Archives de l’auteur : Justin Busch

Avatar de Inconnu

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Les procès

J’avais espéré publier sur les Deux-Sèvres aujourd’hui, mais ça n’arrive pas. Heureusement — pas vraiment pour les victimes — une pub est tombée tout cuite dans mon bec (quelle expression bizarre — je ne connais aucun oiseau qui cuit leur nourriture). C’est un des trucs les plus nuls aux États-Unis, et un risque pour toute entreprise qui font leurs affaires ici. Voilà :

Alors, vous pouvez voir que c’était une pub sur Instagram, et qu’elle implique une entreprise française, L’Occitane en Provence. Laissons de côté le fait que l’on ne me retrouverait pas mort (expression anglaise) dans une de leurs boutiques, pour la même raison que ça n’arriverait pas chez L’Oréal. (C’est probablement la première fois de ma vie où j’écris ce dernier nom.) Qu’est-ce veut la pub ?

C’est pour un cabinet d’avocats qui cherchent des « victimes » de l’entreprise. Ils parlent de la possibilité d’un droit à 5 000 & pour les délits de L’Occitane. Et qu’est-ce qu’ils ont censé avoir fait ?

Enregistrer les activités des visiteurs à leur site web. « Mais Justin », vous me dites, « la loi RGPD est européenne. Comment peut un cabinet d’avocats américain la faire respecter une entreprise européenne dans une cour américaine ? » Pour être clair, il n’est pas clair que ce soit leur loi choisie — ils mentionnent des lois contre l’espionnage électronique, qui existent dans chaque état. Autre chose, ils ciblent une variété d’entreprises, dont à l’intérieur :

Source, mais je vous conseille de ne pas la cliquer

Si L’Occitane a une filiale ici, ils peuvent être poursuivis ici Mais ce qui se passe vraiment n’a rien à voir avec n’importe quelle loi contre l’espionnage électronique. Il est fortement probable que leur théorie est des balivernes de la plus haute qualité. Ce qui compte — et c’est pourquoi tout coûte cher ici — c’est qu’il coûtera moins pour chacune de ces entreprises de régler le procès que de se battre jusqu’à une décision. Il y a des milliers de tels cabinets dans ce pays qui font la même chose — ils publient des pubs pour chercher un client qui dirait « ouais, je suis victime », ils lancent un procès, puis il y a un règlement juridique où les avocats reçoivent plusieurs millions de dollars pour leur travail, et les clients reçoivent chacun un coupon pour un rabais de 20 % de leur prochain achat chez la vraie victime, l’entreprise.

Il y a des mois, j’ai reçu une autre pub pour un procès similaire contre une autre entreprise française :

Ça pose la question : « Avez-vous acheté des macarons Ladurée ? Il est possible que vous ayez été trompé. » À l’époque, j’ai demandé à un ami qui est avocat, « Quelle est la théorie derrière un tel procès ? » Sa réponse était que c’était probablement le « false fill » (faux remplissage). C’est lié au phénomène de « shrinkflation », où une boîte semble contenir plus que ce qui n’est le cas. Malgré ma déception chez Ladurée à Beverly Hills, je n’ai pas répondu à la pub. Je ne ferais jamais une telle chose.

Mais ça n’a rien à voir avec un sens de loyauté. J’ai cette attitude depuis mon enfance. On peut poursuivre n’importe qui — sauf le gouvernement — pour n’importe quelle raison, et ça peut durer longtemps avant qu’un juge n’y mette un terme. Il y a un dicton parmi les avocats ici, « On se fait du bon guacamole. » ([Non, sale con, l’autre genre d’avocats ! — M. Descarottes]) Ah oui. « Le processus, c’est la punition. ». (Oui, « processus », pas « procès » — il y a beaucoup de misère avant que l’on ne voie la salle d’audience.)

Croyez-moi, je me demande souvent pourquoi il y a tant d’expatriés qui viennent ici avec de telles règles !

Mon dîner yvelinois

On finit notre séjour dans les Yvelines en revenant au Château de Versailles. Il y a un magazine lié au château, Les Carnets de Versailles, qui a publié sur leur site plusieurs recettes d’un livre, 100 Recettes du temps de Louis XIV. Je regrette de ne pas l’avoir vu pendant mes visites au château. Sans plus d’attentes, je vous présente l’omelette d’asperges et la tourte à la chair de poire :

Je vous dirai, l’omelette, c’est une bonne omelette, mais la tourte — avec un changement, elle sera la star de votre prochaine fête. Je pense à la faire pour l’OCA ! Allons les faire :

Lire la suite
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Méfiez-vous de Shredder

Mon dîner yvelinois ne sera prêt à publier jusqu’à demain alors encore une fois, Langue de Molière est là un jour à l’avance.

Vous connaissez sûrement les Tortues Ninja, mieux connues pour leurs œuvres d’art dans la Renaissance — Leonardo, Michelangelo, Raphaël, et Donatello. (Voilà, vous pouvez utiliser les prénoms italiens quand vous voulez.) Peut-être que vous ne connaissez pas leur histoire d’origine, vu que ça fait déjà 36 ans depuis l’apparition de la seule et unique version à la télé. (C’est dingue comme la Matrice nous donne de faux souvenirs de tant de suites et de remakes.)

Les Tortues n’étaient que de tortues ordinaires jusqu’au moment où ils ont tous touché un produit chimique dit « mutagène ». Le mot en anglais pour ce qui leur est arrivé est « mutation ». Selon mon dictionnaire bilingue, j’aurais pu utiliser les autres guillemets, car c’est la même chose en français. Mais ce mot a apparemment tout autre signification en français, ce que j’ai appris en lisant un post sur Facebook :

Son mari s’est métamorphosé en quoi à Elbe-en-Irvine ? Elle a dû chercher un emploi car il est devenu un rat comme Maître Splinter, c’est ça ? J’ai enfin compris ce que ça voulait dire, que les deux ont déménagé, mais vous pouvez voir à quel point ça m’a donné des problèmes.

Bien sûr, j’aurais pu penser aux personnages Marvel, mais en général, ils sont nés comme ça (Spider-Man et Iron Man étant des exceptions).

S’il vous semble que ce n’est pas assez pour une Langue de Molière, ayez un Bon Point ! Celui-ci, en fait :

(En anglais, il s’appelle « Brainy Smurf » — Schtroumpf à cerveau ? Schtroumpf cervesque ? Je vous laisse à décider quelle est la traduction littérale.) Non, il n’y a rien de français que je ne suis pas prêt à adopter, pourquoi ?

En recherchant les armes des Tortues Ninja, j’ai appris que celle de Michelangelo, le nunchaku en japonais, est dite « fléau à deux branches » en français. Et ça m’a rendu encore plus perplexe. Pourquoi ? Parce que dans le jeu Zelda Breath of the Wild, le méchant « Calamity Ganon » s’appelle Ganon le Fléau.

©️Nintendo, Photo par Palais Zelda

Mais il s’avère que bien que le mot « calamité » existe en français, c’est en fait un choix bien logique. Il y a 4 méchants contre qui l’on lutte avant cette bataille. Ils sont dits en français l’Ombre d’Eau/de Feu/de Vent/de Foudre de Ganon. Voici un exemple :

©️Nintendo, Source

Mais remarquez qu’il y d’autre texte en haut du nom, « Créature divine Vah Ruta ». Ça n’explique pas que cette bataille a lieu au-dedans de la forteresse en forme d’éléphant (d’où Créature divine) dite Vah Ruta. Les joueurs le comprennent assez bien. Mais en anglais, ce texte dit plutôt « Scourge of Divine Beast Vah Ruta ». Et « scourge » signifie quoi ?Fléau.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler des écarts linguistiques.

Saison 2, Épisode 34 — La prochaine séance

Je dois d’abord vous partager une photo, prise par un membre de l’OCA au marché de Noël. Je ne sais pas si j’ai les droits car ce n’est pas moi qui l’a prise, mais c’est quand même une photo de moi, et j’ai les droits à ma propre image, n’est-ce pas ?

Jean par Le Temps des Cerises et ceinture par Galeries Lafayette, comme dirait la légende dans un numéro de Vogue. ([Mais le diable s’habille en Prada. Je suis si perplexe. — Mon ex])

Je vous dois mes excuses pour le post le plus analphabète du blog hier. Je vous jure, je n’ai rien bu au-delà de l’eau, et j’ai huit témoins francophones pour le dire ; pourtant, il y avait de nombreuses fautes, dont deux dans le gros-titre et un paragraphe entier mal placé. Ouais, je ne me suis lancé à l’écrire qu’à minuit, mais je n’accepterais jamais autant de fautes de ma part. Je relis chaque post avant de le publier, mais quelque chose n’est vraiment pas allé. Au fait, non, je ne me suis jamais pardonné pour rien, pourquoi ?

Quant à la tarte au citron d’hier, j’ai une mise à jour importante. Il s’avère que la tarte devient un peu trop dure après une nuit entière au frigo. Si vous allez la servir le lendemain, sortez-la au moins 20 minutes à l’avance. Le goût ne change pas, juste la texture. Mais après ce niveau d’effort pour les invités, on veut que tout soit parfait.

Dernier mot sur les 30 ans de Taratata pour l’instant : je joue toujours Eddy Mitchell en boucle en ce moment. Au-delà des chansons elles-mêmes, avez-vous remarqué que quand il parle, même à 81 ans, il le fait avec autorité ? En anglais, on dirait qu’il a du charisme in spades ; littéralement, ça se traduirait « à la pelle » (une quantité suffisamment grande par rapport aux autres mesures). Mon dictionnaire préfère « à revendre » en traduction, mais vous pouvez voir que ce n’est rien de sorte. De toute façon, on est loin de dire notre dernier mot à propos de lui.

J’ai enfin mes recettes pour les Yvelines et le Tour se reprendra cette semaine. Il y a des fois où c’est un peu trop stressant, et chercher les bonnes recettes est plus difficile que je l’aimerais.

Je suis ravi au-delà de toute raison de vous dire que les Chargers ont perdu au tout dernier essai du match encore une fois hier. Il n’est plus le cas qu’ils vont juste rater les éliminatoires ; il est encore le cas qu’ils sont la risée de la ligue.

Notre autre blague traite des fous, dont j’en fais partie. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Les cookies 3c de Péla, des cookies au chocolat et caramel, 30 Ans de Taratata, 2e partie, le reste de mon expérience du spectacle nommé, et Un jour dans notre cuisine, un samedi bien occupé en cuisine.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Un jour dans notre cuisine

Aujourd’hui, j’ai eu deux événements pour lesquels j’ai dû cuisiner. Le premier était la reprise du Marché de Noël de l’année dernière. Encore une fois, j’ai fait des macarons suite à une demande des organisateurs. La différence, c’est que cette fois, j’allais tout diriger. La dernière fois, j’ai laissé l’emballage à d’autres personnes, et après mon expérience d’avril, j’ai décidé que je pouvais tout faire moi-même. D’abord, le produit final :

Je veux que vous soyez honnêtes avec moi : est-ce que vous trouvez les rubans charmants ? Ou insultants ? Je les ai trouvés dans notre plus grande chaîne de magasins pour des produits artisanats, Hobby Lobby. Voici mes matériels :

Vous remarquerez peut-être que le deuxième lot de macarons est plus sombre. C’est la même pâte, toute préparée en même temps dans le même bol, mais le deuxième lot est toujours comme ça. Il y a des fois où la différence est bien plus visible qu’ici. De toute façon, j’y ai livré 30 sacs, ayant fait 60 macarons. Ils ont été vendus pour 2 $ chacun — mieux que l’année dernière, quand le prix était 1 $. Je sais que mon niveau de qualité se vend pour 2 $ le macaron — pas 2 — aux pâtisseries ici, mais même les produits d’un vrai professionnel qui avait fait un don se vendaient pour 2 $. Je ne me plains pas.

Comme la dernière fois, j’ai pris des photos du marché pour vous. D’abord, l’extérieur du bâtiment et les panneaux pour signaler l’événement :

Voici le kiosque de l’Orange County Accueil. Peut-être que vous pouvez voir que certains produits sont étiquetés Roquette. C’est un nouveau resto ici. Je n’entends que de bonnes choses sur eux, et j’espère que l’on en parlera plus. Mais à mon avis, mes macarons méritent bien leur place.

Comme l’année dernière, il y a plein d’artisans qui veulent vous vendre soit du maquillage soit de la bijouterie soit des bougies :

Mais aussi deux qui vendaient de la confiture et de la confiture de lait :

Au cas où quelqu’un de local lirait ce post, voici l’Instagran de la confiture.

Mais tout ça, c’était juste le matin. J’ai eu encore une fois une soirée tarot hier soir, et je voulais faire quelque chose de différent, pas plus de macarons. J’ai une grande boîte à outils grâce au Tour, alors j’ai revisité la tarte au citron de Menton. Mais je suis un meilleur pâtissier maintenant qu’il y a deux ans. Voilà :

La dernière fois, je n’ai même pas tenté la meringue car il me manquait de chalumeau. Cette fois…peut-être que je devais arrêter après avoir décoré les bords, mais je suis bien content des résultats. Vous ne me croirez pas, mais j’étais ravi de faire quelque chose sans chocolat. Pour autant que j’adore le chocolat, il y a d’autres parfums, et je ne veux pas les laisser tomber. S’il vous semble que je suis obsédé par le citron après avoir raté les macarons au citron il y a des semaines, ben oui, je ne le nie pas.

Mais ce qui me rend le plus heureux, c’est que j’ai pu le partager avec du monde. Au-delà d’être diabétique, et ne pas avoir besoin de garder tant de sucreries à la maison, je n’aime pas cuisiner juste pour moi-même !

30 Ans de Taratata, 2e partie

On reprend le reste de l’émission pour les 30 ans de Taratata. Quand nous sommes partis la dernière fois, c’était Julie Zenatti sur scène avec une chanson de Sylvie Vartan. Après elle, c’était Sheila avec une chanson qui n’a rien fait pour moi, Bang Bang :

Puis, il y avait une grande foule. avec plusieurs artistes qui viennent de jouer revenant sur scène pour « Le Temps d’Amour » de Françoise Hardy. J’adore cette chanson, très important dans l’histoire du blog, mais j’aurais tellement préféré que ce soit juste Mme Zenatti ; je ne m’attends pas à chercher les autres plus tard. Honnêtement, vu que son fils (Thomas Dutronc) était là, même une courte apparition de Mme Hardy aurait été super.

Après ce groupe, un de mes artistes préférés est monté sur scène, Pascal Obispo, avec quelques inconnus pour moi, Superbus, Cali, et Yarol Poupaud. Ils ont joué « Allumer le feu » de Johnny, évidemment très bien connu au public, car ils chantaient avec.

On passe vite par Messrs Bernard Lavilliers et Féfé. J’adore aussi Olivia Ruiz, mentionné ici très peu après mon début, mais avec eux, elle a joué du reggae. Bof.

C’est rare pour Taratata de mettre un musicien qui ne chante pas en vedette, mais du prochain groupe, dont « -M- », Charlie Winston, et Emma Peters, la star était Ibrahim Maalouf, trompettiste. Je ne connais pas la chanson « Libre d’amour », mais M. Maalouf a mon attention.

Après eux, Amandine Bourgeois et « Skip the Use » (Sauter l’Usage, les amis ; ouaip) ont joué la chanson « Highway to Hell » de AC/DC. Malgré leurs accents, ils l’ont réussi :

Ils étaient suivis par Kimberose, que je n’aime pas, et Zucchero, un italien inconnu chez moi. Les deux ont aussi joué une chanson en anglais, « The Letter ». J’aurais pris Zucchero pour un américain de quelque part dans le nord-est du pays.

Mme Bourgeois et Skip the Use sont revenus sur scène pour « Jumpin’ Jack Flash » des Rolling Stones. Avec 3 chansons en anglais de suite, j’étais bien prêt pour un changement, même si la performance était honorable. Qu’est-ce que je dois faire pour vous convaincre que je ne veux rien entendre en anglais ?

C’est donc pourquoi la prochaine chanson était aussi en anglais. Voici Laurent Voulzy, Hollysiz, Raphaël, et Yael Naïm. Je connaissais le nom Laurent Voulzy, et je savais qu’il avait de graves problèmes de santé, mais au-delà de ça, des inconnus pour moi. Ils ont joué « A Horse with No Name » du groupe America — bien des années 80, et je l’aime, mais s’il vous plaît, Nagui. Après, ils ont joué une chanson de M. Voulzy, Belle-Île-en-Mer, et je l’ai beaucoup aimé.

Je connais le nom Vianney, et on a déjà rencontré Charlie Winston ici, mais ils ont décidé de jouer une autre chanson en anglais, et pire, du deuxième pire Harry d’Angleterre, Harry Styles. (Le roi de mauvais Harry ne sera jamais roi, ce qui me rend heureux.) Je refuse, alors j’ai sauté par-dessus de celle-ci.

Le prochain groupe était trop gros pour réussir sa performance. Zazie et Thomas Dutronc sont revenus, avec Hoshi (boo !), Santa, et Eddy Depretto, les deux derniers inconnus pour moi. Ils ont joué « Foule sentimentale » d’Alain Souchon, une des premières chansons que j’ai apprises de l’Alliance française. La foule était très enthousiaste.

On m’a clairement entendu. Le prochain groupe était Patrick Bruel, Axelle Red, Claire Keim, et MC Solaar. Ce dernier m’a fait peur que ce soit du rap, mais en fait il a une voix plutôt agréable, et la chanson était La Javanaise de Serge Gainsbourg. Voilà, on est bien de retour en ma France.

Après eux, il y avait un pianiste tout seul, Vincent Delerm, qui a dirigé la foule en chantant Les Champs-Élysées de Joe Dassin. Celle-ci m’a fait pleurer pour les mêmes raisons que L’Aventurier en live — il y a des fois où on sait ce qui est important à quelqu’un et c’était évident à quel point cette chanson était bien aimée par cette foule.

Claire Keim était ensuite de retour, et elle est une star. Sa version de « Résiste » par France Gall était quelque chose de spécial. Je vais chercher plus de son travail.

Joyce Jonathan était inconnue pour moi aussi, mais sa « Petite Marie » de Francis Cabrel était aussi magnifique. Voilà, Nagui, c’est possible de jouer plusieurs chansons françaises de suite. Mais j’étais surpris que ce n’était pas un pseudonyme — ça sent l’anglais.

Après ça, deux trucs de disco, dont ma punition pour avoir profité des chansons françaises. La Grande Sophie a chanté « Stayin’ Alive » de The Bee-Gees, suivi par Patrick Bruel avec sa propre « Chacun fait c’qui lui plaît ». Cette dernière n’est que moitié-moitié pour moi.

Ils étaient suivis par Cali, un jeune homme très enthousiaste — je n’ai pu que l’aimer — mais avec une voix plutôt limitée. Sa version de « Pour un flirt » de Michel Delpech n’était pas mal. J’irais à son concert si on m’invitait, et je payerais le dîner, mais je n’y irais pas seul.

Puis un maître. Je ne connaissais pas du tout M. Michel Jonasz, mais au-delà de l’enthousiasme de la foule pour « Super Nana », il était un vrai professionnel. Il faut le voir diriger la foule. Les chanteurs précédents lui ont rejoint juste avant la fin :

Maintenant, on arrive à la partie où je vous choque. Je ne m’attendais pas du tout à une vraie légende de la musique américaine, Nile Rogers, du groupe de disco Chic, qui a aussi écrit de nombreux tubes pour d’autres artistes. Il a joué le plus grand tube de son groupe, « Le Freak », puis « Get Lucky », qu’il a écrit avec Daft Punk. Après ces deux, il a collaboré avec une poignée de rappeurs français pour l’autre grand tube de Chic, « Good Times ». Il était évident qu’il ne parle pas français, mais en quelque sorte. Nagui l’a convaincu à y voler. Chapeau, Nagui. Chapeau.

La dernière chanson était encore une fois une reprise des Rolling Stones, « Sympathy for the Devil » avec Shaka Ponk (bof) et Zucchero, qui m’impressionne de plus en plus. Après une soirée aussi réussie, je ne m’en veux pas à Nagui pour ça.

À la fin, beaucoup des artistes sont remontés sur scène pour dire au revoir.

Mais je me suis demandé : rien d’Indochine ni Catherine Ringer ? Ils étaient là les deux le jour où j’ai regardé Taratata pour la première fois. Et voilà, dans les crédits, aux côtés de nombreux autres artistes :

Je suis absolument bouleversé. J’ai fait plein de découvertes, mais ce que je retiendrai pour toujours, c’est qu’encore une fois j’étais frappé par une chanson qui me changera à jamais. Le nombre n’est pas grand — Nos Célébrations, C’est Comme Ça, Chanson Sur Ma Drôle de Vie — mais La Dernière Séance l’a augmenté par un. Toute cette semaine, je la joue en boucle, la version de cette émission. Pour mes propres raisons, j’ai perdu le goût de ma propre culture il y a longtemps. Mais ça fait maintenant trois ans et demi où les Coups de Foudre me frappent encore et encore. Sans savoir d’où ils viendront, il me faut essayer tout et n’importe quoi français. Je suis à vous pour toujours.

Le Conte de deux vidéos

Je viens de virer des amis. Pendant toute ma vie, je m’entendais avec beaucoup de monde où j’étais en désaccord sur tout. Tant que l’on est sincère et ne donne des coups de pied ni aux chiots ni aux enfants, on peut s’entendre. Mais pendant la dernière décennie, ça devient de moins en moins possible. Avant hier, je n’ai jamais abandonné un ami à cause de la politique, mais j’ai certainement regardé les anathèmes de mes amis. Je dis parfois, je fuis quelque chose autant que je cours vers quelque chose.

Il me semble depuis 2017 qu’une certaine partie de mon pays se sent triste à cause d’avoir raté la Seconde Guerre mondiale. Pas moi. Je l’étudie autant parce que je veux l’éviter ! Mais c’est pourquoi nos jeunes ennuyés parlaient d’être « la Résistance » pendant le dernier mandat. Comme si Jean Moulin et Marie-Madeleine Fourcade pouvaient apparaître à la radio pour dire une telle chose en toute sécurité ! On jette le mot « Nazi » par ici et par là. Ces dernières semaines, je vois des choses comme la foule qui cherchait des élèves juifs à Cooper Union — des gens qui n’ont rien à voir avec le conflit — et le vandalisme contre cette communauté-là partout, et je me dis que ce n’était jamais comme ça avant. J’ai honte de mon pays, que ça pouvait y avoir lieu :

Naturellement, je suis bien au courant des actualités en France. Mais je n’avais aucune intention de les revisiter ici jusqu’au moment hier matin où France With Véro a écrit (dans son groupe privé) que la vidéo suivante était… plutôt mal accueillie :

Je crois que c’est la source originale ; je n’ai fait aucune recherche sur le compte lui-même. De toute façon, c’est Douce France, une chanson de Charles Trenet, liée à la Résistance qui fait l’envie à mes compatriotes. Les paroles parlent de la France de ce blog, « Mon village au clocher aux maisons sages », mais je comprends l’argument que citer la nostalgie peut, dans certains cas, sous-entendre « et j’aime ce passé dont vous n’en faisiez pas partie ».

Je choisis de ne pas entendre le choix de ces enfants de cette façon — ils n’agressent personne en la chantant — mais il y a toute une polémique où les deux côtés semblent l’avoir entendu comme provocation. Si on cherche Twitter pour « Douce France » en ce moment, ce graphique se trouve encore et encore, avec des réponses haineuses :

Source

Mais il y a un autre genre de réponse. Ce monsieur en est typique.

« Dommage qu'[ils] ne portaient pas de Kippas » ?!? Je comprends ce qu’il veut dire, suite aux mesures de M. Darmanin, mais c’est une expression de soutien avec ses propres sous-entendus. Que les juifs contrôlent le gouvernement, c’est ça ?

Mais c’est notre conte de deux vidéos. Si la première était en réaction contre quelque chose, j’imagine que c’était cette vidéo absolument choquante de quelques jours plus tôt :

Je ne m’en veux pas aux gamines qui rient, bien qu’il y ait plein de critiques des deux sur les réseaux sociaux. Face à quelque chose comme ça, je suis sûr qu’elles étaient choquées et gênées, et franchement, une réaction colérique face aux chanteurs aurait pu être dangereuse.

Je vous ai dit au début que j’ai viré quelques amis. Non pas des français, mais certains américains que je connais depuis le lycée, même la primaire. J’espère que vous comprendrez à quel point c’était difficile. Mais je vous rappelle pourquoi j’ai appelé mon jour en Normandie « Le pèlerinage ». Les gens que j’ai sortis de ma vie approuvaient des excès de chaque mouvement des dernières années ici. Ils m’ont déjà montré qu’ils approuvent de blâmer aux groupes selon leur identité. Je ne l’excuse plus.

Mais je veux en conclure sur une note d’espoir. Je pense encore une fois à mon deuxième billet préféré du blog, Mes valeurs républicaines (le premier restera Je découvre… la France ! à jamais). Plus que jamais, je tiens à l’idée qu’en France, le citoyen n’est ni blanc ni noir, ni chrétien ni juif ni musulman, mais citoyen. Les garçons qui chantaient dans le métro, quel que l’on pense des messages subliminaux, n’ont pas choisi une chanson sectaire, mais une chanson qui fête le pays. J’y vois le Nord, et par là, un meilleur futur.

La concurrence

J’ai reçu un courriel hilarant plus tôt cette semaine, à l’adresse officielle du blog. C’était en anglais, mais je traduirai la partie qui compte. Dans le sujet, vous allez très vite voir ce qui m’a fait rire :

« Ton podcast Un Coup de Foudre a de bonne performance dans le classement d’Apple Podcasts (30 derniers jours) : #232 dans la catégorie Lieux et Voyage (Luxembourg) »

J’avouerai tout de suite que je ne connais guère le Luxembourg. Franchement, au-delà d’être le « L » dans « RTL », je ne peux pas vous dire ce qui se passe chez eux. (Ça changera, mais pas cette année.) Mais si vous saviez ce que je vois sur le site de Pomme, vous n’auriez pas non plus hâte de vous abonner à ce service. Pour une chose, il n’y a pas assez d’auditions là-bas pour que je puisse recevoir des statistiques de leur part ! Autre chose ? Voici des statistiques de lecture du blog pour tout 2023 par pays :

Les luxembourgeois aiment ce blog juste un peu plus que les polonais et les japonais, qui ne parlent pas français, et moins que les hongrois et les turcs, qui sont dans le même bateau. Encore plus incroyable, c’est mieux qu’en 2022 :

Le Brésil et l’Inde, d’autres marchés clés pour la croissance du blog. Et en plus, pour autant que je puisse voir, les classements arrêtent à #200, pas assez pour voir #232. Le gars voulait 5 $ par mois pour ce niveau d’analyse. Ouais, non, comme on dit en anglais.

Mais de plus en plus, je dois avouer que j’ai peut-être fait une erreur en gardant le nom du blog pour la balado. Parlons de « la concurrence », ce que vous allez trouver en cherchant « Un Coup de Foudre ».

Commençons chez Spotify, où elle est abritée :

Super, c’est #2 derrière la bande-sonore d’un film qui vient de sortir, avec seulement une star, Aure Atika, qui était la princesse dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions. Il y a un autre album, auquel on reviendra, et une tonne de playlists, qui n’intéressent à personne.

Tournons vers Apple. Franchement, iTunes est nul pour les podcasts, parce qu’il met la musique en vedette. Encore une fois, cet album apparaît, cette fois en tête.

Si on cherche juste les podcasts, j’ai un problème :certains contenus qui vont avec sont un peu épicés. Pas tous, loin de ça, mais est-ce assez pour faire des problèmes dans les résultats d’une recherche ? Je dois me demander.

Je sais, vous mourez de curiosité sur « J’ai fait un date ». Voici son début prometteur :

Alors, sur l’appli Apple Podcasts, il y a une surprise encore pire. On est d’accord que j’enregistre en français ? Voici « Podcasts par langue ». Essayons le français, où en tête il y a une émission pas mise à jour pendant 3 ans, par un fan d’Anne Hidalgo.

Cliquons «Voir tout » (See All) et voyons qui fait partie de « tout » :

Punaise de lit ! Ça ne va pas du tout.

Alors, quel est cet autre Un Coup de Foudre qui paraît où que j’aille ? C’est un album dit « Un Coup de Foudre pour Françoise », et j’en suis conscient depuis deux ans. D’une part, je n’ai aucune envie de le critiquer, parce que je me reconnais dans l’histoire du musicien, un certain Jimmy Parramore (lien en français). Né à Chicago, il habite en Suisse, et la nommée Françoise était son épouse. Monsieur est veuf. Cet album est en souvenir de madame. Mais d’autre part, je n’arrive pas à le recommander. Vous pouvez décider pour vous-même ce que vous en pensez :

Voilà, ce sont les autres Coups de Foudre.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Oscar le Grouch

J’allais écrire Langue de Molière cette semaine sur quelque chose qui m’a rappelé les Tortues Ninjas, mais Laurent Ruquier avait d’autres plans. J’écoutais l’intégrale des Grosses Têtes d’hier, et à environ 4:45, M. Ruquier a demandé qui a dit la citation suivante :

J’ai des principes, et si vous ne les aimez pas, j’en ai d’autres.

J’ai tout de suite su la bonne réponse, bien que je ne l’aie jamais entendu en français. C’est un bon indice que l’on parle d’une citation originalement en anglais, n’est-ce pas ? De toute façon, la première réponse a été Pierre Dac, que je ne connaissais que par nom, alors j’ai clairement des devoirs s’il aurait dit une telle chose. Mais M. Ruquier a vite dit que « Ce n’est pas français ». Après plusieurs conjectures — dont Woody Allen, le meilleur choix toujours en vie — on a finalement dit la bonne réponse, Groucho Marx. (En fait, il n’y a aucune preuve qu’il l’a dite — lien en anglais — mais c’est le genre de chose auquel on s’attendait chez lui.)

Mais j’ai sauté à l’entendre ! J’avoue que la première fois où j’ai entendu son nom en français, c’était déjà il y a 30 ans. Dans un article sur les soixante-huitards, j’ai lu qu’il y avait un insigne que certains portaient avec le slogan « Je suis marxiste, tendance Groucho ». Oui, je m’en souviens, même après tout ce temps — mais je me suis apparemment gravement trompé de la prononciation.

Julius Marx a choisi son nom de théâtre, Groucho, d’abord pour faire une rime avec ceux choisis par ses frères, Harpo, Zeppo, Chico, et Gummo. Mais aussi pour faire un calembour avec le mot « grouch », qui en anglais veut dire un rouspéteur, quelqu’un de grognon ou grincheux. Au fait, saviez-vous que son père Samuel se surnommait « Frenchie » car il est venu de Mertzwiller dans le Bas-Rhin ? Euh, moi non plus avant d’écrire cet article.

De toute façon, chaque américain pense au personnage à gauche quand on dit « grouch », encore plus qu’à Groucho :

Oscar the Grouch et Carroll Spinney, Photo par Montclair Film Festival, CC BY 2.0

Oscar habite dans une poubelle dans l’émission Sesame Street, elle-même l’ancêtre de 1, rue Sésame, et par , de l’Île aux enfants. J’entends parler qu’en France, il s’appelle Mordicus, mais que 1, rue Sésame n’était pas une réussite. Dommage. En tout cas, son nom se prononce comme ça :

Et ça m’a rappelé qu’il y a des prononciations que je n’ai jamais mises à jour dans la tête. Par exemple, et la plus pertinente, le maréchal Emmanuel de Grouchy. J’ai dû entendre ce nom pour la première fois au lycée. Et je suis 100 % certain que le prof l’avait dit comme ça :

Mais en fait, si j’ai bien compris Les Grosses Têtes, j’aurais dû dire :

Dois-je vraiment vous dire que « grouchy » en anglais n’est rien d’autre que l’adjectif de « grouch » ? Alors vous pouvez imaginer à quel point nous le prenions au sérieux.

Ce n’était guère mieux chez les Fanny. Ce prénom existe en anglais, mais pas de nos jours. Il y avait un livre de recettes très populaire du XIXe siècle, officiellement titré « The Boston Cooking-School Cook Book« , mais mieux connu comme le livre de Fannie Farmer, son autrice (liens en anglais). Mais regardez ce qui est arrivé à ce prénom :

Source

En 1835, les britanniques ont commencé à l’utiliser en tant qu’argot pour les fesses (lien en anglais), plutôt cul si on est honnête. Le temps que ce graphique commence, le prénom perdait déjà sa place, Alors, quand j’ai découvert la journaliste Fanny Cohen, qui travaille pour French Morning… bon, c’est la faute à moi que j’ai ri.

Mais en parlant de Fannie Farmer, j’étais bien surpris d’apprendre que le nom de Mylène Farmer n’est pas loin de l’anglais. « Farmer » en anglais veut dire fermier ou agriculteur. On le dit comme ça :

Je me serais attendu à ce qu’il rime avec « parler », mais c’est très, très proche à l’anglais :

Un de plus ? Je vais avoir du mal quand le Tour arrivé en Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Grand, car « noisy » veut dire « bruyant » pour moi, même si je sais que l’on ne prononce pas les deux de même façon !

Langue de Molière offre ses excuses à toutes les Fanny qui vont entendre parler de ce billet, et vous reverra la semaine prochaine pour parler enfin des Tortues Ninjas.

Les cookies 3c de Péla

La semaine dernière, le lendemain de l’anniversaire du blog, La Fille est revenue à la maison, et sa première question a été « Mais quel est mon dessert ? » C’est bon qu’elle ait autant de confiance qu’elle puisse dire une telle chose après tout ce travail. Alors, je lui ai dit, « T’as de la chance ! Péla vient de publier un nouveau cookie ! » Et heureusement pour moi, j’avais déjà du caramel au beurre salé au frigo. Alors voici les cookies « 3c » (chocolat, caramel, et cacahuète — mais sans cacahuètes selon les goûts de La Fille) selon la recette de Péla.

Disponible à haute résolution en cliquant

Dois-je vraiment vous dire qu’ils sont excellents ? Péla est la maîtresse des cookies, et moi, je peux au moins suivre des instructions. Allons les faire !

Lire la suite