La vache, mais je suis fâché contre moi-même ! Puisque les fêtes de Thanksgiving pendant les années paires sont à mon ex, La Fille était chez elle hier. Et puisque je savais que ce serait le cas, je planifiais à inviter des membres de l’OCA chez moi plutôt que dîner avec mes parents et M. Ordure… désolé, je voulais dire mon cher frère bien-aimé (tant qu’il reste sur la Côte Est). Mais il m’a fallu 2 semaines avant que je ne puisse même plier les genoux après le déménagement, et je n’étais pas prêt à avoir des invités.
Je vais vous raconter deux histoires liées à ce Thanksgiving. La première est si stupide que même si je viens de le vivre, je galère à le croire.
Il y a un mois, ma mère m’a dit qu’elle allait réserver une table chez Seasons 52 pour Thanksgiving. C’est une chaîne de restos légèrement au-dessus du moyen, où tous les plats sont censés contenir moins de 600 calories. Je dirais que la plupart d’entre vous l’aimeraient car ils réussissent ce but avec des portions très françaises. Il me semble que leur carte Thanksgiving rate ce but, mais nous y reviendrons.
Ce qu’il faut savoir, c’est que ma mère, qui a 76 ans, a des problèmes avec la technologie que… comment dire ça… personne d’autre n’a. Rien à voir avec l’âge ; je pourrais vous raconter des histoires datant des années 90. Mais la moitié du temps, quand elle dit qu’elle a réservé une table sur Internet, la réservation n’existe pas. Je n’ai pas d’explication.
Alors, quand j’ai abandonné mon but d’avoir des invités, elle a appelé le resto pour m’ajouter, et a découvert qu’il n’y avait pas de réservation. Moi, j’aurais simplement dit « Allez, donc faisons-en une maintenant. » Mais elle a plutôt décidé de réserver une table ailleurs, chez Caló, un resto mexicain dans le même centre commercial. J’ai l’impression que je l’ai mentionné au passé, mais je n’arrive pas à trouver le bon billet. Cette fois, elle a appelé ce resto-là, et ils lui ont envoyé un courriel avec l’heure et la date.
Pour des raisons qui m’échappent, vers midi ma mère a vérifié le site web de Caló, qui disait que le resto serait fermé pour Thanksgiving. Elle a donc appelé à nouveau Seasons 52, et a obtenu une table — à 15h15. Je ne plaisante même pas un peu. Il y a 4 jours aux États-Unis où il faut vraiment réserver à l’avance : la Saint-Valentin, Thanksgiving, Noël et le Réveillon du Nouvel An. Nous étions chanceux d’avoir une table tout court. De toute façon, voici le dîner :


C’est de la dinde avec toutes les accompagnements traditionnelles : purée de pommes de terre, « stuffing » (une sorte de pain perdu salé), purée de patate douce et de la sauce aux canneberges, ainsi que des haricots verts. D’habitude, il n’y a pas de pain chez Seasons 52, mais cette fois, il y avait de petits pains aux graines de pavot. Vraiment pas mal. Mais nous aurions pu avoir la même table avec beaucoup moins de soucis !
Alors, l’autre histoire. Je crois que vous savez tous que Dimanche avec Marcel est né d’un cadeau d’anniversaire de mon frère. Voici ce qu’il m’a donné au dîner hier soir :

Merci de me tuer avant que je n’ouvre ces livres. Honnêtement, un livre, et je m’en fiche duquel, aurait suffi. Ce sont : Comment Jésus est devenu Dieu par Bart Ehrman (un historien sceptique), Les meilleurs frappeurs de baseball de tous les temps par un universitaire qui est prof de statistiques, et Rashomon et 17 autres nouvelles, un recueil de Ryūnosuke Akutagawa, qui a écrit la nouvelle devenue le film culte japonais d’Akira Kurosawa, Rashomon.
Il n’a pas peur de me donner des devoirs. Mais si jamais j’essaye de suggérer la moindre chose dans l’autre sens, il a l’air de s’ennuyer. Quand il a déjeuné avec La Fille et moi avant d’aller au jardin il y a deux jours, nous avons essayé de lui montrer un extrait de Rabbi Jacob. (Ça, parce qu’il insistait que nous devions voir sa dernière obsession, Les Diaboliques. Toujours les devoirs pour les autres.) Disons que c’était mal accueilli.
Je me compte chanceux d’avoir survécu Thanksgiving cette année. On dit que c’est l’évènement familial le plus stressant de l’année, car pour des raisons mystérieuses, on évoque toujours quelque chose de déroutant à table. Mais c’est encore plus marrant quand on a un parent qui le fait exprès !































