Je n’allais pas publier ce post. J’ai écrit le premier brouillon avant la Saint-Valentin, puis décidé que c’était trop amer. Mais après ce qui m’est arrivé cette semaine, j’ai changé d’avis car encore une fois, j’en ai marre. Si vous en avez eu assez de mes plaintes romantiques, on se reverra demain.

Ça fait des années depuis la dernière fois où je me suis abonné à n’importe quelle appli de rencontres américaine. Mais je garde ouvert mon compte sur la plus grande parce que je suis con ne veux pas perdre tout espoir. Que l’on me gifle pour l’avoir payé encore une fois ! On y reviendra en bas.
Si vous avez un peu appris sur le Nouveau Testament, vous savez que le chiffre 666 appartient au Diable. ([Vous ne m’avez pas dit qu’un numéro vous appartenait. J’exige la moitié, comme tous vos autres atouts. En fait, je veux plus que la moitié car vous l’avez caché pendant le procès. — Mon ex]) Mais aux États-Unis, c’est le numéro préféré des américaines.
« Justin », vous me dites « arrêtez. On comprend l’amertume, mais c’est trop. La moitié du pays n’est pas composé des amoureuses du Diable. » Mais je ne vous mens jamais sur ce genre de chose. En fait, la règle de 6-6-6 est comment les américaines choisissent qui est digne tout court de leur attention.
Alors, pourquoi est-ce que je l’écris avec des traits d’union ? C’est parce que ça décrit trois attributs qu’un homme doit avoir :
- 6 pieds — c’est la hauteur minimale qu’il faut faire, équivalent à 183 cm
- 6 numéros — le nombre de chiffres dans son salaire (donc pas moins de 100 000 $)
- « 6 pack » — une expression qui veut dire littéralement 6 cannes de soda, c’est de l’argot pour décrire les muscles abdominaux. J’ai trouvé un article en français qui utilise le terme.
Pensez-vous toujours que ça sent l’amertume ? Il y a certainement pas mal d’articles en ligne qui disent que tout ça est une hallucination des hommes célibataires, que ça sent le complotisme (voilà et voilà, en anglais). Mais il y a des preuves. On m’a récemment partagé un article (en anglais) avec des statistiques déprimantes.
Quant à la question de la hauteur, il s’avère que sur les applis de rencontres, où on balaye vers la droite pour indiquer l’intérêt et vers la gauche pour refuser, les statistiques sont encore plus catastrophiques que j’avais cru. Sur le site Bumble, 90 % des américaines filtrent leurs résultats afin d’exclure tout sauf le 6 % des hommes qui font les plus grandes tailles. Moi, je fais 177 cm. Carnets d’une plume a un article sur (en partie) exactement ce sujet, la tendance de traiter tout le monde comme des pièces dans un catalogue.
D’autres études montrent que l’homme d’attractivité moyenne sera aimé par environ 1 % des femmes qui le voient. Ça se trouve sur Tinder, sans doute l’appli la plus superficielle, mais il n’y a pas trop de raisons pour croire que c’est différent ailleurs.
Pendant tout mon abonnement original (6 ans) chez Match, l’appli en question, j’ai été contacté exactement deux fois. La première fois était un mot d’une seule phrase afin de me gronder pour avoir osé aimer son profil, car elle (une divorcée) ne s’intéressait pas aux pères célibataires. L’autre m’a mené au seul rendez-vous de ma vie avec quelqu’un d’autre que mon ex. J’étais si déprimé après le mot d’avant, quand une vietnamienne qui ne parlait guère l’anglais m’a écrit, j’ai dit oui parce que j’ai cru qu’il me fallait accepter tout et n’importe quoi. Mais pendant le déjeuner — notre seule rencontre — elle m’a dit qu’elle avait hâte d’adopter La Fille. Pas si vite. Je ne lui ai plus répondu après ça, pas gentil de ma part, mais ça ne pouvait pas continuer.
Alors cette semaine. J’ouvre parfois Match pour voir si elle me proposera quelqu’une qui parle français. Dimanche dernier, elle m’a enfin proposé une expatriée française, pas loin géographiquement, mais pas partie de mon association non plus (au moins, personne dans l’annuaire a le prénom qu’elle utilisait). Elle a écrit qu’elle avait récemment divorcé, voulait voir qui est là et s’intéressait plutôt à trouver des connaissances que des relations.
Étant con, je l’ai crue. J’y ai pensé pendant 2 jours et demi, puis je me suis abonné à nouveau, ce qui coûte autant qu’un de mes colis de la FNAC. Je lui ai écrit un mot bien bilingue, mais pas en franglais ; après m’avoir présenté en français, j’ai changé à l’anglaise. J’ai dit que ses souhaits me convenaient bien car j’ai envie de déménager, mais que l’on pourrait s’emntendre bien et je serais ravi de la connaître selon ses termes.
Rien de mercredi jusqu’à vendredi après-midi. Puis elle l’a lu, et…
Elle m’a bloqué sans réponse.
Un ami m’a déjà grondé pour avoir pris ce genre de parole au sérieux, et il a probablement raison. Tout ce que je peux dire, c’est qu’aux États-Unis, tout qu’un homme peut faire est considéré comme harcèlement, alors une opportunité pour baisser la température m’a semblé une bonne idée. J’ai eu tort.
Mais jamais une réponse positive au-delà de mon ex-femme, en 32 ans ? Non, je ne trouve pas ça normal. Du tout.





































