Archives pour la catégorie Le tour des départements

Mon dîner gardois

Le Gard est l’un des départements où il y a plus de produits de terroir que de recettes locaux. Heureusement pour nous, ils ont un excellent site officiel pour on suggérer que faire avec tous ces produits, Militant du Goût. J’ai donc choisi une recette où leurs oignons, huile d’olive, et le célèbre riz de Camargue sont les stars, les boulettes de boeuf, oignon doux, et coriandre. (Et puisque l’on parle de Camargue, ne ratez pas ce post de Flanel avec de belles photos d’un olivier ancien en Camargue, et le Pont-du-Gard.) En dessert, nous avons les croquignoles d’Uzès, un biscuit également chinois que français — je vous expliquerai tout !

J’ai trouvé deux produits locaux pour ce dîner, du riz de Camargue et du vin Costières de Nîmes. Le vin est surtout un bon marché — environ 12 € la bouteille ici, et très bon. Le riz est arrivé grâce à myPanier, et m’a coûté environ le même prix que ce que vous payeriez en France.

Comme d’habitude, j’ai coupé les quantités de cette recette — par 1/2 pour la sauce, et 3/4 pour les boulettes. J’ai quand même assez pour deux personnes avec 1/2 tasse de riz. Voici la recette originale.

Les ingrédients :

  • 1/4 kilogramme de viande de boeuf haché
  • 1 oignon doux
  • 1 oeuf
  • 1/2 cuillère à café de cannelle
  • 1 cuillère à soupe de chapelure
  • Sel, poivre
  • 1 belle poignée de coriandre fraîche taillée menu (qui peut être remplacé par du basilic, de la menthe, persil…)
  • 10 cl de vin blanc
  • 1/2 petite boite de concentré de tomate
  • 1 grosse boite sauce tomate au basilic
  • 1/2 tasse de riz de Camargue
  • De la farine

Pour être clair, voici mon concentré de tomate. 1/2 ce tube = environ 60 grammes.

Les instructions :

  1. Mixez les oignons ; les presser à cru dans une passoire, pour enlever leur eau.
  1. Ajoutez 1 oeuf entier, la cannelle, la chapelure, la viande hachée, la coriandre, et les oignons. Mélanger. — J’ai oublié les oignons avant de prendre les photos. Je vous rassure que je les ai utilisés, mais seulement la moitié. Je n’aime pas trop d’oignons dans mes boulettes.
  1. Formez des boulettes de la grosseur d’une noix.
  2. Passez les dans la farine et les faire frire. Réservez les boulettes.
  1. Faite revenir un oignon dans un peu d’huile d’olive.
  1. Ajoutez un petite boite de concentré de tomate ; bien rissoler.
  1. Mouillez le fond de sauce avec le vin blanc.
  1. Laisser s’évaporer l’alcool, ajouter la sauce tomate au basilic et faire mijoter à feu trés doux les boulettes dedans au moins une vingtaine de minutes.
  1. Pendant que vos boulettes mijotent, faire bouillir 1/2 tasse de riz avec 1 tasse d’eau et une pincée de sel. Quand vous avez de grosses bulles, baisser le feu, couvrir la casserole et laisser cuire pour 15 minutes. Laisser reposer pendant 5 minutes avant de servir.

Maintenant, les croquignoles d’Uzès. Selon Keldelice :

On doit sa naissance à un boulanger du milieu du XVIIIe siècle, Vincent Pellecuer (qui habitait au mas des Librottes, à Blauzac), qui en avait rapporté la technique d’un voyage en Chine. Une dizaine d’années plus tard, il s’installa, à Nîmes et créa, route d’Uzès, une biscuiterie, et, rue Nationale, un magasin où ses “pralines et biscuits chinois” connurent un vif succès. Sans descendant, il prit pour successeur son neveu Justin, qui acheta, en 1909, une maison à Uzès, rue Benoit, et y fit construire un four de sa conception lui permettant d’enfourner une vingtaine de sortes de biscuits dont les fameuses “pralines chinoises”, rebaptisées “croquignoles d’Uzès”.

La croquignole d’Uzès

Pensiez-vous qu’après avoir lu cette histoire je pouvais faire rien d’autre ? Je dois ajouter que aussi selon Keldelice, les vraies sont faites à machine avec une noisette ou une amande au centre. J’ai donc ajouté une noisette à chacune. J’ai suivi cette recette, qui vient d’un vieux journal (lisez le lien).

Les ingrédients :

  • 2 blancs d’œufs
  • 4 cuillerées à soupe, ou 50 grammes, de sucre
  • même poids de farine que de sucre, aussi 50 grammes
  • 2 cuillerées à café d’eau de fleur d’oranger
  • 1 pincée de sel

J’ai mesuré le sucre par cuillère sur une balance, puis ajouté le même poids de farine, comme ça. 50 grammes de chacun.

Les instructions :

  1. Dans un récipient, mélangez intimement le sucre et la farine.
  1. Dans un autre récipient, battez les blancs en neige bien ferme avec la pincée de sel.
  1. Incorporez délicatement l’eau de fleur d’oranger puis les blancs en neige au mélange sucre/farine. — En fait, j’ai utilisé 1/2 fleur d’oranger, 1/2 vanille liquide. Les photos ici sont après 1/2, puis tout, le mélange.
  1. Déposez des petits tas de pâte sur la plaque du four recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant suffisamment car ils vont s’étaler. Cuire environ 15 minutes à 180° et laissez refroidir à température ambiante avant de déguster. — Comme j’ai dit, j’ai ajouté des noisettes. Une seule suffit.

Je découvre le Gard

On continue maintenant avec le 30, le Gard. C’est le département le trente-et-unième plus peuplé, et les habitants se nomment gardois. C’est notre quatrième séjour en Occitanie. Il y a des fois où je dois travailler dur pour trouver assez de trucs à faire. Pas cette fois-ci. Préparez-vous, ce voyage sera extraordinaire !

On commence dans la préfecture, Nîmes, pleine d’antiquités. Et les plus grandes antiquités sont les Arènes (3 étoiles Michelin). Si vous connaissez déjà le Colisée à Rome, vous avez une idée de ce que vous trouverez ici. Les arènes fonctionnent toujours pour certains spectacles, surtout une reconstitution historique appelée Les Grands Jeux Romains — au moins quand il n’y a pas de Covid. (Avec une capacité de 20 000 spectateurs anciennement, c’est plus grand que leur stade actuel, avec 15 000.) Face aux Arènes, on y trouve le Musée de la Romanité (2 étoiles), consacré aux temps romains et l’histoire de Nîmes. On continue à la Maison Carrée (3 étoiles), le temple romain le mieux conservé du monde, qui date au Ier siècle avant J.-C. Puis on visite les Jardins de la Fontaine (2 étoiles), érigés à l’ordre de Louis XV par son ingénieur royal, Jacques Philippe Mareschal.

Au sud de Nîmes, à Saint-Gilles, on arrête pour visiter l’abbatiale, et surtout sa célèbre façade (2 étoiles) du XIIe siècle. Encore plus au sud, on y trouve Camargue (3 étoiles) — une grande territoire pleine de marais, partagée entre le Gard et les Bouches-du-Rhône. De la partie gardoise, on trouve le célèbre riz de Camargue et la station balnéaire de Port Camargue. Il y a aussi la ville d’Aigues-Mortes, avec leurs remparts (2 étoiles) et la Tour de Constance (2 étoiles), les restes d’une grande forteresse construite par Louis IX. Au nord de Nîmes, on trouve l’un des plus grands trésors du Gard, le Pont du Gard (3 étoiles). J’y visiterais juste pour voir cet aqueduc du Ier siècle. Après le Pont du Gard, on conduit vers l’ouest à Uzès pour passer une journée au Vieil Uzès (3 étoiles). Ceux qui aiment les bonbons Haribo voudront visiter le musée Haribo (les propriétaires Allemands ont acheté une ancienne entreprise locale, Zan). Pour ma part, je vous conseille de ne pas rater cette histoire ridicule qui parle de la Police de Paris et les fraises Tagada.

Avant de partir d’Uzès, on visite la Tour Fenestrelle (2 étoiles), le seul et unique clocher de plan circulaire en France. Puis on conduit vers l’ouest pour visiter l’un des sites les plus inhabituels, la Bambouseraie à Générargues (2 étoiles). C’est un parc exotique avec plus de 200 variétés de bambous. On finit en conduisant quelques minutes de plus vers le nord-ouest, à Mialet, et on y trouve la Grotte de Trabuc (2 étoiles), où les camisards (des Huguenots locaux) se cachaient.

Qui sont les personnages les plus connus du Gard ? Il y avait le pape Clément IV, Louis Perrier, un médécin connu pour son eau, le Général Montcalm (connu aux États-Unis pour son rôle dans la Guerre de Sept Ans), le chanteur Julien Doré, très populaire avec les jeunes, le rabbin et scientifique Levi ben Gershom, dit Ralbag, l’écrivain Jean Racine vivait à Uzès pendant plusieurs ans, et l’acteur Jean-Louis Trintignant y vit maintenant.

Quoi manger dans le Gard ? C’est un département très riche en produits de terroir, moins en plats originaux. Il y a 5 « Sites Remarquables du Goût » du Gard : les figues de Vézénobres, les oignons doux des Cévennes, l’olive et huile d’olive de Nîmes, les Taureaux de Camargue AOP, et les truffes noires du Pays d’Uzès. En plus à Camargue, on y trouve le fleur de sel (le mien est de Camargue, pas de Guérande) et le riz de Camargue IGP. Il y a aussi la fraise de Nîmes IGP, le fromage Pélardon AOP, et bien sûr, des vins. On y trouve l’AOC Costières de Nîmes et l’AOP Côtes du Rhône. Selon Keldelice, leurs plats typiques sont l’agrillade saint-gilloise, le manoul, et la pouteille. En dessert, il y a les croquignoles d’Uzès et la minerve. Heureusement, le département a un site excellent, Militant du Goût, qui propose beaucoup de bonnes idées pour utiliser tous ces produits.

Le Paris-Brest

La Bretagne ne manque pas de desserts. Mais on est dans le Finistère, où on trouve Brest, qui est vraiment la maison de ce dessert célèbre, créé à l’honneur d’une course de vélo du même nom. Alors, il n’y avait vraiment pas de choix, non ?

Je dois cette recette à Cook and Record. Ça fait trop longtemps depuis la dernière fois où j’ai fait l’une de ses recettes ! Le seul changement, c’est que mon cercle de pâtisserie n’a que 16 cm, et le sien a 20. Alors quand j’ai poché ma pâte, j’ai mis mon premier cercle à l’extérieur au lieu de l’intérieur. C’est vraiment pas grand-chose. Aussi, c’est ma toute première fois, alors les fautes sont les miennes, pas les siennes.

Les ingrédients :

  • 250g d’eau
  • 5g de sel
  • 100g de beurre
  • 150g de farine
  • 200g à 250g d’oeufs
  • + 1 oeuf entier pour la dorure
  • + quelques amandes effilées
  • 125g de noisettes
  • 125g de sucre glace
  • 500g de lait
  • 1 gousse de vanille ou 1 cuillère à soupe de vanille liquide
  • 80g de jaunes d’oeufs
  • 90g de sucre
  • 60g de poudre à crème (Bird’s) ou maïzena
  • 250g de beurre pommade

Les instructions :

  1. Dans une casserole, porter à ébullition quelques secondes 250g d’eau, 100g de beurre et 5g de sel.
  1. Hors du feu, ajouter 150g de farine en une seule fois et remuer énergiquement jusqu’à l’obtention d’une pâte bien homogène qui se détache des parois. On dessèche la pâte.
  1. Faire descendre la température : Si vous travaillez avec un robot pâtissier, utiliser la feuille. Attendre que la pâte soit refroidie avant d’ajouter, un par un, les oeufs. Vous devez obtenir un ruban cassant, parfois il n’est pas nécessaire d’incorporer tous les oeufs, tout simplement car ils ne font pas la même taille. Pour plus de précision, fouetter les oeufs tous ensemble dans un bol et ajouter des petites quantités d’oeufs progressivement. — Moi, je fouette toujours 4 œufs quand je fait une pâte à choux, parce que j’attends que je les utiliserai tous. Si j’ai besoin de plus, le les craque un à la fois.
  1. Placer la pâte dans une poche à douille avec une douille lisse. Dessiner, au crayon à papier, à l’aide d’un cerclage, un cercle de 20cm de diamètre sur une feuille de papier cuisson placée sur une plaque micro perforée. Retourner la feuille pour que la pâte ne touche pas le tracé. Pocher d’abord un cercle de pâte en suivant le tracé, puis un second cercle à l’intérieur et pour finir un sur le dessus.
  1. Dorer la pâte avec un oeuf entier battu, puis parsemer d’amandes effilées.
  1. Enfourner 40mn à 180°. Attention à ne pas ouvrir le four pendant la cuisson ! Pensez également à bien vous adapter à votre four, si nécessaire réduire la température en fin de cuisson et laisser un peu plus longtemps afin d’être sûr que l’intérieur soit bien cuit et que les choux ne retombent pas.
  1. Mettre 125g de noisettes au four pendant 15mn à 160° afin de les torréfier.
  1. Mixer les noisettes avec 125g de sucre glace jusqu’à l’obtention d’une pâte bien lisse. Vous devriez obtenir 200g de pralin. — J’ai utilisé mon robot, et il a produit une poudre très fine, mais vraiment pas une pâte. Puis, j’ai utilisé un batteur plongeant, et j’ai obtenu de meilleurs résultats.
  1. Aplatir puis fendre 1 gousse de vanille pour récupérer les grains qu’on va ensuite ajouter à 500g de lait. Ou mélanger de la vanille liquide avec la même quantité de lait. En tout cas, faire chauffer mais pas bouillir.
  1. Dans un cul de poule, mélanger 90g de sucre avec 80g de jaunes d’oeufs jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Une fois le résultat obtenu ajouter 60g de poudre à crème (ou maïzena).
  1. Ajouter un peu de lait chaud, par petites quantités, pour éviter le choc thermique et la coagulation des oeufs, puis remettre la crème sur le feu et la fouetter à nouveau. La crème est prête dès l’apparition des premières bulles, on la cuit 2min supplémentaires pour détruire les bactéries : c’est la pasteurisation.
  1. Mettre du film fraîcheur sur une plaque de cuisson, y mettre la crème, puis filmer également au contact pour éviter la formation d’une croûte et l’oxydation, 1h au frais est suffisant
  1. Détendre la crème pâtissière : Lorsque la crème est bien rafraîchie (et compacte), on va la détendre à l’aide d’un fouet pour lui donner la texture lisse et brillante souhaitée. Réserver dans un cul de poule.
  1. Détendre le beurre : Détendre 250g de beurre pommade dans le cul de poule du robot avec la feuille à vitesse moyenne.
  1. Ajouter progressivement la crème pâtissière dans le beurre détendu. Incorporer ensuite 200g de pralin.
  1. Réserver au frais : Une fois la crème mousseline devenue homogène, filmer au contact et réserver au frais.
  2. Préparer la roue : Couper le Paris Brest en deux (le couteau doit se positionner un peu plus haut que la moitié. Pour être régulier, scier jusqu’au centre).
  1. Remplir la chambre à air : Remplir la base de crème mousseline pralinée en utilisant une douille cannelée. Garnir de 3 couches : 1 dans le fond en cercle, 1 en volutes pour faire des jolies formes visibles de l’extérieur, 1 sur le dessus pour garnir le chapeau. — J’ai utilisé une trop petite douille pour commencer. Ne pas faire ça ! Il n’a y a pas de prix pour les petites lignes. Utilisez-en une assez grosse.

Mon dîner finistérien

J’essaye de choisir une variété de nourritures pour ces dîners. D’ici la fin du tour, c’est mon but d’avoir des quantités égales de viandes, de poissons, etc. Mais quand on est sur la côte, et que les Saint-Jacques sont disponibles… c’est surprenant que ce blog ne s’appelle pas « Un coup de Saint-Jacques ». Je les adore. Et ce plat est excellent. Voilà, les noix de Saint-Jacques à la crème d’oignons de Roscoff. (Notre dessert arrivera demain.)

Pour être clair, les vrais oignons de Roscoff ne sont pas disponibles ici. Mais vous pouvez les trouver chez Carrefour, alors PAS D’EXCUSES. Ce plat est simple, délicieux, et coûte beaucoup moins cher en France qu’ici. C’est parce qu’il y a aussi du safran dans la sauce, et ça coûte 4-5x ce que vous payez en France aux États-Unis. Hâte de quitter ce pays de (Q-bert) où tous les bons ingrédients coûtent beaucoup trop !

Ce qui dit M. Q-bert, Capture d’écran personnelle

Comme d’habitude j’ai coupé les ingrédients, mais il vous faut couper encore plus les oignons. La recette originale dit 4 oignons pour 4 personnes. J’ai utilisé un seul oignon pour faire 1/2 la quantité de sauce, et c’était encore trop d’oignon. Vous verrez dans les photos. En tout cas, je dois cette recette à l’excellent site Recettes Bretonnes.

Les ingrédients :

  • 4 noix de Saint-Jacques
  • 5 cl de crème fraîche liquide
  • 5 cl de vin blanc sec
  • 1 oignon
  • 1 tomate
  • 1/2 citron
  • 1 cuillère à soupe de persil haché et plus pour décoration
  • 1 pincée de safran
  • Quelques pincées de fleur de sel
  • De l’huile d’olive ou du beurre

Les instructions :

  1. Epluchez les oignons puis émincez-les finement : mettez les dans la casserole avec le vin blanc et un peu de safran.
  1. Versez ensuite la crème liquide, du persil haché et salez (avec du sel fin classique) à votre convenance.
  1. Une fois que la sauce commence à bouillir, réduisez à feu très doux et poursuivez la cuisson pendant environ 5 mn en mélangeant. — Voici des photos de la sauce au moment d’ébullition, après cette étape, et après que je l’ai tamisée. La sauce était bien parfumée à l’oignon, alors pas besoin de le retenir.
  1. Préchauffez le four à 270°C (thermostat 9). — Mon four ne peut pas arriver à cette température. 260°C est la limite. J’ai dû faire quelque chose de plus pour assurer une cuisson complète.
  2. Commencez par extraire le jus de citron.
  1. Ensuite, rincez les noix de St-Jacques, déposez-les dans un plat et ajoutez quelques gouttes de jus sur chaque noix. — Je vous promets, ce ne sont pas la même photo !
  1. Epluchez les tomates, retirez un maximum de pépins et découpez-les en petits cubes : déposez-en tout autour des noix de St-Jacques. — Je me demande s’il y avait trop de tomate et que les Saint-Jacques restait trop humides. Je les ai finis dans une poêle pour être sûr. Dans la troisième photo, la tomate à droite n’a plus de pépites ; la tomate à gauche les ont toujours. Vous pouvez les retirer facilement avec un couteau.
  1. Enfournez pendant environ 5/6 mn (en fonction de leur taille). — Voilà leur apparence après avoir été enfournés, puis après 2 minutes la côté dans une poêle avec de l’huile chaude.
  1. Déposez les noix dans chaque assiette, versez un peu de crème d’oignons et une pincée de fleur de sel. — Il faut loucher pour voir la fleur de sel, mais QUEL INGRÉDIENT ! N’oublie pas la fleur de sel !

Je découvre le Finistère

On continue maintenant avec le 29, le Finistère. Il faut que je fasse un maximum d’efforts, parce que c’est la maison de l’un de mes blogueurs préférés — si vous ne connaissez pas Jours d’humeur, visitez-le. Non, mais sérieusement — tout de suite ! En tout cas, le Finistère est le département le vingt-quatrième plus peuplé, et les habitants s’appellent finistériens. C’est notre deuxième séjour en Bretagne.

Le nom Finistère vient de « fin de la terre », et c’est carrément le cas vers l’Atlantique. Pour l’Hexagone. Tant que la Guadeloupe et la Martinique existent, c’est pas la longitude la plus à l’ouest, n’est-ce pas ?

En tout cas, on commence dans la préfecture, Quimper. Quelle chance pour nous — Quimper et ses alentours sont également intéressants ! D’abord, on visite la Cathédrale de Saint-Corentin (2 étoiles Michelin) dont je suis complètement bouleversé par leur collection de vitraux. Visitez Wikimedia pour en voir beaucoup plus que je peux vous montrer ici — c’est dingue ! Après, on visite le Musée de Beaux-Arts (2 étoiles) pour leurs collections d’art italien, espagnol, et flamand, et plus récemment, des décors des cafés bretons. Avant de partir, faites une balade le long des vire-court de l’Odet (2 étoiles, mais pas de photos sans droites). Au sud, on trouve la ville close de Concarmeau (2 étoiles), avec ses remparts du XIVe siècle. Au nord de Quimper, on trouve le beau village de Locronan, son église Saint-Ronan (2 étoiles) et la place en face de l’église (aussi 2 étoiles) , pleine de maisons de granit de la Renaissance.

On conduit maintenant vers le nord-ouest, jusqu’à la plus grande ville du Finistère, Brest. Mais avant d’y arriver, on arrêt à Crozon pour visiter le Pointe de Dinan (2 étoiles, à ne pas le confondre avec le Dinan dans les Côtes-d’Armor), avec son arche naturelle. On peut aussi visiter la presqu’île de Crozon (3 étoiles), mais à mon avis l’arche naturelle est plus intéressante. Nous sommes maintenant très proche à l’une des meilleures vues du Finistère, le Pointe de Penhir (3 étoiles). Ne ratez pas les trois rochers dans la baie.

Peut-être que l’on arrêt à Landerneau, pour visiter une exposition d’art contemporain au Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture (2 étoiles) — vérifie leur site pour l’horaire. On arrêt sans question au Calvaire de Plougastel (2 étoiles), une sculpture impressionnante du XVIIe siècle avec environ 180 personnages. À Plougastel, il y a aussi le Pointe de Kerdéniel (2 étoiles), mais j’ai envie de continuer à Brest. On y trouve un aquarium exceptionnel (3 étoiles) et un conservatoire botanique (2 étoiles) plein de plantes rares. On passe par le Château de Brest (0 étoiles), tout ce qui rest de la ville d’avant-guerre, à cause de nos amis allemands, et on conduit sur le Pont de Recouvrance (0 étoiles) avant de visiter le Musée national de la Marine (1 étoile) dans une part du château.

On suit la côte nord pour finir en visitant Roscoff et Morlaix. Roscoff est célèbre pour ses oignons AOP, et Morlaix est une commune qui date du temps romain. On visite la Maison des Johnnies à Roscoff pour apprendre l’histoire des fermiers qui voyageaient en Angleterre tous les ans pour vendre leurs oignons. À Plouezoc’h, on prend un bateau pour visiter le Château du Taureau (2 étoiles), située au milieu de la belle Baie de Morlaix (2 étoiles). Je suis toujours un corniaud pour tout ce qui concerne les viaducs, alors on finit à Morlaix avec une visite à leur viaduc du XIX siècle (1 étoile).

Qui sont les personnages les plus connus du Finistère ? Il y a le réalisateur Alain Robbe-Grillet, le footballeur Gonzalo Higuain, l’ancien Ministre de la Défense Charles Hernu (qui a coulé le bateau Rainbow Warrior de Greenpeace), et le fondateur d’E. Leclerc Édouard Leclerc.

Quoi manger dans le Finistère ? On se régale ! La Bretagne est très bien connue pour tous genres de crêpes, de blé noir ou de froment, ou même sucrées. En viandes, il y a le kig-ha-farz, un peu comme un pot-au-feu, et le ragoût bigouden, plein de lard, de saucisses, de chou, et de carottes. (M. Descarottes veut que je fasse ce plat, mais comme les cassoulets, il y a trop de viandes pour une personne.) En tant que département côtier, on y trouve tous genres de fruits de mer et de poissons, comme les cassolettes de Saint-Jacques et crevettes ou la soupe à la tête de congre (c’est pour vous). Mais les desserts — oh, je suis à la maison ! — le farz buan (comme le far breton), le gâteau breton, le kouign-amann, les palets bretons au caramel au beurre salé, les crêpes dentelles… punaise, j’ai un rendez-vous chez le médecin la semaine prochaine. Mais après les tests sanguins, on mange !

Les mentchikoffs

Voici le dessert qui prend le plus de temps du blog, jusqu’à maintenant. Les mentchikoffs sont des bonbons chartrains. Le nom vient d’un prince russe, et les bonbons sont crées à l’honneur d’une alliance entre les français et les russes en 1893. Je suis bien satisfait du goût de ce dessert, mais la technique est difficile à maîtriser. La coque est de « meringue suisse » — facile à faire, mais un cauchemar à utiliser !

La recette veut du pralin, mais bonne chance à trouver ça dans des magasins aux États-Unis. Puisque la recette veut aussi 3 autres genres de chocolat, j’ai décidé de remplacer le pralin en augmentant les 3 autres. Il y a du gianduja et de la praliné dans cette recette, alors il y a toujours assez de noisette dans mes mentchikoffs. Je vous donnerai la recette avec mes ingrédients, mais vous pouvez trouver l’originale ici

Voilà les chocolats que j’ai utilisés. Le gianduja et le praliné viennent de Cacao Barry et sont disponibles en France. Les Ghirardelli sont nos meilleurs chocolats de supermarché, mas pas de la qualité de Valrhona. En tout cas, je vous conseille d’utiliser quelque chose de meilleur que Nestle.

J’ai fait quelques expériences au cours de faire ces bonbons, et je les décrirai dans les instructions.

Les ingrédients pour les mentchikoffs :

  • 170 grammes de praliné noisette
  • 250 grammes de gianduja
  • 200 grammes de chocolat noir
  • 180 grammes de chocolat au lait
  • 250 g de sucre glace
  • 4 blancs d’œufs

Les instructions pour les mentchikoffs :

  1. Au bain-Marie, faites fondre le chocolat noir et le chocolat au lait. Ajoutez le gianduja et le praliné noisette. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte bien homogène.
  1. Sur une plaque recouverte de papier cuisson, étalez la pâte de façon à réaliser un rectangle d’1 cm d’épaisseur. Laissez croûter pendant 24 heures. — Ici, vous pouvez gagner du temps. J’ai mis le chocolat dans le frigo pendant la nuit, environ 12 hours. Après, je l’ai enlevé du frigo puis l’ai mis au comptoir pendant 2 heures. Le chocolat est devenu mou, pas liquide, et je crois qu’il a obtenu la bonne cohérence.
  1. Pour l’enrobage des mentchikoff : le lendemain, mélangez au bain-Marie les blancs d’œufs avec le sucre glace, et fouettez le tout jusqu’à ce que le mélange atteigne les 50°C. — L’enrobage est le truc difficile de cette recette. Pas cette étape, mais ce qui suit. Les photos ici montrent le progrès à 30, 40, et 50 ºC. Les différences ne sont pas grandes.
  1. Quand les 50°C sont atteints, retirez le saladier du bain-Marie et continuez de fouetter pour faire revenir les blancs d’œufs à température ambiante.
  1. Pour le montage : découpez la plaque de bonbon en carrés de 3cm x 2cm. — J’ai dû séparer le chocolat en deux plaques. Je crois que c’était un peu trop épais, mais c’était vraiment pas le problème avec la meringue. Le chocolat absorbera de la meringue !
  1. Avec un pinceau, badigeonnez la moitié supérieure de chaque bonbon avec la meringue suisse et disposez-les à nouveau sur la plaque de papier sulfurisé. Laissez les bonbons sécher pendant 24 heures. — La meringue n’a vraiment pas besoin de 24 heures de sécher. 6-8 heures à température ambiante suffira. J’ai mis une plaque dans le frigo. Après deux heures, c’était bien clair que ça a retardé le sèchement de la meringue, alors j’ai retiré cette plaque-là du frigo. Il n’y avait aucune différence à la fin.
  1. Le lendemain, renouvelez l’opération mais cette fois en recouvrant l’autre moitié des bonbons. Laissez sécher à nouveau pendant 24 heures. — Voilà ma dernière expérience. Vous pouvez voir que la meringue ne s’est pas étalé également le long du chocolat. Alors j’ai suivi cette instruction pour une plaque. Pour l’autre, j’ai fait plus de meringue, puis j’ai utilisé une pince pour tremper les chocolats dans la meringue. Franchement, il n’y avait aucune différence réelle.

L’originale :

Avec la pince :

Dans les photos de la recette originale, on voit une coque qui ressemble à une coque en chocolat. Dans cet autre exemple, la meringue est carrément beaucoup plus épaisse. À mon avis, on a besoin de plus de meringue, mais je ne suis pas sûr de la quantité ou de la bonne technique. Je crois que le pinceau n’est pas la meilleure chose, mais j’ai vérifié une douzaine de recettes sur Internet, et elles venaient évidemment toutes de la même source. J’ai hâte d’ajouter que le goût n’est pas un problème. Ce bonbon vaut le coup et je ferai plus d’expériences pour vous livrer une recette avec une meilleure apparence.

Mon dîner eurélien

Ce soir, j’ai fait mon dîner façon Eure-et-Loir, la poule au pot. Mon dessert prend quelques jours pour préparer, alors veuillez patienter. Sachez que c’est un plat lié avec le roi Henri IV, alors quand vous mangez celui-ci, vous mangez comme un royal ! (En fait, c’était son rêve pour les laboureurs, pas lui-même.)

Je dois cette recette à Madame Figaro. Je dois aussi vous dire que mon faitout est de 6.3 L. Après avoir fait ce plat, je vous recommande au moins 8 L, pour couvrir complètement la poule avec de l’eau. J’ai tourné la poule plusieurs fois pour être sûr que c’était tout cuit. Je n’ai pas coupé les ingrédients sauf les navets.

Les ingrédients :

  • 1 poule
  • 8 carottes
  • 4 navets
  • 1 rutabaga
  • 200 g de riz long
  • 1 branche de céleri
  • 1 oignon
  • 2 clous de girofle
  • 25 grammes de beurre
  • 25 grammes de farine
  • 1 œuf
  • 2 cuillères à soupe de crème fraîche
  • Du gros sel
  • Du sel et du oivre
  • 1 bouquet garni
  • 4 verts de poireaux

Les instructions :

  1. Déposer la poule dans un grand faitout, la couvrir d’eau froide. Porter à ébullition et retirer les premières écumes.
  1. Éplucher, laver et couper les légumes en gros morceaux.
  1. Une fois le bouillon de poule bien clair, plonger les carottes, les navets, le rutabaga, le céleri, l’oignon piqué de clous de girofle et le bouquet garni.
  1. Saler légèrement au gros sel. Laisser cuire 30 à 35 minutes et ajouter les verts de poireaux ficelés. Poursuivre la cuisson 1 heure.
  1. Verser une partie du bouillon de poule dans une casserole, porter à ébullition, y cuire le riz 20 minutes. — On devrait utiliser deux fois d’eau que de riz, alors j’ai mesuré 200 grammes d’eau et 100 grammes de riz. N’oublie pas de baisser le feu et couvrir la casserole après avoir ajouté le riz.
  1. Faire fondre le beurre, ajouter la farine.
  1. Mélanger et cuire à feu doux 2 minutes.
  1. Délayer petit à petit avec 50 cl de bouillon de poule jusqu’à ce que la sauce soit bien homogène.
  1. Porter à ébullition. Mélanger le jaune d’œuf à la crème fraîche.
  1. Hors du feu, verser ce mélange dans la sauce chaude, fouetter énergiquement. Ne pas reporter à ébullition. Vérifier l’assaisonnement. — J’ai trouvé que j’ai eu besoin de plus de bouillon pour faire une sauce liquide — pendant cette étape, j’ai ajouté 50 cl de plus de bouillon, deux fois, alors 150 cl total.
  1. Découper la poule, la servir avec les légumes, napper de sauce blanche. Accompagner du riz.

Je découvre l’Eure-et-Loir

On revient maintenant dans la région Centre-Val de Loire, dans le 28, l’Eure-et-Loir. C’est le département le cinquante-septième plus peuplé et les habitants se nomment euréliens. C’est notre deuxième visite dans la région après le Cher (au moins, dans le Tour — j’ai déjà visité le Loiret).

On commence encore dans la préfecture, Chartres. QUELLE CATHÉDRALE ! Notre-Dame de Chartres (3 étoiles Michelin) date du XIIe siècle, et est un magnifique exemple d’architecture gothique. Ne ratez surtout pas ses vitraux, appelés par Michelin « la plus importante collection de France ». Pendant que nous sommes là, nous visitons aussi le Centre international du vitrail (0 étoiles), le seul musée de son genre en France, consacré aux vitraux. Parce que l’on est toujours obsédés par la SGM, on arrête pour lire l’histoire de La Tondue de Chartres, symbole de la libération en 1944, et l’histoire de Jean Moulin, héros de la Résistance. En dehors de Chartres, on visite maintenant Maintenon, pour son beau château (1 étoile) et son aqueduc (1 étoile) de Louis XIV, qui voulait « parvenir les eaux de l’Eure jusqu’aux fontaines de Versailles ».

Après Chartres, on conduit vers le sud, à Châteaudun pour voir leur château des XVe-XVIe siècles (2 étoiles). C’est connu pour être chez Jean de Dunois, « le bâtard d’Orléans » et ami de Jeanne d’Arc. Ne ratez surtout pas les statues de sa Sainte-Chapelle (il y en a 15). Un peu plus loin au sud-ouest, on trouve la Domaine de Montigny-le-Gannelon (1 étoile), un château de la Renaissance, avec de jolis jardins. Puis, on conduit au nord pour visiter le village Illiers-Combray, où le jeune Marcel Proust a passé son enfance. Il y a un musée consacré à Proust dans l’ancienne maison de sa Tante Léonie.

Notre tour est presque fini. On continue vers l’ouest, à La Ferté-Bernard, pour visiter l’Église Notre-Dame-des-Marais (2 étoiles), avec de nombreux bustes en relief et des verrières du XVIe siècle. Au nord, on passe par le Manoir de Courboyer (1 étoile), qui fait partie du Parc Naturel Régional du Perche, et on finit par passer le reste de la journée dans le parc (1 étoile)

Qui sont les gens les plus connus de l’Eure-et-Loir ? Nous avons déjà parlé du soldat Jean de Dunois. L’Eure-et-Loir est aussi le lieu de décès de plusieurs rois de France (ou des Francs), dont Hugues Capet et Philippe VI. Henri IV, le premier roi Bourbon, fut sacré en la cathédrale de Chartres (le seul !). Le château de Maintenon appartenait à Françoise d’Aubigné, connu sous le nom Madame de Maintenon, dernière épouse de Louis XIV. C’est pas chez Marcel Proust, mais il y vivait pendant sa jeunesse. Françoise Rosay, l’une de mes actrices préférées, y est inhumée.

Quoi manger en Eure-et-Loir ? Il y a des plats locaux de Chartres, comme le rata beauceron, un ragoût de pommes de terre, de la poitrine de porc, et d’oignons, et la poule au pot, lié au roi Henri IV. La baguette retrodor, connue partout en France, est originalement de Chartres. En dessert, il y a le cochelin, une pâtisserie en forme de garçon, et le Mentchikoff, un bonbon au gianduja, après un prince russe. Il n’y a pas de produits AOP du département, mais il commence récemment à élever des vignes pour produire à nouveau des vins, dont du champagne. (Je plaisante — c’est carrément du vin pétillant !)

Mon dîner eurois

J’adore autant que jamais la tradition, mais pour le dîner ce soir, il y a presque autant de recettes que de normands. J’ai fait de la sole normande — il y a ceux qui vous disent de cuisiner le poisson dans le bouillon et ceux qui disent de ne pas faire ça. Avec du cidre ou du vin blanc. Avec de la farine, ou pas. Ce soir, j’ai choisi une recette sans farine (pour la tester pour mon amie qui ne mange pas de gluten), et j’ai bu le cidre après avoir cuisiné avec du vin blanc. Alors voilà, la sole normande et la teurgoule.

J’aime cette version de la sole normande, mais j’ai grandi avec des versions qui utilisaient toutes de la farine. Peut-être que vous trouverez cette sauce pas assez épaisse, et je comprends. Mais la vraie star de ce repas, c’est la teurgoule. Malheureusement, personne n’est pas ici pour m’empêcher de manger plus d’un plat. Je vais mourir à cause de m’avoir teurgoulisé, mais je mourrai content quand même.

Voici mon cidre de ce soir. L’adresse dit que c’est un produit d’une entreprise appelée Eclor. Leurs marques en France sont La Mordue et Écusson. Après avoir lu leurs sites, je crois que leur produit ici est plus Écusson que La Mordue. Je l’ai beaucoup aimé, et d’habitude, je ne bois pas de cidre.

Je dois la recette de la sole normande au magazine Marie Claire. J’ai fait leur quantité de sauce, mais avec seulement assez de poisson et fruits de mer pour deux personnes. Aussi, je n’aime pas les huitres, alors je ne les ai pas utilisées. Je suis heureux de la cuisson du poisson. Il y a des recettes qui disent 5 minutes, et des autres qui disent 15-20 minutes. Fais attention à l’instruction #4 pour plus d’infos.

Les ingrédients pour la sole normande :

  • 1 grosse sole
  • 1 oignon
  • 1 carotte ou des petits carottes
  • Des clous de girofle
  • 1 bouquet garni
  • 1 dl de vin blanc sec
  • 50 g de beurre
  • Des moules
  • 100 g de crevettes décortiquées
  • 2 jaunes d’œufs
  • 1 grosse cuillerée à soupe de crème fraîche
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour la sole normande :

  1. Levez les filets des soles, ou faites-les lever par votre poissonnier.
  1. Faites fondre doucement le beurre dans une casserole, ajoutez les arêtes et les têtes des soles, mouillez avec le vin blanc et assez d’eau pour bien couvrir les arêtes. — Ici, le poisson est vendu en forme de filet, alors je manque des arêtes et des têtes. Pas besoin quand on va faire cuire le poisson dans le bouillon.
  2. Ajoutez l’oignon piqué des clous de girofle, la carotte en rondelles, le bouquet garni, sel et poivre. Finir par ajouter le poisson. — (Dans la recette originale, ils oublient de dire quand il faut cuisiner le poisson !)
  1. Faire bouillir, puis baisser le feu. Laissez cuire doucement 30 minutes. Enlevez le poisson après 15-20 minutes. Passez ce fumet sur une passoire fine.
  2. Mettez les filets sur un plat, recouvrez-les de papier d’aluminium et tenez-les au chaud sur la porte ouverte du four réglé à 100° C, thermostat 3.
  1. Faites pocher les moules et les crevettes 2 minutes dans le même fumet et sortez les moules de leurs coquilles. — Notez bien que les moules se sont ouvertes après avoir été pochées. Si ça n’arrive pas, elles ne sont pas bonnes à manger. (Et c’est une question de santé, pas de goût.)
  1. Mélangez dans un bol les jaunes d’œufs et la crème et versez dessus 2 dl (ou 2 verres de cuisine) de fumet passé, en tournant sans arrêt.
  1. Disposez les moules et les crevettes autour des filets de soles, posez les huîtres sur les filets et nappez le tout avec la sauce.

Je dois la recette de la teurgoule au site The French Cooking Academy. C’est en anglais, mais par un Français. J’ai lu une douzaine de recettes. Elles ne sont pas toutes d’accord sur le temps de cuisson — il y a celles qui disent 3 heures et celles qui disent 5. Ça dépend de la quantité un peu, mais faut aussi vérifier votre cuisson. On veut une croûte brune, mais pas gonflée. Ne vous inquiétez si ça arrive – elle tombera — mais votre teurgoule sera déjà assez cuite. Je n’ai fait qu’un changement — j’ai ajouté un peu de muscade. C’est un très bon choix !

Les ingrédients pour la teurgoule :

  • 100 grammes de riz
  • 1 cuillère à café de cannelle
  • 100 grammes de sucre (semoule ou en poudre)
  • 1 L de lait entier
  • 1 pincée de sel
  • 1 gousse de vanille ou une cuillère à soupe de vanille liquide

Les instructions pour la teurgoule :

  1. Dans un plat rectangulaire en céramique, mélanger le riz, la cannelle, le sel, et le sucre.
  1. Râper de la muscade.
  1. Dans une casserole, mélanger le lait et la vanille. Faire bouillir, puis éteindre le feu. Si vous utilisez une gousse de vanille, laisser rester pendant dix minutes.
  1. Verser le lait dans le plat rectangulaire et mélanger.
  1. Faire cuire en bas du four pendant 3 heures à 150 ºC. Si votre teurgoule est gonflée, laisser rester. Elle sera quand même TRÈS CHAUDE. Déguster soit chaud soit froid.

Je découvre l’Eure

J’avoue, rien ne me plait comme revenir en Normandie. On continue avec le 27, l’Eure. C’est le département le quarante-deuxième plus peuplé, et les habitants se nomment eurois. C’est seulement notre deuxième séjour en Normandie., mais je suppose que j’ai triché par ayant déjà visité la Seine-Maritime dans la vraie vie. Je ne m’excuse pas.

On commence comme souvent dans la préfecture, Évreux. Ils ont une cathédrale, Notre-Dame (2 étoiles Michelin) qui date au Xe siècle bien qu’elle ait eu besoin de plusieurs siècles pour construire ; on y trouve donc plusieurs styles d’architecture. On y trouve aussi le Musée d’art, histoire, et archéologie (2 étoiles), dans un ancien palais épiscopal de 1500, avec des collections gallo-romaines et d’art plus moderne. On remercie nos amis allemands pour avoir raté la Tour de l’Horloge (0 étoiles), du XVe siècle, quand ils ont détruit beaucoup de la ville. Finalement, on visite l’Église Saint-Taurin (0 étoiles) pour voir la châsse de Saint-Taurin, en argent et émaux

Mais on a hâte de voir le reste de l’Eure, parce que c’est plein de beaux villages et d’autres trésors. On commence au Plessis, au sud d’Évreux, pour voir la Côte des Deux-Amants (2 étoiles). Selon la légende :

Edmond, un jeune écuyer, sauve la belle Caliste, la fille de son maître le Baron Rulphe (Seigneur de Pont-Saint-Pierre) de l’attaque d’un sanglier. Edmond demande la main de celle qu’il aime. Le Seigneur y consent, à une condition : « Vois la hauteur de ce mont escarpé. Gravis-le en portant ta bien-aimée ». Edmond se soumet à l’épreuve. Mais, succombe à l’effort. La jeune fille, désespérée, succombe à son tour.

Source

Puis, on conduit vers l’est, au village de Giverny, chez Claude Monet. Sa maison et ses jardins (2 étoiles) sont les stars du village, mais il faut aussi visiter le Musée des impressionnismes (1 étoile) pour des expositions qui changent fréquemment. Puis on conduit à la ville de Vernon, pour voir la Collégiale Notre-Dame de Vernon (1 étoile) et sa façade impressionnante en forme de rose.

On est presque fini — dommage, parce que l’on peut continuer pendant des jours. On traverse la Seine vers Les Andelys, pour voir le Château-Gaillard (2 étoiles), ancien château du roi Richard Cœur de Lion (on a déjà trouvé son cœur à Rouen). Pendant que l’on est là, on visite aussi la Collégiale de Notre-Dame des Andelys (1 étoile), une église façon Renaissance. Au nord, on trouve les ruines de l’Abbaye de Fontaine-Guérard (1 étoile), et on finit par visiter la Forêt de Lyons (2 étoiles) à Lyons-la-Forêt — ne me regardez pas comme ça, c’est l’adresse ! — où on trouve 10 000 ha d’arbres avec souvent plus de 20 m de hauteur et des châteaux comme celui de Vascoeuil.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Eure ? Bien sûr, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion à cause de son château, et Claude Monet, le peintre célèbre. Mais aussi le peintre Nicolas Poussin, le compositeur Maurice Duruflé, mon héros le pâtissier Gaston Lenôtre, le journaliste Henri Gault (l’un des fondateurs du guide Gault et Millau), et le cible fréquent du Canard Enchaîné, Bruno Le Maire.

Quoi manger dans l’Eure ? Nous sommes toujours en Normandie, alors vous savez déjà que ça veut dire la pomme sous toutes ses formes — du jus, du cidre, du Calvados, et du pommeau. (J’entends parler que l’on peut aussi manger des pommes crues, mais c’est juste une rumeur.) Il y a plus de Calvados dans le Calvados, bien sûr, mais en fait, il y a aussi une distillerie dans l’Eure. On y trouve beaucoup de fromages AOP — Camembert, Livarot, Pont-l’évêque. On ne peut pas oublier la sole normande, un plat si célèbre qu’il est devenu le nom du resto dans La cuisine au beurre (et ce dernier, un livre pour les enfants). En dessert, la tarte normande, la teurgoule (une sorte de riz au lait), et le flan normand, comme le flan pâtissier, mais aux pommes. Oui, je ne manque PAS d’idées pour ce dîner !