Mon habitude méchante

Je dis parfois que je vous adore autant pour vos défauts que vos vertus. Les vertus sont les vôtres, mais les défauts sont en général aussi les miens. Pas celui-ci, mais tous les autres. (Je suis en fait complètement sérieux sur ce sujet.)

Très peu de temps après avoir commencé sur les réseaux sociaux en français, je me suis rendu compte que les Français adorent se corriger mutuellement de la grammaire et de l’orthographe. J’ai pris cette capture d’écran en 2020 ; c’est-à-dire que j’étais au courant :

Inutile de le cacher, même s’il s’agit plus d’une tendance que d’une règle. Je dirais que vous êtes trop gentils avec moi ; c’est vraiment pas nécessaire. Je sais à qui je parle.

De toute façon, il y a un an, j’ai rejoint un groupe privé appelé « Sans l’option Bescherelle ». En photo de couverture, ce groupe a mis une photo gênante :

Source

Mais en fait, c’est faux. Voilà le véritable gros-titre, et un article du Parisien sur le faux :

Source

Ce groupe se moque de tout et n’importe quoi, mais toujours en cachant les identités derrières les captures d’écran. Parfois, les erreurs sont de la façon Internet, où les posts sont presque incompréhensibles :

D’autres fois, c’est de l’ambiguïté malheureuse :

Est-ce qu’ils veulent euthanasier l’enfant ou le chien ? (C’est pas clair si celui-ci est faux.)

Parfois c’est une question d’accord :

Moi, je suis si gêné par mes fautes d’accord que j’ai commencé à me laisser des rappels dans mon calendrier il y a quelques semaines :

Mais souvent, c’est juste méchant. Il y a une faute d’accord ici, mais ça pourrait facilement provenir d’un logiciel plutôt que de la stupidité. La grande majorité des posts sont comme celui-ci :

Pour être clair, je suis aussi coupable que n’importe qui. Au moins je reconnais ce que je suis devenu :

15 réflexions au sujet de « Mon habitude méchante »

  1. Bernard Bel

    Jusqu’à l’apparition des réseaux sociaux, la pratique de l’orthographe et de la grammaire était un marqueur social… Mais les fautes sont maintenant visibles de tous, et la qualité s’est dégradée malgré l’utilisation de « correcteurs d’orthographe ». Si on excepte les « jeunes » qui écrivent de manière phonétique (« les concer »), les erreurs touchent maintenant plutôt l’accord des verbes — comme le participe passé après le verbe avoir, qui est le problème le plus compliqué, et donc le plus « marquant » — car les correcteurs ne signalent pas ce genre d’erreur.

    Le plus flagrant est la confusion entre futur et conditionnel : « demain j’iraiS au marché », ou encore les accents circonflexes sur le passé simple confondu avec un imparfait du subjonctif. Pour moi ces fautes sont carrément un marqueur de l’âge car je les découvre, même chez des universitaires linguistes, dans les écrits de gens de moins de 50 ans. Probablement parce qu’on n’insiste plus sur les conjugaisons dans les écoles primaires.

    Il y a des gens qui deviennent « compulsifs » de l’orthographe/grammaire correcte, comme celles et ceux qui passent leur temps à nettoyer leur voiture ou soigner leur maquillage. Cela dans toutes les classes sociales. Donc ce n’est plus vraiment un marqueur social…

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    1. Náriël

      Sans oublier les homonymes… Ces, ses, c’est, s’est, a, à, ou, où… Le plaisir de saigner des yeux 😏
      J’ai l’impression que les élèves d’aujourd’hui font du pifomètre, avec de la chance ils peuvent éventuellement mettre le bon homonyme…

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  2. Maman lyonnaise

    Je me force à écrire le plus possible « à l’ancienne » : papier, stylo.
    Au clavier, les fautes sont beaucoup plus fréquentes malgré la relecture.
    La lecture entretient également l’orthographe et la grammaire, surtout lorsque l’on a une mémoire photographique. Petite, l’orthographe était un jeu. Quand mes camarades de classe redoutaient le moment de la dictée, j’attendais cela avec impatience. Je rêvais d’ailleurs de participer à la dictée de Bernard Pivot.

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  3. Light And Smell

    Ma grand-mère, ancienne secrétaire dactylographe très à cheval sur le français, disait toujours à mon père « signale l’erreur sans insister » quand j’apprenais à écrire. Conseil qu’il n’a jamais écouté mais qui me semble plutôt pertinent pour permettre aux personnes qui le souhaitent de s’améliorer et de ne pas indisposer celles qui s’en moquent (soit la majorité).
    Par contre, sur les réseaux, c’est suicidaire de signaler les fautes sauf si on aime se faire insulter…
    Au passage, je trouve tes articles toujours bien écrits et dans un français qui ferait pâlir certains et ce n’est pas pour être gentille 🙂

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  4. Bernard Bel

    C’est remarquable que Justin ait appris à « penser dans la langue » à un niveau de subtilité que n’atteignent pas de nombreux francophones… Je crois que c’est en lien avec son souci de bien pratiquer la cuisine française. 😉  Les quelques erreurs qu’il fait (de moins en moins souvent) sont typiques d’un anglophone, donc très visibles pour nous, mais elles ont le mérite de prouver qu’il ne se s’appuie pas sur de la traduction automatique !

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      1. Maman lyonnaise

        Personnellement, je me méfie un peu de Google Traduction bien que l’outil soit tout de même relativement puissant. J’ai mes petites habitudes sur Wordreference que je trouve très pertinent et qui a gardé l’esprit « dictionnaire » en proposant des variantes selon le contexte. Cela m’évite de ressortir mon gros et lourd Robert & Collins !

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      2. Bernard Bel

        Je démarre les traductions (anglais/français ou l’inverse) avec DeepL (https://deepl.com) qui est plus un « traducteur » qu’un dictionnaire. Il fait des erreurs lexicales, tout en proposant des options différentes pour chaque mot. Par contre, il est étonnant au niveau du style, par exemple en remplaçant la voie active par la voie passive, ou l’inverse, pour le verbe d’une phrase. C’est un gain de temps considérable quand on traduit dans sa langue maternelle, car les corrections manuelles sont presque uniquement dans le vocabulaire.

        Exxemple de traduction de ce qui précède (avec quelques choix optionnels) :
        I start translating (English/French or the other way around) with DeepL (https://deepl.com) which is more a « translator » than a dictionary. It makes lexical errors, while offering different options for each word. On the other hand, it is amazing at the level of style, for example by replacing the active voice by the passive voice, or the opposite, for the verb of a sentence. It is a considerable time saver when translating into your native language, since most handwritten corrections are limited to the vocabulary.

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      3. Maman lyonnaise

        Effectivement c’est impressionnant.
        L’exercice du thème me provoquait souvent des sueurs lorsque j’étais étudiante. La version était plus un jeu.
        Pour ma part, une des difficultés majeures de la traduction du français vers l’anglais était dans la longueur des phrases. Heureusement, je n’ai jamais eu à traduire Proust !

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  5. Náriël

    La grammaire française et ses subtilités remarquables 😅 L’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir est toujours une pépite et je ne parle pas de l’accord des verbes pronominaux qui donnent des sueurs froides à tous les écoliers. Il m’arrive toujours de faire des fautes d’accord, mais que je suis pas sûre de moi je vérifie 😆
    Les réseaux sociaux où il faut écrire plus vite que l’on ne pense, les correcteurs orthographiques qui ne corrigent donc pas la grammaire et la flemmardise de la nouvelle génération d’appendre et de mettre en application ces règles du siècle passé donnent des messages illisibles à la construction bancale et l’orthographe douteuse que tu nous as partagé.
    Il n’y a pas si longtemps, le fils de 13 ans de mon conjoint avait un devoir à faire en français… En français !!! Son père le lit, sentence : « Tu le retapes en corrigeant tes fautes »… 45min plus, je le relis, mes yeux ont saigné… Les accords, les homonymes plus les fautes d’orthographes (heureusement qu’il était sous word), il n’avait clairement rien relu *flemme* 🙄 Et dire qu’il fait sa princesse quand on lui fait corriger ses fautes de français dans un devoir de maths sous prétexte que ce n’est pas du français. 😶

    Sérieusement, tu écris mieux que la plupart des élèves français 😃

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  6. ptb41

    Quand on est enseignant , on doit corriger les fautes ; ça fait partie du job et malheureusement c’est un tic qui ne nous quitte pas . Cependant avec l’ordi ou la tablette , les fautes sont souvent présentent …Donc tout le monde fait des fautes mais c’est bien dommage pour la richesse de la langue française.

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  7. Ping : Épisode 12 | Un Coup de Foudre

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