Mes valeurs républicaines

Aujourd’hui, je ne veux être que sérieux, au moins de ma façon. J’imagine parfois que certains d’entre vous se demandent pourquoi ce type est si passionné de la France. La nourriture est meilleure, bien sûr, et il vit très loin de ses propres trésors patrimoniaux, mais il y a des magazines pour ces symptômes (voilà, voilà, et surtout voilà. Je ne m’abonne qu’au premier.) Le 14 juillet est le bon jour pour parler de ces sentiments.

Tour Eiffel, Photo par Florent AUDEBERT, CC BY-SA 4.0

Je laisse des miettes vers cet article depuis des mois. On a parlé des langues pour prendre les examens de permis de conduire, du droit au français, de ce que vous nous appelez, même de comment vous vous souvenez de vos pires moments. C’est tout à la recherche de l’âme française, de comment vous comprenez vous-mêmes. Peut-être que j’ai tort ([Peut-être n’est pas français — M. Descarottes]), mais voici ce que je vois et pourquoi je l’estime autant.

J’envie votre unité. Je sais — « Justin, vous n’avez rien appris en lisant nos journaux ? On a une vingtaine de partis politiques, on fait la grève toutes les semaines, on se discute des maillots de bain, et vous en conclure QUOI ? » Mais je doute que la plupart d’entre vous connaissiez — heureusement ! — l’expérience d’être l’étranger dans votre propre pays, d’entrer dans un magasin et trouver que personne ne peut vous servir en votre propre langue. J’habite à une vache près de 160 km du Mexique, or je ne peux pas acheter un soda à la station-service près du studio de karaté de ma fille sans parler espagnol. (Pour être clair, quand j’ai voyagé au Mexique ou en Espagne, je ne parlais qu’en espagnol. Je ne suis pas hypocrite.)

Par contre, pour être Français, il faut absolument parler français. Même si on pourrait dire que la France pourrait faire mieux vers les langues régionales, je n’ai toujours trouvé personne qui dit qu’il doit exister le droit de ne pas s’intégrer. Il y a certainement des arguments à propos des banlieues, et ces arguments durent depuis longtemps (voilà et voilà). Mais si on veut devenir citoyen, il n’y a aucune question — il faut parler français au niveau B1. (Je siffle la musique de victoire de Final Fantasy en y pensant.)

J’envie votre fierté, votre loyauté à vos propres producteurs. C’est ma valeur depuis longtemps ici, et vous ne croiriez jamais à quel point mes compatriotes me méprisent pour ça — c’est pas une valeur de ma génération du tout. Après la Seconde Guerre mondiale, quand mon grand-père est revenu de l’Europe, il est devenu vendeur dans un concessionnaire de voitures Dodge. PERSONNE dans ma famille n’a jamais acheté une voiture fabriquée à l’étranger, et nous faisons toujours ça au maximum avec n’importe quel genre de produit. Tout mon équipement stéréo est fabriqué aux États-Unis où possible — et oui, c’était difficile de trouver les bons trucs vu la domination de l’Asie dans ce secteur. Pendant des générations, c’est la tradition dans ma famille parce que nous sommes reconnaissants pour tout ce que les États-Unis ont fait pour nous.

Alors quand je vous ai écrit ce post sur acheter un casque audio Focal, c’était pas juste un achat. J’ai franchi le Rubicon ce jour-là. Il y aura bientôt un autre post de ce genre ici. Quand j’entends parler des produits « de nos régions », ou vois des drapeaux français sur le site de Carrefour pour indiquer les produits domestiques — une chose inimaginable sur les sites de nos grandes entreprises — je vous envie. MÊME VOS COMMUNISTES sont comme ça. Si cette fierté existait toujours ici, ce blog n’existerait probablement pas.

Finalement, j’envie que vous ne gardiez pas de statistiques ethniques. L’Insee dirait que c’est plus compliqué que ça, mais plus importants que les détails sont l’attitude et l’esprit des lois (pour emprunter une expression). Je ne suis pas d’accord avec beaucoup des analyses européens sur nos problèmes à cet égard, mais mettez ça à côté. Il n’y a pas de question que nous sommes obsédés par ce sujet, d’une façon malchanceuse. Il était une fois, les États-Unis croyaient à l’idée que quelle que ce soit sa nationalité, si on est américain, on l’est sans trait d’union (lien en anglais). Moi, je crois toujours à cet idéal, mais cette bataille est bien perdue ici. En France, il reste la loi.

Bonne fête nationale !

9 réflexions au sujet de « Mes valeurs républicaines »

  1. Náriël

    Encore un article très intéressant 😀
    Je ne me suis jamais questionnée sur mes valeurs républicaines 😅 Je pense qu’elles sont juste ancrées dans mon subconscient et que ces valeurs sont justes logiques pour moi. On se dit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs mais je ne me verrais pas vivre ailleurs qu’en France 🙂 J’aime mon pays même si je vis parfois une relation compliquée avec lui et surtout en ce moment 😅

    Et pour moi, le 14 juillet est le bon jour pour avoir une pensée pour mon grand-père qui aurait eu 101 ans aujourd’hui ☺

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  2. jeanlouispaulmarchal

    Le constat est intéressant.
    J’ai la nationalité française, mais mon père était circoncis.
    Et ma mère est née à Saïgon le 22 décembre 1913.
    Et ma mère était une pétainiste acharnée…
    Et mon père était un gaulliste convaincu.
    Donc, dans certaines familles françaises, il y a des discussions politiques orageuses.
    J’ai été très souvent à New York. J’ai circulé aux USA et je suis extrêmement americanophile.
    Cependant, tous les systèmes apparus dans le monde ont échoué jusqu’ici dans une prétention d’universalité.
    Tous les empires coloniaux se sont effondrés et nous vivons dans des mondes multipolaires où la prééminence de l’un ne peut plus s’affirmer aux dépens d’un autre.
    Je suis bien d’accord pour indiquer et valider que les meilleurs fromages se trouvent en France.
    Mais la recette est connue.
    Un ami Français parisien homme d’affaires fait venir un peu de son champagne des USA et l’inspecteur de police Colombo nous a fait connaître de grands vins californiens qui génèrent d’ailleurs un fratricide et une enquête à la suite…

    Aimé par 3 personnes

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    1. Bernard Bel

      Nous sommes apparemment de la même génération, vue la référence à Colombo… 😉
      Dans ma famille il n’y avait pas de discussions, tout simplement parce que les parents n’abordaient jamais certains sujets. Notamment comment ils s’étaient positionnés pendant la seconde guerre mondiale — on rique de dire bientôt « deuxième » ! 😦
      Mais on voyait bien qu’il y avait des choses inavouables, malgré une carrière politique après-guerre de mon père dans la ligne du « centre » — grosso modo « libéral », admiratif des Américains et effrayé par les communistes. Son maître à penser était Jean Lecanuet.
      Mais un jour qu’il avait trop bu, mon père a déclaré haut et fort qu’il avait toujours été un fervent admirateur de Pétain. Ce qui ne m’a pas surpris car c’était cohérent avec ce qui n’avait pas été dit.
      Mes parents étaient racistes dans leurs propos (mais rien à voir avec l’extrême-droite) alors que, comme tout le monde, nous avions aussi des amis noirs (ils rigolent tout le temps) et même des arabes (pour le couscous et les pâtisseries).
      Ce n’est qu’après de longues années à vivre loin — et après leur décès — que j’ai réalisé que cet environnement était un étouffoir de toute pensée critique… Mais c’est une situation fréquente après des guerres ou des crises qui ont divisé les familles.

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      1. jeanlouispaulmarchal

        Ce que vous dites et surtout ce que vous écrivez est fort intéressant. En même temps, ceci ne nous donne absolument aucune piste autre que ce qui est fait dans nos groupes humains que nous pouvons critiquer sans limites, puisque le système des démocraties avancées le permet. J’ai eu la chance d’avoir un frère bourreau de travail (né le 15 aout 1946) en violent désaccord avec notre même mère et très soumis à mon père général, fils d’un facteur à la Poste (ascenseur social). Il a fait normale sup lettres, moi j’ai fait l’ENA par la porte du concours interne, donc rien à voir avec la voei extrene qui produit IF et CE.. Pour moi, il faut écrire encore et encore, et parfois, on finit par comprendre des choses qui nous échappaient. Et j’aime beaucoup cet homme californien, mais je ne sais pas lui apprendre comment retenir une femme : sans doute est-il un trop bon garçon.

        Aimé par 2 personnes

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