Archives pour la catégorie Non classé

C’EST ASSEZ

Je sais à quoi vous vous attendiez. Mais ce soir, juste quand j’étais en train de partir pour une soirée de tarot (où j’ai gravement perdu, car on a appelé aux rois dans mon jeu pour une garde et une garde sans, mais ces deux n’avaient pas assez pour ces paris), j’ai entendu la nouvelle à la radio — troisième attenant contre le président Trump. Je suis rentré et j’ai commencer de lire les nouvelles que j’avais ratées ainsi que les commentaires.

J’ai déjà écrit plusieurs fois sur d’autres attentats aux États-Unis depuis 2024 — la première fois contre Trump, le meurtre du PDG d’une compagnie d’assurance de santé, le meurtre de Charlie Kirk ainsi qu’une immigrée ukrainienne. J’ai sauté le deuxième tentative contre le président, mais un troisième est beaucoup trop loin, et je ne vais pas penser à autre chose ce soir.

Le temps que je suis rentré, beaucoup de monde avait déjà posté des théories complotistes. Par exemple :

Capture d’écran

Ça dit : « Ses sondages d’opinion sont si mauvais qu’il a monté une autre tentative d’assassinat pour se sortir du dîner des correspondants de la Maison Blanche. » En soi, ça ne mérite pas de réponse — mais plus de 38 milliers de personnes ont déjà montré qu’elles sont d’accord.

Voici un autre commentaire d’un auteur célèbre, Don Winslow, #1 sur la liste de romans à succès du New York Times, un homme avec presque 1 million d’abonnés :

Capture d’écran

Ça dit :

FAUX DRAPEAU :

Une opération sous faux drapeau est UNE ACTION CLANDESTINE —comme une attaque—CONÇUE pour donner l’impression qu’elle a été perpétrée par une autre partie.

Ces opérations visent à créer un prétexte fallacieux pour une action militaire ou à MANIPULER L’OPINION PUBLIQUE.

C’est de la merde. On ne sait toujours pas le mobile de Cole Thomas Allen (lien en anglais), alors quand ce connard grand cru dit que c’est un faux drapeau, ce qu’il veut dire est « Je suis sûr que c’est quelqu’un qui est d’accord avec moi, mais je nierai tout tant que c’est contre mes adversaires. »

En dehors du dîner, il y avait des manifestants qui portaient des pancartes souhaitant la mort du président :

Photo par Katie Pavlich sur X

La pancarte dit « Mort au tyran ». Alors, est-on responsable de ses mots ou pas ?

Je veux que vous compreniez exactement ce que je veux dire. Je ne parle plus à aucune connaissance anglophone sur Facebook que je connaissais avant 2020. L’une des raisons pour ça, c’est que non seulement pendant les émeutes, mais pendant les deux premiers attentats, elles ont toutes soutenu la violence politique, toujours dans le même sens. Personne n’a le droit à tuer un homme politique et je me fous des soi-disant « raisons ». Les manifs doivent rester pacifiques ; sinon, c’est du terrorisme.

Apres le premier attentat contre M. Trump, je vous ai donné de nombreux exemples de menaces de violence de la part de ses adversaires. Je vais finir avec quelque chose que j’ai vu ce soir, la première fois où j’ai vu un membre de ce parti-là exprimer ce sentiment directement, sans qualification :

Capture d’écran

Marie Gluesenkamp Perez est une députée Démocrate de l’État de Washington. Son post dit simplement : « Veuillez arrêter d’assassiner le président. » Il n’y a pas de mot pour dire « Même s’il le mérite bien » ou « Bien sûr, je doute que l’on l’ait tenté. » Et c’est exactement ce dont ce pays a besoin en ce moment. Pas besoin de dire que l’on va voter pour adopter ses lois, ou de dire qu’il est un chic type après tout. Mais il faut absolument que ses adversaires disent au moins ça, clairement et sans aucune ambiguïté. Sinon, les trois prochaines années seront parmi les plus terrifiantes de l’histoire américaine.

Je ne garde plus espoir à cet égard.

Les 2 000 Coups de Foudre

Aujourd’hui marque une étape de folie pour ce blog. C’est le 2 000e article publié sur Un Coup de Foudre. Voici les statistiques d’hier :

J’aime les gros chiffres ronds, et je remarque toujours les multiples de 500, parce que c’est beaucoup de travail (500, 1000, 1500). Puisque je ne peux pas lancer une autre balado ou chaîne YouTube comme la première fois, ces étapes sont toujours le moment pour un bilan et comme dites vous les anglophones, un « best-of ».

À noter, en moyen, je n’ai jamais raté un jour, mais ce n’est pas vrai — j’en ai raté peut-être une vingtaine pendant tout ce temps. Mais aujourd’hui, on est aussi à 2 000 jours depuis la première publication :

Calculatrice d’Ouest-France

Deux projets ont eu lieu complètement pendant ce temps : la lecture de Proust, lancée en janvier 2025, et l’écriture de mon propre livre. Ils restent en cours, et vous entendez assez souvent parler des deux. C’est assez pour dire que j’apprécie tellement le soutien que je reçois dans les deux cas, même si, pour des raisons différentes, il y a autant de larmes que de sourires autour des deux projets.

Mes recettes préférées depuis les 1 500 : Les vraies baguettes sont la recette la plus importante quand on cuisine à la française et n’a pas de boulangerie à prix raisonnable. Les madeleines à la framboise et au chocolat, créées pour lire Proust, sont mes madeleines préférées parmi tous les parfums testés ici. Les mirlitons de Rouen sont une réussite aussi traditionnelle que technique. La bûche « Truffe framboise », une originale du blog, est parmi mes plus grandes réussites. Le « king cake » de la Nouvelle-Orléans, n’a pas plu beaucoup de lecteurs, mais la Nouvelle-Orléans est au cœur de ce blog encore plus que l’originale, et travailler rigoureusement dans ses traditions est autant un plaisir que n’importe quelle recette. Adapter la « tarte à la crème de Boston » était un défi que je me suis mis avec plaisir — qu’un jour je la fasse pour quelqu’un de spécial ! Le macaron Saint-Valentin, format gâteau est le chef-d’œuvre des macarons du blog, celui qui fait tourner les têtes.

Les moments les plus hilarants : Entendre mon ex parler en français à La Fille, je ne l’aurais jamais deviné ! Lire des blagues en français dans Final Fantasy V, je ne m’attendais pas à ça non plus — et surtout au fait que j’ai raté la référence aux Tortues ninjas (une tortue qui mange de la pizza) ! Il y avait la fois où j’ai dû expliquer à La Fille que l’on n’utilise pas « d’accord » comme Jacquouille avec OK. Personne n’oubliera le meilleur poisson d’avril du blog, où j’ai été « démasqué » comme éboueur à Clermont-Ferrand. Et même si j’avais un but sérieux, je vous ai raconté l’histoire la plus drôle que j’ai lue dans un magazine américain.

Les moments les plus touchants ou tristes : Je dois dire que pendant cette période, j’ai été plus franc sur les coulisses — il y a eu plein de drame pendant les deux premières années, mais je l’ai caché. Deux semaines après les 1 500 posts, on a dit adieu à M. Descarottes — puis on devait attendre deux mois de plus pour ses funérailles. Il me manque tous les jours. J’ai raconté une histoire que j’ai gardée secrète pendant presque 30 ans, sur la rencontre ratée avec une Française qui aurait pu changer ma vie. On a dû parler d’un autre épisode de « Restez aux États-Unis ». Je me suis lancé avec Podcasthon pour soutenir la Fédération française de la cardiologie ainsi que la Fédération des aveugles et amblyopes de France. J’étais tellement fier des efforts de La Fille pour apprendre les croissants ainsi que les macarons — et d’écrire son propre article. J’ai accueilli enfin des amis expatriés chez moi, un moment fier comme rien d’autre.

Les coups de cœur culturels : Le moi qui aura 10 ans à jamais ai adoré la reprise moderne du Comte de Monte-Cristo. J’ai tellement aimé écrire sur Julien Clerc, Sandrine Kiberlain et Julie Zenatti pour le Projet 30 Ans de Taratata. (Et j’étais étonné quand Juliette a deviné quelque chose qui m’a posé des problèmes au moins deux fois dans la vie.) J’adore partager les histoires des Français aux États-Unis, et j’espère que celles de Don Luis del Aliso et des Simplot vous ont plu. Voir Paul Taylor en live, l’un des héros de cette histoire, était un rêve devenu réalité. Et même si seulement par Internet, j’étais ravi de revoir Indochine en concert.

Comme je dis à la fin d’une diffusion hebdomadaire — mais personne ne le sait selon les statistiques de Spotify — merci de m’avoir lu. Ça reste le plus grand plaisir de ma vie.

Ô non, canon !

La dernière fois où on a parlé de canons ici, il s’agissait de Langue de Molière. Mais ce week-end, j’ai lu un article sur tout autre chose qui partage ce nom, et à vrai dire, il s’agit du deuxième sentiment d’insécurité le plus important du blog. (Si vous ne savez pas quel est le premier, bienvenue au blog pour la première fois, enchanté, et ainsi de suite.)

Quatre canons rangés sur une plage tropical, prêts à tirer sur la mer
De vrais canons français au Barachois, La Réunion, Photo par BBCLCD, CC BY-SA 4.0

Même avant le début du blog, j’étais au courant des polémiques autour de questions telles que « Le couscous, est-il vraiment le plat préféré des Français ? » et « Y a-t-il trop de kebabs en France ? » Sauf pour de petits soucis tels que l’âge de retraite, la difficulté du bac, et le droit du sol à Mayotte, j’ai du mal à penser à un sujet qui suscite plus de colère rien qu’en l’évoquant. Ce n’est presque jamais le cas que l’on parle vraiment de la validité d’un sondage ; c’est vraiment une question d’identité, d’attitudes envers l’immigration, de préférences politiques. Je connaissais déjà les expressions « Français de souche » et « Français de papier » avant de me lancer, et s’il semblait qu’un blog qui parle sans gêne de terroirs et de traditions serait le chouchou d’un certain genre de personne, je suis tellement au courant qu’il y a une différence entre la fierté et le chauvinisme, et qu’un tel que moi n’est pas le bienvenu parmi tous ceux qui parlent le plus fort sur ce sujet. Au fil des années, j’ai publié une belle collection de commentaires reçus ailleurs sur Internet qui m’invitent à rester aux États-Unis ; je suis moins perplexe sur ça qu’il ne le semble.

Tout ça est une longue introduction au sujet du jour, l’article le plus écœurant que j’ai lu depuis le report du Central Tour en 2021 (dites-donc, j’ai toujours mes priorités). Il vient de France 3 Normandie et s’intitule « Le « Banquet normand » rassemble plus de 4 000 personnes malgré la polémique liée à Pierre-Edouard Stérin ». Je n’avais jamais entendu parler de ce monsieur, et franchement, on peut facilement le mettre de côté. C’est ledit « banquet » qui est le problème.

J’avais du mal au début à comprendre pourquoi l’on se plaindrait d’un dîner. J’ai vite trouvé un clip sur Instagram d’un événement précédent, où plusieurs milliers de personnes ont chanté ensemble « Le chasseur » de Michel Delpech. C’est exactement le genre de chanson que je peux facilement imaginer mettre sur ma propre chaîne YouTube. Et le site web de ces dîners, Le Canon français, promet tout au début « Valoriser le terroir et le patrimoine français ». Ça semble exactement la matière du Tour, du Projet 30 Ans de Taratata, de tout ce que je suis.

Mais j’en ai lu plus. Là, j’ai découvert que :

En novembre dernier en Bretagne, plusieurs habitants avaient réclamé l’annulation de plusieurs banquets au Château des Pères à Piré-sur-Seiche, évoquant des « saluts nazis »qui auraient été arborés par « certains participants à ces réunions ». Les événements avaient finalement été annulés et organisés dans un autre lieu comme l’ont relayé nos confrères de France 3 Bretagne.

Des « saluts nazis » ? Il n’y a rien de ça ici. Pas surprenant que les organisateurs le nient :

Une autre plainte a été déposée contre Emanuel Descours du journal Libération « pour falsification d’image et diffamation faisant croire à des saluts nazis ».

Je suis mal placé pour juger cet argument. L’année dernière, il y avait une polémique autour de M. Musk aux États-Unis : a-t-il fait un tel salut lors d’un « meeting » ? Et si oui, comment ne pas dire que le sénateur démocrate Cory Booker n’avait pas fait pareil ? (Liens en anglais.) Pour ce qu’il vaut, je trouve les deux d’être des accusations commodes de mauvaise foi. Je l’évoque seulement pour dire que cette question est parfois une d’utilité ; il y a d’autres problèmes plus urgents.

Qu’il y ait des saluts Nazis ou pas, il y a des citoyens qui croient que le projet est pourri :

« Je ne permettrais pas de dire que ces 4000 personnes sont des fascistes, ce n’est pas vrai. Mais il y a derrière cet événement une organisation qui avance à bas bruit. Nous sommes là pour dire qu’il faut lutter contre ces idées », témoigne Séverine Lelong, participante au pique-nique citoyen organisé sur le parc de la Prairie.

France 3 raconte qu’il y avait une pétition avec plus de 2 500 signatures pour l’annuler.

Qu’est-ce que j’en tire ? Sans des recherches profondes, il me semble que j’ai bel et bien mis les pieds au cœur d’un conflit beaucoup plus grand que ce petit blog. Je peux facilement voir comment un éditeur penserait : « Je publie un livre sur les terroirs et tout le monde me prendra pour un facho. » Je crois que c’est impossible de lire mon manuscrit et le croire sincèrement, mais les gens font leurs devoirs avant leurs avis depuis quand ? Ouais.

J’ai franchement du mal à comprendre quel est le rapport entre ces banquets et un canon, mais laissez tomber. Le projet de ce blog est, depuis le début, de valoriser la France exactement parce que je me sens reconnaissant, en tant qu’étranger, que tant de monde m’a accueilli ; je dis souvent même « adopté ». Si je mets l’accent sur m’intégrer, c’est parce que je crois que la première tâche d’un invité est de se montrer digne de son accueil, exactement ce que j’exige chez moi. Sans prononcer sur la question de si ces événements ont un côté obscur, il suffit de dire qu’il n’y a pas de parti pris ici et que je ne suis certainement pas le partisan d’un programme qui a pour but que je reste condamné à la Californie !

Un conte de deux desserts

Hier soir, j’étais au repas des bénévoles pour l’OCA. Comme je vous ai dit, c’est moi qui a fait le dessert. Ce que personne là ne savait, c’était que j’ai eu une catastrophe en cuisine. Mais je partage mes échecs ici, non seulement les réussites, alors vous allez tout voir.

Je vous ai dit lundi que j’allais préparer les macarons crème brûlée de Pierre Hermé, mon dessert parisien. On dit en anglais de ce genre de recette que c’est « a pain in the butt », que ça fait mal au cul — il y a deux coques différentes à préparer, et non seulement une ganache, mais un caramel qui doit être préparé séparément pour aller dans la ganache. 4 parties, tout pris en compte.

Mardi soir, j’ai fait le caramel — voici le truc étalé sur du papier de cuisson, brisé avec un rouleau, rendu plus fin dans un robot, tout prêt à utiliser. Tout semble bien aller :

Mercredi soir, j’ai fait les coques. Ça fait plus d’une année depuis la dernière fois où j’ai fait une meringue italienne pour des coques ; ça a fini par être trop lisse, et il s’avère qu’en plus, mon four est trop chaud par rapport aux marquages sur les commandes. Mais même là, j’ai réussi à avoir deux douzaines de belles coques de chaque genre :

C’était jeudi matin, quand j’ai fait la ganache, que tout est parti en vrille. Elle ne s’est jamais prise, même après 6 heures au frigo. 14 $ de chocolat blanc, complètement gaspillé. J’ai toujours les coques ; je ne sais pas quoi faire.

Mais s’il y a quelque chose que je sais faire, même en grand format, c’est le gâteau Napolitain, le coup de cœur qui a lancé des centaines d’autres trucs. Le gâteau au yaourt a été le tout premier gâteau en 2020, mais le Napolitain a été la première recette de Cook&Record. On peut simplement multiplier les quantités de ma recette par 2,5 et voilà, un « quarter-sheet » comme on dit aux États-Unis, suffisant pour 16-20 parts (mais on parlera plus) :

Le Napolitain m’a appris la leçon la plus importante en cuisine — la question n’est pas si tout est parfait, mais si les clients doivent savoir que ce n’était pas le cas. Voici le gâteau tel que je l’ai mis au frigo pour sécher le fondant :

Et voici le gâteau tel que les bénévoles l’ont vu :

Il n’y a rien comme un bon couteau pour obtenir des bords nets ! Hyper-professionnel, même si c’est moi qui le dis.

Mais. Mais, mais, mais. Je suis mais-content de son accueil. Quand j’ai fait un gâteau de même taille la première fois, pour une soirée de ciné, il y avait une trentaine d’invités mais je suis quand même rentré avec des restes, car les Français mangent comme des oiseaux. Cette fois, j’ai regardé la moitié aller dans la poubelle avec 16 invités. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Une personne — une amie, pour être clair — l’a coupé en 16 parts. On l’a distribué ainsi. Après 20 minutes, j’ai regardé autour de la table et me suis rendu compte que presque tout le monde n’avait mangé que la moitié de ce qu’ils ont reçu. Dit autrement, ils ont tous mangé comme les invités de la première soirée, mais on leur a donné deux fois ce dont ils avaient envie. Alors chacun a jeté les restes dans la poubelle.

Je crois que ce n’était pas une question de ne pas l’aimer. J’étais surpris à découvrir que certains ne connaissaient pas les Napolitains de LU, alors ce n’était pas le Napolitain de Proust que je l’avais cru pour tout le monde. Mais il m’a fallu 3 heures de travail pour faire ce gâteau (à ne pas mentionner 20 $ d’ingrédients). Je ne voulais pas le couper avant l’événement, et j’ai payé cher pour ça,

Je l’ai vu assez de fois pour le comprendre. Si un Français tombe sur un dessert, il doit tout couper, à parts égales. C’est aussi naturel que respirer. C’est « le grand souci d’égalité » comme a dit Anatole France. Mais je croyais que l’horreur de gaspiller était également forte. Pas pour la première fois, je me suis trompé !

La meilleure maladie au monde — ou la pire

J’ai vu ce clip effrayant hier, où Faustine Bollaert parlait à une certaine Laeticia qui a subi une intervention chirurgicale au cerveau. Quelque chose d’horrible est arrivé à sa voix. Essayez de l’écouter sans lire la description, ou au moins avant de la lire, si possible.

À mes oreilles, ce n’est pas du tout un accent « anglais ». Elle ne sonne pas comme la Reine, mais heureusement pour elle, pas comme Ed Sheeran non plus. Je dirais que c’est son propre genre d’enfer. Elle sonne comme un californien.

Les commentaires sur Instagram ne sont pas du tout gentils. D’abord, il y a l’opportuniste :

Commentaire du compte officiel de Duolingo France : « C'était moi le chirurgien ».

Puis, il y a le méchant — et je suis hyper-sensible sur ce sujet car un inconnu a fait la comparaison entre moi et Jane Birkin pour m’insulter :

Commentaire qui dit : « Possédée par Jane Birkin ».

Il s’avère que je n’ai jamais partagé ça, alors voilà :

Tweet par moi : Après avoir lu un article par @moutet, des réflexions sur la bise (lien)

Réponse : C'est bien et rafraîchissant d'écrire comme Jane Birkin parle.

Une autre s’est moquée de l’anglophone le plus célèbre du pays :

Commentaire : « For sureeeee » (imitation de M. Macron)

Et encore une autre a suggéré qu’il y a de pires accents :

Commentaire : « Ça aurait été plus drôle avec l'accent ivoirien »

Mais essayons de le prendre au sérieux pour un moment. Parmi les commentaires plus sérieux, beaucoup de monde est d’accord qu’elle a perdu le contrôle pour ses /r/. Je suis un peu d’accord avec ça, mais le /r/ prononcé en anglais américain vient d’une partie différente de la bouche que le /r/ français. Il y a plus de désaccord sur ses voyelles ; certains disent qu’elles restent grosso modo typiquement français, mais d’autres croient qu’elles ont aussi changé. Je les trouve plutôt proche des miennes, alors je crois qu’elle a dû subir des changements là aussi.

Cependant cette situation est connue par les médecins, et a un nom, le syndrome de l’accent étranger. Il n’y a qu’une soixantaine de cas dans la littérature médicale, et les résultats sont très variés. Par exemple, après une blessure au cerveau, Cindy Lou Romberg, habitant de l’État de Washington, a fini par sonner comme une russe (lien en anglais). Sarah Colwill, une britannique, a subi un AVC et a fini par sonner comme une chinoise, malgré le fait qu’elle n’a jamais appris cette langue ni visité le pays.

Alors, pourquoi est-ce que je dirais que ce cauchemar, qui risque de vous faire parler comme le chef suédois, pourrait être la meilleure maladie au monde ? Parce qu’il y a des cas où on a fini avec un bon accent français ! Leanne Rowe, une australienne, a reçu ce cadeau suite à un accident de voiture — mais se plaint dans le clip lié (en anglais) que : « Ça me met tellement en colère car je suis australienne et pas française. » Kay Russell, une britannique, a souffert une migraine et a aussi fini par avoir un accent dit français. Dans ce dernier cas, alors qu’elle dit certains mots exactement comme on les dirait en français, je trouve que son anglais est autrement simplement bizarre, pas comme ce que j’entends des expatriés du tout.

On penserait donc qu’après la bonne chirurgie, je pourrais atteindre ce que six ans de pratique n’a toujours pas réussi. Mais en fin de compte, il faut avouer que cette idée serait désastreuse. Personne ne peut prédire l’accent qui résulte de ces changements, et la qualité n’est souvent pas la meilleure. Ce qui est assez logique, vu que l’on parle de dégâts.

Mais c’est vraiment dingue à quel point la pauvre Laeticia sonne comme moi ! ([Ce qui prouve que quelque chose est arrivé à son cerveau, comme je dis depuis longtemps. — Celle dont on ne doit pas prononcer le nom])

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Au secours !

La Fille est rentrée à la maison la semaine dernière avec une nouvelle. « Papy », m’a-t-elle dit, « j’ai ta prochaine Langue de Molière ». « Excusez-vous », ai-je répondu, « mais c’est ‘Papa’, pas ‘Papy’. » « Mais tu as connu les dinosaures. C’est ce qui dit ma mère. Tu ne veux pas que je lui dise que tu as dit qu’elle avait tort, n’est-ce pas ? » Elle m’a eu. « Alors, ma grande, qu’est-ce que tu veux raconter à ton arrière-daron ? » Et c’est ainsi que l’on a notre note hebdomadaire.

Peut-être que vous avez eu la malchance d’être sur un bateau qui commence à couler. Le capitaine, ou si c’est assez grand, le chargé de communication, prend le micro de la radio et supplie de l’aide avec une expression bizarre en anglais : « May Day! » May Day, c’est le 1er mai, particulièrement dans son aspect de jour férié communiste (raison pour laquelle on fête les ouvriers en septembre aux États-Unis). Bien sûr, en Angleterre, c’est plutôt une fête païenne, la nuit de Walpurgis, où tout le monde danse autour d’un mât pour cacher les débauches de la nuit du 30 avril.

Ou peut-être que c’était choisi comme appel de détresse en honneur de l’une des méchantes les plus inhabituelles des films de James Bond, aussi May Day, apparue dans Dangereusement vôtre (tourné en partie au Château de Chantilly) :

Grace Jones dans le rôle de May Day, ©️United Artists, Fair use

Mais en fait, selon La Fille, c’est un peu de français mal formé, « m’aidez », quand la commande devrait être plutôt « aidez-moi ». Il s’avère qu’elle se trompe légèrement — c’est en fait tronqué d’une plus longue commande, « Veuillez m’aider », mais il n’y a pas un centime de différence entre les deux sons.

D’où vient ce choix pour l’appel universel ? Remontons le temps jusqu’en 1923. C’est Frederick Stanley Mockford, chargé de radio à l’aéroport Croydon (Londres avant Heathrow), qui a été chargé par ses supérieurs à trouver un appel qui serait compris par tous les pilotes. Étant exactement comme moi, il a raisonné que le monde entier comprenait juste les deux côtés de la Manche, car tout le trafic venant de l’étranger venait du Bourget à l’époque. Il fallait donc trouver quelque chose de raisonnable en anglais et en français. Vu que « Help me! » (Aidez-moi) est difficile à prononcer en français, mais la transcription phonétique de « Venez m’aider » marchait bien en anglais, le choix de privilégier le français était assez évident.

Mais « mayday/m’aider » est réservé aux situations où il y a un risque de perdre des vies. Qu’est-ce que l’on est censé dire si on est juste con et n’a plus d’essence pour son bateau ? Encore une fois — mais je ne le savais pas jusqu’au moment de faire ces recherches — c’est la langue française à l’honneur. On dit « panne panne », transcrit en anglais comme « pan pan« , pour dire que l’on est en panne. On fait semblant de dire qu’en anglais, « pan » veut dire « Possible Assistance Needed » (Besoin d’assistance possible), mais en fait, je sais la vérité. C’est-à-dire qu’il ne reste que les pizzas de la chaîne Little Caesar’s dites « Pan Pan », anciennement vendues deux à la fois (lien à une pub en anglais), à manger. On savait tous que cette situation était la catastrophe, même s’il n’y avait pas de vies en jeu. (Des toilettes, oui.) C’est ainsi que le sens d’une urgence est préservé à travers les deux langues.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour donner rendez-vous à un certain M. Paul Bismuth et un canard.

L’attaque de mes cousins

Bonjour, tout le monde, c’est M. Descarottes à la parole. Le gros type est dans tous ses états en ce moment — comme d’hab — alors c’est à moi de vous amuser. Heureusement, quand on est rongeur, on a une grande famille — pas autant que les cafards, peut-être, mais assez — et il s’avère que mes cousins ont repris mon travail éternel de ne jamais le laisser tranquille.

M. Descarottes dans sa cage, regardant l'appareil photo de près, le nez contre les barres, la tête tournée légèrement à droite. Sa gamelle en métal est visible derrière lui.

Vous savez déjà qu’il ne peut plus aller nulle part, car sa voiture est en panne. Vu mon dernier trajet dans sa fichue bagnole — je ne suis pas revenu encore vivant, ça vous parle ? — je m’en fous absolument pour lui. Mais La Fille doit toujours aller au lycée alors je suppose que c’est important de régler le problème.

De toute façon, je sais qu’il n’a rien dit, mais la semaine dernière, il avait lavé sa voiture. Qu’est-ce qui est donc arrivé hier matin ? Il pleuvait, mais juste un peu ! Juste assez pour gaspiller l’argent qu’il avait dépensé ! Je vis pour ces moments. Ou plutôt… bah, vous savez.

Quand il est arrivé chez le concessionnaire, il a dû attendre 20 minutes avant que quelqu’un n’arrive enfin l’aider. Sous la pluie. Il a expliqué au conseiller ce qui s’est passé, puis le mec a ouvert le capot. Et c’est comme ça qu’il a découvert que mes cousins étaient occupés. Voilà !

C'est le couvercle qui couvre les cylindres du moteur. Des crottes sont visibles dans les fissures entre les cylindres.
Gros-plan de leur travail dans toute sa splendeur

Il a dit au gros, « Tu te soucies de ta voiture même un peu, toi ? Ce sont des crottes de rats ! »

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

Le gros, con qu’il est, a répondu, « Mais je te jure que ce n’était pas là quand j’ai ajouté de l’antigel hier ! » Comme s’il faisait la moindre attention ! Il n’a aucune idée !

On attend toujours l’explication de ce qui s’est passé. Il a fait appel au garagiste vers 15h30 pour prendre des nouvelles de son corbillard, et c’est ainsi qu’il a découvert qu’en fait, personne n’allait examiner le truc jusqu’à mardi. Il y en a trop, là. Alors, permettez-moi de râler brièvement de deux choses que je n’aime pas chez les concessionnaires, parce que se foutre de sa gueule, c’est réservé à moi et à La Fille !

D’abord, tout le monde aux États-Unis dit « Je serai bientôt à ta disposition » en voyant un client, et ce n’est presque jamais le cas que la première personne — ou la deuxième — qui le dit finira par vous aider. C’est un mensonge stupide car « quelqu’un » ne sonne pas assez personnel, et donner de fausses impressions de s’en soucier, de la fausse amitié, c’est la tâche la plus importante pour les états-uniens (vous savez qu’il déteste ce mot, hihihi). Franchement, s’il avait eu l’habitude de me dire pareil quand je couinait pour signaler l’heure de carottes, j’aurais été mort de faim bien avant le moment maudit. Ne le lui dites jamais, s’il vous plait, mais j’apprécie un peu qu’il ne m’ait jamais menti comme ça.

L’autre chose, c’est que tous les concessionnaires ne veulent plus que les clients s’attendent à parler à la même personne même pendant une seule visite. Quand il a fait son appel et a demandé à parler à Connardo (peut-être un pseudonyme), son conseiller, la standardiste lui a répondu que « un membre de l’équipe te rappellera ». (N’oubliez pas, tout « you » en anglais se traduit par « tu ». Je propose « tu-tous » pour le pluriel.) La Fille a besoin de la voiture d’ici mercredi ; à défaut, d’une voiture de location ! Quelqu’un doit prendre en charge la responsabilité de réparer ce truc.

Mais quand un mécanicien ouvre le capot demain et trouve le problème, j’espère sincèrement qu’il ne sera pas le cas que l’un de mes cousins en est responsable. Non parce que je me sentirais coupable ou honteux, rien comme ça. Non, c’est plutôt parce que l’antigel est bien toxique, et je ne veux pas penser qu’en plus de ses autres défauts, il ait empoisonné l’un de mes cousins !

Le roi des chips

Vous avez aimé l’histoire de Don Luis del Aliso ? J’en ai une autre, grâce à un ami américain qui savait que ceci serait exactement mon genre de truc. Je dois beaucoup de ce qui suit aux recherches d’Alan Miller pour le Projet de Biographies de l’Iowa.

« Le plus grand tas de pommes de terre au monde », Carte postale par la société J.R. Simplot, Domaine public

Il était une fois, en 1777 pour préciser, à Franois, dans le Doubs, est né un certain Jean-Claude Simplot, fils de un agriculteur, Philippe, et sa femme, Jeanne-Baptiste Côme. À l’âge de 26 ans, à Besançon, Jean-Claude a épousé une nommée Françoise Colard, de Scey-en-Varais, de nos jours Scey-Maisières. Les deux ont eu 3 enfants ensemble, puis Jeanne-Baptiste est morte en 1813. Un an et demi plus tard, Jean-Claude s’est remarié, cette fois à Susanne Simon, 6 ans plus jeune que lui. Les deux ont eu 6 enfants ensemble — apparemment pas trop découragé par toutes les couches, notre Jean-Claude ! Mais au milieu de tous ces ébats, quelque chose de nul s’est passé.

Vous voyez, Jean-Claude était admirateur de Napoléon, et il a rejoint l’armée. Et le Doubs en particulier était plein de gens mécontents de ça après Waterloo. Alors, en 1816, Jean-Claude et Susanne ont quitté la France — sans les 3 enfants du premier mariage, le salopard ! — pour le comté d’Oswego, dans le New York, où il s’est renommé John (version anglaise de Jean). 5 des 6 enfants de John et Susanne sont nés à Oswego. Susanne est morte juste après la naissance du dernier enfant, alors en 1828 ou 1829, John s’est remarié encore une fois à une Américaine, Mercy Simons. Ça l’a vite tué, et John est mort en 1831, à l’âge de 54 ans — mais pas avant d’avoir un dixième enfant avec femme #3.

Vous souvenez-vous des 3 enfants abandonnés en France ? Ils ont suivi en 1820 sur un bateau venant du Havre. Après la mort de leur père, ils sont partis pour Dubuque, dans l’Iowa, où comme dit la seule chanson jamais écrite sur l’état, « au pique-nique commun, tu peux manger toute la nourriture — que tu as apportée toi-même ! » (Le compositeur, Meredith Willson, venait de l’Iowa — il savait de quoi il parlait.)

L’aîné, Henry Simplot, a eu 6 enfants avec sa femme, Susan LeClare (on peut imaginer d’où venait sa famille avec un tel nom), mais seulement 4 qui ont vécu jusqu’à l’âge adulte. Henry était marchand de graines et gérant d’un abattoir. Leur deuxième fils était Charles LeClare Simplot, lui-même marié deux fois à des nommées Mary.

L’arbre familial est énorme, alors j’en passe, mais l’un des fils de Charles LeClare Simplot se nommait aussi Charles. Et ce deuxième Charles a eu un enfant, John Richard Simplot, né à Dubuque, Iowa en 1908. En 1910, la famille déménage dans l’Idaho, loin à l’ouest. John Richard quitte l’école à jamais après la quatrième, suite à un argument avec son père. J.R., comme il est connu, devient agriculteur spécialisé en pommes de terre. En fait, il devient une si grande réussite que le temps que la Seconde Guerre mondiale se termine, il est devenu le plus grand fournisseur de pommes de terre aux États-Unis. Encore plus l’attend.

En 1967, il fait la connaissance d’un type de la Californie du Sud, un certain Ray Kroc, qui venait d’acheter une chaîne de restos rapides à deux frères, les McDonald. M. Kroc et M. Simplot ont trouvé un accord que la compagnie Simplot serait le fournisseur exclusif de frites surgelées pour McDonald’s aux États-Unis. Pensez-vous que ce contrat valait un petit quelque chose ?

Avec ses milliards, J.R. Simplot devenait investisseur en tout genre d’autre chose, dont une entreprise fondée dans l’Idaho, Micron, aujourd’hui l’un des 3 plus grands producteurs de mémoire informatique au monde. Comme l’une des choses faites avec les patates, on les dit « chips ». Et c’est ici où nos chemins croisent un peu.

En 1995, un jeune Justin lit que Nintendo va utiliser la mémoire d’une société nommée Rambus dans la Nintendo 64. C’est beaucoup plus vite que toute autre mémoire à l’époque. Il utilise son argent pour acheter quelques actions, ce qui paraît une idée de génie quand Intel annonce en 2000 que leur technologie sera désormais le standard. Mais le vieux J.R. Simplot dirige Micron à poursuivre Rambus afin de ne pas payer des redevances, et c’est sa détermination qui coûtera ce même Justin tout l’argent qu’il avait gagné en tant qu’actionnaire. Pour sa part, J.R. Simplot meurt en 2008 à l’âge de 99 ans avec 3,6 milliards de dollars, l’homme le quarante-neuvième plus riche au monde à l’époque. Avec une éducation de quatrième.

Un jour, il me faudra voyager dans le Doubs, trouver la pierre tombale de Pierre Simplot et remercier la famille pour sa contribution à mon bonheur !

Il y a de la haine

Je ne voulais pas particulièrement écrire ce post. Pour une chose, j’essaie de garder un ton léger ici. Autre chose, ce n’est pas mon but de faire la polémique souvent. Mais il y a deux jours, j’ai vu quelque chose d’assez dégoûtant que j’ai enfin quitté l’un de mes groupes préférés sur Facebook. Pour être clair, son nom est « Final Fantasy Memes, Jokes, and Other Fun Stuff » — « Des Mèmes, Des Blagues, et D’Autres Trucs marrants sur Final Fantasy ».

Il y a un an et demi, je vous ai raconté mon histoire d’être banni pendant 3 semaines de ce même groupe, parce que j’avais trouvé un post sur la mort du chanteur Liam Payne d’être de mauvais goût. Et selon les règles de ce groupe, être offensé est une infraction. Ne me croyez pas sur parole :

Capture d'écran des règles

La troisième règle dit :

Ne sois pas offensé (pas négociable). Si vous n’aimez pas le post d’un autre, puis ignore-le ou bloque-le. En plus, tu peux juste quitter le groupe.

La quatrième règle dit :

Infractions qui résultent en être banni. 1) Racisme. 2) Commentaires sexistes. 3) Anti-LGBTQ+. 4) Traquer un autre sur Facebook/Publier les infos personnelles d’un autre. 5) Bloquer les admins ou les modérateurs.

Heureusement pour l’admin bien-pensant, il n’a rien dit sur la religion. Après tout, il doit approuver chaque post, et celui-ci était évidemment important pour lui :

Mème qui montre le dos du personnage principal en parlant avec un joueur de blitzball, jeu fictif dans le jeu Final Fantasy X. Un autre personnage a son visage couvert par le drapeau israélien.

Il faut divulgâcher Final Fantasy X pour l’expliquer, mais ça fait 24 ans depuis sa sortie. Vous avez eu votre chance. Le type aux cheveux blonds, Tidus, est votre personnage principal. Il parle avec Wakka, le roux au bandeau bleu. Dans le jeu original, Wakka est croyant fervent de Yevon, le dieu du jeu. Cependant, il s’avère qu’en fait, Yevon est un magicien qui habite au cœur de Sin (Péché), un monstre géant qui terrorise le monde entier. Ici, Wakka a originalement dit « Yevon soit loué ». On l’a remplacé avec « Yahweh », le nom hébreu pour Dieu dans l’Ancien Testament. La légende en haut dit : « Le rebondissement de l’intrigue, c’est qu’ils vénèrent l’incarnation même du mal. » Au cas où ce ne serait pas clair, le drapeau israélien sur un autre croyant de Yevon indique exactement de qui il parle.

J’avais récemment vu cet autre post dans le même groupe :

Capture d'écran d'un mème avec une photo de Der Richter, un méchant de Final Famtasy X.

La légende dit : « A-t-on des astuces pour vaincre Der Richter ? J’ai du mal. » Il n’y a rien de haineux ici. Mais on a répondu :

Commentaire sur la photo précédente

Ça dit : « Paye l’homme juif. » Il parle d’un samouraï dit Yojimbo, un personnage qui prend votre argent pour faire ses attaques. Yojimbo est un personnage bien japonais ; cet utilisateur veut simplement appeler aux stéréotypes.

Je m’inquiétais que ce groupe devenait comme beaucoup d’autres groupes consacrés aux loisirs sur Facebook depuis le 7/10. Alors j’ai fait des recherches et j’étais bien déçu — c’était déjà ça. Dans ce mème, Wakka (qui déteste toute technologie comme n’importe quel croyant de Yevon) dit : « Les gens jouaient toute la journée et laissait les machines faire le travail. »

Photo des personnages Tidus et Wakka, expliquée dans l'article.

Rien de haineux en soi, mais un utilisateur avec un nom arabe a écrit au-dessous :

Capture d'écran d'un commentaire en anglais, traduit dans l'article

Ça dit : « Ouais mais cette fois on n’aura pas de Péché, on aura un Juif géant. » Évidemment, ça ne pose pas de problèmes dans ce groupe. Mais il y en a pire.

Voici un post d’un utilisateur turc (selon son profil), à partir d’un méchant de Final Fantasy VII . En haut, une directrice de Meta, l’entreprise derrière Facebook, est citée pour dire : « On a banni des contenus qui disent que les Sionistes gèrent le monde ou contrôlent les médias. » L’utilisateur a ajouté deux photos du président Shinra, un méchant, déguisé comme Rabbi Jacob. À gauche, il dit : « Comment ose-toi dire que l’on a le pouvoir de te faire taire ? » À droite, il dit : « Pour l’avoir dit, on utilisera nos pouvoirs pour te faire taire. » La légende en haut est une expression argotique pour « C’est comme ça. »

Capture d'écran avec un même avec une femme en haut et deux photos du président Shinra en bas, déguisé comme un juif religieux avec un chapeau noir et de longs cheveux bouclés.

Tout ça n’a rien à voir avec la guerre actuelle. Il s’agit de stéréotypes haineux sur l’argent et le contrôle des médias, ainsi que dire que les Juifs adorent le diable. Je n’ai rien dit — c’est contre les règles ! — mais je ne soutiens pas ça du tout.

En décembre, une chère amie française a partagé avec moi une page consacrée aux Légos. Oui, les jouets. Elle savait que l’on est de grands fans chez moi. À l’époque, ce groupe — avec plus de 5 millions d’abonnés — partageait quelques menorahs fabriqués de Legos pour Hanoukka. Encore une fois, une fête religieuse et rien à voir avec la guerre. Voici un exemple :

Menorah avec 9 "bougies" dans les couleurs de l'arc-en-ciel. La base est rouge.

La légende dit : « J’ai fait un menorah de Hanoukka en Légos. On peut lever et baisser les bougies pour la bonne nuit. » Il n’y a pas d’étoile, pas de bleu et blanc, rien d’Israël. Maia les commentaires sont plein de :

Capture d'écran de deux commentaires

Premier commentaire : Vous tous n’avez aucune honte.

Deuxième commentaire : Que diable est toute cette merde sioniste sur cette page de Légos, pourquoi tout à coup tu postes des trucs sionistes ? Les Légos ne devraient pas être politique ou religieux.

Je n’y ai pas resté.

Je partage tout ça pour que vous voyiez exactement ce qui est devenu presque chaque groupe ou page consacré aux loisirs en anglais — je pourrais facilement multiplier les exemples par des douzaines juste avec ceux que je connais. Encore une fois, tout ça n’a rien à voir avec « critiquer le gouvernement », jamais mentionné dans ces exemples. C’est de la haine pure et dure, et pas la bienvenue ici.

JO, mais pas celui-là

J’ai déjà publié ma critique du film nommé avec Louis de Funès et Claude Gensac en 2021, alors ce n’est pas ça de quoi je parle. (Veuillez ne pas cliquer à moins que vous n’aimiez vous moquer de mes fautes de grammaire.) Non, aujourd’hui, on parle d’un autre JO, les Jeux Olympiques.

Logo à 5 cercles des JO
Dessin par Denelson83, Domaine public

Je me souviens bien de 2024. Avant les JO, tout le parler était « Ce sera la catastrophe, la Seine est sale, ça coûte trop, bla-bla-bla. » Puis, « C’est pas aussi nul qu’attendu. », finissant par « Tout s’est bien passé exactement comme prévu, et on le savait tous. » Allez, maintenant c’est de notre tour. Les JO arrivent à Los Angeles en 2028. Au-delà des impôts écrasants, j’espère que ma petite histoire du jour marquera la fin de toute relation entre moi et l’un des deux événements qui m’énervent le plus au monde (l’autre, c’est la Coupe du Monde, aussi venant chez moi cette année).

Il y a des mois, un ami m’a fait enregistrer pour l’opportunité d’acheter des billets pour les JO. Voici la preuve que je l’ai fait :

Confirmé ! T'es abonné au Tirage pour les Billets JO.

Ça, c’était mi-janvier. Samedi, j’ai reçu une pareille notification pour me dire que ce serait mon tour lundi. Et voilà :

Ça dit que mon créneau serait entre 13h lundi et 13h mardi. Il s’est avéré que je n’ai eu besoin que de 10 minutes pour faire mes décisions.

J’étais loin d’être le premier — ça fait déjà une semaine que les billets sont en vente. Il y a une limite de 12 billets par personne, tous événements compris — sauf le foot. Pour des raisons que je ne comprends pas, on pouvait acheter 12 billets de foot ainsi que 12 autres. Mais on ne sait même pas quelles équipes joueront dans quels matchs !

De toute façon, sachez qu’en général, la catégorie la moins chère pour les billets est à 28 $. Voici les prix les plus bas pour 4 événements différents, de ce qui restait :

On peut payer 28 $ pour voir le premier tour du golf féminin, mais s’il y a un sport où je ne payerais pas pour le voir en personne peu importe les joueurs, c’est le golf — ils sont devant vous pour un coup, et c’est tout. Autrement, ça coûte presque 100 $ peu importe l’événement.

J’ai pris plusieurs captures d’écran pour vous montrer un événement en particulier, car les yeux sont sortis de ma tête, rien qu’en le regardant. Il s’agit du premier tour du badminton mixte :

Prix à partir de 204 $

Ouais, 204 $ le billet ! Voici les catégories de billet :

Désolé, mais ce n’est pas sérieux. Je ne suis pas si désespéré à dire que j’ai vu un match olympique que je payerais tout prix ! C’est le premier tour, et ce sont des inconnus absolus !

J’ai appelé mon ami en lisant le site web, et il était d’accord que ces prix étaient ridicules. Alors pas de JO pour moi, ce qui me convient assez bien. Après tout, je ne veux même pas que ces jeux aient lieu chez moi. On a certainement graissé les pattes à des dictateurs et leurs sbires juste pour avoir le droit d’accueillir les JO. Les « améliorations » des autoroutes étaient deja en cours il y a une décennie et ne seront pas prêtes, car c’est juste pour payer les syndicats (exactement comme notre train à zéro vitesse), pas pour améliorer l’état. Au moins il n’y aura pas beaucoup de nouveaux stades pour la Coupe du Monde ou les JO, ce qui aurait été insupportable.

Mais la pire chose, et je veux dire ça en toute sincérité, c’est que quand la presse internationale voit l’état de Californie — le prix d’essence 50 % plus élevé que le reste du pays, les prix de nourriture presque vénitiens. les fèces dans les rues, les ruines de l’incendie de l’année dernière où il n’y a toujours pas de travaux — elle va blâmer son croque-mitaine préféré, plutôt que le parti qui a contrôlé la Californie pendant 20 des 26 dernières années, dont les 16 dernières de suite. Le monde entier croira à leurs propos, car le fédéralisme américain est vraiment difficile à comprendre sans le vivre. Et rien ne changera.