Adieu, Mme Ringer

En 2020, une fois que j’avais découvert Indochine, j’ai posé la question à mon groupe de nostalgiques des années 80 : « Quoi d’autre devrais-je écouter ? » Parmi les noms les plus cités était Les Rita Mitsouko. J’ai donc écouté « Les Histoires d’A », et je dois vous dire la vérité : je ne l’aimais pas du tout et je l’ai mise de côté. On est juillet de cette année-là, je crois ; je me souviens pas de ce qui s’est passé, mais je doute que je puisse trouver le bon post sur Génération 80s.

C'est Catherine Ringer dans une robe rouge, les cheveux en chignon. Elle tient un micro dans la main droite sous sa tête.
Catherine Ringer aux Vieilles Charrues en 2021, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 2.0

Je ne me souviens pas d’exactement ce qui a changé, mais en novembre 2020, j’ai commandé The No Comprendo de la FNAC. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas mentionné ici à l’époque — le blog avait moins de deux semaines au moment de la livraison, et je n’ai pas publié de critique. Mais j’ai certainement communiqué mon enthousiasme aux anglophones sur Facebook :

Ça dit :

J’écoute le disque qui est arrivé hier, The No Comprendo par Les Rita Mitsouko. C’est de 1986. Dites-moi que ça n’aurait pas convenu PARFAITEMENT sur la MTV de l’époque. Catherine Ringer, la chanteuse, sonne comme Annie Lennox après des leçons de chant avec Johnny Rotten. L’album a été produit par Tony Visconti, qui vous connaissez de David Bowie et Paul McCartney. Tout ce que j’espérais.

Même ça n’arrive pas à capturer mon admiration pour cet album, ce que j’appelle souvent l’un des deux albums parfaits de ma connaissance, l’autre étant Moving Pictures de Rush. Oui, il n’y a même pas un album d’Indochine où j’adore toutes les chansons sans exceptions.

Un mois plus tard, j’ai vu Catherine Ringer sur Taratata pour la première fois. Je ne l’avais pas planifié — j’étais là parce qu’Indochine allait avoir une demi-heure juste pour eux-mêmes. Cependant, j’étais ravi de découvrir l’émission. Encore une fois, c’était toujours Facebook où j’ai exprimé ça :

Capture d'écran d'un post sur Facebook où j'ai partagé un clip de Taratata en ajoutant la légende, « La grande dame, Catherine Ringer ! »

Heureusement, même si cette performance ne marche pas toujours sur le site de Taratata (ça marche pour moi dans l’appli de Facebook, mais pas dans un navigateur), il nous reste l’enregistrement officiel sur YouTube de « C’est Comme Ça » sur le plateau de Taratata en février 2020. Elle l’avait toujours, même à ses 63 ans.

Bourré de ce que j’entendais, j’ai profité du Covid pour la voir deux fois de plus pendant les mois suivants :

Le 17 décembre 2020, elle est apparue sur France Inter avec Benjamin Biolay et Alain Souchon. C'est une capture d'écran de l'annonce sur son compte FB.
Capture d'écran de l'annonce de son « Concert Très Très Privé » sur RTL2 le 26 février 2021.

Je dis souvent que 2020 n’était pas aussi mauvais pour moi que le reste du monde, et ça vous donne le goût de pourquoi, encore plus que les archives du blog. Tous les jours il y avait quelque chose de nouveau à découvrir, et Catherine Ringer faisait une grande partie de ça.

Au fil de 2021, j’ai commandé le reste des albums des Rita Mitsouko, d’abord Système D, puis les 4 autres d’un coup. « Y’a d’la haine » est devenue l’une de mes références préférées pendant les deux années suivantes (voilà et voilà). Si je dois avouer que je suis moins fan de Marc et Robert et Cool Frénésie que de leur autre travail, il faut aussi dire qu’avec Fred Chichin, Catherine Ringer n’a jamais cessé à prendre des risques.

Impossible de ne pas remarquer qu’elle n’a vraiment jamais guéri de cette perte. Il y avait beaucoup moins de nouveautés sous son propre nom après la mort de Fred, et elle chantait souvent sous le nom « Catherine Ringer chante Les Rita Mitsouko ». Quand j’ai visité le cimetière de Montmartre en 2021, j’ai dit du tombe : « On peut voir qu’il attend Catherine Ringer — ça m’a rendu triste. »

Pierre tombale de Fred Chichin avec son nom, les dates 1954-2007 et le mot « Musicien ». Il y a beaucoup d'espace sous son nom, assez pour plusieurs autres personnes.

Il faut vraiment connaître l’œuvre des Rita Mitsouko pour comprendre la France moderne. Sans connaître « Andy », je n’aurais jamais compris ce gros-titre du Canard, même si j’étais choqué à l’époque :

C'est un article sur un scandale dans l'handisport intitulé « Dis-moi oui, Handi ! ».

Elle était le sujet de l’une des premières Langues de Molière, à cause de sa chanson « Rendez-vous avec moi-même » — en partie à cause des verbes réfléchis, mais en partie car dans cette chanson, elle évoque la prononciation de son nom de famille polonais. Ça nous amène à mon dernier point.

J’ai fait des recherches dans des journaux étrangers pour voir si sa mort était remarquée de même façon que Belmondo. La réponse était non — sauf dans un pays, Israël :

C'est un article de The Times of Israël intitulé : « Décès de Catherine Ringer, célèbre voix juive du groupe rock des Rita Mitsouko »
Capture d’écran

Dans cet article, j’ai appris qu’elle y avait de la famille et y avait donné un concert en 2019. Ça dit aussi qu’elle n’avait pas grandi dans la religion, mais ce n’est pas mon sujet. C’est plutôt que ses origines n’ont jamais été un obstacle à son succès en France, à son statut d’icône de la chanson française. Je vous ai dit récemment que c’est 1934 aux États-Unis, et la situation serait très différente si elle était morte ici, mais dans les commentaires sous tous les articles que j’ai lus hier, il n’y avait que des hommages et des souvenirs d’une grande artiste française.

C’est la France à son meilleur, et c’est comme ça que je me souviendrai de Catherine Ringer.

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