Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

La meilleure coïncidence au monde

Hier, dans une certaine blague que personne n’a évidemment écoutée, j’ai mentionné l’équipe de baseball que je déteste la plus, les Dodgers de Los Angeles. Enfin, c’est probablement la deuxième après les Yankees de New York, mais les Yankees sont l’équipe la plus détestée par tout le monde qui n’est pas lié à New York. Mais les Yankees — un ancien joueur, en particulier — sont responsables de mon fait préféré de toute la langue française. En fait, grâce à Facebook, je sais que j’ai appris ce fait le 5 juin 2020.

À cause du fait que toutes les chaînes de télé font la majorité de leurs affaires sur la Côte Est, et que les horaires de télé sont organisés pour convenir aux habitants de la Côte Est, les équipes de la Côte Est sont toujours surestimées. C’est un effet bien connu depuis des décennies que les joueurs des équipes de la Côte Ouest reçoivent moins de votes pour les nombreux prix individuels à cause du fait que les électeurs qui habitent sur la Côte Est ne voient pas leurs jeux. On l’appelle « East Coast bias, » le biais vers la Côte Est. Ne me croyez pas sur parole. Wikipedia en anglais offre de nombreux liens sur le sujet.

De loin, le pire exemple de ce biais est un ancien joueur des Yankees. Je vais cacher son nom en vous expliquant la situation. En 2020, ce type a été élu membre du Temple de la renommée du baseball avec la deuxième plus grande quantité de votes de tous les temps. Plus de votes que Babe Ruth, le meilleur joueur de tous les temps (aussi un Yankee). Plus de votes que Willie Mays, qui avait de meilleurs statistiques que cet homme dans chaque catégorie. Je considère le fait de cette élection le plus grand scandale de tout baseball (hormis les drogues ou les paris illégaux). Pourquoi ?

Parce que ce type était le pire joueur défensif de tous les temps.

Il jouait court-arrêt (shortstop), la position la plus difficile de tous. Alors « pire » est une idée relative. Mais ce qu’il vous faut comprendre, c’est qu’on juge la valeur d’un joueur par deux choses : en tant que frappeur et en tant que défenseur. Il y a peut-être 300 joueurs au monde entier qui peuvent frapper au moins 20 coups de circuit par année. Ce numéro n’est pas mal ! Mais. D’entre eux, la moitié sont nuls en tant que défenseurs. Ils peuvent jouer au premier but ou au champ droit, les positions les plus faciles. On estime donc qu’un joueur qui peut frapper 20 circuits par année en jouant arrêt-court vaut plus qu’un joueur qui fait la même chose au champ droit.

Mais quand je vous dis ça, c’est avec l’idée que le joueur a au moins un niveau moyen en jouant à leur position. Quelqu’un qui est particulièrement surdoué ou sous-doué en tant que défenseur peut changer le calcul.

Il y a plusieurs outils pour mesurer la valeur d’un joueur en tant que défenseur. Mais vous ne voulez pas un cours magistral sur le sujet. Il suffit de dire qu’ils sont tous d’accord que ce monsieur est le pire de tous les temps ; voici un lien vers « defensive runs saved » (points empêchés en tant que défenseur). Une valeur positive veut dire que le joueur a gagné des points pour son équipe ; une négative veut dire qu’il a coûté son équipe des points. Ce monsieur a de loin la valeur la plus négative de tous les temps, -162. Le deuxième pire joueur ? -100 !

Évidemment, ce monsieur valait beaucoup plus en tant que frappeur. Mais s’il avait joué au champ droit, il y a un risque qu’il n’aurait jamais élu au Temple de la renommée, parce que sa contribution en tant que frappeur aurait été considéré moins valable. Alors, quel est le nom de ce monsieur, ce qui me fait rire comme rien d’autre ?

Derek Jeter.

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

J’aurai des larmes aux yeux pour le reste de ma vie à cause de ce fait !

Oui, je dois avouer qu’il ne le prononce pas de même façon. Peu importe. Il n’y aura jamais de meilleure coïncidence nulle part ailleurs.

(Crédit de photo de couverture : Champ de baseball à San Diego, Domaine public)

Saison 2, Épisode 20 — Les 1000 coups de foudre

On revient vers les affaires comme d’hab du blog. Cette semaine dernière, nous avons repris les dîners du blog, ainsi que les critiques. Mais on a oublié d’expliquer à ma voix que c’est le temps de reprendre sa tâche, et j’ai galéré à enregistrer cet épisode. J’ai quand même un cadeau pour vous, décrit en bas.

(En effet, quand je tombe malade, il me faut toujours presque un mois pour retrouver ma voix habituelle.)

Vous ne me croirez pas, mais c’est presque la rentrée pour nos enfants chez moi. Cette semaine, les écoles rouvrent pour enregistrer les élèves ; la semaine prochaine, la nouvelle année scolaire commence. Je n’ai pas trouvé le bon moment pour écrire sur le sujet, mais j’ai vu quelque chose d’absolument charmant devant une maternelle près de notre hôtel à Montparnasse :

C’est juste une liste de contrôle pour les élèves (et pourquoi étaient-ils là ? Les grandes vacances n’ont pas lieu en juillet ?). Mais c’est comment elle est écrite — à la première personne. Il y a des années, j’étais entraîneur de l’équipe de foot de ma fille. À 5-6 ans, les petites prennent tout au sérieux. J’imagine les enfants se souciant de ne rien oublier, et demandant à leurs parents encore et encore s’ils ont tout mis dans le sac. Si seulement vous pouviez entendre les enfants en plein panique sur qui était responsable du goûter, et la fierté quand c’était le tour à leur famille !

En fait, nous avons croisé les enfants un matin. Ils portaient tous des gilets de sécurité, et faisaient la queue en marchant dans la rue. C’était adorable. Je souhaite que les adultes de ma connaissance ici se comportent aussi bien !

Savez-vous quelle autre chose revient trop vite ? J’ai pris cette photo au supermarché il y a deux jours :

Ouais, c’est déjà Halloween. Début août !

M. Descarottes veut m’interrompre. « Le moulin à paroles parle trop, hein ? Il me fait bâiller. Vous aussi ? »

D’accord, message pris en compte.

Notre blague est quelque chose de spécial. Je l’ai écrite à partir de nombreuses telles blagues alors vous reconnaîtrez sûrement la chute. Mais je suis bien au courant de mes propres tendances, et de l’accueil de mes plaintes sur la langue. Alors considérez-la un clin d’œil pour vous dire que je vous écoute. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi C’est le 1er, version août 2023, ma revue mensuelle d’autres blogs, Les regrets, ce que j’ai raté cette fois en France, et Mon dîner sarthois, la poularde fermière de Loué aux morilles et poireaux et les sablés.

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Mon dîner sarthois

Comme je vous dois des dîners après mes vacances ! On commence avec la Sarthe, où je savais toujours que j’allais faire des sablés pour le dessert. Mais que faire pour notre plat principal ? J’ai consulté le site des producteurs des volailles de Loué, et là j’ai trouvé notre plat, la poularde fermière de Loué rôtie aux morilles et poireaux fondants. Voilà :

Il y a plein de photos, et je vous rassure, vous allez apprendre quelque chose cette fois. Surtout comment ne pas gâcher les sablés. Allons-y !

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Les regrets

Alors, les vacances sont finies pour moi, mais je suis toujours en train d’éditer une vidéo, à partir de nombreux clips que j’ai tournés par ici et par là. Mais pendant ce temps-là, il me surprend que personne ne m’a jamais demandé certaines questions.

  • Quels films avez-vous acheté chez la FNAC cette fois ?
  • Vous avez certainement acheté des vêtements au Temps des Cerises, n’est-ce pas ?
  • C’est votre 3e fois en France, et de loin la visite la plus longue. Sûrement vous avez finalement entré dans une boulangerie quelque part pour acheter une baguette pour la toute première fois de votre vie ?

Que les réponses soient tragiques ! « Rien », « non », et « Euh, pas encore ».

Ouais, je n’arrive toujours pas à les croire non plus.

Croiriez-vous que la seule fois où j’ai visité une FNAC, c’était à l’aéroport en attendant le vol de retour ? Il n’y a rien là sauf pour des écouteurs et des câbles. Certainement pas de livres, et pas de disques.

Quant aux boulangeries, je vous en ai montré une que nous avons visitée sur la Rue des Rosiers. Voici la seule autre fois que nous avons visité une boulangerie qui n’était pas Monoprix :

C’est une petite chaîne partout à Paris. Les pâtisseries n’ont rien de spécial :

Disons seulement que tout le monde n’a pas la même idée de que faire en France. Il ne faut pas que je dise plus. Mais je ne voulais pas cacher cette partie du voyage.

Outsphere

Pour la cinquième fois, on retourne vers l’univers de Guy-Roger Duvert, au début d’une troisième série. Non, je n’ai pas abandonné Les Rôdeurs de l’Empire — mais croiriez-vous que c’était l’auteur lui-même qui m’a dit d’y sauter ? Moi non plus — pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé. Il m’avait conseillé de le lire avant de continuer avec ses autres livres pendant la conversation autour de notre interview. D’une part, vous ne serez même pas un peu surpris que j’ai a-do-ré ce roman. D’autre part, si vous pensiez que je ne pourrais pas chanter plus fortement ses louanges, vous aviez tort.

Pour vous rappeler, je vous ai dit en critiquant L’Appel d’Am-Heh que M. Duvert fait toujours ses devoirs. Je veux être prudent — ses œuvres sont toujours clairement originaux à lui. Mais il me semble qu’il doive être très bien lu parmi les maîtres de science-fiction qui ont écrit sur les colonies dans l’espace. Mettons la scène, puis je m’explique.

Quant à Outsphere, il s’agit d’une arche interstellaire envoyée vers une étoile distante pour établir une colonie sur une nouvelle planète, le nommé Outsphere. Mais il y a deux chemins pour ce genre d’histoire : « l’empire de l’humanité », telle que l’on trouve dans Star Trek ou Star Wars, où la galaxie se trouve remplie de planètes habitées, bien connectées. L’autre chemin, c’est « le dernier espoir », où tout part en cacahuète et c’est un combat pour la survie de l’espèce. Ici, on est carrément dans la deuxième catégorie.

Très similaire aux Rôdeurs de l’Empire, les premiers chapitres se concernent avec mettre beaucoup de personnages sur l’échiquier. On rencontre d’abord beaucoup de militaires et scientifiques, chargés de gérer l’atterrissage et la construction de la nouvelle colonie. Au fur et à mesure, de plus en plus de civils sont réveillés pour rejoindre les efforts.

Il s’avère que l’Arche n’est pas le seul effort lancé par les Terriens. Quelques semaines après leur arrivée, une deuxième arche arrive. Il s’avère que après le départ de l’Arche, la technologie s’est améliorée assez pour une seconde tentative, et en plus, les humains sur le deuxième vaisseau sont plus évolués. Ils sont légèrement télépathiques et prennent des décisions en tant qu’un groupe. Les différences entre ces deux groupes d’êtres humains auront des conséquences.

Bien que le livre parle d’une colonie fictive, M. Duvert prend l’opportunité pour provoquer des réflexions sur certains sujets bien terrestres. Par exemple, quand un colon du premier groupe meurtre un colon du deuxième groupe, il se justifie en pensant « Les Français étaient-ils racistes lorsqu’ils tuèrent des Allemands sous l’Occupation ? Il ne s’agissait pas de racisme, mais de légitime défense ! » Dans ce cas, il a peut-être tort quant à son analogie, mais on ne peut que penser à la tendance moderne — surtout aux États-Unis — de dire que tout le monde qui n’est pas d’accord est nazi, donc tout et n’importe quoi est justifié. Il s’avèrera que la situation est beaucoup plus compliquée que ce monsieur en pense.

Comme dans d’autres livres duvertiens, il y a des moments genre clin d’œil vers le lecteur à cause du fait que les personnages se parlent probablement dans une autre langue, bien que le livre soit écrit en français. Très peu après le début, un espagnol se réveille dans l’Arche et ça arrive :

Le caisson cryogénique s’ouvrit, laissant apparaître un grand Hispanique aux traits anguleux.

— Putana Madre !

Bowman sourit en voyant tousser violemment Francisco Baya, dont le réveil était difficile….

— Ho, Colonel… dit Baya. Je veux dire… Putain de réveil !

1ère partie, Chapitre 4

C’est gentil de M. Baya de traduire ses jurons pour nous.

Ce livre me rappelle de nombreux maîtres de la science-fiction. Par exemple, Isaac Asimov, qui a mis la table avec son Cycle de Fondation, où il y a deux visions très différentes pour comment sauver l’humanité. Si on disait que l’Arche est la Première Fondation, et l’Utopia est la Seconde Fondation, surtout en ce qui concerne leurs méthodes, on ne serait pas loin de la vérité. La coopération mal à l’aise entre les deux groupes me rappelle fortement Au tréfonds du ciel par Vernor Vinge, surtout parce que le manque d’identité personnelle du deuxième groupe me rappelle les « Émergents ». Dès que j’ai lu la première mention d’un certain organisme qui infecte tous ceux qui respirent l’air de la planète, j’ai crié « C’est l’organisme Warden ! » de mon auteur préféré du genre, Jack Chalker — tout inconnu en France, il me semble, mais dont sa série Les Quatre Seigneurs du Diamant fait une chose similaire (enfin, avec des buts très différents). J’ajoute aussi la maîtresse irlandaise Anne McCaffrey, dont les origines de sa célèbre série La Ballade de Pern partagent de nombreux traits avec le sort d’Outsphere — surtout que les colons pensaient à créer une société technologique, mais ils vont finir par vivre la vie que la planète leur permet.

Outsphere nage dans les mêmes eaux que ces œuvres, mais est tellement sa propre histoire. Je les mentionne pour vous indiquer le rang d’auteurs auquel il faut faire la comparaison. Je vous recommanderais tout et n’importe quel livre parmi les précédents sans hésitation, et Outsphere mérite une place à côté de chacun.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le Tour des endroits malchanceux

C’est enfin le retour de Langue de Molière, et je suis heureux de vous dire que j’ai gardé tout un fichier d’idées pendant son absence. Alors, il me faudra des mois pour l’épuiser.

Quelque chose qui m’étonne, c’est la quantité et variété de mots en français pour exprimer l’idée de séparer quelqu’un de leur travail. J’ai hâte d’ajouter que je n’ai rien appris à cause de mauvaises nouvelles chez moi ou parmi mes amis. Non, mon intérêt date aux bons vieux jours de Duolingo, quand j’ai appris « licencier » ainsi que « virer ».

« Licencier » a attiré mon attention parce que c’est un faux ami d’un mot anglais. Ou probablement anciennement un synonyme. En anglais également qu’en français, une licence est un genre de diplôme. Mais c’est aussi ce que l’on appelle un permis de conduire, ainsi que le document dont on a besoin pour ouvrir un magasin. Quand on dit « licence » en tant que verbe, ça veut dire recevoir un tel document ou donner permission, jamais perdre le boulot !

Je me suis rappelé tout ça en lisant cette pépite dans Le Canard enchaîné du 28 juin :

Ça parle d’un monsieur Geoffroy Lejeune, inconnu chez moi, dans cette interview du Figaro avec son nouveau chef du groupe Lagardère. Je n’exprime aucun avis sur le sujet ; ici, je note juste qu’il a été « remercié » en voyant la porte.

Ah mince, je remercie des gens tout le temps ! Typiquement comme ça :

Si seulement j’avais su ! Pas étonnant que les offices de tourisme n’apprécient pas mes « remerciements » !

Mais en fait, cet usage de « remercier » prend sa place à côté d’autres synonymes inattendus. L’année dernière, j’ai vu ces deux parodies dans mon groupe (privé, pas de liens) de blagues de Martine :

Mon dictionnaire Oxford dit que « lourder » est de l’argot, mais « limoger » est bien normal. Avec de telles images dans la tête, moins envie d’y aller !

J’étais apparemment à quelques kilomètres d’être « Viré ». Il y a une ville de Vire dans le Calvados. Mais le tout pire endroit de toute la carte française doit être dans le Tarn, toujours pas visité par notre Tour :

Ville de Castres, CC BY-SA 4.0

Savez-vous ce que les gens s’appellent ? Les Castrais. Je ne plaisante même pas ! Google ne les prononce pas d’exactement la même façon, « -ais » étant une voyelle lâche, et « -és » étant tendue. Je m’en fouche, comme La Fille et moi disons. (C’est quand on s’en fiche et s’en fout en même temps.)

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine, quelque part très loin du Tarn. Au cas où.

Les 1000 Coups de Foudre

C’est le 1000e post d’Un Coup de Foudre. Lancé le 1 novembre 2020, c’est à dire que pour les 1005 derniers jours, dont les derniers 399 de suite, je suis ici pour vous parler quotidiennement de mon sujet préféré au monde entier.

([Je le savais ! Il vous a tous complètement trompé ! C’est pas sur la France, c’est sur lui ! — Mon ex])

Il y a un sens où Madame n’a pas complètement tort. C’est un blog sur la France, mais toujours à travers les mêmes yeux, ceux d’un type qui ne sait même pas où trouver de la pâte feuilletée au supermarché. Pourtant, il ose penser qu’il a quelque chose d’intéressant à dire sur la France, sur la culture…sur vous. ([L’arrogance à l’américaine ! Et où sont mes carottes ? — M. Descarottes])

Mais à quel point est-ce un blog français ? Ai-je appris quelque chose ? Voyons. Je sais que les Français sont grands fans de classer tout et n’importe quoi. Il y a des Cités de Caractère, des Villes d’Art et d’Histoire, des Villages Fleuris, des produits Label rouge… où que l’on trouve une catégorie, on trouve aussi des Français prêts à faire le classement. C’est pourquoi chaque entrée du Tour commence avec une statistique de l’INSEE. Mais avez-vous remarqué que je triche ? À chaque fois où je mentionne les populations, si le département tombe dans la première moitié des plus peuplés, je le dis. Sinon, j’écris « c’est le département l’énième moins peuplé ». De cette façon, tous les départements tombent dans la première moitié. Heureusement pour moi, il n’y en a plus que 101 ; sinon, ça ne marcherait pas.

Alors, lirons mes statistiques :

Les tendances sont bonnes, mais il y a toujours du travail.

Je sais très bien râler. Ne me dites pas que ce n’est pas français — je connais trop vos pubs !

Source

J’avoue, je le fais après chaque voyage (2021, 2022, 2023). Mais mes plaintes ont tous quelque chose de curieux en commun — je veux juste être comme tout le monde. Bah quoi, j’ai plus le droit au français ? (En fait, non. Mais j’aimerais tellement voir le ministre qui défendra le droit de parler en anglais. Enfin, je trouve mon chemin pour apparaître à la une du Canard.)

Mais je suis honnête, alors je dois avouer autre chose. Vous êtes nuls en tant que râleurs. J’entends tout le temps que les Français sont de gros râleurs, mais quand je lis vos commentaires et vos blogs, je ne le vois presque pas du tout. Oui, c’est facile à trouver sur les réseaux sociaux, mais râler est la monnaie du royaume chez eux, peu importe la langue.

J’aime bien revisiter le passé, une tendance très connue dans un pays qui fête de tels œuvres qu’À la recherche du temps perdu. Vous savez peut-être qu’Anne-Marie de Carry the Beautiful était la première personne qui m’a découvert. Mais connaissez-vous les autres qui sont ici dès le début, ou presque ?

Je ne connais pas deux de ces personnes, qui n’ont jamais laissé des commentaires. « avecunaccent » était une lectrice précieuse, et je regrette qu’elle ne fréquente plus le blog. (Rien de mal s’est passé, pour autant que je sache.) Mais les autres restent parmi mes personnes préférées pour voir ici. Je n’aime pas attirer de l’attention vers ceux qui ne l’ont pas demandé, mais les deux premiers commentaires du blog ont été laissés par deux personnes, pas blogueurs, qui restent parmi mes plus chères amies n’importe où.

Mais quelle est la plus grande preuve qu’après presque trois ans, il y a toujours un nouveau coup de foudre tous les jours ? C’est que même pendant mes soi-disant vacances aux États-Unis, quel que je fasse, je ne pense qu’à la France tous les jours. Que ce soit dans le Massachusetts ou en Louisiane, mes pensées sont toujours quelque part dans l’Hexagone. Bon, ou en Corse. Il faut toujours préciser ! Vous savez me rendre fou !

Alors oui, la relation est parfois orageuse, et j’ai des humeurs, pour le dire gentiment. Mais je reviens encore et encore à la même conclusion — même après 1 000 essais, je n’ai toujours épuisé ni mes sujets ni votre bienveillance. Pour ça, je reste reconnaissant.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version août 2023

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Cette fois, il y a moins de liens que d’hab, et la liste de blogueurs en congé a grandi. Je ne savais pas qu’il y avait autant de juilletistes ! Au moins, j’espère que c’est la raison. (Moi, je suis plutôt tendance « je prends mes vacances quand la Reine d’Anguille-sous-Roche le permet ». Je dis ça, je dis rien.)

Nouveaux à moi :

Rien. Il n’y a plus de nouvelles personnes intéressantes à suivre. Non, je plaisante — je voyageais pendant un tiers du mois ! Pas assez de temps pour lire et découvrir des nouveautés.

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Bonheurs culinaires, Un déjeuner en Provence, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Les souris de Paris, Bonheur des yeux et du palais, Je suis sur la route, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, Grain de Sable, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Saison 2, Épisode 19 — Le pèlerinage de mémoire

Je suis toujours malade, mais je n’allais pas rater un épisode, surtout quand j’avais planifié quelque chose de spécial pour celui-ci. J’ai fait mon meilleur effort, et comme prévu, il y a une blague qui m’est arrivée dans l’esprit (ce n’est pas à moi) en voyant une affiche de propagande pétainiste au Mémorial de Caen. Elle était de l’humour noir juif-allemand des années 30. Mais ce dont je suis fier, c’est ce que j’ai fait à partir de 13m11. J’espère que vous écouterez cette partie, si rien d’autre.

J’ai essayé de faire mes meilleurs Eisenhower et de Gaulle aussi. Avec toute ma voix ça aurait déjà été un défi. Je sais que je ne suis pas à leur hauteur. Mais si on va lire leurs mots inspirants à haute voix, il faut au moins essayer de suivre leurs exemples, et ne pas tout lire comme l’annuaire téléphonique. (Pourtant, quand je dis que je peux vous écouter tous lire l’annuaire toute la journée, c’est censé être un compliment !)

Aujourd’hui, le 31 juillet, c’est l’anniversaire de Louis de Funès. Il m’étonne que je n’aie pas vu un de ses films jusqu’à ce point de cette année. Mais il faut dire que ce soit devenu difficile. Si vous voyez « Nous irons à Deauville » ou « Des pissenlits par la racine »sur un horaire de télévision, dites-le-moi.

On est sur le point d’atteindre deux étapes cette semaine. Cet article est le 998e du blog. Alors, après le prochain « C’est le 1er », on fêtera le 1000e article depuis le début. Langue de Molière reviendra donc jeudi au lieu de mercredi. Aussi, on est à 495 000 mots depuis le début. Peut-être que 500 000 n’arrive qu’avec le prochain épisode. Je ne sais pas. Une fête suffira. Le truc de fou, c’est que ça me surprend moins. ([Moi aussi. Je m’attends à ce que le vieux moulin à paroles dépasse cette quantité tous les jours. — Mon ex])

Une leçon d’anglais pour vous faire sourire ? En anglais, pour « moulin à paroles », on dit plutôt « windbag » ou « gasbag », littéralement « sac à vent » ou « sac à gaz ». Pourtant pour « Moulin Rouge », on dit juste « Moulin Rouge ». Impossibles de prévoir, les traductions en anglais.

Notre blague est liée à un panneau de propagande au Mémorial de Caen duquel j’ai parlé dans l’article. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi De la Chantilly au bouillon, l’histoire de notre visite au château nommé, En haut du monde, notre visite à la Tour Eiffel, Rabbi Jacob au Louvre, notre visite à la Rue des Rosiers et Jocondisneyland le Louvre, et Et les Français parlent anglais, ma plainte annuelle que vos compatriotes ne me parlent pas en français.

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Et les Français parlent anglais

C’est presque le temps pour le retour de Langue de Molière le mercredi, mais avant de reprendre nos histoires drôles et drôles d’histoires, il faut encore une fois que l’on parle sur la langue. Je me sens toujours coupable quand je me plains de cette façon (voilà et voilà), parce que ceux qui me fréquentent sont exactement pas ceux auxquels je veux m’adresser. Mais ils sont vos voisins. Je suis bien tenté d’envoyer une copie aux ministres responsables de tourisme : selon Wikipédia, Mme Olivia Grégoire et M Bruno Le Maire. Aussi au Monde et au Figaro. Je vais régler ce problème même si c’est la dernière chose que je fais.

Commençons avec une anecdote. Il y a eu un moment où le billet « Paris Visite » de mon père s’est démagnétisé, et il n’a pas pu sortir d’un quai à la Gare du Nord. Pendant que je cherchais de l’aide de mon côté, il a trouvé la personne la plus proche avec une veste de SNCF de son côté pour se plaindre fortement en anglais. Il a réussi avant moi. Ma fille était gênée. Pendant l’argument qui a suivi, il m’a dit que tout le monde qui travaille avec les touristes parlent anglais, et il ne sert à rien d’essayer en français. Selon ses expériences, a-t-il tort ? Attendez.

Mon père raconte parfois une histoire qu’il croit très drôle. Ça vient des années 70, et pour être honnête, M. le président de Gaulle avait « remué la marmite », comme on dit en anglais, avec un discours qui a encouragé un mouvement séparatiste. La relation entre les francophones et les anglophones au Canada n’était pas bonne à l’époque. De toute façon je n’étais pas encore né, et lui et ma mère étaient en vacances à Montréal. Il cherchait des toilettes dans un grand magasin, et il lui semblait que les caissières faisaient semblant de ne pas comprendre l’anglais. Alors après avoir tourné le dos, il a dit à haute voix (en anglais, pour être clair) « La prochaine fois où il y a des chars allemands à Paris, nous devrions les laisser finir la tâche avant d’aider les Français. » Tout à coup, les caissières ont commencé à comprendre sa question originale et lui ont dirigé vers les toilettes.

Oui, c’est le même monsieur que j’ai emmené en France. Je vous rassure que rien à la hauteur de ce commentaire n’est arrivé. Mais avant de dire « C’est du « French bashing » » — ai-je dit à quel point j’adore que l’on dit ça en anglais ? — considérez que de son point de vue, il n’avait pas tort. Les caissières se foutaient de sa gueule. Tout le monde en a tiré la mauvaise leçon — les caissières, que les anglophones ne sont que de gros cons haineux, et mon père, que les francophones comprennent bien l’anglais et sont juste malpolis. Avez-vous remarqué qu’il était assez ouvert pour visiter Montréal tout court ?

« Mais Justin, » vous me dites, « c’était au Québec. Rien à voir avec la France ! » Comme vous avez tort. Qu’est-ce que vous pensez était sa conclusion en ce qui concerne mon niveau de français quand presque tout le monde — et partout en Normandie, pas juste à Paris — m’a répondu en anglais, peu importe ce que j’ai dit ? Peut-être que c’est très bas, et j’ai le gros melon ? Mais laissez-moi tomber et pensez à nouveau à son attitude à la Gare du Nord. Est-ce que les Français ont réfuté sa conclusion ? Ou l’a confirmée ?

À mon avis, même quand c’est les Français qui changent de langue, vous vous sentez pas respectés et le niveau de service baisse. Chez Les Deux Magots, ils ont choisi de me parler en anglais, et le serveur a eu un cadeau pour aller avec :

Pour vous rappeler mon plat :

Message bien pris en compte. Même nous les américains ne mangerions pas ce plat avec du ketchup. Vous voyez ce dont je me plains — en parlant l’anglais, vous les Français apportez certaines attitudes à la conversation. Je sais exactement ce que ce serveur pense des goûts américains, et je considère ce geste insultant.

J’ai essayé beaucoup de stratégies pendant ce voyage : faire semblant de ne pas comprendre l’anglais, dire « ai-je dit quelque chose de mauvais en français ? », même corriger une caissière en répétant le montant en français. À la fin d’une belle trentaine de conversations, on m’a dit « Mais vous parlez très bien ! » Merci, mais pourriez-vous le tenir en compte avant de me ketchuper ? Pire, j’espérais que ce voyage changerait l’avis de mon père — dois-je vous dire que j’ai échoué ?

En retournant de l’Arc de Triomphe, où je pouvais seulement acheter un t-shirt avec ma citation préférée de Napoléon traduite en anglais, j’ai vu cette pub dans le métro. Je ne savais pas si je devrais rire ou pleurer :

Bien joué, les Français. Je fais le maximum pour m’intégrer, mais comme toutes les relations amoureuses, je ne peux pas vous forcer à accepter le cadeau. Ou même pas entrer dans la relation. Je vous rappelle l’histoire de Claire Koç. Vous avez du monde qui ne veulent rien de plus au monde que de se faire accepter chez vous selon vos termes. Qui rêvent de dire « chez nous ». Mais à cause d’un accent moins que parfait, c’est le ketchup et le dos tourné. Époustouflant.