J’ai eu une grosse frayeur cette semaine. Après un test sanguin plutôt choquant, mon médecin m’a dit que je pouvais avoir un cancer de la thyroïde. Heureusement, le test suivant n’était pas une raison pour s’inquiéter. Ça doit au moins attendre jusqu’à une cinquantaine de dîners de plus — je veux finir le Tour !
De toute façon, on commence comme toujours avec notre blague de la semaine. Attention, les bretons, c’est sur vous !
Hier soir, j’ai fait une grosse erreur. J’ai regardé Kaamelott : Premier Volet sans avoir vu la série. D’habitude, je continue de regarder les films avec des sous-titres en français pour les sourds où possible ; sinon, en ce cas j’aurais eu aucune idée de ce qui se passait. Mais franchement, même avec de nombreuses pauses pour consulter mon dictionnaire (vous n’aimeriez pas regarder un film avec moi), j’étais bien perdu. Et oui, je connais un peu les mèmes comme « le graal est un bocal d’anchois ».
Notre histoire commence sur un bateau bordé par des mercenaires à la recherche d’un bijou. Leur chef, Alzagar, tue le capitaine avec une arbalète, pour encourager les autres, comme disait Voltaire. Les marins insistent qu’il n’y a que des dattes dans le bateau, mais il s’avère qu’un marin porte le bijou.
L’intrigue tourne vers le château de Kaamelott, où le tyran Lancelot-du-Lac négocie avec des mercenaires saxons. Je n’arrive même pas à croire que je tape ces mots. J’ai la tête pleine de Chrétien de Troyes et Thomas Malory depuis que j’ai 5 ans. On est très loin de mon Roi Arthur. Je comprends bien que cette série est une comédie, genre Monty Python : Sacré Graal !, mais ce choix en particulier, c’est ouf. De toute façon, le pacte entre les Saxons et Lancelot a des effets magiques, et alerte Alzagar de chercher le bateau. Il trouve un monsieur Venec, qui se cache dans un tonneau rempli de dattes..
Alzagar et Venec rendent visite à un marchand d’esclaves qui a apparemment vendu Arthur. Le marchand menace Alzagar, qui quitte rapidement le domaine du marchand. Le marchand et Venec partent pour trouver les Wisigoths qui ont acheté Arthur. Quand ils arrivent, Alzagar est là, et il capture Arthur et Venec.
Puis il y a une scène que je trouve presque incompréhensible sans avoir vu la série. Une femme, Fraganan, rend visite à son frère Léodagan. Les deux ne s’entendent pas du tout, mais elle veut qu’il reprenne la résistance contre Lancelot. Avec l’hydromancie, elle découvre qu’Arthur est de retour. C’est ici où le film commença à partir en brioche pour moi.
Je n’ai pas pris de photos, mais Alzagar rencontre des soldats du duc d’Aquitaine. On est dans la Bretagne française ou la Grande-Bretagne ? J’étais perdu. Arthur, libéré d’Alzagar par le duc, ne s’intéresse pas trop à mener la résistance contre Lancelot.
Puis on rencontre la résistance, une bande de cons qui creusent des tunnels vers n’importe où.
L’intrigue se déplace vers le château de Ban, où Guenièvre est prisonnière de Lancelot. Il la soupçonne d’avoir reçu une lettre d’Arthur, mais elle nie tout.
On voit pour la première fois un souvenir d’Artbur en tant que légionnaire romain. Il est tombé amoureux d’une fille, Shedda, à l’époque. Ces souvenirs guideront son comportement plus tard dans le film, mais en ce moment-là, ils étaient mystérieux.
À Kaamelott, Lancelot est « attaqué » par des Burgondes, mais il s’avère qu’ils ne savent pas utiliser leurs engins de siège. J’étais encore une fois bien perplexe.
Pendant ce temps-là, Arthur rencontre une bande de résistants. Ils sont tous pris par surprise par des Saxons. Il me semblait que cette scène était un gag de la série, à cause d’un sifflet suivi par de la musique dramatique, mais je ne l’aurais pas reconnu du tout. De tout façon, Arthur est fait prisonnier.
À ce point, j’ai plus ou moins arrêté de prendre des photos. Des résistants sortent Arthur de la prison, et il va sauver Guenièvre. Puis ils vont tous au rocher ou Excalibur attend le bon roi. Dans les contes originaux, l’épée dans le rocher n’était pas Excalibur, mais laissez tomber. Arthur est obligé de jouer un jeu très bizarre avant d’atteindre le rocher, et je n’ai rien compris. C’était un moment très Monty Python.
Il gagne avec l’aide de la Dame du Lac, qui ne vit évidemment plus dans le lac, et qui est apparemment en colère contre Arthur à cause des événements de la série. Arthur retrouve enfin Excalibur.
Arthur finit par aider les Burgondes à assiéger le château de Kaamelott, il se bat contre Lancelot, et reprend contrôle. À la fin, on voit Lancelot devant son château, et un fantôme apparaît, évidemment pour annoncer le prochain film.
Sans avoir vu la série, il y avait beaucoup de moments que j’étais sûr étaient des références, mais je n’ai rien reconnu. Il faut que je trouve un moyen plus fiable pour voir les nombreuses chaînes de 6play. Naturellement, puisque je l’ai mentionné, vous pouvez vous rassurer que la recherche est déjà en cours.
Il y a un an, j’ai écrit sur les points en commun du Tour de France et mon Tour des Départements. Complètement par hasard, j’ai eu l’occasion d’y penser aujourd’hui quand on a demandé dans « Everything French » pour des recettes pour les différentes étapes. L’année dernière, on avait très peu en commun. Cette fois-ci, je suis prêt ! On va traverser la liste d’étapes. (Pour un autre exemple de « cuisiner le Tour », voilà un blog en anglais.)
Mais je dois commencer avec l’observation que les organisateurs sont bien perplexes à propos de la carte de France. Il y a des étapes au début dans des villes avec de tels noms que Copenhague, Nyborg, et Sønderborg. Je n’arrive pas à les trouver sur ma carte. Bizarre, leur sens de l’humour. (L’équipe 1er degré, merci de vous rappeler qu’OSS 117 est le héros du blog.)
Le Tour français commence avec une étape de Dunkerque à Calais. Nous n’avons pas encore atteint leurs départements, mais heureusement, j’ai vu une carte de Calais au début de La Grande Vadrouille :
Le tour reste dans le Nord, puis passe par les Ardennes, notre premier point en commun, en arrivant ce même jour-là en Meuse et Meurthe-et-Moselle. Des Ardennes, je peux vous offrir la cacasse à cul nu et la galette à suc’. Mais je ne vais pas vous mentir, je ne les considère pas parmi les grandes réussites du blog. Puis le Tout passe par Vosges et Haute-Saône, et j’ai toujours rien à offrir.
Le lendemain, il y a un tour de magie, et les cyclistes partent du Jura vers la Suisse. Comment sautent-ils de la Haute-Saône au Jura ? Je ne suis pas physicien, alors ne me le demandez pas. Mais dans le Jura, on a l’un de mes dîners préférés, le soufflé au Comté et les bugnes de Carnaval. De la Suisse, ils retournent en Haute-Savoie, et j’ai encore une fois rien à offrir.
Deux jours plus tard, c’est la Savoie aux Hautes-Alpes. Aux Hautes-Alpes, on trouve les rissoles et la tarte du Champsaur à la myrtille. Ce dernier est l’un de mes desserts préférés du blog, mais on peut voir qu’à l’époque, il me restait beaucoup à apprendre sur étaler les pâtes. Un jour, j’espère que je referai tous les plats du blog pour un autre projet. Vous pouvez peut-être deviner quoi.
Pour le 15e étape, il y a un autre saut miraculeux de la Lozère à l’Aveyron pour commencer. Cette étape passe par la Haute-Garonne pour finir dans l’Aude. De la Haute-Garonne, je vous offre la souris d’agneau confite au miel et l’un des meilleurs desserts du blog, le fénétra. Notre dîner aveyronnais, les farçous et la flaune était pas mal, mais pour ce jour-là, je préfère la Haute-Garonne. Mon dîner audois, la tarte aux asperges et le clafoutis aux cerises, en est un que je préférerais oublier. Le clafoutis était merveilleux ; la tarte aux asperges est mon pire échec (ici, merci de ne pas me rappeler de mon ex).
Mais la 16e étape nous amène dans l’Ariège pour le dessert Coup de Foudre préféré des Français selon mes statistiques, la croustade de Couserans. Ma soupe de ce jour-là, l’aïgo bullido, n’a rien de spécial — mais ma croustade reste le deuxième résultat chez Google, en haut de leur propre site de tourisme ! Vous n’avez aucune idée à quel point ça fait chaud au cœur.
C’est peut-être pas surprenant — on a déjà visité la moitié de la France métropolitaine, et j’ai des recettes pour la moitié des étapes. Le temps que le prochain Tour arrive, nous serons presque finis (avec le Tour, pas le blog).
Je ne suis aucune Anne-Marie, et vous devriez la lire pour des astuces sur voyager. Mais j’ai eu une conversation aujourd’hui avec un cher ami français qui va prendre ses vacances ici. Quelque chose a bien changé — pour le pire — et je suis certain que vos livres de voyage ne sont vraiment pas conscients de ce sujet. Aussi, c’est une opportunité pour râler sur ma quotidienne, et je ne vais pas la rater.
Le truc duquel vous vous plaignez le plus souvent en voyageant ici, c’est les pourboires. « Pourquoi faut-il laisser des pourboires partout aux États-Unis ? Pourquoi est-ce que vous n’avez pas adopté nos droits du travail et payé suffisamment les serveurs pour qu’il n’y ait plus besoin de pourboires ? » Je ne suis pas ici pour discuter la question de notre SMIC. Mais les coutumes autour des pourboires ont changé à cause de Covid, et je ne veux pas que vous deveniez des victimes.
Vers le début du confinement, beaucoup de serveurs ont perdu leurs boulots, et il y avait beaucoup de sentiment ici qu’il fallait payer de gros pourboires à n’importe qui aux restos, comme si c’était une sorte de sécurité sociale. Ce que vous devriez comprendre, c’est que seulement les serveurs recevaient des pourboires avant le Covid. Dans beaucoup de restos, les pourboires étaient partagés avec les cuisiniers, mais jamais avec les gérants ou les chefs — ces gens avaient des salaires garantis, pas comme les serveurs. Même chose pour ceux qui travaillent derrière les comptoirs dans des restos comme McDo ou KFC.
Mais à cause de la paranoïa autour du virus, beaucoup de nouveaux lecteurs de cartes de crédit étaient installés pendant les dernières deux années. Il n’y a aucune preuve que l’on peut attraper le Covid en touchant une porte ou une carte de crédit, mais payer « sans contact » est devenu la mode. Et avec ces nouveaux lecteurs, de nouveaux logiciels sont aussi arrivés.
Tablette utilisée en tant que lecteur de cartes de crédit, Photo par Z22, CC BY-SA 4.0
Alors maintenant, à chaque fois où on paye avec une carte de crédit, même aux comptoirs, les logiciels vous demandent maintenant si vous aimeriez laisser un pourboire. VOUS N’ÊTES PAS OBLIGÉS DE LE FAIRE. Suis-je clair ? Ces employés sont payés à un plus haut niveau que les serveurs qui attendent aux tables.
Autre chose : NE VOUS LAISSEZ PAS ÊTRE INTIMIDÉS. Pendant le confinement, beaucoup de monde a décidé de laisser 18 % au lieu du 15 % qui était la norme. Même 20 % parfois. C’était un geste charitable pendant le confinement, mais ce n’est pas du tout « la nouvelle norme ». Beaucoup de restos impriment des « pourboires suggérés » sur les additions. Avant le confinement, c’était habituellement un choix de 15, 18, et 20 %, selon votre avis du service. De nos jours, on voit 18, 20, 22 et même 20, 22, 25. C’est absurde et vous n’êtes pas obligés par ces numéros non plus. Le gouvernement utilise 10 % pour leur estimation des pourboires reçus (pour calculer les impôts), et ça n’a pas changé. C’est un escroc de vous faire payer 18 % ou plus — à moins que vous trouviez que le service est exceptionnel. Mais c’est à vous de le décider.
Je vous dis tout ça car je trouve que tout le monde a les mains ouvertes. C’était très gentil à la part des gens ici d’aider les employés des restos pendant la pandémie. Mais bien qu’il existe de vrais changements depuis ce temps-là, ce n’en est pas un.
Ça fait longtemps depuis ma dernière critique d’une entreprise française ici, mais le week-end dernier, j’ai sorti avec des amis de l’Orange County Accueil pour regarder le nouveau film Elvis. Ouais, en anglais, mais je veux m’intégrer mieux avec ce groupe, et après le film, on a dîné chez Populaire, un nouveau resto français dans South Coast Plaza (un centre commercial qui attire des visiteurs de partout dans le monde).
Quant au film, je dirais que si vous aimez les films de Baz Luhrmann, surtout Moulin Rouge !, vous allez aimer celui-ci. Mais ce film fait quelque chose que je croyais impossible — mentir sur le gérant d’Elvis, le Colonel Tom Parker. Ce type était l’un des pires hommes à jamais, mais ce film arrive à raconter de nombreuses choses qui ne se sont jamais passées, pour lui rendre encore pire. Il y a assez de vérité dans ce film que beaucoup de monde croiront que c’est complètement une histoire vraie, et je trouve ce choix donc lamentable.
Revenons à nos moutons, Populaire. Ce resto a récemment pris l’espace qui appartenait à l’un de mes restos préférés pendant presque 20 ans, Lawry’s Carvery (soi-même la version beaucoupmoins chère d’un resto célèbre à Los Angeles que je vous recommande fortement si vous y visitez). Le chef, Ross Pangilinan, n’est pas français lui-même mais plutôt philippin, mais il a une histoire dans des autres restos avec des plats français, dont Leatherby’s et Terrace. Voici la carte chez Populaire :
Ce menu est un peu à la mode, avec des escargots dans des « ebelskivers », un genre de crêpe danoise, et des ingrédients asiatiques un peu partout. Parce que nous étions 16 — et allions payer un pourboire obligatoire de 22 % — le chef a envoyé deux grandes assiettes de la salade de laitue « baby gem » aux pêches à la table, gratuites.
La salade était pas mal, mais n’avait rien de spécial non plus. Vu le nombre de salades dans ma liste de recettes ici — ZÉRO — vous avez le droit de soupçonner que je suis le mauvais juge des salades.
Je n’ai pas commandé d’entrée (très peu de monde l’a fait), alors le prochain plat était l’espadon au beurre blanc. C’était bon, mais bien que les prix de poissons soient augmentés ici, je trouve le prix horrifiant à 40 $. Il n’y a presque rien sur l’assiette !
C’est pas une question de vouloir un gros plat de la façon que tout le monde croit typique chez nous. C’est que cette photo est très proche à l’assiette. Je doute qu’il y ait plus de 100 grammes de poisson ici. Vu qu’il y a un resto avec un étoile Michelin dans le même centre commercial, et leurs prix sont moins chers pour des choses similaires, j’ai du mal à accepter ces prix.
En dessert, j’ai choisi le Paris-Brest aux pistaches. C’était aussi pas mal.
Mon problème avec celui-ci est que j’en fais un également bon. L’un de mes plus grands rêves est qu’un jour, je cuisinerai pour au moins plusieurs de mes amis français. Je veux vraiment savoir si je suis sur le bon chemin. Et si vous me demandez un Paris-Brest, c’est lui qui vous attendrez :
Ouais, je crois que le mien vaut la comparaison malgré le fait que je suis amateur. Et c’est ça le problème — la nourriture chez Populaire est bonne, mais quand je vais dans un si cher resto, je m’attends à meilleures choses que ce que je peux faire moi-même.
Pour finir, ils nous ont offert des cigarettes. Des bonbons cigarettes, pour être clair.
Ça fait mal au cœur d’en conclure cette critique de cette façon — surtout car je sais que Chef Pangilinan livre un meilleur rapport qualité prix ailleurs — mais je ne peux pas vous recommander Populaire. Mon montant pour ce dîner était aussi cher que celui chez Gaya à Paris, l’un des meilleurs repas de ma vie, mais où j’ai beaucoup plus mangé, dont du pain compris — et il n’y avait même pas de pain chez Populaire. Je veux tellement qu’il réussisse dans cet espace, car je l’aime bien et ce serait l’endroit parfait pour un rendez-vous qui n’arrivera jamais. Mais sans des changements, je doute que je revienne.
Pas pour la première fois, c’est les nouvelles des États-Unis qui dominent les pages du Canard enchaîné. Et c’est ma règle personnelle de ne pas faire semblant que je ne le sais pas (voilà et voilà). Malgré avoir eu une semaine entière pour penser à ce sujet, je sais que je ne vais pas vous faire tous plaisir.
Mais d’abord, quelque chose de bon qui est arrivé dans ma boîte aux lettres aujourd’hui :
Ce livre est l’œuvre de l’ami du blog qui écrit sous le nom Jours d’humeur. Ça fera quelques mois avant que vous en entendiez parler, mais je voulais vous le montrer. Puisque je suis déjà en train de lire un roman en français, je suppose que j’ai maintenant ce que les blogueurs littéraires appellent une PAL (pile à lire).
Arrachons le pansement, comme on dirait en anglais :
Je n’irai pas discuter mes avis. Ce n’est pas du tout ce genre de blog, et je ne suis surtout pas ici pour vous convaincre de préférer le système américain (je sais déjà ; merci d’éviter des commentaires ironiques). Je pensais à traduire certaines choses pour vous expliquer ce que je crois la presse française a raté. Mais j’ai finalement décidé que quoi que je fasse, quelques-uns seront déçus ou pire. Ça devra suffire. Veuillez respecter mon choix et garder les avis pour ailleurs. Merci.
Il me semble que la grande nouvelle en France cette semaine est la question de former un nouveau gouvernement. Je n’envie pas la tâche de Mme la Première Ministre Borne. N’importe où je cherche, il y a pas mal de sceptiques qu’un « gouvernement d’action » formera.
Notre prochain dessin est un petit plaisir inattendu. Le héros du Canard leur manque. Ils ne savent pas le quitter. Il n’y a aucune nouvelle pour expliquer celui-ci :
Finalement, vu que je cite souvent Wikipédia, la nouvelle qu’il y a des « guerres d’édition » sur les pages de figures telles que Jeanne d’Arc et Gilles de Rais devraient peut-être me déranger. Je n’ai pas d’autres sources pour vous donner pour ce dessin — il me semble que l’article qui accompagne cet article est exclusif au Canard. Mais si on les croit, il y a un complot de citer « des historiens plutôt royalistes » à la part d’un professeur à la Sorbonne.
Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !
Le Lot-et-Garonne est divisé en 5 plus petites régions. Comme le Loir-et-Cher, avec des divisions similaires, je vais les couvrir du nord au sud, de l’ouest à l’est, sans m’inquiéter sur le trajet le plus court.
On commence donc dans le Val de Garonne-Guyenne-Gascogne. Là-bas, on trouve le village de Duras, d’où vient la famille de l’écrivaine Marguerite Duras, qui à son tour a inspiré Indochine, surtout « Trois nuits par semaine » grâce à son roman « L’amant ». On visitera le château de Duras, où on peut assister à des spectacles de chevalerie et de fauconnerie ainsi que visiter leur musée. Il y a un lien entre la famille des ducs de Duras et les Grimaldi de Monaco. La maison de Marguerite Duras à Pardaillan, à côté de Duras lui-même, a été brûlée et n’existe plus, mais il y a un musée consacré à elle à Duras. Notre autre arrêt dans le Val est le village de Meilhan-sur-Garonne pour sa vue panoramique de la Garonne et le canal des deux mers.
On passe maintenant au Cœur des Bastides. Vous souvenez-vous de notre visite aux Landes ? Moi non plus. Mais les bastides sont un élément historique des deux départements — des villes fortifiées, construites autour d’une place centrale. Notre premier arrêt est une bastide classée parmi les « Plus Beaux Villages de France », Monflanquin. On y trouve l’Église Saint-Andre, fondée en 1290 et qui fait partie de l’enceinte du village. Il y a aussi la maison du Prince Noir, ancienne maison d’Édouard de Woodstock, dit le Prince Noir de Galles. La maison de son cousin, Guillaume de Snoopy, dit le Chien Blanc, est perdu à l’histoire. Désolé, ce dernier est une blague pourrie sur les Peanuts, à cause du nom Woodstock. Dans cette région, on pourrait aussi visiter la bastide de Villeréal, aussi classée parmi les Plus Beaux Villages de France, mais devenu plus moderne.
Puis on visitera la Vallée du Lot. Ici, on trouve le Château de Bonaguil, un château fort construit au cours de plusieurs siècles et considéré comme site majeur d’Aquitaine. Les fans de Game of Thrones le reconnaîtra comme le château de Hautjardin. Mais je ne connais plus personne qui avouera rester fan de cette série après sa finale désastreuse. Au fait, aux États-Unis, il y a 560 filles appelées Khaleesi et 163 Danaerys — mais seulement 17 Khaleesi en France car vous êtes en général moins con. De toute façon, on visite aussi un autre des Plus Beaux Villages de France, Pujols, pour sa vue sur la vallée du Lot, ses églises du XVIe siècle, et la Maison du Jouet Rustique, un musée de jouets pujolais.
Dans l’Albret, on trouve la tradition la plus bizarre de tout ce blog, le Festival des Menteurs à Moncrabeau. Oh, je connais… laissez tomber. Je ne pourrais jamais faire ça à la France. À Nérac, on trouve le Moulin des Tours de Barbaste, qui appartenait à un certain « Henri le meunier », dit plus tard Henri IV. On visite aussi Mézin pour son église Saint-Jean Baptiste et l’opportunité de visiter des producteursd’Armagnac locaux.
Finalement, l’Agenais abrite Agen, la préfecture du département. Il y a l’un des Plus Beaux Villages de France, Tournon-d’Agenais, mais dans Agen elle-même, on trouve la cathédrale Saint-Caprais avec de nombreuses fresques de l’histoire agenaise, et qui fait partie des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Il y a aussi un Musée des Beaux-Arts à Agen, avec de nombreuses peintures et sculptures françaises.
Qui sont les personnages les plus connus du Lot-et-Garonne ? Le plus célèbre est sans doute Marguerite Duras. Après elle, probablement la cantatrice Françoise Garner, soprano qui a enregistré tout Norma (un œuvre très difficile). De nos jours, certainement le chanteur agenais Francis Cabrel et le chanteur néracais Michel Polnareff. Je me demande, c’est quoi dans l’eau là-bas qui fait autant de chanteurs ?
En octobre 2020, j’ai été complètement trompé par une vidéo en ligne. Elle parlait des problèmes d’un barman, un certain Bertrand Usclat, à cause de la fermeture des bars :
Je ne comprenais pas du tout à l’époque qu’il était comédien, et que la vidéo était parodique. Pardonnez-moi ; 5 mois plus tôt, les seuls mots français que je connaissais étaient chez, lèse-majesté, et l’esprit de l’escalier. Et la meilleure partie, c’est que vous pensez que je plaisante sur ces derniers deux. (Tous ces trois font partie de mon écriture en anglais depuis longtemps.)
Ne vous inquiétez pas ; j’ai vite découvert mon erreur. Après, je suis devenu fan, même si je n’ai pas de Canal+. Peut-être ma blague préférée de lui est dans cette vidéo quand on dit « Moi, je suis anti-vax mais pro-pass ».
On penserait donc que j’étais déçu vendredi dernier, lorsque M. Usclat a sorti une vidéo pour dire à ses fans qu’il quittait la série :
Mais j’ai déjà appris ma leçon. L’année dernière, il a aussi sorti une vidéo qui disait qu’il allait quitter la série — jusqu’au milieu, où il a eu un changement d’avis :
Évidemment il voulait réessayer avec plus de temps pour que ses fans se fassent croire qu’il est sérieux. Mais ce matin, ce Tweet est arrivé :
Dans le groupe Facebook privé « La Bande de Véro », on a partagé un article — en anglais, mais d’un site .fr — qui parle de la loi Toubon et du « droit au français ». J’avais déjà remarqué (sans le mentionner ici) qu’il y a souvent des publicités dans le métro ou l’aéroport à Paris avec des anglicismes suivies par des astérisques, avec des traductions en français en bas. Il me semble que ça arrive moins souvent avec les publicités numériques — je ne le vois que rarement dans les courriels du Temps des Cerises ou le site de la FNAC. Mais ce qui compte ici, c’est que c’est une loi, et cette loi est la raison pour laquelle on doit traduire les anglicismes dans les publicités.
Mais ce droit au français, de quoi consiste-t-il ? Pourrait-on — je ne sais pas d’où vient cet exemple — appeler les gendarmes si un serveur refuse de lui parler en français ? Bon, je dois m’arrêter ici-même pour être clair — même si une telle loi existait, je ne ferais jamais quelque chose d’aussi saligaud ! Mais non, la loi Toubon n’a rien à dire sur ce sujet. (L’article de TheLocal.fr dit ça, mais j’ai vérifié le texte quand même. Disons que je ne le ferais jamais, mais les serveurs ne me connaissent pas !) En fait bien que ce soit le début de la loi :
Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.
Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics.
la suite ne parle pas du tout des échanges. La connection la plus proche que j’ai avec cette loi, c’est l’article 2, qui garantit que les modes d’emploi, les conditions de garantie (merci Focal !) et les factures (merci la FNAC !) doivent être disponibles en français. C’est l’article 3 qui vous garantit le droit aux astérisques dans les transports communs.
L’article 6 est plutôt drôle pour moi, même si je suis sûr que ça parle vraiment des réunions professionnelles :
Tout participant à une manifestation, un colloque ou un congrès organisé en France par des personnes physiques ou morales de nationalité française a le droit de s’exprimer en français.
C’est la mention des manifestations. J’imagine un ministre avec un porte-voix — M. Darmanin ou Mme Bachelot — criant « Faites votre émeute, mais faites-la en français ! ». Avouez-le, vous ne pouvez trouver ce genre de contenu nulle part ailleurs !
Je ne vais pas lire toute la loi ici. Mais j’ai récemment vu un article de l’AFP — en anglais — qui touche sur ce sujet. Il s’agit d’une liste de vocabulaire pour les jeux vidéo publiée par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel. J’ai été choqué par la description en anglais, qui dit :
France regularly issues dire warnings of the debasement of its language from across the Channel, or more recently the Atlantic.
Ça dit en français (ma traduction) : « La France lance régulièrement des avertissements effrayants sur l’avilissement de sa langue d’outre-Manche, ou plus récemment d’outre-Atlantique. »
J’ai donc trouvé la version originale en français. Il y a des parties qui sont des traductions exactes, mais cette phrase n’apparaît pas du tout. On pourrait deviner que c’était écrit par quelqu’un qui n’était pas d’accord avec la loi. Ça me dérange. Que vous soyez d’accord ou pas, on ne devrait pas partager de tels avis sous le nom d’actualité. Le pays a clairement le droit d’établir des règles concernant sa propre langue.
Mais pourquoi me soucie-je d’une telle loi ? Pas pour la première fois, je vous dirai que l’on y reviendra le 14 juillet.