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Cet ami-là

À ce point, je passe 4-5 heures la nuit en travaillant sur le livre. Pourtant, ce blog ne connaît pas la signification de l’expression « en congés ». Heureusement pour vous et la séquence de jours de suite de publication, quelque chose m’est arrivé il y a deux jours, un peu lié à mes sujets habituels, alors je me sens à l’aise en l’évoquant. Moins à l’aise avec l’idée que la personne en question lit ce billet, parce que c’est une personne dont je n’ai aucune envie de la blesser. (Pour autant que je sache, cette personne n’est jamais passé par ici.)

Girl Scout Cookies, Photo par Photoguy439, CC BY-SA 3.0

Vous l’avez sûrement. Cet ami auquel vous ne pouvez pas dire non. La raison n’est pas importante en soi, sauf peut-être parce que la question de savoir à quoi on dit non, ou pas, est liée à la façon de le dire.

Peut-être que l’ami fait trop de demandes de votre temps. Peut-être qu’il veut que vous participiez à une activité que vous n’avez aucune envie de faire. Peut-être qu’il vend quelque chose et bien que votre lien ne soit pas professionnel, c’est juste difficile de dire « je ne le veux pas » ou pire, « je ne peux pas ».

Il y a des fois où les demandes ne sont pas grandes. Par exemple, la collecte de fonds annuelle la mieux connue aux États-Unis est la vente de « Girl Scout Cookies« , des cookies vendus pour 6 $ la boîte par les éclaireuses. Elles sont partout devant les supermarchés. Si vous avez un ami avec une fille, vos févriers et mars sont remplis de courriels pour vous demander d’en acheter. Je ne suis pas hypocrite — j’avoue que pendant 5 ans, j’étais cet ami, même si moins énervant que le moyen. (Il était une fois, j’ai failli me faire virer d’un boulot car j’ai refusé d’en acheter du patron. Ça m’a gravement affecté.) La troupe de La Fille s’est séparée après le Covid, alors elle n’est plus éclaireuse. Mais de toute façon, on parle de moins de 20 $, alors ce n’est pas grand-chose — ce qui rend dire non à la fois plus facile et plus difficile. On ne parle de grandes sommes qui changent la vie.

Mais supposons qu’un ami vend d’autres choses, et c’est une situation professionnelle pour eux, mais pas vous. De l’électroménager, peut-être. J’ai probablement dit assez pour que vous puissiez deviner exactement de quel produit je parle, mais il m’est important que ce nom ne fasse pas partie des résultats pour ce blog sur Le Goog. C’est un truc de follement cher, n’est-ce pas ?

Cet ami n’essaie pas trop souvent, heureusement, mais vous vous inquiétez à chaque rencontre que le sujet s’évoquera. Et finalement, un jour, l’ami fait une demande qui n’est pas La Question en soi, mais pour exactement cette raison, c’est vraiment difficile à lui dire non. Peut-être que vous pouvez assister à une démonstration ?

Supposons que je l’ai fait et suis parti absolument bouche bée à cause de la somme. Surtout parce que j’espère toujours partir en France en 2029 — je viens de renouveler mon passeport cette semaine, quelle coïncidence — et ce n’est pas logique de dépenser comme ça pour un truc dont je ne m’en servirai pas pendant plus de 4 ans.

Supposons, finalement, qu’au milieu d’écrire ce billet, j’ai reçu un texto de l’ami pour me demander ce que j’y pensais. Et j’ai dû enfin dire exactement ce que j’essayais d’éviter.

J’espère que je n’aurai pas gâché cette amitié. Ce ne serait pas la première fois.

Sauvons les Kévin ?!?

S’il s’avère que j’ai un lecteur dit Kévin, je ne le savais pas. J’ai écrit assez souvent sur les problèmes d’être nommé Justin en anglais, c’est de votre tour, monsieur.

Hier, j’ai vu un truc d’hallucinant sur C à vous (plus précisément, la suite). Après une longue interview avec Leila Bekhti et Jonathan Cohen, il y avait un reportage sur le film le plus ridicule dont j’ai jamais entendu parler. L’accident de train commence à partir de 37:55 dans le clip au lien.

Kevin Costner aux Césars, Photo par Georges Biard, CC BY-SA 3.0

Mohamed Bouhafsi nous raconte que la veille à Paris, une quatre-vingtaine de Kévin se sont réunis pour regarder un « documentaire » intitulé « Sauvons les Kévin ! », réalisé — naturellement, par un nommé Kévin Fafournoux. Quoi, vous vous attendiez à ce qu’il s’appelle Gaspard ?

On ne peut que se moquer des Kévin, aux deux côtés de l’Atlantique. Du côté français, on trouve les citations de Jours d’humeur sur ce prénom tout à fait lamentable. Des exemples :

Jean-Kevin est un cancre, mais sincèrement, pour une fois, on ne peut pas lui en vouloir de ne pas connaître sa leçon.

La goûteuse d’Hitler

comme Jean-Kevin, le beau gosse de la bande dont toutes les filles sont folles bien que ce soit un imbécile.

Cavalier mécanique

Outre les Sophie, j’ai constaté que les Caroline étaient adorables, les Kevin pas spécialement portés sur les études, les Isidore de plus en plus rares, et les Patrick dotés d’une intelligence très au-dessus de celle des bulots cuits.

Marceau

Vous pouvez voir que quand monsieur a besoin d’un prénom ridicule, un Kevin ou Jean-Kévin fait l’affaire. De ce côté, Stephen R. Donaldson, l’auteur de l’une de mes séries préférées de fantasy a donné le prénom « Kevin » au plus gros con de son univers, un type qui détruit presque complètement son monde fictif avant le début de l’histoire, tout à cause de sa stupidité. Et la raison pour laquelle c’est parlant, c’est que tous les autres prénoms de la série sont plus exotiques que ça. Il y a deux décennies, on lui a demandé d’où viennent ses prénoms, et il a répondu :

After all, Herem, Sheol, Jehannum, moksha, turiya, samadhi, several of the Ramen names, and *Kevin* (for God’s sake!), not to mention Sunder, are all real words from our world.

Gradual Interview

Ça dit, « Après tout, Herem, Sheol… et *Kevin* (bon Dieu !)…sont tous de vrais mots de notre monde. » Ce « bon Dieu » dit tout.

Mais revenons à nos Kévin, plus précisément ceux qui ont assisté au film. Qu’est-ce qu’ils pensent de leur sort malchanceux ? On n’apprend vraiment rien de ça, parce que la seule question posé par M. Bouhafsi, c’était si le prénom a jamais posé des problèmes quant à leurs relations aux femmes. (J’imagine que oui, comme le pauvre M. Groscon, inventeur de la cédille.) C’est à Anne-Élisabeth Lemoine de sauver leur réputation en disant à la fin du reportage, « Mais oui, Kevin Costner, il sauve tous les Kévin ! » On comprend donc que les autres ont besoin d’être sauvés.

Honnêtement, je n’ai vraiment pas beaucoup à offrir sur le sujet, au-delà du fait que la personne la plus énervante que j’ai connue à la fac s’appelait aussi Kevin. Je le trouve juste hilarant, que les gars qui ont ce prénom le trouvent assez gênant qu’ils doivent en faire des excuses. C’est exactement le genre de chose auquel on s’attendrait chez les Kévin !

Le méchant français de James Bond

L’un de ces quatre, je dois vraiment écrire sur l’histoire d’acteurs français dans la série James Bond. En ce moment, je n’ai vraiment pas de temps pour rassembler toutes les ressources, ni le temps pour en écrire plus, mais j’ai lu un article hier sur AlloCiné qui m’a appris un fait divers que même moi, je ne le connaissais pas.

Photo de l'acteur Jean-Pierre Castaldi en 2017
Photo de Jean-Pierre Castaldi en 2017, Photo par ChristopheDelire, CC BY-SA 4.0

J’aurais pu vous dire que le méchant principal du film Moonraker, Hugo Drax, a été joué par l’acteur franco-britannique Michel Lonsdale, et qu’il vivait dans un château français dans le film (importé en Californie, mais laisser tomber). Mais je ne savais pas que le pilote qui attaque Bond dans la scène au début du film (qui n’a rien à voir avec l’intrigue qui suit, comme souvent dans ces films) a été joué par un autre acteur français, Jean-Pierre Castaldi. Monsieur Castaldi a récemment raconté l’histoire sur le plateau des Grosses Têtes, mais je n’écoutais pas ce jour-là :

Alors, la scène. Je n’ai que ce clip en VO, lié dans l’article d’AlloCiné :

M. Castaldi ne dit que deux phrases. D’abord, il pointe un pistolet sur M. Bond et dit « C’est ici où on te quitte, M. Bond ». Puis, après avoir tiré sur les contrôles, il ajoute, « Profite de ton vol » et saute de l’aéroplane.

Je n’aurais jamais reconnu son accent pendant les 5 ou 6 fois où j’ai regardé ce film en grandissant. Même maintenant, je dirais qu’il a un certain son européen, sans être capable d’en tirer plus. Mais c’est le genre de fait divers dont je profite !

Le con que je suis

Je dois avouer qu’hier, j’ai passé tout le temps que j’ai pour écrire en travaillant sur le livre. Il me reste beaucoup à faire, et c’est encore plus important pour moi dans un livre que sur le blog que tout est cité correctement. Peut-être qu’un jour (dans notre vie), je vous raconterai la raison pour laquelle c’est une croisade plus qu’un devoir, mais je suis très limité dans ce que je peux dire. (Disons qu’il n’y a pas de récompense pour être honnête ; bien au contraire.) Je passe beaucoup de temps en vérifiant les adresses web, les citations aux livres, et les citations de faits historiques, etc.

Cependant, il me semble que je vous dois une mise à jour sur quelque chose où j’ai récemment sonné l’alarme. J’ai eu une conversation très inconfortable chez le médecin mardi, et surtout pour des raisons diabétiques. Mais aussi pour une raison si conne, si… si parfaitement Justin, qu’il faut que je la partage.

Caïn venant de tuer son frère Abel, statue dont le visage est couvert par la main droite
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Je mets de côté les affaires diabétiques. Il voulait augmenter mes médicaments, mais j’ai demandé un autre test d’ici 3 mois avant de faire ça. Vous allez voir moins de desserts de mon côté pendant un moment. Hélas.

Alors, la folie de Justin. Avez-vous jamais entendu la blague sur les économistes, qu’ils ont prédit 9 des 5 dernières récessions ? Ou peut-être la plainte très courante chez les médecins (mon ex l’est ; vous ne croiriez jamais ce qu’ils disent à propos des patients), que les patients arrivent toujours avec un tas de feuilles imprimées de sites en ligne, qui contiennent une poignée de diagnostics qu’ils ont fait eux-mêmes ? (Rien que la vérité, je vous dis.)

Je vous ai parlé de l’anémie en janvier, après un problème chez la Croix-Rouge. Puis j’ai mentionné que les chiffres de la semaine dernière suggéraient que c’est devenu une crise grave. C’était vrai, pour autant que j’aie su. Mais moi aussi, je suis diplômé de la fac de médecine de l’Université de Google.

Alors, je l’ai évoquée avant que le docteur ne puisse le faire. Et il m’a dit, « Ouais, les chiffres sont horribles. Mais il m’est bien évident que tu as récemment donné du sang, ai-je raison ? »

Oui, il avait raison. Je ne le mentionne jamais ici, mais en plus de donner des plaquettes une fois par an, je donne du sang entier 3-4 fois par an. Mais il ne m’est jamais arrivé dans l’esprit que ce serait un problème près d’une prise de sang, parce que les deux n’ont jamais eu lieu à moins d’un mois, l’un de l’autre.

Il s’est avéré qu’il y avait un autre test que je ne reconnaissais pas, qui montrait que les globules rouges étaient tout à fait normaux — c’était juste qu’il y en avait beaucoup moins que d’habitude. Entre ça et le manque d’autres raisons pour paniquer, il était évident pour lui que j’avais probablement donné du sang entier.

Inutile à ajouter que j’ai appris ma leçon. Il faut mettre au moins un mois entre les dons et les prises (pas l’inverse). Je sauterai mon prochain don, car ce serait trop proche de la prochaine prise. Peut-être que je donnerai du sang pour le prochain Jour de la Catastrophe, afin de me sentir utile ce jour-là. Mais en tout cas, pas avant !

L’arme secrète

Vous entendez parler souvent des progrès de La Fille en français. Mais en grande partie, ça arrive simplement parce qu’elle est plus curieuse que ses copains de classe. Hier soir, pour la Journée de Mario —

Attendez, vous ne saviez pas que c’était la Journée de Mario ? C’est à cause de votre système bizarre d’écrire les dates, avec le jour en premier. Quand on l’écrit à l’américaine, c’est Mar10. Mario. Si les publicitaires japonais peuvent comprendre ça, vous aussi.

Capture d'écran d'une publicité Nintendo qui dit "Happy Mar10 Day" -- Bonne Journée de Mario.
©️Nintendo

De toute façon, La Fille m’a approché pour demander, « Ça te dit de jouer à quelque chose sur la Switch, mais en français ? » Alors, nous avons examiné notre collection de jeux pour trouver quelque chose qui serait au bon niveau.

Nous avons rapidement décidé d’éviter les jeux de Zelda. Il y a beaucoup de texte dans ces jeux-là, mais la plupart est des noms fictifs, qui ne servirait à rien. Ne me croyez pas sur parole ; voici les premières étapes de Tears of the Kingdom :

5 premières lignes du guide de solution
Capture d’écran du site Palais Zelda

En revanche, un jeu de combat tel que Super Smash Bros n’aurait pas assez de texte. Heureusement, nous avons aussi Pikmin 4 dans notre collection :

Capture d'écran de l'écran titre, qui dit « Alles sauver des naufragés avec l'aide des Pikmin, dans une grande aventure sur une planète inconnue ! »
Capture d’écran du titre

C’est un jeu qui a lieu sur une planète dite « PNF-404 », « Planet Not Found » ou Planète non trouvée, d’après l‘erreur 404 pour les navigateurs. Mais c’est en fait une version de la Terre, juste sans les êtres humains.

Il y a exactement la bonne quantité de texte sur l’écran à tout moment. Voici des exemples :

Capture d'écran où le capitaine Olinar raconte « Sans leur aide, je n'aurais jamais réussi à récupérer les pièces de mon vaisseau. »
©️Nintendo
Le capitaine Olinar dit « Il me semble qu'il devrait y avoir des Pikmin quelque part par ici. »
©️Nintendo

Vous remarquerez que même avec seulement une phrase par écran, il y a des conjugaisons bien au-delà de la première année de presque n’importe qui pas nommé « Justin de 2020 ». On voit des exemples du conditionnel passé et du conditionnel présent. Pensez-vous que les élèves de sa classe ont tenté n’importe quelle version du conditionnel ? Ben non, mais — et c’est ici la partie importante — elle a déjà maîtrisé ce jeu en anglais. Elle sait déjà ce qui disent ces écrans. Et avec moi à son côté pour la corriger, elle peut se concentrer sur comprendre exactement les choses qu’elle ne savait pas déjà.

Il y a parfois des murs géants de texte, dans ce qui s’appelle le « journal de bord ». Mais ce sont juste des sommaires du jeu au moment où le joueur se trouve, et il n’y a jamais de pression à les lire rapidement. Voici un exemple :

Capture d'écran d'une partie du journal de bord, intitulée « Drôle de comportement ».
©️Nintendo

Pensez-vous que sa classe lui a appris l’expression « drôle de (quelque chose) » ? Bien sûr que non — mais encore une fois, avec moi là pour tout expliquer, elle apprend vite.

Dernière chose — ça fait longtemps que je la surnomme « La Fille » ici, alors peut-être que vous ne le saviez pas, où l’aviez oublié, mais ce surnom était en fait son choix. Et elle l’a adopté pour le jeu. Voici la preuve :

Capture d'écran où un personnage non-joueur s'adresse à la joueuse en disant « Tu es notre toute nouvelle recrue, non ? La Fille, c'est bien ça ? »
©️Nintendo

C’est une façon d’entraînement disponible à tous les élèves, mais personne ne profite de cette opportunité sauf nous. On dirait que c’est notre arme secrète.

La crise arrive

Dimanche, je vous ai dit :

Mercredi, j’aurai ma prochaine prise de sang pour la diabète. Je crois — crois — que ça ira mieux que la dernière. On a parlé l’année dernière du nouveau moniteur. Si ça me parle vraiment, je devrais avoir une HbA1c d’environ 6,1 selon les formules. Ce serait une amélioration de 10 % par rapport à la dernière fois. Si ça arrive, sachez que j’aurai payé cher pour un si bon résultat, pas avec de l’argent, mais en mangeant trois fois rien (pourtant, je ne maigris pas du tout). Si ça n’arrive pas, je serai au bout du rouleau. Dès que j’ai les résultats, je posterai quelque chose hors l’horaire habituel, car franchement, je suis stressé.

Je plaisante souvent, je taquine sur tout genre de chose, mais je n’ai jamais eu autant tort dans ma vie que ce paragraphe. Les résultats sont un cauchemar, une catastrophe absolue.

J’avais changé de moniteur de glycémie pour quelque chose qui était censé être le plus juste disponible, +/-10 % au lieu des 15 % de mon ancien. Et ça me disait que le taux moyen de glycémie avait baissé de 155 mg/dL jusqu’à 141. Il y a deux formules pour estimer la HbA1c pour ça. Selon la plus vieille, j’aurais dû avoir une HbA1c de 6,1 ; selon la nouvelle, 6,5. J’utilise la vieille car la nouvelle s’attend à beaucoup plus de mesures que je fais. Historiquement, c’est plus proche de mes résultats réels. Mais même dans le pire cas, je ne m’attendais pas du tout à un résultat de 7,0. C’est possible seulement si TOUTES les mesures étaient trop basses. J’ai dû mal à croire que ce soit possible,

Pour aller avec ça, il y a des résultats jamais vus avant qui suggèrent que l’anémie est devenu un gros problème. BEAUCOUP pire qu’en janvier.

Rien ne va en ce moment.

La ca-tarte-strophe

Si ce blog a un défaut ([UN ? Que vous soyez généreux envers vous-même ! — M. Descarottes]), c’est certainement l’ambition à go-go. Je ne suis pas assez ambitieux pour tenter le gâteau de mariage à la fin de mon premier livre de Pierre Hermé, mais au-delà ça, j’essaie tout genre de dessert, que je comprenne les techniques ou pas (Saint-Honoré, millefeuille). Ça nous amène à la tarte 100 % catastrophique de ce week-end.

D’abord, permettez-moi de vous présenter pour la deuxième fois Aurore. On a déjà parlé d’elle dans Les bons comptes à suivre ailleurs. Il y a dix jours, j’ai vu cette tartelette à la noisette sur son compte Instagram. Pas pour la première fois, c’était le coup de foudre — J’AVAIS BESOIN DE CETTE TARTE.

Vu que je ne peux pas ajouter du texte alternatif aux photos venant d’Instagram, permettez-moi la décrire : pâte au cacao, cœur coulant de praliné noisette, ganache à la noisette et mousse à la noisette. Il n’y a aucun fruit de coque que j’aime plus que les noisettes.

J’ai laissé un commentaire pour dire que je pensais à faire cette tarte pour la soirée de l’OCA samedi dernier. Aurore et moi ont échangé des messages privés pour discuter certains détails, mais je faisais confiance que que je saurais quoi faire.

Pour la base, j’ai utilisé ma pâte sucrée habituelle de Pierre Hermé, mais après avoir consulté deux recettes de pâte au cacao (voilà et voilà ), j’y ai ajouté 40 grammes de poudre de cacao. Je dois vous dire, plus on ajoute de cette poudre, plus la pâte devient friable et difficile à travailler. Il m’a fallu 4 essais d’étaler la pâte et la mettre dans mon moule à tarte, et même là, j’ai dû réparer des dégâts. Voilà :

La prochaine fois — il y en aura — j’utiliserai seulement 25 grammes. Et j’utiliserai probablement un cercle de pâtisserie plutôt qu’un moule, car ce truc, c’était le cauchemar. Mais on est loin des pires problèmes. Après tout, une fois rempli, vous ne remarqueriez pas les problèmes ici.

Ça nous amène au praliné. Cette tarte allait me coûter un bras, avec 3 barres de chocolat blanc ainsi que les noisettes, alors j’ai suivi la recette de la blogueuse Il était une fois la pâtisserie, qui est à moitié aux amandes. Madame a publié plusieurs livres, mais après ce désastre, je ne lui fais pas trop confiance. Vous remarquerez que le lien ici est pour une ganache montée, et que le praliné n’est que la première étape.

Le praliné maison, c’est aussi le cauchemar. J’ai tué mon mixeur en le faisant — pas assez puissant, mais la fumée et l’odeur, je ne les oublierai jamais — et ai dû emprunter celui de ma mère (qui habite trop proche, mais laissez tomber). J’ai réussi à produire environ 275 grammes de ce fichu praliné, assez pour le cœur et les deux ganaches. Voilà :

J’ai utilisé 100 grammes de praliné pour le cœur tel quel. Ça a assez bien marché. La prochaine fois, j’ajouterai un caramel pour le rendre plus coulant. Car cette recette n’est ni assez chère ni compliquée.

Dans la photo sur Instagram, la « ganache à la noisette » paraît être une couche plutôt fine et blanche. J’ai décidé de faire la ganache grosso modo comme celle de mes macarons au chocolat, sauf avec du chocolat blanc, et 100 grammes de plus du praliné. Ici, c’est soit la pire soit deuxième pire erreur de l’affaire, je ne peux pas décider. La ganache n’a jamais prise. Voici une photo de la ganache dans la tarte ; j’espérais qu’avec plus de temps au frigo, elle durcirait plus. Ouais, non.

Tarte remplie de ganache trop liquide

Finalement, il y a la plus grande catastrophe, la ganache montée. Les instructions de la blogueuse en haut ne mentionnent pas que le bol du robot devrait être froid, mais j’accepte que c’est ma faute quand même pour ne pas avoir pensé « Il y a de la crème liquide ; il faut mettre le bol dans le congélateur ». Mais même sans ça, après 8 minutes de fouetter à puissance moyenne, exactement comme elle avait dit, le volume n’avait pas du tout poussé. Puis tout à coup, la ganache est partie en granulés, ce qu’elle dit arrive seulement si on fouette trop longtemps ou à puissance trop élevée. Il ne me restait pas assez de temps pour tout prendre en photo, mais voici une part de la tarte. Vous pouvez voir le niveau hyper amateur — la ganache montée n’a pas l’air bon du tout :

Part de tarte avec la ganache montée à moitié fondue

Au moins la croûte a tenu face à la ganache trop liquide :

Vue de la part de tarte d'arrière -- la croûte a retenu sa solidité

Normalement, face à un tel échec, j’aurais apporté tout autre chose à l’évènement. Mais j’étais déjà en retard, ayant patienté au tout dernier moment dans l’espoir que la première ganache aurait plus durci. Personne, et je veux dire personne ne voulait pas la goûter, et je ne les blâme même pas un peu. J’ai toujours trop honte de raconter à Aurore ce qui s’est passé.

Je n’étais pas trop content de la ganache montée de l’entremet Princesse Peach non plus. Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas avec ces recettes, mais j’ai du mal à reconnaître où se trouve le problème.

Apéro en bateau

Vous n’alliez jamais devenir où j’étais hier soir, alors je vous ai laissé un gros indice dans le gros-titre.

Oui, l’Orange County Accueil vient de lancer un événement pas comme les autres. Depuis des années, il y a un événement mensuel dit « Soirée nanas ». En janvier, on a lancé un pareil événement dit « Soirée mecs ». Je n’ai pas pu assister au premier événement parce que La Fille était à la maison, et vu que c’était jeudi, je devais être responsable et ne pas la renvoyer chez les grands-parents. (Le saviez-vous ? Je n’ai jamais embauché une baby-sitter. Même pas une fois.)

La Soirée nanas a lieu à chaque fois dans tel ou tel resto — il y a une vingtaine de personnes à chaque fois, vu les photos que l’on m’avait envoyées pour le diaporama. C’est probablement difficile à arranger autre chose pour tant de personnes. Mais la Soirée mecs n’a qu’une dizaine pour l’instant, alors on a fait quelque chose de plus aventureux. On a loué un bateau pour naviguer autour de la baie de Huntington Beach et partager un apéro en même temps.

C’est ici où je vous dis quelque chose qui semblera choquant, mais ne l’est vraiment pas quand on y réfléchit un peu. Je n’ai jamais assisté à un apéro de ma vie. Étonnant, non ? Mais si on considère que je n’avais jamais entendu le mot jusqu’en 2020, et nous étions tous un peu occupés cette année-là, ça fait vraiment seulement 4 ans de vie sociale inexistante, pas les 4 décennies attendues.

N’ayant pas la moindre idée de ce que l’on apporte à un apéro, et surtout quand on n’aura pas d’assiettes, j’ai décidé de faire quelque chose de facile à apporter n’importe où — les dizé milé de notre visite en Guyane. Les voilà, juste avant d’être mis dans un sac en plastique :

Une assiette de 12 dizé milé, des beignets fourrés de crème pâtissière au rhum, dont la pâte est parfumé de citron vert, muscade, amande amère et cannelle.

À mon avis, je n’ai pas assez apporté. D’autres gens ont apporté une boisson ainsi que quelque chose à manger. Mais personne ne m’en voulait.

On ne se connaissait pas tous, alors pendant la croisière, on s’est présentés, un par un. Je me sentais un peu mal à l’aise dès que l’on m’a dit « Mais tu ne parles vraiment pas français, c’est ça ? » L’accent me trahit encore une fois.

Je ne peux pas vous montrer des photos de la baie, parce qu’il faisait nuit, et c’était impossible d’en prendre de bonnes. Mais sachez que les maisons autour de la baie coûtaient entre 2 et 8 millions de dollars chacun. Il y a une raison pour laquelle j’ai surnommé Huntington Beach « Port-Feuille ».

Mais je dois partager avec vous un moment hilarant de la fin. L’organisateur m’a dit « Si tu as aimé cette soirée, il y a un bulletin que tu devrais lire pour prendre les nouvelles des événements à venir ! » Je lui ai répondu en riant, « Je sais, c’est moi l’écrivain ! » Il a dû y penser pendant un moment, puis m’a enfin dit, « J’aurais dû le savoir ! Tu ne ressembles pas trop à ta photo habillé comme ça ! (Je portais une chemise Polo au lieu d’un t-shirt.)

Est-ce que je reviendrai ? Oui, mais la prochaine fois, il me faudra être moins radin !

Qu’est-ce qui s’est passé chez NRJ ?

Alors, il me semble qu’il faudra couper certaines expériences du livre du blog. Je suis plus qu’un peu gêné que je n’avais aucune idée de notre sujet du jour jusqu’à cette semaine.

Avant le début du blog, quand je comptais sur mes groupes de Facebook pour toutes mes infos, j’ai appris que Nicola Sirkis allait apparaître sur Manu dans le 6/10, à l’époque inconnu à moi. Si vous pensez que c’est bizarre que j’écoute Les Grosses Têtes le matin, une émission qui commence à 6h en France, c’est 21h chez moi. De toute façon, c’était grâce à cette interview que j’ai découvert Manu et NRJ.

Capture d'écran d'un post dans un groupe de fans d'Indochine où j'ai posé plusieurs questions sur l'interview de Nico par Manu.

Apres ça, j’ai commencé à écouter Manu tous les soirs vers minuit, et j’ai même posté une fantasme de faire un appel téléphonique à son émission :

Capture d'écran de Facebook où j'ai dit « Je me demande si Manu voudrait un appel des É-U !
»

J’avais trop peur de ne rien comprendre, alors j’ai laissé tomber cette idée. C’était dingue, penser à appeler une telle émission 5 mois après ma toute première leçon, n’est-ce pas ?

Peu après, j’ai découvert Cauet, car j’écoutais NRJ tous les jours. Et je ne vais pas mentir, je l’ai trouvé extrêmement drôle. Mais après avoir passé toute l’année 2021 avec NRJ, je n’en pouvais plus, car les deux émissions jouaient beaucoup de musique en anglais. J’ai donc demandé à des amis :

Post sur Facebook qui dit « Regardez ce que j'écoute sur le radio en ce moment. Mais il est interrompu par de la musique. Avez-vous des recommandations pour une chaîne sans musique ? Je veux écouter juste à des gens qui parlent. (Évidemment, elle doit être disponible sur Internet.) »

Des heures plus tard, je vous ai dit que j’étais tombé amoureux des Grosses Têtes, et ça reste le cas jusqu’à maintenant. J’ai toujours l’appli, mais j’ai laissé tomber NRJ « comme une patate chaude », comme on dirait en anglais. (Je suis sûr que vous avez l’idée, mais une expression plus idiomatique serait la bienvenue.) Je ne vais pas dire que ça fait 3 ans depuis la dernière fois où je l’ai écouté, car honnêtement, je ne m’en souviens pas du tout. Mais il y a des jours, il m’est venu dans l’esprit que ça fait très longtemps depuis la dernière fois où j’avais entendu parler de Cauet.

Puis-je dire « Que diable ? » Mis en examen en 2023 pour des viols contre une mineure entre 2014 et 2022 ? Pas surprenant qu’il n’est plus à la radio, mais comment est-il arrivé que le procès n’a pas déjà eu lieu ? On attend à quoi exactement ?

Je me suis donc dit, « Bon débarras, Cauet, mais sûrement tout va bien chez Manu ? » Euh, non. Toute l’équipe dont je me souviens est partie, et ils ont gagné des jugements contre lui pour du harcèlement moral. Je suis franchement étonné qu’il soit toujours à la radio, au moins sur la même chaîne. (J’ai lu sur Wikipédia que lui seul, il est responsable de la moitié des revenus publicitaires de NRJ. Or, il y a des limites, non ?)

Évidemment, le gérants ne savent pas ce qui font leur employés quand ils ne sont pas au travail. Difficile de dire que NRJ est responsable des plaintes portées contre Cauet. En même temps, quand il y avait autant de salopards que ça dans le même bureau, c’est aussi difficile de croire que c’était tout secret.

Je galère toujours avec certaines parties du livre. Mais cette partie n’est pas difficile. Je ne vais rien dire de bon sur deux tels types ! Ni sur NRJ non plus. Cependant, je secoue toujours la tête. Personne n’a rien vu, ne savait rien ? J’ai un autre anglicisme pour vous : Ouais, non. (On dit « Yeah, no. »)

Meurtres aux Grosses Têtes

C’était tout un mystère le matin avant-hier. D’habitude, je vérifie les commentaires et les statistiques dès que je me réveille, afin de savoir s’il me faut répondre à quelque chose, et si le billet du jour a été bien accueilli. Mais quelque chose de curieux est arrivé. Il y avait quelques douzaines de vues d’un vieux numéro de Langue de Molière, beaucoup plus que l’actuel. Et ça continuait à monter ! Il me fallait faire l’enquête.

Une volée de corbeaux, dite un «meurtre »
Meurtre de corbeaux, Photo par Mat Fascione, CC BY-SA 2.0

Alors, hier j’ai posté une question sur Facebook pour mes amis, avec une capture d’écran — « Y a-t-il une raison pour laquelle des centaines de Français recherchent l’expression « un meurtre de corbeaux » tout à coup ? » :

Capture d'écran des termes recherchés sur Google -- 4 versions différentes de la phrase "un meurtre de corbeaux"
Capture d’écran de Google Search Console

Un ami m’a répondu que c’était probablement lié au dernier épisode des Grosses Têtes. N’oubliez pas, j’ai 9 heures de retard sur la grande majorité d’entre vous (bonjour le lecteur ? lectrice ? en Irlande, qui a 8 heures d’avance sur moi — soyez le bienvenu à vous présenter dans les commentaires). Alors, je pense aux Grosses Têtes comme une émission matinale, car ça se diffuse de 6h30 à 9h chez moi, mais c’est en fait nocturne. On parle donc de l’épisode des Grosses Têtes diffusé le 19 février 2025.

En version intégrale, sans les pubs que j’aime tant — sincèrement ! (« Carrefour : on a tous droit au meilleur », « Intermarché : tous unis contre la vie chère ») — l’émission prend toujours environ 1h40. Je savais que je pouvais sauter les 3 premières minutes sans souci, mais après ça, il me fallait écouter soigneusement.

Heureusement, il y avait des récompenses. L’une des citations du début — vers 4:35 — c’était :

Qui a dit que « L’écriture ressemble à la prostitution — d’abord on écrit pour l’amour de la chose, puis pour quelques amis, et à la fin pour de l’argent ?

La réponse était Molière. Je remarque qu’il avait raison — j’ai commencé dans l’espoir d’amuser exactement une personne, maintenant j’ai vous tous, et j’espère publier un livre et gagner de l’argent de l’affaire.

À 1:08:42, on arrive enfin à la question. C’est simplement « Qu’est-ce que c’est qu’un meurtre de corbeaux ? » Quand personne ne l’a tout de suite, Laurent Ruquier ajoute que c’est comme « un parlement ou un charme ou une lamentation ». Oh, super, M. Ruquier, arrachez justement les 300 € à l’auditeur qui a posé la question, hein ? Mais ça nous amène à l’article ici, où je me suis lancé dans un discours sur les mauvaises traductions des titres de George R.R. Martin, à partir de meurtre de corbeaux. Là, j’avais aussi parlé d’un parlement de chouettes. Mais je ne connaissais pas le « charme » de pinsons.

J’aurais complètement raté ça si c’était une dictée. Je suis nul en ce qui concerne les espèces d’oiseaux même en anglais, alors je suis complètement sans espoir en français. Avec le mot « charme », j’ai cherché « charm » en anglais, et beaucoup de liens m’ont dit que c’était un group de « finches ». Mais c’est quoi un « finch » en français ? Le dictionnaire Oxford m’a donné « fringillidé », la famille de ces oiseaux, et pour les « goldfinches », « chardonneret ». Ni l’un ni l’autre somme même pas un peu comme mon meilleur, euh… guess pour ce qu’il disait, « passon ». Il n’y a pas de « passon » en français. Heureusement, juste avant publication, j’ai essayé Wiktionnaire pour l’anglais du français, et ça m’a donné « pinson ». Voilà. (Il y avait un célèbre joueur de baseball, Vada Pinson. Je ne savais pas que son nom de famille était français.)

Je note que quand j’ai recherché l’expression sur Google, j’étais le premier résultat (et j’utilise Google.fr pour ça). Mais Google me dit aussi qu’en moyenne, j’apparais entre la 3e et la 4e place :

Je regrette de vous dire qu’absolument personne ne s’est pas abonné en résultat de ça. Les contenus étaient prêts pour le moment où Laurent Ruquier a dirigé le pays entier vers chez moi, mais puisque je suis sûr que tout le monde utilisait des navigateurs portables, personne n’a vu le formulaire d’inscription. Je suis déçu.

Mais une dernière pépite pour vous amuser ? Juste avant ça, selon Google l’accueil était la page la deuxième plus populaire après l’article sur The Salingers. Et c’était quoi la requête qui amenait tout le monde à ma porte ? « Je suis prostituée par choix ». Je ne plaisante même pas.

Capture d'écran d'un rapport de Google avec « requêtes les plus fréquentes » par page. Pour l'accueil, ce sont « Duolingo offre » et « je suis prostituée par choix ».

Dites-donc, je n’aurais jamais écrit ça. C’est prostitué — attention au genre !