Un retour complètement inattendu

Je viens de vous parler de l’histoire triste de mon groupe préféré anglophone, Rush. Naturellement, ce blog étant ce qu’il est, dès que j’ai écrit « Le groupe a pris sa retraite en 2015 à cause de la santé défaillante de Neil, qui est mort d’un cancer du cerveau en janvier 2020. », les deux membres survivants ont annoncé qu’après 10 ans d’absence, ils voudraient jouer ensemble encore une fois. Il m’étonne de voir à quel point j’ai des sentiments mitigés.

C'est une photo d'un feu rouge au vert, le nom Rush, et les mots "Fifty Something Tour" (Tour pour la cinquantaine)
Annonce du « Fifty Something Tour », ©️Rush

En 2023, je vous ai parlé du tour que le chanteur du groupe a fait pour promouvoir son livre. J’étais très mécontent des places à 500 $ pour un événement sans concert, donc sans équipe, sans instruments — toutes les choses qui pouvaient justifier un prix aussi gonflé. Je crains que cet événement sera plus de la même chose.

Il n’y aura que 12 dates dans 7 villes. L’une de ces villes sera Los Angeles. Il coûtera 51 $ juste pour stationner sa voiture dans le parking de l’arène. Mais ça dit, c’est à Inglewood, et je serais exactement aussi ravi de laisser ma voiture dans la rue quelque part à Clichy-sous-Bois. Alors oui, je payerais ces frais exorbitants — mieux vaut être cambriolé de façon légale, je suppose. Cependant, et c’est important — seulement si le prix du billet reste dans des limites raisonnables.

Je payerais jusqu’à 150 $ pour un tel billet, le stationnement pas compris. L’arène en question peut accueillir 20 000 personnes pour un match de basket, mais pour un concert, ce sera plutôt 15 000. Il y aura une loterie pour même avoir le droit d’acheter un billet, et Ticketmaster a l’habitude de se vendre des billets, puis les vendre comme des billets de revente, alors je ne garde pas beaucoup d’espoir. Et je ne payerai certainement pas 500 $ pour un billet censé être vendu pour 100 $ ou quoi que ce soit, quelque chose qui arrive tout le temps avec Ticketmaster. (Au fait, les efforts à combattre les revendeurs sont quelque chose que j’estime énormément chez Indochine.)

Mais mettons le prix de côté. Ce ne sera pas Rush comme je le connais, car il y aura quelqu’un d’autre que Neil Peart derrière la batterie. J’entends parler qu’Anika Nilles, le batteur embauché pour ce tour est assez douée (Neil a remporté plus de victoires de meilleur batteur que n’importe qui pendant sa carrière), mais pendant une décennie, on nous disait : « Oh non, il n’y a pas de Rush sans tous nous trois. » L’idée qu’ils feraient comme Mötley Crüe ou AC/DC et « prendre sa retraite » encore et encore juste pour se faire payer avec des prix époustouflants me met mal à l’aise. Honnêtement, je me sens manipulé.

Il faut comprendre que tout au fil de sa carrière, alors que chacun des trois musiciens ont remporté des prix des magazines consacrés à leurs instruments, les critiques ont toujours détesté Rush. C’est la musique des nerds, avec des signatures temporelles inhabituelles, des paroles sur la science-fiction ou des sujets philosophiques, et un sens de l’humour plutôt comme le mien. (Je ne suis pas perplexe sur ce sujet.) Rush pouvait remplir des arènes comme celle de LA, mais jamais, jamais de stades. Pour gagner l’argent, ils devaient donc monter plus de spectacles que les Metallica du monde. Si l’idée est de ne pas travailler souvent, et vider les poches de fans désespérés quand ils en ont besoin, ça ne m’intéressera pas du tout.

En 1980, ils ont sorti une chanson, « The Spirit of Radio », L’Esprit de la radio, qui critiquait exactement ce genre de comportement dans leur industrie. C’était l’une de leurs plus populaires, et je n’ai jamais assisté à un concert où ils ne l’ont pas jouée. Le 13, le jour de la loterie, on verra combien ils veulent pour une place, et on saura si ça signifie toujours quelque chose, ou si c’était juste le produit de la jalousie.

Mon bébé vient de m’écrire une lettre

Connaissez-vous la chanson « The Letter » du groupe des années 60, The Box Tops ? J’ai été vraiment impressionné par la reprise par un chanteur italien, Zucchero, pendant le spectacle des 30 Ans de Taratata. Le refrain est mon titre du jour. Je l’évoque parce que, moi aussi, on vient de m’écrire une lettre hier. La voilà :

Bonjour,
Nous vous remercions de nous avoir adressé votre manuscrit que nous avons lu avec attention.
Malheureusement, notre comité de lecture n’a pas été suffisamment enthousiasmé par ce texte pour pouvoir s’engager à le publier chez Calmann-Lévy.
Nous vous remercions cependant de votre confiance et espérons que vous trouverez un accompagnement de valeur chez l’un de nos confrères.
Bien à vous, Le service éditorial

C’est la première réponse que j’ai reçue, mais pas la première maison à laquelle j’ai envoyé mon manuscrit. En fait, ça fait presque exactement un mois chez eux. Je me demande donc : est-ce que le manuscrit attendait trois semaines, puis on a lu ma lettre d’introduction, dit « Hahaha, non » et a envoyé ça ? Ou est-ce que l’on a vraiment passé des heures en le lisant avant de prendre une décision réfléchie ? Impossible de dire.

Mais en réfléchissant à ce processus, il m’est arrivé à l’esprit qu’essayer à publier avec une maison d’édition est exactement comme utiliser une appli de rencontres, une autre activité dont je ne profite pas. Comment ça ?

On commence avec les profils… désolé, les formulaires de soumission de manuscrit. Là, on poste les demandes, genre « Je ne m’intéresse qu’à ceux que… ». Voici des exemples de maisons avec qui je n’ai pas d’espoir d’une relation :

NOUS SERONS HEUREUX DE LIRE VOS TEXTES, SI VOUS PENSEZ QU’ILS CORRESPONDENT À NOTRE LIGNE ÉDITORIALE. PAR EXEMPLE, NOUS N’AVONS PAS POUR PROJET DE PUBLIER DE POÉSIE, DE THÉÂTRE, NI DE THÈSES.

Calmann-Lévy

Nous vous informons que nous traitons les envois de manuscrits par voie électronique uniquement et lorsqu’ils concernent les domaines du feel good, de la comédie romantique et de la romance.

J’ai Lu

404 publie des livres-jeux, des fanfictions et des jeux centrés sur la pop-culture. Vous pouvez nous envoyer votre manuscrit, accompagné d’une note de présentation (résumé, genre, public visé, bio) à l’adresse

404 Éditions

Alors, en plus de votre profil… désolé, votre manuscrit, vous êtes censé leur écrire des notes pour expliquer pourquoi vous seriez un bon parti pour eux. Et pour ça, il faut bien fouiller dans leur profil… désolé, leur catalogue, afin de trouver juste les bons livres qui prouvent que vous avez raison.

Dans le cas de Calmann-Lévy, je savais que ça allait être un boulot, car c’est l’une des maisons d’édition les plus vieilles de France et les plus prestigieuses au monde. On ne trouve pas beaucoup de recettes dans leur ligne. Pourtant, j’ai trouvé deux livres où, entre les deux, je dirais qu’une soumission de ma part n’a pas été juste un coup d’arrogance. Je cite ma lettre de présentation :

J’espère que mon manuscrit trouvera sa place chez Calmann-Lévy parce que votre ligne éditoriale comprend deux livres dans un style similaire : D’abord, Souvenirs Friands de Jean-Robert Pitte utilise ses recettes en tant que moyen pour raconter ses souvenirs. Et comme Ce que j’ai appris de vous de M. Barnier, Un Coup de Foudre met en vedette tout un panel de Français, des gens que j’ai rencontrés partout dans le pays. 

Si vous lisez les extraits disponibles aux liens, c’est dingue à quel point Un Coup de Foudre le livre a des points en commun avec les deux. Chaque chapitre de Souvenirs Friands se termine par une recette ; le livre de M. Barnier est plutôt un livre entier de profils comme la douzaine dans le mien. D’autre part, ces deux sont des hommes de renom. Ces mêmes choses ne sont pas forcément intéressantes venant de ma bouche.

Tout comme les applis de rencontres, après avoir fait tout cet effort, votre chérie promet de vous écrire de même façon que Gilberte. Cet exemple vient de J’ai Lu :

Après réception, nous ne vous recontacterons que dans le cas où nous souhaiterions donner suite à votre projet. Merci et bonne chance dans votre démarche.

Calmann-Lévy, par contre, est plus typique en proposant un délai maximum :

Dans la mesure du possible, nous nous efforçons de répondre dans un délai de trois mois.

J’apprécie qu’ils ont au moins répondu. D’autres maisons vous dirent uniquement que si vous n’aviez rien entendu après le délai cité, ils ne s’y intéressent pas. Et franchement, ça, c’est le truc le plus appli de rencontres de tout.

Jeune, mon autrice préférée était Madeleine L’Engle, surtout pour sa série dite Kairos. C’est bien connu aux États-Unis que son premier roman, Un raccourci dans le temps, à été rejeté par 26 maisons d’édition (lien en anglais). Mais au moins elle avait les lettres en preuve. De nos jours, ça fonctionne beaucoup plus comme les applis, et franchement, ce n’était pas une coïncidence que je leur ai dit adieu dans ces pages il y a un an.

Saison 4, Épisode 28 — C’est pas Cannes ici

Commençons avec une bonne nouvelle — pas de majuscules, c’est juste personnel. Depuis vendredi, je suis stressé car j’étais en retard à soumettre ma demande de bail pour notre prochain appartement. Si quelque chose ne s’est pas allé, j’allais avoir une fin de mois très intéressante, sens malediction. Cependant, dimanche aprèm, j’ai reçu le contrat — nous déménagerons à temps. Les billets du 16 au 22 ne seront pas grand-chose, mais peu importe.

Alors, continuons avec les mauvaises nouvelles. Je viens de me rendre compte que la différence entre les bails — nous déménageons dans un immeuble moins cher — payerait un appartement de rêve dans mon quartier de rêve, celui de la Cathédrale de Rouen. Pas un assez grand pour nous deux, mais pour moi-même, certainement. Les prix chez moi sont vraiment à pleurer.

Autre chose, je vais enfin encadrer plusieurs affiches afin de les accrocher dans le nouvel appartement. Je n’avais pas voulu mettre des trous dans les murs chez moi, mais dans le prochain, je m’en fiche. Cependant, il y a une autre chose qui a changé. Vous les verrez plus tard, mais sachez que plusieurs sont de l’art original de mon ancienne bande-dessinée préférée, Les Aventures du Docteur McNinja. J’avais tardé une décennie après les avoir achetées de peur que si je sortais avec quelqu’un, puis elle voyait que c’était mon idée de comment décorer, ce serait la fin. Il me semble que ce n’est plus une raison, et non pas parce que le monde s’est adapté à mes goûts douteux.

C’est quand même mon but de vous montrer tout une fois fini. J’aimerai mieux la cuisine, et je pourrai finalement utiliser ma casserole française en cuivre, achetée il y a 12 ans sans savoir que ça ne marche pas avec les cuisinières à induction. Je pourrai mettre en vedette tous mes achats français des 5 dernières années, et ça me fait plaisir aussi. Je viens d’acheter des affiches de Rabbi Jacob et de La Grande Vadrouille, qui me seront envoyées par Colissimo. Je dois espérer qu’elles n’arriveront pas trop vite, car je les ai faites envoyer à la nouvelle adresse.

Je serai très curieux de voir si je pourrai reprendre mes enregistrements pour ma chaîne YouTube. Peut-être que vous vous souvenez du changement effectué par le propriétaire de mon immeuble qui l’a rendu impossible, une porte en verre trop réfléchissante.

S’il n’y a pas de miracle cette semaine, mardi prochain (pas demain ; le 14) vous aurez ma critique du livre qui a rendu une certaine maison d’édition celle dont je rêvais. Ça n’aura rien d’amer — je suis sincèrement admiratif de ce livre, et je crois que ça montre que le mien aurait bien rentré dans sa ligne éditoriale. Mais ce n’est pas à moi de juger. J’aimerais tellement savoir si c’était au moins assez intéressant pour mériter plus d’un jour avant de prendre une décision. Aucune maison n’envoie plus de lettres à cet égard.

Notre blague traite des différences entre avoir une copine et une femme. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Ours et Logique. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi La malchance, sur la vie de Neil Peart, C’est le 1er, version octobre 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, Ni l’un ni l’autre, sur des choix que je n’aime pas, et Le film du blog, où je passe des notes à chez Gaumont sur la distribution souhaitée pour le film à venir.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Assiette de madeleines à l'orange et au chocolat, avec un côté trempé dans du chocolat noir.

Dimanche avec personne

On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 26 pages.

Quand nous avons quitté notre héros la dernière fois, il avait décidé de rendre visite à Gilberte après tout. Mais ce type, qui l’évitait à cause d’une insulte largement imaginaire, a une idée si bête en affaires amoureuses que je ne peux que l’appeler « Justinesque » :

Du moment que tout était oublié, que j’étais réconcilié avec Gilberte, je ne voulais plus la voir qu’en amoureux. Tous les jours elle recevrait de moi les plus belles fleurs qui fussent.

Mais cette idée ne dure même pas une page avant que tout ne parte en vrille :

[D]ans le crépuscule, je crus reconnaître, très près de la maison des Swann mais allant dans la direction inverse et s’en éloignant, Gilberte qui marchait lentement, quoique d’un pas délibéré, à côté d’un jeune homme avec qui elle causait et duquel je ne pus distinguer le visage… cette Gilberte que, maintenant, j’étais décidé à ne plus revoir.

Décidez-vous. Mais enfin, de toutes ces pensées confuses, de la sagesse :

Le plus souvent nous continuons de nous évertuer et d’espérer quelque temps. Mais le bonheur ne peut jamais avoir lieu.

Quant à l’argent pour les fleurs, cette fois, nous ne sommes pas pareils :

Je serrai les dix mille francs. Mais ils ne me servaient plus à rien. Je les dépensai du reste encore plus vite que si j’eusse envoyé tous les jours des fleurs à Gilberte, car, quand le soir venait, j’étais si malheureux que je ne pouvais rester chez moi et allais pleurer dans les bras de femmes que je n’aimais pas.

Alors, il va enfin arrêter de penser à une relation amoureuse, non ? Non.

Pour une minute où je revoyais Gilberte maussade, combien n’y en avait-il pas où je combinais une démarche qu’elle ferait faire pour notre réconciliation, pour nos fiançailles peut-être.

Votre quoi ? L’envie de le gifler à travers un siècle remonte. Puis, la préfiguration.

Il y eut une scène à la maison parce que je n’accompagnai pas mon père à un dîner officiel où il devait y avoir les Bontemps avec leur nièce Albertine, petite jeune fille, presque encore enfant

On n’a toujours pas entendu le nom Albertine. Pourtant, un autre tome est intitulé Albertine disparue. Arrêtez, elle est trop jeune pour vous, monsieur.

Il suit une vingtaine de pages de tortures que ne peuvent se dire que proustiennes. Comme est son habitude, notre narrateur se perd dans une série de roues dans les roues, une machine de Rube Goldberg où il imagine une série de lettres entre lui et Gilberte (peut-être que certaines sont réelles) où il s’éloigne d’elle de plus en plus, tout dans l’espoir qu’elle dira « Ah non, reviens à moi », jusqu’au moment où il décide qu’elle a enfin adopté son point de vue. Et c’est après ça que notre narrateur décide d’adopter l’habitude de se promener autour de l’Arc de Triomphe exactement aux moments où il sait que Mme Swann prendra ses propres balades.

En anglais, il y a un dicton qui s’applique ici : « Fish, or cut bait, » littéralement « Pêchez ou laissez tomber l’appât dans l’eau. » Sérieusement, s’il veut quitter les Swann, arrêter d’embêter madame ! Mais ce passage douloureux se termine enfin quand Madame dit un jour :

« Alors, me disait-elle, c’est fini ? Vous ne viendrez plus jamais voir Gilberte ? Je suis contente d’être exceptée et que vous ne me « dropiez » pas tout à fait. J’aime vous voir, mais j’aimais aussi l’influence que vous aviez sur ma fille. Je crois qu’elle le regrette beaucoup aussi. Enfin, je ne veux pas vous tyranniser parce que vous n’auriez qu’à ne plus vouloir me voir non plus ! »

Avec ça, on atteint ce qui est clairement un arrêt important. Dans la traduction anglaise, la maison d’édition coupe le texte en deux parties, et le deuxième est intitulé « Noms d’endroit : l’endroit », un écho de la troisième partie du premier tome, intitulé « Noms de pays : le pays ». En fait, le texte français reprend ce nom du premier tome pour la deuxième moitié du deuxième tome. Cependant, ce n’est pas présent dans la version originalement publiée par Gallimard. Il me semble que l’histoire de Gilberte finit ici pour l’instant (je sais déjà qu’elle reviendra plus tard), et nous allons mettre le cap sur un autre port. C’est plus que le bon moment ; je n’en pouvais plus de cette relation !

Le film du blog

Il y a des semaines, j’ai posé la question : « si on tournait le film de votre blog, qui jouerait dans les rôles principaux ? » Depuis ce temps, je pense un peu à la question, mais c’est compliqué. Après tout, il serait logique d’avoir quelqu’un dans le rôle principal qui a le même accent que moi. Et si ce film allait être tourné pour un public anglophone, les choix seraient totalement différent. Pour cet exercice, je vais supposer que le livre réussit assez (certains savent que je suis sur le point de perdre tout espoir pour ma maison d’édition de rêve — sa date limite s’approche), c’est Gaumont qui achète les droits, et il n’y a donc pas question de Leonardo DiCaprio dans la peau de l’auteur. Cependant, si M. DiCaprio jouait dans le rôle, il faudrait qu’il ait une copine de moins de 25 ans pour aller avec, alors disons jamais plus jamais.

Caméra de cinéma Paillard-Bolex, Photo par Terri Monahan, CC BY-SA 2.0

À noter, il y a plus de personnes que je ne peux en distribuer les rôles. Soyez donc le bienvenu à suggérer votre doublure préféré pour vous-même. Alors, sans plus d’attentes :

Moi : Grégory Gadebois. On penserait que Jodie Foster serait le choix logique, car : 1) selon les Français, tous les américains bilingues sont Jodie Foster et 2) les réalisateurs modernes aiment échanger les genres. Je plaisanterais si je mentionnais Pierre Niney, parce qu’il est un peu le DiCaprio français du moment. Mais M. Gadebois a joué le seul personnage supportable dans En attendant Bojangles, a travaillé avec Woody Allen, et est à quelques mois près de mon âge. Alors, tant que ça lui convient de se raser, car je n’ai jamais été barbu de la vie, c’est à lui.

La Fille : Cypriane Gardin. Il faut avoir un enfant, et elle a deux atouts importants : 1) un rôle dans HPI, et 2) aucune relation avec Blanche Gardin, dont l’humour m’échappe souvent. Ça suffit.

M. Descarottes : N’importe quel cobaye de bonne couleur peut le jouer sur l’écran, mais il faut absolument qu’il soit doublé par Laurent Gerra. En partie parce qu’il avait choisi M. Gerra comme porte-parole, mais aussi parce qu’il va probablement m’imiter en racontant des histoires gênantes en voix off, alors la voix doit être quelqu’un de connu pour imiter.

Laurent Ruquier : Lui-même, dans un camée où je hurle à la radio dans ma voiture. Faites-moi confiance, la bonne scène est dans le livre.

Bernard : Il va y avoir une scène très importante où il tape sur l’ordinateur pour me présenter le nougat de Montélimar en disant directement à la caméra : « Il est peu probable que ça ait des conséquences, mais on sait jamais. » Ça doit donc être quelqu’un qui est grosso modo le Leslie Nielsen français. Malheureusement, le choix idéal, Michel Galabru, n’est plus disponible. Cependant, Pierfrancesco Favino, qui a joué l’abbé Faria dans la version 2024 du Comte de Monte-Cristo, pourrait faire du bon travail ici.

La maîtresse de Flanel, le Chat voyageur : Je vais piller Les Combattantes. Sandrine Bonnaire a joué la mère de l’actrice de notre prochain personnage dans cette série-là, et a fait un super boulot. Cette scène se déroule à Lisieux.

Light&Smell : On n’a qu’un dessin pour celle-ci, mais avec la bonne paire de lunettes, Sofia Essaïdi, qui était magnifique dans Les Combattantes, ressemble assez audit dessin. Il y a un montage dans le film où elle lit ma critique du Second Degré n’est qu’une température, et tout à coup, le nombre d’abonnés quadruple. C’est rien que la vérité.

Jours d’humeur : Pierre Niney, bien sûr. Il nous rassure souvent qu’il a le bon corps pour ça, après tout.

Mon ami dans la Somme : Si le livre est publié, vous aurez enfin son prénom, mais pas pour l’instant. Mais je vous rassure, aussi avec la bonne paire de lunettes, Bastien Bouillon peut le faire. Il a déjà joué pratiquement ça dans Monsieur Aznavour, dans la peau de Pierre Roche. Faut juste changer les lunettes un peu.

Mon amie rouennaise : Même histoire quant au prénom. Cependant, le choix m’est évident : Audrey Lamy, là pour jouer presque exactement son rôle dans Tout ce qui brille. Je n’étais pas fan du tout du film, mais son personnage était très maligne, avait du bon sens, et n’a jamais été pris par surprise, même dans des situations farfelues. Ce sont exactement ses qualités.

Mon amie Pascale : Le choix logique est Mimie Mathy. Grosso modo de la même taille, mais heureusement aussi à cause d’avoir une forte personnalité.

Les hôtesses des soirées de jeux de l’OCA : Il n’y aura jamais de film sur ce blog sans Audrey Fleurot (et probablement pas avec, mais laissez tomber). J’en ai besoin de trois, et il nous reste trois Combattantes, entre Mme F, Julie de Bona et Camille Lou. Voilà.

Il Est Quelle Heure : Il faut avoir une actrice sourde dans le rôle, et il me semble qu’Emmanuelle Laborit joue le même rôle que Marlee Matlin aux États-Unis — la même personne choisie à chaque fois. Alors, bonjour Sophie Vouzelaud.

J’ai conçu cette question comme « tag » pour les blogueurs, alors, si vous l’êtes, à vous de jouer !

Ni l’un ni l’autre

Je suis abonné aux courriels d’une boutique près de San Francisco, Frenchery. Aujourd’hui, elle m’a envoyé une pub pour une boisson fabriquée dans les Bouches-du-Rhône. Ça vient du Château La Coste, un domaine plutôt haut de gamme, avec des restos par des chefs étoilés. La boisson s’appelle « Nooh« , pour « No » (anglais pour non) et « OH », la formule chimique pour l’alcool (un atome d’oxygène et un d’hydrogène). C’est un « vin sans alcool », ou comme ce genre de truc s’appelle aux maternelles, du jus de raisin.

En fait, selon ooh eux, c’est du vrai vin car « L’alcool, contenu dans le vin est extrait par distillation sous vide, c’est-à-dire une évaporation à 35-40°C maximum, afin de ne pas altérer le vin et en préserver certains arômes. » Bizarre, j’aurais juré que l’on faisait de la distillation afin de concentrer l’alcool, pas l’extraire ! Mais qu’est-ce que je sais, je ne suis pas marchand de vin ! Ce que je sais, c’est que je n’en ai pas envie, que ce soit du jus soit du vin.

J’évoque ce vin douteux pour une raison qui n’a, en fait, rien à voir avec la boisson elle-même. Hier, je me suis trouvé chez Apple pour la deuxième fois cette année à cause d’une prise USB-C qui se débranche encore et encore. On penserait que je serais donc tenté à jeter un œil chez Samsung, car j’en ai ras-l’Apple. Mais en fait, des manchots joueront au hockey sur le marais glacé de Cocyte avant je n’achète un produit de Samsung. J’explique.

iPhone avec un écran fissuré, Photo par Creative Tools, CC BY 2.0

En 2013, j’ai eu un entretien d’embauche chez Samsung, pour un poste de chercheur en logiciels pour leurs télévisions. Il y avait deux parties de cet entretien : 1) je devais préparer un exposé sur ma vision de l’avenir des télés, et 2) je devais répondre à certaines questions techniques afin de tester mes compétences de programmeur.

Je vous dirai franchement que je ne me serais pas embauché non plus à cause de cette deuxième partie. J’étais trop spécialisé dans des logiciels autres que ce qu’ils faisaient. Si c’était toute l’histoire, on n’en parlerait pas. Mais le gérant là-bas m’a dénoncé au recruteur comme le plus grand con qu’il avait jamais rencontré à cause de mon exposé, et c’est ça notre histoire. Car j’avais, j’ai, et j’aurai raison à jamais sur ce sujet, et il m’énerve qu’il m’a pris pour un idiot.

Le recruteur m’avait dit que ce qu’ils voulaient vraiment entendre, c’était comment réussir en concurrence contre Apple. J’ai préparé un exposé avec une thèse qui leur semblait folle ; pourtant, 12 ans plus tard, je reste 100 % correct. Qu’est-ce que Samsung produit dans le domaine de téléviseurs ? Toute la gamme de tailles, de 69 cm jusqu’à 190 cm. Et j’ai eu une nouvelle surprenante.

Je leur ai dit qu’Apple n’allait jamais les concurrencer avec un écran plus grand que 76 cm (30 pouces ; nous ne parlions de cm). Pourquoi ? Pour une chose, j’avais fait mes devoirs : pendant les 37 ans de l’entreprise, ce n’était jamais arrivé. Mais j’avais une autre raison.

Je ne sais pas comment cette société mène ses affaires en Europe, mais aux États-Unis, ses magasins sont tous situés dans des centres commerciaux plutôt haut de gamme. Il n’y a pas de telle chose comme un quai de chargement pour le clientèle chez eux. Alors, sans changements majeurs, il leur serait simplement impossible de vendre des téléviseurs plus grands.

Quand le recruteur m’a lu la note du gérant chez Samsung, il m’a dit que selon eux, le segment de marché qui connaissait la croissance la plus rapide était les télés de 55 pouces (140 cm). Si j’étais trop paresseux pour le savoir, c’était insultant pour moi de leur avoir fait perdre du temps.

12 ans plus tard, il reste le cas qu’Apple n’a jamais sorti d’écran avec plus grand que 76 cm. Ce n’était pas sorcier, c’était une simple question de logistique. Mais le recruteur m’a viré comme client pour ça, et c’est pourquoi il n’y a pas de produits de Samsung chez moi.

Ça dit, j’en ai marre de l’idée que je paye maintenant 120 $ par année juste afin que l’on nettoie cette saloperie de prise. Mais tout comme Nooh, que je n’en veux ni en vin ni en jus de fruit, je n’ai envie de ni l’un ou ni l’autre en ce moment.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Mains en l’air

Je n’en peux plus, et il est bien le temps pour Langue de Molière d’évoquer un fait que j’essaie d’éviter depuis looooooongtemps : il y a quelque chose que je crois l’anglais fait mieux que le français. C’est dans un sens hyper-limité, et avec une tonne métrique de qualifications. Rappelez-vous : quand un anglophone veut dire « lourd », il dit une tonne, version impériale. Mais quand il veut insister sur le poids, il ajoute « métrique » (10 % plus lourd). Cependant, impossible de l’éviter : je considère ce problème aussi fondamental que les langues qui n’ont que deux ou trois termes de couleur.

Il s’agit de deux mots qui se trouvent en anglais, « up » et « down ». Ils sont opposés, et la traduction la plus simple serait de dire « haut » et « bas ». On imaginerait donc que l’entrée pour « up » serait parmi les plus courtes de mon dictionnaire bilingue.

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! Euh, c’est-à-dire… non.

En fait, il faut faire défiler 12 pages (comptées comme assez de texte pour remplir l’écran de mon portable) juste pour épuiser les sens de « up », avant d’atteindre les expressions composées idiomatiques.

Il faut d’abord dire qu’entre 80-90 % de la longueur de ce monstre est due aux nombreuses bêtises de l’anglais. Je vais les esquisser. Commençons par la note au début de l’entrée :

Capture d’écran

Ça veut dire que « up » est souvent le deuxième mot dans les verbes à particule : « get up », « pick up » et ainsi de suite. Et ces verbes ont tous une propriété curieuse en commun : « up » ne veut absolument rien dire dans ces contextes. La preuve, c’est que l’on ne peut jamais le remplacer par un autre mot en finissant par vouloir dire quelque chose distingué uniquement par cet autre mot.

Par exemple, « get up » peut signifier soit « se réveiller » soit « se lever » soit « monter », ainsi que dans un contexte très spécifique et largement britannique, « faire ». Mais si je remplace « up » par son opposé, « get down », alors que ça peut signifier l’opposé de monter, c’est le plus souvent de l’argot pour danser.

Et pour être bien clair sur ce point, il y a plein de cas où c’est facultatif en plus de ne rien dire. Dans tous ces cas, si la personne qui vous parle l’utilise, elle peut avoir un Prix Nobel dans chaque domaine et je vous dirai qu’elle est une idiote. Si on vous dit « cook up », « fry up » ou « bake up » — cuisiner, frire, enfourner — « up » peut toujours être enlevé sans rien changer. Ce n’est pas un biais régional de ma part — ça existe partout ici et en Angleterre. C’est de plus en plus commun, une raison pour laquelle je ne veux entendre plus personne parler anglais. Ils ont tous tort.

C’est souvent le cas que la signification de « up » et « down » dépend de la personne à qui vous parlez. L’exemple le plus connu concerne la climatisation et le chauffage. Si vous dites « Turn the air conditioning up« , la moitié d’anglophones comprendront ça comme « Je veux un effet de refroidissement plus fort ; baissez la température ciblée par la climatisation et/ou haussez la vitesse du ventilateur ». Mais l’autre moitié le comprendront comme « Je veux un effet de refroidissement moins fort ; haussez la température ciblée par la climatisation et/ou baissez la vitesse du ventilateur ». Tout le monde est d’accord que « up » veut dire hausser ou augmenter quelque chose, mais personne ne sait de quoi il s’agit.

« Justin », vous me dites, « selon vous, la grande majorité des sens font référence soit à rien soit à n’importe quoi ; pourtant, aussi selon vous, c’est le français qui est cassé ? C’est qui l’idiot ? » Mais c’est ici où on voit le problème du français.

Avez-vous jamais vu le premier long métrage de Winnie l’ourson ? Là, il y a une chanson intitulée « Up, Down, and Touch the Ground ». C’est-à-dire « Haut, bas, et touchez au sol » :

On trouve ça une fois dans les paroles — « Haut, bas, tirez bien » — mais les autres fois, « up » se traduit « Mains en l’air », comme dans le titre. Et on dit en français « Haut les mains ! » exactement où l’anglais dit « Hands up! » Mais au-delà de ça…

« Go up the stairs » devient « Montez les escaliers », alors que « Go down » devient « Descendez ». « The prices went up » : « Les prix ont augmenté ». « The prices went down » : « Les prix ont baissé ». « The blinds were up » : « Les stores étaient levés ». « The blinds were down » : « Les stores étaient baissés ».

Vous voyez ? L’anglais a un millier de sens inutiles pour ce mot, et le français les ignore largement — très logique. Mais pour le seul sens où « up » est bien défini — aussi de loin le plus commun — le français utilise un tas de verbes différents exactement là où l’anglais fait ses économies !

Langue de Molière sera en congés pour le reste d’octobre, car mon fichier est presque vidé et je n’aurai pas le temps pour faire des recherches détaillées jusqu’après le déménagement. (Ça veut dire que si vous avez des suggestions, mes courriels sont ouverts.)

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version octobre 2025

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Si vous n’avez pas encore vu Le Canard enchaîné cette semaine… oh la vache ! Peut-être que la dernière fois que c’était aussi piquant, il s’agissait de l’affaire Bokassa ! (Cherchez toute la une, pas juste le gros titre.)

Au fait, il y a une recette de Péla, liée ici, qui me rappelle que sans MyPanier, je suis passé de la pénurie du nougat à la crise. Et mon autre fournisseur ne stocke plus de nougat français, seulement le produit italien. Il faut que mon livre réussisse pour attirer l’attention des nougatiers. Comme dit l’autre saint patron du blog, Calimero (après Sainte-Jeanne, évidemment), c’est injuste. C’est vraiment trop injuste.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

Nouveaux à moi :

  • Toujours rien. Hmmmm. Les gens sont aussi les bienvenus à venir découvrir mon blog afin que je découvre les leurs, vous savez ?

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things n’a rien publié ce mois, mais ne va nulle part.

À encourager :

Rien de nouveau chez Carry the Beautiful, Our Lake District Escapades, Un déjeuner en Provence, Les Dédexpressions, Carnets d’une plume, Bonheur des yeux et du palais, Le journal des Jum’s, Les souris de Paris, Et si Facebook disparaissait?, Thriller Addict, Bessie’s Bazaar, Je suis sur la route, Maman Lyonnaise, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Grain de Sable, et Bonheurs culinaires. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

La malchance

Il y a trop de fois ici où je dis « un de ces quatre, il me faudra vous parler de… », puis je laisse tomber pour telle ou telle raison. Je le regrette chaque fois, car ce n’est jamais mon intention. Mais hier, deux choses sont arrivés presqu’en même temps qui m’ont rappelé une histoire — pas la mienne — que je voulais partager.

C'est une couverture avec des nuages rouge et noir. Au premier plan, il y a 12 symboles abstraits en forme d'un cadran d'horloge, ainsi que deux aiguilles qui montrent 9:12, une heure avec une signification pour les fans.
Couverture de l’album Clockwork Angels, Dessin par Hugh Syme, ©️Rush

La première chose, c’était que j’ai lu ce post d’Il Est Quelle Heure. « Mais Justin », vous me dites, « ça date d’aujourd’hui ! » C’est ça la magie des fuseaux horaires, les amis. Je dis souvent : « Votre passé est mon avenir », et en général, il s’agit de mes intérêts pour le ciné ou l’histoire. Mais parfois, ça veut juste dire que j’ai 9 heures de retard sur la France.

De toute façon, elle a écrit : « C’est marrant car on m’a souvent dit que je n’avais pas de chance (parce que j’ai un syndrome). Moi, je ne trouve pas. » Je préfère la laisser parler pour elle-même, et comme j’ai écrit dans mon livre à venir : « J’hésite parfois à aborder certains sujets que je considère sérieux, parce que je n’ai aucune envie d’inviter des comparaisons entre la souffrance d’une personne et d’une autre. » Mais ça nous amène à l’autre chose.

Je fouillais dans mes archives pour autre chose quand je suis tombé sur ma critique du dernier album d’Indochine. Et là, j’avais écrit : « C’est quand même meilleur que le dernier album de Rush (un de ces quatre, on en parlera, mais pas bientôt). » On n’en a jamais parlé. Mais après, je crois que vous serez d’accord qu’il y a des niveaux d’enfer que personne ne mérite.

D’abord, parlons très brièvement de l’histoire de Rush. C’était toujours un trio : le chanteur et bassiste, Geddy Lee ; le guitariste, Alex Lifeson ; et le batteur, Neil Peart. Pendant les 40 ans du groupe, M. Peart était le seul membre à ne pas être là dès le départ, ayant remplacé le premier batteur après leur premier album, en 1974. (Je note que ce monsieur a dû quitter le groupe à cause de complications du diabète. Ça me hante.)

Quand j’ai découvert Rush au lycée, et vous n’allez jamais me croire, ce qui m’a attiré était l’optimisme de leur musique. Ben, pas toujours. Si on écoute la chanson « Circumstances« , ils chantent « Plus ça change, plus c’est la même chose. » Au-delà ça, il faut apprendre l’anglais pour les comprendre. Mais je vous rassure qu’il n’y a aucun album plus optimiste que Signals, et Moving Pictures (les deux des années 80) n’était pas loin en arrière (liens en français).

Cependant, en août 1997, juste après la fin de leur tour pour l’album Test for Echo, la fille unique de Neil Peart est morte dans un accident de voiture. Et 10 mois plus tard, sa femme de 22 ans est morte d’un cancer. En 1999, Rush a sorti un album d’enregistrements de leurs concerts, Different Stages, et tout le monde, dont moi, croyait que c’était la fin de leur carrière, car Neil ne voulait plus rien faire. Et croyez-moi, personne ne lui en a voulu après deux telles tragédies.

Mais il s’est remarié fin 2000 et en 2002, Rush est revenu avec un nouvel album, Vapor Trails. J’avais un avis mitigé de Test for Echo, mais ceci était l’un de leurs meilleurs, et très clairement inspiré des angoisses de Neil. Toutes les paroles (écrites par lui) traitaient de pertes et de survivre. Tous les fans ont compris d’où venaient ces sentiments. Cependant, leur prochain album original, sorti en 2007, Snakes & Arrows, était très sombre. Puis, il y avait le dernier et leur retraite.

Ce dernier album, Clockwork Angels, est une trahison de tout ce que j’estimais chez le groupe. C’est amer et pessimiste à souhait. Naturellement, les critiques qui avaient méprisé Rush tout au fil de sa carrière l’ont adoré. Je n’ai jamais fini de l’écouter. D’abord, c’était parce que j’étais déçu. En 2020, juste avant le Covid, j’ai appris la vérité en même temps que le reste du monde. Et après ça, je ne peux plus jamais m’en prendre à eux, mais c’est une autre raison pour ne pas l’écouter.

Clockwork Angels est sorti en 2012. Le groupe a pris sa retraite en 2015 à cause de la santé défaillante de Neil, qui est mort d’un cancer du cerveau en janvier 2020. Pour être clair, il n’était pas atteint du cancer en écrivant l’album. Mais comme Phil Collins, il était déjà en train de perdre la capacité de jouer. Neil a dit à une journaliste québécoise que c’était en fait son cerveau la raison pour sa retraite, un fait caché jusqu’à sa mort.

La vérité, et je n’aurais jamais cru que ça arriverait, c’est que depuis 2020, je n’écoute guère Rush. En partie, c’est parce que j’ai mis toute ma vie d’anglophone derrière moi, un choix fait exprès. Mais l’autre raison, c’est qu’il m’attriste trop de savoir qu’une personne puisse souffrir autant de malchance, et qu’il essayait quand même de faire quelque chose pour ses fans, jusqu’au moment où il ne le peut plus.

Saison 4, Épisode 27 — Shrek chez Axis Chemicals

J’ai reçu une publicité sur Facebook cette semaine qui va vous faire rire :

BoldVoice: Accent Training
Sponsorisée 
Speak English so clearly, people forget it's your second language. BoldVoice makes it possible.

Vous pouvez voir que ça dit « Sponsorisée », car mon appli est en français, même si la pub est en anglais. Ça dit : « BoldVoice entraînement à l’accent : Parlez anglais si clairement, les gens oublient que c’est ta deuxième langue. BoldVoice le rend possible. » Il y avait une vidéo avec une brésilienne au-dessous. Je dois vous dire que je n’ai pas eu de difficulté de reconnaître qu’elle avait un accent. Mais ça va bien avec les autres pubs que je reçois de temps en temps : l’assurance médicale pour les expatriés ou m’enregistrer pour voter pour les députés de l’étranger.

C’est rassurant de savoir que les IA sont loin d’être assez capable pour jouer à Terminator, ou comme on disait au Québec, Terminateur. (Je ne plaisante pas, mais ils ont abandonné à partir du deuxième film.) Cependant, c’est aussi vrai : ma première langue est en fait le martien.

Je suis plus qu’un peu fâché contre plusieurs de mes fournisseurs de services Internet. WordPress ainsi que Network Solutions (qui je paye pour un autre domaine) m’ont facturé cette semaine pour des services qui ne renouvellent que fin octobre et début novembre. Désolé, mais si j’ai payé 12 mois, je m’attendais à recevoir 12 mois avant de payer encore une fois. Je viens de désactiver les fonctions de renouvellement automatique, car les deux se sont servis de façon inacceptable. Ce n’est pas drôle.

Je crois que mon fournisseur de domaine .fr, Marcaria, profite trop de moi, car d’autres services annoncent des prix beaucoup moins chers pour enregistrer un domaine — mais chaque fois, sans citer les frais d’agence. N’oubliez pas que je dois payer un agent basé en France pour enregistrer le domaine à mon compte. Cependant, une fois abonné avec un agent, je ne peux pas transférer le domaine à un autre agent. Alors, Marcaria peut me prendre pour une piñata.

J’ai raté ma recherche de Bonnes Nouvelles, mais j’ai trouvé deux pépites pour partager. D’abord, un homme a été retrouvé mort dans les toilettes d’un KFC à Dunkerque il y a une semaine, 30 heures après son repas là. Moi, je croyais que la nourriture chez eux faisait son travail beaucoup plus rapidement que ça. En plus, pourquoi est-ce qu’il fallait plus d’un jour pour la famille de remarquer son absence ? En même temps, personne n’est entré dans les toilettes pendant plus d’un jour ? Quelque chose ne va pas.

L’autre, c’est qu’au cas où vous croiriez que les décisions administratives françaises peuvent être capricieuses, soyez reconnaissant de ne pas vivre dans le Kentucky. Là, deux auxiliaires médicaux seront remis en cause cette semaine pour avoir donné une antivenin à un homme mordu par un serpent. Pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient pas reçu une formation en antivenins, alors selon un membre du comité qui gère les auxiliaires, il valait mieux pour eux de ne rien faire (lien en anglais), même si le patient mourait. Je n’arrive même pas à imaginer être le patient et lire une telle chose.

Je commence à planifier quelque chose auquel je m’attends depuis une décennie entière. Une fois déménagé, je vais inviter certains couples qui m’ont accueilli chez eux pendant des soirées de l’OCA à dîner chez moi. La dernière fois où j’ai fait ça a été en 2015. Personne ne l’a rendu, alors j’ai décidé plus jamais avec les Américains. Le temps que j’aie rencontré des Français, la moquette ici avait plus d’une décennie et était trop gênante. Mais je ne pouvais pas la remplacer sauf en déménageant. Ce qui arrivera bientôt. Uniquement des couples, cependant, parce qu’avec ma chance, les célibataires imagineraient que j’essaye quelque chose. Je ne suis vraiment pas assez machiavélique pour ça ! Mais pour une fois, il sera pour des gens qui l’apprécient. (S’il y a un côté machiavélique, c’est seulement que je ne m’en plaindrai pas s’ils pensent « Dites-donc, on connaît quelqu’un qui aimerait avoir un tel cuisinier à la maison ». Mais personne n’a eu cette pensée après deux ans de desserts ; je ne m’attends à rien.)

Notre blague traite d’un vol chez British Airways. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Laurent Gerra et Justining. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi Mise à autrefois, mes plaintes sur iOS 26, Ici et là, des nouvelles personnelles, Monsieur Aznavour, sur le film nommé et Bête noire, ma plainte sur comment on coupe les desserts.

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