Je vous ai promis une autre histoire de dépannage, et nous voilà. En écrivant sur le jour où ma voiture est tombée en panne il y a des semaines, j’ai appris que ça veut dire tout autre chose au Québec.
Voici un dépanneur à la québécoise :

Bienvenue chez Couche-Tard, où on peut acheter des sodas, des bonbons, et toutes les autres choses auxquels on s’attend chez les épiceries. Il n’y a pas de remorquage disponible chez eux ; pourtant, selon l’Office québécois de la langue française, le mot privilégié pour ce genre de magasin est « dépanneur ».
Je sais, au-delà des québécois qui liront cet article, vous êtes tous tout à coup curieux — comment appelle-t-on le type qui conduit la dépanneuse s’il n’est pas le dépanneur ? C’est le conducteur de dépanneuse. Très logiques, ces québécois.
Mais il s’avère qu’il y a d’autres significations pour ce mot au Canada, qui traitent d’expressions en anglais que je ne connais pas. Ils disent dépanneur aussi pour quelque chose en anglais dit « fault finder« . Selon leur dictionnaire, c’est quelqu’un qui règle des problèmes dans les chaînes de télévision (aux studios, j’imagine). Peut-être que c’est l’argot des employés dans ce secteur. Mais il me semble que c’est de l’anglais canadien ou britannique quand on parle de ce domaine. Tout ce qu’il me dit est une personne qui cherche des fautes chez les autres afin de s’en plaindre, et j’ai vite trouvé un dictionnaire d’anglais qui est d’accord. ([Je ne le suis pas, les ennemis. Ses fautes sont si nombreuses qu’il n’y a pas besoin de les chercher. — Mon ex])
Il y a d’autres dépanneurs inattendus au nord-est de chez moi. Qu’est-ce que c’est qu’un dépanneur-biériste ?

Je ne sais pas vous, mais je ne me souciais pas de faire cette distinction. Un dépanneur ordinaire vend plutôt de la Molson ou de la Budweiser, je suppose.
Et c’est quoi un chariot dépanneur ? Ce truc :

C’est plutôt logique aussi. Les dépanneurs-biéristes en ont certainement besoin. Pourtant, encore une fois, j’ai eu du mal à trouver le bon mot en français hexagonal, parce qu’ici, les canadiens parlent anglais plutôt comme moi, pas les britanniques. Le dictionnaire de l’Office québécois rend l’anglais comme « dolly », le même mot que chez moi. Mon dictionnaire Oxford ne sait pas quel est un « dolly ». L’autre mot que l’on utilise, « hand truck » ? Pas non plus. Il s’avère que les britanniques — donc mon dictionnaire aussi — disent « pushcart ». Je dois vous dire, si j’ai entendu un britannique dire ça, j’aurais cru qu’il voulait dire le chariot d’un supermarché, pas le truc en haut. Ils parlent tout autre langue au Royaume-Uni, vous savez.
Un dépanneur de plus ? Au Québec, les mécaniciens qui travaillent pour les chemins de fer sont des « visiteurs dépanneurs ». Je trouve ça un peu mystérieux. Ils visitent qui ou quoi exactement ? En France, on dit plutôt « dépanneurs de maintenance » (lien vers la SNCF) pour le même poste.
La France et le Québec, deux pays séparés par une langue en commun. (Remarque sur les États-Unis et le Royaume-Uni souvent attribué soit à Oscar Wilde soit à George Bernard Shaw.)
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine en quête. Peut-être même une Dragon Quête.

























