Une habitude à laquelle je ne mettrai probablement jamais un terme est de découvrir aux mauvais moments que j’ai besoin d’un mot et je n’y ai jamais pensé avant. La semaine dernière, ça m’est bel et bien arrivé avec ma voiture, car honnêtement, Duolingo n’apprend que « volant », « essence », et « coffre ». Il y a plus de leçons sur les manifs, même si c’est peu probable que l’on y assiste en tant que touriste, que sur les voitures, où il est fort probable que l’on en loue une.
Alors, une fois que le dépanneur est arrivé et m’a montré comment démarrer la voiture du point mort, j’ai dû rechercher l’expression « point mort » dans mon dictionnaire. Sinon, j’aurais deviné « neutre », parce que l’on utilise les mêmes lettres pour les boîtes de vitesses. Il m’étonne, mais je n’ai jamais pensé à ce que l’on disait pour PRND même en louant une voiture en France l’année dernière.
Une fois recherchée, j’ai découvert toute autre mort, cette fois chez les comptables. Il s’avère que cet autre point mort parle aussi de quelque chose qui n’avance ni ne recule :
Le point mort est le seuil de chiffre d’affaires à réaliser pour que l’ensemble des charges soient couvertes. Une entreprise qui atteint son point mort est donc à l’équilibre.
Le Coin des entrepreneurs
C’est amusant à savoir que l’anglais retient encore une autre mort que le français a laissé tomber. En France, un prêt pour acheter une maison s’appelle un prêt immobilier. Mais si j’avais 1M $ pour un apport personnel, ce dont on a besoin pour acheter une maison à Elbe-en-Irvine (elles coûtent environ 1,5M $ de nos jours), ce que je prendrais à la banque s’appelle « mortgage« , attesté en français au XIIIe siècle. Ça part de la même mort, mais le « gage » vient du latin médiéval et veut dire une promesse ou engagement. C’est le même gage que celui de nos jours, dont celui des tueurs à gages. Mais ce qui est vraiment inattendu ? Un « mort gage » du Moyen-Âge payait pour toujours car l’intérêt ne réduisait pas la dette. Le prêt qui fonctionnait comme nos prêts immobiliers actuels ? C’était un « vif-gage », pas mort du tout !
Rien à voir, vraiment, mais il y a des jours, l’amie du blog Light & Smell a laissé un commentaire ici d’où j’ai fait la connaissance du musicien Bénabar, et sa chanson, « Le slow de la mort qui tue » :
Je dois avouer que je galère à trouver le lien entre les paroles et la mort, mais peut-être qu’après toute cette mort — et des banquiers en plus — l’opposé fait du bien.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une autre histoire de dépanneur. Mais ne vous inquiétez pas, ma voiture n’est pas tombée en panne à nouveau !



























