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Le meilleur film de tous les temps

La Fille est en vacances cette semaine, alors le 2, nous sommes allés au ciné pour regarder le nouveau film, Super Mario Galaxy, le film. Je vous ai déjà donné un avant-goût de ce que j’allais aimer chez ce film, mais il a quand même dépassé toutes mes attentes. Et n’oublions pas, ces films sont animés en France et génèrent des centaines de boulots français. Parlons-en plus.

Screenshot

J’espérais que le film aurait encore un pire accueil de la part des critiques que le premier, et je n’ai pas du tout été déçu. Il y a un site américain, Rotten Tomatoes (littéralement, Tomates pourries), qui crée des scores pour les films à base du pourcentage des critiques qui sont positives — ce qui a ses faiblesses, car un film peut avoir un score de 100 % où toutes les critiques sont 3/5, et ça donne sa propre fausse impression. Pour le premier film, les critiques l’ont détesté, mais la note du public a été beaucoup plus élevé. Voilà :

Le score des critiques est 59 % : celui du public est 95 %.
Capture d’écran

Moi, j’ai adoré ce film, le déclarant « Citizen Kane du Royaume Champignon ». À mon avis, le nouveau est encore meilleur. Les scores ?

Le score des critiques est 40 % : celui du public est 90 %.
Capture d’écran

Mon vœu a été bien exaucé, non ? Pourquoi est-ce que je voulais voir un plus bas score ? Parce que même avant de voir le film, j’ai déjà compris qu’il ne s’agissait pas des mérites du film, mais de leur hostilité envers certaines valeurs. Je faisais donc confiance que plus les critiques détestaient Super Mario Galaxy, plus j’aimerais ce film. J’avais raison.

Quelle est l’histoire de presque tout jeu Mario ? On — souvent, mais pas toujours Bowser — kidnappe une princesse — souvent, mais pas toujours Peach — et c’est à Mario et Luigi de la sauver. L’intéressant, c’est le monde qu’ils explorent sur le chemin, les ennemis qu’ils rencontrent, les bonus qu’ils trouvent. Ce que les critiques ne savent pas (ou oublient), c’est qu’à partir du deuxième volet, Peach est souvent un personnage jouable, et sa propre héroïne. Ce film explore ça, mais de façon qui énerve les critiques.

Au début du film, la princesse Rosalina est inconnue pour tous les autres personnages. Elle habite dans une sorte de station spatiale, et possède des pouvoirs magiques. Le fils de Bowser arrive pour la kidnapper, car il a besoin de ses pouvoirs pour ses propres buts. Rosalina arrive presque à gagner toute seule, mais ce n’est pas le moment « girlboss » qui souhaitent les critiques, parce que dans un moment de faiblesse où elle se soucie d’un Luma, les créatures qui vivent avec elle, Bowser Jr. réussit enfin à la capturer. Quand Peach apprend que c’est arrivé, elle quitte tout de suite son royaume pour essayer de la sauver toute seule. Peach se débrouille très bien, notamment face à Wart le crapaud et ses sbires (pour moi, un point fort, car il vient d’un jeu de mes 12 ans), mais il s’avère qu’elle a toujours besoin d’une équipe, et ça, c’est une faute impardonnable pour les critiques américains.

Mais il y en a encore pire à leurs yeux. Vous avez certainement remarqué que la relation entre moi et La Fille est truffé de commentaires piquants, que mademoiselle a du culot. Ce n’est pas par hasard. Depuis longtemps, je fais exprès des efforts pour cultiver un peu d’attitude chez elle, afin de l’aider à survivre chez sa mère et à ne craindre personne. Dit autrement, j’essaie de cultiver exactement la même relation entre nous qu’entre Bowser et Bowser Jr. C’est souvent remarqué par les joueurs, mais apparemment par aucun critique que Bowser est en fait un bon père, même s’il a des mœurs douteuses. Il se soucie sincèrement de son fils, essaie de cultiver de l’ambition et de bonnes habitudes, et fait l’éloge de son travail.

Alors, le point fort du film à mes yeux est la relation entre ces deux. Junior fait son tout pour sauver son père, prisonnier au Royaume Champignon depuis la fin du premier film, et il s’avère que tout qu’il a construit, c’est parce qu’il veut que son père soit fier de lui. Ils se souviennent ensemble de comment Bowser faisait des spectacles de marionnettes pour son fils pour lui enseigner comment être un bon méchant. Ça m’a rappelé des centaines d’heures de doubler des poupées de My Little Pony ou de Princesses Disney pour divertir La Fille. Mais un père qui n’est pas un clown, qui n’est pas humilié par tout le monde, c’est aussi impardonnable chez les critiques américains.

Je n’ai rien dit sur tous les personnages qui apparaissent dans ce film — il y a des hommages à une belle douzaine de jeux Mario, ainsi qu’aux Pikmin et à Star Fox. Pour un joueur expérimenté, ce sont un régal. Mais Super Mario Galaxy est le film que j’attends depuis le jour où j’ai changé une couche pour la première fois, l’hommage par excellence aux pères. Comme le premier film, nous le regarderons une deuxième fois au ciné.

Au fait, cette fois j’ai été prêt avec mon portable pour vous montrer une preuve que c’est presque un devoir patriotique français de le regarder. Voici un peu du générique :

Photo du générique du film, avec une trentaine de noms à l'écran, dont beaucoup qui sont uniquement français.

C’est flou, mais pensez-vous qu’il y a beaucoup de Jérémie, d’Élodie et de Clément aux États-Unis ? Bah non, ce film a été animé chez Illumination Paris !

La vérité est ailleurs

Je sais à quoi vous vous attendiez, mais j’ai hâte de partager un nouvel développement que je crois m’aidera tellement avec l’écriture de ce blog. Pendant des années, j’ai cru que je devais lire une diversité de sources pour comprendre la France — Le Canard, bien sûr, mais aussi Le Monde, Le Figaro, Ouest-France, Le Dauphiné libéré, BFM, Libé, et surtout le journal avec toutes les actualités les plus importantes, Le Journal du Centre. Mais il s’avère que je n’ai jamais eu besoin de tout ça — tout ce dont j’ai besoin, je peux le trouver dans un seul podcast. En en anglais en plus !

Je parle, bien sûr, de la plus grande experte américaine sur la France, Mme Candace Owens. À vrai dire, je n’ai jamais fait attention à elle pendant une belle décennie, parce qu’il n’y avait aucune preuve qu’elle savait de quoi elle parlait. ([Et vos qualifications pour écrire sur la France, quelles sont-elles ? — M. Descarottes]) Puis, quelque chose s’est passé pour attraper mon œil.

J’essaie d’être respectueux envers presque tous les hommes politiques français, car je dis souvent que je me considère un invité. Les habitués se souviendront peut-être que M. Darmanin fait exception à cette règle, car il m’a vraiment énervé avec son comportement en ce qui concerne le Stade de France. De toute façon, quand j’ai entendu parler que Mme Owens disait des trucs négatifs sur Mme Macron, dont l’idée qu’elle était en fait son frère, je me suis dit, « C’est bête ; elle a déjà eu des enfants. » Mais après, quelque chose m’a fait changer d’avis. Il s’est avéré qu’elle avait des sources françaises. Et la Cour d’appel de Paris a jugé ces sources non-coupables de diffamation ! Alors, Candace Owens doit savoir de quoi elle parle !

Puis, il y avait l’assassinat tragique de Charlie Kirk. Alors que des naïfs comme moi pensaient que le type qui l’avait avoué à sa famille, et qui avait envoyé des textos à son copain sur son plan, l’avait fait, c’était Candace seule qui a trouvé les vrais coupables. L’Égypte, l’Israël — et la France !

Tout a commencé en octobre 2025 quand madame était la seule à nous dire qu’en fait, l’armée égyptienne avait un avion qui suivait Charlie Kirk autour des États-Unis. Ce tweet dit qu’elle a reçu un tuyau sur un avion militaire égyptien parti de Provo, Utah le 10 septembre, le jour avant le meurtre, et que le directeur du FBI protège l’Égypte :

Capture d’écran

Puis, elle était la seule à découvrir que « nos ‘Égyptiens’ avaient séjourné à un hôtel dans l’Utah entre le 4 et le 13 septembre. Peu importe que leur avion était parti le 10 :

Capture d’écran

« Mais Justin », me dites-vous, « rien à voir avec la France ! » Attendez. Vous voyez, qui s’intéresse à l’empêcher de découvrir ce complot de l’Égypte à tuer Charlie Kirk ? Les Macron. Selon elle, « j’ai été contacté par un fonctionnaire de haut rang du gouvernement français… cette personne prétend que les Macron ont commandé et payé mon assassinat » :

Capture d’écran

Elle a donc des sources très bien placées dans le gouvernement français !

C’est ici qu’Israël entre dans notre histoire. Cette même personne lui a dit qu’une équipe du GIGN, qui comprend un israélien, a reçu les ordres. Mais en plus, « l’assassin de Charlie Kirk s’est entraîné avec le 13e brigade de la « légion française’ » :

Capture d’écran

Bien sûr, le GIGN a dit à 20 Minutes que c’était « ridicule », mais c’est ce à quoi on s’attendrait, n’est-ce pas ? Qui vais-je croire, une podcasteuse américaine qui ne parle pas français, ou le gouverne-ment ? Ouaip.

À ce point, je faisais déjà toute confiance à Mme Owens. Puis, elle a ajouté qu’il y avait aussi des franc-maçons dans le complot, ce qui implique une famille normande, les D’Isigny, ou comme vous les connaissez, les Disney. D’abord, elle explique :

Ces franc-maçons contrôlent le gouvernement français et ont fondé l’Amérique. Rien de ça n’est imaginaire. Ça date de plus d’un millénaire.

Sur ce point, le meurtre de Charlie Kirk était un meurtre rituel et des soldats de la Légion étrangère étaient sur le sol.

Capture d’écran

Mais les Disney ? Voilà :

Le complot de meurtre franc-maçon en France ce qui prouve, je disais la vérité sur les bérets bordeaux…

Le club « 33 » passe une mauvaise semaine

Capture d’écran

C’est quoi le club 33 ? Le 33e degré est le rang le plus haut dans la franc-maçonnerie. Et à presque chaque Disneyland autour du monde se trouve un resto très cher dont il faut être membre, le Club 33. Ben, il n’y en a pas un à Disneyland Paris, mais laissez tomber. Tous les meilleurs complotistes savent que Walt a choisi ce numéro car il était franc-maçon. Ils le nient, mais encore une fois, diraient-ils exactement ça, n’est-ce pas ?

Alors, c’est comme ça que je sais maintenant que je ne peux plus faire confiance à mes sources françaises. Mais ça va, car Candace Owens seule sait la vérité sur la France. Aux États-Unis, nous sachons.

Ô, j’ai oublié un dernier détail. Malheureusement, Candace ne le comprendra pas car elle ne parle pas français :

Photo d'un panneau de jumelage entre Poissons en Marne, et Avril en Meurthe-et-Moselle. Oui, ça existe vraiment.
Poisson d’Avril !, Photo par
René Hourdry
, CC BY-SA 4.0

Un sixième jour dans notre vie

C’est le 29 mars, ce que je considère mon « anniversaire français », parce que c’était la date de ma première leçon en 2020 (2021, 2022, 2023, 2024, 2025). Chaque fois, c’est le moment pour un peu de recul, de regarder autour de moi (lien vers une chanson de Rush) et voir où je suis dans ce projet.

Carrot cake d’une autre époque

Depuis le début, je dis encore et encore que mon plus grand rêve, au-delà de vivre en France, est simplement de m’intégrer, de ne pas être une petite célébrité comme pendant cette première année-là dans le groupe Génération 80s — « Regardez-moi ça ! C’est l’Américain ! » Mais qu’est-ce que ça veut dire vraiment ?

C’est certainement à dire que la France devait arrêter d’être Disneyland pour moi. Je crois que je n’arrêterai jamais de voir Carrefour comme une sorte de caverne d’Ali Baba — après des décennies de me sentir de plus en plus comme un extra-terrestre chez moi, l’idée qu’ailleurs dans le monde, il existe des marchés pour des gens comme moi, c’est un conte de fées. Mais mes relations avec les autres devaient devenir plus « normales », moins comme une visite au zoo (dans les deux sens, pour être clair). Où suis-je sur ce chemin ?

J’ai été très honnête en vous disant que j’espérais que devenir rédacteur du bulletin de l’OCA aiderait certaines personnes à se méfier moins de moi. En général, je crois que j’ai réussi ce but. Il n’y a plus personne qui exprime des doutes que j’en sois capable. Si ma relation avec la présidente a été tendue pendant la première année, à cause d’être exclu du bureau, tout va très bien maintenant. De sa propre façon, « Devrais-je rester ou devrais-je partir ? » a montré que je peux avoir des malentendus importants avec les Français autant qu’avec les Américains. Peut-être que c’est ironique de le dire, mais c’est aussi un signe que la vie devient de plus en plus « normale ».

Avoir enfin des invités francophones à la maison, c’était une étape importante à cet égard. C’est impossible d’exprimer vraiment à quel point être toujours l’invité, jamais l’hôte, me met mal à l’aise. Je ne vous ai pas dit qu’après toutes les préparations soigneuses, j’avais oublié d’avoir des serviettes ! (D’habitude, on utilise juste des essuie-touts en papier chez nous.) C’était gênant, mais peut-être aussi bon de voir que je pouvais faire une erreur sans que tout parte en vrille.

Alors, le projet de « normalisation » va assez bien. ([La dédiabolisation, pas autant. — M. Descarottes]) Mais peut-être que j’ai perdu un atout important en la cherchant. Si j’avais essayé de vendre l’image « Regardez, l’explorateur étranger, venu pour tourner des clips Insta pour réagir à notre cuisine et nos monuments ! », j’ai l’impression que mon manuscrit serait déjà mon livre publié. Je ne voulais pas vivre comme ça, mais ma bibliographie est plein de citations de personnes qui font leur vie en faisant exactement ça.

Tout ça dit, alors que j’ai toujours la matière pour une décennie de posts, je me sens de plus en plus inquiet pour le grand projet de déménagement. Il me semble que cette année, je dois vraiment me concentrer sur certaines questions : me faire embaucher, même si c’est toujours trop tôt ; faire des enquêtes sur un titre de séjour ; décider quoi faire avec tous les meubles et les biens d’une vie, car je ne peux pas tout envoyer. Hâte de voir la réaction de mes parents qui n’ont toujours aucune idée. Ils s’attendent à ce que je reste pour m’occuper d’eux à jamais alors que mon frère reste libre à vivre sa vie. On s’amusera bien fin 2028.

Mais toutes ces pensées ne seraient jamais venues à l’esprit si un jour en 2020, je n’avais pas ouvert Duolingo. Pour autant que je m’inquiète sur telle ou telle chose liée à ce chemin, il reste absolument dingue que j’y pense tout court.

Le portfolio et la peluche

Je vais vous raconter une histoire absolument ridicule qui s’est déroulée mardi soir, qui ne touche que très légèrement aux sujets de blog, dans ce cas l’apprentissage de français. Mais pour ceux qui l’aiment quand je cafarde sur moi-même, ce sera un bijou.

Remontons le temps jusqu’en septembre 2010. Après des négociations tendues entre nos avocats, j’avais 10 jours pour quitter la maison familiale et trouver un nouvel appartement. Je devais tout emballer le plus vite possible, et des cartons ont été remplis dans l’espoir qu’un jour, je me souviendrais de les examiner. Dans le chaos, je croyais que j’ai perdu la seule peluche que j’ai achetée adulte, un monstre de la série Final Fantasy dit Tomberry en français (c’est plutôt Tonberry en anglais).

Mardi, La Fille m’a dit « Papa, il faut que je trouve mes devoirs de français du début de l’année scolaire, car je dois assembler un portfolio pour montrer mes progrès. » Alors, c’est quoi le problème ? « Je ne sais pas ce que l’on en a fait ! » Oh, super.

On a passé une jolie heure en ouvrant chaque carton dans sa chambre ou les placards pour chercher les devoirs. On n’a rien trouvé… sauf pour le Tomberry disparu ! Ça fait presque 16 ans que l’on ne s’est pas vus !

Il est adorable, n’est-ce pas ? Il faut faire attention, car un Tomberry marche lentement, mais a l’attaque la plus puissante du jeu, « Everybody’s Grudge, » traduite dans les jeux comme « Rancune » — mais une traduction plus exacte serait « La Rancune de chacun/tous ». Plus le joueur tue des ennemis, plus cette attaque devient forte, car les dégâts sont calculés selon une formule qui comprend le nombre d’ennemis déjà tués. D’habitude, le temps que l’on rencontre un Tomberry, il peut tuer vos personnages en un seul coup.

Ça lui rend le monstre le plus terrifiant de ces jeux. Mais on s’en fout, car il est mignon ! (Et tout le monde pense que les hommes n’aiment pas Hello Kitty — nan, c’est juste que l’on cherche une Hello Kitty tueuse !)

Quant aux devoirs ? Il s’est avéré que La Fille les avait tous rendus fin décembre, alors nous ne les avions plus !

Français sans Fautes

Cette semaine, je teste une appli non seulement pour enseigner le français aux étrangers, mais à tous les Français de souche qui n’ont réussi qu’un 8/20 dans leur cours de langue. Ce n’est pas seulement mieux que Duolingo, mais comme on va voir, c’est une appli avec une ambiance extrêmement française. Je parle de Français sans Fautes.

« Mais Justin », me dites-vous, « selon vous, les applis ne sont vraiment pas utiles au-delà du niveau B2. Et vous étiez récemment de retour sur Duolingo, alors que se passe-t-il ? » Super, content de voir que vous êtes tous si attentifs ! Ce qui s’est passé, c’est d’abord que j’ai commencé à voir des pubs pour cette appli partout — mais je ne fais rien jamais à cause de pubs, exprès. Mais la semaine dernière, on a posé des questions sur cette appli dans mon groupe d’utilisateurs de Duolingo, et ça a piqué ma curiosité. Alors, je me suis abonné pour un essai gratuit de 7 jours. Il ne m’en a fallu que 2 pour tout essayer, et je suis très enthousiaste.

Commençons avec le début. Qui d’autre pour nous accompagner en explorant notre belle langue que Molière lui-même ? J’entends parler que l’on écrit une colonne hebdomadaire en son honneur. Mais il y a un problème :

Bienvenue !
Je suis Molière, mais on m'appelle aussi Momo. Je serai à tes côtés pour combattre les fautes les plus difficiles.

Momo ?!? Ça, c’est un Mohammed ou un Mamadou, pas l’auteur de L’Avare ! Mais à vrai dire, ce sera ma dernière plainte hormis le prix.

Il suit des questions pour établir qui est l’utilisateur. Je regrette un peu d’avoir donné mon âge, car selon les agences de publicités américaines, je mourrai en novembre (on considère que seulement ceux entre 18-49 comptent).

On peut choisir un surnom. Si je savais ce qui suivrait, je n’aurais pas choisi « Justin » :

Choisis ton nom (Par exemple, Victor Hugo)

Pour mes priorités, j’ai choisi « Maîtriser la grammaire », mais je n’étais pas d’accord avec la description proposée après, et j’ai dit « non ». Je crois que je suis mieux que ça !

Ils font des promesses aussi extravagantes que celles de Duolingo. 5 minutes par jour n’est pas assez, mais c’est la concurrence, je comprends.

Tes futurs résultats en seulement 5 minutes par jour : Les bases en place en quelques jours, Plus à l'aise en quelques semaines, Français fluide en quelques mois

Ça coûte cher; c’est moins par mois pour un abonnement annuel, mais il faut tout payer d’un coup :

On passe à ce qui rend l’appli hyper-française. Plutôt que construire des phrases en choisissant des mots comme Duolingo, il faut chercher les fautes. Seulement l’allemand contient le bon mot pour la joie du développeur derrière ce système. C’est brutalement efficace, et je me suis senti très idiot une fois éliminé.

Il y a un calendrier pour vous encourager à ne pas rater un jour qui apparaît après cet examen, exactement comme Duolingo :

C’est à ce point où on choisit enfin un avatar. Pas comme Duolingo, il n’y a que quelques choix, mais tous ont une signification. J’approuve — cette appli cible l’intégration culturelle autant que l’apprentissage, et si je crois que si ce blog a des fans pour une raison, c’est que j’insiste sur ce point sans arrière-pensée.

Sélection de 8 personnages : de Beauvoir, Brel, Camus, Dumas père, Hugo, Sand, Leïla Slimani et MC Solaar

Comme Duolingo, il y a des badges à gagner, encore une fois avec des significations réelles :

Mais attendez — c’est juste « chocolatine », et non « pain de chocolatine », n’est-ce pas ? Peu importe, ce sont des symboles importants, et il y a des explications utiles :

Quant aux symboles à côté des scores, ce sont des macarons, la « monnaie » de l’appli. Je me sens vu.

Il y a plein d’autres exercices que chercher les fautes. Voici la liste de défis pour connaître l’appli :

Jouer une partie classée, Valider une notion, Faire une partie révision, Faire une dictée, Écriture libre

On doit parfois donner des synonymes de mémoire. Ce n’est pas l’un de mes points forts :

Synonymes de sympa -- j'ai gagné 7 points pour en avoir donné 2, mais j'en ai raté 10 autres.

Les « notions » sont des explications de règles de grammaire. Voici un exemple :

J’ai fait une dictée. Mon score était pire qu’attendu :

L’écriture libre est un peu mieux allée :

J’ai fini par débloquer le képi du général :

Symbole du Général de Gaulle, le képi incarne la résistance, la grandeur et la parole ferme. Il évoque une figure historique à l'autorité incontestée.* Obtenir ce badge montre que tu avances avec audace et stratégie.

Ayant tout testé, c’était assez pour moi pour me forger mon avis. C’est un niveau bien au-delà de Duolingo, j’apprécie tellement les faits divers culturels et le manque de trucs trop mignons, et en plus, ce n’est pas du tout répétitif comme Duolingo non plus. Le système de chercher les fautes fait faire attention à l’utilisateur, et c’est en fait quelque chose où Duolingo est nul, car il ignore les majuscules ainsi que toute ponctuation sauf pour les apostrophes.

Je vais quand même l’annuler car avril se prononce « impôts » aux États-Unis, et j’aurai d’autres dépenses en plus. Duolingo n’a jamais eu un centime de moi, juste de l’attention aux pubs. Français sans Fautes est un meilleur produit pour l’élève sérieux, et le budget est la seule raison pour laquelle je ne garderai pas l’abonnement.

Deux adieux

Hier, Les Grosses Têtes ont diffusé un hommage à Isabelle Mergault. J’ai écouté pas mal de l’épisode, mais je ne vais pas écrire un long sommaire. Pour une chose, et ce n’est pas la première fois où je le dis, malgré le fait que ça fait 4 ans que j’écoute Les Grosses Têtes, je ne reconnais toujours personne avec certitude à part Laurent Ruquier. Sans images, je n’ai pas de contexte, et à vrai dire, je n’ai jamais pu distinguer Mme Mergault de Caroline Diamant quand les deux étaient sur le plateau ensemble. Alors, je peux dire qu’Isabelle Mergault a fait une partie importante de ma vie pendant ces 4 dernières années, mais j’ai du mal à préciser comment.

Collage de deux photos : Isabelle Mergault en 2019 et Lionel Jospin en 2014
Isabelle Mergault, Photo par Bernard Grychowski, CC BY-SA 4.0, Lionel Jospin, Photo par Édouard Hue, CC BY-SA 4.0

Ça dit, je recommanderai une pépite que RTL a préparé pour lui rendre hommage, ses 10 meilleures blagues. L’une d’entre elles apparaîtra dans le prochain épisode de la balado.

Mais l’autre adieu du jour, c’était l’ancien premier ministre, Lionel Jospin. On penserait que je ne le connaissais pas bien, car je dis parfois que nous ne connaissons que les présidents français aux États-Unjs, et tous les présidents avant M. Macron étaient François Mitterand. (Il y a une plus longue explication dans le livre — avec des preuves.) Ça dit, j’ai vu un clip que j’ai vraiment envie de le partager, un échange entre Messrs Jospin et Chirac pendant un débat en 1995 quand ils croyaient que les micros étaient éteints :

C’est un moment de vrai respect, même amitié, entre les deux. M. Jospin dit que pendant les meetings, c’est « l’agressivité tout le temps » et que l’on lui a dit, à propos de M. Chirac, que « tu vas le plier ». M. Chirac montre qu’il est d’accord, que c’est pareil de son côté, et que « ça, c’est les militants ». La vérité, peu importe ce qui s’est passé lors du débat, c’est que les deux ne se haïssaient pas.

Cet échange m’a rappelé le meilleur débat que j’ai jamais vu à la télé américaine, presque de la même époque. C’était en 2000, entre les deux candidats pour vice-président, Joe Lieberman pour les Démocrates et Dick Cheney pour les Républicains. Je suis sûr que vous êtes tous de grands fans de M. Cheney vu les années suivantes, mais je suis complètement sincère que pendant 90 minutes, ça a été un échange respectueux, sans insultes, avec de vraies idées et un manque de haine. Je n’ai jamais rien vu comme ça avant, et certainement pas après.

Disons que l’image de M. Chirac dans la presse américaine des années 2000 n’était pas la plus flatteuse. Pas dans le film français Mystère à Saint-Tropez, qui a reçu une très bonne note ici, non plus. Et je ne savais vraiment rien de M. Jospin, sauf qu’il était anciennement premier ministre, et ça, sous ce même Chirac ! Mais ce petit clip d’une minute parle très bien des deux. J’ai certainement une impression très positive de M. Jospin après l’avoir regardé.

Alors, si les nouvelles de ces derniers jours sont à regretter, quelle chance pour la France d’avoir connu Mme Mergault et M. Jospin !

Ici et là

C’était un jour bien sombre hier — Chuck Norris et Isabelle Mergault en même temps ? RTL a un hommage à Mme Mergault sur son site, et j’entends parler que l’épisode des Grosses Têtes pour lundi le 23 mars sera consacrée à elle en plus. À vrai dire, je ne connais pas son travail à part Les Grosses Têtes, mais j’ai l’impression qu’il me faudra améliorer cette situation.

Quant à Chuck Norris, je ne sais pas si les mêmes mèmes existent sur lui en français qu’en anglais, mais je ne les ai jamais vus. J’en ai trouvé, mais ils ne sont pas commun sur les réseaux sociaux pour moi. Je veux dire des trucs comme celui-ci :

C'est une photo de Chuck Norris avec un chapeau Stetson et la légende : « Chuck Norris ne fait pas le ménage -- il laisse 24h à la saleté pour sortir de chez lui. »
Source

Il n’y a pas de mèmes pareils en anglais pour Schwarzenegger ou Bronson ou les autres stars d’action de la même époque. On avait toujours l’impression qu’il était presque uniquement dur et fort.

J’ai fait une autre douzaine de mirlitons de Rouen pour La Fille hier soir. Mais elle s’est couchée avant qu’ils ne soient prêts. Dommage. Hâte d’entendre son avis !

J’aurais dû compter mes œufs avant de commencer — j’avais exactement la bonne quantité pour finir, et pas plus. Non, il n’y a pas encore de pénurie — sinon, j’aurais dit à La Fille qu’il fallait attendre son anniversaire pour les goûter.

J’adore tellement cette recette, et surtout cette technique de pâte feuilletée dans un moule, que je pense à d’autres garnitures.

C’est la fin de la saison des « Girl Scout Cookies » aux États-Unis cette semaine. Chaque année, les Girl Scouts — éclaireuses — vendent des biscuits partout dans le pays, 6 $ la boîte. C’est une industrie énorme qui récolte plus d’un milliard de dollars par année. Pendant 5 années, j’ai été responsable d’aider La Fille à vendre ces cookies — et ça ne me manque pas, car on compte sur des techniques comme supplier ses amis et sa famille d’en acheter. J’ai acheté deux boîtes cette année :

La boîte verte, « Thin Mints » (Menthes fines), est de loin la sorte la plus populaire, des biscuits au chocolat trempés dans du chocolat parfumé à la menthe. La boîte jaune. « Lemonades » (Limonades) sont des sablés avec un glaçage au citron. Quelque chose qui les rend amusants pour ce blog ? Les cookies sont produits par plusieurs biscuiteries industrielles à travers le pays — et pendant les années 80s, ils ont été fabriqués par Burry-LU, une filiale d’exactement l’entreprise à laquelle vous pensez.

Ce n’est pas drôle de penser que j’ai mangé plus de Girl Scout cookies de LU que de Chamonix, ou bien de Pim’s, pendant ma vie.

Il y a longtemps, j’ai écrit une Langue de Molière sur les petits noms. Hier, Duolingo m’a donné une leçon pleine de trucs que je connaissais déjà, même si je trouvais le dialogue amusant :

Mais cette histoire en a présenté un que je ne suis pas sûr existe vraiment :

On dit vraiment « petit canard en sucre » ? C’est pénible si oui !

D’autre part, vu les folles quantités de sucre dans ce post, qui suis-je pour m’en plaindre ?

L’enquête la plus française

Si je fais les choses correctement, la prochaine entrée dans le Projet 30 Ans de Taratata doit être consacrée à Françoise Hardy, car nos 6 derniers artistes se sont réunis sur le plateau pour « Le Temps de L’Amour ». Cependant, je faisais des recherches pour la prochaine collection, et c’est comment j’ai découvert l’enquête judiciaire la plus française de tous les temps. Il n’y a pas besoin de connaître les autres, tellement ce propos est évident.

Dessin libre interprétation de « Omar m’a tuer » par Olivier Hammam, CC BY-SA 3.0

C’était une recherche sur le chanteur Cali qui m’a mené à sa chanson « Amour m’a tuer » [sic], écrit exactement comme ici avec l’infinitif à la place du participe. De sa part, Cali avait tiré son inspiration d’un détail d’un meurtre horrifiant dans les Alpes-Maritimes, connu sous le nom « l’Affaire Omar Raddad ». Il s’agit d’un indice du genre qu’à vrai dire, je croyais existait uniquement dans les romans policiers.

La victime, Ghislaine Marchal, était la veuve riche d’un industriel, et propriétaire d’une villa dans la ville de Mougins. Ce que l’on sait de son dernier jour, c’est qu’elle a été censé déjeuner avec deux amis le 23 juin 1991, à 13h. Quand elle n’a pas apparu chez eux, ils ont fait des appels à 13h30. Sans réponse, ils attendent jusqu’à 18h pour se rendre à sa maison. Le lendemain, ils reviennent avec une autre amie, mais ne trouvent pas Ghislaine. C’est seulement la nuit du 24, où les gendarmes la trouvent, morte dans sa cave. Près du cadavre, on a écrit — avec du sang — « Omar m’a tuer », ce qui semblait faire référence au jardinier, M. Omar Raddad.

Il faut ajouter que l’on a fait des efforts pour cacher le corps. La porte de la cave a été verrouillée, avec un lit pliant et un tuyau en métal utilisés pour barrer la porte de l’intérieur. L’autopsie montre qu’elle a été tuée par « cinq coups violents à la tête, portés avec un chevron, ‘assénés pour tuer et non pour assommer’ » ainsi qu’une « une plaie en V à la gorge » et « dix plaies au thorax et à l’abdomen ». Malgré ces chiffres étonnants, il semblait qu’elle pouvait écrire, de son propre sang, « Omar m’a tuer » et ailleurs, « Omar m’a t ». Ces deux phrases ont été écrites sur une porte et le mur d’un couloir dans la cave — des tests génétiques montrent définitivement qu’il s’agit du sang de la victime.

Mais on est en France. Est-ce que la question est « Une femme si gravement blessée, pouvait-elle vraiment écrire ces choses elle-même avant de mourir ? » ou bien « Est-ce que le vrai meurtrier a fait ça pour porter des soupçons vers la mauvaise personne ? »

Non. Comme expliqué source fréquente du blog Sandrine Campese du Projet Voltaire, d’abord les enquêteurs croyaient que c’était impossible qu’une si bien éduquée femme puisse faire de telles erreurs :

La faute d’accord a été au cœur des interrogations des enquêteurs. D’abord, ils ont pensé qu’une femme aussi respectable que Mme Marchal n’avait pas pu commettre une telle erreur ! Puis, ils se sont rendu compte, en épluchant ses correspondances, qu’elle n’était pas à sa première entorse à la langue de Molière et qu’elle était même complètement fâchée avec les participes passés.

« Omar m’a tuer » : histoire d’une faute tristement célèbre

Il me semble qu’il y a de bonnes questions ainsi que des questions stupides à poser à cet égard. Parmi les bonnes, il y a notamment : est-ce que Mme Marchal a pu se déplacer assez loin pour écrire ces inscriptions là où elles ont été trouvées ? Il semble que les experts n’étaient pas bien informés avant d’en tirer leurs conclusions ; selon Wikipédia :

L’expert écrit que le scripteur « n’a pu se déplacer pour tracer la fin de son second message, puisque c’est là que l’on a retrouvé son cadavre ». On notera qu’il semble ignorer que le corps n’a pas été retrouvé devant cette porte.

Je n’exprime pas le moindre avis sur la coulabilité de M. Raddad — c’est un sujet bien compliqué. Mais je suis absolument étonné que l’accord soit une question sérieuse — si c’était à madame, il ne lui restait que quelques minutes pour l’écrire. Pense-t-on qu’elle se soucierait de trouver assez de sang pour faire de bons accents ? Ça, je trouve trop bête ! Remettre en cause si c’était son écriture tout court, ça me semble très logique. Mais oh là là, comme c’est français de se soucier de l’orthographe même au moment de la mort !

On a tué Un Coup de Foudre

Pendant les 4 dernières semaines, je déprime sévèrement à cause de ce qui arrive à ce blog sur Google. Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne sais pas s’il y a un moyen de le régler, mais c’est choquant et je ne le comprends pas du tout.

L’une des meilleures surprises de 2025, c’était la croissance des blagues de la semaine. Pas comme beaucoup de pages similaires, c’est mis à jour fréquemment (je vous regarde, Topito et Le Tribunal du Net). On peut voir que depuis juin dernier, c’était une vraie réussite :

Capture d'écran des statistiques de la page : de 658 vues en juin 2025 jusqu'à 1 581 en février 2026, avec plus de 1 000 vues chaque mois.

Mais quelque chose s’est passé le 17 février, et je ne sais pas quoi, mais les conséquences sont catastrophiques. Voici les 3 derniers mois ; la grande chute est le 17. Je ne sais pas pourquoi tout avait explosé juste avant ça, et le pic le rend difficile à voir, mais la nouvelle réalité est la moitié du traffic d’avant :

3 mois entre le 17 décembre et le 17 mars : d'un moyen de 80 clics par jour à un pic de 200, puis un mois entier de 40 clics par jour.

Une semaine après la chute, j’ai pris deux captures d’écran qui montrent de plus proche le problème. Voici les 4 dernières semaines à ce point — on penserait que tout allait bien :

Capture d'écran des statistiques du blog une semaine après la chute, pour les 28 derniers jours. 3,42 k clics, une croissance de 35 % -- mais la dernière semaine de ça avait vu presque rien.

Mais la vérité de cette semaine-là, c’était que tout à coup, Google avait dévalorisé la page, au point de supprimer presque tout son traffic — de 400 clics par semaine jusqu’à 30, une perte de plus de 90 % des visiteurs. Et c’est apparemment durable, parce que c’est pareil pour chaque semaine après.

7 derniers jours, une semaine après la chute -- une baisse de -192 % par rapport à la semaine précédente, avec 443 clics pour tout le blog, équivalent à une perte de plus de 50 % du traffic mensuel.

En novembre, j’avais remarqué les performances époustouflantes des blagues pour plusieurs mots clés, dont « blagues drôles à tomber par terre » :

Capture d'écran qui montre une place moyenne de 2,9 pour les résultats de « blagues drôles à tomber par terre ».

C’est beaucoup plus bas maintenant — il n’y a même plus de statistiques pour la semaine dernière, ni le mois dernier !

Capture d'écran pour les statistiques pour les mots clés « blague drôle à tomber par terre » -- le menu montre qu'il n'y a pas de données pour les 7 et 28 derniers jours, juste les 90 derniers.

Il m’a fallu 3 ans de travail sur cette page pour en faire une réussite de façon « organique », et tout a disparu en un jour, avec des effets qui continuent. Le traffic du site au-delà les blagues a aussi baissé lourdement :

Capture d'écran des 28 derniers jours : une chute de 67 % des clics au total

J’écris principalement pour les abonnés, par pour Google. Mais j’avais espéré utiliser la croissance du blog pour enfin reconnaître des résultats ailleurs, notamment avec des maisons d’édition, et c’est comme si les deux dernières années du blog ont tout à coup complètement disparu. C’est une catastrophe et comme j’ai dit au début, je ne comprends ni pourquoi ni quoi faire.

Municipales

Je dois avouer quelque chose. Ça fait presque 6 ans depuis le début (le 29 mars 2020), et je ne comprends toujours pas — du tout — les municipales françaises. Et ça, malgré le fait que je lis les actus comme tout le monde. J’ai l’impression qu’au moins une personne va me dire « nous non plus », mais je ne parle pas de tel ou tel résultat en particulier. Je veux dire simplement que je ne comprends pas comment s’organisent les gouvernements locaux. Peut-être que ce n’est pas la même chose partout et que j’ai mal compris ça. J’explique mon problème.

Aux États-Unis, pour chaque ville, peu importe la taille, on vote pour un candidat à la mairie puis un ou plusieurs candidats pour le conseil. Ce dernier dépend de si la ville se divise en circonscriptions ou pas — anciennement, Elbe-en-Irvine ne faisait pas ça, alors on votait pour un maximum de 3 candidats (typiquement, une douzaine se présentait à chaque élection, dont 5-6 qui n’étaient pas sérieux, mais voulaient juste se voir sur le bulletin de vote). Le top 3, peu importe le parti, seraient élus conseillers. En 2024, la ville a changé à un système de circonscriptions, alors on vote désormais pour un candidat pour maire, et un candidat pour conseiller dans sa circonscription. C’est assez simple ; si un parti ou l’autre a la majorité, il contrôle la ville (qui va le prendre cher peu importe le gagnant ; presque toute ville du pays dépense au-delà de ses revenus).

En théorie, je comprends l’idée des listes au niveau parlementaire. On nomme un certain nombre de candidats et on reçoit une certaine quantité de députés selon le pourcentage de scrutins. Si j’ai bien compris, la France n’utilise pas ce système au niveau de l’Assemblée nationale, et les candidats sont élus par circonscription. Un scrutin est un vote pour une personne. Mais le Sénat, c’est par liste, et un scrutin est un vote pour le nombre de sièges du département. Jusqu’ici, pas de problème.

Alors, les municipales. Naturellement, la seule qui reçoit même un peu d’attention aux États-Unis est celle de Paris, mais je ne lis pas les journaux américains pour mes infos ; plutôt Franceinfo et le site du Ministère de l’Intérieur. Et Franceinfo me dit que les listes de Mme Dati et M. Bournazel s’allient pour le 2e tour. OK, ça veut dire quoi ? Alors je lis les résultats sur le site du Ministère de l’Intérieur et ça dit :

Pour Paris 75056, il y a le Conseil de Paris avec 163 sièges et le Conseil communautaire avec 57.

Pas sûr que je comprenne la différence entre ces conseils, mais laissez tomber. Je lis les résultats du premier tour par liste et je vois :

Résultats du premier tour parisien par liste

Heureusement que j’ai assez lu pour savoir déjà que « LUG » veut dire « liste d’union à gauche », car ça veut dire tout autre chose en anglais (je le laisse aux bilingues). En cliquant sur la liste de M. Grégoire, je vois qu’il y a 163 candidats qualifiés pour le 2e tour pour 163 sièges au Conseil de Paris. Mais il y a 59 candidats qualifiés pour l’autre conseil, qui n’a que 57 sièges. Je rate quelque chose. Puis je clique sur la liste de Mme Dati. C’est pareil pour le Conseil de Paris, mais là où les premiers 59 noms ont été qualifiés pour le deuxième tour avant, ici on voit :

Capture d'écran d'une partie de la liste de Mme Dati

Il y a de nombreux tels trous dans la liste pour le Conseil communautaire. Il faut lire jusqu’à la 93e place pour compter 57 noms pour ce dernier, et il n’y en a que 57, pas 59 comme l’autre. Je ne comprends pas du tout ce qui se passe.

Puis j’ai lu sur le site de LCP : « Pourquoi la victoire de Rachida Dati dans le 7e dès le premier tour peut lui coûter cher ». Et si j’ai bien compris cette fois, c’est qu’elle a déjà gagné pour le conseil de son arrondissement, qui n’a apparemment rien à voir avec ces deux autres conseils. Pourquoi ce n’est pas aussi un problème pour M. Grégoire, je ne le comprends pas du tout non plus.

Mais peut-être que c’est juste que les plus grandes villes sont différentes ? Ce même article de LCP dit qu’il y avait une réforme pour Paris, Lyon et Marseille. Et franchement, il y a une ville qui m’intéresse plus que celles-ci :

Capture d'écran des statistiques pour Rouen 76540 -- il y a 55 sièges pour le conseil municipal et 28 pour le conseil communautaire.

Mais il y a deux conseils pour Rouen aussi ? Là-bas, la LUG (hihihi) a réussi le plus grand nombre de voix, et a 55 candidats pour le conseil municipal, mais 30 pour l’autre, qui n’a que 28 places. C’est pareil pour la LDVC. Ça n’a donc rien à voir avec la taille de Paris.

Tout ça a un côté pratique qui me fait peur. C’est trop tôt, mais je pense déjà à un certain examen civique. S’il y a des questions sur comment marche tout ça, je serai mort !