Archives pour la catégorie Langue de Molière

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La mort qui tue

Une habitude à laquelle je ne mettrai probablement jamais un terme est de découvrir aux mauvais moments que j’ai besoin d’un mot et je n’y ai jamais pensé avant. La semaine dernière, ça m’est bel et bien arrivé avec ma voiture, car honnêtement, Duolingo n’apprend que « volant », « essence », et « coffre ». Il y a plus de leçons sur les manifs, même si c’est peu probable que l’on y assiste en tant que touriste, que sur les voitures, où il est fort probable que l’on en loue une.

Alors, une fois que le dépanneur est arrivé et m’a montré comment démarrer la voiture du point mort, j’ai dû rechercher l’expression « point mort » dans mon dictionnaire. Sinon, j’aurais deviné « neutre », parce que l’on utilise les mêmes lettres pour les boîtes de vitesses. Il m’étonne, mais je n’ai jamais pensé à ce que l’on disait pour PRND même en louant une voiture en France l’année dernière.

Une fois recherchée, j’ai découvert toute autre mort, cette fois chez les comptables. Il s’avère que cet autre point mort parle aussi de quelque chose qui n’avance ni ne recule :

Le point mort est le seuil de chiffre d’affaires à réaliser pour que l’ensemble des charges soient couvertes. Une entreprise qui atteint son point mort est donc à l’équilibre.

Le Coin des entrepreneurs

C’est amusant à savoir que l’anglais retient encore une autre mort que le français a laissé tomber. En France, un prêt pour acheter une maison s’appelle un prêt immobilier. Mais si j’avais 1M $ pour un apport personnel, ce dont on a besoin pour acheter une maison à Elbe-en-Irvine (elles coûtent environ 1,5M $ de nos jours), ce que je prendrais à la banque s’appelle « mortgage« , attesté en français au XIIIe siècle. Ça part de la même mort, mais le « gage » vient du latin médiéval et veut dire une promesse ou engagement. C’est le même gage que celui de nos jours, dont celui des tueurs à gages. Mais ce qui est vraiment inattendu ? Un « mort gage » du Moyen-Âge payait pour toujours car l’intérêt ne réduisait pas la dette. Le prêt qui fonctionnait comme nos prêts immobiliers actuels ? C’était un « vif-gage », pas mort du tout !

Rien à voir, vraiment, mais il y a des jours, l’amie du blog Light & Smell a laissé un commentaire ici d’où j’ai fait la connaissance du musicien Bénabar, et sa chanson, « Le slow de la mort qui tue » :

Je dois avouer que je galère à trouver le lien entre les paroles et la mort, mais peut-être qu’après toute cette mort — et des banquiers en plus — l’opposé fait du bien.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une autre histoire de dépanneur. Mais ne vous inquiétez pas, ma voiture n’est pas tombée en panne à nouveau !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

É you

Il y a des mois, j’ai lu — et je regrette de ne pas avoir gardé le lien — une observation, assez évident quand on est linguiste mais à laquelle je n’avais quand même pas pensé — que certains sons en français se traduisent directement en d’autres en anglais. Je vais vous donner quelques exemples, et je suis sûr que vous reconnaîtrez le modèle :

FrançaisAnglais
ÉtudeStudy
ÉtendardStandard
ÉtatState
ÉpiceSpice
ÉpagneulSpaniel

Voilà, les « é » au début des mots se transforment à chaque fois en « s ». Un peu bizarre, ça, qu’une voyelle se transforme en consonne. Mais dites-donc, nous adorons nos séquences de consonnes pas interrompues par des voyelles en anglais. Pourtant, ce n’est pas toute l’histoire. Voici ce qui arrive avec d’autres mots qui commencent par « é » :

FrançaisAnglais
ÉrosionErosion
ÉruptionEruption
ÉlastiqueElastic
ÉlaborationElaboration

Mais où sont donc passés nos lettres « s » ? ([Je lessssss ai toussss volésss — Cobra Commandeur]) En fait, la différence s’explique par le genre de consonnes qui suit les « é ». Dans le premier tableau, où les voyelles se transforment en « s », elles sont toujours suivies par ce que l’on appelle des consonnes occlusives, où l’air est complètement bloqué par la langue, au moins brièvement. En revanche, devant des consonnes dites « liquids » en anglais, ce qui regroupe les spirantes et les spirantes latérales, la transformation n’arrive pas.

Cependant, cette dernière explication se tient seulement en anglais, où le son exprimé par la lettre « r » est fait avec la pointe de la langue. La lettre « r » en français se trouve plutôt près de la luette. Quand vous vous plaignez de la mauvaise prononciation des « r » par les anglophones, sachez que ce son n’existe pas du tout en anglais ; l’envers est aussi vrai, et la raison principale pour laquelle je préfère vous entendre parler en français.

Bien sûr, il n’y a pas toujours des indices écrits sur les changements de prononciation. Mais on peut parfois remarquer des choses qui sont quand même utiles pour se faire passer pour un francophone. Par exemple, tous lets mots qui se terminent par « -tion » ont subi au même changement. Le français, étant logique, prononce le « t » comme s’il est un « s ». L’anglais, étant le résultat d’exporter une poignée de normands, ivres avec du cidre, prononce la même lettre comme le « ch » dans « chut ». L’anglais est plutôt riche en mots empruntés au français qui se terminent par cette séquence : observation, organization, nation, relation.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec la mort vivante.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Des malentendus

J’avais planifié tout autre chose pour Langue de Molière aujourd’hui, mais deux choses qui se sont passées hier ont pris sa place. D’abord, remontons le temps…

En 2022, donc perdu dans les brumes du temps, j’ai raconté la blague suivante :

C’est un vieux couple qui se réveille, et la femme dit, « J’ai rêvé que j’étais chez Lidl. » Et l’homme lui répond « Et moi, j’ai rêvé que je faisais l’amour avec deux femmes. » Sa femme, un peu choquée, lui répond « J’étais une des deux ? » Et l’homme répond en souriant « Ben non ! Tu étais chez Lidl ! »

Grâce à mes archives de blagues, je sais que c’était l’épisode du 14 novembre. Allez cliquer le lien ; j’ai les statistiques et je sais que vous ne l’avez pas écouté, qui que vous soyez. (Et je reste apeuré que les statistiques soient quand même des mensonges.) De toute façon, ça vous donne le goût de ce que je crois vouloir dire « chez Lidl ». (Je suis bien au courant que c’est un supermarché.)

Alors, ça nous amène aux Grosses Têtes du 16 janvier. Dès que je dis « adieu à jamais » à La Fille chaque matin à l’école (nous nous disons des choses choquantes comme ça tout le temps — mais ne les prenons jamais au sérieux), j’allume la radio afin d’écouter un peu de la dernière heure de l’émission en live. Et cette fois, c’était bruyant, avec de sacrés échos. Mais ce qui m’a vraiment étonné, c’est que j’ai clairement entendu, à 1:06.10 de ‘émission, M. Ruquier dire « ici au Lidl de Paris ». Les Têtes se diffusaient à l’intérieur d’un supermarché ?

Puis il y avait une question sur une chanteuse et actrice, Liliane Montevecchi, qui je ne connaissait pas du tout malgré le fait qu’elle a passé une belle partie de sa carrière aux États-Unis. Et à la fin de ça, à 1:09.39, je l’ai entendu encore une fois, très clairement, le « Lidl de Paris ». Ça commençait à me rendre fou.

Mais après une pause commerciale et une autre question, M. Roman Doduik — pas M. Ruquier — a dit « toujours au Lido » (1:17.33), et tout à coup, j’ai compris mon erreur de compréhension. Pour être clair, M. Ruquier n’a jamais dit « Lidl » lui-même ; c’était juste plus facile de remarquer la différence dans la bouche de quelqu’un d’autre.

Après, j’ai pu rechercher le Lido, et j’ai découvert que c’était un cabaret parisien, récemment saccagé par Accor, le géant des hôtels. (Je dis ça en tant que membre niveau « Silver » de leur programme de fidélité.) Il est devenu une salle de spectacles pour des comédies musicales, moins chères à monter.

Tout ça, c’est-à-dire ne comptez pas sur moi en tant que témoin. Je ne suis pas fiable à cet effet.

L’autre malentendu du jour m’est arrivé avec un commentaire laissé par les2olibrius, à propos de mon billet d’hier :

Source

Je ne connaissais pas le mot « zinzin », mais j’ai tout de suite pensé au mot le plus proche que je connaisse, « zizanie ». J’ai donc recherché zinzin dans le Trésor de langue française :

Source

Quelque chose de bruyant, d’après des obus ? Je suppose, mais monsieur aimait du silence, non ? Mais il y a aussi :

Source

Fou et bizarre ? Absolument ça ! Cependant, y a-t-il un rapport avec « zizanie » ?

Source

Du tout, comme dit M. Ruquier quand il rejette rapidement une réponse. (Si vous ne l’avez pas remarqué, je l’étudie.) L’un vient des obus, et l’autre d’une plante (je ne le savais pas !), et plusieurs siècles les séparent. Pourtant, il me semble que j’ai remarqué quelque chose ici. La langue française n’aime vraiment pas le son de la lettre « z » ! Après tout, l’entrée pour « zinzin » mentionne aussi « zozo », et ce n’est pas mieux, étant un naïf !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec le billet qui était censé être publié aujourd’hui, à moins que le zozo soit encore une fois distrait ou se retrouve dans la ville de Zozo (regardez vers le bas de la page).

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Poussez ici

Il y a des semaines, je vous ai parlé de l’expérience d’entendre un répondeur me dire « Composez 1 pour Taylor Swift ». Mais évidemment, en fait je n’ai entendu rien comme ça, parce que c’est ma traduction de l’anglais. Et derrière ça, on trouve le sujet de Langue de Molière pour cette semaine : les nombreuses traductions qui se terminent toutes par le même mot en anglais, « push ».

Afin d’écrire ce billet-là, j’ai dû demander quelque chose à des amis. J’ai déjà su grâce à Duolingo que l’on dit « composer » pour ce que l’on fait avec un numéro téléphonique. MAIS je ne voulais rien publier sans être certain que ce soit ce que l’on trouverait si on faisait un appel à une grande entreprise. Alors cet aprèm, j’ai écrit sur Facebook :

Vous voyez le problème. Même décrire la situation semble un peu fou. Mais de mon côté, le problème est que je n ai qu’un mot pour tout ça : « push ».

En fait, c’est un peu plus compliqué que ça — l’anglais n’est pas si pauvre en synonymes — mais dans l’usage commun, c’est le mot le plus fréquent de loin.

Il faut que j’explique que l’on n’utilise plus le même verbe pour un seul numéro au lieu d’un numéro téléphonique entier, une partie de ma perplexité. Si on veut dire en français qu’il faut composer un numéro entier, on dit « Composez 01 23 45 67 89 ». En anglais, pour ça on dirait « dial », ce qui veut dire en français « cadran ». Imaginez pour un instant qu’il existe un verbe « cadraner », d’après ce truc que personne n’utilise plus :

Téléphone à cadran, Photo par Maksym Kozlenko, CC BY-SA 4.0

En fait, La Fille a grandi avec un tel téléphone à la maternelle. Ses profs avaient un téléphone — pas connecté ! — dit le « tattle-phone » (téléphone à cafarder), et elles ont dit aux élèves que s’ils voulaient cafarder sur un copain de classe, de le dire au téléphone à cafarder, et quelqu’un écouterait les plaintes. C’était l’idée la plus géniale que j’ai entendue.

Bon, maintenant vous avez cette référence et je peux l’utiliser dans l’avenir.

De toute façon, si on veut composer juste un numéro en anglais — « Composez 1 pour être ignoré par le service aux clients », par exemple, on dit « push ». On peut aussi dire « dial », mais c’est moins commun. Il y a des cons qui disent « press » au lieu de « push ». Si vous dites « press », je m’attends à ce que vous brisiez l’écran de votre portable, car ça veut dire appuyer, et sans cesse. Quelqu’un qui dit « press » a toujours tort.

« Press » est quand même en train de devenir le mot le plus commun pour ça. Je ne plaisante pas toujours quand je vous dis que je trouve l’anglais insupportable. Personne ne sait plus le parler.

En français, il y a souvent des panneaux pour expliquer comment ouvrir une porte. J’ai du mal à trouver une photo sur Wikimedia, mais vous reconnaissez sûrement « Poussez la porte ». En anglais, on dit :

Push sign, Photo par w_lemay, CC BY-SA 2.0

Si on harcèle une autre personne et pousse leur corps ? C’est « push ». Mon dictionnaire Oxford confond aussi « push » et « press » en traduisant appuyer :

On dirait « press » dans ces cas seulement si l’action dure longtemps. Sinon, c’est « push ».

Vous pouvez voir mon problème en apprenant la langue de Molière. Elle fait des distinctions que l’on ne fait pas, ou au moins pas autant, en anglais. Où je pouvais dire juste « push » avant, maintenant je dois me souvenir d’une pléthore de vocabulaire.

Mais pour autant que ce soit un problème, ce n’est pas pas du tout une plainte. Ce sont tous des actions différentes. Pourquoi ne pas avoir des mots différents pour les décrire ?

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour vous expliquer comment remplacer presque chaque « é » dans votre vocabulaire par « st » et toujours vous faire comprendre aux États-Unis.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Soyons francs

En 2021, j’étais à la FNAC d’Orléans pendant mon voyage d’été, où j’ai vu une BD. presque certainement ce tome vu les dates de sortie de la série :

©️Éditions Glénat

(Au fait, ce qui suit n’aura rien à voir avec le complotisme autour de ces gens. Allez regarder Benjamin Gates et le Trésor des Templiers si vous en avez envie. Mais dites-donc, « Trésor national » aurait été une traduction exacte de la VO.)

J’ai demandé à mon ami, qui servait en tant que guide ce jour-là, quelle était la « Franc-Maçonnerie ». Il parle très couramment l’anglais, ayant étudié ici à Elbe-en-Irvine (nous ne nous connaissions pas à l’époque), alors il connaissait le bon mot, les « Freemasons ». « Mason » se prononce de manière vraiment similaire à « maçon », et veut dire la même chose.

Mais ça m’a rendu curieux. « Free » veut dire plutôt « libre » (il y a aussi un autre sens de gratuit), et franc est tout autre chose. Mon dictionnaire Oxford a beaucoup de choix, mais franchement, le bon rapport n’est pas évident :

Les autre choix pas vus ici, ce sont l’ancienne monnaie et des cousins d’Astérix (mais pas d’Idéfix, lui étant un chien). On est en terre inconnue.

J’ai vérifié Wikipédia pour chercher l’origine. Peut-être que les Francs-maçons sont des Freemasons faits maison, d’où le « Franc » ? Wikipédia dit pourtant que c’est le même groupe aux racines écossaises que partout au monde. Mais j’y ai quand même trouvé un indice :

La franc-maçonnerie, ou plus précisément, l’Ordre des Maçons Anciens, Francs et Acceptés, est une société initiatique et philosophique dont les origines se perdent dans la nuit des temps.

Grande Loge du Québec

En anglais, on voit souvent les équivalents des mots « Anciens et Acceptés » sans un troisième, ici Francs. Je suis presque certain que ça veut dire franc comme le dernier sens dans ma capture d’écran. On a un mot comme ça en anglais, « franking« , ce qui signifie le droit de ne pas payer pour envoyer des courriers, exactement le « franc de port ». Mais on veut dire vraiment « libre », pas « gratuit », avec le « free » de « Freemasons ». Et en fait, il s’avère que c’est grosso modo ce qui dit le Trésor de la langue française :

FRANC-, élém. de compos.
Premier élém. de composés subst.; issu de l’adj., il forme des composés subst. masculins.
A. [Le 1er élém. signifie qu’il y a absence de liens de dépendance]
1. [Le 2e élém. est un subst. désignant la pers. dépourvue de liens] :
franc-juge* , franc-maçon* , franc-tenancier* , franc-tireur*
2. [Le 2e élém. est un subst. désignant la chose libre, dépourvue de liens, d’entraves] :
franc-fief* franc(-)parler*,(franc parler, franc-parler) franc-parleur* , dér.
B. [Le 1er élém. signifie qu’il y a absence de paiement de droits, de taxes, de redevances]
1. [Le 2e élém. est un subst. désignant la pers. dispensée de ces paiements] :

TLFi, franc-maçon, certains exemples omis

Il y en a plus, mais ça suffit. Entre les deux dictionnaires, il est bien clair que le sens de libre, être sans liens, est bien attesté, mais n’est plus productif de nos jours. On n’inventerait pas de nouveaux mots qui commencent par « franc ».

Mais ça explique aussi le titre d’un magazine que j’ai récemment croisé, Franc-Tireur, ainsi que franc-parler. En anglais, franc-tireur veut dire « sharpshooter » ou « sniper », et « shooter » et « tireur » sont certainement la même chose. Ces gens étant typiquement solitaires sur le champ de bataille, ça marche. En ce qui concerne franc-parler, j’aurais plutôt pensé au sens « honnête » comme on trouve dans le dictionnaire Oxford, mais le TLFi dit autrement.

On trouve ailleurs que ça explique un autre point de perplexité pour moi, le « coup franc » de football. En anglais, c’est encore une fois « free » comme « libre », mais assez proche de ce sens de « sans liens ou entraves ».

Alors, c’est assez de franc-parler sur franc. Je dois me taire avant que les Francs-maçons ne me soupçonnent. Nan, je plaisante. Mais Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour appuyer sur pousser.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La vérité sur le « fake news »

Il y a deux semaines, la blogueuse LadyButterfly m’a présenté le site Bescherelle Ta Mère, un nom bien calculé à attirer quelqu’un avec mes obsessions. Malheureusement, il n’est plus souvent mis à jour. Mais en le visitant, j’ai découvert un article qui m’a fait chaud au cœur — au début :

Capture d’écran

Je n’ai pas remarqué la date, et je croyais que c’était une nouvelle récente. J’ai eu tort de deux façons. Évidemment, la date en est une. Mais l’autre, c’était que l’article a dit :

Le mot officiel est donc « intox ». Il a été choisi parmi une liste comprenant « infausse, infaux, craque et fallace ».

Texte en gras dans l’original

J’étais ravi de voir ça, car j’avais entendu parler de « infox », et ça m’a énervé. Mais il s’est avéré que l’article avait tort — en fait, « infox » était la recommendation de la Commission d’enrichissement de la langue française, ou plus précisément, une de plusieurs :

Lorsqu’il s’agit de désigner une information mensongère ou délibérément biaisée, répandue par exemple pour favoriser un parti politique au détriment d’un autre, pour entacher la réputation d’une personnalité ou d’une entreprise, ou encore pour contredire une vérité scientifique établie, on pourra recourir au terme « information fallacieuse », ou au néologisme « infox », forgé à partir des mots « information » et « intoxication ».
On pourra aussi, notamment dans un cadre juridique, utiliser les termes figurant dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse ainsi que dans le code électoral, le code pénal ou le code monétaire et financier : « nouvelle fausse », « fausse nouvelle », « information fausse » ou « fausse information ».

Légifrance

« Mais Justin », vous me dites, « c’est quoi la différence ? Vous vous souciez d’une lettre dans un néologisme ? Êtes-vous dingue ? »

Il s’avère qu’il y avait déjà un « intox », depuis les années 70. Le Trésor de la Langue française nous l’explique :

[B.2.] Campagne systématique de mise en condition de l’opinion publique par la diffusion d’opinions tantôt vraies tantôt fausses et plus ou moins alarmantes (d’apr. Gilb. 1971).

Intox

C’est proche, mais je peux me mettre d’accord avec l’idée qu’un mot différent est mérité. Mais quant à « forgé à partir des mots « information » et « intoxication » » : je ne le crois pas du tout. En 2020, quand j’ai entendu le mot pour la première fois, toutes les explications que j’ai lues à l’époque disaient que c’était en fait forgé en suivant les gauchistes américains qui appellent notre chaîne « Fox News » plutôt « Faux News ». Je veux éviter la polémique sur pourquoi parce qu’elle n’est vraiment pas mon objectif ici.

Pourtant, je le trouve bizarre, que les Français aient des avis forts sur une chaîne qu’ils n’ont jamais regardée. Imaginez que vous entendiez parler un jour que les droitiers américains avaient commencé à appeler le New York Times « Libé » comme insulte. Est-ce que vous diriez « Hmm, peut-être, il faut le prendre au sérieux et considérer s’ils ont raison ? » Ben non ! Vous diriez plutôt « Ils n’ont aucune idée de quoi ils parlent ; ils ne l’ont jamais lu ! ». Et vous auriez raison.

Ce n’est pas à dire qu’il faudrait tout à coup leur faire confiance. Mais si je vous disais qu’en 2003, l’ancien chef de CNN a avoué que pendant les douze ans précédents, sa chaîne a laissé le gouvernement de Saddam Hussein contrôler leur bureau en Irak ? Ou qu’en 2019, presque tous les journaux et les chaînes de télé croyaient au faux crime haineux contre (par, vraiment) l’acteur Jussie Smollett ? Tout comme Le Monde et l’AFP, en fait. Est-ce que des choses sont arrivées après ces échecs qui auraient mieux allées si les responsables avaient rapporté la vérité, été plus sceptiques ? Il me semble que oui. Mais je le trouverais également bizarre si on disait « bon, appelez ça donc CNNfo ». Il serait plus logique de trouver une référence que vous connaissez tous.

Il s’avère que toute la France s’en fiche de la recommandation du gouvernement. J’ai cherché Google Trends pour 4 choix :

Seulement 1 des 4 est vraiment populaire pendant les 5 dernières années :

Et ce résultat tient où que l’on soit en France :

Pourtant, vous arrivez à me rendre fou à nouveau avec ça ! Le mot le moins populaire, « fausses nouvelles », est le seul choix qui n’est ni anglicisme ni néologisme !

Je ne gagnerai jamais cette bataille. Mais je vous adore quand même. Ne changez jamais.

Langue de Molière vous reverrez après le Nouvel An avec du franc-parler sur le mot franc.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les intraduisibles, 1ère partie

J’essaye souvent à vous donner le goût de certaines expressions en anglais sans les écrire directement. On voit tout le temps « comme on dit en anglais » après quelque chose en français : « Il vient avec la territoire » ou « un budget de « lacet de chaussure » ». Évidemment, on n’utilise pas ces mots exacts. Ce sont des traductions de ma part. Mais des traductions exactes. On ne finira pas avec une situation de « Fabriqué en Dinde » au lieu de Turquie si on les remplace mot par mot avec un dictionnaire bilingue.

Puis, il y a des mots où je n’ai aucun espoir de vous expliquer ce que je veux dire. Cette fois, Langue de Molière parle de certaines de ces situations en détail, afin de vous faire comprendre à quel point c’est un enfer de ne pas être capable de partager ces choses. Du moins, sans assez d’explications pour gâcher toute et n’importe quelle blague !

(Je n’ai toujours pas de suite planifiée, mais j’ai l’impression que l’on va revenir sur ce sujet, d’où la « 1ère partie ».)

Commençons avec un calembour que j’ai vu sur les nouvelles du Nintendo Switch. L’article traitait de jeux vidéo où il fallait cuisiner (je vous rappelle le gâteau monstre de Zelda). Voici une capture d’écran avec une blague pourrie en anglais, mais qui n’a aucun sens en français :

Il y a un bouton qui dit « Lettuce turnip the heat. » Une traduction littérale serait « Laitue navet le chaleur ». Aucun sens. Mais il y a deux calembours de suite : « Lettuce » rime avec « let us », laisse-nous. « Turnip » rime avec « turn up », augmenter ou hausser. Laisse-nous augmenter le feu, donc. Mais dans le contexte de cuisine, deux calembours avec des noms de légumes est drôle — pourtant, aucune traduction en français ne peut sauver la blague.

Il y a une expression que l’on trouve de moins en moins de nos jours, mais très commun dans l’anglais américain du XXe siècle. On appelle quelque chose de passionnant — un concert, un discours, etc — « a barnburner ». C’est-à-dire littéralement quelque chose qui met le feu à une grange. DeepL offre un seul exemple canadien qui le traduit en tant que quelque chose de mauvais, « un discours incendiaire », mais ça le rate complètement. C’est un compliment ! Paul Gonsalves avec Duke Ellington au Festival de Jazz de Newport en 1956, c’est un barnburner, pas un discours de Hitler ! Mais impossible de le traduire de façon qui communique le sens original.

Prenons un exemple dans l’autre sens. Voici un méchant de la série Mario, connu en français sous le nom Maskass, ou au Québec. Maskache :

©️Nintendo, Tous droits réservés, Source

En anglais, ce méchant est connu sous le nom Shy Guy, Gars timide. Mask fait référence à sa masque, évidemment, mais « ass »… en anglais, ça ne signifie que « cul » et « âne ». En japonais, il s’appelle « Heiho », d’après les kanjis 歩兵, qui se prononcent « hohei » (les japonais ont leur propre version de verlan) et veulent dire « soldat qui marche ». J’ai lu une explication qui dit « fantassin » pour hohei, et je suppose que c’est d’où l’ass, mais aucun anglophone qui lit « Maskass » va le comprendre de cette façon. Il me dit quelque chose que cette explication ne vaut rien au Québec, vu qu’ils disent Maskache. Car trop de monde là-bas comprennent l’anglais, j’imagine.

Je continuerai de garder des exemples de mots dont la traduction exige que l’on fait tout un fromage. Pour l’instant, Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour terminer l’année avec de vraies nouvelles sur le « fake news ».

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Un, deux, trois

Encore une fois, ce que j’avais planifié pour aujourd’hui n’est pas assez cuit — cette fois littéralement, à cause d’une grippe intestinale de la part de La Fille — alors Langue de Molière apparaît un jour à l’avance.

Alors, je dois avouer quelque chose. Vous savez peut-être que j’adore mon Bescherelle Conjugaison. Mais malgré l’avoir acheté très peu après le début, il y a quelque chose que je n’ai jamais compris jusqu’à récemment.

Dès le début, j’ai remarqué ces « groupes » qui sont mentionnés sans explication :

Alors, celui-ci est un verbe du premier groupe. Mais ça veut dire quoi exactement ? Est-ce comme le japonais, où on utilise des numéros différents pour compter selon la signification d’un mot ? Ou peut-être que c’est-à-dire que le verbe est transitif ? Ou transitif mais prend seulement un objet ? J’sais pas moi. Voilà, voici un verbe d’un autre groupe :

Ah, c’est aussi transitif mais prend un seul objet, alors le groupe n’a probablement rien à voir avec ça. Mais il signifie tout autre chose que beurrer alors cette hypothèse reste valide. De toute façon, un autre :

Un troisième groupe ! Mais celui-ci peut être soit transitif soit intransitif. Peut-être que j’avais trop hâte de jeter cette idée. Dites-donc, quel est un autre exemple de ce groupe ?

C’est intransitif seulement, alors j’abandonne cette pensée. Mais ça se termine par -er, et entendre par -dre, alors je crois que les groupes n’ont rien à voir avec la terminaison. Un autre exemple de plus ?

Voilà, voilà ! Un verbe -ir qui fait aussi partie de ce groupe. Maintenant, je suis certain, au-delà de tout doute, que ces groupes n’ont rien à voir avec les terminaisons. Toute la gamme est là : -re, -er et -ir.

Pourtant, j’ai enfin lu une explication il y a des semaines, et il m’étonne que le pays d’Évariste Galois peut avoir de tels drôles d’ensembles comme principe organisateur de la grammaire. Le premier groupe est assez logique, étant composé de tous les verbes qui se terminent par -er, sauf aller, qui est très irrégulier. Mais le deuxième groupe est plutôt « tous les verbes ayant leur participe présent finissant par « issant », à l’exception de maudire ». On aurait pensé que ce serait tous les verbes qui se terminent par -ir, sauf que « avoir » casse la règle, et « venir ». Et « ouïr ». Et « partir ». Je meurs –autre verbe qui n’en fait pas partie ! Non, mais sérieusement, pourquoi pas un groupe « tous les verbes qui n’ont pas de trémas » ou « tous les verbes dont la troisième lettre est une consonne » ?

Mais le troisième groupe, oh là là. C’est l’incarnation d’une expression anglaise, « tout sauf l’évier » ! C’est juste tous les verbes qui n’en font pas partie des deux premiers. On penserait que ça veut dire les « -re », mais il y a une belle poignée de verbes « -ir » là-dedans, et « aller » en plus.

Je regrette de vous dire que ce n’est pas comment le français est enseigné en anglais. Duolingo est la mauvaise source pour des explications détaillées de la grammaire, mais ses astuces font du français exactement la même chose que l’espagnol dans nos écoles : il y a trois groupes — -er, -re, et -ir — puis des exceptions. (En espagnol c’est plutôt -ar, -er, et -ir.) Mais Kwiziq, qui n’évite pas la théorie, les enseigne de même façon : verbes réguliers avec -ir, verbes réguliers avec -er, verbes avec -oir, etc.

Mais ce qui m’a fait rire était de découvrir que quiconque écrit Wikipédia en français a essayé de dire que l’anglais s’organise comme le français. Regardez nos soi-disant groupes :

Source

Je suis deux fois diplômé en linguistique, et c’est la première fois de ma vie où j’entends parler d’une telle structure ! Les exemples n’ont pas tort, mais on ne les classe de cette manière ; on parle de verbes réguliers et auxiliaires, et la même page de Wikipédia appelle ce dernier groupe « défectif », tout comme « falloir » ou « braire ».

Ai-je raté grand-chose ? Je dépasserai 600 000 mots sur ce blog le temps que l’année ne finisse, et il me semble que non, que les fautes ici se trouvent ailleurs. Mais je sais que l’ironie exige que je payerai cher cette attitude. Un jour, il y aura un entretien de naturalisation, et l’agent me dira, « Alors, M. M’as-tu-vu, vous connaissez assez bien la géographie, vous avez évidemment triché en mémorisant cette liste de chansons incontournables — oui, on refuserait un passeport français à quelqu’un qui ne connaît pas un musicien belge ! — mais pouvez-vous citer cinq verbes du troisième groupe ? » Et je m’évanouirai car je l’aurai prédit il y a une décennie.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec des expressions intraduisibles.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Ma toute belle

J’ai l’impression d’avoir parlé d’une partie de ce qui suit avant, mais vu que chercher un site en français pour le mot « tout » est inutile, et que je sais que j’ai quelque chose de nouveau, nous voilà. Aujourd’hui, Langue de Molière est surtout sur tout.

J’ai vu le graphique suivant sur Facebook hier :

Source

Je croyais pendant trop longtemps que « tout » s’accordait toujours avec le nom qui allait avec. On remarque dans les exemples en haut que l’on parle de « tout » comme pronom, déterminant, adverbe, etc. — mais ce que remarque l’élève pressé, c’est qu’il semble être une règle plus basique : « tout » s’accorde grosso modo avec le sujet :

Tous les enfants porteront un manteau.

Ne t’inquiète pas pour les valises ; toutes suivent.

Elles sont toutes contentes.

J’ai glissé sur plusieurs exemples, mais vous voyez sûrement ce que je vois ; il y a des noms et des « tout », et ce dernier mot accorde avec les noms, quel qu’il arrive. Facile, hein ?

Mais faux. La première fois où je me suis rendu compte que je faisais des erreurs, c’était grâce à ce tweet d’Aurore Ponsonnet :

Vous remarquerez que c’est à partir de cette date que j’ai arrêté d’écrire « toute autre chose », et que l’on voit maintenant « tout autre chose » ici. Mais j’ai certainement raté ce que voulait dire « il est invariable dans les autres cas ». Je ne suis pas sûr où trouver des exemples, mais je n’avais aucune idée que « Ils sont tout émus » était correct.

« Justin », vous me dites, « ça doit être la Langue de Molière la plus ennuyeuse de toutes. Tout ça juste pour nous dire que vous étiez tout perplexe, mais pas plus ? » Il faut me faire plus confiance que ça, les amis — si ce blog a un but au-delà d’écrire sur toute la France, c’est de tout cafarder sur moi-même. D’où tout l’humour, d’habitude.

Peut-être que vous vous souvenez que ma réplique préférée de tous les temps est le moment où Cruchot rencontre Josepha dans Le Gendarme se marie. On en a parlé dans une autre Langue de Molière en mai. Tout ça part du moment où Cruchot fait irruption dans le bureau de son chef en criant, « Alors, ma toute belle ! » Évidemment, tout doit accorder avec l’adjectif. Laissez tomber.

Mais ça nous amène à un souvenir tout Justin, que Facebook m’a récemment rappelé. Je ne veux pas partager une partie, mais je vais vous donner une capture d’écran ainsi que la photo qui est allée avec.

C’est la véritable photo de la viande qui m’a lancé dans cet épisode-là. Cependant, qu’est-ce que tout ça a à voir avec toutes mes bêtises en haut ? C’est tout simplement que ce qui était vraiment dans la tête en ce moment, c’était la réplique : « Alors, ma toute belle ! ».

Au fait, je vous rassure que ce que j’ai omis n’était pas plus grave. On ne s’est pas disputés, heureusement. Enfin, à haute voix.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler d’autres règles que j’ai raté — trois groupes de ça, en fait.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les profs d’Internet

C’est encore une fois Langue de Molière, mais j’abandonne l’essai planifié, car je ne suis pas content des contenus. Peut-être que l’on le revisitera. On va plutôt parler d’un sujet dont vous êtes certainement pas au courant, et tant mieux pour vous. Je me sens presque — presque ! — coupable pour même le mentionner, car l’ignorance, c’est un délice, comme on dit en anglais (« ignorance is bliss »). On va parler des profs d’Internet.

« Mais Justin », vous me dites, « vous avez déjà nous fait endormir avec ce sujet ! » Ben oui, mais cette fois-là, on parlait du japonais. Cette fois, on va parler des profs de français en ligne.

Il a fallu quelques semaines au début afin que Facebook apprenne que je recherchais des contenus en français, et encore plus de temps pour YouTube. Mais quelque chose de surprenant m’est arrivé sur YouTube avec ça, et je vis toujours, trois ans plus tard, avec les conséquences.

Ce que je recherchais sur YouTube en anglais était prévisible : le Championnat mondial de Tetris (voici la dernière réussite du plus grand maître de tous les temps), des coups étonnants en anglais (j’imagine que Juliette connaît Mexican Radio ; il nous faudra en parler), les boulettes des Chargers (celle-ci est historique)… vous voyez des profs de n’importe quoi ? Moi non plus.

Je suppose que je peux — un peu — blâmer mes compatriotes. Quelles sont les recherches en français qui viendraient d’un pays anglophone ? Des leçons de grammaire, j’en suis sûr. Peut-être que vous verrez le motif avant que je ne le dise :

Bon, je suis sûr que vous l’avez remarqué à ce point. Elles — et ce sont presque toutes « elles » — sont jeunes, et… comment dire ça ? Ne font pas mal aux yeux, comme on dit en anglais. Mais vous en remarquerez quelques autres en cliquant.

Une chose : ces vidéos ciblent toutes un public anglophone, car les traductions offertes sont toutes en anglais, et la plupart des titres aussi. Autre chose : vous remarquerez quelque chose de drôle, ou peut-être une drôle de chose, qu’elles ont toutes en commun. Personne — et je veux vraiment dire personne — ne parle qu’en français dans ces vidéos. Et. Tou. Jours. Très. Lentement.

Alors, je dois me demander : qui est vraiment le public pour ce genre de vidéo ? Après tout, il faut commencer quelque part et je me souviens bien que quelque part pour moi était des répétitions sans cesse de « un garçon et une fille », « une fille et un cheval » et la phrase la plus Duolingo de tous les temps, « Le chat mange un croissant. » Pourtant, les instructions étaient toujours en anglais. Comment est-ce qu’un débutant est censé comprendre ces vidéos sans avoir déjà atteint un niveau plutôt avancé ? Un niveau suffisamment avancé pour suivre des phrases complètes, non pas seulement un mot par ici et par là. Vous fouillerez leurs chaînes sans succès pour des vidéos toutes débutantes.

Je ne dirais jamais que ces gens sont condescendants, mais… un peu trop flatteurs, ça marche ? Voici un exemple de ce que je veux dire, tiré de la deuxième vidéo :

Cette prof, Élisa, vient de nous dire que Bradley Cooper a un très bon accent (avec un clip ; ça commence à partir de 3:20). À mon avis, lui et moi, nous avons presque le même accent, et vous avez déjà entendu les plaintes à cet égard. De toute façon, dans ces captures d’écran, elle chante ses louanges pour avoir dit « trucs » au lieu de « choses ». C’est censé nous montrer qu’il a un gros vocabulaire, grâce à une année d’études à Aix-en-Provence.

Non, mais sérieusement, comme dit le blogueur qui nous manque à tous. J’ai cherché dans mes archives sur Facebook ; c’est difficile à dire quand j’ai commencé à dire « truc », mais il m’a certainement fallu moins de 6 mois. Ce n’est pas grand-truc grand-chose.

J’ai donc du mal à vous dire quel est le bon moment voire le bon niveau pour regarder ces vidéos. Mais je sais qu’elles réussissent très bien les buts des créateurs. Comment ça ? Je ne suis abonné à aucune chaîne ; pourtant, la première vidéo que je vois en ouvrant YouTube est TOUJOURS quelque chose sur la grammaire.

Après avoir fouillé plus dans mes dernières recommandations, j’ai réussi à trouver la vidéo en bas :

Un pas vers l’égalité, évidemment.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine, mais pour l’instant, pas de promesses sur le sujet.