J’avais espéré publier sur les Deux-Sèvres aujourd’hui, mais ça n’arrive pas. Heureusement — pas vraiment pour les victimes — une pub est tombée tout cuite dans mon bec (quelle expression bizarre — je ne connais aucun oiseau qui cuit leur nourriture). C’est un des trucs les plus nuls aux États-Unis, et un risque pour toute entreprise qui font leurs affaires ici. Voilà :

Alors, vous pouvez voir que c’était une pub sur Instagram, et qu’elle implique une entreprise française, L’Occitane en Provence. Laissons de côté le fait que l’on ne me retrouverait pas mort (expression anglaise) dans une de leurs boutiques, pour la même raison que ça n’arriverait pas chez L’Oréal. (C’est probablement la première fois de ma vie où j’écris ce dernier nom.) Qu’est-ce veut la pub ?
C’est pour un cabinet d’avocats qui cherchent des « victimes » de l’entreprise. Ils parlent de la possibilité d’un droit à 5 000 & pour les délits de L’Occitane. Et qu’est-ce qu’ils ont censé avoir fait ?
Enregistrer les activités des visiteurs à leur site web. « Mais Justin », vous me dites, « la loi RGPD est européenne. Comment peut un cabinet d’avocats américain la faire respecter une entreprise européenne dans une cour américaine ? » Pour être clair, il n’est pas clair que ce soit leur loi choisie — ils mentionnent des lois contre l’espionnage électronique, qui existent dans chaque état. Autre chose, ils ciblent une variété d’entreprises, dont à l’intérieur :

Si L’Occitane a une filiale ici, ils peuvent être poursuivis ici Mais ce qui se passe vraiment n’a rien à voir avec n’importe quelle loi contre l’espionnage électronique. Il est fortement probable que leur théorie est des balivernes de la plus haute qualité. Ce qui compte — et c’est pourquoi tout coûte cher ici — c’est qu’il coûtera moins pour chacune de ces entreprises de régler le procès que de se battre jusqu’à une décision. Il y a des milliers de tels cabinets dans ce pays qui font la même chose — ils publient des pubs pour chercher un client qui dirait « ouais, je suis victime », ils lancent un procès, puis il y a un règlement juridique où les avocats reçoivent plusieurs millions de dollars pour leur travail, et les clients reçoivent chacun un coupon pour un rabais de 20 % de leur prochain achat chez la vraie victime, l’entreprise.
Il y a des mois, j’ai reçu une autre pub pour un procès similaire contre une autre entreprise française :

Ça pose la question : « Avez-vous acheté des macarons Ladurée ? Il est possible que vous ayez été trompé. » À l’époque, j’ai demandé à un ami qui est avocat, « Quelle est la théorie derrière un tel procès ? » Sa réponse était que c’était probablement le « false fill » (faux remplissage). C’est lié au phénomène de « shrinkflation », où une boîte semble contenir plus que ce qui n’est le cas. Malgré ma déception chez Ladurée à Beverly Hills, je n’ai pas répondu à la pub. Je ne ferais jamais une telle chose.
Mais ça n’a rien à voir avec un sens de loyauté. J’ai cette attitude depuis mon enfance. On peut poursuivre n’importe qui — sauf le gouvernement — pour n’importe quelle raison, et ça peut durer longtemps avant qu’un juge n’y mette un terme. Il y a un dicton parmi les avocats ici, « On se fait du bon guacamole. » ([Non, sale con, l’autre genre d’avocats ! — M. Descarottes]) Ah oui. « Le processus, c’est la punition. ». (Oui, « processus », pas « procès » — il y a beaucoup de misère avant que l’on ne voie la salle d’audience.)
Croyez-moi, je me demande souvent pourquoi il y a tant d’expatriés qui viennent ici avec de telles règles !








































































