Ma semaine de braquages

Juste avant de partir pour Montréal, j’ai dû faire quelque chose d’énervant. Afin d’imprimer un document de 2 pages en noir et blanc, j’ai dû acheter une cartouche d’encre bleue, sans laquelle mon imprimante refusait de fonctionner. Quand je suis arrivé au comptoir du magasin avec seulement une couleur, le caissier a tout de suite deviné exactement ce qui se passait, un fait qui n’a fait rien de bon pour mon humeur.

Alors quand j’ai reçu ce message mardi, j’étais tout sauf heureux :

Ça dit « Échec d’imprimante : Il y a un problème soit du côté de l’imprimante soit du côté du système d’encre. Éteignez l’imprimante, puis allumez-la. Si le problème dure, appelez HP. »

Je n’avais rien imprimé depuis ce document-là. Mais le truc avait déjà ses 14 ans — oui, je sais, étonnant, ça — alors j’ai décidé tout simplement de la remplacer. Même si ça voulait dire que ce dernier document m’avait coûté 40 $ pour 2 pages.

J’ai donc visité le magasin Staples — c’est-à-dire Agrafes, mais en anglais, le nom a un double sens d’essentiels — pour en choisir une nouvelle. Après au moins 3 minutes de recherches, j’ai décidé d’acheter exactement la même que mes parents, car je les avais aidés à faire le même achat il y a des mois, et pas besoin d’inventer à nouveau la roue, comme on dit en anglais.

Sauf que, comme dit M. Jours d’humeur.

Sauf que j’étais furieux contre HP, car cette histoire de cartouche bleue s’est foutue de ma gueule. Pendant les 30 dernières années, il ne m’est jamais une fois venu dans l’esprit d’acheter un produit de Canon ni de Brother ni d’Epson, car j’achetais de préférence nos produits, fabriqués en Chine qu’ils soient, mais au moins où plus de l’argent reste dans le pays.

J’ai donc décidé de vérifier s’il existait une telle chose qu’une imprimante française. J’ai demandé à des amis ; ne me croyez pas sur parole :

J’ai une impression qu’il était une fois, le Groupe Bull fabriquait des imprimantes, mais ça fait belle lurette depuis la dernière fois où j’ai vu son nom ici. Et il me semble que chez la FNAC, la liste de manufactures actuelles est identique à la nôtre. Dommage. Est-ce qu’il y a même un lecteur du blog qui doute que j’aurais payé les frais de livraison et acheté la bonne prise juste afin de montrer le doigt d’honneur à HP après cette histoire ?

Voici la nouvelle :

Je suis déjà mécontent, car ce truc m’a dit tout au début qu’il voulait mon consentement de rester connecté à Internet 7/24 et arrêter de fonctionner sans — pourtant, il fonctionnerait sans problème si j’ai dit non. Puis, qu’il voulait me facturer 1 $ toutes les 10 pages en échange de me vendre de l’encre quand qu’il veuille. C’était trop facile à dire non à toutes ces conneries — je n’ai pas acheté ce truc afin qu’il me braque sans cesse ! ([Comme il a tort. — HP])

J’ai failli me faire avoir par un autre escroc cette semaine. Une amie m’avait dit qu’elle m’a envoyé un colis cette semaine. Mercredi, j’ai reçu ce courriel, qui paraissait venir de Chronopost :

Après mon aventure des impôts en décembre, j’ai cru que c’était réel. Pourtant, quand j’ai cliqué le lien, il m’a dirigé vers… le site de DHL ? (Le vrai, pour info, pas un faux.) Le numéro de suivi n’a pas marché, ni là ni chez Chronopost. À ce point, j’ai enfin vérifié l’adresse e-mail :

J’ai honte. En anglais, j’aurais été beaucoup plus prudent et vérifié l’adresse avant de cliquer. Je ne sais pas à quoi ressemble un véritable courriel de Chronopost, et j’ai cru que celui-ci était réel. Après, je l’ai montré à quelques amis, qui m’ont tous dit que c’était faux sans avoir besoin de cliquer.

Pourrais-je avoir un jour où personne n’essaye de me faire avoir ? C’est trop à demander ?

Probablement, oui.

Le 4 juillet à Tustin

Hier était le 4 juillet, jour anciennement réputé pour manger des hot-dogs et des tartes aux pommes, boire de la bière, et assister à des spectacles de feux d’artifice. Au moins, dans la vieille Amérique.

Avant de continuer, un mème de Twitter. Le texte dit « J’ai demandé à une IA de dessiner l’image le plus américain, et je n’étais pas déçu » :

J’avais pensé à amener La Fille au spectacle de Costa Mesa, au même endroit où je vous ai montré Centennial Farm. Mais j’ai fait une petite erreur que je n’ai pas découvert jusqu’à ce que nous soyons sur place. Même si vous ne lisez pas l’anglais, peut-être que vous le trouverez :

Au cas où vous ne l’auriez pas vu, voilà :

Ouaip, c’était mercredi le 3. Tout comme en France, où on fête le 14 le 13, ils étaient à l’avance. Oups. Alors nous sommes partis à la ville à côté, Tustin, pour sa fête. Avec 80 000 habitants, Tustin fait la même taille que Cherbourg-en-Cotentin ou La Rochelle. Mais il fera froid à Anguille-sous-Roche avant qu’il n’y ait même un endroit de Tustin classé dans le Guide Vert.

Voici l’entree du lycée, Tustin High School, qui abrite l’événement tous les ans :

Et l’horaire :

Nous sommes arrivés à 18h30 afin d’avoir des sièges. Il reste plein de places même au moment où les feux d’artifice commencent — si vous aimez rester débout. Mais d’abord, nous voulions manger. Et il y avait plein de camions-restaurants, avec toute la diversité qui est la fierté de la Californie du Sud :

Du mexicain :

Plus de mexicain :

Encore plus de mexicain :

Et du mexicain un peu plus cher, mais avec du poulet frit pour La Fille, donc notre choix :

Veuillez m’enlever d’ici, le plus vite possible. Ce régime est tout pourri pour un diabétique au-delà d’être complètement homogène. J’ai quand même commandé une « carne asada quesadilla » ; c’est-à-dire une tortilla remplie de fromage et un peu de bœuf grillé. Très peu.

Au moins La Fille a pu profiter de l’un de ses desserts préférés, dit « Hawaiian shaved ice » (glace pilée à la hawaïenne). C’est des glaçons bien écrasés où on peut ajouter tout genre de sirops parfumés aux goûts de fruits, tous artificiels à souhaits, bien sûr. On est loin de chez Monin !

Alors, le spectacle. J’ai pris quelques vidéos pour vous partager. La Fille m’a dit que ces feux d’artifice sont La Tricolore. Je vous laisse à décider pour vous-mêmes :

On a joué « Party in the USA » pendant le spectacle. La Fille et moi avons commencé à chanter la version de Weird Al, « Party in the CIA » — nous la connaissons très bien, et le clip est hilarant. Mais on ne peut pas nous entendre dans ce clip, juste la chanson originale :

On a fini avec « Stars & Stripes Forever », une marche militaire par John Philip Sousa, le compositeur de marches américaines, la marche nationale depuis 1987, bien qu’elle ait déjà ses 128 ans cette année.

Je ne peux pas vous mentir ; mes pensées étaient ailleurs.

Le cake fondant au chocolat de Péla

Revenons à mes vacances à Montréal :

La Fille : Je n’en peux PLUUUUUUS !

Justin : D’accord. Au fait, t’as vu le dernier post de Péla ?

La Fille : Tu vas m’en faire un dès que nous serons à la maison, pour dédommagement !

J’ai dû la déposer chez sa mère dès que nous sommes revenus en Californie, mais une semaine plus tard, elle est rentrée, et c’est comme ça que je suis arrivé à tester ce cake de Péla. (Au fait, la conversation en haut n’a eu rien à voir avec les québécois, juste une personne.)

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C’est simple à faire et excellent. Allons le préparer !

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Allez-just’in

Ça fait des mois depuis la première leçon de français de La Fille, mais il est tout sauf un secret que j’ai fait des efforts pendant ces dernières années pour le rendre intéressant à ses yeux. Après tout, il y a deux volets de Dialogues avec ma fille et Plus de dialogues avec ma fille. Nous avons donc notre propre version de franglais à ce point ; quand on quitte la maison, c’est souvent comme ça (Tout s’est passé en anglais sauf les parties entre guillemets.) :

Justin : « Allez-vous-en ! »

La Fille : Non, c’est « va-t-en ». T’as oublié qu’on se tutoie ?

Bien sûr, je n’ai rien oublié. Mais j’ai récemment vu un dessin qui a remis en question mon orthographe :

Pas cool que la page sur Facebook qui l’a partagé a coupé le crédit ! Mais j’ai vu « vas t’en », et j’avais des questions — « vas » est sûrement faux, mais une apostrophe au lieu d’un trait d’union ? Je l’ai recherché, et ça m’a mené à un article du Figaro qui m’a laissé en pleine PLS. Il s’avère que je me trompe de nombreuses façons depuis des années.

J’avais appris tout au début que l’on écrit des choses comme « a-t-il » et « vas-y ». Des traits d’union pour indiquer les liaisons, le « t » si besoin et le « s » pour terminer les impératifs des verbes « -er » s’il y a un y ou un en qui suit. Pourtant, comme nous rappelle l’Office de la langue québécoise, on ne fait pas ça si ces prépositions sont liés à un verbe suivant ; par exemple :

Ton bureau est en désordre, va y mettre un peu d’ordre. (y est complément de mettre)

Il me semble qu’en quelque sorte, j’ai évité cette situation jusqu’à maintenant.

De toute façon, il s’avère que tous les « t » ne sont pas égaux. C’est seulement « vous » qui garde sa forme dans ces cas impératifs ; moi devient « m » et « toi » devient « t », d’où de telles commandes que « donnez-m’en » et oui, « va-t’en ». Mais c’est ici où je me trompe depuis le début. Je les ai tous écrites avec des traits d’union (voilà, voilà, et voilà) ; pourtant Le Figaro nous dit :

Lorsque le «t» n’est plus «une élision vocalique» mais la contraction du pronom «toi», accompagné des prépositions «en» ou «y», celui-ci sera alors suivi non plus d’un trait d’union mais d’une apostrophe. Exemple: «Va-t’en». Ainsi que nous le rappellent les sages, de la même façon qu’il ne nous viendrait pas à l’esprit d’écrire je-t-aime, on évitera d’écrire «méfie-t-en», «va-t-en» et «donne-t-en les moyens».

On écrit ainsi: «Méfie-t’en» et «va-t’en».

«Va-t-en» ou «va-t’en» ? Ne faites plus la faute !

Du moins, je ne seul pas seul. Après tout, ces articles ciblent des lecteurs adultes, non pas des enfants. Mais faire la même erreur encore et encore sans l’avoir jamais rendue compte ? Ça gêne.

Je vous ai dit la semaine dernière que l’on parlerait de l’expression préférée de La Fille, car elle aime la dire tout le temps. Cependant, je lui ai parlé de ce billet après avoir écrit tout ça, et on a eu une conversation :

Justin : Ai-je raison que « va-t’en » est ton expression préférée ?

La Fille : « N’importe quoi ! »

Justin : Choisis tes prochains mots soigneusement.

La Fille : Pourquoi ?

Justin : Parce que c’était malpoli, ça !

La Fille : Mais non ! Tu m’as demandé quelle est mon expression préférée, et je te l’ai donnée. C’est « n’importe quoi ».

Justin : Oups, euh…laisse tomber.

En anglais, les enfants de son âge disent « Whatever! », mais elle a déjà appris que « N’importe quoi » s’utilise d’exactement la même façon. Et comme vous voyez, elle l’a déjà maîtrisée.

Les années lycéennes dureront longtemps, les amis.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de plus de la même chose.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est pas le 1er, version juillet 2024

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

S’il y a une chose que je regrette avec cette colonne, c’est qu’il est difficile de suivre des blogs en dehors de WordPress. Une chère amie du blog (Un Déjeuner en Provence) vient de déménager chez Over-blog ; vu le changement d’adresse, j’imagine qu’elle ne voulait plus payer l’enregistrement d’un domaine. Je suis presque 100 blogs, alors je compte sur le lecteur WordPress afin de ne pas me noyer sous une inondation de courriels. J’aimerais mieux intégrer certains fidèles qui visitent de là et Canalblog ; si vous avez des recommandations, je suis preneur !

Nouveaux à moi :

Rien. C’est la faute aux autres, pour ne pas m’avoir fait découvrir de nouveaux blogs.

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things explique les joies de se garer à New York (toutes nos grandes villes, vraiment) ainsi que la « République de la Conche », une micro-nation en Floride.

À encourager :

Rien de nouveau chez Les papiers de Mrs. Turner, Planète Opalie, Je suis sur la route, Bonheur des yeux et du palais, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Bessie’s Bazaar, Planète Vegas, Grain de Sable, Bonheurs culinaires, Les souris de Paris, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Saison 3, Épisode 16 — De l’Yonne à Belfort

Alors, il y avait des nouvelles en France dimanche.

Je dois avouer une certaine perplexité quant aux règles. J’avais cru que j’ai compris l’idée de deux tours pour les élections, mais selon le lien en haut, les partis font appel aux candidats qui ont fini en 3e position à désister. Y aurait-il donc autrement plus de deux candidats la circonscription au deuxième tour ? Il n’y a eu que deux candidats au deuxième tour de la présidentielle, non ? Merci de m’expliquer ce que je rate.

Il y avait aussi des nouvelles aux États-Unis. Je pense à vous écrire plus sur le débat de la semaine dernière, mais seulement si vous me dites que ça vous intéresserait. Ce que je vous dirais serait très différent de ce que vous avez lu dans Le Monde, c’est certain.

La Fille et moi sommes allés au ciné ce week-end pour voir Vice-Versa 2, intitulé Sens Dessus-Dessous 2 au Québec et Inside Out 2 en VO. (Aucune des traductions françaises n’est exacte ; l’anglais veut dire que l’intérieur est mis à l’extérieur, mais je n’arrive pas à trouver une traduction plus exacte que la québécoise.) Il y a un nouveau personnage, Ennui, doublé en anglais par Adèle Exarchopoulos (qui reprend le rôle dans les deux versions en français). Plusieurs blagues tournent autour de l’accent hyper-français du personnage. Je me demande par quoi elles sont remplacés en français, car l’humour de ces blagues ne marche pas du tout.

Au fait, malgré ce que je vous ai dit avant, ce film est plutôt bon. On a oublié d’inclure toute la haine obligatoire vers des gens comme moi que l’on trouve dans les produits typiques de Hollywood de nos jours. Mais Disney a toujours perdu ma confiance, et Transformers : le commencement et Sonic 3 restent les seuls autres films américains sur mon horaire pour cette année, les deux avec La Fille.

Voici l’entrée du ciné. Il y a 21 écrans aux ailes. On ne fait rien en petit format ici !

Je ne m’attendais pas à écrire sur Hellfest, mais ce week-end, le groupe de rock Metallica s’est bel et bien planté en jouant L’Aventurier. Je ne me plains pas des changement à la musique ; le but d’une reprise est d’ajouter quelque chose d’original à la musique de quelqu’un d’autre. Mais le chant fait saigner les oreilles. On n’a fait le moindre effort pour apprendre ni les paroles ni l’accent.

Et en parlant d’Indochine, on sait maintenant la date de sortie du nouvel album, le samedi 7 septembre. La FNAC et DHL ont l’habitude de me livrer les pré-commandes au même jour qu’en France. J’espère que ça continuera.

Notre blague traite des collections d’art. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Gougères, Tous Les Sens, et Arts Martiaux Mixtes.

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner icaunais, les gougères et le rigodon, Outsphere 3 : Réligions, ma critique du livre, et Ayez les réfs, des choses dont j’ai envie d’utiliser sur le blog que vous ne connaissiez probablement pas.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Ayez les réfs

Il y a un groupe sur Facebook dont je fais partie, plein de parodies de Tintin. Beaucoup de leurs blagues suivent ce format :

Source

En fait, j’ai « la réf », parce que ce n’était vraiment pas si difficile à trouver. Mais je suis arrivé avec 18 ans de retard de trop pour l’avoir vu à son époque. Cependant, il me semble que sur ce blog, il y a ce problème à l’envers — l’auteur a une tête pleine de références possiblement inconnues aux lecteurs. Il me faut régler ça, au moins un peu. Alors, je vous offre mes excuses si vous connaissez déjà certaines — je ne sais pas ce que vous ne connaissez pas.

Le son du succès — Je dis souvent après avoir réussi quelque chose que j’entends le son du succès. En général, ça veut dire la musique de la victoire après une bataille dans la série de jeux vidéo Final Fantasy. Surtout le quatrième volet :

Parfois c’est-à-dire plutôt la musique du trésor d’Ocarina of Time. Mais ça fait 32 ans où j’ai cette musique dans la tête.

La plus grande histoire d’amour de tous les temps — Désolé mais ce n’est pas Josepha et Cruchot. C’est Cecil et Rosa, les protagonistes de Final Fantasy IV. J’ai joué ce jeu de zéro jusqu’à la fin plus que n’importe quel autre jeu, car je les adore plus que n’importe qui. Ce clip, produit pour son 20e anniversaire, est tout dont je rêve (mais aucune version du jeu le ressemble) :

La vieille chouette sage — Je mentionne parfois Maurice, le poisson rouge qui a poussé le bouchon trop loin. Pourtant, je l’ai adopté. La véritable référence de ce genre est la chouette dans cette pub des années 80. Personne ne sait combien de fois il faut lécher une sucette « Tootsie Pop » afin d’atteindre le bonbon au centre, car tout le monde la mord trop vite.

Alphonse et Gaston — Deux Français inconnus en France. Ils viennent d’une BD publié dans les journaux américains au début du XXe siècle. Le gag le mieux connu est que les deux se disent « Après toi » encore et encore et ne finissent jamais rien.

Alphonse et Gaston par Frederick Opper, Domaine public

Voici un indice — Je mentionne souvent La Guerre des robots, film de 1986. J’ai enfin trouvé un enregistrement en français pour vous montrer la réf. Les voix sont décevantes pour moi, et la traduction n’est pas super. Le méchant Megatron, trahi par son commandant en second, Starscream, devient le plus puissant robot Galvatron. Ici, il revient pour sa vengeance. En version anglaise, Starscream lui demande « C’est toi, Megatron ? » et Galvatron répond « Here’s a hint » (Voici un indice), puis Starscream le prend cher. En français, Galvatron dit plutôt « Oui mais plus fort qu’avant ».

Here’s Johnny ! — Un ami m’a parlé de regarder le film « Shining » de Stanley Kubrick. Je lui ai demandé s’il avait compris la référence derrière la réplique « Here’s Johnny! ». Il s’est avéré que cette réplique n’existe pas en VF. Alors : Michel Drucker se traduit en anglais par Johnny Carson. Johnny Carson a été l’animateur de l’émission « The Tonight Show » pendant des décennies. Il était remplacé par Jay Leno, puis Jimmy Fallon. De toute façon, Johnny Carson était toujours présenté comme ça :

Rue Sesame — « Sesame Street » aux États-Unis est l’ancêtre direct de l’Île aux Enfants. Mais l’émission est peu connue en France. Alors, bien que tous les Muppets (oui, dessinés par Jim Henson lui-même) soient des réfs importantes, les plus importants pour mes buts sont « Cookie Monster » (le Monstre aux cookies), « Count von Count » (littéralement, Comte von Compte) et « Oscar the Grouch » (Oscar le grincheux). Voici Cookie Monster en train de faire ses bêtises :

Pour sa part, le Comte est connu pour compter des choses une à la fois, en riant « Ah ah ah ! ».

Cette émission existe depuis les années 60 et reste toujours populaire, avec plusieurs milliers d’épisodes. La Fille l’a tant aimée en tant que bébé que beaucoup de ses chansons restent parmi le top 20 de ma bibliothèque iTunes, même 8 ans après la fin de son intérêt. Celles qui les dépassent font partie de mes playlists pour faire du vélo ! (J’ai perdu mes données avant 2011, et j’écoute Rush en dehors d’iTunes, alors cette liste est un peu trompeuse. Mais pas trop.) Comme toujours, ne me croyez pas sur parole — les « Pajanimals » sont une dérivée de Sesame Street par les mêmes producteurs :

Plus haute résolution en cliquant

Ceci est « The Bionic Jam » — on en parlera une autre fois.

Savoir est la moitié de la bataille — À la fin de chaque épisode de GI Joe, il y avait des messages d’intérêt public — n’acceptez rien des inconnus, souvenez-vous du numéro téléphonique de vos parents, etc. Chacun s’est terminé par le slogan « And knowing is half the battle », savoir est la moitié de la bataille. C’est le « My tailor is rich » de ma génération — tous les quarantenaires le reconnaîtront.

Il me semble que ce serait un super « tag » — quelles sont les références qui vous sont importantes ?

Je découvre le Territoire de Belfort

Voilà, le commencement de la fin.

Talleyrand

On continue maintenant le Tour avec le 90, le Territoire de Belfort. C’est le département le deuxième moins peuplé (bonjour, la Lozère !) et les habitants s’appellent…selon Wikipédia, il n’y a pas de gentilé officiel, mais le site de tourisme donne terrifortains. C’est notre huitième et dernier séjour en Bourgogne-Franche-Comté, mais en plus, si la loi du 10 juillet 1964 n’avait pas divisé l’ancienne Seine-et-Oise en 6, ce serait la fin de l’Hexagone (l’Outre-mer nous attend, bien sûr). Je garde cette citation de Talleyrand dans mon fichier des départements depuis plus de 3 ans déjà ; je vous rappelle que j’ai écrit la fin du Tour il y a longtemps. Vous n’avez aucune idée des larmes qui vont avec ce moment, et je m’attends à d’autres.

Au fait, j’avais espéré finir tout l’Hexagone à ce point, le temps du début du Tour de France 2024, et j’avais tant dit en juillet dernier.

On commence notre tour dans la ville de Belfort, la préfecture. Et ici, il n’y a qu’un seul choix possible pour notre premier arrêt, la Citadelle de Belfort (2 étoiles Michelin). Construit au XIIe siècle et modifié par Vauban, la Citadelle offre des vues panoramiques de tout Belfort. Là, il ne faut pas rater le Lion de Bartholdi (2 étoiles), une sculpture du symbole de la ville par le sculpteur célèbre, en souvenir de sa résistance contre les Voisins en 1870. La Citadelle abrite aussi le Musée d’Histoire de la ville. Après, on se promène dans la vieille ville (1 étoile) pour la Place d’Armes et son quartier haussmannien du XIXe siècle. Fermé jusqu’à fin 2024, le Musée d’art moderne (1 étoile) abrite des œuvres de la première moitié du XXe siècle, de lumières telles que Braque, Picasso, Léger, Chagall, et pour ceux qui l’aiment, Picasso. Juste à l’extérieur de la ville, on trouve l’Étang des Forges, lac artificiel du Moyen-Âge devenu réserve naturelle avec des sentiers pour faire des balades.

Le Territoire de Belfort est unique en France — il n’y a aucune distance plus longue qu’environ 30 km pour traverser le département, qui est essentiellement Belfort et ses alentours. J’ai essayé de conserver un chemin logique dans ce qui suit, mais honnêtement, rien n’est loin et c’est très facile à réarranger tout le reste de cet itinéraire.

À moins de 4 km de l’Étang, on trouve le Fanum d’Offemont, les ruines d’un petit temple gallo-romain du Ier siècle. Juste à l’ouest, à Valdoie, on visite Valdoie pour son Église Saint-Joseph, construite originalement juste avant la Révolution (un moment mal choisi !), et renouvelée après des dégâts au début du XXe siècle. L’horloge vaut la visite, ainsi que son orgue, restauré en 2016. On continue à l’Ouest, au Salbert, un massif de 647 qui offre des vues sur la ville de Belfort ainsi que le Malsaucy (on en parlera en bas). Fort Dorsner à Giromagny, au nord (et ouvert l’été seulement), a été construit pendant les années 1870, pour loger 600 soldats ainsi qu’une cinquantaine de pièces d’artillerie, et reste en plutôt bon état malgré 4 décennies d’abandon avant son rachat par la commune.

Très proche de Giromagny, on trouve le Lac du Malsaucy (1 étoile) et sa presqu’île. On visite le premier pour la randonnée et la plage ; le dernier est remarquable pour le festival des Eurockéenes chaque juillet. Croyez-moi, j’ai pensé à y aller en 2023 pour Indochine et sa première partie, Philippe Etchebest. Vous pensez que je plaisante. Allez cliquer — je n’invente (presque) rien. Mais enfin, je n’allais jamais convaincre ma famille d’y aller au lieu de Paris et Normandie. On revient vers les alentours de Belfort pour le Parc de la Douce, un autre joli espace vert pour faire de la randonnée.

On continue au sud de Belfort pour nos deux derniers arrêts. D’abord, l’Église Saint-Martin à Grandvillars, construite au début du XVIIIe siècle. Seulement le clocher est original, le reste ayant été reconstruit en 1848 pour accueillir une forte augmentation de la population. Son orgue tout neuf vaut aussi la visite. On finit à Beaucourt pour faire le tour des cinq fontaines de la ville, dont sa « Fontaine du Loup », le centre de la ville.

Qui sont les personnages les plus connus du Territoire de Belfort ? Le prince de Monaco, Albert Grimaldi, est aussi comte de la ville de Belfort. Après lui, bien que j’aie trouvé une centaine de noms, je dois avouer que je n’ai entendu parler de personne. Mais Belfort peut se vanter du général Jean-Pierre Béchaud, mort pour la France, dont son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe à Paris ; Roger Furst, Édouard Pinot, et André Parant, Compagnons de la Libération ; Lucienne Welschinger, fondatrice du réseau de résistance Équipe Pur Sang ; et Olga Baumgarten Saint-Blancat, Juste Parmi les Nations.

Que manger dans le Territoire de Belfort ? On est au carrefour d’Alsace et de Bourgogne (quoi, il n’y a qu’un Carrefour pour les 2 régions ?!?), alors la cuisine reflet les deux. Non, on n’y trouve pas de saucisses farcies d’escargots (super, on va lire ça et en faire juste afin de me dire que j’ai tort). On y trouve donc de tels plats que la potée comtoise et le gras-double à la crème, le gras-double étant de l’estomac de bœuf. L’épaule du Ballon, spécialité de la ville de Belfort, est une épaule de mouton désossée et farcie de myrtilles. En dessert, on y trouve le belflore, gâteau créé en 1993, des framboises recouvertes d’une meringue aux amandes. Pour boire, il y a le brimbul, un apéritif à base de myrtilles.

Mon dîner icaunais

Je sais depuis longtemps que ce dîner allait tourner autour des gougères. Ce sont la toute première chose que j’ai appris du livre du grand chef Thomas Keller, 3 fois étoilé à deux restos en même temps. Alors quand j’ai appris leur lien à l’Yonne, il ne restait pas de choix. Pour aller avec, le rigodon, un dessert bien paysan de la région.

Vous savez ce qui suit. Allons les préparer !

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Outsphere 3 : Réligions

Ça fait des mois depuis notre dernier séjour aux mondes de Guy-Roger Duvert. (6 mois presqu’au jour, avec Outsphere 2.) Mais nous voilà, avec Outsphere 3 et oh là là, que l’échiquier ait beau changé ! Pour ce qu’il vaut, j’ai largement lu ceci sur les avions pendant mes vacances — le long délai entre le dernier tome et celui-ci n’a rien à voir avec le livre lui-même.

Il n’y a rien de surprenant quand je vous dis qu’un roman de M. Duvert n’hésite pas à se débarrasser de pas mal de personnages attachants. J’ai évité de vous parler de la fin du deuxième tome à l’époque, afin de ne pas jouer le divulgâcheur, mais l’épilogue de ce livre-là nous dit exactement la même chose que le début de ceci — on est maintenant dans une époque beaucoup plus tard, et presque tout le monde auquel le lecteur s’intéressait à travers les deux premiers tomes est mort depuis longtemps.

Mais combien de temps ? Plusieurs siècles en tout cas, mais déterminer exactement la durée est difficile. Je vous ai dit avant qu’avec les pertes massives des deux premiers tomes, il était bien évident que les descendants des colons allaient vivre des vies d’un niveau de technologie très bas par rapport à celui qui les a amenés à la planète d’Eden. Pourtant, je ne m’attendais pas au thème de ce livre, où l’histoire s’est effacée et toute mémoire de l’Arche et de la Terre n’est que légende. À partir de ça, plusieurs religions sont fondées, où chacune garde des bribes, des brins de la vérité sur les origines extra-terrestres de l’humanité sur cette planète.

Sans divulguer trop, seulement une de ces religions arrive à jouer un rôle vraiment important à l’histoire, pour de bonnes raisons. À la fin du deuxième tome, trois protagonistes sont placés dans des caissons pendant que les scientifiques cherchent le remède pour une maladie, dans l’espoir qu’ils seront réveillés assez bientôt. C’est ainsi qu’ils sont (pour autant que l’on sache) les seuls survivants de l’Arche qui restent. Pourtant, il y avait d’autres caissons et les descendants les ont découverts, et ça a donné lieu à l’idée qu’un jour, les « Endormis » reviendront pour sauver Eden d’une Menace inconnue. Une religion basée sur ça va évidemment avoir le plus d’intérêt dans un roman écrit autour de trois personnes envoyées au futur en tant qu’Endormis.

Cependant, le roman est largement la recherche de l’une des trois par les deux autres. Les trois caissons finissent par être séparés, et on se retrouve avec Jake Bowman et Nash Olsen, les protagonistes principaux des deux premiers tomes. Jake était anciennement le colonel supérieur à Olsen, mais en plus du fait que l’Armée n’existe plus, Olsen considère que Bowman l’a abandonné pendant le premier tome (et a raison d’une façon). Ils sont donc alliés, mais se trouvent séparés pendant de longues périodes, et l’histoire est racontée par tours de chacun de leurs points de vue.

Ce livre est en grande partie un livre d’idées. Je ne dis rien de nouveau si je vous dis que ce qui croit un paroissien typique d’une église est peut-être loin de ce qui croit les évêques et les cardinaux. Parfois c’est une question d’éducation, mais parfois c’est une question de connaissances jugées trop dangereuses. Encore une fois, je ne veux rien divulgâcher, mais la religion des Endormis est victime de toute la même corruption que l’Église catholique médiévale, jusqu’à sa propre Inquisition. De cette façon, M. Duvert se trouve bien placé à offrir ses propres spéculations sur la religion telle que l’on la connaît.

Outsphere 3 fait 346 pages ; le temps que 250 soit arrivée, il m’était évident que l’histoire ne pouvait pas atteindre sa conclusion dans ce tome. D’une façon, j’avais tort — il y a une épilogue, après une note qui dit clairement qu’il y aura un quatrième tome, mais l’intrigue trouve sa résolution, « une fin certes un peu douce-amère » comme dit M. Duvert dans une note au lecteur. Mais même avec la fin que l’on a, il y a beaucoup de questions qui restent peu explorées — le sort du 3e personnage, ce qui est vraiment la Menace, les détails de l’événement à cause duquel la mémoire historique semble avoir été perdue.

Vous aurez remarqué que je n’ai dit presque rien sur l’intrigue lui-même. En partie, c’est parce que c’est difficile à le faire sans trop dire. Mais l’autre partie, c’est que j’avoue être plus qu’un peu déçu par la résolution. Jake Bowman n’est pas un homme parfait, mais je voulais désespérément qu’il trouve la seule chose dont il avait vraiment envie. En revanche, la leçon livrée encore et encore dans les livres de M. Duvert est que la vie ne se passe pas comme on l’aurait souhaitée.

Outsphere 3 est bien équipé de tous les points forts habituels chez M. Duvert. On est vite plongés dans l’intrigue, l’écriture est vive, les personnages sont intéressants — au-delà de vous prévenir qu’il faut vraiment commencer cette série au début, non pas avec le troisième tome, je n’hésite pas à le recommander. Je n’ai franchement aucun doute que le quatrième tome vaudra la peine, même si je sais qu’il va raconter tout autre histoire par rapport à ce que je devinais. C’est juste que l’on sait déjà que les histoires d’amour finissent mal, et je suis assez d’un bisounours pour avoir espéré le contraire.