La bonne conduite

Il y a deux jours, pour la première fois, j’ai réussi à me faire bannir d’un groupe sur Facebook.

« Mais Justin », vous me dites, « vous êtes un sale grossier dès le départ ! On sait tous que La Fille a dû vous gronder pour avoir vite adopté de gros mots français ! » Puis, un Ricard plus tard, « Alors, dites-nous, qu’avez-vous sorti pour mériter ce bannissement ? »

C’était dans un groupe anglophone consacré à des blagues autour de la série de jeux vidéo Final Fantasy. Peut-être que vous avez entendu parler de la mort du chanteur Liam Payne, anciennement du groupe One Direction, qui est tombé du balcon de sa chambre d’hôtel. Il est possible qu’il se soit suicidé. Moins d’une heure après la nouvelle, l’admin du groupe a posté cette photo du personnage Tidus de Final Fantasy X, de la finale du jeu (c’est un moment tragique). La légende en anglais dit, « Il s’est montré digne du nom de son groupe, il est allé vers une direction. »

Source

Je vous dirai en toute sincérité que l’une des choses qui m’attire à ce groupe est le fait que la politique est rigoureusement bannie, pas selon le sens américain de ce mot, où la politique avec laquelle l’admin n’est pas d’accord est bannie. En revanche, l’humour du groupe a souvent un caractère…grossier.

Alors, comment est-ce que j’ai débloqué ces succès ?

Vous pouvez voir mon commentaire en anglais. Ça dit simplement « C’est grossier. » La règle que je n’ai pas respectée ? « Ne sois pas offensé. » L’explication en bas ajoute « Si tu n’aimes pas le post de quelqu’un, bloque-le. En plus, tu peux quitter le groupe. » (Rappelez que selon moi, « you » en anglais se traduit seulement par « tu ».)

C’est typiquement moi d’être banni pour ne pas être assez grossier. Mais honnêtement, j’ai cafardé sur moi afin de justifier râler sur d’autres personnes. Et non pas de ce groupe-là.

Il ne reste qu’un département pour terminer le Tour. Le « Je découvre » paraîtra mardi matin. Je réussira donc mon horaire. Mais afin de ne pas régler des comptes pendant la fête du Tour, je le fais maintenant.

À chaque fois où j’écris un « Je découvre », j’écris un tweet qui remercie l’office de tourisme du département. Je ne m’attends pas à beaucoup, certainement pas à l’accueil des nivernais, mais une mention j’aime ou un retweet est toujours le bienvenu.

Mais il y a un an et demi, les choses ont changé. La moitié des offices de tourisme ont quitté Twitter, et tout le monde se trouve sur Instagram maintenant. C’était donc en février 2023 où j’ai enfin complètement mis à jour mon compte Instagram, et à partir de l’Oise, je tague les comptes de presque tous les cuisiniers auxquels j’emprunte mes recettes, ainsi que les offices de tourisme. Même avant ça, je le faisais parfois, mais pas régulièrement pour le Tour. C’est seulement cette année où je fais des « stories » pour annoncer les « Je découvre » aussi. Mais tout ça, c’est à dire que je fais pas mal de publicité pour d’autres personnes.

Et presque personne ne répond.

Je ne dis pas que quiconque est obligé de partager quelque chose juste car je l’ai tagué. Après tout, si on est un vrai influenceur avec des milliers d’abonnés, même des centaines de milliers, tout le monde veut son attention. Je comprends ça.

Et je vais m’arrêter ici pour dire que la meilleure personne que je connais sur Instagram est Péla, qui reconnaît à chaque fois quand on met ses recettes à l’honneur. Cependant, tout ce que je fais venant d’elle est au-delà du Tour.

Mais dites-donc, quand je vois une preuve qu’exactement la bonne personne a vu une telle pub pour eux, pourtant la moindre mention j’aime, le bouton pour laquelle était sur le même écran en même temps — et le cliquer reste trop d’effort ? (Il y aurait de petits cœurs sur les photos de profil si les utilisateurs avaient aimé le story.)

(J’ai supprimé des gens bien connus à cette communauté — ma plainte n’est pas que ceux qui me connaissent n’ont pas aimé quelque chose. C’est que le sujet du post n’a rien fait.)

Au moins Île de La Réunion Tourisme est un grand compte avec 165 000 abonnés. Il y en a des beaucoup plus petits qui gardent le dos tourné. Je peux pardonner de tels restos que Chez Gégène ou Le Grand Charles pour ignorer de tels clins d’œil, car ils ne sont pas très actifs sur leurs comptes. (Est-ce que je viens de cafarder sur eux ? Mais oui.) Mais au-delà Claire Heitzler pour sa tarte aux figues, la dernière fois où quelqu’un lié au Tour m’a laissé une mention j’aime pour avoir utilisé sa recette…il faut remonter le temps en octobre 2023 pour en trouver une autre. Il y a exactement 4 autres exemples.

Quant au reste ? Ils s’en foutent si on les mentionnent.

Alors, grossier que je suis, j’ai juste un mot pour tous ces ingrats :

Nyctalope.

Mon dîner réunionnais

Je me suis fait une promesse : après trois dîners de suite à base de poulet, celui-ci n’en aurait pas ! Heureusement, on est sur une île, et à chaque fois où ça arrive, il y a des poissons et des fruits de mer sur la carte. Alors, je vous présente le cari crevettes et le gâteau patate :

Je sais, il y a du jamais vu sur l’assiette. Je l’expliquerai. Allons les préparer !

Lire la suite
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Elle accuse

J’ai récemment vu une publication du site Vie de Merde qui m’a renvoyé vers mon dictionnaire :

Capture d’écran

J’avais l’impression que « lettre recommandée » serait quelque chose de légal et je n’étais pas déçu :

Mais juste pour être sûr, j’ai fait une recherche sur Le Goog et ça m’a amené au site de La Poste, mais aussi à Wikipédia. Là, une surprise m’attendait :

Capture d’écran

C’est quoi un accusé de réception ? Une fois de plus au dictionnaire :

Je connais le bon truc aux États-Unis — c’est un « return receipt » — mais le nom en français m’a épaté. Non pas seulement destinataire, celui qui reçoit la lettre est accusé de l’avoir reçue ! Je sais que ça doit tomber un peu de même façon pour les oreilles francophones, car dans un procès judiciaire, le type inculpé est dit « l’accusé », presqu’identique à l’anglais, « the accused ». Il y a même un film de 1930 avec ça dans le titre, « Accusée, levez-vous ».

J’imagine que la seule personne qui m’a jamais envoyé une lettre de ce genre le trouverait hilarant, si elle parlait français.

Il y a un autre mot qui tombe aussi mal pour moi de cette façon, abuser. En anglais, « abuse » en tant que verbe veut dire exactement trois choses : soit on se sert trop de quelque chose, et en résultat la chose est endommagée ; soit on prend des drogues ; soit on est violent envers quelqu’un d’autre, de façon répétitive. On peut aussi utiliser « abuse » en tant que nom pour les deux derniers sens — « drug abuse » (abus de drogue) ou « domestic abuse » (violence domestique).

Mais en français, on peut dire « abuser » pour vouloir dire « tromper » :

Sganarelle : Mon maître est un fourbe, il n’a dessein que de vous abuser, et en a bien abusé d’autres.— MolièreDon Juan, acte II, scène IV

Abuser, Wiktionnaire

On peut l’utiliser même en version réfléchie, ce qui m’est hilarant, car ce que « self-abuse » veut dire en anglais, c’est se branler. Mais ce n’est pas le sens de cet exemple :

Je ne soutiens pas les Allemands, dit-il, pas plus que je ne m’abuse sur les motifs exacts de leur proposition. — Pierre BenoitMonsieur de la Ferté, Albin Michel, 1934, Cercle du Bibliophile, page 211.

S’abuser, Wiktionnaire

On peut aussi utiliser « abuser » pour signifier « trop utiliser quelque chose qui n’est pas mauvais en soi » :

Pourquoi il ne faut pas abuser des jus de fruits

Gros-titre sur Franceinfo

On peut dire une telle chose en anglais, mais seulement de façon humoristique ou exagérée.

Mais c’est ici où je m’arrête, avant que l’on ne m’accuse d’avoir abusé ces exemples.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de mon coup de vieux. Puis, cette colonne sera en congés jusqu’en décembre, car novembre sera la Grande Fête du Tour, et j’ai des préparation à faire. Mais demain, je publie mon dîner et dessert réunionnais en même temps, alors ne doutez plus que je finirai avant le 4e anniversaire du blog !

Je découvre La Réunion

On continue maintenant le Tour avec le 974, La Réunion. C’est le département le vingt-cinquième plus peuplé et les habitants se nomment réunionnais. C’est notre quatrième séjour dans l’Outre-mer.

Il y a longtemps, je me suis gravement trompé sur la géographie française, de façon qui concernait La Réunion. Voici une capture d’écran de Facebook :

La partie importante dit « Je ne peux pas dire pourquoi, mais je voulais découvrir où est l’endroit le plus loin de chez moi au monde en ce moment ». La date vous montre que je n’avais toujours pas lancé le blog, et je n’avais pas compris que « Saint-Denis » dans cette liste n’était pas Seine-Saint-Denis. Je comprends maintenant. Je me pardonne — ce qui n’arrive jamais ! — parce que je pensais tous les jours au concert d’Indochine à venir. Quant à la raison pour vouloir m’éloigner de la maison, elle s’est bannie du blog.

Comment est-ce que La Réunion est devenue une partie de la France ? L’île elle-même était connue aux explorateurs portugais du XVIe siècle, mais c’était seulement en 1642 que des Français y sont arrivés pour la revendiquer au nom du roi et la baptiser « Île Bourbon ». Les premiers colons en permanence ne sont arrivés que jusqu’en 1665 ; avant ça, l’île restait inhabitée. 50 ans plus tard, le café donnerait lieu au système d’esclavage. Le nom « La Réunion » arrive en 1793, « en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des gardes nationaux parisiens, lors de la marche sur le palais des Tuileries ». L’île atteindra son statut de département en 1946, ayant été française depuis le moment de ses premiers habitants.

On arrive par l’aéroport à Saint-Denis, mais ce sera notre dernier arrêt. Le sens de la visite est très logique si on suite largement la côte et retournons jusqu’à notre point de départ. Je vais recommander quelques choses qui pourraient être très difficiles, alors il y a 16 escales ici au lieu de mes 12 habituelles.

Notre premier arrêt est Saint-Paul. Ici, on visite la plage de Boucan-Canot (2 étoiles Michelin), un endroit idéal pour la baignade parmi les coraux et poissons. Puis on visite le Musée de Villèle, pour apprendre plus sur l’histoire de l’île dans l’ancienne plantation du XVIIIe siècle, sa cuisine et hôpital des esclaves, et sa « Chapelle Pointue », une petite église néo-gothique du XIXe siècle, avec un autel construit à Nantes en marbre italienne. De La Rivière des Galets, on réserve des places dans un 4×4 pour aller au Cirque de Mafate (3 étoiles) — c’est le seul moyen pour nous rendre à ce massif plein de sentiers de randonnée (déconseillé à ceux qui ne sont pas en pleine forme). Le Gouffre des Trois Roches (3 étoiles) est à la fin de l’un de ces sentiers et offre des vues panoramiques des cascades.

On continue le long de la N1A jusqu’à Saint-Leu. Ici, il y a 3 musts (ça me tue, que l’on dit ce mot en français). Kélonia (2 étoiles), l’observatoire des tortues marines, accueille des tortues dans 1 500 m3 de bassins, et participe à guérir des tortues blessées avant de les relâcher en mer. Le jardin botanique Mascarin (2 étoiles) se trouve dans le domaine des Colimaçons, et abrite huit collections de plantes : les plantes indigènes, les plantes introduites par les colons, les cactus, les caféiers, et d’autres. La Réunion est une des îles où se trouve l’ylang-ylang, inconnu pour moi jusqu’à ce momenttout se lie sur ce blog ! Le Musée Stella Matutina (2 étoiles) nous apprend sur l’industrie de la canne à sucre, dont l’esclavage et les techniques sucrières. Puis on continue au sud le long de la N1, jusqu’à Saint-Louis, où on visite la Sucrerie du Gol (2 étoiles), la dernière qui fonctionne sur l’île. On peut y déguster les produits, et si vous avez suivi ce blog depuis un moment, vous savez que ça vaut une étoile de plus !

À une douzaine de km de la sucrerie, on visite le marché couvert de Saint-Pierre (1 étoile), avec tout genre d’épice, de fruits et de légumes. Le prochain arrêt est pour les personnes vraiment en bonne santé, car il y a des détours importants pour les visiter. De Saint-Pierre, on suit la N3 à Bourg-Murat puis la Route Forestière du Volcan jusqu’au Pas des Sables pour la Plaine des Sables (3 étoiles) — le Guide Michelin estime qu’il faut 1h20 pour conduire les 45 km, puis il y a une randonnée de 7,5 km, mais en récompense, il y aura des vues spectaculaires du Piton de Partage et du Piton de la Fournaise. Après le retour vers la côte, on continue le long de la N2 à Langevin, puis suit la Rue de la Passerelle jusqu’au Sentier de la rivière Langevin (2 étoiles). Ça nous amène à la cascade Langevin,  » un site composé de multiples petites cascades s’étalant sur la même paroi rocheuse recouverte par la végétation et plongeant dans un large bassin à l’eau clair « . On reprend la N2 et croise la Rivière de l’Est sur son pont suspendu (1 étoile) en route à Saint-Benoît.

À Saint-Benoît, nous avons un choix. Soit on prend un helicoptère soit on conduit dans la forêt de Bébour-Bélouve pour marcher sur le sentier vers la plus haute cascade de France, la Cascade du Trou de Fer (3 étoiles), une chute de 725 mètres. Quoi que soit le choix, notre prochain arrêt est à Saint-André, la Coopérative ProVanille (1 étoile), pour une visite guidée qui nous apprend le parcours de la vanille Bourbon — la seule dans ma cuisine depuis toujours, mais venant de Madagascar (lien en anglais), pas de La Réunion (car indisponible chez moi).

Notre tout dernier arrêt est la ville de Saint-Denis. D’abord, on visite le Musée Léon Dierx (1 étoile), nommé pour un poète et peintre de l’île. Là, on trouve une collection de tableaux par de tels artistes que Berthe Morisot, Auguste Renoir et Paul Gaugin, ainsi que des artistes réunionnais. En attendant notre avion, on finit sur la plage du Barachois (1 étoile), dotée de canons installés pour proteger l’île contre des anglophones, où on profite d’un dernier coucher de soleil.

Qui sont les personnages les plus connus de La Réunion ? Roland Garros, aviateur pour qui le stade de tennis parisien est nommé, est né à Saint-Denis, ainsi que l’économiste Raymond Barre et l’humoriste Manu Payet. L’enfant terrible L’écrivain Michel Thomas, dit Michel Houellebecq, est né à Saint-Pierre.

Que manger à La Réunion ? Une liste des fruits et légumes locaux se lit comme n’importe quelle île tropique — des noix de coco, des bananes, etc — mais aussi une variété d’ananas inconnue pour moi, le Victoria ; le goyavier, cousin de la goyave ; et une douzaine de variétés de mangues. La vanille Bourbon est le seul produit IGP de l’île. En plats principaux, on trouve le plat phare, le rougail saucisses — le rougail étant un mélange de tomates, oignons, piments et gingembre, ainsi que le cari — une famille de plats de viande ou de poisson mijotés avec des tomates, des oignons, du curcuma et du safran, le canard à la vanille (dans une sauce à base de vin rouge avec une sacrée quantité de vanille), et grâce à la population d’origine indienne de La Réunion, les samoussas (regardez la notification du site Zest en bas). En dessert, il y a le gâteau patate, à base de patates douce blanches ; le gâteau ti son, à base de farine de maïs ; et les bonbons de miel, des beignets recouverts d’un sirop de miel. Pour boire, il y a les rhums réunionnais, produits par quatre distilleries sur l’île, et le rhum arrangé, du rhum dans lequel on macère des fruits, des épices et d’autres herbes.

Saison 3, Épisode 31 — Le tapis volant de Mehmet

Il nous reste deux départements, et les préparations pour la Grande Fête du Tour commencent à prendre forme. Ça fait des années où j’ai une idée de certaines choses dont je veux vous parler à la fin du Tour. Maintenant, j’ai une liste avec chacun des gros-titres du mois de novembre, et du travail à faire. Il y a des choses où j’aurais dû garder de meilleures archives pendant les 4 dernières années.

Il y a une question, pas à dire polémique, dans mon groupe d’utilisateurs de Duolingo. L’expression « n’est-ce pas », est-elle toujours courante, ou est-elle tombée en désuétude ? Étant le seul membre avec des sources, je leur ai fait une promesse de vous le demander à tous.

Autre demande d’aide : je suis en train de préparer le bulletin de l’OCA pour novembre et décembre. Si on a une bonne recette de bredeles, je suis preneur.

J’aimerais évoquer une idée qui reste dans la tête depuis des mois. Vous savez que j’ai une faiblesse pour envoyer des cartes postales en France. Naturellement, je fais ça juste à cause d’être égoïste, afin de me faire connu. Mais il me semble qu’il serait super d’avoir un moyen un peu plus rationnel pour trouver les demandes pour ces choses. Quand on voit les demandes sur Facebook, on ne sait pas toujours si elles sont récentes, authentiques, etc. Et du côté des destinataires, il me semble qu’il serait super d’avoir un moyen plus sûr que « jeter une bouteille dans la mer » pour ces activités. Vous voyez où je vais ? On en parlera plus, plus tard. Mais je vous dirai maintenant que je chercherai des partenaires pour cette activité.

Vous souvenez-vous de la polémique chez WordPress ? Avec cette nouvelle, l’entreprise Automattic a mis le feu à mon avis sur eux. On peut toujours copier les logiciels « open source » de cette façon, mais dire que WP Engine n’a rien fait pour contribuer, puis voler leur code, c’est de la piraterie. Puisque l’article est plein de jargon informatique, disons que c’est comme si j’avais construit une maison, puis M. Descarottes a changé les serrures et a annoncé « Voilà, c’est désormais chez moi ». ([Il n’y en avait pas besoin, bien compris. — M. Descarottes])

J’ai fait un petit don à la cagnotte d’une connaissance, Andréa Bonin, qui essaie de s’établir en tant que pâtissière à son compte. Elle vient d’atteindre son premier objectif pour financer son laboratoire. Si vous habitez près de Moras-en-Valloire en Drôme, faites-lui une commande (le premier lien est son Insta). Elle est impressionnante.

Il m’a fallu des mois, mais j’ai enfin mis à jour la page des Blagues de la Semaine. Elle est tout à coup l’objet de pas mal de recherches d’internautes, tout comme mon article sur la règle de 6-6-6. En fait, à moins que quelque chose ne change vite, la fin du bilan de l’année sera très différent des 3 derniers. (C’est un peu un soulagement si vous avez lu les bilans précédents.)

Notre blague traite de l’intelligence émotionnelle. Les Bonnes Nouvelles traitent d’un homme qui a gagné à nouveau sa vision. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Mehmet, La Poste et Serveur.

Sur le blog, il y a aussi Remplacé, une petite anecdote sur la vie de mon immeuble, La malediction de Mehmet, l’histoire du tapis turc qui m’a maudit, Mon dîner guyanais, le bami et son fricassé de poulet, et Les dizé milé, des beignets façon guyanaise.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Les dizé milé

On finit notre séjour dans l’Outre-mer des Caraïbes et l’Amérique du Sud avec une sorte de beignet — mais un beignet bien des tropiques ! Ce sont les dizé milé, faits avec des techniques que vous reconnaîtrez, mais aux parfums tous différents de l’Hexagone !

Haute résolution en cliquant

J’aime beaucoup cette recette, autant pour la facilité de gérer cette pâte par rapport aux autres que j’ai faits que pour son goût. Mais comment sont-ils ? Super ! Allons les préparer !

Lire la suite

Ici et là

J’ai eu un jour, comme on dit en anglais, alors pas de temps pour préparer mon dessert guyanais. Je vous rassure, vous l’aurez demain, et oui, je le connais. Mais plutôt qu’un billet bien planifié, juste quelques petites nouvelles :

J’étais déçu hier soir par les éliminatoires de baseball ici. Je ne regarde plus rien, ayant annulé mon abonnement à la télé américaine (malheureusement, assez d’autres dépenses pour ne pas avoir économisé plus cette année), mais la seule équipe que je continue de suivre dans l’espoir que tout ira bien, c’est les Padres de San Diego. Ils sont rarement bons, mais cette année, ils avaient enfin un vrai espoir d’aller à la Série mondiale. Cet espoir est mort à cause de l’équipe de Los Angeles, les Dodgers, qui ont dépensé 1 milliard en contrats cette année (pas payés en seulement 1 année). Je déteste cette ville. Félicitations aux acheteurs du championnat, je suppose.

J’ai enfin découvert la solution à la chose que je hais le plus chez mon iPhone 15 Amateur, comment désactiver l’écran. Le truc est toujours allumé depuis le jour où je l’ai acheté ; c’est censé être une fonctionnalité, mais je ne le veux pas. Quelque chose est arrivé aujourd’hui où j’ai hurlé « Mais enfin ! » dans un parking (ne vous inquiétez pas ; toutes les autres personnes là étaient hispanophones, alors ils n’ont rien compris), et je ne pouvais plus bouger jusqu’à ce que j’aie trouvé la réponse. Qu’est-ce qui est arrivé ?

Je ne suis pas abonné à aucun service de streaming. Toute la musique sur mon portable a été achetée par moi, soit sur CD soit du magasin iTunes quand il n’y a pas de disque disponible. Alors je connais ma musique. Je suis descendu de ma voiture et tout à coup, de la musique en français a commencé à jouer dans ma poche. C’était ça :

Je n’ai rien contre M. Jean-Jean ni M. Goldman, mais je n’avais rien lancé. Il s’est avéré que l’appli de RTL était toujours sur l’écran verrouillé, malgré le fait que je ferme toujours l’appli quand je suis fini. Mais Apple sait mieux que moi ce que je veux, et si je dis que je ne veux jamais de lecture automatique, c’est juste que je suis menteur. Avec un bouton toujours sur l’écran, c’est étonnant qu’il m’ait fallu 10 mois pour ça.

De toute façon, il s’avère que l’on peut désactiver cette fonctionnalité non-désirée. En français, ça s’appelle « toujours à l’écran ». Voilà :

Je suis plutôt fier de moi pour l’avoir trouvé, car je ne connaissais pas le bon nom en français (mon portable reste en anglais ; c’est juste les applis des réseaux sociaux et WordPress en français — s’il y a une urgence, je ne veux que personne ne puisse accéder au portable). Je suis ravi que ce truc soit parti !

J’étais utilisateur des BlackBerry avant le premier iPhone. Cette entreprise pensait que ce serait super pour les appareils d’avoir la possibilité d’appeler 911 (pensez à 112) même quand verrouillé. J’ai eu un appel furieux de la police à Los Angeles une fois ; c’est pour ça que je ne veux rien faire avec un portable verrouillé !

Au fait, le français a commencé à vraiment gâcher mon anglais. Hier, j’ai dit à quelqu’un « I have the habit of… », ce qui est du mauvais anglais — mais c’est littéralement « j’ai l’habitude ». On dirait plutôt « I’m used to » ou « Habitually, I ». Oups. Mais « désolé, pas désolé », comme on dit en anglais.

Quelque chose de cool m’est arrivé sur Instagram. Une pâtissière japonaise a commencé à me suivre. Ses posts sont tous comme ça :

Je ne peux pas lire tout ça sans un dictionnaire et beaucoup de patience — il y a au moins 100 kanji que je ne connais pas dans le post ! Mais j’essaye toujours d’être accueillant, alors on a eu l’échange suivant :

Je pouvais au moins écrire « sugoi », ce qui veut dire « super », et elle a répondu avec « arigatou », merci. J’imagine qu’elle a reconnu que c’était grosso modo la limite pour moi.

Et c’est grosso modo assez pour moi. On se reverra demain avec mon dessert guyanais !

Mon dîner guyanais

J’ai eu un peu de mal à choisir quoi faire pour ce dîner. En Guyane, beaucoup des plats les plus intéressants ont besoin d’ingrédients indisponibles chez moi — l’awara, le sorossi, etc. Puis j’ai découvert qu’en Guyane, on mange certains plats d’origine indonésienne, tirés des immigrés dans leur voisin, le Suriname. Alors, voici le bami et son poulet fricassé :

Haute résolution en cliquant

Est-ce que ça vous semble facile ? HOHOHO, vous êtes chez Un Coup de Foudre ! Attachez vos ceintures pour une aventure !

Lire la suite

La malediction de Mehmet

Mon dîner guyanais est une chose qui doit commencer « la veille » pour être prêt, alors il faut attendre le lendemain pour cela. À sa place, vu qui vient de me contacter, je vais vous raconter l’histoire de Mehmet.

En 2008, mon ex et moi, toujours mariés à l’époque, sommes partis pour des vacances en Grèce et en Turquie. La Turquie, je la recommande mais peut-être pas maintenant vu le comportement de M. Erdogan. La Grèce… disons que l’un des plus grands plaisirs de ma vie était la découverte qu’en français, « aller se faire voir chez les Grecs » est une insulte. L’un des deux pires patrons de ma vie venait de Grèce, après tout.

Peut-être que vous savez que les turcs sont réputés pour la qualité de leurs tapis. Nous en avons acheté trois, ainsi qu’un petit utilisé pour les chevets. Ce dernier était un cadeau pour ma grand-mère ; après sa mort, je l’ai reprise en souvenir d’elle. Quelqu’une a tous les autres tapis. Ça me convient ; je n’ai rien gardé de cette époque.

Petit tapis pour chevets

Je serais menteur si je vous disais que je me souvenais bien des vendeurs de ce voyage. Mais à partir de 2014, j’ai commencé à recevoir des SMS. J’ai écrit sur la première sur Facebook (prénoms de l’ex et La Fille supprimés) :

Ça dit en partie :

Je viens de recevoir l’appel le plus inattendu de tous les temps. En 2008, mon ex et moi avons fait une croisière en Grèce et en Turquie…Pendant le voyage, nous avons acheté des tapis de plusieurs magasins à Istanbul (à Athènes aussi, mais la version grecque est une copie inférieure).

Qu’est-ce qui disait le SMS ? « Bonjour Justin, je suis Mehmet le vendeur de tapis. Tu en avais acheté un dans mon magasin en Turquie. Je suis dans ta région et aimerais te rendre visite avec notre collection. » Certains détails ont changé depuis ce temps-là. Pour une chose, il ne s’appelle Mehmet à chaque fois. En 2020, il s’appelait Gurkan :

Des mois plus tard, il s’appelait Metin :

Début 2022, il était Mehmet :

Plus tard cette même année, il est devenu Can (peut-être la version courte de Gurkan ?) :

Il m’a contacté 8 fois en 2023, parfois en écrivant son nom comme « Memet », parfois comme « Mehmet ». Hier, j’ai reçu un SMS en tant que ce dernier :

« Bloque-le ! » me disent tous les américains qui en entendent parler. Mais c’est presqu’impossible car il n’utilise jamais deux fois le même numéro téléphonique — pas stupide, celui-ci ! Pour être juste, il envoie aussi des photos de tapis, et elles font envie :

Il ne me dérangerait pas de décorer mon appartement de cette façon. Mais le mec n’aura jamais un centime de ma part ! Pourquoi ?

Parce qu’à chaque fois où il m’écrit, la première chose qu’il fait est de me rappeler que j’y ai fait des achats avec quelqu’une qui me déteste et elle en a tous sauf un ! Je considère ça une partie de ma condamnation, mais à moins que je change de numéro, ces appels et SMS continueront.

Les aventures postales

Je vous ai mentionné que j’allais envoyer un autre colis en France cette semaine. Je ne m’attendais pas à autant de problèmes. Comme le fondant, c’est une chose où le nombre de répétitions n’a rien à voir avec ma confiance en mes compétences (zéro). Mais ce que vous ne saviez pas, c’est que c’était la suite d’une autre aventure de cartes postales.

Fin septembre, une amie a partagé avec moi cet appel pour des cartes postales :

Source sur Facebook

Vu que l’École Arzmael se trouve en Bretagne, je pensais gravement à leur écrire, « J’ai vu votre appel sur les rézosocios. Non, mais sérieusement. » Vous devriez savoir pourquoi.

Mais étant moi, je me suis dit « Awww, des petits. Je dois faire quelque chose de spécial pour eux ! » Vu que j’ai dû conduire à San Diego, j’ai décidé de passer par Legoland California pour leur acheter une carte.

Sauf que. (Pour continuer notre thème breton.)

Sauf que ça fait une décennie depuis la dernière fois où je suis allé à Legoland, et je ne savais pas que l’hôtel est de nos jours entouré par le même parking payant que le reste du parc. Je suis prêt à beaucoup, mais payer 25 $ juste pour acheter une carte postale ne se compte pas parmi mes bêtises.

Mais une fois dans la région, je me suis dit, « Allez, vous pouvez au moins déjeuner chez Milton’s. » C’est un deli façon new-yorkaise — vous diriez plutôt « restaurant-traiteur » selon mon dictionnaire. Ce genre de resto me manque cruellement dans mon comté tout asiatique-hispanique. (Nous avions Jerry’s Famous Deli. Tout ce que j’ai dit avant s’applique.) Je ne peux trouver un sandwich comme celui-ci nulle part chez moi, du rosbif et du pain de seigle new-yorkais (on dit « rye bread ») :

En rentrant de San Diego, je me suis dit, « Ben, vous allez passer par l’ancienne mission des espagnoles, ça marcherait aussi. » C’était déjà 18h quand j’y suis arrivé, et la mission était déjà fermée. Mais j’espérais qu’il y aurait des boutiques toujours ouvertes dans le quartier. NON. Tout ce qui était ouvert, c’était un resto à côté du chemin de fer.

Déçu, j’ai trouvé une carte postale dans une pharmacie le lendemain. C’est écrit avec mon sens de l’humour typique. Je vous rappelle que je ne connais aucun « Dingo ». Il s’appelle Goofy en VO. Ceux qui ont de bonnes mémoires se souviendront du fait que j’ai joué ce tour au passé.

Mais cette carte, en fait ça fait déjà 10 jours depuis que je l’ai envoyée. Le casse-tête du jour, c’était le colis avec ce cadeau pour mon amie — la même qui m’avait demandé d’envoyer la carte !

J’ai acheté quelques bonbons mexicains pour aller avec, parce que si j’allais dépenser une somme pour envoyer un colis, il devait valoir le coup. On peut les trouver en France, mais ça coûte environ 3x ce que je paye. En revanche, après les frais de livraison et les impôts, c’est moins le cas !

Et c’est les impôts dont j’ai envie de parler. Pour la première fois, l’USPS (notre association à but jamais-lucratif pour employer les plus gros cons du pays — dit autrement, notre Poste) m’a donné des estimations précises des impôts payés par la destinataire. J’ai failli avoir une crise cardiaque.

Puisque vous ne pouvez pas voir les valeurs déclarées, je vous dirai que j’avais dit 5 $ pour les 2 boîtes de bonbons « De la Rosa » (j’ai payé 5,20 $, mais on ne peut pas utiliser les centimes dans le formulaire), 2 $ pour les sucettes « Coronado », et 33 $ pour le crâne en plastique, ce que j’ai payé au ciné. Et pour ça, 23 $ de « frais » ainsi que 20 $ d’impôts ?!?

« Heureusement » pour mon amie, j’ai eu des problèmes avec le site de l’USPS, et ne pouvais pas imprimer le formulaire tout de suite. J’ai mentionné ça à une amie expatriée, et elle m’a dit que tous ses cadeaux renvoyés en Europe ont une valeur déclarée de 20 $. Ayant bien compris ce qu’elle voulait dire, j’ai coupé par 2 mon estimation de la valeur du crâne, et le nouveau total des frais et impôts était 10 $.

Je trouve ça dingue. On est censé avoir le droit d’envoyer 45 € de valeur en cadeau sans impôts selon les règles actuelles. 40 $ de valeur déclarée est en dessous de cette limite. L’idée qu’elle aurait payé plus d’impôts que ce que j’ai payé originalement, c’est fou.

Mais, euh, merci de ne pas cafarder sur moi aux douaniers, d’accord ?