L’entremets mousse au chocolat « Princess Peach »

À chaque fois où un jeu vidéo sort avec de la pâtisserie, La Fille me demande à essayer de copier tel ou tel gâteau. Et dès que nous avons entendu parler que la princesse Peach serait pâtissière dans son nouveau jeu… c’était juste une question de quel gâteau. Après plus d’efforts que j’aimerais m’en souvenir, voici l’entremets mousse au chocolat de Princess Peach Showtime :

Après avoir vu le travail pour tout ça, vous allez me demander si j’ai envie de le refaire. Pour les macarons, je les fais sur demande. Pour une tropézienne, il vous faut faire partie de l’un de mes groupes. Pour ce truc, il faut soit être La Fille soit se nommer Julie Zenatti. Désolé, mais ce sont les règles. Allons le faire :

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Saison 3, Épisode 2 — Vaucluse et Vianney

Ce blog et balado ont plusieurs buts, et l’un des plus importants est de vous convaincre que c’est mieux de vivre n’importe où en France qu’en Californie. Mais même moi, je n’ai jamais cru que l’une des raisons serait qu’il y ait plus de cannibalisme chez moi. Pourtant, nous voilà, ou plus précisément, San Francisco voilà. Le lien est en anglais, et le clip est flou exprès, mais il provient d’une chaîne de nouvelles locales fiable.

Je ne suis pas prêt à le partager — j’espère que demain sera le bon temps — mais je suis en train de préparer un entremets très inhabituel. On va découvrir si ça marchera. Je ne sais pas si je le ferais pour l’OCA — la quantité de travail est folle.

J’ai une nouvelle qui ne va pas du tout vous surprendre. Vous souvenez-vous de mon billet sur La lutte pour le français ? À l’époque, je croyais que La Fille allait finir par suivre un cours de latin. Cependant, elle s’est trompée — le latin n’est offert que dans un lycée des 4 dans notre ville, pas celui où elle est inscrite pour l’année scolaire prochaine. Et il y a de bonnes raisons pour ne pas y aller. Elle a donc décidé de suivre plutôt un cours de français. Puisque cette semaine était ses vacances de printemps, elle a déjà appris environ 400 mots avec Duolingo. La vie changera chez moi, il me semble.

Je me moque de mon opérateur cette semaine. Je viens de recevoir ma première facture mensuelle pour mon portable sans service de télévision. Ils me doivent 3 $ ce mois. Mais ce n’est pas la partie la plus hilarante. Non, c’est plutôt le mot pour me dire que j’ai perdu mon rabais de 8 $ le mois car je n’ai plus au moins deux services de chez eux. Je sais, les gars. Mais le sentiment de culpabilité est bel et bien soulagé par les 150 $ que vous ne me volez plus chaque mois, AT&T !

Je dois partager quelque chose. Il devient de plus en plus fou, comment le monde trouve un chemin vers chez moi :

Le type a dû être déçu par ce qu’il a trouvé ici. Mais j’espère que Google ne traitera pas ce site comme une source de ce genre de truc !

Notre blague traite des incendies. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Verlan, Orange, et Histoire d’Amour.

Sur le blog, il y a aussi La tarte piémontaise, la recette de ce dessert aux noisettes et au chocolat ; Peur, sur mes soucis pour quelqu’un ; et Deux choses qui valent le coup, une courte appréciation de S.O.S. Fantômes : La Menace de glace et Princess Peach Showtime.

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Je découvre Vianney

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec le deuxième de trois artistes qui ont apparu sur scène avec Véronique Sanson pour Les 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Vianney.

Vianney, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Vianney Bureau, né en 1991 à Pau, est allé au lycée de Saint-Cyr. Est-ce que ça lui donne le titre de saint-cyrien ? À vous de me l’expliquer. Après, il a suivi des cours d’affaires et de mode, et on l’aurait cru destiné à une carrière en tant que créateur. Mais pendant ses études de mode, il a rencontré sa future gérante, Isabelle Vaudey, et avec son encouragement, il a enregistré son premier album, Idées blanches, en 2013 (or, il n’est sorti qu’en 2014), 2x platine en France. Et le premier single de l’album était « Je te déteste », la preuve qu’il ne doit pas être britannique, ni chanter en anglais non plus, pour sonner exactement comme One Direction :

Avec de telles paroles que « Je viens gifler mes cordes plutôt que ton fessier » et « T’envoyer des menaces, un rat mort dégueulasse? », il me semble que si j’étais la femme du clip, j’aurais un ordonnance restrictive hier. Au fait, je viens de découvrir que cet outil de la loi, bien-aimé des ex partout dans le monde anglophone, n’existait en France qu’à partir de 2012. (Non, ce commentaire ne raconte pas une histoire personnelle ; si c’était le cas, vous n’auriez jamais entendu parler de La Fille, car je ne la connaîtrais guère.)

J’ai aussi écouté Pas là, avec des paroles comme « Je te remplace/Comme je le peux/Que tout s’efface/J’en fais le vœux », et Notre-Dame des oiseaux, pas un single de l’album. Sa voix est agréable, mais la musique ici n’est que l’enveloppe pour livrer ses contes d’amour perdu. Je me trompais en l’écoutant — sur cet album, il sonne comme le jeune Harry, mais l’âme est 100 % Maroon 5, au moins leur premier album.

En 2016, Vianney est de retour avec son deuxième album, cette fois nommé pour lui. La chanson « Je m’en vais » atteint la deuxième place en France :

Je comprends ça. Les paroles expriment exactement le même message qu’avant :

Quand tu diras que c’est ma faute 
Que je n’ai jamais su t’aimer 
Au diable toi et tes apôtres 
Je m’en vais

mais cette fois il renaît en tant que Christopher Cross, un meilleur musicien.

J’ai aussi écouté « Dumbo » du même album, une chanson éloignée — mais pas complètement — de ses histoires d’amour qui finissent mal. Le clip est mignon :

Encore une fois, je me suis trompé. Il est Christopher Cross, oui, mais aussi Jason Mraz.

En 2018, lui et Véronique Sanson ont tous les deux sorti des albums en live en collaboration avec d’autres artistes. Et sur chacun des deux, on trouve leur version de La Chanson :

Je pleurais en l’écoutant. Vous savez que j’adore cette chanson plus que presque tout au monde entier. Bien qu’elle ait eu 2,5 fois son âge au moment de l’enregistrement — et oui, vu le matériel, ça me dérange un peu — les affinités entre les deux sont clairement là. Le refrain avec la question, « Qu’est-ce que tu diras ? », c’est magique. Vianney a une voix agréable, même douée, c’est juste que je ne suis pas grand fan du genre où il travaille.

Son troisième, et à ce point dernier, album de musique originale, N’attendons pas, est sorti en 2020. L’album atteint la 1ère place en France, mais parmi ses singles, le seul grand tube est Beau-papa, #13 :

Comme Dumbo, c’est une chanson loin des histoires d’amour, et le clip est plutôt émouvant. La chanson du titre est aussi hors ses sujets amoureux ; je l’ai bien aimé, mais elle n’a connu qu’un petit succès (#146 en France) :

En 2023, Vianney a sorti un album de collaborations avec d’autres artistes. Je reste perplexe sur la question de qui est responsable de l’écriture — les crédits ne sont clairs nulle part en ligne. Mais je dirais que Le firmament avec Maître Gims (à qui je souhaite « Bonne année ») ne sonne pas comme la musique associée avec ce dernier. En revanche, Comment on fait avec Zazie pourrait bien être à elle. Je passe sur celui-ci sans plus de commentaires car il ne m’est pas clair du tout à qui est la matière de l’album.

Alors, que penser enfin de Vianney ? Il devrait être clair que si ses chansons se traduisaient en anglais, je passerais mon chemin. Mais c’est ici où le « prime français » marche pour lui. Exactement comme j’adore les pubs à la radio en français bien que je change de chaîne en anglais, je n’achèterais pas les disques mais…

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.

Deux choses qui valent le coup

Je vous ai prévenu en février que le 22 mars allait voir les sorties du prochain volet de S.O.S. Fantômes ainsi que Princess Peach Showtime. Nous voilà. Je suis ravi de vous dire que, puisque La Fille est en vacances cette semaine, on a vu le film et acheté le jeu, et les deux portent ma recommandation, surtout le jeu.

Princess Peach Showtime ©️Nintendo ; S.O.S. Fantômes : La Menace de glace, ©️Columbia Pictures

D’abord, le film. S.O.S. Fantômes : La Menace de glace (traduction curieuse du sous-titre ; c’était « L’Empire gelé ») continue le film de 2021, dans lequel l’hérésie de 2016 n’est jamais arrivée. On suit les aventures d’une famille, les Spengler, la fille et petits-enfants de l’un des quatre chasseurs de fantômes du film original. Il y a des apparitions de presque tous les personnages bien-aimés de l’original : les trois chasseurs survivants, leur secrétaire, même les petits Bibendum Chamallow. Je ne vais pas vous donner une critique détaillée, mais tout ce que le film précédent et celui-ci avaient dû faire était ne pas cracher sur les films originaux, et ils le réussissent. J’ai pu regarder ce film et en profiter car il n’y avait aucun discours magistral pour faire honte aux vieux personnages ou leurs fans à cause de leurs identités. Je n’arrive donc guère à croire que ce soit un film américain !

Mais c’est le jeu, Princess Peach Showtime, duquel je suis vraiment ravi. C’est seulement la deuxième fois pendant plus de 38 ans de jeux Mario avec la princesse Peach en vedette. Cependant, beaucoup de monde qui connaissent seulement le jeu original de Mario se trompent en pensant à Peach comme victime perpétuel. Dès le deuxième jeu de la série, on peut jouer dans sa peau, et si elle reste parfois l’objet de tentatives d’enlèvement par Bowser, c’est seulement pour la bonne raison féodale, qu’il veut agrandir son royaume en le rejoignant au sien, ce qui exige un mariage politique.

La Fille ne s’est jamais trompée sur la question de personnages de jeux vidéo comme modèles à suivre. Au-delà de jouer avec Peach comme héroïne dans Super Mario 3D World ou Super Mario Wonder, je l’ai encouragé de jouer à Metroid, avec Samus Aran, chasseuse de primes ou bien The Wind Waker ou Skyward Sword, des jeux de Zelda où la princesse n’a pas besoin d’être sauvée, juste de l’aide. Mais bien que ces personnages soient forts, elles ne haïssent pas les hommes, presque tout ce que l’on trouve dans la fiction américaine de nos jours. La Fille a déjà sa ceinture noire en karaté ; je ne me soucie pas de la question de sa confiance en soi.

On a passé deux heures avec ce jeu aujourd’hui. Il n’y a pas de Mario, ni Luigi, ni Bowser. C’est Peach contre une nouvelle méchante et sa bande, Syrah et sa Grappe maléfique (la méchante s’appelle Grape en anglais ; c’est-à-dire Raisin). Mais ce dont je suis vraiment ravi ? Elle essaye tout genre de carrière le long du jeu :

Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo
Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo
Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo

On a énormément profité de découvrir ces rôles ; l’épéiste, c’était comme jouer dans un film de cape et d’épée avec Jean Marais. La Fille a vite réussi à décorer des gâteaux avec la poche à douille en tant que pâtissière ; moi, j’ai eu du mal avec ça. (On appelle ce moment « l’ironie ».) L’étape cow-boy, c’était un truc d’impossible pour moi avec un lasso — encore une fois, pas de problème pour La Fille.

Il y a même un clin d’œil vers Arsène Lupin, l’original, pas le descendant censé de l’animé japonais :

Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo

Il y a des critiques anglophones qui trouvent le jeu sexiste ou « condescendant » car elle peut changer de robe — une critique ignorante qui ne rend pas compte du fait que Mario a une centaine de costumes dans Super Mario Odyssey, et il y a tout un jeu Zelda, Triforce Heroes, où Link (un homme) change de costume tout le temps. Le jeu est — comme beaucoup trop des jeux Nintendo de l’année dernière — trop court pour son prix, mais j’ai la même plainte sur Super Mario Bros. Wonder et Pikmin 4.

Il n’y a absolument rien dont cette Peach n’est pas capable et on peut dire ça sans mépriser personne. Je trouve ça un message extrêmement positif, et il était super aujourd’hui de trouver deux divertissements en anglais qui le communiquaient. Je croyais qu’en trouver un tel n’était plus possible !

Peur

Je suis trop déprimé pour parler d’autre chose aujourd’hui, mais je n’ai pas le droit de dire exactement ce qui s’est passé. Alors, ça va être compliqué.

Il était une fois, j’ai lu quelque chose sur les niveaux d’amitié qui m’a parlé assez bien que je retiens l’idée même plusieurs décennies plus tard, bien que je n’aie plus aucune idée de quelle était la source. L’auteur a proposé qu’au-delà des inconnus, il y a 4 niveaux de connaître les gens. Je l’esquisse :

J’espère que l’idée sera assez claire : il y a des gens que l’on connaît, et les relations peuvent être assez chaleureuses sans vraiment les compter parmi nos amis. Puis, il y a des amis, et des amis ; ceux auxquels on ferait l’appel pour l’aider à cacher le cadavre, ou pas.

Je trouve que ce modèle marche le mieux quant aux deux cercles extérieurs. Le type qui travaille dans un bureau dans le même bâtiment mais qui vous ne connaissez pas au-delà de le voir dans le parking, c’est une connaissance éloignée. Le serveur que vous voyez chaque semaine pendant le déjeuner, qui connaît votre commande à l’avance, où vous vous connaissez les prénoms et même parlez de choses au-delà de votre commande, c’est une connaissance proche.

Le salopard dont vous avez entendu chaque détail de chacun de ses ébats au lit à travers le plafond de votre chambre pendant une année entière sans jamais l’avoir rencontré, c’est le voisin à l’étage, et c’est une honte que les lois vous interdisent de tirer un fusil de chasse sur votre propre plafond. Non, je n’ai pas de fusil de chasse, pourquoi ?

Les lignes deviennent plus floues après ça. Les gens avec qui vous jouez au tarot une fois par mois, pour lesquels vous passez des heures en cuisine — pour inventer un exemple par hasard — sont-ils des connaissances proches ou des amis éloignés ? Difficile à dire. Mais on sait clairement quelle est la différence entre un ami proche et un ami éloigné — si on doit toujours être celui qui lance les appels, on n’est pas trop proches, n’est-ce pas ?

Évidemment, la distance complique la situation. Vous voyez déjà où je vais avec ça. C’est une chose quand on n’est jamais disponible dans la même ville. Cependant, à travers un décalage horaire de neuf heures, pour choisir un autre exemple complètement par hasard — c’est tout autre chose.

Je suis horriblement au courant à quel point ils sont fins, les fils qui me connectent à ma communauté outre-Atlantique, peu importe le cercle où ils se trouvent. En septembre, un ami — sans hésitation, je dis ami, pas connaissance — a trouvé une copine, et une semaine plus tard, il a quitté sa vie en ligne, dont la gestion d’un groupe sur Facebook qu’il avait fondé et poussé jusqu’à 10 000 membres. Il a disparu de la vie de toutes nos connaissances communes. Néanmoins, je suis content pour lui, car je crois qu’il est plus heureux de cette façon. Mais si je suis complètement honnête, il appartenait au deuxième cercle.

Le cercle au centre est le plus petit, mais il y en a certains qui y habitent même à travers un océan. En ces cas, j’ai plus de moyens de les contacter que juste Facebook ou des blogs, pourtant…

Pourtant, ça va être gravement testé et je ne sais pas pendant combien de temps. Quelqu’un de spécial pour moi a arrêté toute activité en ligne il y a deux semaines, et ça fait une semaine où toutes nos connaissances communes n’avaient aucune idée de ce qui s’est passé (pas un blogueur ; malheureusement, ça pourrait en décrire plusieurs que l’on connaît tous). Je suis soulagé de vous dire que l’on s’est enfin retrouvés cet aprèm. Le pire n’est pas arrivé. Toutefois, je sais que ça fera longtemps avant notre prochaine conversation. Je lui ai rappelé un dicton anglais, « Out of sight, out of mind » (Hors de vue, hors d’esprit). L’ami m’a répondu avec un dicton français, « Loin des yeux, près du cœur ». Il me semble que ce ne sont pas des synonymes. Il n’y a rien au monde que je veux plus en ce moment que d’avoir tort.

Mais j’ai peur.

Je découvre le Vaucluse

On continue maintenant le Tour avec le 84, le Vaucluse. C’est le département le quarante-septième plus peuplé, et les habitants se nomment vauclusiens. C’est notre sixième — et dernier — séjour en Provence-Alpes-Côte d’Azur. À chaque fois où j’écris « notre dernier séjour », il y a des larmes aux yeux.

Comme souvent en écrivant sur les départements, il n’y a qu’un endroit logique pour commencer. Cette fois, c’est sur le Pont d’Avignon 🎶. Je plaisante un peu à peine pas ; on va commencer à Avignon en plein milieu du Rhône, sur le Pont Saint-Bénézet (2 étoiles Michelin), construit au XIIe siècle, ayant anciennement 22 arches, mais il n’en reste que 4. Il y a deux chapelles sur le pont, de nos jours devenues parties du musée qui est notre prochain arrêt, le Palais des Papes (3 étoiles). Cette résidence a accueilli 7 papes des 9 avignonnais, dont 2 schismatiques. On est là pour sa grandeur en tant que bâtiment, mais aussi pour ses fresques et ses jardins. Juste à côté, on trouve le Musée du Petit Palais (2 étoiles), maison des 2 premiers papes, qui abrite de nos jours des œuvres de peinture italiennes et avignonnaises ainsi que des sculptures. On finit notre visite avec le Jardin du Rocher des Doms (2 étoiles), un parc avec des vues panoramiques sur la vieille ville.

On conduit vers le sud-est, à Gordes, un des Plus Beaux Villages de France (il y en a 7 dans le Vaucluse !). Ici, on visite l’Abbaye de Sénanque (2 étoiles), fondée en 1148, qui conserve preque complètement sa forme du début, et vaut la visite aussi pour ses jerdins de plantes médicinales et champs de lavande. Puis on passe à Ménerbes, un autre des Plus Beaux Villages, largement construit pendant le Moyen-Âge et la Renaissance. Au-delà des espaces consacrés aux producteurs locaux, comme la Maison de la Truffe et du Vin du Luberon, on visite le très inhabituel Musée du Tire-bouchon, avec une collection de 1 200 pièces des derniers 4 siècles.

Á quelques km de Ménerbes, on visite encore un autre des PBV, Roussillon, et son sentier des ocres (2 étoiles) parmi les pierres rouges qui donnent une couleur unique aux bâtiments du village ([Pas si vite, mon ami. — Collonges-la-Rouge]) Notre prochain arrêt, le tout petit village de Brantes n’a que 88 habitants, mais a d’excellentes vues sur la face nord du Mont Ventoux (3 étoiles). Mais Brantes vaut aussi la peine pour les ruines de son ancien château et sa chapelle des Pénitents blancs.

On retourne vers l’ouest du département, jusqu’à Carpentras. Vous avez eu assez d’églises et abbayes ? Bon, ici on visite la Synagogue de Carpentras (1 étoile), la plus vieille de la France toujours en activité. Construite pendant les années 1360 avec l’approbation de l’évêque, la salle de prière a été renouvelée pendant le XVIIIe siècle, mais le mikvé (bain rituel) et les deux boulangeries (une pour le pain de chabbat, l’autre pour le pain azyme de la Pâque juive) sont beaucoup plus vieilles. Puis on va à Vaison-la-Romaine pour voir les ruines gallo-romaines (2 étoiles). Là, il y a 15 ha de sites à voir, dont La Villasse, ancienne place principale ; Puymin, théâtre et quartier des riches, et un pont romain du Ier siècle.

On finit notre séjour vauclusien à Orange, d’où la famille royale néerlandaise, les Orange-Nassau. Mais on n’est pas là pour manger des hagelslag, on est là pour les trésors de la ville, à partir du Théâtre antique (3 étoiles), un lieu de spectacle romain qui a plus de 2 000 ans, pourtant est si bien préservé que Johnny et The Police y ont joué (pas en même temps ; en plus, il me faut vous raconter mon histoire liée à The Police). Notre tout dernier arrêt est l’Arc de Triomphe d’Orange (2 étoiles), monument au jus érigé par Tibère en hommage aux ennemis d’Astérix soldats de la IIe Légion gallique.

Qui sont les personnages les plus connus du Vaucluse ? Avignon est la seule ville au-delà de Rome à avoir été le siège des Papes, alors la ville compte sept Papes de Clément V jusqu’à Grégoire XI, ainsi que deux « antipapes » du Grand Schisme. Le compositeur Olivier Messiaen, connu pour sa Turangalîla-Symphonie (une inspiration de la série Futurama), est né à Avignon, ainsi que Mireille Mathieu, dont j’ai appris La Marseillaise en l’écoutant. D’autres avignonnais comprennent : Océane Colom, dite Suzane, chanteuse et Jules-François Pernod, fondateur de la maison devenue Pernod Ricard. L’acteur Jean-Louis Trintignant est né à Piolenc. L’acteur Michel Modo est né à Carpentras, ainsi qu’Édouard Daladier, homme politique. Alexandre Dumas, père, a vendu une collection de son œuvre à la bibliothèque de Cavaillon en échange de douze melons par an, pour la vie. (Pas surprenant qu’il ait fait faillite.) Porte-parole de M. le président Kennedy devenu complotiste fou, Pierre Salinger, est décédé à Cavaillon. Le producteur des Bronzés et oncle de Christian Clavier, Yves Rousset-Rouard, était maire de Ménerbes pendant 19 ans.

Que manger dans le Vaucluse ? On est en Provence et toujours aux griffes de la cuisine provençale, tout comme dans le Var, alors on parle juste des produits locaux. Il y a plus de 500 producteurs de truffes dans le Vaucluse, et le fromage Banon AOC s’y trouve aussi. La ville d’Apt est connue pour sa production de fruits confits. Une confiserie locale est la papaline d’Avignon, un chocolat rempli de la liqueur d’origan (à base de marjolaine) ; il y a aussi les berlingots de Carpentras, des bonbons en forme de pyramides. Pour boire, il y a les vins du Vaucluse IGP et surtout une belle partie de la production des vins Châteauneuf-du-Pape AOC.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

O(e)uf

Ça fait longtemps depuis la dernière fois où Langue de Molière a été consacrée à une collection d’expressions autour de tel ou tel thème. Mais j’ai trouvé un magnifique article sur des expressions autour des œufs, sur le site Cuisine AZ, et c’est d’où part notre colonne aujourd’hui.

Œufs, Photo par Ravi Dwivedi, CC BY-SA 4.0

L’article commence avec la bien connue « marcher sur des œufs » ; c’est-à-dire être dans une affaire sensible. L’idée est que si on ne marche pas très délicatement, on finira par casser les œufs. Pourtant, je ne connais pas l’œuf qui pourrait supporter le poids d’un être humain, peu importe ses efforts. Il serait mieux de dire « marcher sur des Legos », car tout adulte avec des enfants peut vous expliquer à quel point c’est dangereux. Et même si on fait attention, on va SOUFFRIR en marchant sur un Lego. Quant à la brique ? Tout passe crème.

Au fait, en anglais, on dit plutôt « walk on eggshells » ; c’est-à-dire, marcher sur des coquilles d’œufs. Quoi, comme si on vide les œufs avant d’y marcher ?

(N’oubliez pas de consulter Les Dédexpressions sur ce sujet.)

On dit « tuer dans l’œuf » pour un projet qui est annulé avant d’avancer. Mais comment fait-on ça sans casser l’œuf ? On reconnaît que c’est difficile de faire ça en disant « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Peut-être que c’est pour ça que les anglophones disent plutôt « étrangler dans le berceau » (« strangle in the crib ») ou chez les britanniques, « étrangler au moment de naissance » (« strangle at birth« ). On aime nos enfants entiers avant de les tuer !

Cuisine AZ offre une signification curieuse de « Mettre tous les œufs dans le même panier ». Ils disent que c’est « engager plusieurs personnes/choses dans la même situation ». Par contre, Wiktionnaire donne exactement la même signification que l’on trouve en anglais pour cette expression, « Placer tous ses fonds dans une même affaire, dans un seul genre d’industrie ou dans une seule créance ».

« Chercher un poil sur un œuf », belle description des commentaires de M. Descarottes dans mes articles, m’est aussi mystérieux. Qui a eu l’idée de faire une telle chose pour commencer ? Cette fois, je n’ai pas réussi à trouver le bon équivalent en anglais moi-même, car je me concentrais sur l’œuf. Wiktionnaire m’a sauvé –nous disons « splitting hairs », déchirer ou peut-être fendre, des poils (pensez à les couper dans le sens de la longueur). C’est absolument ça. En cherchant cette expression, j’ai aussi trouvé « tondre un œuf », une action inutile, car impossible. Ben, j’avais assez de mal à tondre un tout petit gazon quand mon ex et moi avons acheté une maison ensemble. Je comprends pourquoi « tondre » veut dire impossible. Pourtant, pas trop à voir avec les œufs.

Une dernière œufisme français ? Chez Les Dédexpressions, on trouve aussi « Aller se faire cuire un œuf », pour dire à quelqu’un « allez-vous-en ». Audrey donne un équivalent anglais plutôt fort, « go to Hell » (allez en Enfer), mais en fait, nous avons aussi une expression aux œufs pour ça — « aller sucer un œuf » (« go suck an egg »). Je suppose que les nôtres sont crus, car nous n’avons pas les CAP pour apprendre les bonne règles autour de la santé.

Il y a une autre expression anglaise sur les œufs dont je ne trouve pas un équivalent français. On utilise œuf en tant que verbe, « egg on », pousser ou provoquer quelqu’un de faire quelque chose de lamentable.

Et juste car vous êtes sages, une pub des années 1980 quand la réputation des œufs a changé en ce qui concerne la santé cardiaque :

Ayant vous œufé avec cet anglicisme du dernier moment, Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de l’évident.

La tarte piémontaise

Pour ma soirée de jeux vendredi dernier, je cherchais quelque chose de nouveau. Peut-être que vous ne l’avez pas remarqué, mais j’essaye de ne jamais faire la même chose deux fois pour le même groupe. Si c’est tarot, puis belote, je peux faire des macarons deux fois de suite, mais pour la prochaine séance de tarot, ça doit être des kouign-amann. Ou une tarte au citron. Vous avez l’idée. Alors, voici ma dernière tarte, la piémontaise :

Tarte piemontaise (proche)
Haute résolution en cliquant

Mais avant de vous dire comment la faire, je dois vous partager l’histoire ridicule de comment je l’ai découverte. Allons-y !

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Saison 3, Épisode 1 — Razzia sur le frigo

C’est le début d’une nouvelle saison d’Un Coup de Foudre, la balado (pour vous rappeler, le mot québécois pour un podcast). Je suis toujours en train de décider si je veux faire d’autres changements, mais il y a un nouveau logo, pour plusieurs raisons — pour une chose, il y a d’autres recettes du blog et d’autres lieux pour mettre en vedette. Autre chose, après ma dernière visite chez Les Deux Magots, je n’ai plus envie de leur donner de la publicité gratuite. Les Galeries Lafayette Haussmann restent, mais Rouen remplace le resto. Cependant je suis preneur des idées ; s’il vous semble que d’autres images du blog marcheraient mieux, je vous écoute !

En anglais, quand les enfants ont une fête à la maison de l’un d’entre eux et ils prennent des trucs du frigo qu’ils n’étaient pas censés avoir, ils parlent d’une « fridge raid ». Littéralement, c’est une « razzia sur le frigo ». Il n’y a pas de chnouf dans le mien. ([C’est dans le placard à côté. — M. Descarottes])

Au fait, selon le Trésor, schnouf est la bonne orthographe, et ça vient d’un genre de tabac à priser. En anglais, on dit toujours « snuff » pour ce genre de tabac. Si j’ai bien compris les dates, nous avons les deux mots du néerlandais, « snuftabak », paru dans le XVIIe siècle. Merci, les Pays-Bas.

J’ai essayé d’ajouter des chapitres accessibles de Spotify, qui ignore les chapitres mis dans le fichier de la balado (qui marchent avec Apple Podcasts, Overcast, et plein d’autres lecteurs). Cependant, il me semble que ça n’a pas marché comme prévu. Je contacterai Spotify pour voir ce qui est le problème. Je ne suis pas trop fan de leur style, qui brise l’apparence de la description sur tout autre lecteur — certainement pas par hasard.

Demain, je publierai mon dessert de vendredi soir. Il sera la dernière recette jusqu’à ce que le propriétaire de mon immeuble règle ma cuisinière, qui est tombée en panne — heureusement, juste après la préparation de la ganache. J’espère qu’il n’y aura pas trop de délais, mais plus que le loyer augmente, moins que le propriétaire se soucie de l’immeuble.

J’apprécie les messages que j’ai reçus en réponse à mon post de samedi matin. Pourtant il me semble que beaucoup de monde ont surestimé mon but. Il est déjà trop tard pour moi d’avoir un autre enfant (j’en voulais deux). À ce point, je considérerais une année une réussite si on acceptait d’aller dîner ensemble une fois. Il me semble que c’est quelque chose que les êtres humains font tout le temps, pourtant même ça paraît un but impossible. Je vais me taire sur ce sujet maintenant.

La Fille sera à la maison pendant deux semaines de suite à partir de mercredi. J’espère donc publier sur le Vaucluse et la Vendée avant de finir le 100e film. Je ne veux pas publier la Vendée sans avoir fait le dîner du Vaucluse, mais je ne veux pas tomber plus en retard avec le Tour — j’ai des raisons pour vouloir le finir avant la rentrée. Au cas où ce ne serait pas clair, ça comprend absolument l’outre-mer. Quel qui arrive, le Vaucluse sera publié cette semaine.

Notre blague traite d’une inondation. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Pluriel, Poisson et Ralphs.

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner varois, la soupe au pistou, La tarte tropézienne de Yann Couvreur, exactement ce qui promet le titre — et une star du blog, et La règle de 6-6-6, ma dernière plainte sur ce qui est maintenant 10 1/2 ans depuis mon dernier rendez-vous.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Razzia sur la chnouf

La vache, mais on finit la Centaine des films de façon forte ! Ce soir, j’ai regardé #99, Razzia sur la chnouf, un tour-de-force (expression anglaise qui veut dire « tour de force », sans traits d’union) pour les légendes Jean Gabin et Lino Ventura, et de grandes performances par Magali Noël, Marcel Dalio, et Lila Kedrova. Ce film ne change pas mon top 5, mais il va bien bouleverser mon top 15 — on parle d’un must du cinéma français !

Ce film a beaucoup en commun avec d’autres films de truands qui mettent Gabin en tête d’affiche — des scènes ténébreuses, lui posé avec les mains dans les poches, Paul Frankeur dans un second rôle — mais surtout, cette présence comme personne d’autre. Peut-être brièvement Orson Welles. Je plains tous les pauvres du monde qui ne peuvent pas regarder Gabin en VO. Ou pire, ne le connaissent pas tout court.

On commence à Orly, où notre truand Henri le Nantais — entre ça et Lulu la Nantaise, qu’est-ce qu’il y a, Nantes ? — descend d’un avion alors que des flics le surveillent :

Les flics appellent le commissaire (Frankeur, assis), qui envoie un autre flic pour suivre Henri :

C’est intéressant de faire la comparaison entre cette vue de l’Arc de Triomphe en 1955 avec celle de 1936 dans notre dernier film, Le Roman d’un tricheur — la rue a complètement changé !

Henri va voir un patron de la pègre, Paul Liski (Dalio), qui reconnaît qu’Henri est de retour des États-Unis en lui parlant en anglais. J’adore que vous pensez tous que ces touches ajoutent de la réalisme, vu que je les trouve partout et à travers les décennies. De toute façon, Liski veut qu’Henri prenne en charge ses affaires en tant que fournisseur de drogues :

Puis on voit comment les drogues sont passées en contrebande par train. Un ouvrier à une gare, Émile, ouvre un panneau pour enlever des paquets cachés derrière le mur :

Mais Émile en a eu assez et dit à un truand qu’il veut quitter l’organisation. C’est une mauvaise idée, mais le truand dit qu’il transmettra cette nouvelle à Liski :

Henri arrive au Troquet, le bar qu’il va utiliser pour mener les affaires de drogues en secret. Là, il rencontre deux tueurs à gages qui travaillent avec Liski, Roger le Catalan (Ventura) et Aimé :

Émile reçoit un appel téléphonique dans un bar, ce qui lui prévient de ne pas rentrer à la maison. Naturellement, il fait exactement ça, et les tueurs à gages le prennent dans une ambuscade :

Au Troquet (anciennement le nom d’un resto cher près de chez moi), Henri tombe amoureuse de sa caissière, Lisette, et les deux passent un soir ensemble. Après, elle devient la petite-amie d’Henri :

Puis Henri rend visite au chimiste qui fabrique les drogues pour Liski. Il décide que le chimiste vole une partie des produits. Vous voyez que je ne plaisantais pas ; on voit Gabin avec les mains dans les poches.

Encore une fois au Troquet, Henri réunit avec les tueurs. Ils décident que les tueurs vont régler des comptes avec le chimiste, et Henri fera la même chose avec Marcel, un livreur.

D’abord, on voit les tueurs chez le chimiste. Pendant qu’Aimé lui bat, Roger assaut sa femme. Il ne m’est pas clair s’il la viole, mais c’est plutôt impliqué :

Les tueurs insistent pour venir chez Marcel avec Henri. Ils le choquent en tuant Marcel :

Puis Henri va chez un des revendeurs, un homme censé être « chinois ». Il lui dit qu’il faudra doubler ses ventes ou perdre ses drogues. On voit sa fumerie, ainsi que les menaces :

Il y a une razzia sur Le Troquet. Tout le monde est placé sous garde-à-vue, sauf pour deux touristes britanniques (un moment drôle). Est-ce vraiment comment la police a traité les suspects à l’époque ?

Henri est interrogé au commissariat. Il va très mal, et il rentre après avoir été battu :

Après quelques jours pour se soigner, Henri reprend sa tâche de faire peur aux truands au nom d’une opération plus efficace. Cette fois, son cible est Léa, qui gère un club et est bien accro à la « came » elle-même. Saoule, elle quitte Henri dans un club qui appartient aux « bougnoules ». Ouais, j’ai appris des mots en regardant ce film ; on en parlera plus à la fin :

Liski décide que Léa doit être tuée avant qu’elle ne puisse faire une grosse erreur. Roger et Aimé vont dans un resto pour le faire, mais sont surpris par des policiers. Ils tuent deux, sont blessés pendant la fusillade, et vont dans Le Troquet pour exiger de l’aide d’Henri pour les emmener chez Liski.

Lisette appelle un inconnu dit Paul, car Henri lui avait dit d’appeler son numéro au cas où il y aurait une urgence :

Liski donne de l’argent aux tueurs et Henri et leur dit d’aller se cacher dans une maison aux alentours de Paris alors qu’il arrange leur évasion :

Mais la police entourent la maison :

Je ne vais pas vous dire la fin, mais on aperçoit brièvement la voix de Bugs Bunny, Kermit la Grenouille et toute la télé française pendant des décennies, Roger Carel, sur l’écran :

Qui me dit ces choses ?!?

Je vous dirai encore, ce film est un chef-d’œuvre du ciné français. Mais il faut le regarder avec un dictionnaire sous la main, à moins que vous connaissiez : berlingue, salingue, zigue, amerloque, rital, mollo, perdreaux (pour la police), se gourer, se faire du mouron, chouraver, fourguer, et paluche. Parmi d’autres. Et euh…attention à ne pas les répéter tous autour de n’importe qui. Sauf pour amerloque. Pourquoi est-ce que vous perdez du temps avec « états-unien » quand vous aviez déjà ça ?

Peu importe. Si vous n’avez pas vu Razzia sur la chnouf, laissez tout tomber et allez régler cette lacune tout de suite !