On commence le premier billet du Projet 30 Ans de Taratata avec la première performance du spectacle, par Zazie, Jean-Louis Aubert, Raphaël, et Axel Bauer. C’était la toute première fois où j’ai écouté n’importe quel des trois premiers (un ami est grand fan d’Axel Bauer), mais j’étais tout de suite accro :
Bien que 3 des 4 chansons de leur apparition sur scène sont à Téléphone, l’ancien groupe de M. Aubert, on parlera de Zazie cette fois.
Zazie est le nom de scène d’Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes, née à Boulogne-Billancourt. Jai donc au moins l’excuse de ne pas avoir atteint les Hauts-de-Seine dans le Tour pour expliquer le fait qu’elle n’est pas apparue ici avant.

Elle prend son surnom du roman Zazie dans le métro de Raymond Queneau, un livre bizarre qui tourne autour de la question de ce que ladite Zazie prendra le métro parisien ou pas. J’ai eu du mal à trouver le rapport avec l’héroïne du roman et la chanteuse, mais elle portait ce surnom bien avant le début de sa carrière musicale en 1992.
Et c’était un début inhabituel. J’ai lu quelque part, il y a longtemps, que si l’on ne se lance pas dans ce monde avant ses 19 ans, il est très peu probable que ça aille arriver. Mais Zazie a eu une carrière de mannequin pendant dix ans avant son premier contrat à ses 27 ans. La France l’a donc découverte en tant que chanteuse avec son premier tube, Sucré salé :
Je suis un peu surpris que cette chanson a connue un succès parmi les top 50. Elle n’était pas mauvaise, mais la musique vient directement des années 70, et pour être franc, elle ne montre pas de capacités exceptionnelles ici. Tout le monde ne peut pas se présenter comme Catherine Ringer à première vue, où il fallait laisser tout tomber et écouter,
Quelques ans plus tard, elle a connu encore plus de succès avec l’album Zen. J’ai écouté tous les singles de l’album et ce n’est pas tout à mes goûts — « Un point c’est toi » sonne exactement comme son premier album — mais avec le morceau qui partage le nom de l’album, elle montre clairement plus de talent. Ainsi que des grimaces…coquines ?… envers un troupeau de…vaches ? Je suis perplexe :
Avec la célébrité qui se produit par cet album, elle devient collaboratrice de nombreux autres artistes dont Pascal Obispo, que j’adore depuis longtemps (comme si 3 ans est si longtemps !). Ici, elle se montre très compétente :
À ce point, Zazie écrit grosso modo toutes ses propres chansons, dont les paroles et la musique. Avec son troisième album, je reste moins que convaincu par ses mélodies, mais il faut dire qu’elle est bel et bien arrivée en tant que chanteuse. Le chuchotement ne fait plus grande partie de sa technique, une étape importante. Attention, ce clip est plus sexy et plus violent que d’hab ici :
Mais je dois avouer, elle a un avantage chez moi en chantant en français. Il y a pas mal de chanteuses avec des styles similaires en anglais, et aucune ne fait partie de ma collection. Du même époque, 2001, on trouve une réussite, #1 en France, Rue de la Paix, qui renforce mon avis — très agréable, mais je ne l’achèterais pas.
En 2007, Zazie sort son sixième album, Totem, avec le morceau #7 en France, « Je suis un homme ». J’étais bien surpris à apprendre que ça n’a rien à voir avec la tendance aux États-Unis, étant plutôt sur toutes les bonnes choses que l’Homme en majuscule fait au monde :
Je dirais qu’avec 15 ans d’expérience, sa voix continue de s’améliorer, quelque chose d’inhabituel. Je n’étais pas du tout prêt à suivre son 7e album, un projet qui comprend 42 chansons sur 7 disques, mais l’effort lui-même montre de vraie croissance en tant qu’artiste, de prendre un tel risque.
J’ai des avis mitigés sur son huitième album, sorti en 2013, Cyclo. Le morceau « Mobile homme » (un calembour nul en anglais, et selon mon dictionnaire bilingue, en français aussi) est beaucoup trop électronique pour mes goûts, mais « Les contraires » montre encore que sa voix a bien développé :
Son album le plus récent, Aile-P (autre calembour nul avec l’anglais pour « au secours ») provoque aussi des avis mitigés. « Là où je vais » est encore trop électronique pour moi. En revanche, « C’est con, c’est quand » est exactement ce dont j’ai envie d’entendre chez elle — pas cachée derrière des machines, elle montre sa gamme de sentiments et capacités vocales.
Alors que penser de Zazie ? Elle a montré peut-être son plus grand talent sur scène, où elle avait vraiment le sens du spectacle. Son œuvre n’est pas complètement à mes goûts, mais en tant qu’une partie de la tradition de chanson française, elle est certainement la bienvenue sur ce blog.
Avec ça, je vous présente mon échelle de notes pour cette exercice : je change de chaîne, j’irais au concert si vous avez une place de trop, j’achète l’intégrale, et JE PRENDS L’AVION. Évidemment, seulement un groupe a mérité la dernière note à ce point. Mais il y a une 5e note, réservée à un artiste. Dans quelle direction ? Qui ? À vous de suivre cette série !
Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.


















































