Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Fa la la

D’abord, avez-vous fini vos devoirs de Noël ? Les cadeaux sont bien emballés, la bûche est prête, pas d’autres tâches ? Non ? Allez, Langue de Molière peut attendre.

Sinon, c’est notre édition spéciale de Noël, et le Père Justin va vous raconter des choses pour vous faire dire « Nan, mais sérieusement ! » (Au fait, c’est où Jours d’humeur ?)

Cette semaine, on commence avec une question posée par une amie dans un groupe privé sur Facebook : pourquoi dit-on parfois « la Noël » au lieu de « le Noël » ? D’abord, j’étais étonné -/ je n’ai jamais entendu ça ! Puis je me suis dit « Et pourquoi êtes-vous étonné, vous ? Vous entendez peut-être 10 minutes de français tous les jours, et la moitié de ça est des pubs sur RTL. Selon vos expériences, l’expression la plus connue en France est « Je peux pas, j’ai Grand Frais. » Il y a plein de choses que vous n’avez jamais entendu ! » J’ai dû avouer que le type avait raison. Puis, il me semblait : si on dit ça, ça doit être à cause d’omettre « fête », comme « la (fête de) Saint-Valentin ». Mais c’est Langue de Molière, où nous ne devinons pas, nous recherchons.

Il s’avère que de nombreuses sources disent que c’est exactement ça. Radio Canada cite l’Office québécois de la langue française :

Noël admet aussi le genre féminin lorsqu’il est précédé de l’article défini singulier, sans épithète. « C’est probablement par ellipse de « fête de » que l’on dit la [fête de] Noël », mentionne le site Internet de l’Office québécois de la langue française.

« La » Noël ou « le » Noël ?

La vedette de nombreux billets dans cette série, Sandrine Campese du Projet Voltaire, ajoute que :

Condamnée dans le Dictionnaire grammatical du mauvais langage (1813) car trop provinciale, la tournure est pourtant utilisée par certains auteurs pour son élégance et sa poésie. 

Cinq choses essentielles à savoir sur le mot « Noël »

Attendez, il y a un « Dictionnaire grammatical du mauvais langage » ? Je veux bien le voir ! Mais pourquoi « trop provinciale » ? Il s’avère que c’est fortement lié à certaines régions, et non seulement en France elle-même :

En Provence, la tradition de dire “la Noël” est encore vivace. Cette région, connue pour ses fêtes de Noël riches en coutumes et en folklore, utilise “la Noël” pour souligner l’aspect festif et communautaire de cette période. Par exemple, les Provençaux préparent “le gros souper” et les treize desserts, des traditions ancrées dans la culture locale, où “la Noël” est célébrée avec une grande ferveur.

“La” ou “le” Noël ?

Radio Canada nous dit que c’est uniquement la Noël en Haïti :

En Haïti où j’ai grandi, je n’ai jamais entendu parler de  »le » Noël. C’est toujours  »la » Noël. On chante  »la » Noël, on parle de  »la » Noël.

Alors qu’au Congo, faites comme vous voulez :

En République démocratique du Congo, la dénomination de la célébration est laissée à l’appréciation de chacun, selon l’Ontarien Elie Kabeya Mfwamba. « Il y en a qui disent Noël, il y en a qui disent la Noël. Et il n’y a pas vraiment de problème en tant que tel », dit-il.

Mais selon le conseiller linguistique de Radio Canada, Guy Bertrand, on peut même l’écrire au pluriel :

« Dans ce cas, Noël s’écrit avec une minuscule et peut s’écrire avec la marque du pluriel. On peut dire je vous ai apporté un petit noël ou encore je vous ai apporté de petits noëls. »

Ouf, j’espère que le bonhomme Noël m’apporte un Doliprane après ça. Quoi, vous ne connaissez le bonhomme ? C’est la faute à George Sand, selon Mme Campese :

George Sand. C’est la romancière qui attesta en 1855 l’expression « père Noël ». Avant, on parlait plutôt de « bonhomme Noël », tandis qu’en Belgique et dans le nord de la France, c’est saint Nicolas – équivalent du Santa Claus anglo-saxon – qui distribue les cadeaux aux enfants.

Et avec ça, j’ai une bûche à sortir du congélateur. Noël !

Quoi, vous ne saviez pas que c’était un cri de joie au XIVe ? Notre dernier fait divers vient de Mme Campese :

Aux XIVe et XVe siècles, « Noël ! » était le cri de réjouissance que poussait le peuple pour saluer un événement heureux, par exemple la naissance d’un héritier du trône ou l’arrivée d’un grand personnage.

Pourtant, personne ne cri « Noël » à mon arrivée. Je suis offensé.

Il y a trop de comptes à régler avant la fin de l’année, alors Langue de Molière vous reverra l’année prochaine, en vous souhaitant une un Joyeux Noël.

La visite du Père Nougat

Je vous ai promis que nous allions revenir sur ma visite chez Surfas ce week-end. Vraiment, qu’est-ce que je ferais sans 3-4 visites chez eux chaque année ? Alors, d’abord, voici mes achats, 109 $ au total :

Une boîte de poudre de cacao, deux barres de nougat de Montélimar, une bouteille de vanille liquide, 2 paquets de sachets roses d'Alsa, une boîte de sel guérandais et deux boîtes de crème de marrons

C’est, euh… pas beaucoup pour l’argent, me dites-vous. Et vous avez raison. En partie, c’est ce que j’appelle depuis le début du blog « l’impôt import » — bien avant cette année, tout ce que j’achetais de France avait déjà tendance à coûter entre 3 et 4 fois son prix chez Carrefour. Mais il y a un produit américain ici, la vanille liquide, qui coûte 40 $ pour ses 236 ml — c’est fait entièrement de vanille de Madagascar, alors je l’accepte. Qu’est-ce que tout ça coûterait chez Carrefour ?

Une boîte de 200 ml d’extrait de vanille Vahiné fait 6,15 €. 2 barres de 100 grammes de nougat Chabert et Guillot, le fabricant ici, n’est pas disponible — mais 1 barre de 200 grammes coûte 5,05 €. 16 sachets de levure chimique d’Alsa ? 1,60 €. 2 pots de 250 grammes de crème de marrons de Faugier ? 3,28 €. Et 454 grammes de poudre de cacao ? Dites-donc, c’est du Guittard, meilleur que Poulain ou la marque du magasin, alors allons chez Valrhona. Ils ne la vendent pas directement aux amateurs, mais Meilleur du Chef nous vendra 500 grammes pour 18,90 €. Ce panier fait 34,98 €. Si on échange ça en dollars pour faire la comparaison directe, c’est 41,18 $. 2,64 fois plus cher chez moi. Excusez-moi une seconde.

WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! C’est injuste, c’est vraiment trop injuste !

Merci, je ne me sens même pas un peu mieux, mais j’ai dû faire ça. De toute façon

Chaque décembre, on peut compter sur Surfas à vendre des produits européens qu’ils ne stockent pas d’habitude. C’est donc inutile de les chercher sur leur site web, mais j’ai de nombreuses photos.

En entrant, il y a plein de boîtes de truffes au chocolat de chez Mathez. À vrai dire, jamais goûtées, alors je ne connais pas le niveau de qualité :

Boîte dorée avec une photo de truffes au chocolat sur l'étiquette

Juste derrière ça, il y a quelque chose de spectaculaire, des pannetones signés Dolce et Gabbana, la maison italienne de mode. Évidemment, quelqu’un d’autre est le producteur, mais les boîtes sont dessinées par les créateurs. Les prix sont époustouflants — 85 $ chacun, mais la boîte est un « showstopper », comme on dit en anglais (mon dictionnaire le rend « clou d’un spectacle ») :

Pyramide de boîtes de panettone

Je ne connais pas non plus les palets de Pont-Aven, mais le site web est prometteur :

De petites boites rouges de palets de Pont-Aven, avec un dessin d'un couple qui danse. Du nougat entoure les palets.

On peut voir dans cette photo qu’il y a plein de nougat : du Chabert et Guillot à gauche, et un produit italien à droit.

Les produits vendus sous le nom Maxim’s, d’après le resto parisien, me semblent très touristiques. Je ne suis pas sûr qu’ils valent le coup, mais je ne dirais pas non si on m’en offrait un :

J’ai essayé de faire de pâtes de fruits d’Auvergne pour le Tour, mais trop difficile sans les bonnes purées Boiron (disponibles chez Surfas, mais pour des prix dignes de Louis Vuitton). Je goûterais cette marque si je n’avais pas épuisé mon budget :

Boîte ronde de pâtes de fruits aux fruits rouges, de la marque Cruzilles

Je ne vais pas mentir, j’ai trouvé les biscuits roses de Reims trop industriels. Mais ça sent la maison de les voir :

Je suis sûr que cette huile d’olive aux truffes noires est exactement ce qui promet l’étiquette. Mais rien ne fait peur comme les prix des produits aux truffes (sauf pour les œufs au début de l’année) :

Bouteille d'huile d'olive aux truffes noires.

Les pains d’épices de la marque Fortwemger m’ont gravement déçu il y a 3 ans. Mais des biscuits bonhommes m’ont quand même tenté :

Sacs de biscuits en forme de bonhommes

Ce gâteau de voyage au chocolat avait l’air très bon, et venait de Saint-Rémy-de-Provence. Mais je peux probablement faire pareil :

Gâteau de voyage sans son carton

J’ai découvert La Maison d’Armorine pendant le Tour. Les « cœur de celtes », des caramels au beurre salé recouverts de chocolat, ont l’air super. Mais, budget.

Boîte de caramels au beurre salé

Il y avait de nombreux panettones moins chers qu’en haut. Mais toujours 40 $. C’est un pain cher.

3 parfums de panettone

100 grammes de palmiers coûtent 6 $. Merci, mais sans cannelle, les orejas sont des palmiers. Je peux avoir 5 ou 6 fois cette quantité pour le même argent, faits maison :

Boîte de palmiers

Je n’avais pas de glacière avec moi, mais 16 $ pour 125 grammes de beurre est de la folie, même si ça vient de la Maison Bordier. C’est typiquement entre 4-5 € en France.

Du beurre Bordier au frigo.

Surfas est vraiment pour les pros. On y achète de l’huile d’olive ou du vinaigre 5 L à la fois :

Le choix de champignons est dingue :

Une douzaine de genres de champignons séchés

Vous ne connaissez probablement pas la sauce Sriracha (à gauche). C’est basé sur un produit thaïlandais, mais fabriqué à Los Angeles. La fumée de l’usine est si épicée que les voisins ont tenté un procès contre le fabricant (lien en anglais).

Deux genres de sauce piquante asiatique. La sriracha est dans une boîte grande mais de largeur étroite, avec des bouchons verts en plastique.

J’espérais trouver du sel de Camargue, ce que j’utilise dans ma cuisine. Malheureusement, il y avait de nombreux sels, mais largement de la fleur de sel, et largement de Guérande. C’est pour ça que j’ai fini par acheter du sel guérandais. (Maldon, aussi dans les photos, est britannique.)

Toute visite chez Surfas sans La Fille finit par un déjeuner chez Shamshiri Grill, mon resto persan préféré. Le kebab koobideh est le meilleur :

Deux kebabs de bœuf, du riz blanc à moitié coloré jaune avec du safran, deux tomates grillées et des oignons grillés

Il y avait du baklava et d’autres desserts persans sur le comptoir, mais j’ai déjà eu assez à manger !

Je ne quitte jamais Surfas sans dépenser, mais je suis toujours content d’y aller !

Saison 4, Épisode 38 — Les vacances d’ivresse

Je suis bien au courant des manifestations des éleveurs cette semaine, alors d’abord, une petite blague sur ça que j’ai vue ce week-end :

C'est un panneau écrit à la main, tenu dans l'air pendant une manif, qui dit : « À cause des grévistes ma belle-mère ne pourra pas venir à Noël. Tenez bon les gars ! »

Mais honnêtement, c’était exactement la raison pour laquelle je voulais vraiment trouver de Bonnes Nouvelles cette semaine. J’ai abandonné après une heure de recherches. C’est juste la mauvaise semaine, je suppose.

La SNCF sait mieux que n’importe qui comment me torturer. Je suis sûr que beaucoup d’entre vous ont vu cette image dans vos courriels. C’est soit Strasbourg soit Colmar, je ne suis pas sûr duquel.

Photo d'une place décorée pour Noël avec un gros sapin.

Je viens de sortir le brouillon de mon premier bulletin pour la nouvelle année pour l’OCA. Mes recettes cette fois sont deux classiques du blog, la galette des rois de Valrhona et les pancakes chocolat-fraise pour Chandeleur. Je ne suis pas sûr si elles sont trop compliquées pour le groupe, mais je voulais publier une galette des rois. Et c’est ma seule et unique recette de Chandeleur où je suis complètement satisfait des photos.

Il y a une nouvelle qui a toute mon attention en ce moment, l’histoire d’un maire qui a démissionné plutôt que célébrer le mariage d’un étranger sous OQTF. J’espère ne jamais recevoir un tel ordre, évidemment, mais il y a tant de complexités dans cette histoire, je ne sais pas du tout quoi penser. Il m’étonne que l’on peut rester dans le pays 3 ans après l’ordre, mais apparemment, une fois que ça arrive, ce n’est plus censé être une barrière au mariage. La citoyenne européenne est finlandaise plutôt que française, ce qui rend la question du titre de séjour encore plus compliqué pour M. OQTF. Je peux atteindre mes 200 ans, et je ne suis pas sûr que ce sera assez de temps pour comprendre la loi française.

J’ai vu une autre nouvelle où des végétaliens subissent du cyberharcèlement à cause de publier leurs recettes. Bof, je ne soutiens pas leur projet, mais c’est ridicule de les harceler.

Une meilleure note pour finir ? J’étais chez Surfas samedi pour acheter plus de sachets roses ainsi que d’autres choses. Regardez ce qui était là :

Carton plein de barres de nougat de Montélimar.

Je craignais que j’aille finir 2025 sans même une bouchée de nougat de Montélimar, mais je suis sauvé ! Malheureusement, à 8,95 $ la barre de 100 grammes, je n’allais pas en acheter beaucoup. 2 barres, c’était tout. On en parlera plus demain, car c’était un trajet intéressant.

Notre blague traite d’un malentendu avec le Camarade Staline. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Le Glaude et Maternité.

Sur le blog, il y a aussi Deux petites anecdotes, sur la tentative de mon ex de parler français, Les orejas, une recette de palmiers mexicains pour l’anniversaire d’une amie, Le visiteur inopportun, sur un robot qui a visité mon blog et Final Fantasy V vaincu, la fin de notre série sur jouer à ce jeu en français.

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Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec Copernic

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 22 pages.

La dernière fois, c’était au tour de Mlle Simonet d’attraper l’œil du narrateur. Enfin, presque :

Je ne savais pas laquelle de ces jeunes filles était Mlle Simonet, si aucune d’elles s’appelait ainsi, mais je savais que j’étais aimé de Mlle Simonet et que j’allais grâce à Saint-Loup essayer de la connaître.

Mais Saint-Loup ne s’intéresse pas à l’aider, de peur que ça embête sa propre copine. Alors le narrateur tourne vers une direction familière — penser à son avenir littéraire, d’où sort ce joyau :

Peut-être certains chefs-d’œuvre ont-ils été composés en bâillant.

Peut-être certains chefs-d’œuvre ont-ils été lus en bâillant aussi. Je dis ça, je dis rien.’

Saint-Loup et le narrateur dînent enfin à Rivebelle, où ce dernier fait la comparaison entre les tables et « autant de planètes », disant des serveurs :

leur course perpétuelle entre les tables rondes finissait par dégager la loi de sa circulation vertigineuse et réglée.

Encore une fois, il essaye trop :

ce restaurant de Rivebelle réunissait en un même moment plus de femmes au fond desquelles me sollicitaient des perspectives de bonheur que le hasard des promenades ne m’en eût fait rencontrer en une année

Mais exceptionnellement pour Proust, ce dîner ne s’étend que sur 8 pages, après lesquelles Saint-Loup s’excuse pour aller avec d’autres amis dans un casino. Le narrateur revient au Grand-Hôtel en pensant que

Je ne faisais, du reste, en somme, que concentrer dans une soirée l’incurie qui pour les autres hommes est diluée dans leur existence entière… quand est encore lié à la fragilité de leur cerveau le livre dont la prochaine mise au jour est la seule raison de leur vie. 

Comme je comprends ! Nous les auteurs doivent faire attention à être prétentieux sur le processus d’écrire ! #DesSubventionsPourLesCerveaux (L’incurie en question, c’est qu’il a bu un peu plus que d’habitude, dont des verres de porto. On dirait que sa voiture était un Uber à cheval.)

Être un peu ivre a d’autres conséquences :

Je dois du reste dire que cette insignifiance où tombaient les choses les plus graves… finissait par comprendre même Mlle Simonet et ses amies.

Elle s’échappera peut-être à son sort ?

Je ne connaissais aucune des femmes qui étaient à Rivebelle, et qui, parce qu’elles faisaient partie de mon ivresse comme les reflets font partie du miroir, me paraissaient mille fois plus désirables que la de moins en moins existante Mlle Simonet.

Dites-donc, on a une expression pour exactement ce phénomène en anglais, les « binocles de bière » (« beer goggles »). Faites pas ça, Marcel, vous avez des fantômes à poursuivre !

Il nous dit qu’en fait, ces mêmes femmes du resto connaissaient toutes Saint-Loup, qui était sorti avec pas mal d’entre elles. Et il imagine les potins de la soirée, surtout sur sa maîtresse actuelle :

Il faut qu’il soit tout de même une fameuse truffe. Elle a des pieds comme des bateaux, des moustaches à l’américaine et des dessous sales !

Miaou, dirait-on.

M. Gueule de Bois passe quelques pages en décrivant le fait de s’endormir, puis se réveille à quelque chose de familier après une nuit d’ivresse :

Enfin je voyais clairement : « deux heures de l’après-midi ! »

Ouaip, ça arrive, mon gars. Même moi, je le sais.

Avec ça, l’aventure du dîner et de ses suites se termine. Mais non sans une dernière pensée prévisible :

Tout à coup je me rappelai la jeune blonde à l’air triste que j’avais vue à Rivebelle et qui m’avait regardé un instant… Il me semblait qu’elle m’avait remarqué, je m’attendais à ce qu’un des garçons de Rivebelle vînt me dire un mot de sa part… Il serait bien difficile de la voir, de la voir sans cesse. Mais j’étais prêt à tout pour cela, je ne pensais plus qu’à elle. 

Qui est-elle ? Aucune idée. Est-ce que l’on fera sa connaissance prochainement ? Exactement autant que pour la fille de la gare, Mlle de Stermaria et Mlle Simonet, j’espère !

Final Fantasy V vaincu

Nous avons parlé en trois fois de l’expérience de jouer à Final Fantasy V en français (première, deuxième, troisième). Aujourd’hui, c’est la finale — nous discuterons la dernière partie et la récompense pour gagner, mais aussi quelques différences entre le vocabulaire du jeu en anglais et en français.

Comme je vous ai dit quand j’ai repris le jeu il y a quelques semaines, en 2021, j’avais réussi à atteindre la dernière étape du jeu, juste pour être facilement tué par un méchant beaucoup trop puissant pour moi. On pourrait dire « Mais Justin, c’est le genre de jeu où vous pouvez sauvegarder vos progrès et même quitter le donjon si c’est trop difficile. Pourquoi ne pas faire ça ? » Ah, mais vous voyez, on a parlé du problème que le monde change à plusieurs fois — et si on rate des trucs importants avant les changements, impossible de les récupérer plus tard.

C’est pourquoi, cette fois, j’ai utilisé — horreur ! — une solution écrite par quelqu’un d’autre (lien en anglais). J’ai honte, parce que ce jeu vient de l’époque quand un bon joueur pouvait vraiment tout explorer soi-même. (Le monde a bien changé avec Final Fantasy VII — il fallait acheter un guide imprimé, et depuis ce temps, c’est pareil pour beaucoup de jeux vidéo.)

Alors, nous sommes dans le donjon final, la « fissure interdimensionnelle » ouverte quand notre ami Exdeath a fusionné les deux mondes d’avant. Les règles de la physique telles que l’on les connaît sont suspendues — largement pour que ce donjon puisse récapituler tout ce qui s’est passé ailleurs.

Après un région désertique pour commencer, on se retrouve dans une forêt comme celle où Exdeath est né. Une fille charmante essaie de tuer le parti. Cette bataille n’est pas difficile :

Fille inconnue : « Cette forêt est si paisible... Pourquoi ne pas vous y reposer... pour l'éternité ! «

Dès que le parti sort de la forêt, il se trouve devant un château qui flotte dans les airs. Pourquoi flotte-t-il ? Ne posez pas de question — parce que c’est cool, c’est pourquoi !

Parti devant le château. Il y a évidemment du ciel partout au-dessous.

Le parti entre et se trouve dans un donjon. Là, après avoir battu plusieurs vieux sorciers, ils rencontrent une fille qui dit qu’elle y était prisonnière :

Elle part. Mais quand le parti atteint la salle du trône, il entend une voix :

Voix inconnue : «Vous pouvez essayer de fuir, mais vous n'irez pas bien loin... »

C’est la fille du donjon ! Apparemment, quand elle vous a embrassé pour l’avoir sauvée, c’était un piège. Elle se transforme en un homme portant une armure.

Il s’avère que l’homme s’appelle Halicarmasse, comme le jardin de l’Antiquité :

Homme : « Vous allez périr des mains du souverain de ce château, Halicarasse ! »

C’est ici où la solution a commencé à être utile. La dernière fois, je vous ai montré une bataille contre un mime. Je ne l’ai jamais battu avant, ou si je l’avais fait, je ne m’en souviens pas. Cette fois, j’ai fait maîtriser ses pouvoirs à trois membres du parti — ils pouvaient donc tous copier mes meilleures attaques. Avec ça, Halicarnasse a vite perdu.

On monte un escalier et le parti se retrouve en haut du château. Un dragon s’approche du parti. C’est Twintania. Je ne l’ai jamais battu avant. Cette fois, mes mimes l’ont vit tué avec le sort Météore. 3 fois par tour, c’est trop pour lui !

On affronte enfin Exdeath. Peu importe la quantité de temps passé en préparant, il vient d’avoir le pouvoir du néant :

Puis il fait quelque chose de vraiment effrayant. Il se transforme en arbre — car il est né dans la forêt !

Il jette un sacré sort, et tout semble perdu :

Exdeath : « Mouah ha, ha, ha... Et maintenant ! Vous allez périr à l'intérieur du néant ! »

C’est ici où les fantômes de vos prédécesseurs, les Guerriers de l’Aube, apparaissent pour vous encourager. Au fil du jeu, on les a regardés tous mourir.

Après ce moment touchant, nous revenons à nos arbres, et Exdeath dit que c’est pas grand-chose de perdre le néant, la source de ses pouvoirs :

La bataille finale commence. Exdeath se transforme en arbre plus… menaçant ?

Exdeath apparaît comme un tronc avec des racines qui s'entendaient partout.

Avec une bonne dose de Météore, trois fois par tour, il périt assez vite. Il y a un discours digne de la liste de clichés — « Non ! C’est impossible ! »

Le néant reste là, mais sans Exdeath, les fantômes s’en débarrassent en vous renvoyant au monde :

On revoit le parti un an après la bataille. C’est Krile, la petite-fille de Galuf qui l’a vu mourir aux mains d’Exdeath qui raconte ce qui s’est passé :

Krile : «C'est comme si notre combat n'avait été qu'un cauchemar...»

On voit les deux princesses qui ont été séparées pendant leur jeunesse réunies sur les trônes de leur royaume :

Krile : «Le chancelier de Tycoon a l'air heureux. »

Elle pense à hériter le royaume de son grand-père :

Krile : « Je pourrais devenir reine ! Ça n'arrivera jamais... Mais... je ne refuserais pas !»

Au début du jeu, Bartz, le personnage principal, voyageait avec un chocobo, un oiseau jaune assez grand pour monter comme un cheval. Son chocobo, Boko, a épousé un autre, Koko. Ils ont des enfants. C’est MIGNON !

Krile revient dans la forêt où son grand-père est mort. Elle pleure et dit qu’elle est maintenant toute seule. Mais elle a tort :

Bartz : « Qu'est-ce que tu racontes? Tu n'es pas seule. »

Elle réjouit de revoir ses amis du parti :

Krile : « Vous êtes tous venus ! »

Avec ça, les 4 amis partent pour de nouvelles aventures.

Trois membres du parti montent sur des chocobos, alors que Krile monte sur son dragon.

Il y a un message spécial pour le joueur à la fin des crédits, car c’est une reprise 30 ans après le jeu original :

Nous adressons nos plus profonds remerciements à tous nos fans à travers le monde, tant ceux d'hier que ceux d'aujourd'hui, ainsi qu'aux équipes dévouées qui ont contribué à façonner la version originale des jeux.

Et avec ça, c’est la fin du jeu. Il m’a fallu 20 ans pour atteindre ce moment. Final Fantasy V n’est pas à la hauteur de IV ou VI, mais j’ai toujours regretté que je ne pouvais pas le vaincre. Comme les développeurs, je vous remercie pour avoir supporté cette quête, parce que je sais que ce n’est pas typique des contenus ici. Il y a quelque chose de spécial, d’avoir vaincu ce jeu dans une nouvelle langue, après l’avoir raté dans la vieille — c’est un symbole d’une vie différente.

Ça dit The End, la fin.

Le visiteur inopportun

Je vais vous raconter l’histoire qui a complètement gâché ma vie d’antan. Je dois faire attention, parce que le fait que je suis le seul innocent dans cette histoire n’a rien à voir avec la question de qui est tenu responsable dans la vraie vie. Si ça a l’air ridicule, je vous rassure que le temps que ça finisse, vous serez d’accord avec moi.

Ma carrière s’est lancée en travaillant pour une entreprise géante dans le domaine de la défense (et malheureusement, pas dans le quartier du même nom). J’ai été embauché pour travailler sur des projets d’intelligence artificielle dans la lutte contre le terrorisme, avec des systèmes qui n’avaient rien à voir avec les réseaux neuronaux. Cependant, après 4 ans, la société a perdu le prochain contrat, et j’allais être viré pour manque de fonds. « Heureusement » (je dirais avec du recul que ce n’était pas le cas), au dernier moment, une autre division de l’entreprise a décidé de me garder pour travailler sur des projets banaux, le développement de sites web pour le gouvernement. J’aurais dû quitter ça, mais j’avais besoin de l’argent.

Je suis très doué en écrire des propositions pour le gouvernement, et après des mois sur de petits projets, j’ai écrit 2/3 d’une proposition qui valait 75 millions de dollars au fil de 5 ans. Naturellement, je n’ai même pas reçu un centime de prime pour cet effort, alors que le gérant a reçu 1 million pour l’avoir gagné. C’est bon d’être le patron, n’est-ce pas ?

L’important, c’est qu’il y avait trois bureaux qui finiraient par collaborer sur le travail : le mien à San Diego, un autre en Floride, et un dernier à Washington, D.C. Il faut toujours avoir un bureau à D.C., parce que c’est où habitent les clients.

Je ne peux rien dire sur le client ni les détails, mais après un an d’efforts, j’ai découvert qu’un document « écrit » par une employée dans le bureau à D.C. a été plagié. J’avais trouvé une erreur dans une partie sur les statistiques, recherché la bonne formule, et j’ai trouvé exactement son texte, copié-collé sans citation. Curieux, j’ai vérifié le reste, et c’était évidemment complètement le produit du plagiat.

J’ai passé un week-end de cauchemar en vérifiant tous les documents produits par ce bureau. Tout a été plagié, des centaines de pages, et l’on avait facturé 500 milliers de dollars au gouvernement pour les écrire.

Tout le monde était heureux de découvrir un employé fidèle et honnête qui n’acceptait pas la corruption, d’accord ?

HAHAHAHAHAHAHAHA… euh, non. Le seul cible des questions, c’était moi : « Pourquoi est-ce qu’il t’a fallu une année pour découvrir ça ? Qu’est-ce que tu caches ? Tu veux nous faire chanter, c’est ça ? » Balivernes — pour une chose, même si j’étais ce genre de personne, le gérant du bureau en question n’était pas le type qui avait mangé mon prime. Autre chose, j’ai découvert ça par hasard — 4 personnes avaient relu tous les documents produits par ce bureau sans rien découvrir. Si une chose n’avait pas attrapé mon œil, rien n’aurait été découvert.

Mais je comprends, même si je le trouve dégoûtant. Si le client savait ce qui s’est passé, nous perdrions le contrat, et une cinquantaine de personne perdraient leur travail. Mieux vaut me faire quitter l’entreprise que risquer la vie de beaucoup de monde qui n’a rien fait.

J’ai embauché un avocat, qui m’a aidé à me protéger, mais il n’y a jamais eu un processus. 9 mois plus tard, j’ai quitté mon boulot pour fonder un start-up. C’est une autre histoire, mais avec ça, tout est parti en vrille : le divorce, d’autres start-ups, rien de bon. J’évoque tout ça afin d’expliquer pourquoi j’ai une dent contre le plagiat et les tricheurs.

Hier, ceci est arrivé :

Liste de vues avec Le pastis gascon en tête avec 89 vues, puis mon article du jour avec 35, puis les blagues avec 30.

On aime vraiment le pastis gascon, hein ? Ce genre de truc arrive de temps en temps ; je crois qu’il s’agit de robots qui deviennent coincés pour des raisons inconnues. Honnêtement, je m’en fiche. Mais quelque chose de pire est arrivé ; il était censé être 464 visiteurs uniques, mais on voit :

Ben, s’il s’agissait de moteurs de recherche, peut-être que c’était une araignée. Mais ça n’explique que 40 % du trafic. Et quand je vois ça :

Liste de visiteurs par pays; les États-Unis en tête avec 243, suivis de la France avec 203.

C’est évident que le trafic n’a rien de francophone — il n’y a guère de vrais lecteurs aux États-Unis. Pire, au-delà du pastis :

Il me semble que l’on téléchargeait le Tour en gros. D’accord, quand il s’agit de Google, ça passe crème car j’espère avoir des visiteurs en résultat. Mais ce n’était pas Google, responsable de seulement 40 % des visites d’hier.

Je ne sais pas qui a fait ça, mais les IA ne sont pas les bienvenues. Elles n’envoient personne ici, et je n’apprécie pas du tout l’idée que l’on fait passer mon travail pour le sien. Pourtant, ça me semble l’explication la plus probable. Vos idées sont les bienvenues, c’est certain.

J’espère que vous comprendrez donc pourquoi ce sujet est si sensible pour moi.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le vin sacré

Cette semaine, Langue de Molière fait l’enquête sur un sujet religieux. Il s’agit d’une traduction biblique que je n’ai jamais aimé en anglais, où chercher la version catholique en français m’a mené à une découverte surprenante. Parce que ce n’est pas mon but d’être sectaire, je vais donner des traductions catholiques, protestantes et juives.

Il y a des semaines, selon le calendrier catholique, on a lu le livre d’Isaïe, en particulier le début du chapitre 25. Je n’ai jamais aimé les traductions en anglais du verset 25:6, parce que même si je ne comprenais pas le hébreu biblique, j’avais du mal à croire que ce passage pouvait être si banal. Je vais mettre en gras et en italique la partie importante. Voici les 3 traductions anglaises :

On this mountain the LORD of hosts
will provide for all peoples
A feast of rich food and choice wines,
juicy, rich food and pure, choice wines.

Isaiah 25:6, USCCB

On this mountain the Lord Almighty will prepare
    a feast of rich food for all peoples,
a banquet of aged wine—
    the best of meats and the finest of wines.

Isaiah 25:6, KJV

And the Lord of Hosts shall make for all the peoples on this mount, a feast of fat things, a feast of dregs; fat things full of marrow, dregs well refined. 

Isaiah 25:6, Chabad

Le contexte ici, la partie sans accent dans les trois cas, c’est que Dieu préparera un repas de fête pour les croyants sur une montagne. La partie qui m’agace est la description des contenus de ce repas. Sans vouloir parler pour les traducteurs, je donnerai mes propres traductions hyper-littérales de ces trois en français — mais il s’agit des contenus anglais, pas les choix des traducteurs de ces confessions directement en français.

Version catholique : Un festin de nourriture riche et de vins de choix, de nourriture riche et juteuse et de vins purs de choix.

Version protestant : Un festin de nourriture riche pour tous les peuples, un festin de vin âgé — les meilleures viandes et les meilleurs vins.

Version juive : Un festin de choses grasses, un festin de lies ; des choses grasses pleines de moelle, des lies bien raffinées.

La répétition est caractéristique de la Bible ; j’imagine que c’était bien là en hébreu. Mais une de ces choses n’est pas comme les autres — la version juive ici précise des détails qui ne sont pas là dans les versions chrétiennes. Alors qu’il y a des centaines de traductions protestantes en anglais, j’ai choisi celle du roi Jacques, parce que tout le monde la considère une référence littéraire, même si l’on n’est pas anglican. C’est exactement cette qualité littéraire que je ne trouve pas dans la version catholique en anglais, et cette fois, je voulais savoir ce qui disait la version française. Voici la traduction selon l’Association épiscopale liturgique pour les pays francophones, ce qui veut dire la liturgie officielle :

Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés.

Isaïe 25,6, AELF

Oh là là, que ça ne ressemble pas du tout à la traduction anglaise de l’Église ! Mais j’allais toujours répéter cet exercice pour les 3 confessions. Je ne suis pas bien instruit en protestantisme en français, mais après quelques recherches, il me semblait que la version de Louis Segond était assez bien acceptée pour mon but. Et ça rend :

L’Éternel des armées prépare à tous les peuples, sur cette montagne, Un festin de mets succulents, Un festin de vins vieux, De mets succulents, pleins de moelle, De vins vieux, clarifiés.

Isaïe 25,6, Louis Segond

Je n’ai pas réussi à trouver la version juive de la même organisation qu’en anglais, mais celle-ci est quand même très proche des autres :

Et l’Eternel-Cebaot donnera à toutes les nations, sur cette montagne, un festin de mets succulents, un festin de vins de choix, de mets pleins de moelle, de vins vieux clarifiés.

Isaïe 25,6 Sefarim.fr

À ce point, je suis bien convaincu. Les traductions françaises sont toutes assez similaires, les unes aux autres, que je peux leur faire confiance. Le texte original doit parler de moelle et de vin clarifié, et pour des raisons moins qu’évidentes, les traductions chrétiennes en anglais laissent tomber ces détails.

Ce qui est drôle, c’est que quand j’ai commencé ces recherches, je croyais qu’il s’avèrerait que la traduction française catholique était hyper-précis à cause de répondre à un besoin culturel. Mais en fait, vu que toutes les traductions en français sont bien d’accord, c’était exactement le contraire !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une édition spéciale pour Noël.

Assiette avec une douzaine d' orejas, toutes bien dorées, quelques avec du caramel brûlé sur les bords

Les orejas

Langue de Molière est reporté jusqu’à demain, car c’est le 17 décembre, et ça veut dire l’anniversaire de mon amie rouennaise, et ÇA veut dire que c’est le temps d’un autre dessert mexicain (Le gâteau aux trois laits, Le chocoflan, Les churros). Cette fois, c’est les orejas :

Assiette avec une douzaine d' orejas, toutes bien dorées, quelques avec du caramel brûlé sur les bords
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Allons les préparer !

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Deux petites anecdotes

J’essaie sincèrement de ne plus écrire sur mon ex, surtout à cause de certaines choses comme ce soir, mais quelque chose d’hilarant est arrivé samedi, et il faut que je le partage.

Mais d’abord, ce soir. Il m’arrive souvent que je suis ici et là autour d’Elbe-en-Irvine ou d’Anguille-sous-Roche avec La Fille, et nous croisons quelqu’un ou autre qui nous connaît de l’église où mon ex et moi avions fait un accord légal pour éduquer la petite en religion. Et cette personne dira « Bonjour, La Fille ! » et fera semblant de ne pas me voir. Même si c’est moi qui répond. C’est exactement ce qui nous est arrivé ce soir en sortant du resto rapide où nous étions pour des burgers. Super, madame, ravi de vous voir aussi, et je ne savais même pas que vous me considériez comme un paria.

Je vous conseille de ne jamais signer un accord comme ça avec une autre personne. Tôt ou tard, tout le monde choisira un côté ou l’autre. Probablement tous le même côté.

Trois billets d’EuroMillions — en espagnol, anglais et français, Photo par joaquimalbalate, CC BY-SA 4.0

Ça nous amène à samedi. Contre toute attente, et je veux vraiment dire toute attente, l’équipe de football américain de notre lycée a bien réussi sa saison, et a atteint la finale du championnat de sa ligue. Ce qui voulait dire que la fanfare de La Fille devait jouer samedi soir. Les élèves dînent toujours ensemble au lycée avant de partir pour les matchs, et cette fois, mon ex et moi étions là ensemble pour aider à servir de la pizza aux élèves.

Peut-être que vous vous souvenez de la guerre pour que La Fille ait le droit de suivre des cours de français. Ou la lutte pour qu’elle saute une année car son niveau était trop avancé. Même si elle restait la meilleure élève après le saut. Oui, mon ex était fort opposée à la langue française, n’est-ce pas ?

Quelque chose a changé, car quand La Fille nous a rejoints pour le dîner, mon ex lui a dit, et je cite :

Je voudrais une bouteille d’acqua minérale.

Ben, elle a toujours du mal à différencier le français de l’italien — c’est « eau minérale », pas chérie — mais si vous pensiez que le jour arriverait où elle dirait « Je voudrais » en français, j’aimerais vous demander juste une chose :

QUELS SONT LES NUMÉROS GAGNANTS DE LA PROCHAINE LOTERIE ?

Saison 4, Épisode 37 — Des marrons pour Exdeath

Cette semaine, Apple vient de mettre à jour son appli Podcasts avec de meilleur soutien pour les chapitres. Je les publie depuis le 3e épisode de la première saison, mais maintenant Apple les crée automatiquement si on ne le fait soi-même. Je n’approuve pas de les imposer avec l’IA, mais la vue est désormais bien améliorée. C’est facile à sauter directement à la blague et aux Bonnes Nouvelles si souhaité.

Capture d'écran d'Apple Podcasts qui montre les 7 premiers chapitres de l'épisode 36, tout sauf la fin.
Chapitres de la semaine dernière

Ça dit, je vois que les transcriptions automatiques sont horribles. Voici un exemple, de l’Introduction :

Moi :

Moi, je suis votre hôte, Justin Busch.

Eux :

Moi, je suis Verteur Haute, Justin Busch.

Je sais que mon accent est moins qu’authentique, mais ça, c’est du BS de qualité militaire. C’est par cette technologie que l’on croit que les êtres humains peuvent être remplacés ? Un de plus :

Moi :

Sur le blog, il y a aussi C’est pas le 1er, version décembre 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés…

Eux :

Sur le blog, il y a aussi Cette fois-ci, la première, version de Samba de 2020, ma review mensuelle de mes blogs préférés.

Je trouve ce niveau de qualité inacceptable, et oui, j’ai bel et bien vérifié ma prononciation de « premier » dans l’enregistrement après ça ! Je suis bien satisfait que je n’ai pas fait d’erreur de genre comme ça. Puisque la grande majorité des contenus est toujours des articles déjà publiés ici, je n’ai pas envie de préparer mes propres transcriptions. Cependant, je pense à créer un archive des Bonnes Nouvelles comme celui des blagues, car je les ai tous (mais sans les liens aux sources). Dites-moi si ça vous intéresse.

En parlant de faits liés à la balado, je doute que quiconque s’en souvienne, mais Final Fantasy V, notre jeu récent, faisait partie du tout premier épisode. J’ai ajouté un effet sonore pour expliquer le suspense indiqué par « J’ai des questions ». C’était tiré du générique pour le méchant Exdeath.

S’il vous semble que mon gros titre a été tiré de la piste « Des fleurs pour Salinger » par Indochine, ayez un Bon Point :

1 Bon Point Schtroumpf à lunettes, tiré d'un groupe d'humour sur Facebook.

Je dois partager une bonne nouvelle personnelle plutôt rare. J’ai eu une prise de sang lundi dernier, et mon A1c, le chiffre clé pour les diabétiques, était 6,7. Le but est moins que 7,0 (idéalement moins que 6,0, mais ça voudrait dire ne pas être diabétique). Naturellement, étant moi, je l’ai fêté avec un gâteau aux carottes du resto Stonefire Grill :

Deux couches de gâteau aux carottes avec deux couches de glaçage au fromage Philadelphia, avec des brisures de noix au-dessus.

Avez-vous entendu parler de Maison Martine, la soi-disant « première charcuterie végé de France » ? Je n’exprime aucun avis sur les produits, mais « charcuterie végé » n’est pas logique. À moins que… la propriétaire dit que c’est nommé d’après son chat, mais a-t-on vu Patapouf récemment ?

Ne me regardez pas comme ça, on est au pays du film Barbaque !

Notre blague traite de deux ecclésiastiques, et est en fait une histoire 100 % vraie, mais aussi hilarante. Nos articles sont :

Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Les gros-titres sont Cibler et Roman.

Sur le blog, il y a aussi Les brownies chocolat-pistache de Péla, une recette très bien accueillie à une soirée de tarot, La guerre contre Exdeath, le dernier volet du récit de mon premier jeu vidéo en français, Traduction, où j’explique la décision de traduire mon livre en anglais et Le gâteau ardéchois de Millina, un gâteau très bien réussi et parfait pour les fêtes de fin d’année.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !