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La tradition

Je ne sais pas vous, cher lecteur, mais parfois, après des heures debout en cuisine avant Noël, je suis épuisé. (Et au cas où ce ne serait pas clair, je pense à Jours d’humeur.) Alors, plutôt qu’avoir grand-chose aujourd’hui, juste l’histoire d’une tradition de Noël.

Notre tradition familiale date des 3 ans de La Fille. Nous étions à South Coast Plaza, le grand centre commercial de notre région (voici mon tour en français), elle a vu Santa Claus là pour des photos avec les enfants, et elle m’a dit « Je veux que le Père Noël me serre dans ses bras. » (En anglais. Soyons raisonnables.) Elle ne voulait rien demander, juste ça. J’ai les photos, mais comme vous savez, je suis interdit par sa mère de publier des photos d’elle en ligne. Mais j’étais presque déçu qu’elle ne voulait rien, alors je lui ai dit « Tu sais quoi ? Quand un enfant est vraiment sage, le Père Noël lui donne un chocolat énorme. »

La veille de cette ce Noël-là, nous avons fait des brownies, et en a laissé deux sur une petite assiette avec un verre de lait. Voici le moule :

C'est un moule jetable en aluminium avec des brownies, recouverts avec des pépites de chocolat partout.

Le matin de Noël, je l’ai réveillée et elle m’a demandé, « Peut-on voir si le Père Noël nous a apporté un cadeau ? » Quand elle a vu une assiette avec juste quelques miettes, ainsi qu’un cadeau emballé, elle a dit « Le Père Noël l’a adoré ! » Voici le cadeau :

Carton d'un Hershey Kiss de 200 grammes, visible car un côté est en plastique translucide.

C’est un Hershey’s Kiss géant de 200 grammes (normalement, ils font 5 grammes). Elle a dit : « Le chocolat ! Je l’ai gagné ! » et une fois goûté, « J’aime le Père Noël ! » Depuis ce temps-là, chaque année, nous faisons quelque chose pour le Père Noël, et il apporte toujours un Hershey’s Kiss géant, souvent avec d’autres choses.

Pour info, pendant 6 ans, à travers nos deux cobayes, il y avait toujours un cadeau pour eux, avec l’emballage signé « Rudolphe le renne au nez rouge ». J’avais acheté un cadeau pour M. Descarottes l’année dernière, mais il est mort avant Noël.

Ces dernières années, il est devenu difficile de maintenir cette tradition. Hershey’s continue de produire le bon chocolat ; le problème se trouve dans nos magasins — aucun ne le stocke plus. L’année dernière, j’ai dû lui donner 3 petits Hershey’s Kisses de 50 grammes chacun, car c’était tout ce qui se vendait dans les magasins. Et cette année, je n’ai même pas vu ces derniers, juste des sacs avec les bonbons de 5 grammes. Mais je m’attendais à ça, alors, j’ai commandé à Hershey’s en ligne. Et cette fois, c’était un monstre de 454 grammes (1 livre) :

Mais nous sommes loin des jours où je devais tout faire en cuisine. Cette année, La Fille m’a dit « Je veux faire les cookies pour le Père Noël. » Et elle a choisi une recette de Péla pour ça, ses « cookies américains ». Tout ce que j’ai fait, c’était de casser les œufs et enfourner et sortir les cookies du four. C’est autrement son travail à elle. Voici des photos :

Boudin de pâte à cookies, tranché en 14 tranches de 1,5 cm chacune
9 cookies sur un Silpat, prêts à enfourner
Assiette pleine de cookies aux pépites de chocolat, 14 au total
Vue en gros plan de plusieurs cookies ; deux sont en haut, des parties de 4 autres sont visibles en bas.

Ça dit, certaines choses ont changé depuis le début en 2013. Elle me dit « Je sais que tu es Santa », et bien que je le nie vivement, elle ne me croit pas. Mais après avoir reçu son chocolat hier matin, ce qui l’attendait juste en bas de, euh, son bas de Noël, elle a dû avouer : « Je n’ai vu le rouleau de papier nulle part, et je n’ai rien entendu non plus. Je ne sais pas comment tu l’as fait, « le Père Noël ». »

Que puis-je dire ? Le Père Noël a ses secrets.

La visite du Père Nougat

Je vous ai promis que nous allions revenir sur ma visite chez Surfas ce week-end. Vraiment, qu’est-ce que je ferais sans 3-4 visites chez eux chaque année ? Alors, d’abord, voici mes achats, 109 $ au total :

Une boîte de poudre de cacao, deux barres de nougat de Montélimar, une bouteille de vanille liquide, 2 paquets de sachets roses d'Alsa, une boîte de sel guérandais et deux boîtes de crème de marrons

C’est, euh… pas beaucoup pour l’argent, me dites-vous. Et vous avez raison. En partie, c’est ce que j’appelle depuis le début du blog « l’impôt import » — bien avant cette année, tout ce que j’achetais de France avait déjà tendance à coûter entre 3 et 4 fois son prix chez Carrefour. Mais il y a un produit américain ici, la vanille liquide, qui coûte 40 $ pour ses 236 ml — c’est fait entièrement de vanille de Madagascar, alors je l’accepte. Qu’est-ce que tout ça coûterait chez Carrefour ?

Une boîte de 200 ml d’extrait de vanille Vahiné fait 6,15 €. 2 barres de 100 grammes de nougat Chabert et Guillot, le fabricant ici, n’est pas disponible — mais 1 barre de 200 grammes coûte 5,05 €. 16 sachets de levure chimique d’Alsa ? 1,60 €. 2 pots de 250 grammes de crème de marrons de Faugier ? 3,28 €. Et 454 grammes de poudre de cacao ? Dites-donc, c’est du Guittard, meilleur que Poulain ou la marque du magasin, alors allons chez Valrhona. Ils ne la vendent pas directement aux amateurs, mais Meilleur du Chef nous vendra 500 grammes pour 18,90 €. Ce panier fait 34,98 €. Si on échange ça en dollars pour faire la comparaison directe, c’est 41,18 $. 2,64 fois plus cher chez moi. Excusez-moi une seconde.

WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! C’est injuste, c’est vraiment trop injuste !

Merci, je ne me sens même pas un peu mieux, mais j’ai dû faire ça. De toute façon

Chaque décembre, on peut compter sur Surfas à vendre des produits européens qu’ils ne stockent pas d’habitude. C’est donc inutile de les chercher sur leur site web, mais j’ai de nombreuses photos.

En entrant, il y a plein de boîtes de truffes au chocolat de chez Mathez. À vrai dire, jamais goûtées, alors je ne connais pas le niveau de qualité :

Boîte dorée avec une photo de truffes au chocolat sur l'étiquette

Juste derrière ça, il y a quelque chose de spectaculaire, des pannetones signés Dolce et Gabbana, la maison italienne de mode. Évidemment, quelqu’un d’autre est le producteur, mais les boîtes sont dessinées par les créateurs. Les prix sont époustouflants — 85 $ chacun, mais la boîte est un « showstopper », comme on dit en anglais (mon dictionnaire le rend « clou d’un spectacle ») :

Pyramide de boîtes de panettone

Je ne connais pas non plus les palets de Pont-Aven, mais le site web est prometteur :

De petites boites rouges de palets de Pont-Aven, avec un dessin d'un couple qui danse. Du nougat entoure les palets.

On peut voir dans cette photo qu’il y a plein de nougat : du Chabert et Guillot à gauche, et un produit italien à droit.

Les produits vendus sous le nom Maxim’s, d’après le resto parisien, me semblent très touristiques. Je ne suis pas sûr qu’ils valent le coup, mais je ne dirais pas non si on m’en offrait un :

J’ai essayé de faire de pâtes de fruits d’Auvergne pour le Tour, mais trop difficile sans les bonnes purées Boiron (disponibles chez Surfas, mais pour des prix dignes de Louis Vuitton). Je goûterais cette marque si je n’avais pas épuisé mon budget :

Boîte ronde de pâtes de fruits aux fruits rouges, de la marque Cruzilles

Je ne vais pas mentir, j’ai trouvé les biscuits roses de Reims trop industriels. Mais ça sent la maison de les voir :

Je suis sûr que cette huile d’olive aux truffes noires est exactement ce qui promet l’étiquette. Mais rien ne fait peur comme les prix des produits aux truffes (sauf pour les œufs au début de l’année) :

Bouteille d'huile d'olive aux truffes noires.

Les pains d’épices de la marque Fortwemger m’ont gravement déçu il y a 3 ans. Mais des biscuits bonhommes m’ont quand même tenté :

Sacs de biscuits en forme de bonhommes

Ce gâteau de voyage au chocolat avait l’air très bon, et venait de Saint-Rémy-de-Provence. Mais je peux probablement faire pareil :

Gâteau de voyage sans son carton

J’ai découvert La Maison d’Armorine pendant le Tour. Les « cœur de celtes », des caramels au beurre salé recouverts de chocolat, ont l’air super. Mais, budget.

Boîte de caramels au beurre salé

Il y avait de nombreux panettones moins chers qu’en haut. Mais toujours 40 $. C’est un pain cher.

3 parfums de panettone

100 grammes de palmiers coûtent 6 $. Merci, mais sans cannelle, les orejas sont des palmiers. Je peux avoir 5 ou 6 fois cette quantité pour le même argent, faits maison :

Boîte de palmiers

Je n’avais pas de glacière avec moi, mais 16 $ pour 125 grammes de beurre est de la folie, même si ça vient de la Maison Bordier. C’est typiquement entre 4-5 € en France.

Du beurre Bordier au frigo.

Surfas est vraiment pour les pros. On y achète de l’huile d’olive ou du vinaigre 5 L à la fois :

Le choix de champignons est dingue :

Une douzaine de genres de champignons séchés

Vous ne connaissez probablement pas la sauce Sriracha (à gauche). C’est basé sur un produit thaïlandais, mais fabriqué à Los Angeles. La fumée de l’usine est si épicée que les voisins ont tenté un procès contre le fabricant (lien en anglais).

Deux genres de sauce piquante asiatique. La sriracha est dans une boîte grande mais de largeur étroite, avec des bouchons verts en plastique.

J’espérais trouver du sel de Camargue, ce que j’utilise dans ma cuisine. Malheureusement, il y avait de nombreux sels, mais largement de la fleur de sel, et largement de Guérande. C’est pour ça que j’ai fini par acheter du sel guérandais. (Maldon, aussi dans les photos, est britannique.)

Toute visite chez Surfas sans La Fille finit par un déjeuner chez Shamshiri Grill, mon resto persan préféré. Le kebab koobideh est le meilleur :

Deux kebabs de bœuf, du riz blanc à moitié coloré jaune avec du safran, deux tomates grillées et des oignons grillés

Il y avait du baklava et d’autres desserts persans sur le comptoir, mais j’ai déjà eu assez à manger !

Je ne quitte jamais Surfas sans dépenser, mais je suis toujours content d’y aller !

Final Fantasy V vaincu

Nous avons parlé en trois fois de l’expérience de jouer à Final Fantasy V en français (première, deuxième, troisième). Aujourd’hui, c’est la finale — nous discuterons la dernière partie et la récompense pour gagner, mais aussi quelques différences entre le vocabulaire du jeu en anglais et en français.

Comme je vous ai dit quand j’ai repris le jeu il y a quelques semaines, en 2021, j’avais réussi à atteindre la dernière étape du jeu, juste pour être facilement tué par un méchant beaucoup trop puissant pour moi. On pourrait dire « Mais Justin, c’est le genre de jeu où vous pouvez sauvegarder vos progrès et même quitter le donjon si c’est trop difficile. Pourquoi ne pas faire ça ? » Ah, mais vous voyez, on a parlé du problème que le monde change à plusieurs fois — et si on rate des trucs importants avant les changements, impossible de les récupérer plus tard.

C’est pourquoi, cette fois, j’ai utilisé — horreur ! — une solution écrite par quelqu’un d’autre (lien en anglais). J’ai honte, parce que ce jeu vient de l’époque quand un bon joueur pouvait vraiment tout explorer soi-même. (Le monde a bien changé avec Final Fantasy VII — il fallait acheter un guide imprimé, et depuis ce temps, c’est pareil pour beaucoup de jeux vidéo.)

Alors, nous sommes dans le donjon final, la « fissure interdimensionnelle » ouverte quand notre ami Exdeath a fusionné les deux mondes d’avant. Les règles de la physique telles que l’on les connaît sont suspendues — largement pour que ce donjon puisse récapituler tout ce qui s’est passé ailleurs.

Après un région désertique pour commencer, on se retrouve dans une forêt comme celle où Exdeath est né. Une fille charmante essaie de tuer le parti. Cette bataille n’est pas difficile :

Fille inconnue : « Cette forêt est si paisible... Pourquoi ne pas vous y reposer... pour l'éternité ! «

Dès que le parti sort de la forêt, il se trouve devant un château qui flotte dans les airs. Pourquoi flotte-t-il ? Ne posez pas de question — parce que c’est cool, c’est pourquoi !

Parti devant le château. Il y a évidemment du ciel partout au-dessous.

Le parti entre et se trouve dans un donjon. Là, après avoir battu plusieurs vieux sorciers, ils rencontrent une fille qui dit qu’elle y était prisonnière :

Elle part. Mais quand le parti atteint la salle du trône, il entend une voix :

Voix inconnue : «Vous pouvez essayer de fuir, mais vous n'irez pas bien loin... »

C’est la fille du donjon ! Apparemment, quand elle vous a embrassé pour l’avoir sauvée, c’était un piège. Elle se transforme en un homme portant une armure.

Il s’avère que l’homme s’appelle Halicarmasse, comme le jardin de l’Antiquité :

Homme : « Vous allez périr des mains du souverain de ce château, Halicarasse ! »

C’est ici où la solution a commencé à être utile. La dernière fois, je vous ai montré une bataille contre un mime. Je ne l’ai jamais battu avant, ou si je l’avais fait, je ne m’en souviens pas. Cette fois, j’ai fait maîtriser ses pouvoirs à trois membres du parti — ils pouvaient donc tous copier mes meilleures attaques. Avec ça, Halicarnasse a vite perdu.

On monte un escalier et le parti se retrouve en haut du château. Un dragon s’approche du parti. C’est Twintania. Je ne l’ai jamais battu avant. Cette fois, mes mimes l’ont vit tué avec le sort Météore. 3 fois par tour, c’est trop pour lui !

On affronte enfin Exdeath. Peu importe la quantité de temps passé en préparant, il vient d’avoir le pouvoir du néant :

Puis il fait quelque chose de vraiment effrayant. Il se transforme en arbre — car il est né dans la forêt !

Il jette un sacré sort, et tout semble perdu :

Exdeath : « Mouah ha, ha, ha... Et maintenant ! Vous allez périr à l'intérieur du néant ! »

C’est ici où les fantômes de vos prédécesseurs, les Guerriers de l’Aube, apparaissent pour vous encourager. Au fil du jeu, on les a regardés tous mourir.

Après ce moment touchant, nous revenons à nos arbres, et Exdeath dit que c’est pas grand-chose de perdre le néant, la source de ses pouvoirs :

La bataille finale commence. Exdeath se transforme en arbre plus… menaçant ?

Exdeath apparaît comme un tronc avec des racines qui s'entendaient partout.

Avec une bonne dose de Météore, trois fois par tour, il périt assez vite. Il y a un discours digne de la liste de clichés — « Non ! C’est impossible ! »

Le néant reste là, mais sans Exdeath, les fantômes s’en débarrassent en vous renvoyant au monde :

On revoit le parti un an après la bataille. C’est Krile, la petite-fille de Galuf qui l’a vu mourir aux mains d’Exdeath qui raconte ce qui s’est passé :

Krile : «C'est comme si notre combat n'avait été qu'un cauchemar...»

On voit les deux princesses qui ont été séparées pendant leur jeunesse réunies sur les trônes de leur royaume :

Krile : «Le chancelier de Tycoon a l'air heureux. »

Elle pense à hériter le royaume de son grand-père :

Krile : « Je pourrais devenir reine ! Ça n'arrivera jamais... Mais... je ne refuserais pas !»

Au début du jeu, Bartz, le personnage principal, voyageait avec un chocobo, un oiseau jaune assez grand pour monter comme un cheval. Son chocobo, Boko, a épousé un autre, Koko. Ils ont des enfants. C’est MIGNON !

Krile revient dans la forêt où son grand-père est mort. Elle pleure et dit qu’elle est maintenant toute seule. Mais elle a tort :

Bartz : « Qu'est-ce que tu racontes? Tu n'es pas seule. »

Elle réjouit de revoir ses amis du parti :

Krile : « Vous êtes tous venus ! »

Avec ça, les 4 amis partent pour de nouvelles aventures.

Trois membres du parti montent sur des chocobos, alors que Krile monte sur son dragon.

Il y a un message spécial pour le joueur à la fin des crédits, car c’est une reprise 30 ans après le jeu original :

Nous adressons nos plus profonds remerciements à tous nos fans à travers le monde, tant ceux d'hier que ceux d'aujourd'hui, ainsi qu'aux équipes dévouées qui ont contribué à façonner la version originale des jeux.

Et avec ça, c’est la fin du jeu. Il m’a fallu 20 ans pour atteindre ce moment. Final Fantasy V n’est pas à la hauteur de IV ou VI, mais j’ai toujours regretté que je ne pouvais pas le vaincre. Comme les développeurs, je vous remercie pour avoir supporté cette quête, parce que je sais que ce n’est pas typique des contenus ici. Il y a quelque chose de spécial, d’avoir vaincu ce jeu dans une nouvelle langue, après l’avoir raté dans la vieille — c’est un symbole d’une vie différente.

Ça dit The End, la fin.

Le visiteur inopportun

Je vais vous raconter l’histoire qui a complètement gâché ma vie d’antan. Je dois faire attention, parce que le fait que je suis le seul innocent dans cette histoire n’a rien à voir avec la question de qui est tenu responsable dans la vraie vie. Si ça a l’air ridicule, je vous rassure que le temps que ça finisse, vous serez d’accord avec moi.

Ma carrière s’est lancée en travaillant pour une entreprise géante dans le domaine de la défense (et malheureusement, pas dans le quartier du même nom). J’ai été embauché pour travailler sur des projets d’intelligence artificielle dans la lutte contre le terrorisme, avec des systèmes qui n’avaient rien à voir avec les réseaux neuronaux. Cependant, après 4 ans, la société a perdu le prochain contrat, et j’allais être viré pour manque de fonds. « Heureusement » (je dirais avec du recul que ce n’était pas le cas), au dernier moment, une autre division de l’entreprise a décidé de me garder pour travailler sur des projets banaux, le développement de sites web pour le gouvernement. J’aurais dû quitter ça, mais j’avais besoin de l’argent.

Je suis très doué en écrire des propositions pour le gouvernement, et après des mois sur de petits projets, j’ai écrit 2/3 d’une proposition qui valait 75 millions de dollars au fil de 5 ans. Naturellement, je n’ai même pas reçu un centime de prime pour cet effort, alors que le gérant a reçu 1 million pour l’avoir gagné. C’est bon d’être le patron, n’est-ce pas ?

L’important, c’est qu’il y avait trois bureaux qui finiraient par collaborer sur le travail : le mien à San Diego, un autre en Floride, et un dernier à Washington, D.C. Il faut toujours avoir un bureau à D.C., parce que c’est où habitent les clients.

Je ne peux rien dire sur le client ni les détails, mais après un an d’efforts, j’ai découvert qu’un document « écrit » par une employée dans le bureau à D.C. a été plagié. J’avais trouvé une erreur dans une partie sur les statistiques, recherché la bonne formule, et j’ai trouvé exactement son texte, copié-collé sans citation. Curieux, j’ai vérifié le reste, et c’était évidemment complètement le produit du plagiat.

J’ai passé un week-end de cauchemar en vérifiant tous les documents produits par ce bureau. Tout a été plagié, des centaines de pages, et l’on avait facturé 500 milliers de dollars au gouvernement pour les écrire.

Tout le monde était heureux de découvrir un employé fidèle et honnête qui n’acceptait pas la corruption, d’accord ?

HAHAHAHAHAHAHAHA… euh, non. Le seul cible des questions, c’était moi : « Pourquoi est-ce qu’il t’a fallu une année pour découvrir ça ? Qu’est-ce que tu caches ? Tu veux nous faire chanter, c’est ça ? » Balivernes — pour une chose, même si j’étais ce genre de personne, le gérant du bureau en question n’était pas le type qui avait mangé mon prime. Autre chose, j’ai découvert ça par hasard — 4 personnes avaient relu tous les documents produits par ce bureau sans rien découvrir. Si une chose n’avait pas attrapé mon œil, rien n’aurait été découvert.

Mais je comprends, même si je le trouve dégoûtant. Si le client savait ce qui s’est passé, nous perdrions le contrat, et une cinquantaine de personne perdraient leur travail. Mieux vaut me faire quitter l’entreprise que risquer la vie de beaucoup de monde qui n’a rien fait.

J’ai embauché un avocat, qui m’a aidé à me protéger, mais il n’y a jamais eu un processus. 9 mois plus tard, j’ai quitté mon boulot pour fonder un start-up. C’est une autre histoire, mais avec ça, tout est parti en vrille : le divorce, d’autres start-ups, rien de bon. J’évoque tout ça afin d’expliquer pourquoi j’ai une dent contre le plagiat et les tricheurs.

Hier, ceci est arrivé :

Liste de vues avec Le pastis gascon en tête avec 89 vues, puis mon article du jour avec 35, puis les blagues avec 30.

On aime vraiment le pastis gascon, hein ? Ce genre de truc arrive de temps en temps ; je crois qu’il s’agit de robots qui deviennent coincés pour des raisons inconnues. Honnêtement, je m’en fiche. Mais quelque chose de pire est arrivé ; il était censé être 464 visiteurs uniques, mais on voit :

Ben, s’il s’agissait de moteurs de recherche, peut-être que c’était une araignée. Mais ça n’explique que 40 % du trafic. Et quand je vois ça :

Liste de visiteurs par pays; les États-Unis en tête avec 243, suivis de la France avec 203.

C’est évident que le trafic n’a rien de francophone — il n’y a guère de vrais lecteurs aux États-Unis. Pire, au-delà du pastis :

Il me semble que l’on téléchargeait le Tour en gros. D’accord, quand il s’agit de Google, ça passe crème car j’espère avoir des visiteurs en résultat. Mais ce n’était pas Google, responsable de seulement 40 % des visites d’hier.

Je ne sais pas qui a fait ça, mais les IA ne sont pas les bienvenues. Elles n’envoient personne ici, et je n’apprécie pas du tout l’idée que l’on fait passer mon travail pour le sien. Pourtant, ça me semble l’explication la plus probable. Vos idées sont les bienvenues, c’est certain.

J’espère que vous comprendrez donc pourquoi ce sujet est si sensible pour moi.

Deux petites anecdotes

J’essaie sincèrement de ne plus écrire sur mon ex, surtout à cause de certaines choses comme ce soir, mais quelque chose d’hilarant est arrivé samedi, et il faut que je le partage.

Mais d’abord, ce soir. Il m’arrive souvent que je suis ici et là autour d’Elbe-en-Irvine ou d’Anguille-sous-Roche avec La Fille, et nous croisons quelqu’un ou autre qui nous connaît de l’église où mon ex et moi avions fait un accord légal pour éduquer la petite en religion. Et cette personne dira « Bonjour, La Fille ! » et fera semblant de ne pas me voir. Même si c’est moi qui répond. C’est exactement ce qui nous est arrivé ce soir en sortant du resto rapide où nous étions pour des burgers. Super, madame, ravi de vous voir aussi, et je ne savais même pas que vous me considériez comme un paria.

Je vous conseille de ne jamais signer un accord comme ça avec une autre personne. Tôt ou tard, tout le monde choisira un côté ou l’autre. Probablement tous le même côté.

Trois billets d’EuroMillions — en espagnol, anglais et français, Photo par joaquimalbalate, CC BY-SA 4.0

Ça nous amène à samedi. Contre toute attente, et je veux vraiment dire toute attente, l’équipe de football américain de notre lycée a bien réussi sa saison, et a atteint la finale du championnat de sa ligue. Ce qui voulait dire que la fanfare de La Fille devait jouer samedi soir. Les élèves dînent toujours ensemble au lycée avant de partir pour les matchs, et cette fois, mon ex et moi étions là ensemble pour aider à servir de la pizza aux élèves.

Peut-être que vous vous souvenez de la guerre pour que La Fille ait le droit de suivre des cours de français. Ou la lutte pour qu’elle saute une année car son niveau était trop avancé. Même si elle restait la meilleure élève après le saut. Oui, mon ex était fort opposée à la langue française, n’est-ce pas ?

Quelque chose a changé, car quand La Fille nous a rejoints pour le dîner, mon ex lui a dit, et je cite :

Je voudrais une bouteille d’acqua minérale.

Ben, elle a toujours du mal à différencier le français de l’italien — c’est « eau minérale », pas chérie — mais si vous pensiez que le jour arriverait où elle dirait « Je voudrais » en français, j’aimerais vous demander juste une chose :

QUELS SONT LES NUMÉROS GAGNANTS DE LA PROCHAINE LOTERIE ?

Traduction

Je suis au milieu d’un projet que j’espérais n’arriverait pas jusqu’au milieu de l’année prochaine. Il y a deux semaines, je vous ai dit que je pensais à produire une traduction en anglais de mon manuscrit et l’envoyer à des maisons d’édition. Il y a une semaine, je me suis lancé dans l’effort. Pourtant, si vous vous souvenez de mes propos originaux sur cette idée, il y a des mois, j’étais contre. Pourquoi ai-je changé d’avis ?

La semaine prochaine marque la date limite pour deux maisons françaises dont je croyais que les lignes éditoriales allaient bien avec mon sujet. Je considère le fait que si peu de temps reste comme son propre signe. Et nous sommes à deux semaines de deux dates limites de plus, pour deux maisons où j’ai dû plisser les yeux afin de me convaincre qu’il valait la peine. Mi-janvier marquera la date limite pour moi à partager une maison avec M. Paul Bismuth. J’ai quelques autres cartes à jouer, qui attendront la nouvelle année, car je ne voulais pas le faire sans connaître certaines réponses d’abord, mais de plus en plus, je les ai.

Je crois que j’ai mentionné ailleurs qu’une visite dans une librairie m’a convaincu que je devrais repenser au sujet, mais j’ai du mal à le retrouver. J’ai pris une photo pour vous montrer ce qui s’est passé dans ma tête. C’est disponible à pleine résolution originale en cliquant, car je veux que vous puissiez lire les titres :

Haute dévolution en cliquant

Ce sont des livres de recettes. Il y a quelques livres sur la cuisine française en haut, mais la grande majorité de ce qui nous intéresse se trouve en bas. Il n’y a pas de texte alternatif pour cette photo car j’expliquerai tout.

En haut, il n’y a que deux livres pertinents : Plat du Jour, par une expatriée américaine qui enseigne la cuisine aux touristes américains à Paris, et « A Kitchen in France » (Une cuisine en France) par une femme mi-chinoise, mi-française, Mimi Thorisson, qui peut facilement vendre des livres avec sa photo personnelle. Je ne m’en plains pas, mais c’est la différence entre Karine Dijoud et Aurore Ponsonnet en orthographe — elles sont également expertes, mais seulement l’une des deux pourrait être une mannequin et elle a 270x le nombre d’abonnés sur Instagram en résultat. La photographie est excellente, mais elle et son mari ont apparemment beaucoup d’argent et voyagent entre des hôtels particuliers en France et en Italie. Quant aux recettes, les ingrédients sont assez authentiques, mais les plats sont largement inventés pour un public américain (il y a une flognarde là-dedans, mais très peu d’autres choses qui portent des noms qui ne sont pas juste des descriptions). Ce dernier est sorti en 2014, et elle a largement abandonné la France pour l’Italie depuis ce temps.

En bas, il y a 3 tomes signés Julia Child, qui est le nom en cuisine française aux États-Unis. Ça fait 21 ans depuis son décès. Il s’agit de la nostalgie, et le fait qu’elle était là avant tous les autres — elle faisait du bon travail, mais ses livres n’ont pas de photos comme les plus modernes. Impossible de les publier de nos jours comme ça si elle n’était pas déjà établie. Je crains pour le mien en disant ça.

Il y a aussi un tome d’Anthony Bourdain, le « Livre de Recettes des Halles ». Il s’agit de son ancien resto new-yorkais, avant sa carrière à la télé. Croyez-moi, c’est la télé qui vend ce livre. Puis une traduction anglaise d’un livre de Ginette Mathiot, publié en France, mais je ne suis pas sûr duquel. Il y en a un autre, « Classiques français », par un chef britannique, Matthew Ryle, qui vient de sortir cette année. Les contenus sont assez authentiques, et il y a un certain chevauchement entre le sien et le mien : le bœuf bourguignon, le clafoutis, la soupe au pistou. Il y a un livre dit « Niçoise », par une autre Américaine qui enseigne la cuisine en France, mais à Nice, pas Paris, ainsi que « Le Sud », aussi de la cuisine provençale. « Français au cœur » est encore un autre livre par des Américains qui enseignent leurs compatriotes, cette fois à Beaune. Dernièrement

Puis, c’est Paris à gogo. Il y a un livre de l’expatrié américain. David Lebowitz, qui gagne sa vie en vendant Paris aux Américains — le titre est « Ma cuisine parisienne ». Et un autre, « Club de pique-niques parisien ». Et « Mangeons Paris ». Et « Goûter Paris » par Clotilde Dusoulier, qui écrit de Paris pour un public américain après avoir été expatriée en Californie. Et « Pieds nus à Paris » par Ina Garten, une new-yorkaise qui se vend sous la marque « La comtesse à pieds nus ». Et « La Buvette », un livre venant d’un resto parisien du même nom.

C’est donc le marché américain. La moitié, c’est le rêve parisien. L’autre moitié est un mélange plus ou moins professionnel, mais en général, toujours avec un œil sur les touristes. Il n’y a rien qui traite sincèrement du pays entier.

Et honnêtement, je ne sais pas si ça marchera. J’avais espéré qu’avec un livre en France, l’histoire autour d’une traduction américaine serait « le livre si authentique, c’était publié d’abord en France ». L’auto-édition fermerait cette porte. Mais je commence à perdre espoir pour les possibilités en France, et ça nous amène au dernier problème.

Une traduction ne peut pas être uniquement ça. Il y a beaucoup de références, beaucoup d’histoires dans mon manuscrit qui sont familiers aux Français. Pour les Américains, je dois expliquer des choses comme quel est Le Canard enchaîné, ou qui est Louis de Funès. Ce n’est pas hyper-difficile, mais il s’agit de nouveau travail. Cependant, si je veux voir un retour sur toutes ces recherches, il me semble que je dois essayer.

La guerre contre Exdeath

Continuons maintenant notre récit de jouer à Final Fantasy V. C’est le bon moment vu que Langue de Molière pour cette semaine traitait d’une réplique du jeu.

Quand nous avions quitté le jeu la dernière fois, le méchant Exdeath s’est moqué des Guerriers de la Lumière (toujours le nom du parti du joueur dans les 6 premiers jeux) pour ne pas connaître son plan. Puis, les Guerriers se sont retrouvés devant le château des deux princesses qui faisaient parti de leur bande. Il s’avère que le but d’Exdeath était de fusionner les deux mondes d’où venaient les 4 Guerriers, car il y a longtemps, les deux n’étaient qu’un, et Exdeath était attrapé dans le néant entre les deux. Ayant enfin compris que les deux mondes sont fusionnés (mais toujours pas pourquoi), le parti rend visite à Ghido, une tortue parlante. Ghido s’énerve parce que Bartz, le leader du groupe, a tendance de répéter tout ce qu’il dit. Mais il explique ce dont le parti a besoin pour vaincre Exdeath.

Malheureusement, il s’avère qu’il y a un invité importun. Exdeath s’est transformé en écharde pour se cacher dans le groupe :

Exdeath : Mouah ha, ha, ha, ha... Je me suis transformé en écharde en attendant l'instant propice !

Comme tout bon méchant — une raison pour laquelle j’ai partagé les pages sur les clichés de ces jeux — il livre un discours magistral sur son plan :

Mais Ghido l’affronte. C’est un moment hilarant — je ne crois pas que la cuisine italienne existe autrement dans ce monde :

Ghido est tellement une pastiche de Yoda, c’est ridicule. Mais comme Yoda, il est assez fort pour se défendre, et Exdeath part. Alors, le parti et Ghido regroupent à la Bibliothèque des Anciens pour planifier la lutte contre le sorcier. J’ai profité énormément de ces dialogues :

Les armes légendaires — il y en a douze, au cas où ce ne serait pas clair — sont toutes gardées dans le château de Kuza, plein de pièges. Il y a même un système de sécurité magique : afin d’enlever les armes, trois à la fois, il faut présenter l’une des 4 tablettes magiques, gardées autour du monde. Chaque tablette est protégée par un monstre laissé par les Anciens afin de tester ceux qui veulent les armes.

Le parti se met à la tâche, mais il y a des quêtes secondaires à faire aussi. Par exemple, dans un village, on vous offre le choix entre deux armes (pas légendaires). L’une des deux devient de plus en plus puissante si vous ne fuyez pas de beaucoup de batailles. L’autre ? Ben, voyez pour vous-mêmes :

Si vous êtes poltron, choisissez la boîte de droite.

Ouais, j’ai choisi le « couteau couard ». Ce que tous les jeux Final Fantasy ont en commun, c’est qu’il y a beaucoup trop de batailles aléatoires, et je ne m’intéresse pas à les faire encore et encore. Mes statistiques pour le pourcentage de batailles auxquelles j’ai fui étaient assez nulles pour que ce couteau soit devenu plus puissant qu’Excalibur ! (Certaines épées légendaires apparaissent encore et encore dans ces jeux : Excalibur et Durandal autant que Masamune, nommée pour un forgeron japonais historique.)

Si je savais de quelle spécialité ce dialogue parlait, je la ferais pour le blog :

En même temps, Exdeath ne tarde pas à envoyer des serviteurs pour vous empêcher :

Je me souviens bien de mes tentatives précédentes pour jouer à ce jeu. Il m’étonne que certaines choses restent là-dedans, car j’aurais pensé que ces moments offensent les sensibilités américaines. Par exemple, ce personnage semble être une fille quand son dos est tourné, mais copie votre aspect une fois que vous lui parlez :

Tu as cru que j'étais une femme ? Je suis passé maître dans l'art de l'imitation !

Et en trouvant une tablette, un monstre dit quelque chose de sexiste. L’horreur, qu’un méchant serait méchant !

Ça dit, il s’agit d’un serviteur d’Exdeath, non un gardien des Anciens (qui ne sont pas en fait présents à chaque tablette).

Après avoir battu cette créature, on peut monter la Tour fourchue pour chercher les deux meilleurs sorts du jeu. Cette tour se trouve à côté d’un village, et n’était pas là avant la fusion des deux mondes. Ça n’empêche pas les villageois d’en parler comme si c’était toujours là. Et en plus, comme s’il y avait des traditions liées à la tour. Comme disait la liste de clichés, toutes les rumeurs sont des faits et toutes les prophéties s’accompliront.

Vous souvenez-vous de notre mime ci-dessus ? Je l’ai trouvé et l’ai battu afin d’apprendre son boulot de mime. Il s’est avéré que c’était la clé à vaincre ce jeu, même si c’était censé être facultatif !

Une fois que l’on a appris sa compétence de mimer, un mage peut jeter un sort, et des autres dans le parti peuvent le copier — sans être des mages eux-mêmes. La prochaine fois, on verra comment j’ai enfin battu Twintania, le méchant qui m’a battu à chaque fois avant, et comment j’ai enfin terminé le jeu.

Ici et là

Ce week-end, c’est la première fois où je participe à une soirée de l’OCA depuis 8 semaines déjà. Je n’évitais personne ; c’était juste une combinaison malchanceuse du déménagement et l’horaire de novembre, où beaucoup de choses devaient avoir lieu avant Thanksgiving, alors plusieurs sont tombées sur mon anniversaire.

De toute façon, je suis en train de tester une recette de Péla pour samedi soir, et ça veut dire que je joue enfin avec deux nouveaux jouets qui attendaient ce moment. Le premier, c’est une petite casserole de la marque All-Clad, un cadeau de ma mère. Toutes mes autres casseroles et poêles viennent soit d’All-Clad soit du Creuset, mais celle-ci est très différent des autres. C’est en inox à l’extérieur et à l’intérieur, mais il y a une couche intermédiaire en cuivre. Puisque cette gamme ne se vend pas en France, voici un lien vers leur site canadien qui l’explique en français. La voilà sur mon comptoir :

Casserole en inox sur un comptoir en faux marbre. La surface est très polie, alors on peut voir un reflet déformé de mon pantalon, ainsi que les portes des placards derrière moi. Il y a une bande de cuivre juste au-dessus du fond.

La surface est hautement réfléchissante — c’est bien moi au centre ! Je dois vous dire, pendant des décennies, j’étais très sceptique qu’il y avait des bienfaits. Je croyais que l’on achetais cette gamme juste pour la bande de cuivre comme décoration. Maintenant ? Je suis croyant. Je l’ai utilisé pour faire un praliné pistache. Je n’ai jamais — jamaisjamaiajamais -/ vu un mélange d’eau et de sucre atteindre le point d’ébullition si vite de la vie. C’était absolument dingue. En fait, j’ai plutôt brûlé le caramel qui a résulté, car je ne suis pas habitué à la vitesse de cuisson, et comme toujours avec les pralinés, il y avait plein de fumée. Mais je ne vais pas le refaire car les pistaches sont trop chères.

Ça nous amène à l’autre jouet, un nouveau mixeur. Je l’ai acheté il y a des mois, mais il restait dans son carton jusqu’après le déménagement. Ce truc est puissant, mais me fait peur. Je n’ai jamais eu un mixeur de 900 W avant, et quand la lame tourne à sa plus haute vitesse, il me semble qu’elle va se lancer directement vers mon cou. Je sais, il ne faut pas faire rêver à mon ex. Mais sincèrement, c’est terrifiant !

Au fait, le praliné n’est pas encore fini. Ce genre de truc prend toujours du temps car il faut laisser reposer les moteurs, et j’ai commencé plutôt tard. Je n’aime pas faire de bruits après 21h, car j’essaie d’être un bon voisin, même si on sait ce que ça valait dans mon ancien appartement !

Ça nous amène à un aveu surprenant. Je vous ai dit que je viens de brancher la stéréo le week-end dernier. Cette semaine, c’est la première fois où je l’ai utilisée pour écouter de la musique française.

Je sais : « Justin, ça fait 5 ans et demi déjà. Vous n’êtes pas sérieux. Arrêtez les conneries. » Mais en fait, je suis complètement sérieux. Dans l’ancien appartement, j’avais déjà trop peur de mes voisins. Il y en avait une qui m’a affronté car elle pouvait entendre le caisson de basse quand nous regardions la télé. Et elle m’a fait peur comme personne d’autre — je croyais qu’elle allait me tuer. Alors j’ai arrêté d’écouter de la musique sauf sur mon ordinateur ou avec des casques audio et mon portable. Ou en voiture, bien sûr. Mais pas plus avec le système que j’ai construit au fil de deux décennies. C’était uniquement pour la télé et les jeux vidéo même avant ma première leçon de français.

Pour être bien clair, j’ai un sonomètre et je suis au courant des lois ici, qui sont très strictes — si les voisins peuvent mesurer 55 dB chez eux (lien en anglais), c’est un délit. C’est un niveau plutôt faible, ça, mais comme dit le site du conseil (ma traduction), « La loi ne précise pas d’heures, alors la paix des autres peut être troublé à n’importe quel moment, que ce soit à 2h du matin ou 2h de l’après-midi. » Vous voyez le problème.

Je dois vous dire, c’est tout autre chose d’entendre certains enregistrements avec de bons haut-parleurs. La basse dans ma voiture est hyper-nulle — certaines parties des portes vibrent avec, et c’est bruyant plutôt que musical. Avec un enregistrement de qualité, comme Climatik par Red Cardell, avec une contrebasse pincée, ça sonne enfin comme un instrument au lieu d’un bruit indistinct.

Sautons du coq à l’âne pour la dernière nouvelle. J’ai trouvé la blague de la semaine hier, mais dans un contexte hyper-américain (il s’agissait d’une émission de télé). Heureusement, il existe une version de l’émission en France — sur TF1, mais je n’en dirai plus — alors en la traduisant, j’ai fait toutes les recherches nécessaires pour la franciser. Pas comme celle d’il y a deux semaines, je n’aurai pas de problèmes pour l’enregistrer !

Reprenons Final Fantasy V

J’ai la flemme de finir Langue de Molière, alors on va prendre un tournant inattendu aujourd’hui.

En novembre 2021, quand j’avais déjà atteint un niveau B2 en lecture, mais restais moins confiant quant à beaucoup de tâches autres que lire le Canard enchaîné, j’ai décidé que j’allais jouer à Final Fantasy V en français. Square Enix, le développeur, venait de sortir une nouvelle version pour les portables, et j’avais échoué mes deux premières tentatives en 2003 et 2006 avec des versions pour la PlayStation et la Game Boy Advance. « Mais Justin », me dites-vous, « Final Fantasy VI est sorti en 1994 pour la Super Nintendo. Qu’est-ce qu’il y a ? » Ouais, mais uniquement au Japon ! On le considérait « trop japonais » pour l’Ouest à l’époque.

J’ai vite avancé dans le jeu et un mois après avoir annoncé le début, j’ai publié « Le bilan de la première moitié du jeu ». C’était décembre 2021. Après ? Rien. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je me suis fait Final-Fantasy-V-é, exactement comme avant. Le gros problème avec ce jeu, c’est qu’il y a une vingtaine de boulots que l’on peut choisir pour ses personnages, et en général ça offre plusieurs façons de gagner — jusqu’à la fin, quand les derniers méchants sont presque invincibles à moins que l’on ait acquis exactement la bonne combinaison de compétences et équipements. J’ai atteint grosso modo exactement le même point qu’en 2006, après des mois d’efforts, me suis retrouvé complètement sans espoir car j’avais raté certains sorts, et me suis dit « Ben, c’est aussi chiant en français qu’en anglais. J’ai de meilleures choses à faire avec ma vie. »

Mais la vérité, c’est que j’aime Final Fantasy comme très peu d’autres choses, et la direction de la série depuis la XIIe entrée ne m’intéresse pas comme avant. C’est les jeux jusqu’à là qui font « ma série » — et les raisons pour avoir repris Proust m’ont enfin poussé à reprendre Final Fantasy V. Je serais très déçu si je ne voyais jamais la fin. Alors, il y a trois semaines, je l’ai relancé, du début parce que j’étais bien désorienté. « Alors Justin », me dites-vous « pourquoi est-ce que cette fois sera différente ? »

Parce que cette fois, je m’en fiche de ma fierté en tant que joueur, et je n’ai pas honte de consulter des soluces en ligne. J’ai vaincu IV et VI sans jamais faire pareil (connus dans l’Ouest comme II et III), I était assez facile, et quand les II et III japonais sont enfin sortis en Amérique du Nord, ils n’étaient pas trop difficiles non plus. Ce n’est plus une question d’apprendre le français par le biais du jeu (même si j’apprends quand même quelques mots), c’est une question d’être « complètiste », sans trou dans la séquence.

Alors, pour reprendre vite l’histoire : il y a un sorcier, Exdeath, qui menace de détruire votre monde, parce que c’est ce qui font les sorciers. Vos guerriers, Bartz l’aventurier, Lenna la princesse et Faris le pirate — qui est en fait une fille, mais était déguisée en homme au début — sont rejoints par Galuf, un guerrier venu d’un autre monde pour empêcher Exdeath. Dans le cours de l’aventure, les 3 guerriers voyagent au monde de Galuf pour y affronter Exdeath. La dernière fois, les 4 viennent de détruire la barrière magique qui protégeait le château d’Exdeath au monde de Galuf. C’est donc là où nous reprenons l’histoire.

Alors que la mission pour détruire la barrière réussite, il ne reste pas assez de soldats pour attaquer le château. Un sage, Ghido (une tortue parlante), vous dit d’aller dans la forêt de Mua, car Exdeath y cherche quelque chose. Mais une fois là, Exdeath brûle la forêt. On le voit dans son château pour fêter le moment — s’il avait une moustache, il la caresserait vigoureusement :

Exdeath, portant une armure bleue claire, reste debout dans son château plein de crânes et de torches, et annonce « Mouah ha ha ! Voilà ce qui arrive à ceux qui osent me défier ! »

Le parti se cache dans une grotte jusqu’à ce que l’incendie s’éteigne. Ils trouvent les cristaux qu’Exdeath cherchait, mais il se téléporte au bon endroit pour les voler :

Exdeath apporte 3 cristaux (le 4e vient d'être brisé par le parti) et dit « Quelle impudence ! ».

Dans le combat, il tue Galuf, le guerrier venu de ce monde. Ici, j’ai appris le mot « baderne » :

Faris : « Relève-toi, espèce de vieille baderne ! Tu dois te battre ! »

La fille blonde dans la photo est Krile, la petite-fille de Galuf, qui est venue le chercher, mais qui arrive trop tard. Elle est en deuil, mais l’esprit de Galuf apparaît devant elle pour lui dire de reprendre sa lutte. Heureusement pour le parti, ça donne tous les compétences et niveaux de Galuf à Krile :

L'esprit de Galuf apparaît et dit : « L'arbre gardien, celui qui a protégé les cristaux pendant des siècles, me permet de te parler... »

Enragé, le parti affronte Exdeath à nouveau dans son château. Comme tout bon méchant, il donne un discours magistral :

Mais qu’est-ce qu’il veut dire par « son apparence d’antan » ? Le parti ne sait pas, mais il jette un sort et des minutes plus tard, ils se réveillent devant le château de la princesse Lenna. Là, il s’avère que le pirate Faris, qui portait un collier identique à celui de Lenna, est en fait sa sœur, la princesse Sarissa, disparue il y a une quinzaine d’années. Il y a une fête avec une réplique hilarante quand on considère que Faris/Sarissa était pirate :

Un inconnu : La princesse Lenna est mignonne, mais la princesse Sarissa est canon !

Hihihi, canon.

J’ai déjà avancé beaucoup plus loin que ça, mais nous arrêtons ici. La prochaine fois, la vérité sur le monde d’antan et ma réplique préférée du jeu !

Une petite blague

Il s’est avéré que l’article de La Fille a mis en danger ma séquence de jours de suite, car WordPress ne considère pas que c’est une séquence d’articles du blog, mais d’articles signés Justin. Puisque je ne veux pas que ça continue (j’ai 1 251 jours de suite), voici quelque chose pour mettre le compteur à jour.

Il y a 5 ans, à la sortie du single « 3SEX », une reprise de « 3e sexe » interprétée par Nicola Sirkis et l’artiste connue à l’époque sous le nom « Christine and the Queens », j’étais déçu non seulement par la musique électronique mais par une photo de publicité. Les deux chanteurs ont posé pour la pub sans chemises, mais vus du côté afin de ne pas montrer leurs poitrines. Je l’ai trouvée de mauvais goût, mais je considère que ma réponse était une bonne blague pour un fan :

Capture d'écran qui montre la date du post, 30/11/20, la photo des deux chanteurs nus, et mon commentaire :

« J'ai deux pensées sur cette photo : J'ai pas envie de la voir nue. J'ai pas envie de le voir nu. »

Ce sont des paroles de la chanson originale.

Cependant, personne n’a ri. Quoi, suis-je le seul à me souvenir des paroles de « 3e sexe » ?