Ce n’est pas du tout le post dont j’avais envie d’écrire. Mais hier, dans l’État de New York, le gouverneur a commis, à mon avis, l’acte le plus honteux de ma vie. Si on a hâte de dire « Mais le 6 janvier », une différence importante est que personne ne parlera contre ce que madame a fait. Même quelques sénateurs républicains ont voté pour destituer M. Trump après ce jour-là. Cette fois, on parle d’une capitulation à la terreur.
Avant de continuer, imaginons un contexte français qui serait pareil. Imaginez que demain, Mme Rima Hassan annoncera : « On va fêter l’Islam en illuminant le Bataclan avec la couleur du drapeau de l’État islamique. » M. Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, n’a pas fait cette annonce. Mais Mme Kathy Hochul, le gouverneur de l’État de New York, l’a faite à son honneur.
Je ne cache pas que je n’approuve pas le choix des new-yorkais. Ce n’est pas moi, ce n’est même pas M. Mamdani, qui dit qu’il ne se croit pas un citoyen. C’est sa mère :
He is not an Uhmericcan (American) at all. He was born in Uganda, raised between India and America. He is at home in many places. He thinks of himself as an Ugandan and as an Indian.
Il n’est pas un américain du tout. Il est né en Ouganda, élevé entre l’Inde et l’Amérique. Il est à l’aise dans beaucoup d’endroits. Il se croit un Ougandais et un Indien. [Ma traduction]
Mais encore une fois, ce n’est pas lui qui a fait l’acte honteux. Pour fêter son investiture, Mme Hochul a proclamé (la dernière ligne) que janvier 2026 sera le mois du patrimoine musulman-américain :
Même ça, ce n’est pas honteux en soi. Selon le texte, « Les musulmans-américains ont un impact important sur notre paysage politique. » C’est un choix de mots époustouflant, « impact », surtout dans le New York, mais c’est l’annonce de la fête pour le soir-même qui est la honte nationale :
Ça dit : « Ces 16 sites emblématiques seront illuminés en vert à l’honneur du mois du patrimoine musulman-anéricain : 1 World Trade Center… ». Dit autrement, le tout premier site mentionné est exactement le bâtiment construit pour remplacer le World Trade Center original.
Parce que je voulais être juste, j’ai vérifié d’autres fois où des sites ont été illuminés à l’honneur de telle ou telle raison. Ce sont largement les mêmes choix à chaque fois : Memorial Day, la Ryder Cup, la Fête du travail (liens en anglais). Je devinerai donc que personne n’a pensé au problème — à partir de Mme le gouverneur.
Mais je suis bouche bée. Ce n’était pas les boudhistes qui ont fait tomber les « Twin Towers. » Ce n’était pas les israéliens — même s’il y a plein de complotistes qui disent ça. Ce n’était même pas le club de tricoteuses d’East Teaneck, dans le New Jersey. Illuminer le nouveau World Trade Center dans exactement la couleur des destructeurs de l’ancien n’est pas une façon de montrer que l’on s’entend avec l’Islam. C’est une façon de leur dire que nous avons soumis.
Je vous ai dit dans le bilan de l’année 2025 que je vais accueillir des invités chez moi dimanche. Puisque j’essaie de garder un ton optimiste pour les bilans, je ne vous ai pas dit que je suis désormais en plein panique. Heureusement, vous êtes tous ici pour aider avec la planification.
D’habitude, quand je vais chez les autres pour les événements de l’OCA, il y a de la musique. Pas très forte, afin de ne pas interrompre les conversations, mais quand même. Je dois vous dire, c’est plutôt étranger à moi, parce que je ne joue jamais de la musique comme fond sonore. Si je l’écoute, c’est tout ce que je fais. En voiture, évidemment c’est plus important à faire attention à la route — raison pour laquelle je préfère Les Grosses Têtes en voiture !
Alors, je dois rassembler une liste de lecture, ou comme dites vous les anglophones, une playlist. J’imagine que 3 heures de contenus suffisent. Mais rien ne devrait être trop bruyant. Pas d’Alice et June, pas des Histoires d’A. Il me semble que j’ai une belle demi-heure d’Indochine acoustique pour ça — quelques chansons enregistrées du concert à la Tour Montparnasse, des trucs de l’album Singles Collection, peut-être que « Le Lac » n’est pas trop bruyant. J’ai l’intégrale de Marie Laforêt, ainsi que celle de Téléphone, et tout l’album de Véronique Sanson, « De l’autre côté de mon rêve ». Il y aura du Sandrine Mallick et du Nicolas Moro. Je n’hésiterai pas à emprunter aux 30 Ans de Taratata, surtout pour les représentations d’Eddy Mitchell. Il y a un peu des Rita Mitsouko que je peux utiliser, comme 1928 de l’album La Femme Trombone, ou Même Si de l’album Variété. Mais je me sens comme si j’en ai besoin de plus. Vos suggestions sont les bienvenues !
Il me faudra avoir quelque chose pour grignoter avant d’aller à table, j’imagine. Un américain servirait un plateau de fromage et de biscuits salés avant le dîner. Mais j’ai l’impression que le fromage est toujours entre le plat principal et le dessert en France. Je ne veux pas faire un faux pas !
Les boissons posent un problème. Je n’ai pas l’habitude de boire que de l’eau et du thé glacé sans sucre. J’aurai une bouteille de vin blanc, et j’ai dit à un des deux couples qu’un vin rouge sera le bienvenu s’ils veulent apporter quelque chose. Mais je ne sais pas quoi servir d’autre. Je ne vois que très peu de sodas aux événements de l’OCA. C’est toujours du vin et de l’eau. Y a-t/il un autre bon choix non-alcoolisé ?
Au fil du Tour, je ne dirais pas que j’étais paresseux quant aux accompagnements, mais je ne faisais pas trop car les dîners étaient tous pour une personne. Le plat principal sera (je gâche la surprise pour vous, mais pas pour les invités) le thon à la basquaise. Je n’ai plus de riz de Camargue, mais je ne crois pas que ce soit le bon accompagnement non plus. L’écrasé de panais était une star du Tour, mais peut-être pas avec du thon. Vos suggestions sont aussi les bienvenues pour ça !
Quant au pain, doit-il être une baguette, ou puis-je servir un pain de mie maison ? J’en ai un bon du livre d’Apollonia Poilâne, mais mes baguettes ne sont pas à la hauteur. Il me faudrait en acheter. C’est quoi le bon choix ?
Comme vous pouvez voir, j’ai pensé principalement au menu, mais vu que je ne suis pas trop expérimenté en accueillant des invités en général, et surtout des Français, il y a des détails qui m’échappent !
Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.
Comme on sait, ce blog et son auteur ne dorment jamais — croyez-moi, ça me manque ! — alors même les fêtes n’empêchent pas C’est le 1er d’être publié. J’aimerais aussi juste vous remercier tous pour les gentils mots sous le bilan d’hier. Je les ai partagées avec La Fille, qui les a aussi appréciés.
Les souris de Paris propose un projet de doudou pour bébé si facile que même un enfant de 8 ans pouvait le réaliser. Un Justin de 49 ans, c’est toujours trop optimiste.
C’est encore une fois le dernier jour de l’année, donc le temps pour revisiter le meilleur d’Un Coup de Foudre en 2025.
Bilan de 2025 : madeleines à l’orange et au chocolat, la boulangerie Boudin à San Francisco, le vignoble Guglielmo à Morgan Hill, la bûche truffe framboise, et le gâteau ardéchois de Millina
Comme d’habitude, on commence avec le trafic. Je vous ai dit à la fin de 2024 que j’ai toujours mon « but réaliste » et mon « but de rêve ». Je croyais qu’un but réaliste serait une croissance de 20 %, ou 60 000 vues, et de rêve serait 75 000 vues, une deuxième année de suite de croissance à 50 %. J’ai raté ça, mais j’ai quand même atteint 40 %, avec plus de 70 000 vues cette année de la part de plus de 44 000 visiteurs.
À noter, ça représente une augmentation entièrement de trafic venant des moteurs de recherche. La moitié de cette croissance est due à la star du blog, Les Blagues de la Semaine. Les autres chiffres qui témoignent à la taille de la communauté sont grosso modo pareils — 4 100 commentaires contre 3 900 ; 7 700 mentions j’aime contre 7 300. Je ne m’en plains pas, mais j’aimerais toujours que la communauté ici agrandisse. (C’est mon côté impérialiste, évidemment.)
Avant de continuer, je dois vous dire que 2025 se termine sur la meilleure nouvelle que j’aie eu cette année. Ça fait littéralement 10 ans depuis la dernière fois où j’ai accueilli des invités chez moi. Dimanche soir, deux couples de l’OCA viendront dîner chez moi. J’accepte depuis longtemps que les Américains ont fait leur choix sur moi, même si je crois qu’ils ont tort. Les Français, en revanche, m’ont accepté, autant dans le comte d’Orange que sur Internet, et je serai ravi de montrer enfin à quel point je l’apprécie. Le menu sera composé de deux des plats mentionnés dans le Grand Bilan du Tour ; le dessert sera la bûche truffe framboise, car je considère que j’ai appris des leçons en faisant la première, et elle sera améliorée. Je le dis souvent, c’est bon de me connaître.
Le grand projet de l’année, c’était d’écrire le livre du Tour, un projet qui a mangé grosso modo les 7 premiers mois de 2025. Je l’avais commencé en janvier 2023, mais c’était seulement avec les derniers mots du Tour que je me suis vraiment mis à la tâche. Je le considère à la fois une réussite et un échec à ce point. Côté réussite, j’aimerais bien voir le nombre de personnes qui écrivent un livre de 268 pages dans sa quatrième langue 5 ans après sa première leçon. Côté échec, il ne me reste pas beaucoup de maisons d’édition du premier groupe de tentatives. Il me reste certaines cartes à jouer à cet égard, et j’ai pris une décision de ne pas les tenter qu’en janvier, afin de ne pas être perdu à cause des fêtes de fin d’année. Ça dit, c’est évident que le livre ne sortira pas chez Les Arènes, ou chez Flammarion, ou chez Gallimard, mes éditions de rêve. Calmann-Lévy n’a jamais été qu’un coup de tête, même si à mon avis, certains livres montrent qu’en fait, mes contenus ne sont pas trop banaux pour l’éditeur de Proust. Et cet autre livre me laisse un peu douteux sur les priorités chez Fayard. D’accord, c’est les noms qui les vendent, et là, je n’ai rien par rapport aux hommes politiques les mieux connus du pays. Cependant, j’ai quelque chose à dire sur littéralement tous les Français, et toujours de façon positive, et c’est le manque d’accueil pour ça qui me rend un peu déçu.
Mais même là, ce dont je me souviendrai à jamais, c’est le nombre de personnes qui m’ont aidé à relire le livre. Quand j’écris que l’accueil des Français n’est rien d’autre que la meilleure expérience de ma vie, c’est la vérité. J’espérais trouver 5 ou 6 bénévoles, pas une quinzaine.
À vrai dire, je suis un peu déçu par le nombre faible de films vus et l’absence complète de livres terminés cette année (au-delà du premier tome de La Recherche). Ce n’était pas complètement exprès — le médicament qui vient d’être réduit avait des conséquences plus graves que vous ne le savez, et entre le livre et le déménagement, il y avait moins de temps que d’habitude. Mais trois films, après l’année où j’ai fêté mes 100 films, ce n’était pas planifié du tout. Heureusement, ils étaient tous de qualité: Le Comte de Monte-Cristo, Le Clan des Siciliens et Monsieur Aznavour. Je croyais que je terminerais au moins deux tomes de Guy-Roger Duvert cette année — il y en a plus que ça sur mon appli Kindle qui m’attendent, et j’aimerais vous rassurer que je n’ai pas changé d’avis sur lui du tout. Il en reste d’autres qui m’attendent aussi. J’espère que 2026 verra un retour aux sources ici, parce qu’atteindre un niveau suffisant pour lire des romans entiers pour adultes, c’était l’un des plus grands plaisirs de ma vie.
Mais même ici, il faut ajouter que le projet Dimanche avec Marcel est devenu un grand succès, et plus que ça, quelque chose d’important, de façon inattendue. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en plongeant dans cet univers pour la deuxième fois de ma vie. J’essaie toujours de me comporter de façon respectueuse en tout ce qui concerne la France, mais ici, j’ai laissé mon côté râleur prend la parole, et je crois que c’était en fait le bon choix. Je ne me considère pas du tout béotien — je suis la même personne qui a lu Hegel et Machiavel pendant un mois de vacances d’hiver à la fac, sans aucun rapport avec un cours à venir. Cependant, il y a plein d’études sérieuses de Proust pour ceux qui en ont envie, et le monde peut supporter une analyse qui jette un œil exaspéré sur les bêtises du narrateur et les prétentions de sa société. Je dis partout que ce blog est sur ma France, et ça veut dire une bonne dose de ma personnalité un peu inhabituelle.
Au fait, savez-vous pourquoi c’est Dimanche avec Marcel ? Il y avait une comédie musicale américaine, Sunday in the Park with George (Dimanche au parc avec George), inspiré par la vie de Georges Seurat. Le lien est en français et explique tout. J’ai toujours adoré le titre, d’où ce choix.
Il y avait beaucoup moins de recettes que d’habitude, aussi une conséquence de mes préoccupations littéraires. Sur le tableau de bord du blog, je peux voir qu’il n’y a qu’une page et demi d’entrées dans la catégorie de recettes, où il y en avait 2 1/2 – 3 pour chacune des années précedentes. En partie, c’est parce qu’avec la fin du Tour, il y a moins de pression à cuisiner. Il y aussi des demandes pour revisiter certains desserts bien-aimés pour l’OCA. Mais j’ai raté mon but de cuisiner des plats de la francophonie. Il y a un plat en particulier dont j’ai envie de le faire pour vous depuis trois ans déjà, car c’est l’un de mes préférés au monde entier, mais aussi parce qu’il fera plaisir à l’une des personnes les plus importantes pour moi.
Je mentionnerai quand même quelques points forts. Le macaron Saint-Valentin, un classique du blog depuis 4 années, est devenu un gâteau, l’un des produits phares de ma cuisine. Les madeleines à l’orange et au chocolat conçues pour Dimanche avec Marcel sont bien élégantes. J’ai fait le vraiking cake de la Nouvelle-Orléans, un moment important pour les copains de classe de La Fille. Le gâteau ardéchois de Millina était une réussite énorme parmi mes amis expatriés. Et même si je crois qu’il restait des choses à améliorer chez la bûche Truffe framboise, la vérité est que je sais qu’elle prendra sa place aux côtés de l’autre grande bûche du blog, la Riviera.
On finit toujours avec un œil jeté sur les chemins des internautes vers ce blog. Selon Google, les internautes ont vu des liens vers ici 2,26 millions de fois — mais n’ont cliqué que de 35,3 milliers de fois. Ouf :
Ça dit, il n’y a plus besoin même de mentionner les brouteurs ou les vies privées de certaines chanteuses. De loin, la vedette des vedettes est la page de blagues :
Les blagues sont 6x plus populaires que l’article le plus populaire de tous les temps, sur l’identité secrète des « Salingers », en réalité un projet d’Indochine. Et 16x plus populaire qu’un article sur le phénomène le plus détesté sur les applis des rencontres !
Si on m’avait dit que je serais connu pour des blagues, j’aurais dit que c’était la plus grosse blague de tout ! Mais comme je disais quand j’étais le chouchou des brouteurs, on ne peut pas choisir la façon de sa renommée. J’apprécie que c’est au moins la récompense pour rendre ce blog et sa balado plus accessibles aux sourds. Avec ça, comme je dis à la fin de chaque épisode, merci de m’avoir lu, je vous adore tous, et on se reverra en 2026 !
C’est la fin de l’année, et demain sera notre bilan habituel, avec des statistiques, des souvenirs, des remerciements, etc. Avant ça, je veux réfléchir un peu.
Je n’ai pas l’habitude de faire des résolutions. Je trouve que j’ai du mal à les suivre, et qu’elles sont très stressantes. Néanmoins, je fais attention à mes propres comportements — peut-être trop — et il y a toujours quelque chose pour critiquer. ([FINALEMENT ! — Mon ex-belle-famille])
J’aimerais critiquer moins mes compatriotes ici. Ce n’est pas parce que je me suis réveillé un jour et me suis dit : « Ah, Ben Franklin avait raison. Ça ira. » C’est plutôt qu’en écrivant mon livre, et en le relisant, je me suis souvenu de pourquoi j’ai arrêté de faire attention à Sebastian Marx. Je n’étais pas heureux de son jeu de trouver sa place en France en se moquant des États-Unis. J’ai lancé ce blog sur le propos que j’étais ici pour partager les Bonnes Nouvelles sur la France, plutôt que pour râler sur les États-Unis. Ne vous méprenez pas sur ce que je dis : j’ai des plaintes. Comme j’ai des plaintes. Mais je dois vivre ici pendant au moins trois ans de plus, et ce n’est pas bon pour le moral.
J’aimerais me critiquer un peu moins. C’est plus difficile qu’il ne le semble. Une belle partie de l’humour du blog, ainsi que de ce qui se passe dans les coulisses, part de l’idée que tout le monde — que ce soit La Fille, M. Descarottes, même mes deux peluches (je ne plaisante pas ; vous les rencontrerez en janvier) — a une dent contre moi. Ça vient du pire conseil que j’ai jamais reçu au lycée, de me moquer plus de moi-même — c’est devenu une partie importante de ma personnalité. Mais ce n’est pas bon pour le moral non plus.
J’aimerais lire moins de choses négatives. Il y a un néologisme en anglais, « doomscrolling », qui veut dire être accroché à lire de mauvaises nouvelles. J’en suis aussi coupable que n’importe qui. Une partie de ça vient de mes méthodes pour rechercher les Bonnes Nouvelles pour la balado, parce que la vie est drôle comme ça. Mais j’ai la même habitude en anglais. Et ce n’est pas bon pour le moral
J’aimerais faire mieux avec mes projets caritatifs. Il y a les dons de sang, les cartes postales et depuis l’année dernière, Podcasthon. Je me sens comme si je pourrais faire mieux. Je donne déjà autant de sang que possible. Mais j’espérais augmenter mes efforts dans les autre cas, et j’ai raté ce but cette année.
Alors, ce sont mes bonnes résolutions. Je ne veux pas faire de promesses à leur égard. Mais j’aimerais toujours faire mieux.
C’est le dernier épisode de l’année, mais il faut évidemment commencer avec la triste nouvelle d’hier — Brigitte Bardot nous à quittés. Pas comme beaucoup de monde, le seul film d’elle que j’ai vu, c’est son premier rôle, Le trou normand, un film que j’ai principalement vu à cause de Bourvil. Cependant, même si on n’a jamais rien vu de son côté, c’est absolument impossible de ne pas la connaître, partout au monde. C’est elle qui a donné le nom à une classique de la pâtisserie française, la tarte tropézienne, pendant son séjour dans la ville pour tourner Et Dieu… créa la femme. Plus tard, elle sera connue pour sa défense passionnée des droits des animaux. Reposez en paix, Madame Bardot.
Cet épisode marque une étape que j’espère n’aura plus jamais lieu dans l’histoire de cette balado, à partir de la semaine prochaine. C’est la première fois où j’ai enregistré et monté l’épisode en étant presque complètement sourd de l’oreille gauche. Mon médecin me rassure que le problème ne durera pas — il s’agit d’un blocage à cause d’une infection — mais je ne peux absolument rien entendre de ce côté depuis 4 jours. Avec mon casque audio, si j’enlève le côté droit, je peux entendre juste un peu, mais le volume est si bas par rapport à l’autre côté que ça ne sert à rien.
Il y a trois articles cette semaine, pour la première fois depuis plusieurs mois, car je voulais finir avec un épisode dont la durée était plus proche de mes 22 minutes souhaitées. Aussi, je ne voulais pas lâcher l’histoire de notre tradition familiale.
Je veux que vous sachiez quel genre de personne est La Fille. Peut-être que vous vous souvenez du chaos autour de mon anniversaire, qui avait lieu pendant une semaine autrement chez sa mère. Elle n’a pas eu le temps pour faire des achats cette fois-là, et pas avant Noël non plus. Alors samedi, elle m’a demandé de l’amener chez Target pour faire quelque chose, mais que je ne le recevrais pas jusqu’à deux semaines plus tard.
J’ai tout de suite deviné qu’elle allait acheter une carte cadeau Nintendo pour m’acheter un Alarmo (lien en français), car elle n’a pas de carte de crédit. Je lui ai dit de ne pas faire ça, car c’est beaucoup trop cher, même si elle sait que c’est ce dont j’ai vraiment envie. Elle était choquée que j’aie deviné son plan, mais toute autre chose aurait été prête le même jour. Alors, au lieu de ça, elle m’a acheté quelques petites choses de l’univers Nintendo :
De gauche à droite : une poupée Maskass, une veilleuse en forme de Bloc ?, des chaussettes Mario
Elle se sentait énormément coupable de ne pas avoir eu le temps pour faire des achats, même si je ne m’en plaignais pas du tout.
Vraiment, je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter une telle fille.
Nous étions chez Lucille’s BBQ samedi soir, et j’y ai vu la voiture la plus prête pour les fêtes de Noël de tous les temps :
On reprend maintenant « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 30 pages.
Notre héros, enfin debout après sa nuit d’ivresse, fait l’enquête parmi les clients de l’hôtel sur les identités des filles qu’il avait vues à la plage. Personne ne sait rien. Il lui semble :
Qui eût pu connaître maintenant en elles, à peine mais déjà sorties d’un âge où on change si complètement, telle masse amorphe et délicieuse…
Personne ne sait rien pour la même raison que l’on ne trahit pas des innocents à Jeffrey Dahmer !
Pendant un autre dîner à Rivebelle avec Saint-Loup, le narrateur aperçoit un artiste, une connaissance de Swann, qu’il ne reconnaît vraiment pas, mais qui attire son attention.
Un soir que nous demandions au patron qui était ce dîneur obscur, isolé et retardataire : « Comment, vous ne connaissez pas le célèbre peintre Elstir ? » nous dit-il.
Naturellement, nos deux arrivistes doivent en profiter :
Mais attardés à un âge où l’enthousiasme ne peut rester silencieux… nous écrivîmes une lettre signée de nos noms, où nous dévoilions à Elstir dans les deux dîneurs assis à quelques pas de lui deux amateurs passionnés de son talent, deux amis de son grand ami Swann, et où nous demandions à lui présenter nos hommages.
Je me souviens aussi d’une époque quand on passait des notes par des intermédiaires à d’autres personnes dont on avait envie de les flatter. Ça s’appelle les années lycéennes. Bravo, les gars.
Cependant, contre toute attente, ça marche :
Il ne m’en demanda pas moins d’aller le voir à son atelier de Balbec, invitation qu’il n’adressa pas à Saint-Loup
Encore une fois, le narrateur a cette idée curieuse où il faut renoncer exactement aux gens autour de soi qui l’aiment :
Peut-être alors vécut-il seul, non par indifférence, mais par amour des autres, et, comme j’avais renoncé à Gilberte pour lui réapparaître un jour sous des couleurs plus aimables, destinait-il son œuvre à certains, comme un retour vers eux, où sans le revoir lui-même, on l’aimerait, on l’admirerait, on s’entretiendrait de lui…
Je ne sais pas ; je pensais avant de lire Proust que si on aimait un autre, on faisait des efforts pour le garder proche. Mais c’est dans ce contexte qu’il reprend la chasse aux Mademoiselles Simonet, sans avoir la moindre idée de qui il parle. Sérieusement.
je n’eus jamais la certitude absolue qu’aucune d’elles — même celle qui de toutes lui ressemblait le plus, la jeune fille à la bicyclette — fût bien celle que j’avais vue ce soir-là au bout de la plage, au coin de la rue…
À partir de cet après-midi-là, moi, qui les jours précédents avais surtout pensé à la grande, ce fut celle aux clubs de golf, présumée être Mlle Simonet, qui recommença à me préoccuper…
Mais c’est peut-être encore celle au teint de géranium, aux yeux verts, que j’aurais le plus désiré connaître.
Dois-je vous dire qu’encore une fois, il va sacrifier quelque chose d’important pour chasser aux jupes ? Nan, il le fera pour moi !
Ma grand’mère, à qui j’avais raconté mon entrevue avec Elstir et qui se réjouissait de tout le profit intellectuel que je pouvais tirer de son amitié, trouvait absurde et peu gentil que je ne fusse pas encore allé lui faire une visite. Mais je ne pensais qu’à la petite bande…
De toute façon, vous souvenez-vous qu’il vient de mentionner « celle aux clubs de golf » ? Quelle surprise, ses nouveaux loisirs :
Ma grand’mère me témoignait, parce que maintenant je m’intéressais extrêmement au golf et au tennis et laissais échapper l’occasion de regarder travailler et entendre discourir un artiste qu’elle savait des plus grands, un mépris qui me semblait procéder de vues un peu étroites.
Bravo, la grand-mère ! Elle a du sens. Et puisqu’il écoute toujours la dernière personne à qui il parlait :
Je dus finir par obéir à ma grand’mère avec d’autant plus d’ennui qu’Elstir habitait assez loin de la digue
Proust parle de ses tableaux de « le port de Carquethuit » et « les églises de Criquebec », et il semble que ces lieux n’existent pas. Tant mieux pour décrire en détail toutes les couleurs des eaux, de comment :
le peintre avait su habituer les yeux à ne pas reconnaître de frontière fixe, de démarcation absolue, entre la terre et l’océan.
Je ne sais rien des inspirations derrière le personnage d’Elstir, mais entre le manque de « frontière fixe », le milieu vaguement normand de Balbec, et son commentaire que :
l’effort d’Elstir de ne pas exposer les choses telles qu’il savait qu’elles étaient, mais selon ces illusions optiques dont notre vision première est faite, l’avait précisément amené à mettre en lumière certaines de ces lois de perspective
j’imagine que le tout est un argument pour l’impressionnisme de Monet et son cercle.
La visite au studio termine sur quelques pages de conversation entre le narrateur et Elstir sur les qualités artistiques de représentations du Jugement dernier dans les statues de plusieurs églises. Ça montre qu’Elstir est beaucoup plus d’un érudit que d’autres personnages que nous avons rencontrés au fil de ces livres (toux… Bergotte… toux), mais ce qui nous attend la prochaine fois, c’est qu’en sortant du studio, Mlle Simonet atteint enfin un prénom, un que nous avons déjà croisé il y a des mois. C’est peut-être la nièce des Bontemps, les amis de Mme Swann.
J’espérais publier la dernière entrée du Projet 30 Ans de Taratata pour l’année aujourd’hui, mais ça prend une sacrée quantité de temps. Au lieu de ça, quelques anecdotes personnelles :
La Fille et moi sommes allés à South Coast Plaza hier pour les soldes après-Noël. Apparemment, je n’ai rien appris de l’après-Halloween cette année, mais un exemple servira pour illustrer La vita nuova, comme disait Dante. (Il faut comprendre, le choix de références, c’est soit ça soit Inferno. Je suis de mauvais humeur.)
Pendant des décennies, l’une de mes habitudes est d’aller aux soldes de la marque Harry & David, fournisseur de fruits et de bonbons. Les prix des produits de cette entreprise sont follement chers, mais tout le monde sait qu’après Noël, tout se vend pour -50 %. Et le produit que La Fille et moi aimons le plus, c’est un mélange de fruits recouverts de chocolat : des myrtilles, des cerises et des abricots. Au fil des années, le prix a augmenté, bien sûr, mais même il y deux ans, 1 livre de ce mélange coûtait 15 $ avant Noël, et 7,50 $ après. C’était toujours vendu dans un sac en plastique. Mais à vrai dire, dès que j’ai vu cette pancarte chez Macy’s, j’ai su que rien n’allait pas aller comme d’habitude :
Ça dit que pour les fruits secs et bretzels, c’est 1 achète, 1 moins 50 %. C’est une chute pour la remise.
Voici notre achat cette année :
C’est les mêmes fruits, et un peu plus que 1 livre — 18 onces au lieu des 16 dans un livre. Et le prix ? Oh, moins 50 %, rien à craindre — sauf que le prix sans solde est désormais 40 $ ! Alors nous avons payé 20 $ pour ce qui aurait coûté 7,50 $ au passé. ([Mais non, car le poids a augmenté, ingrat. — M. Descarottes])
Félicitations, vous avez vu la dernière boîte de ces bonbons de ma vie. Je ne voulais pas quitter le magasin sans acheter quelque chose, car le trajet est beaucoup plus long de notre nouvel appartement. Mais si j’avais su, nous ne serions pas allés au centre commercial.
D’accord, vu l’augmentation du prix de chocolat, je m’attendais à une hausse. Mais de peut-être 20 %, pas de doubler. Les cerises de la marque Marich sont également bonnes et ne coûtent que 24 $ le livre.
J’ai une bonne nouvelle sur autre chose. Il y a deux semaines, je vous ai dit que je suis tombé dans mon appartement à cause d’un médicament. J’ai cessé de le prendre jusqu’à mon prochain rendez-vous. Le 24, j’étais chez le cardiologue, qui l’avait ordonné. Il a dû avouer que ma tension artérielle était bonne sans le médicament — exactement ma plainte il y a 9 mois — et il a coupé la dose. Je sais déjà que je peux en prendre moins sans problèmes. C’est un grand soulagement — je n’aime pas ignorer les conseils des docteurs, mais il n’y a aucune raison pour laquelle je devrais avoir ce problème à mon âge !
Vous n’avez aucune idée du point auquel cette année était un cauchemar à cause de ce fichu cachet. J’étais fatigué et pris de vertige tous les jours avec le truc.
Voulez-vous entendre quelque chose de vraiment bête pour finir ? Je suis à moitié fini avec la traduction de mon livre. Mais j’ai trouvé une erreur si stupide là-dedans, envoyée à toutes les maisons d’édition, que moi, je ne lirais plus à leur place. J’ai écrit :
Les Français croient, pas sans raison, que les Américains ont une relation malsaine avec ces boissons, vu qu’il nous faut attendre nos 18 ans pour en prendre légalement.
Mais c’est faux ! L’âge est 21 ans — 18 est uniquement pour voter et servir dans l’armée ! Comment est-ce que je pouvais faire une si bête erreur ?
Je ne sais pas vous, cher lecteur, mais parfois, après des heures debout en cuisine avant Noël, je suis épuisé. (Et au cas où ce ne serait pas clair, je pense à Jours d’humeur.) Alors, plutôt qu’avoir grand-chose aujourd’hui, juste l’histoire d’une tradition de Noël.
Notre tradition familiale date des 3 ans de La Fille. Nous étions à South Coast Plaza, le grand centre commercial de notre région (voici mon tour en français), elle a vu Santa Claus là pour des photos avec les enfants, et elle m’a dit « Je veux que le Père Noël me serre dans ses bras. » (En anglais. Soyons raisonnables.) Elle ne voulait rien demander, juste ça. J’ai les photos, mais comme vous savez, je suis interdit par sa mère de publier des photos d’elle en ligne. Mais j’étais presque déçu qu’elle ne voulait rien, alors je lui ai dit « Tu sais quoi ? Quand un enfant est vraiment sage, le Père Noël lui donne un chocolat énorme. »
La veille de cette ce Noël-là, nous avons fait des brownies, et en a laissé deux sur une petite assiette avec un verre de lait. Voici le moule :
Le matin de Noël, je l’ai réveillée et elle m’a demandé, « Peut-on voir si le Père Noël nous a apporté un cadeau ? » Quand elle a vu une assiette avec juste quelques miettes, ainsi qu’un cadeau emballé, elle a dit « Le Père Noël l’a adoré ! » Voici le cadeau :
C’est un Hershey’s Kiss géant de 200 grammes (normalement, ils font 5 grammes). Elle a dit : « Le chocolat ! Je l’ai gagné ! » et une fois goûté, « J’aime le Père Noël ! » Depuis ce temps-là, chaque année, nous faisons quelque chose pour le Père Noël, et il apporte toujours un Hershey’s Kiss géant, souvent avec d’autres choses.
Pour info, pendant 6 ans, à travers nos deux cobayes, il y avait toujours un cadeau pour eux, avec l’emballage signé « Rudolphe le renne au nez rouge ». J’avais acheté un cadeau pour M. Descarottes l’année dernière, mais il est mort avant Noël.
Ces dernières années, il est devenu difficile de maintenir cette tradition. Hershey’s continue de produire le bon chocolat ; le problème se trouve dans nos magasins — aucun ne le stocke plus. L’année dernière, j’ai dû lui donner 3 petits Hershey’s Kisses de 50 grammes chacun, car c’était tout ce qui se vendait dans les magasins. Et cette année, je n’ai même pas vu ces derniers, juste des sacs avec les bonbons de 5 grammes. Mais je m’attendais à ça, alors, j’ai commandé à Hershey’s en ligne. Et cette fois, c’était un monstre de 454 grammes (1 livre) :
Mais nous sommes loin des jours où je devais tout faire en cuisine. Cette année, La Fille m’a dit « Je veux faire les cookies pour le Père Noël. » Et elle a choisi une recette de Péla pour ça, ses « cookies américains ». Tout ce que j’ai fait, c’était de casser les œufs et enfourner et sortir les cookies du four. C’est autrement son travail à elle. Voici des photos :
Ça dit, certaines choses ont changé depuis le début en 2013. Elle me dit « Je sais que tu es Santa », et bien que je le nie vivement, elle ne me croit pas. Mais après avoir reçu son chocolat hier matin, ce qui l’attendait juste en bas de, euh, son bas de Noël, elle a dû avouer : « Je n’ai vu le rouleau de papier nulle part, et je n’ai rien entendu non plus. Je ne sais pas comment tu l’as fait, « le Père Noël ». »
Pour cette bûche, je me suis posé la question : « C’est quoi votre combinaison de parfums préféré ? » Puis je me suis souvenu du fait que c’est du gianduia avec des mûres de Boysen, comme dans le gâteau gianduia chez Extraordinary Desserts, mais que c’est impossible d’imiter son gâteau pour manque d’ingrédients. Alors, après ça ? C’est sans question le chocolat avec des framboises, comme dans le macaron Saint-Valentin. Par hasard, c’est aussi un gâteau chez Extraordinary Desserts, dit « Truffe framboise » (en français ; n’oubliez pas que Mme Krasne était élève de Gaston Lenôtre lui-même). J’ai donc décidé de créer ma propre version de cette combinaison. Voici le résultat :