Archives pour la catégorie Projet 30 Ans de Taratata

Je découvre Dionysos

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec le groupe qui jouait avec Louise Attaque, Dionysos. Les deux ont apparu en même temps pendant les années 90s, alors on s’attendrait à certaines similarités. Le groupe se fait remarquer pour écrire en anglais autant qu’en français — si on pensait que ça vaudrait quelque chose chez moi, on aurait tort. D’autre part, j’ai craqué pour Jeanne Added, alors on ne sait jamais. Mais je vous donnerai un divulgâcheur : je leur dénonce à la fin, pour des raisons politiques, alors si ça vous dérangerez, arrêtez ici.

Répétition de Dionysos et Louise Attaque sur le plateau de Taratata
Répétition de Dionysos et Louise Attaque sur le plateau de Taratata, Capture d’écran, ©️Banijay et France 2

Leur premier album, Happening Somgs, sort en 1996. Tous les titres sont en anglais, mais je vous préviens — des titres comme « No Sense Words Harmony », « Children of My Walk » et « Socks Tears » sont soit des fautes soit du n’importe quoi. J’ai essayé de commencer avec « Socks Tears » (Chaussettes Larmes) juste parce que le nom est si bizarre, mais ça n’existe pas sur Internet. J’ai réussi à trouver « Children of My Walk » (Les enfants de ma balade) :

Ça sonne comme si Nirvana avait un saxophone dans le groupe, avec toute la distorsion qui allait avec. Quant aux paroles, elles n’ont rien à voir avec le titre. On peut les lire avec une traduction ici. Je passe par-dessus du reste de cet album, parce que je trouve ce genre de chose prétentieux à go-go.

Leur prochain album, The Sun is Blue Like the Eggs in Winter, sort en 1998. Le titre veut dire « Le soleil est bleu comme des œufs en hiver » — ne me regardez pas comme ça, je n’ai rien bu ! Un single sort de celui-ci, « Ciel en sauce », ce qui veut dire… oups, c’est en français, vous le comprenez déjà. Ou pas. De toute façon :

La chanson commence une version sifflée d’une chanson américaine de Noël, « I’m Dreaming of a White Christmas », dont je vous ai parlé l’année dernière. Les paroles n’ont rien à voir avec ses contenus. Il suffit de citer une phrase « Tu vomissais des fleurs fanées ».

J’ai trouvé un clip de deux chansons jouées en live en 1999, Coccinelle (de leur troisième album, sorti cette année-là) et celle que je cherchais, « Frog = Electric Torch » (Grenouille = Lampe de poche — merci de ne plus me regarder comme ça, je ne suis que le messager !)

Le groupe ne manque pas d’énergie en live. Je suppose qu’il fallait être là.

Ça nous amène au troisième album, Haïku. Coccinelle était un single, mais aussi « 45 Tours » :

Enfin, quelque chose de presque normal ! Ça me rappelle les Red Hot Chili Peppers ou Stone Temple Pilots de 5 ans plus tôt, et ce n’étaient pas mes préférés, mais au moins je ne me sens plus comme j’écoute une blague pourrie. Les paroles ont même un peu de la poésie. (Je me sens horriblement mal placé à juger la poésie en dehors de l’anglais.) Mais ne vous inquiétez pas, « Asshole Car Orchestra » (Saligaud Voiture Orchestre) prouve qu’ils sont toujours…euh… Dionysos.

C’est leur quatrième album, Western sous la neige, qui donne le groupe son premier disque d’or et le plus grand tube de sa carrière, Song for Jedi. Cette chanson, enregistré dans du franglais le plus pur, a quelque chose de spécial. C’est nostalgique pour l’enfance, et de jouer dans la peau de nos héros. Je me souviens certainement de vouloir être Luke Skywalker, alors ça me parle comme rien d’autre dans leur discographie.

Honnêtement, « Don Diego 2000 » du même album est aussi pas mal. « Surfin » Frog » est une reprise plus énergétique de Grenouille = Lampe de poche, toujours en anglais afin que le public français ne comprenne pas à quel point c’est juste bizarre.

Leur cinquième album, Monsters in Love (Monstres amoureux) sort en 2005. Le premier single, « Tes lacets sont des fées », est l’un des clips les plus hallucinants que j’ai vus :

Les images ont très peu à voir avec les paroles, le clip racontant l’histoire d’une femme et une sorte d’oiseau-garou qui joue de la guitare, les deux étant avalés par un monstre de la taille d’un gratte-ciel. La musique est presque douce par rapport à leurs anciens pistes.

Mais ici tout part en vrille.

« Le retour de Bloody Betty » est une chanson assez violente, mais j’avoue que je n’ai rien compris. Puis j’ai lu les paroles. Je citerai un peu :

Happy death day to you Mister President
Crêve moi les trois d’un coup:
BenSadam, Laden, Bush
Sauve-nous petit allumette, frotte toi contre le ciel,
Eclaire nous
Où sommes-nous?
Sadam is et bush à bush

Le retour de Bloody Betty

C’est ici où j’arrête, malgré le fait qu’il reste 4 autres albums. Je considérais déjà la grande majorité de leur discographie une blague genre « Fontaine » de Marcel Duchamp, mais je ne me sens pas du tout obligé de soutenir ça. Je vous ai parlé avant du fait que les éditions et journaux américains le considèrent prestigieux et de l’art à publier des fantasmes de tuer les hommes politiques républicains, mais une acte de lèse-majesté de publier de tels fantasmes sur l’autre parti. Par ce chemin se trouve notre prochaine Guerre civile.

C’est dommage. J’aimais assez bien « Song for Jedi », mais j’ai supprimé une belle partie de ma collection de musique en 2020 parce que j’ai ma ligne rouge, et Dionysos l’a croisée autant que les autres.

Ma note : Zéro.

Je découvre Louise Attaque

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec les deux groupes qui ont joué sur scène après le quatuor d’Eddy Mitchell. Cette fois, c’est Louise Attaque ; la prochaine fois sera Dionysos. Les deux ont été rejoint par Sharleen Spiteri du groupe écossais Texas (le Texas étant fortement lié à l’Écosse, évidemment), mais je vous rappelle que les étrangers ne font pas partie de projet écrit par…euh…laisser tomber. Cette fois, notre sujet est Louise Attaque, représenté sur scène par leur chanteur, M. Gaëtan Roussel. Il a toute une carrière soliste, mais j’écris seulement sur le groupe.

Louise Attaque, Photo par Kevin Decherf, CC BY-SA 2.0

Je dois avouer tout d’abord — M. Roussel est l’exception à ce que je dis parfois, que vous avez presque tous des voix d’anges. Je l’ai entendu pour la première fois quand j’ai regardé Taratata pour la première fois en 2020, et j’ai écrit à l’époque, « Gaëtan Roussel, Kimberose, et Lous and the Yakuza, je ne les aimais pas. » Une autre fois, j’ai écrit « On avance avec Hannibal Lecter…Je sais, c’est en fait M. Gaëtan Roussel. Mais vous le voyez maintenant aussi. » Le plus récemment, j’ai dit « Il est le cas, tellement, absolument le cas que je peux écouter n’importe quel Français pas nommé Gaëtan Roussel pendant toute la journée. (Il gratte les oreilles. J’ai essayé, j’ai vraiment essayé.) » Je ne l’ai pas mentionné à l’époque, mais cette dernière fois, je venais d’écouter une interview avec lui par Éric Jean-Jean sur RTL. J’ai vraiment essayé.

Mais c’est aussi le cas que des 4 chansons jouées par ce trio, c’est M. Roussel chantant « Song for a Jedi » (de Dionysos) que j’écoute la plus jusqu’à maintenant. Alors, je crois que je peux le traiter justement.

Louise Attaque a été fondé en 1994 à Paris, par M. Roussel, Arnaud Samuel, Robin Feix et Alexandre Margraff, après l’échec d’un autre groupe de Messrs Roussel et Feix.

On commence avec son premier album, intitulé aussi Louise Attaque, sorti en 1997. C’est l’un des plus grands réussites de l’histoire française, ayant vendu 2,8 millions d’exemplaires dans un pay où 100,000 en suffisait pour un disque d’or à l’époque. (C’est maintenant seulement 50 000.) Et de cet album, le plus grand tube est certainement Je t’emmène au vent :

Vu que M. Roussel a 23 ans de moins ici que ma première expérience de lui, je dirais que sa voix a bien changé depuis ce temps-là. Il me rappelle horriblement Gordon Gano du groupe américain Violent Femmes, et quelle coïncidence, devinez qui était co-producteur de l’album. Ouaip. M. Gano. J’aime bien le violoniste, M. Samuel, sur ce piste, mais je trouve le tout plutôt fatigant.

Il y a a deux autres gros tubes de l’album. « Léa », l’histoire d’une femme qui n’est pas terroriste — c’était très important, vu le nombre de fois où c’était répété dans les paroles — est plus agréable à mes oreilles que « Je t’emmène » :

« Ton invitation », bloqué aux États-Unis à cause des droits d’auteur (je l’ai écoutée avec mon logiciel VPN) est aussi plus agréable à écouter. Mais le clip est déroutant à souhaits, avec des scènes de violence domestique qui se transforment en « lucha libre », le catch mexicain.

Le prochain album du groupe, « Comme on a dit », gagne la Victoire d’album rock de l’année. J’aime assez bien la chanson du titre — encore une fois, c’est le violoniste qui a mon attention, et M. Roussel est moins en vue dans le mixage :

« Pour un oui pour un non » est encore une fois une chanson où j’aime très bien le travail de M. Samuel, et la musique en général reste agréable :

J’aime sincèrement le premier morceau de l’album, « Qu’est-ce qui nous tente ? » : positif, pas geignard du tout, même M. Roussel ne me dérange pas ici :

« À plus tard crocodile », leur troisième album, me semble une référence au tube de Bill Haley des années 50, surtout vu qu’il y a une chanson dite aussi « See you later alligator » sur l’album. Mais elle ne partage que le titre, et je la trouve simplement bizarre. « Depuis toujours », en revanche, classée 41e en France en tant que single, je trouve aussi agréable que « Qu’est-ce qui nous tente ? ».

Le groupe se sépare après cet album, et ne réunira que jusqu’en 2015 pour enregistrer leur quatrième album, Anomalie, qui gagnera aussi une Victoire de meilleur album l’année suivante. La chanson du titre sent l’angoisse adolescente bien que les membres du groupe ont tous leurs 40 ans à l’époque. C’est quand même pas mal :

On dirait pareil du morceau « Du grand banditisme », mais je ne pouvais même pas finir « Avec le temps ». Le changement de la voix de M. Roussel est en pleine vue ici, et je ne peux pas.

Ça nous amène au cinquième et plus récent album, Planète Terre, sorti en 2022. Le premier morceau de l’album, « Sortir de l’ordinaire », a encore du bon travail du violoniste. M. Roussel parle plutôt que chante, un peu comme Grand Corps Malade. « La Frousse » est vraiment pas mal, et il chuchote plutôt que chante :

La dernière chanson que j’ai écoutée de l’album, « Grazie », est pareil, sauf avec quelques paroles en italien.

Que dire de Louise Attaque ? Je soupçonne que M. Roussel partage mon avis que quelque chose d’horrible est arrivé à sa voix. Les techniques de production des 3 derniers albums ont tendance de cacher ce que je n’aime pas. Le violoniste est un point fort. Mais j’ai assez écouté de M. Roussel en live (au moins en direct, pas en personne) que je sais que je trouve sa voix insupportable. En même temps, on ne parle pas de la version musicale du troisième volet des Visiteurs. C’est plutôt les escargots de la musique française — je ne peux pas partager votre avis, mais ça ne baisse pas du tout mon affection. Pourtant, vu que le deuxième rang de notre échelle est « J’irais au concert si vous avez une place de trop », et ce n’est pas vrai…

Mon avis : Je change de chaîne, mais avec tristesse.

Je découvre Paul Personne

On reprend enfin le Projet 30 Ans de Taratata avec le dernier membre du quatuor qui a joué des chansons d’Eddy Mitchell, Paul Personne. J’avais déjà entendu parler de lui grâce à ce post de Juliette qui avait attiré mon attention. Mais je n’étais pas quand même préparé pour cette représentation-là, qui a garanti que je n’allais nulle part.

Photo de Paul Personne devant un micro, avec une guitare acoustique
Paul Personne, Photo par Georges Seguin, CC BY-SA 3.0

Paul Personne est né René-Paul Roux en 1949 à Argenteuil, ou comme dirait le reste du monde, Paris. Sa famille lui a acheté un accordéon, erreur catastrophique qui a failli priver le monde d’un excellent guitariste. Heureusement, il l’a rejeté et s’est mis à apprendre la batterie. Mais les années 70 ne voient pas de grand succès pour le jeune René-Paul, et il travaille en tant que mécanicien alors que 3 groupes de suite viennent et partent. Ici, on ne considère que sa carrière en tant que soliste, qui s’est lancée avec l’album « Paul Personne » en 1980. (Wikipédia insiste que l’album s’appelle « Faut que ça bouge », mais son site officiel donne son nom de scène. Je dirais que c’est lui l’expert sur soi-même.)

Qu’est-ce que l’on entend dans cette première chanson, titre de l’album ou non ? C’est le blues comme on l’aurait trouvé dans n’importe club à Chicago des années 60, mais en français. Tout comme le jeune Eddy Mitchell, sa carrière se lance sur des copies du style qui l’inspire. Mais c’est un bon début, et très agréable à écouter :

Un autre point fort, c’est « Je vis avec le blues », paradoxalement plus rock malgré le titre.

J’ai eu du mal à trouver les crédits pour son deuxième album, « Exclusif », mais sa bande a évidemment grandi, parce que là où tout était des guitares, de la batterie et un clavier, il y a maintenant une saxophone aussi. J’applaudis le choix, et non pas seulement car je suis aussi saxophoniste — « Comme un étranger » est plus intéressant, plus mélodique que son premier album.

Je ne pouvais pas trouver l’enregistrement original de « Ça va rouler », autre morceau du même album, mais la version en live liée ici montre que sa technique était déjà devenue plus compliqué, avec des arpèges partout.

Ses capacités en tant que guitariste continuent de s’améliorer avec son troisième album, « Barjoland », sorti en 1984. On peut toujours entendre des influences de la musique américaine des années 60, mais maintenant je dirais que l’on parle de The Ventures, un groupe renommé pour son talent musical.

Un point moins fort pour Paul Personne, c’est sa voix. Il a une voix très râpeuse, ce qui marche bien dans ses genres préférés, mais quand il a sorti 24/24, un album très années 80, il comptait sur sa voix comme son instrument principal. « Faut qu’j’me laisse aller » et « Frankie et Johnny » sont dures à écouter et je n’ai pas profité de cet album.

Il me semble que son équipe était d’accord. Après une pause de 4 années, en 1989, il sort « La chance », album qui montre une technique d’enregistrement pas vue avant chez lui : l’effet chorus, qui donne l’impression de plusieurs chanteurs, et a tendance de réduire les sonorités râpeuses. Écoutez sa voix sur la chanson du titre, et l’effet est bien clair :

« Comme à la maison », sorti en 1992, est un album très inhabituel — enregistré tout seul chez lui. Je l’aime moins — alors qu’il y a des chansons jouées de façon acoustique (Vagabondage) et électrique (Serenity Street), elles ont en commun le sens d’être ce que l’on entendrait d’un musicien (ou deux) au coin de la rue. Je suppose que c’est authentique aux racines des blues, mais c’est un vrai départ du reste de ses œuvres à ce point.

« Rêve sidéral d’un naïf idéal » est encore une fois un changement de direction. Cette fois, on le voit en mode « Steely Dan« , hyper-raffiné avec de nombreux musiciens pour l’accompagner. « Un Tax’Man pour l’Île au Trésor » aurait pu apparaître dans l’album Pretzel Logic. Mais pour moi, le grand régal de l’album est « Jet Set Boogie », du rock sur un tempo rapide, mais en même temps moins bruyant que ses premiers albums. Ça montre très clairement sa virtuosité à la guitare :

On saute plusieurs années jusqu’en 2000, à « Patchwork électrique », enregistré avec une collection énorme de collaborateurs, dont un rappeur pour la première fois (qui est là pour des effets « scratch », pas pour chanter). C’est plus du mélange de rock et de de blues que l’on attend chez lui à ce point, mais je note un changement dans la qualité de sa voix. De la chirurgie ? Des leçons ? Je ne sais pas, mais c’est beaucoup moins râpeuse. Je la trouve très agréable :

Il reste –incroyablement — une quinzaine d’autres albums après ça, mais beaucoup sont des concerts ou « best-of », alors on finira avec « Puzzle 14 », sorti en 2014. Regardez l’art de l’album dans ce clip de « Mainmise » — pour lui, c’est toujours 1970, si avec des techniques de production modernes, et honnêtement ? Je l’adore pour ça. Paul Personne a une vision très particulière de ce qu’il aime, il y reste fidèle, et au fil de sa carrière, il la fait de mieux en mieux.

C’est très facile à comprendre pourquoi Nagui l’a choisi pour accompagner Eddy Mitchell. Il est un peu plus jeune, sa carrière n’a vraiment pas commencé que presque 20 ans après Eddy, mais les deux sont « deux petits pois dans la même gousse », comme on dit en anglais. Je vous ai dit qu’Eddy Mitchell représente un de deux chemins vers la France, celui des bilingues et de la culture américanisée. Paul Personne joue absolument sur ce chemin. Mais il fait son travail avec tant de passion, tant de dévouement, que je ne peux que l’aimer pour ça.

Ma note : J’achète l’intégrale.

Je découvre Thomas Dutronc

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec un des musiciens qui a apparu sur scène avec Eddy Mitchell, Thomas Dutronc. Ça fait deux mois depuis notre dernière entrée dans cette série, pas du tout attendu !

(Attention aux lecteurs hors France : j’ai dû utiliser un logiciel VPN pour regarder la majorité des clips en me faisant passer pour un résident de France — non, encore plus que d’hab. Il y a un risque qu’ils ne soient pas disponibles dans votre région sans de l’aide.)

Thomas Dutronc (à droite), Photo par
Benoît Derrier, CC BY-SA 2.0

Thomas Dutronc est à une couronne près d’être de la noblesse dans la musique française, étant le fils de deux légendes, Françoise Hardy et Jacques Dutronc. On penserait que ses parents auraient tout préparé pour lui, mais en fait, il n’a pas appris la guitare, son instrument principal, jusqu’à ses 18 ans, inspiré non pas par ses parents, mais par Django Reinhardt.

J’étais absolument fixé par sa voix pendant « La Dernière Séance » des 30 Ans de Taratata, alors j’avais plus hâte d’écrire ce billet que les délais ne suggéraient. C’est intéressant à noter que ses premiers pas dans « l’industrie » ont été en tant qu’écrivain pour son père avec « À part ça » en 1995. Il me semble q’il n’a pas joué ni chanté pour l’enregistrement. Pendant la décennie à suivre, il a écrit de la musique pour plusieurs films, dont Toutes les filles sont folles en 2003 (gagnant du prix de meilleur bande originale au Festival de Paris-Île de-France, et Les Enfants en 2005. Il a aussi joué sur des albums de sa mère, notamment 4 pistes de l’album Tant de belles choses en 2004. Si j’ai bien compris les crédits, c’est Thomas en tant que soliste sur la guitare électrique de 1:00-1:20 dans « La folie ordinaire » :

Mais c’est seulement en 2007 où un album enregistré sous son nom voit le jour, Comme une manouche sans guitare. C’est une réussite absolue — 425 000 exemplaires vendus, 2 fois nominé aux Victoires de la musique en 2008, et gagnant d’une Victoire en 2009 pour la chanson du titre. La voilà :

J’adore. Si les choix de production me semblent un peu bizarres — il y a trop d’échos pour sa voix — la mélodie est séduisante et son travail avec sa guitare est de première classe. Écoutez son solo à partir de 0:50 — fortement dans la tradition du jazz et à haut niveau technique. J’aime aussi « J’aime plus Paris », qui n’a pas d’effets bizarres pour sa voix, et tous les mêmes points forts :

Il suit cet album en 2011 avec Silence on tourne, on tourne en rond. Si c’est moins d’une réussite que son début, il vend quand même 185 000 exemplaires. C’est un album un peu plus électrique, à ne pas dire électronique (on ne parle pas de synthétiseurs), que son prédécesseur.

Je n’ai absolument aucune idée de ce qui se passe dans le clip pour « Turlututu », mais la musique reste très agréable :

Par rapport aux deux premiers albums, son Éternels, jusqu’à demain doit être considéré un échec, même s’il reste quand même un disque d’or de 55 000 exemplaires. « Croc madam », écrit pour lui par Matthieu Chedid, est simplement bizarre :

Chez les yé-yé, une reprise d’une chanson de Serge Gainsbourg, est bien fait — et oh là là, mais la batterie sonne en direct des années 60 — mais ça ne sonne pas comme le Thomas Dutronc des deux premiers albums. Mais je suis paradoxalement fier de lui pour celle-ci ; on en reparlera à la fin.

Même quand il sonne comme lui-même, avec son titre original « J’me fous de tout », il y a un manque de l’énergie des deux premiers albums. C’est agréable, mais l’expression « je t’emmerde » n’est pas censée être aussi agréable que ça !

En 2020, il sort Frenchy, un album de reprises de chansons françaises, souvent en duo ou en trio avec des collaborateurs inattendus. Voici Iggy Pop et Diana Krall — les deux autrement déjà dans ma collection — avec lui pour « C’est si bon » :

J’ai halluciné « La Vie en Rose » avec Billy Gibbons, non ? Le M. Gibbons de ZZ Top qui a chanté La Grange :

Sur le même album, il fait pour Daft Punk ce que Paul Anka a fait pour Nirvana :

Je ne peux pas mentir, j’ai le même sentiment ici qu’ailleurs — à mon avis, vous avez les plus belles voix au monde, mais je préfère vous écouter en français.

Son dernier album est en duo avec son père, Dutronc et Dutronc, sorti en 2022. Je dois avouer que je me trompe depuis 4 ans déjà — je croyais que « L’opportuniste » était à Indochine ! Ça m’apprendra à lire les crédits !

Je n’ai pas envie de critiquer cet album, qui a vendu seulement 50 000 exemplaires aussi. Quand on voit les deux ensemble, comme sur Taratata, il est évident qu’ils ont dû le faire en ce moment-là ou jamais — Dutronc père n’a pas âgé comme Eddy Mitchell.

Mais c’est ça la raison pour laquelle j’ai dit que j’étais fier de Thomas Dutronc pour « Chez les yé-yé ». S’il voulait être l’enfant de népotisme, il aurait enregistré un album en 1995 intitulé « Yé-yé moderne », en duo avec chacun de ses parents, une chanson en trio, le tout aurait vendu 1 million d’exemplaires, et vous n’auriez plus jamais entendu parler de lui. Il a fait son tout pour gagner sa propre place, dans un style très différent de ses parents, et il n’a pas revisité leurs carrières jusqu’au moment où il a vraiment eu la sienne. J’ai tout le respect au monde pour son parcours.

Que dire enfin ? Si je suis honnête, sa voix est plus plaisante que puissante, mais en tant que guitariste et auteur, il ne doit d’excuses à personne. J’ai profité énormément de cette expérience, j’irais à ses concerts avec plaisir, et si « je ne prendrais pas l’avion », je serais ravi de le retrouver pendant un voyage d’une semaine.

Ma note : J’achète l’intégrale.

La légende, M. Eddy Mitchell

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec un des deux articles pour lesquels j’ai conçu tout le projet. D’habitude, j’intitule ces articles de même façon que le Tour des Départements, mais ce titre est lié à l’expérience de le découvrir. Revenons sur le plateau de Taratata ce soir-là :

©️France TV/Air Productions

Écoutez les introductions des 4 chanteurs. Les trois premiers sont les bienvenus, mais l’approbation de la foule dès qu’elle reconnaît Eddy Mitchell est tout autre chose. En général, si 40 000 Français se montrent enthousiastes pour quelque chose, je fais attention. (Il y a des limites. Si Jul remplissait le Stade de France, je secouerais la tête.) Mais les 8 minutes qui ont suivi, elles étaient magiques, et j’ai eu des larmes aux yeux durant toute la représentation.

©️France TV/Air Productions

Ce que j’ai vu ce soir-là a dépassé l’interprétation de deux chansons. Il faut vraiment écouter M. Mitchell quand il présente les solistes. Il a du charisme. À Hollywood, on parle d’une certaine qualité de présence sur scène qui commande l’attention au public, « it » (ça, mais non pas le clown de M. Stephen King). Le magazine Cosmopolitan l’a défini comme ça :

That quality possessed by some which draws all others with its magnetic force.

Cette qualité possédée par certains qui attire tous les autres avec sa force magnétique. (Ma traduction)

It, Wikipedia en anglais

Seulement 3-4 personnes m’ont frappé avec « it » dans toute ma vie. Nicola Sirkis, absolument ; Geddy Lee, le chanteur de Rush ; l’actrice américaine Miki Yamashita, peut-être. Puis, Eddy Mitchell.

Passons à la musique. Eddy Mitchell, de son vrai nom Claude Moine, est né en 1942 à Paris. Jeune, il travaillait pour une agence de Crédit Lyonnais près du célèbre club Golf-Drouot (mentionné dans Les 7 Jours de Pékin). C’est là où il lance sa carrière de chanteur, avec un groupe dit Les Chaussettes noires. Il adopte son nom de scène d’après l’acteur Eddie Constantine, et l’idée que Mitchell sonne plus américain que Moine (quoi, il n’a jamais entendu parler de la capitale de l’Iowa ?) Et pourquoi avait-il besoin d’un tel nom ? Parce qu’à l’époque, en 1961, il chantait du rock américain traduit en français, tel qu’Eddy sois bon, traduction hyper-littérale de Johnny B. Goode par Chuck Berry :

Il serait impossible de passer par chacun de ses 39 albums de studio, peu importe ses 16 albums en live. J’ai essayé de sélectionner des chansons représentantes, mais à vous de me corriger.

Ses premières années en tant que soliste, 1961-64, voient la sortie de 3 albums de reprises de la musique d’artistes américains, les Gene Vincent et les Elvis du monde. Même avec son 4e album, Toute la ville en parle…Eddy est formidable, où il y a enfin plusieurs de ses propres textes, son plus grand tube est une reprise de Burt Bacharach :

En 1966, il sort enfin un album qui est largement de sa propre musique. Perspective 66. Voici un de ses singles de l’album, écrit par Eddy lui-même. En tant qu’anglophone qui a grandi avec les versions originales de ses albums précédents en boucle grâce à deux parents qui ne connaissaient que la radio nostalgique, je me sens quand même tout à l’aise avec celle-ci — il comprend très bien le style et n’a plus besoin de copier :

Fin 1966, Eddy Mitchell sort un des plus grands tubes de sa carrière, J’ai oublié de l’oublier. La représentation ici est de 2000, et montre exactement pourquoi je suis tombé amoureux de lui aussi vite — il n’a pas la voix la plus spectaculaire, mais il a de l’autorité :

Au début des années 70, on le retrouve pleinement dans le style de l’époque ; C’est facile, son tube de 1971 sonne comme une centaine d’autres choses, Soulful Strut avec des paroles. Je regrette de vous dire que « Le coup de foudre » ne m’en a pas donné un. Mais le meilleur est à venir.

En 1974, il sort Rocking in Nashville, selon Rolling Stone le 59e meilleur album de rock français, même si c’est largement des reprises de Chuck Berry. 1976 voit Sur la route de Memphis, ce que Rolling Stone met à la 18e place. Avec de telles chansons que Je suis parti de rien, celle du titre, et Je me fais mon Western, il adopte pleinement le style du genre country.

Je dois vous dire, cet album est en français, mais c’est peut-être la chose la plus américaine que j’aie entendu. Je n’ai pas parfaitement compris les paroles — j’ai toujours besoin de l’aide pour ça, même en anglais — mais je ne les ai pas cherchées. Pas besoin. Eddy, où étiez-vous toute ma vie ?

En 1977, il sort son plus grand tube, La dernière séance, ce qui deviendra le générique d’une émission à la télé pendant 17 ans. J’aime bien la version originale. Mais avec sa voix âgée, accompagnée par Personne, Bauer et Dutronc, cette chanson frappe avec le son de l’expérience, de la vraie nostalgie — et j’ai été fixé pendant le tout. Voici un extrait, ou vous pouvez tout regarder sur le site de Taratata à partir de 27:25.

Après son tour vers la télé, il continuait d’enregistrer de nouvelle musique. Happy Birthday Rock’n’Roll, de 1981, me rappelle énormément Old Time Rock & Roll de Bob Seger, Mais ce n’est pas du tout une reprise. Et je l’adore autant que son équivalent américain :

On va sauter par le reste pour conclure avec quelque chose d’extraordinaire, La même tribu, sorti en 2017. 17 artistes, dont Johnny, Laurent Voulzy, Pascal Obispo, les Dutronc, et Alain Souchon, l’ont rejoint pour une chanson qui est un résumé de sa carrière, et même de la chanson française pendant les 50 dernières années. Très peu de monde auraient pu attirer la participation de ce groupe de légendes.

Je vous ai dit avant qu’il y avait deux chemins que j’aurais pu suivi, celui des bilingues, la France qui est tellement influencée par le monde anglophone, ou un autre — j’hésite à dire plus pur — inaccessible aux étrangers sans se donner corps et âme au projet. Sur le premier chemin, on trouve Paris, Pierre Hermé, La classe américaine, et Johnny. Sur le deuxième, on trouve la Lozère, Maïté, Ni vu ni connu, et Georges Brassens. Eddy Mitchell est le symbole ultime du premier chemin — la langue est différente, mais j’y reconnais mon passé plus que nulle part ailleurs. Pourtant, quand il ne copie pas, sa musique escalade les hauteurs, et il commande tout le respect dû à une légende.

Ma note : JE PRENDS L’AVION ! (Au moins, je l’aurais fait s’il n’avait pas déjà pris sa retraite.)

Je découvre Juliette Armanet

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec la dernière de la trio avec Jain et Jeanne Added qui a chanté une chanson de No Doubt pendant le spectacle. Cette fois, c’est Juliette Armanet.

Juliette Armanet, Photo par Selbymay, CC BY-SA 4.0

Je dois avouer que je trouve ce choix un peu bizarre de la part de Nagui. Les deux autres chanteuses travaillent largement en anglais, alors une chanson en anglais pour eux est logique. Il n’y a rien de mal chez Mme Armanet, qui est bien capable en tant que chanteuse, c’est juste que l’on va voir que son catalogue ne suggère pas qu’elle aurait choisi ce matériel elle-même. En revanche, Nagui a un talent pour mettre des artistes inattendus ensemble et produire quelque chose de spécial.

Juliette Armanet et né en 1984 à Lille, dans une famille de musiciens. Cependant, après des études de littérature, elle est devenue journaliste qui apparaissait sur Arte, France Culture, et TF1. Mais en 2014, elle est finaliste dans un concours organisé par Les Inrockuptibles, magazine consacré à des virelangues (vu son nom). Ça suffit pour lui gagner un contrat avec la maison de disques Barclay, où elle sort son premier album, Petite Amie, en 2017.

Les critiques sont épatées. Libération fait la comparaison à Voulzy, Balavoine et Gall ; Paris Match dit qu’elle prend sa « place dans l’orbite de Véronique Sanson, William Sheller ou Alain Souchon ». Si on veut attirer mon attention, « l’orbite de Véronique Sanson » est sans doute la meilleure expression pour le faire. J’ai donc commencé avec L’Amour en Solitaire, parue avant l’album dans Marie et les Naufragés, un film de 2016 où elle joue une chanteuse de karaoké (et chante sa propre chanson inédite) :

La comparaison avec Mme Sanson est facile à voir. Elle a une jolie voix et joue de son propre piano, mais pour moi, tout arrête là. « Chanson sur ma drôle de vie », le monument contre lequel toute telles comparaisons seront jugées, a une mélodie inoubliable et des paroles de génie. L’Amour en Solitaire est agréable, mais loin de grimper cette montagne-là ; 10 secondes après la fin, je ne pouvais plus me souvenir du refrain.

Pourtant, avec de telles critiques, elle allait avoir toute opportunité pour me convaincre. L’Indien pourrait peut-être survivre une comparaison avec la chanson « De l’autre côté de mon rêve » ; il y a un thème qui propulse la chanson de même façon, mais encore une fois, la musique n’est simplement pas à cette hauteur. Sous la pluie et À la folie sont agréables mais pas plus. Cavalier seule, en revanche, joue avec une mélodie dissonante, et c’est intéressant pour ça :

Alexandre me rappelle juste un peu Lorelei de Véronique Sanson avec sa structure, mais…impossible qu’elle haïsse quelqu’un assez pour lui faire appeler « ma Californie ». Elle ne doit pas bien connaître mon enfer personnel. Mais la chanson qui résume la meilleure mon problème avec cet album, c’est Manque d’amour. Elle chante des chagrins d’amour, les paroles parlent de la « tirelire du mal »…pourtant…comment dire ça sans offenser ? Avec ce visage et cette voix, il m’est impossible que Mme Armanet ait passé plus d’une semaine sans rendez-vous si elle le souhaite. Peut-être qu’elle a expérimenté pas mal de relations décevantes, mais elle ne peut pas me convaincre avec des chansons tristes sur ses déceptions. Véronique Sanson, également belle et douée au même âge, savait mieux que tenter une telle chose.

Mais le talent, il est clairement là. Je comprends pourquoi cet album lui a valu la Victoire « Album révélation de l’année ». Plus tard en 2018, Mme Armanet a enregistré « Une nuit sur ton épaule » avec la grande dame, et ne lui devait aucune excuse :

Cette année-là, elle se montre aussi égale à la tâche face à la voix de Dieu lui-même Eddy Mitchell :

En 2021, Juliette Armanet sort son deuxième (et toujours le plus récent) album, Brûler le feu. Le premier piste est aussi le plus grand tube du disque, Le dernier jour du disco :

Nommée pour une Victoire de chanson de l’année, ici elle prend un risque artistique absent de son premier disque — cette chanson adopte les rythmes de son sujet. J’aime bien qu’elle a fait ça — enfin, un son différent que toutes ses autres chansons jusqu’à ce point.

« Tu me play » est un jeu de mots avec l’anglais pour « jouer » et le verbe plaire. Ici, elle semble avoir compris que les chagrins devront aller avec un peu plus de feu si elle veut convaincre.

Je me demande si « HB2U » (« Happy birthday to you » en anglais ; joyeux anniversaire à toi), une chanson en franglais, était la raison pour sa performance sur Taratata. Ça doit être la version la plus déprimante de cette expression que j’aie entendu. L’Épine, ainsi que la chanson du titre, par contre, sont plus de son premier album

Ayant écouté environ la moitié de ses chansons « édites » (je sais, ce mot n’existe vraiment pas), je crois que je comprends assez bien Juliette Armanet. Elle a du talent à gogo, une voix exceptionnelle, joue du piano assez bien pour s’accompagner… mais Zazie ou Jain prennent plus de risques avec moins d’atouts musicaux et réussissent plus souvent à mon avis. Cependant, elle peut être la prochaine Véronique Sanson si elle trouve son Michel Berger, côté production. Mais elle n’est pas encore là.

Ma note : j’irais au concert si vous avez une place de trop.

Je découvre Grand Corps Malade

On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Grand Corps Malade, qui jouait sur scène avec Véronique Sanson, Marc Lavoine, et Vianney. Je l’ai oublié et sauté au prochain numéro ; je n’avais pas commencé mes recherches et ce n’est pas un commentaire sur lui (le temps que vous finissiez ce billet, vous ne me croirez pas, mais je vous jure que c’est la vérité). Pour vous rappeler, voici un extrait de leur performance sur Taratata.

Grand Corps Malade, Photo par Carcharoth, CC BY-SA 3.0

Je dois ajouter que ce nom m’a frappé de la façon la plus bizarre en 2020 quand j’ai découvert NRJ et la radio française. Il y avait tout genre de nom inconnu — Vitaa et Slimane, Maître Gims, Aya Nakamura, Jul — mais ceci voulait dire quelque chose, et la signification était déroutante.

Grand Corps Malade n’est que le nom de scène de Fabien Marsaud, né en 1977 au Blanc-Mesnil. Il s’est lancé dans les métiers artistiques en tant que « slameur », écrivain d’un genre de poésie déclamé à haute voix dans des cafés prétentieux (oui, ce truc est bien connu chez moi). La poésie dite « slam » se concerne principalement avec le rythme, tout comme en anglais, mais en version française, elle ajoute du verlan, et d’autres formes d’argot. Quant au nom de scène, en 1997, il a eu un accident dans une piscine, qui l’a laissé paralysé pendant un certain temps (il peut maintenant marcher, mais je ne sais pas à quel point il se considère « guéri »).

En 2006, M. Malade (je vais être tout New York Times avec ça ; s’ils peuvent écrire « Mr. Loaf » pour parler du musicien dit « Meat Loaf », moi aussi) sort son premier album Midi 20. Le premier single est « 6ème sens » :

Je ne sais pas que dire. La musique est assez agréable, mais n’a rien à voir avec les paroles, un poème déclamé. Je me sens complètement incapable de le juger, car je ne suis pas bien sensible à quel est un bon poème en français. En ce qui concerne sa voix, j’ai l’impression d’entendre Arnold Schwarzenegger parler, mais en français. Après avoir vérifié le morceau du titre et Paroles du bout du monde, je considère que cet album est simplement au-delà de mes compétences. L’album lui vaut deux Victoires ; la faute est évidemment à moi.

En 2008, il sort son deuxième album, Enfant de la ville. J’ai commencé avec « Du côté chance », qui se révèle légèrement plus mélodique que le premier album :

J’ai aussi essayé Le blues de l’instituteur et Comme une évidence. La musique derrière lui reste agréable, mais ce ne sont pas des chansons. C’est plutôt pour mettre la scène pour ses poèmes.

En 2010, M. Malade sort son 3ème album, dit avec un certain sens de l’humour, 3ème temps. J’ai vu dans la liste de morceaux un duo avec Charles Aznavour, Tu es donc j’apprends. M. Malade recite son texte en alternance avec M. Aznavour. L’effet est intéressant, mais il ne chante toujours pas :

J’ai aussi écouté À Montréal, car j’y serai assez bientôt, et Roméo kiffe Juliette, car c’était un tube dans les classements. Mais avec ça, ça fait 3 albums et même pas une piste qui fait partie de ce que je comprends par l’expression « chanson française ».

J’ai donc décidé à sauter à son album Mesdames, sorti en 2020, une collection de duos avec de telles chanteuses que Véronique Sanson et Suzane. Évidemment, dès que j’ai vu le nom de Mme Sanson, j’allais commencer par cette porte, intitulée Une sœur :

Véronique Sanson reste tout ce à quoi je m’attends, mais dès que j’entends M. Malade, c’est comme si elle s’est fait interrompre par le Terminator T-800. À ce point, j’ai décidé que j’avais été aussi juste que l’on pouvait le souhaiter, et j’ai terminé mes recherches. Le truc de ouf, c’est que si on l’écoute attentivement dans l’extrait de Taratata, il pourrait être chanteur, mais ce n’est pas comment il s’exprime.

Je comprends que M. Malade soutient l’association Sourire à la vie, qui vient en aide aux enfants malades, et a rendu hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Je suis admiratif de tous tels efforts, et n’ai aucune envie de le critiquer. Mais son art n’est pas ma tasse de thé.

Ma note : Aucune. C’est la mauvaise échelle.

Je découvre Jeanne Added

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec la deuxième des trois artistes qui ont jouées « Don’t Speak » sur Taratata, Jeanne Added. (Je me suis rendu compte que j’ai sauté par-dessus de Grand Corps Malade, par erreur. Il sera le prochain.) Pour vous rappeler, voici un extrait :

Je ne vais dire que de bonnes choses sur Jeanne Added, et ça m’énerve. Elle a réussi à faire ce que je voulais être impossible. Si vous avez suivi le parcours de ce blog depuis un moment, vous savez que je veux laisser tout tomber derrière moi. J’ai pu annuler mon abonnement à la télé en anglais parce que j’avais arrêté de tout regarder en anglais. Je n’écoute plus la grande majorité de ma bibliothèque de musique en anglais. Je voulais fermer cette porte derrière moi et jeter la clé dans un volcan sous-terrain au fond de la Fosse des Mariannes. Mais voici une artiste qui écrit des paroles intelligentes en anglais, les chante avec talent et évidemment, tout ça ne peut que vouloir dire qu’elle vient de… Chicago ? New York ? Des Moines ? Non, de freakin’ REIMS.

Regardez ce qu’elle m’a fait faire ! Utiliser un petit juron anglais !

Jeanne Added, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 4.0

Jeanne Added est née en 1980 à Reims. Je suppose qu’elle a été poussée à apprendre l’anglais car son nom de famille est le participe passé d’ajouter en anglais, « add ». J’imagine que ses cousins, les Subtracted, ont changé de nom, car ça, c’est trop. Pas comme beaucoup d’autres musiciens que nous avons étudiés à ce point, elle était toujours destinée pour une carrière musicale — des conservatoires de musique à Reims et Paris en tant que lycéenne, le Conservatoire national à Paris pour ses hautes études, puis l’Académie royale au Royaume-Uni. À partir de 2005, elle commence en tant que chanteuse de jazz, habituellement en français, avec de tels noms que Vincent Courtois et Yves Rousseau.

Avec ce dernier, elle sort en 2008 un enregistrement qui me fait mal aux oreilles, et je suis habitué aux conventions du jazz. C’est une reprise de l’album « Poète, vos papiers » par Léo Ferré. Elle est la deuxième à chanter dans cet extrait, après Claudia Solal, et les deux ont des voix d’anges, mais la première minute, aïe. (Je sais, ce n’est pas la chanson du titre.)

J’imagine qu’elle a dû reconnaître que le public pour ce genre de chose est limité. Alors en 2010, elle sort un album en anglais, yes is a pleasant country, d’après un livre de poèmes par e.e.cummings, poète américain avec une allergie mortelle aux lettres majuscules. Tout l’album est disponible presque gratuitement au lien, l’édition originale étant définitivement fermée. La musique n’est pas complètement à mes goûts, mais elle ne chante pas en anglais « bien pour une française ». Elle est excellente : très facile à comprendre et son phrasé ne manque de rien. Et vous savez qui le sait très bien ? Jeanne Added. Cet album lui valait être nommée aux Victoires du jazz en 2011, et elle a dû bien comprendre que ce chemin l’était ouvert.

Elle sort donc en 2015 son premier album en tant que soliste, Be Sensational. Sauf pour un morceau, les paroles de l’album sont toutes écrites par Mme Added, et elles seraient un crédit à presque n’importe quel artiste anglophone. La chanson du titre est une merveille :

Je ne suis pas grand fan des techniques de production de « À War is Coming » — bruyantes et déformées — mais c’était le premier single à sortir, et c’était une réussite. Et je serais le premier à vous dire que cette chanson montre du talent.

En 2018, elle est de retour avec Radiate, un album par tours plus loud — les traductions vif et bruyant n’ont pas le sens exact — et moins déformé que le premier. La chanson du titre montre exactement ce que je veux dire. Les dynamiques musicaux sont plus forts, mais les effets électroniques sont réduits. Les paroles sont parfois colériques, mais elle a mon attention.

La chanson qui termine l’album, « Years Have Passed », est tout ce qui est possible chez elle sans les effets. C’est douce, triste, et absolument au-delà des capacités de presque tout et n’importe quelle chanteuse populaire ici. On parlera à la fin des bonnes comparaisons, mais elle est tout le contraire de Taylor Swift, c’est certain !

Son troisième et plus récent album est By Your Side, encore plus dans le sens de mettre sa voix en vedette et ne pas la noyer sous trop d’effets. La chanson du titre parle du genre de relation où on dit en anglais « it’s complicated » (c’est compliqué), pas exactement l’amour, pas exactement l’amitié. Je ne veux pas l’aimer. Mais je n’arrive pas du tout à m’arracher de la stéréo en l’écoutant :

On finira notre revue de ses chansons avec une autre chanson de By Your Side, Hey Boy. C’est ce qui arriverait si « Years Have Passed » n’était pas si triste, si élégiaque. C’est absolument ma préférée de ses chansons.

Il ne faut absolument pas faire la comparaison entre Jeanne Added et des mannequins dont le logiciel AutoTune est le seul moyen de les sauver. Venant de la tradition de jazz, il faut chercher quelqu’une comme la canadienne Diana Krall. Son interprétation de la chanson « Peel Me A Grape » montre la seule chose qui manque à l’œuvre de Jeane Added, un sens de l’humour. Mais les similarités entre ces talents sont évidentes :

L’autre chanteuse qu’elle me rappelle — et j’aimerais tellement la voir avec cette opportunité — est k.d. lang, qui a chanté la meilleure chanson de James Bond que vous ne connaissez pas, Surrender :

Pourquoi est-ce que vous ne la connaissez pas, même si vous avez entendu parler de Mme Lang ? Parce que les producteurs ont décidé au dernier moment qu’ils ne voulaient pas prendre le risque de sortir un générique chanté par une lesbienne, et cette chanson a été déplacée aux crédits à la fin, que personne n’écoute. (Sauf moi ; je ne quitte jamais la pièce jusqu’à à ce que les lumières soient allumées.)

En faisant cette comparaison, je n’exprime aucun avis sur la vie amoureuse de Jeanne Added, de laquelle elle ne parle pas. C’est juste que les deux ont des voix similaires. J’aimerais voir ce qui se passait si elle travaillait dans un plus grand ensemble, de façon cinématique. Je sais qu’elle serait à la hauteur du défi.

Ma note : J’achète l’intégrale, mais si elle décide de chanter en français…ouais, je prendrais l’avion si je pouvais rester plus qu’un week-end.

Je découvre Jain

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec le prochain acte après Véronique Sanson : Jain, Jeanne Added et Juliette Armanet, qui ont chanté « Don’t Speak » de Gwen Stefani en anglais :

C’est mon plan d’écrire sur les artistes originaux quand la matière est d’origine francophone, mais il n’y a pas besoin d’écrire « Je découvre l’une des nombreuses personnes qui me donnent envie de m’expatrier » (Gwen Stefani, pour préciser).

Parce que le prochain paragraphe sera le truc le plus dingue que vous ayez lu chez moi, j’aimerais dire d’abord qu’en regardant la vidéo en haut, il m’est bien évident que toutes les 3 chanteuses, dont Jain, sont très douées en anglais, pas autant que Véronique Sanson, mais absolument capables de jouer ici et non pas seulement devant un public de mes clones. MAIS…

Jain, Photo par El pitareio, CC BY-SA 4.0

Je n’écrirais même pas cet article s’il y avait une version du blog en anglais. J’écrirais tout simplement « En raison de la loi du 1er avril de 2020, écouter cette musique est du crimethink. Il ne faut pas l’écouter aux États-Unis ; passez sur votre chemin ». N’étant pas américains, vous ne m’allez pas croire du tout. Je voulais désespérément trouver autre chose à dire sur cette chanteuse, au point où j’ai écouté TOUT son premier album et presque tout le reste des deux autres. Mais elle est ce qu’elle est.

Jain est née Jeanne Galice, à Toulouse, en 1992, d’une famille avec des racines malgaches. Elle a passé une partie de son enfance à Dubai, ses années collégiennes à Brazzaville, au Congo, et a eu son bac à Abou Dabi. Son nom de scène fait référence au jaïnisme, une religion de l’Inde.

En 2015, elle se fait connue avec son premier single, Come, où elle dit que « my soul is in Africa » (mon âme est en Afrique) :

Le problème ici est qu’elle sonne exactement comme Rihanna ou Angélique Kidjo, et quand elle chante le mot « Come », il sonne comme une version féminine de K7. Pourtant elle est blanche et née à Toulouse. J’ai parlé avant de mon choc que personne ne m’a jamais accusé de « l’appropriation culturelle ». Mais je suis petit, et pas une célébrité. Et en fait, les journalistes américains l’affrontent avec ces questions à partir de sa première tournée aux États-Unis en 2017 :

Ici il y a une grande polémique sur la cultural appropriation, qui stigmatise l’adoption de codes culturels par quelqu’un qui vient d’une autre culture. C’est vu comme un vol par certains, explique Jain. Donc plusieurs journalistes m’ont posé cette question : « est-ce de l’appropriation culturelle que vous faites quand vous parlez de l’Afrique »…La culture américaine a une vision très différente de la France sur ces questions culturelles. J’ai donc dû raconter mon histoire et surtout expliquer qu’elle n’est pas fabriquée.

Jain à Washington, RFI

Plus tard en 2015, elle sort son premier album, Zanaka, qui comprend Come, mais aussi son plus grand tube, Makeba, à l’honneur de la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba :

Oh là là. Si j’avais essayé en 2020 d’imaginer le clip le plus offensant imaginable aux États-Unis, il serait quelque chose où une blanche — la seule telle personne dans le clip — est entourée par des danseurs noirs en chantant sur des thèmes africains. La deuxième pire chose aurait été Dynabeat, dans un contexte asiatique, dès que l’on avait remarqué la ressemblance entre le clip et le dieu hindou Ganesh avec ses 4 bras.

J’espère qu’il sera clair que je ne suis pas ici pour valider cette « analyse » selon laquelle la couleur de sa peau décide ce que l’on peut chanter ou écrire. C’était exactement ce moment où j’ai perdu tout espoir. Si Jain a dû affronter déjà ces questions en 2017, 2020 aurait été tout autre chose.

Son deuxième album, sorti en 2018, Souldier (jeu de mots en anglais — soldier = soldat, soul = âme), est plus de la même chose, mais avec moins de thèmes ouvertement africains. Le premier single, Alright, parle de la vie après une rupture :

Moins, pas zéro. Flash parle de ses années au Congo :

Ma chanson préférée de Jain vient de cet album — Inspecta, son hommage au générique d’Inspecteur Gadget :

En 2023, Jain est de retour avec The Fool, nommé pour la dernière carte du tarot de Marseille, Le Fou. Cet album ne sonne pas du tout comme les autres. Elle montre encore son talent, mais si vous n’entendez pas le sous-entendu « sa cervelle ou sa signature parapherait le contrat » derrière ce changement complet de son style, vous n’avez pas compris le marché anglophone.

D’autres morceaux — I Feel Alive, Cosmic Love, Goodbye — sont tous dans ce même style, plus mélodique, moins rythmique, mais surtout avec toute influence africaine purgée.

Je pleurais en écrivant cette critique. La musique de ses deux premiers albums n’était jamais la mienne. Mais je ne doute pas, même pour un instant, que ça venait vraiment d’elle. Encore pire, les deux premiers albums sont heureux ; ce dernier est triste. Je soupçonne qu’elle aurait nommé l’album « La Folle », mais le message aurait été trop évident. Il doit être une ironie insupportable pour elle que Makeba a trouvé une nouvelle vie sur TikTok juste après la sortie de « The Fool ». Par égard pour la vraie Jain, j’espère qu’un jour elle sortira un autre album exactement comme Zanaka, et qu’il connaîtra autant de succès qu’avant. Elle n’a rien fait pour mériter autrement.

Cependant, je dois lui donner deux notes, une pour les américains et l’autre pour l’Europe.

Ma note américaine : Jain? Never heard of her. Please don’t fire me, I beg you. (Jain ? Jamais en entendu parler. Veuillez ne pas me licencier, je vous en supplie.)

Ma note européenne : J’achète mon propre billet pour le concert, juste pour la soutenir.

Je découvre Vianney

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec le deuxième de trois artistes qui ont apparu sur scène avec Véronique Sanson pour Les 30 Ans de Taratata. Cette fois, c’est Vianney.

Vianney, Photo par Gyrostat, CC BY-SA 4.0

Vianney Bureau, né en 1991 à Pau, est allé au lycée de Saint-Cyr. Est-ce que ça lui donne le titre de saint-cyrien ? À vous de me l’expliquer. Après, il a suivi des cours d’affaires et de mode, et on l’aurait cru destiné à une carrière en tant que créateur. Mais pendant ses études de mode, il a rencontré sa future gérante, Isabelle Vaudey, et avec son encouragement, il a enregistré son premier album, Idées blanches, en 2013 (or, il n’est sorti qu’en 2014), 2x platine en France. Et le premier single de l’album était « Je te déteste », la preuve qu’il ne doit pas être britannique, ni chanter en anglais non plus, pour sonner exactement comme One Direction :

Avec de telles paroles que « Je viens gifler mes cordes plutôt que ton fessier » et « T’envoyer des menaces, un rat mort dégueulasse? », il me semble que si j’étais la femme du clip, j’aurais un ordonnance restrictive hier. Au fait, je viens de découvrir que cet outil de la loi, bien-aimé des ex partout dans le monde anglophone, n’existait en France qu’à partir de 2012. (Non, ce commentaire ne raconte pas une histoire personnelle ; si c’était le cas, vous n’auriez jamais entendu parler de La Fille, car je ne la connaîtrais guère.)

J’ai aussi écouté Pas là, avec des paroles comme « Je te remplace/Comme je le peux/Que tout s’efface/J’en fais le vœux », et Notre-Dame des oiseaux, pas un single de l’album. Sa voix est agréable, mais la musique ici n’est que l’enveloppe pour livrer ses contes d’amour perdu. Je me trompais en l’écoutant — sur cet album, il sonne comme le jeune Harry, mais l’âme est 100 % Maroon 5, au moins leur premier album.

En 2016, Vianney est de retour avec son deuxième album, cette fois nommé pour lui. La chanson « Je m’en vais » atteint la deuxième place en France :

Je comprends ça. Les paroles expriment exactement le même message qu’avant :

Quand tu diras que c’est ma faute 
Que je n’ai jamais su t’aimer 
Au diable toi et tes apôtres 
Je m’en vais

mais cette fois il renaît en tant que Christopher Cross, un meilleur musicien.

J’ai aussi écouté « Dumbo » du même album, une chanson éloignée — mais pas complètement — de ses histoires d’amour qui finissent mal. Le clip est mignon :

Encore une fois, je me suis trompé. Il est Christopher Cross, oui, mais aussi Jason Mraz.

En 2018, lui et Véronique Sanson ont tous les deux sorti des albums en live en collaboration avec d’autres artistes. Et sur chacun des deux, on trouve leur version de La Chanson :

Je pleurais en l’écoutant. Vous savez que j’adore cette chanson plus que presque tout au monde entier. Bien qu’elle ait eu 2,5 fois son âge au moment de l’enregistrement — et oui, vu le matériel, ça me dérange un peu — les affinités entre les deux sont clairement là. Le refrain avec la question, « Qu’est-ce que tu diras ? », c’est magique. Vianney a une voix agréable, même douée, c’est juste que je ne suis pas grand fan du genre où il travaille.

Son troisième, et à ce point dernier, album de musique originale, N’attendons pas, est sorti en 2020. L’album atteint la 1ère place en France, mais parmi ses singles, le seul grand tube est Beau-papa, #13 :

Comme Dumbo, c’est une chanson loin des histoires d’amour, et le clip est plutôt émouvant. La chanson du titre est aussi hors ses sujets amoureux ; je l’ai bien aimé, mais elle n’a connu qu’un petit succès (#146 en France) :

En 2023, Vianney a sorti un album de collaborations avec d’autres artistes. Je reste perplexe sur la question de qui est responsable de l’écriture — les crédits ne sont clairs nulle part en ligne. Mais je dirais que Le firmament avec Maître Gims (à qui je souhaite « Bonne année ») ne sonne pas comme la musique associée avec ce dernier. En revanche, Comment on fait avec Zazie pourrait bien être à elle. Je passe sur celui-ci sans plus de commentaires car il ne m’est pas clair du tout à qui est la matière de l’album.

Alors, que penser enfin de Vianney ? Il devrait être clair que si ses chansons se traduisaient en anglais, je passerais mon chemin. Mais c’est ici où le « prime français » marche pour lui. Exactement comme j’adore les pubs à la radio en français bien que je change de chaîne en anglais, je n’achèterais pas les disques mais…

Ma note : J’irais au concert si vous avez une place de trop.