combien coûte « Super Duolingo » :

Liste de prix tirée de l'App Store. Il y a 4 prix pour 1 année, tous différents, 2 prix différents pour 1 mois, et 4 prix pour des « joyaux » à utiliser dans l'appli.

Il y a 4 prix différents juste pour « 1 année » et aucune explication de pourquoi. Dans l’appli et sur son site web, tout dit seulement « Essaie une semaine gratuite ». Désolé, mais ça ne marche pas avec moi — il faut me dire combien ça coûtera où je ne ferai rien.

Je n’ai pas encore supprimé l’appli. Mais si ça continue après cette semaine sans changer — et je pourrais bien croire que je fais partie d’une expérience pour voir si j’abandonne ou pas — il n’y aura plus de raison pour moi d’être là. Est-ce que je chercherai un autre moyen pour continuer avec le japonais ? Je ne sais pas, mais vous avez certainement vu pendant les deux derniers mois que la nostalgie, elle est forte.