Ma loi préférée !

Dans le groupe Facebook privé « La Bande de Véro », on a partagé un article — en anglais, mais d’un site .fr — qui parle de la loi Toubon et du « droit au français ». J’avais déjà remarqué (sans le mentionner ici) qu’il y a souvent des publicités dans le métro ou l’aéroport à Paris avec des anglicismes suivies par des astérisques, avec des traductions en français en bas. Il me semble que ça arrive moins souvent avec les publicités numériques — je ne le vois que rarement dans les courriels du Temps des Cerises ou le site de la FNAC. Mais ce qui compte ici, c’est que c’est une loi, et cette loi est la raison pour laquelle on doit traduire les anglicismes dans les publicités.

L’afficheur, de la collection du Library of Congress, par un auteur inconnu, Domaine public

Mais ce droit au français, de quoi consiste-t-il ? Pourrait-on — je ne sais pas d’où vient cet exemple — appeler les gendarmes si un serveur refuse de lui parler en français ? Bon, je dois m’arrêter ici-même pour être clair — même si une telle loi existait, je ne ferais jamais quelque chose d’aussi saligaud ! Mais non, la loi Toubon n’a rien à dire sur ce sujet. (L’article de TheLocal.fr dit ça, mais j’ai vérifié le texte quand même. Disons que je ne le ferais jamais, mais les serveurs ne me connaissent pas !) En fait bien que ce soit le début de la loi :

Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.

Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics.

Article 1

la suite ne parle pas du tout des échanges. La connection la plus proche que j’ai avec cette loi, c’est l’article 2, qui garantit que les modes d’emploi, les conditions de garantie (merci Focal !) et les factures (merci la FNAC !) doivent être disponibles en français. C’est l’article 3 qui vous garantit le droit aux astérisques dans les transports communs.

L’article 6 est plutôt drôle pour moi, même si je suis sûr que ça parle vraiment des réunions professionnelles :

Tout participant à une manifestation, un colloque ou un congrès organisé en France par des personnes physiques ou morales de nationalité française a le droit de s’exprimer en français.

Article 6

C’est la mention des manifestations. J’imagine un ministre avec un porte-voix — M. Darmanin ou Mme Bachelot — criant « Faites votre émeute, mais faites-la en français ! ». Avouez-le, vous ne pouvez trouver ce genre de contenu nulle part ailleurs !

Je ne vais pas lire toute la loi ici. Mais j’ai récemment vu un article de l’AFP — en anglais — qui touche sur ce sujet. Il s’agit d’une liste de vocabulaire pour les jeux vidéo publiée par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel. J’ai été choqué par la description en anglais, qui dit :

France regularly issues dire warnings of the debasement of its language from across the Channel, or more recently the Atlantic.

AFP

Ça dit en français (ma traduction) : « La France lance régulièrement des avertissements effrayants sur l’avilissement de sa langue d’outre-Manche, ou plus récemment d’outre-Atlantique. »

J’ai donc trouvé la version originale en français. Il y a des parties qui sont des traductions exactes, mais cette phrase n’apparaît pas du tout. On pourrait deviner que c’était écrit par quelqu’un qui n’était pas d’accord avec la loi. Ça me dérange. Que vous soyez d’accord ou pas, on ne devrait pas partager de tels avis sous le nom d’actualité. Le pays a clairement le droit d’établir des règles concernant sa propre langue.

Mais pourquoi me soucie-je d’une telle loi ? Pas pour la première fois, je vous dirai que l’on y reviendra le 14 juillet.

Pourquoi Louis de Funès ?

C’est le 25 juin, le deuxième anniversaire du jour où j’ai regardé mon tout premier film français, Les aventures de Rabbi Jacob. À cause d’avoir regardé presque tous les films de Louis de Funès les plus importants avant de lancer ce blog, je n’ai jamais écrit sur certains moments inoubliables pour moi. Des moments qui expliquent pourquoi je suis si amoureux de Louis de Funès. On a regardé les mêmes films, mais mes expériences sont très différentes que les vôtres.

Et si je vous disais que mon premier voyage en France était à la recherche de Rabbi Jacob ? Ce n’est rien que la vérité — j’ai dîné aux Deux Magots, j’ai visité la Rue des Rosiers, et j’ai passé par Les Invalides. Tout pour suivre le chemin de Pivert et de Slimane. Je n’avais jamais autant ri que la première fois où j’ai regardé ce film, même si j’étais tout seul pendant le confinement.

Quand j’ai fait mon dîner girondin, c’était carrément sous l’influence de L’Aile ou la cuisse. Mais il y a une réplique au milieu de la scène culte avec « Mister Young » qui me parle d’une façon différente qu’à vous. Je connais cette scène par cœur, et pas seulement l’extrait ici :

Serveur : J’écoute.

Mister Young : Salad of tomatoes, and a entrecôte bordelaise. (Il aurait dû dire « an, » pas « a ».)

Serveur : Avec du Coca-Cola ?

Mister Young : Hohoho, no. With Beaujolais Nouveau !

La première fois où j’ai vu ça, j’ai dû rembobiner le film une dizaine de fois, car je ne pouvais pas le croire. Avec juste 3 mots, il a complètement expliqué exactement ce que nous croyons que vous pensez de nous. Quand j’ai vu cette scène, je l’ai vue comme une critique des attitudes françaises — et il m’a étonné que vous puissiez tant estimer un tel film. C’est un crédit énorme chez vous.

Puis il y avait Le Gendarme à New York. À mon avis ce film serait parfait si c’était environ quinze minutes plus court — la chasse à la fin dure beaucoup trop longue. Mais ici, on parle de la leçon d’anglais à bord du paquebot :

Je connais un peu les manuels d’anglais de ma génération — « Brian is in the kitchen. » (Gad Elmaleh a un sketch très drôle sur ce sujet.) Je n’imiterais jamais le « the » qui dit Jean Lefebvre ici, car je n’ai aucune intention de me moquer de vous. Mais encore une fois, cette scène capture exactement comment nous vous entendons.

Je vais avouer quelque chose. Autant que je peux vous écouter tous toute la journée — lisant l’annuaire téléphonique à haute voix, comme je le dis parfois — je n’aime pas l’accent français en anglais. Ce qui m’a étonné, c’est de découvrir que vous le saviez déjà et que vous vous moquiez de vous-mêmes à cause de ça. Bien sûr, si vous avez des commentaires sur mon accent, dites-les-moi — vous êtes les bienvenus. Soyez honnêtes. (J’ai hâte d’ajouter que tout ça n’a rien à voir non plus avec mon dîner au Procope.)

Revenons au Gendarme. En plus de la leçon d’anglais, le film parle honnêtement de ce que vous pensez de notre cuisine (je pense aux scènes de la glace et du steak). Et n’oubliez pas que ce blog est nommé pour une scène de la suite, Le gendarme se marie, quand le coup de foudre est aussi littéral que figuratif — une autre scène que je connais par cœur. Je ferai le dialogue entre Cruchot et Gerber pour le balado.

J’ai raconté cette histoire avant, mais La Soupe Aux Choux mérite une place d’honneur. J’ai fait de la soupe pour regarder le film, et mon amie F. m’a demandé quel vin j’avais choisi. Je n’y avais jamais pensé ! Encore une fois, une expérience avec de Funès a changé ma vie — c’est à cause de ce moment que je cherche toujours des vins locaux pour mes dîners.

Parlons finalement sur La Grande Vadrouille. C’était mon sixième film français. Comment puis-je me souvenir de ça ? Il y avait seulement 5 films avec de Funès sur iTunes aux États-Unis à l’époque, alors pour continuer j’ai dû faire ma toute première commande chez FNAC. Et le premier film que j’ai regardé de ce colis était La Grande Vadrouille.

Je dis souvent qu’à mon avis, c’est le troisième meilleur film de tous les temps, derrière Le 3e homme et Citizen Kane. Je le crois vraiment. Mais quand vous le regardez, c’est un film plein des grimaces et bruits pour lesquels de Funès est justement célèbre, et aussi un film qui parle honnêtement des difficultés de la vie sous les voisins au nord. Pour ma part…essayez de vous souvenir des relations entre la France et tous les deux les États-Unis et le Royaume-Uni en 2020. C’était pas le meilleur moment. Souvenez-vous que je viens du pays des « freedom fries » — et qu’en ce moment-là en 2003, je l’ai trouvé drôle.

Ce que j’ai trouvé, parmi « Tea for Two, » « J’étais Big Mustache, » et une intrigue qui se déroulait entièrement autour de sauver quelques anglophones… Je savais déjà qu’il y avait pas mal de français qui m’accueillaient chaleureusement car je faisais des efforts et ils étaient curieux. Mais ce soir-là, sachant que celui-ci était le film préféré des Français jusqu’à la sortie de Bienvenue chez les ch’tis, j’ai découvert que je m’étais gravement trompé sur vous, que l’attitude des Français vers les anglophones est en fait tendre où il compte vraiment. C’est La Grande Vadrouille qui m’a appris que ce serait bien de vous aimer.

Mon dîner lotois

Il y a des fois où un département est riche en produits locaux, mais n’a pas trop de recettes vraiment locales. C’est le cas dans le Lot, qui a plein de produits AOP/AOC/IGP, mais a aussi un site de tourisme que vous conseille de les cuire soit à l’italienne soit à la réunionnaise. Il y aura un « Je découvre La Réunion », mais cette fois ne l’est pas ! J’ai enfin trouvé une recette d’agneau d’un chef lotois, et avec un changement que vous rendra jaloux, c’est l’un de meilleurs plats du blog ! Voilà l’agneau et croûte de noix et la cajasse quercynoise.

Notre plat principal vient d’un article de La Dépêche avec de nombreuses recettes pour le Réveillon de la ville de Cahors. La recette est au chef Hervé Bourg du resto Le Marché. Mes changements sont : la moitié de l’huile d’olive de sa version originale, 5 minutes plus de temps de cuisson, ET de la moutarde Dijon de Fallot. Je sais, vous n’avez pas de moutarde en ce moment. Franchement, c’est la moutarde qui réussit cette recette, pas moi. Consolez-vous avec la connaissance que vous avez eu cette moutarde toute votre vie, et moi, je ne la connaissais pas du tout jusqu’à l’année dernière.

En accompagnement, j’ai fait le panais écrasé de mon dîner charentais-maritime. J’ai ajouté des noix concassées car les noix du Périgord sont une spécialité départementale, mais j’en ai ajouté trop. J’aurais utilisé moins de liquide car mon panais était petit — j’ai changé les quantités pour vous dire ce que j’aurais dû faire. Cette recette est presque inratable avec les bonnes quantités.

Les ingrédients de l’agneau et croûte de noix (assez de croûte pour deux personnes) :

  • 25 grammes de chapelure
  • 75 grammes de noix hachée
  • 1 botte de persil
  • 1 gousse d’ail hachée
  • 1 dl d’huile d’olive
  • De la moutarde Dijon
  • 3 carrés d’agneau la personne

Les ingrédients du panais écrasé :

  • 1 panais
  • 6 cl de lait
  • 1,5 cl de crème liquide
  • 1 œuf
  • Des noix concassées

Les instructions pour le panais écrasé :

  1. Mettre les noix dans un sac en plastique. Les écraser avec un rouleau.
  1. Laver puis éplucher le panais.
  1. Le couper en gros morceaux et le faire cuire dans le lait. Porter le lait à ébullition puis réduire à feu moyen. Vous aurez besoin d’environ 10 minutes après avoir atteint l’ébullition.
  1. Assaisonner avec le sel, le poivre, et la muscade.
  1. Une fois cuit, écraser le panais grossièrement. Tamiser s’il y a trop de liquide. Ajouter ensuite la crème.
  1. Réduire légèrement et hors de feu, ajouter l’œuf et les noix concassées.
  1. Réserver au chaud.

Les instructions pour l’agneau et croûte de noix :

  1. Sortir la viande du frigo et laisser atteindre température ambiante.
  2. Quand la viande est plus ou moins à la bonne température, préchauffer le four à 230°C.
  3. Mettre les noix dans un sac en plastique. Les écraser avec un rouleau. Y ajouter la chapelure.
  1. Hacher l’ail et le persil. Les mettre dans le sac.
  1. Ajouter l’huile d’olive au sac. Plier pour mélanger la croûte.
  1. Saler et poivrer les carrés d’agneau et les cuire 10 minutes au four.
  1. Sortir l’agneau du four. Étaler de la moutarde au-dessus, puis ajouter dessus la croûte
  1. Repasser au four 10 minutes.

Mettre tout sur une assiette et servir.

Est-ce que la viande est cuite parfaitement ? Moi, je dirais oui !

Je dois la recette de la cajasse quercynoise à Quelques Grammes de Gourmandise, de laquelle j’ai aussi reçu les madeleines de Lenôtre. Elle a utilisé 500 grammes de framboises ; j’ai trouvé que mon plat était bien rempli après 300 grammes (et j’avais acheté une boîte de 340). J’ai aussi utilisé de Cointreau au lieu de rhum. Finalement, j’avais besoin de plus de temps pour la cuisson. Sinon, la recette est la même.

Les ingrédients de la cajasse quercynoise :

  • 3 œufs
  • 110 grammes de sucre
  • 20 grammes de sucre vanillé
  • 250 ml de lait
  • 90 grammes de farine
  • 1 cuillère à soupe de Cointreau
  • 300 grammes de framboises
  • 1 cuillère à soupe de sucre cassonade

Les instructions pour la cajasse quercynoise :

  1. Préchauffer le four à 200°C.
  2. Dans un saladier, blanchir les œufs avec les sucres.
  1. Ajouter le lait, puis la farine, et bien mélanger le tout jusqu’à ce que la préparation soit bien homogène.
  1. Ajouter ensuite le Cointreau, et mélanger à nouveau.
  1. Verser la préparation dans un moule préalablement beurré et fariné.
  1. Ajouter enfin les framboises en les répartissant bien sur toute la surface.
  1. Enfourner à 200°C et cuire 20 min. — J’avais enfin besoin de 35 minutes. J’ai vérifié la cuisson à chaque 5 minutes après les premières 20.
  1. A la sortie du four, saupoudrer la surface de cassonade. J’ai mis la cajasse sous le brûleur pendant 5 minutes de plus pour caraméliser la cassonade. C’était apparemment un peu trop pour les bords, mais le centre est ce que je voulais.

Et voilà, sur l’assiette :

Je ne vais pas vous mentir. L’agneau est l’une des vedettes du blog. Mais la cajasse est juste l’une de nombreuses versions régionales du clafoutis. Quelques Grammes de Gourmandise est un meilleur chef que moi, et je ne doute pas que la sienne est très bonne. Mais moi, je préfère fortement les résultats de mon clafoutis audois. Avec moins de lait, et plus de solides, il est devenu plus solide plus vite. Ça arrive parfois, et c’est pourquoi on doit tester tout ça, pour découvrir le meilleur de la France.

À vous

Le 23 juin, on fête cette année le vingtième Jour de la Catastrophe. Vous ne connaissez pas cette fête ? Bon, c’est peu connu en dehors d’Elbe-en-Irvine. En Belgique, anciennement le véritable paradis de la francophonie, il n’y avait même pas une seule raison pour le fêter jusqu’en 2015. Aucun jour ne me déprime comme celui-ci.

(Pour être clair, cette personne ne me manque pas du tout. Mais comme les Érinyes, elle me poursuivra tant que j’habiterai chez les états-uniens. Remarquez ce dernier mot. Vous ne l’avez jamais vu ici. On y reviendra.)

Au lieu de penser à ça, je préférerais parler de vous tous parce qu’il y a pas mal d’entre vous qui me font sourire quotidiennement. Je veux donc aujourd’hui vous diriger vers mes blogueurs préférés, par catégorie, et je jette un coup d’œil vers mentionner des intérêts que certains d’entre vous partagent.

C’est dingue, mais je suis maintenant une belle poignée de blogueurs littéraires. J’étais toujours un grand rat de bibliothèque — on dirait plutôt « ver de livre » (« bookworm ») en anglais — mais lire des livres dans les quantités folles que je vois tout le temps chez eux, en français, c’est hors question. Je vous recommande fortement Light & Smell, qui écrit de nombreuses listes de ses lectures, dont des polaires et des BD, mais trouve quand même le temps pour écrire des critiques détaillées. Miss Biblio Addict !! écrit sur des fantasmes historiques et les BD aussi parfois, sans oublier qu’elle a d’excellents goûts musicaux. Roseleen lit aussi des polaires et romans de mystère, mais grâce à elle je découvre parfois des livres complètement inattendus, comme ce roman québécois sur un vieux homme qui conduit un bibliobus. L’autodidacte aux milles livres lit pas mal de classiques, dont beaucoup de mes préférés, les dystopies. Et n’oubliez pas le seul que je connais qui est aussi auteur, Jours d’humeur, duquel j’essaye toujours d’apprendre le style, surtout d’articles comme celui-ci où il invente des noms hilarants (mes nombreuses fautes ne sont pas à lui !). J’ai récemment commandé son roman Dossiers froids, mais la FNAC veut apparemment que je prenne l’opportunité pour écrire des lettres d’affaires avant de me le livrer.

C’est pas du tout surprenant que j’adore les blogs de voyage, vu que ce blog n’est qu’un voyage très lente à travers la France. Mais c’est aussi le cas que certains dans cette catégorie sont parmi les plus vieux amis du blog. Carry the Beautiful était la tout première à me découvrir (en dehors de mes amis avant le début), mais autant que j’adore ses contes d’endroits comme l’Islande, cet article m’a donné le courage d’écrire l’article le plus personnel du blog. Flanel, le chat voyageur est une grande influence — en lisant ses articles très détaillés sur des villes de France, j’ai été inspiré à changer complètement les « Je découvre », qui étaient très courts au début. Plus récemment, j’ai découvert Blogosth, un guide inestimable à l’Alsace et aussi au…euh…voisin au nord. J’adore aussi l’humour et jeux de mots des articles trop rares de Je Suis Sur La Route.

Il y a certains qui sont hors catégorie qui sont quand même autant des musts que le célèbre parfum de Cartier. Maman Lyonnaise cuisine (dont une recette qui est parue ici), écrit sur les livres (quelle coïncidence, ce choix, hein ?), prend des photos intéressantes, et écrit sur la culture. Les chroniques de Ludiwine parle souvent des livres, mais mes articles préférés chez elle sont les histoires de monstres et de véritables crimes. Malgré le nom, on sait jamais ce qui arrivera chez
Témoignages et expériences de voyages France Moyen Orient Amériques : un jour, c’est les voitures ; autre jour, les travaux publics. Il a aussi de bon goût en ce qui concerne les lecteurs du Canard. Le journal des jumelles est un peu comme ici — des pépites de partout en France, et parfois des trucs complètement inattendus, comme les bananes bleues. Histoire2Connaître n’est vraiment pas hors catégorie sauf ici, mais on peut apprendre beaucoup de l’histoire française de lui. Je ne veux pas oublier Couroucou, qui n’écrit pas trop souvent, mais cite de la poésie intéressante, aime les chats, et laisse des commentaires très gentils.

J’ai une petite collection de poètes. Courir écrire et crier est peut-être un peu trop avancé pour moi, mais j’aime tellement sa série récente Le pain, la pomme et les poèmes. Pensieri Parole e Poésie est en italien et anglais, mais dans un autre univers, ce blog est en italien (je rêvais de vivre à Florence) et je viens d’écrire « Je découvre les Cinque Terre ». News from Ibonoco n’est pas seulement de la poésie, mais aussi du jazz et de la philosophie — cet homme sait un peu sur tout !

Finalement, il y a les cuisiniers. Sans doute, mon préféré est En cuisine avec Péla car elle aime les desserts autant que moi — essayez ses Pitch au chocolat ou son gâteau aux myrtilles. Un déjeuner en Provence fait de nombreux plats italiens comme les lasagnes au saumon mais aussi des desserts traditionnels comme la tarte tropézienne. La tête dans le panier ne publie pas trop souvent de nos jours, mais les archives sont étonnantes — essayez les raviolis verts à l’orti avec asperges et palourdes, même si seulement pour la photo. Tay’s Brunch-book Club a fait la meilleure tarte à la citrouille que j’ai jamais vue à l’étranger.

Hélas, j’ai déjà lu tous ces articles, mais vous avez assez de choix pour oublier ce que j’ai écrit au début. C’est pour le meilleur. Qu’un jour je sois en France et ne pense qu’à tous ces gens merveilleux.

Le lendemain

Je savais que les législatives étaient vraiment grand-chose, car RTL pensait qu’il a eu besoin de me réveiller tôt juste pour me dire que vous étiez en train de voter :

Quelques heures plus tard, je me suis réveillé pour découvrir… que la France existait toujours :

Si je vous dis que la presse française avait mal lu les feuilles de thé, c’est la nouvelle la moins choquante de la semaine. La semaine dernière, j’ai lié à Franceinfo, qui a estimé 255-295 sièges pour Ensemble, 150-190 pour la NUPES, 50-80 pour « divers droite », 20-45 pour RN, et 15-25 pour « divers gauche ». Ces gammes sont presque toutes fausses. C’est d’où vient notre premier dessin :

Mais je dois ajouter, je n’ai absolument rien vu de mes amis pour me suggérer qu’ils paniquent. D’aucun blog que je suis pas non plus. Sérieusement, si vous vouliez lire des analyses qui disaient que le ciel allait tomber, lisez la presse anglophone ! Selon le New York Times du 16 juin, « la NUPES a l’opportunité de gagner une majorité absolue » et même si ça n’arrive pas « la gauche deviendra la principale opposition ». Et juste après l’élection, notre chaîne de télé CNN s’est lamenté que les Français aient échoué « le plus jeune leader depuis Napoléon » et lui aient coûté sa « hyper-présidence ». Seulement les britanniques, qui prennent leurs nouvelles d’Anne-Élisabeth Moutet, ont une idée de ce qui veut dire « faire barrage », et le véritable état du terrain. Si le nom de l’auteur d’une analyse en anglais n’a ni cédille ni accent, l’analyse ne vaut rien. (Et oui, je serais le premier à vous dire « moi compris ».)

J’ai lu des histoires de Rachel Keke, une immigrante qui travaillait en tant que femme de chambre ; Mathilde Hignet, ouvrière agricole ; et Christophe Plassatd, chef d’une entreprise unipersonnelle de publicités, maintenant devenus députés. Le Canard se moque de cette évolution, mais moi, je crois que ça fait du bien de ne pas élire seulement des avocats.

Finalement, ce ne serait pas Un Coup de Foudre sans se moquer des Allemands. Les russes les remercient de leurs folies.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Les mystérieuses traductions

L’une de mes blogueuses préférées, Light & Smell, a écrit un post où elle a traduit l’expression « made you feel warm and fuzzy » de l’anglais. Elle a choisi « qui t’a réchauffé » qui n’est pas mal vu que la phrase d’où elle est venue avait le sens de « faire sentir quelque chose d’agréable à quelqu’un ». Mais elle avait l’impression qu’on pourrait choisir une expression plus précise et m’a demandé mon avis. Pour ma part, dans ce contexte je rendrais « warm » comme « chaleureux ». Mais « fuzzy » m’a lancé sur ce qu’on appelle en anglais la chasse à l’oie sauvage (c’est-à-dire une aventure compliquée).

Il s’avère que je peux donner une signification exacte à Mme Light & Smell, car elle est fan de manga. On dirait que « warm & fuzzy » est exactement comme on se sent en voyant quelque chose de kawaii, comme Hello Kitty. Voici un exemple de « Hello Kitty Con 2014 » qui va vous faire sentir « warm and fuzzy, » mais merci de ne pas me demander pourquoi j’étais là. (La petite est exactement celle à laquelle vous pensez.) Mais on a toujours besoin d’une expression française.

J’ai essayé plusieurs de mes sources habituelles. Le Collins-Robert offre « flou » (sens photographique), « crépu » (sens poilu), et « confus » (sens logique). Mais aucun de ces mots ne capture le sens sentimental. Google Traduction m’a donné « duveteux », qui est hilarant, mais pas du tout le bon choix. DeepL m’a aussi donné « flou ». Clairement, j’avais besoin de meilleures sources.

J’ai essayé des thesaurus. Peut-être qu’un synonyme de « content » ou « heureux » serait le bon choix ? Mais bien que je sois béat d’avoir appris une belle douzaine de nouveaux mots, aucun n’est le bon non plus. Épanoui, traduit par « beaming » dans mon dictionnaire Oxford (pas disponible en ligne), est un bon mot pour l’expression du visage à laquelle on s’attendrait. Mais je n’aime pas « faire sentir chaleureux et épanoui » pour une traduction.

J’ai essayé des listes d’expressions idiomatiques écrits par de meilleurs bilingues que moi. Cet article promet une centaine d’expressions, mais franchement il ne casse pas trois pattes à canard. Wikipedia (en anglais) m’a donné une belle liste de francismes en anglais, dont le « footing » version française, « double entendre » — on ne dirait jamais ça en français, mais plutôt « à double sens ». Un site appelé « All About French » (Tout sur Français) offre plusieurs centaines, mais c’est un truc de fou — pas de bons choix non plus.

J’ai fini par chercher WordReference, un site où des milliers de soi-disant experts en grammaire se retrouvent. J’ai trouvé exactement ce que je m’attendais — plusieurs conversations sur cette expression. La plus vieille date en 2004, mais on a revisité ce sujet en 2007 et jusqu’en 2018. Comme on s’attend, il y a plus de commentaires insultants que d’idées utiles, MAIS j’ai trouvé quelques bonnes suggestions. Il y a « bien attendri », « douillet », « ça me rend toute chose » et « ça fait chaud au cœur ». Ce dernier a une traduction très exacte en anglais — « it warms my heart » — mais il me semble, après avoir considéré tous les choix — que c’est le plus proche à l’esprit de l’original. Et pour une traduction littérale, je choisirais « ça me fait sentir chaleureux et douillet ».

En tant que linguiste, je suis censé croire que toutes les langues du monde peuvent exprimer toutes les mêmes idées. Peut-être. Certainement, je suis d’accord qu’il n’y a pas d’idées qui ne peuvent pas être comprises sauf qu’en une langue. Mais c’est faux de dire que toutes ces idées peuvent s’exprimer de même façon. Et croyez-moi, je n’échangerais jamais les cadeaux du français contre tous les « fuzzies » d’anglais.

Épisode 14

Aujourd’hui était la Fête des Pères. Si vous aviez l’impression que la petite ne donne pas autant qu’elle reçoit, voilà mon cadeau :

Ouais, très gentil à sa part d’assurer que je puisse faire la vaisselle. Je cuisine déjà tout le temps. Mais c’est comme ça avec presque tous les devoirs, je suppose.

Je dois ajouter que la semaine dernière était de loin la pire performance du balado, dont le début. Si vous avez des idées pour des changements, j’écoute.

Nos articles sont :

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Je découvre le Lot

On continue maintenant le Tour avec le 46, le Lot. C’est le département le neuvième moins peuplé, et les habitants se nomment lotois. C’est notre huitième séjour en Occitanie.

Dès que j’ai visité leur site de tourisme pour la première fois, j’ai découvert que quelqu’un a un sens de l’humour très anglophone là-bas. Comment ? Vous voyez, les sites détectent habituellement où je suis et me présentent leurs versions anglaises. Ça ne me dérange pas car c’est logique (faut utiliser un VPN !). Et leur slogan en anglais est « The Lot, The Spot. » Ça rime, mais SEULEMENT si on le prononce de la manière anglophone. C’est un anglais plutôt courant, en fait, et vu qu’il est loin de la Manche et les côtes, je suis bien surpris qu’ils font l’effort ! Mais vous savez déjà que j’ai tout de suite trouvé le bouton pour le changer en version française.

On commence avec le site le plus inhabituel du Tour entier, Rocamadour — un village de moins de 700 habitants qui a 3 étoiles Michelin ! Avez-vous vu Sueurs Froides, dit originalement Le vertige ? Aimeriez-vous l’expérimenter ? Bienvenue à la maison ! Fondée comme cité de pèlerinage en hommage à Saint-Amadour, vous allez monter un escalier de 233 marches pour visiter les 8 églises du village. Visitez surtout la Chapelle Notre-Dame, avec sa Vierge Noire en bois du XIIe siècle. Rocamadour est aussi réputé d’être la maison de Durandal, l’épée légendaire de la Chanson de Roland, mais je ne fais aucune garantie que l’épée dans le rocher est la bonne. Au cas où ce serait faux, il y a aussi un parc à thèmes à propos de Durandal très proche à Rocamadour.

On part à Padirac, à quelques kilomètres au nord-est, pour visiter le Gouffre de Padirac (2 étoiles), où on descend 100 mètres sous terre pour naviguer dans une rivière souterraine jusqu’à un lac caché. Très proche au gouffre, on trouve le Château de Castelnau-Bretenoux (2 étoiles), originalement un château-fort du XVe siècle devenu site d’une grande collection de meubles et d’art au XIXe siècle. On est très proche de Biars-sur-Cère, d’où vient les confitures Bonne Maman, mais je n’arrive pas à trouver comment on peut visiter l’usine. Un Ministre de l’Économie, un certain Emmanuel Macron, y a visité en 2016. On tourne au sud, vers Figeac, en passant par Cardaillac, l’un des Plus Beaux Villages de France, où 3 tours offrent des magnifiques vues sur tout ce village du Moyen-Âge. À Figeac (2 étoiles), on visite le Musée Champollion (1 étoile), consacré à Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, et installé dans sa maison natale.

De Figeac, on conduit vers l’ouest pour visiter la Grotte du Pech-Merle (3 étoiles). Il y a de nombreux trésors géologiques, dont les colonnes de la Galerie de l’Ours (qui ont 50 millions d’années) et des peintures primitives qui ont 25 000 ans. On finit en faisant plusieurs arrêts à Cahors (2 étoiles). D’abord, on visite le Pont Valentré (2 étoiles), avec 6 arches et une grande tour centrale. Selon la légende, l’architecte a fait un pacte avec le diable pour le construire. Mais mon père, un avocat spécialisé en immobilier, vous dirait que ce n’est pas une légende, c’est juste comment marche tous les grands travaux. Du pont, on suit le chemin des Jardins Secrets de Cahors (3 étoiles), 25 jardins dont celui de la Cathédrale Saint-Étienne (1 étoile), qui racontent l’histoire de la ville. Si possible, visitez le marché aux portes de la cathédrale. On finit par visiter le Parc naturel régional des Causses du Quercy, reconnu comme Géoparc mondial UNESCO et la zone de plus faible pollution lumineuse de France, donc excellente pour voir les étoiles.

Qui sont les personnages les plus connus du Lot ? En vedette, il faut qu’on mette Jean-François Champollion pour ses découvertes avec les hiéroglyphes. Le poète Clément Marot, célèbre sujet d’un livre intitulé en version anglaise « Le ton beau de Marot » par Douglas Hofstader (et oui, je l’ai lu il y a 25 ans). Le livre traite de son poème « À une Damoyselle malade ». L’écrivain André Malraux était maquisard à Gramat, et aussi le philosophe Alexandre Kojève, que j’étudiais à l’université car je m’intéressais aux pensées du philosophe Hegel. L’écrivaine Françoise Sagan y est née. Louis Vicat, inventeur renommé pour le ciment artificiel, a construit le tout premier pont en ce ciment à Souillac. Nino Ferrer, un musicien de jazz qui jouait aux États-Unis pendant les années 60s, y vivait.

Que manger dans le Lot ? C’est un département riche en produits locaux, dont le fromage de Rocamadour AOP, le melon du Quercy, la noix du Périgord AOP, et l’agneau fermier du Quercy (IGP et Label Rouge). Pour boire, il y a des vins de très régions : les vins de Cahors AOC, du cépage Malbec ; les vins des Coteaux du Quercy AOC, du cépage Cabernet Franc ; et les vins des Côtes du Lot IGP, des divers cépages. La cuisine lotoise est typiquement occitane. En plats principaux, on trouve l’estofinado et le mourtayrol, un genre de pot-au-feu. En dessert, il y a la cajasse quercynoise, une sorte de clafoutis, et la pescajoune, une crêpe épaisse aux pommes.

Le retour d’OSS 117

L’année dernière, quand j’étais en France, les affiches pour OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire étaient un peu partout. Le film n’allait pas sortir jusqu’après que j’ai dû partir, mais j’étais horriblement curieux. Ce n’était que plus tard que j’ai regardé les premiers deux films, et je ne vais pas mentir — j’avais peur que la magie soit partie avec le deuxième film. Mais ce soir, j’ai quand même regardé le troisième, et je suis heureux de ne pas avoir quitté la série.

En tant que fan de James Bond, je dois d’abord dire que ce film doit beaucoup au dernier film de la série Bond, Meurs un autre jour. Comme sait tout le monde, personne appelé Daniel Craig n’a jamais joué dans la peau de James Bond QUI N’EST PAS LE FRÈRE D’ERNST STAVRO BLOFELD. Ce serait de la hérésie, mais heureusement, ça n’a jamais arrivé. Mais revenons à nos moutons.

Ce film doit beaucoup à Meurs un autre jour. Le début établit qu’au passé, l’espion était prisonnier des communistes, et pendant ce temps, il a gravement blessé le sbire du méchant principal, qui est devenu après un peu cyborg en résultat. Cette fois, ça se passe en Afghanistan, où OSS 117 est prisonnier des moudjahidin alliés aux soviétiques :

Il dit à ses ravisseurs que « C’est absurde. Tout le monde rêve d’être français, à commencer par vous. » Ah, notre héros est de retour ! Ils veulent qu’il fasse une vidéo pour demander des armes au gouvernement français, mais il fait au lieu de ça un discours ridicule qui parle de « tous ces produits qu’on nous envie comme le bourgogne, le beaufort, le nougat, les calissons, le kouign-amann ». Ça lui donne assez de temps pour briser les cordes qui l’attachent et s’échapper.

Revenu en France, il passe par des affiches pour M. le Président Giscard d’Estaing et un certain François Mitterand. Il dit « bonjour, patron » au premier.

Dans le bureau de son chef, Armand, les deux méprisent de M. Mitterand comme ça :

Armand: Vous imaginez Mitterand président ?

OSS 117 : La fin de la propriété privée, les queues devant les magasins vides…

Armand : Pas d’eau, pas d’électricité.

Il y a un nouvel agent, Serge — dit OSS 1001 — qui est aussi là. Armand envoie Serge en Afrique et donne une nouvelle mission à OSS 117 — apprendre l’informatique.

Il suit la blague la plus moi de tous mes films français. Je ne suis pas sûr si plus de deux lecteurs ici l’ait compris au ciné (désolé, c’est juste que je ne connais que deux d’entre vous d’être aussi des informaticiens) :

Programmeur : Hé, de la Bath, tu sais ce que c’est un développeur UNIX qui n’a jamais fait des conneries sous root ?

OSS 117 : Non.

Programmeur : C’est un mec qui n’a jamais pissé une ligne de code !

OSS 117 regarde L’Île aux enfants à la télé dans le labo d’informatique. Ça va retourner plusieurs fois dans ce film ; heureusement, je le connais déjà.

Envoyé en Afrique pour retrouver OSS 1001, il fait des recherches sur l’Afrique selon sa façon :

Après y être arrivé, il reçoit un accueil pas du tout discret, et rencontre M. le Président Bamba, ses sosies et sa femme Zéphyrine :

OSS 117 et le président chantent ensemble une chanson que je ne connaissais pas, Les Sucettes de France Gall. C’était un coup de Gainsbourg, et plutôt cruel vers Mlle Gall à mon avis :

Il y a une rencontre malheureuse avec une Française qui travaille dans son hôtel, Micheline, où il se comporte avec ses charmes habituels. Ce soir-là, on met un serpent dans sa chambre, qu’il apprivoise en sifflant le générique de l’Île aux enfants :

L’autre blague la plus moi du film se passe quand OSS 117 soupçonne un serviteur du président car il parle allemand. Il lui demande « Que faisiez-vous vers 1940 ? »

Puis il trouve enfin OSS 1001 en prison. Les deux sortent après un malentendu :

Il s’avère que Léon, le serviteur qui parle allemand est en fait agent soviétique. Quand OSS 117 apprend ça, il dit « J’en étais sûr. On ne parle jamais allemand par plaisir. » Cette info lui sert bien quand les deux agents rencontrent un lion et OSS 117 le fait sortir en lui parlant en allemand :

Les agents trouvent le camp des soviétiques et le font sauter avec des matériels qui étaient à OSS 117 mais livrés aux soviétiques par accident :

Après cette mission, OSS 1001 fait le discours magistral contre OSS 117 qu’on attend depuis le dernier film, mais il est mangé par un crocodile :

Il s’avère que Zéphyrine est leader des rebelles contre son mari. Elle passe la nuit avec OSS 117 mais après des commentaires racistes, elle décide de lui donner à Kasimir, l’agent soviétique du début. Encore L’Île aux enfants !

À la fin, OSS 117 sauve le président et rentre avec une valise pleine de diamants en cadeau pour M. le Président Giscard d’Estaing. Armand lui dit que ce serait une mauvaise idée. Un coup de Bokassa !

Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer !

J’ai fait une jolie boulette cette semaine.

Je me suis acheté le meilleur cadeau qu’un ami francophone aurait pu me donner. C’était pas mon intention. Dans un groupe Facebook bilingue, Everything French, j’ai vu la couverture de ce livre, « Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer ! » , et je me suis dit « Sky ! Mortimer ! n’a aucun sens en anglais — je dois en savoir plus ! Et franchement, ciel veut dire quoi ici ? » (J’ai ma réponse à cette dernière maintenant.) Je l’ai donc commandé de la FNAC (avec quelques films car il ne faut jamais rater l’opportunité).

Pour être clair, ce sont les deux couvertures d’un seul livre. Les deux moitiés du livre font la même chose, mais dans des sens opposés. Et c’est quoi qu’ils font ? Je laisserai l’auteur, M. Jean-Loup Chiflet, l’expliquer.

Même sa signature fait partie de la blague — « John Wolf Whistle » est une traduction littérale de « Jean-Loup Chiflet », et « wolf whistle » en particulier veut dire un genre de draguer plutôt agressif (voilà la version Looney Tunes).

« Sky ! Mortimer ! » est donc la partie du livre de laquelle même un francophone monolingue peut profiter. Chaque entrée commence avec une expression idiomatique en anglais, et est suivie par son équivalent en français. Les deux sont accompagnées par un dessin de Blake et Mortimer avec une traduction hyper-littérale de l’anglais utilisée comme dialogue. Voilà des exemples

En ce cas, il y a en fait une version exacte de l’expression française en anglais — « Strike while the iron is hot. »

Celui-ci est un exemple de comment la méthode du livre tourne plus vers l’humour que la vérité. L’expression anglaise est en fait plus proche à la française que l’exemple. « Chips » est certainement le mot en anglais britannique pour les frites, mais c’est aussi le mot — aux deux côtés de l’Atlantique — pour les jetons de poker.

Jetons de poker, ou « chips », Photo par Qz10, Domaine public

« Ciel ! Blake ! » fait la même chose, mais si vous ne comprenez pas l’anglais, les traductions dans les dessins n’auront aucun sens, humoristique ou autrement. Voici un exemple que je ne peux pas résister :

Un journal est apparemment un canard. On dirait en anglais que mon monde est bouleversé. Peut-être mon Le Monde en plus.

Je n’ai pas de plaintes, mais il y a certaines expressions où je dirais qu’il existe de meilleurs choix. Par exemple, « I’m on cloud nine » est donné l’expression équivalente « Je suis au septième ciel » et la traduction littérale « Je suis sur le neuvième nuage ». Ces choix sont tous les deux corrects, mais on dit aussi en anglais « seventh Heaven, » la traduction littérale du « septième ciel ». Au fait, les italiens parlent aussi du « settimo cielo ».

Un autre exemple : « We must give the devil his due » est rendu métaphoriquement comme « Il faut rendre à César ce qui est à César » et littéralement « Il faut donner au diable ce qu’on lui doit ». La traduction littérale est bonne, mais on dit aussi en anglais exactement la citation sur César, qui vient de Matthieu 22:21. J’ai aussi un doute sur l’expression anglaise « I cry monkey » pour laquelle il donne « Je suis cuit » et littéralement « Je pleure singe ». En anglais, on dirait « Mon oie est cuite » pour « Je suis cuit ». Je ne connais pas l’expression avec un singe, soit en anglais américain soit britannique, et mes recherches sur Google n’ont rien trouvé.

Mais laisse béton ! Tout ça cherche la petite bête. J’ai ri comme une baleine en lisant ce livre. Mais malheureusement pour mes amis, j’ai déjà lu le meilleur livre bilingue possible. Heureusement, il y en a un autre du même auteur sur ce sujet.