Archives pour la catégorie Langue de Molière

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Plaid

Pour le 14 juillet, il y avait une instruction dans un courriel de l’OCA qui m’a laissé tout perplexe :

Apportez également vos chaises pliantes , votre plaid, votre bonne humeur et n’oubliez pas de vous habiller aux couleurs de la France (bleu, blanc et/ou rouge) ! [Caractères en gras à moi]

Plaid ?!? Ces écossais et leurs jupes kilts, c’est ça ? Dites-donc, j’ai bien aimé Highlander avec son écossais joué par Christophe Lambert, mais c’est plutôt difficile de trouver une jupe pour hommes un kilt en « bleu, blanc et/ou rouge ». Toutefois, comme vous dirait La Fille, je préfère mourir plutôt que demander de l’aide (je suis un homme, c’est juste comment on fait). J’ai eu un moment de plein panique en recherchant dans mon dictionnaire Oxford :

Tout ça veut dire que l’on parle seulement du motif et des vêtements Puis je me suis rendu compte que j’avais recherché dans mon dictionnaire comme si c’était un mot anglais. J’ai changé à l’autre sens et trouvé le bon mot :

Ah, une couverture. Exactement comme, euh… comment dire ça… celle sur mon lit pendant une décennie chez mes parents en grandissant, aussi avec un motif plaid. Mais on ne pense pas particulièrement aux couvertures comme si elles ont un motif en commun. Étant beaucoup plus proche de l’Écosse, je suppose que vous achetez beaucoup plus de leurs produits dans ce secteur.

Mais ça m’a rendu curieux. Qu’est-ce que je trouverais dans mon dictionnaire comme traduction française pour le mot typique en anglais, « blanket » ? Pas de plaid, apparemment :

Vous savez que j’adore mon dictionnaire, je le cite souvent, mais c’est vraiment un moment où je comprends ce qui George Bernard Shaw est censé avoir dit « L’Angleterre et l’Amérique sont deux pays séparés par une langue commune » (lien en anglais). Je reconnais certains usages de « blanket » ici, et le dernier, lié à la physique nucléaire, dépasse mes connaissances. Mais on dit apparemment un tapis de fleurs ou de mauvaises herbes, et je ne peux pas me souvenir d’un exemple où on parle de « a blanket of flowers ». Je l’ai recherché en anglais, et au-delà d’une espèce de fleurs dite « blanket flowers« , pas la bonne chose, un tapis de fleurs en anglais est apparemment quelque chose liée aux pompes funèbres (voilà, voilà, et voilà). Je suis ravi de ne pas l’avoir connu !

Mais j’ai aussi appris une expression idiomatique britannique de cette façon. Je savais déjà qu’en anglais, on dit que quelqu’un est « a wet blanket », littéralement une couverture mouillée, quand on est un rabat-joie. Celle-ci n’était pas une nouveauté pour moi. Cependant, mon dictionnaire dit aussi qu’en anglais britannique, on dit qu’une personne est « né au mauvais côté de la couverture », « born on the wrong side of the blanket », si on est un enfant illégitime. Je suis absolument certain que je n’ai jamais entendu cette expression avant.

Tout ça, c’est à dire que si j’apporte une ouverture au prochain pique-nique, elle n’aura pas de motif. Je veux arriver à la distinguer des autres.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler du mot français préféré de La Fille.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La pomme de Newton

Quand j’ai découvert le petit livre qui a changé la vie du blog, Le second degré n’est qu’une température,, j’ai mentionné qu’il y avait quelques expressions que je n’ai pas comprises. Parmi ces lacunes était un mot qui n’a pas apparu dans mon dictionnaire. Heureusement, l’auteur m’a gentiment corrigé :

Source

Avec ça, j’ai pu enfin découvrir qu’elle parlait de quelque chose qui me reste bien familière jusqu’à nos jours :

Apparue au XVIIe siècle, l’expression « tomber dans le panneau » est un terme familier qui signifie « tomber dans un piège ». Les « panneaux » font référence aux filets utilisés par les chasseurs au Moyen Age pour capturer leurs proies. A l’heure actuelle, il est courant d’utiliser cette expression pour indiquer qu’une personne s’est fait duper.

Tomber dans le panneau, Notre temps

Plus récemment, j’ai croisé une autre expression de « tomber », grâce à la star d’Instagram, Karine Dijoud :

Et là, je croyais que c’était les pommes qui tombaient ! C’est au moins ce que j’ai appris dans mon cours de physique :

Pourquoi cette pomme tombe-t-elle toujours perpendiculairement au sol, pensa-t-il en lui-même. Pourquoi ne tombe-t-elle pas de côté ou bien vers le haut, mais constamment vers le centre de la Terre ? Et si la matière attire ainsi la matière, cela doit être en proportion de sa quantité ; par conséquent, la pomme attire la Terre de la même façon que la Terre attire la pomme.

Isaac Newton, rapporté par William Stukeley

Mais il s’avère qu’en fait, on ne parle même pas de pommes. Comme l’explique Mme Dijoud, on disait anciennement « tomber dans les spasmes » pour « s’évanouir », ce qui est devenu « pâmes », et de là, « pommes ». Pourtant, comme l’aurait remarqué M. Newton, si la pomme tombe sur la tête, on va aussi s’évanouir.

Il y a d’autres façons de tomber. Les anglophones disent autant que les francophones « tomber dans les bras de Morphée » pour s’endormir. Cependant, en anglais c’est plutôt un état qu’une action, on dirait « être dans les bras de Morphée ».

On peut dire qu’il tombe des cordes plutôt qu’il pleut des cordes, mais les deux veulent dire exactement la même chose. Il y a encore une autre expression pour une forte pluie, qu’il tombe comme à Gravelotte. En ce cas, on parle d’une bataille de la guerre franco-allemande de 1870 à Gravelotte, dite aussi la bataille de Saint-Privat, d’après une colline. Les pertes humaines ont été énormes — 12 000 français contre 20 000 allemands. La pluie tombe donc comme les corps ce jour-là.

J’étais très intéressé à découvrir qu’il y avait aussi « tomber en rideau » pour tomber en panne. En ce cas, le rideau vient du théâtre, où un rideau descend quand le spectacle est fini. Encore une fois, on dit la même chose en anglais, mais sous la forme d’un état plutôt qu’une action — « it’s curtains for X » se traduit littéralement « c’est le rideau pour X ».

Avec ça, le rideau tombe sur ce billet. Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour mouiller le mauvais côté de la couverture.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Kif-kif bang bang

Il y a des mois, en me plaignant de l’inflation en flèche chez moi, j’ai reçu plusieurs commentaires avec des synonymes pour « pareil », tous pour dire que c’est la même chose en France que chez moi. Par exemple, il y avait ce commentaire de Juliette :

Chez nous c’est kif kif bourricot Justin !

Juliette

Et un autre de vanadze17 :

Mon cher Justin, nous « sommes à la même enseigne » !

vanadze17

En même temps, une amie sur Facebook qui m’avait lu là-bas a répondu que c’était « bonnet blanc et blanc bonnet ».

J’étais curieux des tout, ce qui m’a mené à un article par héros du blog Stéphane Bern, qui a expliqué les origines du premier, « kif kif bourricot », qui vient du Maghreb. « kif kif », tout seul, en arabe, veut dire « c’est pareil ». Rien à voir, apparemment, avec « kiffer », synonyme d’aimer, qui vient aussi de l’arabe. En plus, selon M. Bern, rien à voir non plus avec kif, une poudre mi-haschisch, mi-tabac.

Mais le bourricot ? M. Bern continue : « La présence du mot « bourricot » dans cette expression s’explique parce qu’en arabe on dit aussi « c’est pareil à l’âne ». » C’est donc une traduction, ce qui explique un peu le nom de l’ami de Winnie l’ourson, Bourriquet. J’ai déjà connu ce dernier car mon avocate m’a surnommé Eeyore, son nom en VO, il y a une quinzaine d’années. Et non pas à cause du fait que je peux imiter parfaitement sa voix, bien que ce soit le cas. (Une fois, j’ai réduite une employée de Disney aux larmes car elle a confirmé mon deuxième prénom en disant « E comme Eeyore », et j’ai donc répondu comme si j’étais lui.)

M. Bern n’explique pas l’origine des autres expressions, mais mentionne plusieurs similaires :

En Allemand on dit « c’est veste comme pantalon ». Pourtant rien ne ressemble moins à une veste qu’un pantalon… En italien on ne dit pas « c’est pareil » mais « si ce n’est pas de la soupe, c’est du pain trempé », ce qui met en appétit.

En roumain on dit « c’est pierre contre tête ou tête contre pierre », là effectivement on voit bien que c’est assez équivalent. Et si vous me permettez, je termine avec cette citation sportive : « Le tennis et le ping pong c’est pareil sauf que les joueurs sont sur la table » . Elle est de Coluche !

En anglais, on dit « Six d’un, une demi-douzaine de l’autre ».

Mais d’où « à la même enseigne » ? Selon L’Internaute, il faut remonter le temps jusqu’au XVIe siècle :

Au XVIe siècle, le terme  » enseigne  » désignait le nom commercial d’un lieu ou d’un artisan, notamment celui d’une auberge. Quand une personne s’arrêtait pour se restaurer ou se loger pour la nuit, il avait les mêmes conditions que son voisin, à moins d’aller dans une autre enseigne.

Être logé à la même enseigne

Cependant, ce ne serait pas Un Coup de Foudre sans une plainte. Et j’en ai une. Selon de nombreuses sources, on doit l’usage moderne à l’ancien candidat présidentiel communiste Jacques Duclos, lors de la campagne de 1969 :

Le 21 mai 1969, devan1 500 ouvriers des usines Renault de Boulogne-Billancourt, ce héros des deux guerres se présente comme le seul candidat de gauche capable de battre les « frères siamois » de la droite, Alain Poher et Georges Pompidou. Il échoue maisil tient les clés du second tour… Malgré les approches des centristes, il ne change pas d’avis et appelle à l’abstention avec cette célèbre formule : « les 2 P » Poher Pompidou sont comme blanc bonnet et bonnet blanc ».

La Dépêche

Cette histoire en soi n’est pas ma plainte. C’est que la grammaire dit autrement. Selon Wiktionnaire, on disait anciennement blanc bonnet pour une femme, mais que le terme est tombé dans la désuétude. Mais montrez-moi autre chose où on met une couleur devant un nom. On dit aux élèves :

La majorité des adjectifs sont placés après le nom, notamment les adjectifs qui indiquent la couleur, la forme, la religion et la nationalité. [caractères gras dans l’original]

TV5MONDE

Ou encore :

Les adjectifs de couleur sont toujours placés après le nom.

Lingolia

Chapeau noir ou noir chapeau — ce n’est pas seulement que ce n’est pas la même chose, mais que vous me diriez tous que l’un des deux est impossible !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine afin de tomber.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Allez-just’in

Ça fait des mois depuis la première leçon de français de La Fille, mais il est tout sauf un secret que j’ai fait des efforts pendant ces dernières années pour le rendre intéressant à ses yeux. Après tout, il y a deux volets de Dialogues avec ma fille et Plus de dialogues avec ma fille. Nous avons donc notre propre version de franglais à ce point ; quand on quitte la maison, c’est souvent comme ça (Tout s’est passé en anglais sauf les parties entre guillemets.) :

Justin : « Allez-vous-en ! »

La Fille : Non, c’est « va-t-en ». T’as oublié qu’on se tutoie ?

Bien sûr, je n’ai rien oublié. Mais j’ai récemment vu un dessin qui a remis en question mon orthographe :

Pas cool que la page sur Facebook qui l’a partagé a coupé le crédit ! Mais j’ai vu « vas t’en », et j’avais des questions — « vas » est sûrement faux, mais une apostrophe au lieu d’un trait d’union ? Je l’ai recherché, et ça m’a mené à un article du Figaro qui m’a laissé en pleine PLS. Il s’avère que je me trompe de nombreuses façons depuis des années.

J’avais appris tout au début que l’on écrit des choses comme « a-t-il » et « vas-y ». Des traits d’union pour indiquer les liaisons, le « t » si besoin et le « s » pour terminer les impératifs des verbes « -er » s’il y a un y ou un en qui suit. Pourtant, comme nous rappelle l’Office de la langue québécoise, on ne fait pas ça si ces prépositions sont liés à un verbe suivant ; par exemple :

Ton bureau est en désordre, va y mettre un peu d’ordre. (y est complément de mettre)

Il me semble qu’en quelque sorte, j’ai évité cette situation jusqu’à maintenant.

De toute façon, il s’avère que tous les « t » ne sont pas égaux. C’est seulement « vous » qui garde sa forme dans ces cas impératifs ; moi devient « m » et « toi » devient « t », d’où de telles commandes que « donnez-m’en » et oui, « va-t’en ». Mais c’est ici où je me trompe depuis le début. Je les ai tous écrites avec des traits d’union (voilà, voilà, et voilà) ; pourtant Le Figaro nous dit :

Lorsque le «t» n’est plus «une élision vocalique» mais la contraction du pronom «toi», accompagné des prépositions «en» ou «y», celui-ci sera alors suivi non plus d’un trait d’union mais d’une apostrophe. Exemple: «Va-t’en». Ainsi que nous le rappellent les sages, de la même façon qu’il ne nous viendrait pas à l’esprit d’écrire je-t-aime, on évitera d’écrire «méfie-t-en», «va-t-en» et «donne-t-en les moyens».

On écrit ainsi: «Méfie-t’en» et «va-t’en».

«Va-t-en» ou «va-t’en» ? Ne faites plus la faute !

Du moins, je ne seul pas seul. Après tout, ces articles ciblent des lecteurs adultes, non pas des enfants. Mais faire la même erreur encore et encore sans l’avoir jamais rendue compte ? Ça gêne.

Je vous ai dit la semaine dernière que l’on parlerait de l’expression préférée de La Fille, car elle aime la dire tout le temps. Cependant, je lui ai parlé de ce billet après avoir écrit tout ça, et on a eu une conversation :

Justin : Ai-je raison que « va-t’en » est ton expression préférée ?

La Fille : « N’importe quoi ! »

Justin : Choisis tes prochains mots soigneusement.

La Fille : Pourquoi ?

Justin : Parce que c’était malpoli, ça !

La Fille : Mais non ! Tu m’as demandé quelle est mon expression préférée, et je te l’ai donnée. C’est « n’importe quoi ».

Justin : Oups, euh…laisse tomber.

En anglais, les enfants de son âge disent « Whatever! », mais elle a déjà appris que « N’importe quoi » s’utilise d’exactement la même façon. Et comme vous voyez, elle l’a déjà maîtrisée.

Les années lycéennes dureront longtemps, les amis.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de plus de la même chose.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le melon de Molière

Langue de Molière est de retour avec une histoire hilarante ainsi que quelques autres remarques sur le français à la sauce québécoise, mais pour une raison qui deviendra rapidement claire, je me sens obligé de vous rappeler qu’il y a une raison derrière les règles de 5 Minutes Avec — je suis un homme américain, donc hyper-sensible à la moindre possibilité d’un malentendu que l’on perçoit comme harcèlement.

Au cours de 2022, j’ai appris l’expression « avoir le melon ». Selon Wiktionary, c’est un synonyme de « avoir la grosse tête ». Je crois que l’ai appris d’un lecteur ici qui l’avait mentionné dans les commentaires, et avait dit « gros melon », car je l’utilise toujours avec gros, comment je me souviens de l’avoir entendu. Mais je n’arrive à trouver aucune preuve, ni avec Google ni avec le moteur de recherche de WordPress. En anglais, on dit « have a big head », identique à « grosse tête », et je suis sûr que ça m’influence aussi.

La première fois où elle a apparu sur le blog était en décembre de cette année, où j’ai dit que ma première apparition dans un journal français allait « pousser le gros melon ». Je l’ai utilisé deux fois en 2023 (première, deuxième), avec avoir au lieu de pousser, et il me semble que tout le monde l’a compris comme référence à un égo bien gonflé. Alors, la conversation :

Anne-Marie et moi étions au resto, et la conversation est tournée en direction La Fille, comme d’hab chez moi. Avec ça, on a aussi parlé de ma relation avec sa mère, et j’ai dit qu’elle avait le gros melon.

Anne-Marie est pliée de rire, et moi, j’étais tout perplexe !

Il s’avère qu’au Québec, ils sont influencés par l’anglais à cet égard. En anglais, si on dit d’une femme qu’elle a de gros melons (au pluriel !), ça parle des seins. L’expression hexagonale, par contre, n’est pas connue. Dans le contexte de la conversation, il aurait été bizarre pour moi d’avoir remarqué sur son corps quand on parlait de son caractère, mais aux États-Unis, personne ne serait soucié de ce détail. Heureusement pour moi, on a vite compris la différence.

Ça nous a mené de parler de Denyzee, une youtubeuse française qui habite au Québec et parle parfois des significations différentes pour les mêmes mots. Voici un exemple que j’ai vu très tôt dans mes études :

Elle dit, par exemple, qu’en France « graine » veut dire un genre de légume, mais au Québec, c’est plutôt l’organe mâle ! En France, une culotte est un sous-vêtement ; au Québec, c’est un pantalon. Croyez-moi, quand j’ai appris la version hexagonale, j’ai eu tout à coup tout genre de questions sur mon cours d’histoire européenne en 2e, où on parlait des « sans-culottes » ! Mais bien sûr, c’est les Québécois qui ont gardé le sens du mot au temps de la Révolution.

Vous voyez pourquoi il m’est important d’être la sorte de personne où s’il y a un malentendu, on blâme d’abord la langue.

On me demande depuis mon retour si j’avais du mal avec l’accent québécois. La réponse sarcastique, c’est « ben non, comment ça, leur anglais sonne juste comme le vôtre ! ». Mais en fait, Anne-Marie et moi avions discuté exactement ça aussi. À mes oreilles, son accent est plutôt comme le nord-est des États-Unis. J’ai eu du mal quand elle disait « quinze », car ça me sonnait exactement comme le nom de famille de l’économiste John Maynard Keynes, prononcé par un britannique. C’est très différent de la prononciation hexagonale. Pour sa part, elle m’a trouvé plutôt hexagonal, la seule fois où j’entendrai une telle chose, j’en suis sûr.

Au fait, je connaissais une québécoise au lycée, qui était là pour un séjour linguistique. (Elle a fini par se marier avec un de mes copains de classe, mais ils n’étaient pas ensemble à l’époque.) Elle avait la prononciation la plus charmante au monde entier pour le mot anglais pour onze, « eleven ». Un anglophone mettrait le stress sur la deuxième voyelle, « e-LE-ven ». Dans sa bouche, c’était plutôt « E-le-VEN ». Je ne peux plus vous dire comment elle a prononcé n’importe quel autre mot, mais celui-ci, je peux l’entendre toujours.

Non, je n’ai jamais rien dit à cette personne sur ce sujet. Je suis sûr qu’elle m’aurait cru cinglé.

De toute façon, Anne-Marie a l’honneur d’être la seule personne qui a jamais vu le fichier où je garde toutes les idées pour ces billets, car on était immédiatement d’accord qu’il me fallait écrire sur « melon ».

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de l’expression française préférée de La Fille.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La spirale escargot

Cette semaine, Langue de Molière commencera avec une histoire bien au-delà de ses sujets habituels. Je suis sûr que vous avez remarqué qu’il y a certains ingrédients français qui n’ont jamais fait une apparition sur ce blog. Les cuisses de grenouille. Les rognons de veau. Et surtout, les escargots.

J’ai une relation déroutante avec ces animaux. Ils n’étaient pas censés exister là où j’ai grandi, à San Diego. Pourtant, la ville — dans un désert — est recouvert d’escargots européens. Ouaip, c’est de votre faute. Ou peut-être les italiens. Ou les marocains. J’explique :

L’escargot mangé le plus souvent en France s’appelle Helix pomatia. Ce n’est pas l’espèce trouvée en Californie du Sud — on a plutôt Theba pisana. Malgré la référence à la ville de Pise dans son nom, cet escargot se trouve en France de Provence jusqu’en Normandie, ainsi qu’ailleurs autour de la Méditerranée. À partir de 1914, ces escargots se trouvaient aussi à La Jolla, un quartier de San Diego près de la Pacifique. Selon des sources locales (lien en anglais), ces escargots ont été importés par un immigré sicilien afin de les cultiver pour la cuisine. Et en fait, c’est documenté qu’ils se mangent en Sicile. En revanche, personne ne peut identifier l’immigré en question. Cependant, selon une étude génétique publiée en 2021, les T. pisana de Los Angeles viennent plus probablement de Malte, et ceux de San Diego, du Maroc. (Les chercheurs ne pouvaient pas obtenir des exemples de La Jolla lui-même pour voir s’ils ont une origine différente.) Peu importe leurs origines, T. pisana est un animal nuisible, et on dépense beaucoup pour les contrôler, à ce point sans succès.

J’ai donc grandi avec l’idée que les escargots sont, si non pas venimeux, au moins pour tuer et non pas pour manger. Ça, c’est en plus du fait que je les trouve dégoûtants, même si je sais en quelque sorte qu’ils ne sont pas trop différents des moules. En fait, quand j’ai lancé ce blog, j’ai même dessiné « ma recette d’escargots », jamais utilisée alors je vous la donne maintenant :

Pourtant, étant pratique, je suis prêt à être mercenaire sur le sujet. Je ne vais jamais subir l’expérience de préparer des escargots juste pour moi tout seul. Je vous dis parfois que je dois aimer ce que je prépare. Mais s’il y a une française qui est prête à subir dîner chez moi, je les cuisinerai et même posterai des photos de moi en train de les manger. (Pas d’elle ; je garde jalousement la confidentialité des autres. Mais vous saurez qui aura pris les photos.)

Je vais mourir sans les goûter.

De toute façon, qu’est-ce que tout ça a à voir avec Langue de Molière ? C’était largement une excuse pour raconter l’histoire des escargots européens chez moi, mais en recherchant tous les départements, j’ai remarqué qu’il y a beaucoup de noms pour ces trucs. Finalement, je suis tombé sur un article d’Ouest France avec une carte de toutes les différences. Ça vient du site Français de nos régions, exactement comme pour mon article sur les chocolatines pains au chocolat chocolate croissants d’il y a 3 ans. (Je ne la copie pas ici ; je n’ai pas le droit.)

Dans la grande majorité du pays, ce sont les escargots. Mais dans la région poitevine, et jusqu’à l’Indre, on dit plutôt « luma ». (Félicitations, les poitevins, vous avez ruiné Super Mario Galaxy pour moi. Et le film en plus.) Au sud des poitevins, mais pas jusqu’au pays Basque, on dit « cagouille ». Puis, dans certaines régions provençales ou occitanes, on dit « cargole », « cagaroulette » (près de Monte Carlo, ça !), « cagarole » ou bien « cacalau ». Le long de la frontière allemande, en Alsace, on dit plutôt « schneck », assez proche de « beurk » à mes oreilles.

C’est bien évident que beaucoup de ces mots sont liés — toute la poignée de « cags » et « cargs » a clairement la même racine. Mathieu Avanzi, le linguiste derrière ces données, les explique dans l’article lié en haut :

« Il y avait deux mots en latin pour dire escargot : limax et conchylia, explique le spécialiste des régionalismes. Ces deux mots ont évolué de façon différente sur le territoire. En haut du Poitou, ça a donné “luma”, à l’origine du mot limace. Et plus au sud, “cagouille”. »

C’est donc le latin derrière tous ces noms, mais si je suis honnête, le seul mot dont je vois la connexion avec « conchylia », c’est « conch« , l’anglais pour une famille d’escargots marins.

Tout ça, c’est-à-dire que que la variété de mots pour ces animaux, où l’anglais n’a que « snail », me fait tourner la tête en rond. Plutôt comme la spirale de la coquille d’un escargot.

Langue de Molière sera en vacances la semaine prochaine mais vous reverra en deux semaines avec un petit mot sur un mot anciennement très bien connu à Montréal.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le tourment

Langue de Molière apparaît un jour à l’avance cette semaine car je ne suis pas du tout prêt à faire mon dîner vosgien, parmi d’autres choses.

Alors, la semaine dernière, je vous ai promis que j’allais vous tourmenter cette fois. Commençons avec l’objet de nos recherches, un tweet de légende d’il y a 3 ans, en anglais :

L’idée, c’est que un auteur de romans de science-fiction dit qu’il a créé quelque chose dans son roman en tant qu’avertissement. Plus tard, une entreprise de technologie dit qu’elle a réussi à créer exactement la chose contre laquelle l’auteur essayait de prévenir le monde, car ils n’ont pas compris qu’il ne fallait pas faire exactement ça. Ce tweet a attiré des milliers de réponses malignes qui élaboraient sur l’idée originale. Mais le grand problème — au moins pour moi — c’est que traduire son sujet est un défi.

Alors, commençons par traduire juste la première phrase, sauf pour les mots difficiles.

Auteur de science-fiction : Dans mon livre j’ai inventé le « Torment Nexus » en tant que conte d’avertissement.

C’est donc « Torment Nexus » qui est le problème. Et en fait, la moitié de ceci n’est pas un problème. « Torment » se traduit soit par « tourment » soit par « supplice » en tant que nom, et « tourmenter » en tant que verbe. Ici, c’est un nom, et vu les choix. « tourment » nous convient assez bien. Mais « nexus », c’est difficile.

J’ai commencé, comme toujours, avec mon dictionnaire Oxford, mais je l’ai trouvé plutôt appauvri :

La « connexion de tourment » ou « le réseau de tourment » n’ont pas le sens que je cherche, surtout ce dernier. On dirait que « nexus » veut dire un point, un objet unique, et que réseau est le mauvais choix en tout cas. Mais un câble est un genre de connexion, et on ne trouverait que rarement un tel usage.

J’ai donc essayé Linguée pour voir ce qui arriverait avec l’expression complète. Comme prévu, les deux mots ne se produisent pas ensemble, mais on y trouve des résultats intéressants :

On aime apparemment nœud, lien, binôme, et même nébuleuse. « Lien » me rappelle trop « connexion » ; j’ai des liens dans cet article et ce ne sont sûrement pas ce que le tweet original voulait dire. Une nébuleuse est trop diffuse ; j’aime bien l’idée que l’on n’est pas sûr d’exactement ce qui est là-dedans, mais c’est enfin le mauvais choix à mes oreilles. « Binôme » est complètement le mauvais choix. Ça nous laisse « nœud », et en tant que quelque chose de plus compact, il me semble que ça marche. Alors ça donne enfin lieu à une traduction complète :

Auteur de science-fiction : Dans mon livre j’ai inventé le Nœud de tourment en tant que conte d’avertissement.

Entreprise de technologie : Après longtemps, nous avons créé le Nœud de tourment du classique de la science-fiction « Ne créez pas le Nœud de tourment ».

Parfait. Je suis bien satisfait. Il ne me reste qu’un petit souci.

Parmi les milliers de réponses, absolument personne, dont moi, n’a la moindre idée de quel est un Nœud de tourment.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour affronter le cauchemar que j’évite depuis 3 1/2 ans déjà sur ce blog, les escargots.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le capitaine Crochet

Il y a toujours des fois où je me surprends avec les trous dans mes connaissances. Ce billet fera 700 jours de suite de publications sur ce blog sans rater un jour — et, pour les curieux, 1 303 articles en 1 306 jours. ([Il avait dit qu’il voulait pratiquer. Dommage qu’il reste une fontaine de bêtises. — M. Descarottes]) Pourtant, malgré être musicien amateur, je ne sais toujours pas lire la musique de façon française. Et malgré toutes ces publications, il reste beaucoup de signes de ponctuation dont je ne connais pas les bons noms.

Récemment, je voulais savoir comment dire le nom pour ce symbole : #. Et non, je ne dirai jamais « hashtag » pour ça, ni en français ni en anglais. Avant Twitter (c’est un peu comme dire Avant J.-C. à ce point), on disait « pound sign » (signe de livre, sens poids, pas littéraire), « number sign » (signe de numéro) ou parmi les vrais tarés, « octothorpe » (signe à huit points ; mot venant de l’industrie téléphonique pendant les années 60).

J’ai donc recherché la question sur Google et trouvé une liste. Et vous savez quoi ? Elle n’est pas complètement fiable ! La liste m’a dit que ce symbole s’appelait « dièse », et bien que je n’aie rien soupçonné, avec ça, j’ai recherché sur Wikipédia, car je voulais donc savoir quel serait le bon mot pour « hashtag » (4 ans sur Twitter, et je ne le savais toujours pas !). Et Wikipédia m’a dit que c’était trompeur, qu’il ne fallait pas confondre le dièse musical (on dit « sharp » en anglais) avec le croisillon. À ce point, je n’ai plus fait confiance à personne, mais Le Robert dit que Wikipédia a raison. Ça suffit pour moi.

Mais en fouillant dans la liste, j’ai découvert que ces autres symboles — [ ] — s’appellent « crochets » ou « crochets droits » et en plus, que ceux-ci — < > — s’appellent « crochets pointus ». Et avec ça, j’ai eu plus de questions. Pour commencer, on distingue les deux crochets droits en anglais par droite et gauche. Est-ce que l’on dit vraiment « un crochet droit droite » ?!? J’aurais aimé ça, mais il s’avère que la bonne réponse est « ouvrant et fermant ».

Dommage. J’ai voulu entendre cette dictée-là !

Mais le vrai problème pour moi, c’est toutes les autres choses que crochet peut signifier. En anglais, « crochet » ne veut dire qu’un genre d’aiguille. Je sais que ce n’est pas une aiguille à tricoter, mais honnêtement, on pourrait me poignarder avec une de chacune, et je ne saurais pas quelle est laquelle. ([Excusez-moi, j’ai des achats à faire. Afin de l’éduquer sur le sujet. — Mon ex]) Cependant, c’est aussi le truc porté par le capitaine Crochet — j’aurais cru que ça serait un « crochet pointu » — un genre de coup de poing dans la boxe, un truc pour ouvrir des serrures, et le dent d’un serpent venimeux. Si on « fait un crochet », ça peut signifier soit un arrêt inattendu, soit une manœuvre avec sa voiture afin d’éviter un accident.

C’est plutôt beaucoup de travail pour un seul mot !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine, pour vous tourmenter. Peut-être avec un crochet, quel que ce soit.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le complot « Rebonjour »

Alors, Langue de Molière est de retour une semaine à l’avance, parce qu’hier, je me suis retrouvé en plein milieu d’une polémique.

Je vous ai dit avant que je fais partie d’un groupe sur Facebook pour des utilisateurs de Duolingo qui apprennent le français. Et en plus, car c’est ma caractéristique spéciale, que je ne l’ai trouvé que des mois après avoir supprimé Duolingo de mon portable. J’aime aider ceux qui suivent le même chemin que moi, même quand on demande pour l’énième fois « C’est quoi la différence entre « le » et « lui » ? » (Ma réponse : « Lui » est un des neveux de l’Oncle Picsou. C’est une blague qui marche seulement en anglais, car Loulou s’appelle Louie en VO.)

De toute façon, j’aime y partager des pépites de temps en temps que l’on n’apprend pas du hibou vert. Samedi quand j’étais à la soirée tarot avec mon fraisier, j’ai entendu — pas pour la première fois — d’autres personnes se dire « rebonjour », les uns aux autres. Puis hier matin, en écoutant les nouvelles sur RTL pendant une pause des Grosses Têtes, j’ai entendu les animateurs disant « rebonjour » — aussi pas pour la première fois — et je me suis dit « Vous savez, Justin, vous n’avez jamais entendu ça avec Duolingo. Partagez-le avec le groupe ! » (N’oubliez pas que ce mec n’a pas le droit de me tutoyer.)

Pourquoi est-ce que je cherche des problèmes ?

Je voulais avoir une source pour partager, car vous l’entendez de moi quotidiennement — ne me croyez jamais sur parole. Je plaisante trop pour ça. J’ai vite trouvé un article sur un site que j’aime bien, La Culture générale, qui dit, parmi d’autres choses :

« Rebonjour » appartient au langage oral, et il est parfois considéré comme « familier ». Ce terme, qui permet de saluer quelqu’un à nouveau, est cependant très commode car il n’a pas de synonyme direct, si bien qu’il est souvent employé dans les courriels professionnels, avec des relations de travail avec lesquels les rapports sont peu formels ou dans les espaces de discussion sur internet.

La Culture générale

J’ai considéré que cet article, qui cite des sources telles que La Puce à l’oreille de 1910 ou bien des lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo en 1863, suffirait pour établir que je ne l’imaginais pas.

J’ai faussement considéré.

J’ai tout de suite reçu des commentaires sceptiques d’internautes anglophones, et honnêtement, je les comprends — ce mot sonne comme quelque chose qu’un anglophone avec mon sens de l’humour inventerait en tant que blague ! (La première fois où je l’ai entendu, je croyais que c’était une blague de la part de l’expatrié qui l’avait dit. Mais j’ai aussi reçu ce commentaire d’une française de naissance :

J’aimerais bien voir ça ! Je la crois, mais je ne l’ai pas encore trouvé.

Le truc le plus drôle doit être le fait que plusieurs américains qui s’y sont expatriés se disputaient dans les commentaires — plusieurs disent qu’ils ne l’ont jamais entendu, et une autre dit qu’elle l’entendait régulièrement. Une autre française a dit (en anglais) que c’est juste un truc de radio, que personne ne l’utilise dans la vraie vie. Pourtant, c’est où je l’ai entendu pour commencer !

Peut-être que l’on dit « rebonjour » plus ou moins selon sa génération. Les expatriés autour de moi ont en général plus de 55 ans, et souvent plus de 60. Je suis le bébé du groupe. Mais il me semble que les animateurs de RTL sont beaucoup plus jeunes que ça. Je ne sais pas ; c’est juste un hypothèse. Mais je sais que j’ai certainement provoqué une conversation moins que chaleureuse !

Alors je vous laisse la réplique : dites-vous « rebonjour » dans votre vie quotidienne ? Vous l’entendez, et si oui, où ? Je ne vais pas partager les réponses dans mon groupe, car je trouve le désaccord plus qu’un peu étonnant, mais j’ai du mal à croire que je me trompe gravement cette fois. Alors, à vous.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler du Capitaine Crochet.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Aire de perplexité

Langue de Molière paraît avec un jour d’avance cette semaine afin de ne pas avoir de conflit avec le 1er. C’est-à-dire aussi que mon dîner vendéen n’est toujours pas prêt.

J’ai récemment trouvé un article qui m’a donné une crise de confiance en ce qui concerne mon écriture, une crise que je ne savais même pas que j’étais censé avoir. Il vient du site Projet Voltaire et parle de l’accord dans l’expression « avoir l’air ».

Honnêtement, je croyais que c’était plutôt évident. « l’air » est l’objet d’avoir ; quel que le suive modifie « air », qui est masculin, et devrait donc être aussi masculin, n’est-ce pas ?

HAHAHAHA, non.

Il s’avère que pendant 4 ans, je suis arrivé à réussir quelque chose d’extraordinaire — éviter exactement le seul cas qui rend cette règle fausse. La plupart du temps, je veux juste dire « ça a l’air bon » en tant que compliment pour telle ou telle délice vue sur Instagram. Mais c’est juste par hasard que c’est correct, parce que selon Projet Voltaire, quand le sujet est inanimé, l’accord doit être avec le sujet.

D’autres fois, je veux parler à une personne sur leur état, mais c’est souvent juste dans la tête car je suis entouré par des anglophones. Alors, supposons que je dis à mon ex, « Ah, Tatie Danielle, t’as l’air sulfureux aujourd’hui ». C’est aussi correct, parce que quand le sujet est une personne, l’accord peut être soit avec le sujet soit avec « l’air ». Évidemment, avec un homme, on utiliserait toujours la forme masculine, alors impossible d’en tirer une leçon.

(Son prénom n’est pas Danielle, bien sûr. Je choisis des noms par hasard pour garder la confidentialité, vous comprenez.)

L’accord avec « l’air » est obligatoire, selon Projet Voltaire, si l’adjectif a un complément Leur exemple est « Elle a l’air sérieux comme un pape. » Si j’ai bien compris, ça veut dire que l’on dirait « Elle a l’air bavard comme une pie » et non pas « Elle a l’air bavarde comme une pie » malgré le fait qu’une pie est féminine. Mais mon dictionnaire Oxford complique l’affaire :

Est-ce que l’on utilise toujours la forme masculine avec des expressions de la forme « comme un/une X » ? Je ne sais pas.

Alors, la seule fois où on utilise la féminine avec « l’air » serait dans une phrase telle que « Ces pâtisseries ont l’air bonnes ». Et en quelque sorte, je suis arrivé à éviter écrire exactement ça pendant 4 ans. Si je m’étais trompé, en écrivant « ont l’air bons », on m’aurait corrigé, j’en suis sûr. Mais je l’ai évité comment ?

Avec ça, mon fichier d’idées pour Langue de Molière a l’air épuisé, alors la colonne prendra ses vacances en mai afin de retourner en juin.