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Le dîner, enfin

La balado est reportée d’un jour cette semaine pour des raisons qui seront bien évidentes. Dimanche soir, j’ai eu enfin des invités pour la première fois en 10 ans, et il s’agissait de 4 personnes pour qui je ferais tout. On parle de deux couples qui m’ont accueilli trop de temps pour compter chez eux pendant les 3 dernières années, pour des événements de l’OCA, et ça fait longtemps dont je veux rendre la faveur.

Je n’ai jamais publié des photos de ma chambre, ni dans le vieil appartement ni dans l’actuel, et c’est peu probable que ça change. Disons que le salon était parfait, la cuisine acceptable vu le niveau de travail, et ma chambre, mi-Mogadiscio, mi-Porte de la Chapelle. Bon, pas de Colline du Crack, mais il reste beaucoup de cartons pas rangés. Si j’avais 20 mètres carrés de plus, il n’y aurait pas de problème, mais ce n’est pas l’appartement que je loue. Plus tard cette semaine, vous aurez le tour du salon et de la cuisine — je suis sincèrement fier de ce que j’ai fait dans ces pièces.

On penserait que j’aurais plein de photos des plats, mais en fait, non. Il y a deux raisons pour ça : 1) vous avez déjà vu des exemples de tous sur ce blog, et 2) plus l’heure s’approche, moins je veux faire des pauses pour prendre des photos ! Cependant, il y avait quand même une nouveauté, et vous aurez la recette plus tard cette semaine.

Alors, la carte. Pour commencer, l’apéro : un mélange de fruits secs, du fromage brie, deux genres de fromage de chèvre local, mes biscuits salés préférés au monde entier (les Raincoast Crisps canadiens, aux raisins secs, romarin, et noix de pécan), et… et… des baguettes 100% maison.

Plateau d'apéro : baguette largement cachée derrière un bol de fruits secs, deux fromages de chèvre, un rond de brie, et 4 tas des biscuits "Raincoast Crisps" qui séparent les fromages.

La baguette est presque invisible dans cette photo. Ayez une autre avec les trois :

Plaque à trois baguettes, avec une baguette bien cuite dans chaque puits.

Je vous dirai deux choses sur ces baguettes : 1) elles exigeaient une sacrée quantité de travail, et 2) je ne dois pas d’excuses à Moulin. On pet trouver mieux partout en France. Mais pas ici.

Après ça, les trois plats étaient la soupe VGE de mon dîner rhodanien, le thon à la basquaise de mon dîner basco-béarnais et la bûche « Truffe framboise » du dernier Noël. Chacun est un boulot en soi, mais je voulais que ces amis comprennent exactement ce qu’ils signifient pour moi.

Voici les soupes VGE juste avant d’être dorées et enfournées :

Il y a 5 ramequins, chacun recouvert de pâte feuilletée.

Je regrette mon choix de viande — la première fois, je croyais que paleron voulait dire filet. Cette fois, j’ai acheté le bon paleron. À mon avis, c’était un peu trop dur. Mais la pâte ? Je sais ce que fais là. Et c’était fait hier matin afin de ne pas avoir le goût du congélateur. (S’ils avaient ouvert mon congélateur, ils n’auraient rien trouvé — je l’utilise très peu.)

Voici la bûche avant d’y mettre la ganache au chocolat. C’est amélioré car je me souviens de toutes les choses que je changerais après avoir essayé une recette pour la première fois. Il n’y a que deux feuilles de gélatine au lieu des trois de Noël ; pourtant, avec plus de temps au congélateur la veille du dîner, c’était aussi stable qu’avant.

Bûche faite de mousse au chocolat et à la framboise posée sur une grille au-dessus d'une grosse assiette.

J’ai dû acheter deux bouteilles d’alcool : du vermouth pour la soupe, et du vin blanc pour faire cuire le thon :

À gauche, une bouteille de vermouth Dolin blanc de 375 mL. À droite, une bouteille de Clos du Bois 2023. C'est un vin blanc inoffensif, mais pas plus.

Le vermouth est de la marque Dolin, un produit de Chambéry. J’ai dû l’acheter en souvenir de mon amie regrettée, Pascale. Le vin est un pinard californien bas de gamme, Clos du Bois. Pourquoi ai-je acheté cette bouteille ? Parce que je n’allais pas utiliser que la moitié, alors elle avait l’atout le plus important : un bouchon à vis. Sérieusement, c’est tout.

Mais j’avais déjà la bouteille la plus importante sous la main :

Une bouteille de vin Bourgueil AOP 2021. C'est un vin rouge du Val de Loire.

C’était un cadeau de mon amie rouennaise quand je lui ai rendu visite en 2023. Je la garde depuis ce temps-là, en attendant une opportunité de la partager avec des Français. Je ne peux pas boire autant tout seul, et il m’était important de la garder pour des gens comme elle, de vrais amis.

Mais je dois vous dire : je ne m’attendais pas à ce qu’ils restent jusqu’à minuit quand on est déjà dimanche. Je leur avais dit que je n’ai pas l’habitude de me coucher tôt (comme vous le savez tous), mais lundi n’est pas un jour férié ici. Ce que je ne savais pas, c’était que l’un des deux couples, qui m’accueille déjà pour les soirées de jeux de plateaux, apporterait plusieurs jeux de cartes. On a joué pendant deux heures et demi après le dessert.

J’ai toujours des larmes aux yeux. Je veux tellement faire ce dîner depuis des années. Et c’est enfin arrivé. Mais vous avez vu le niveau d’effort. Ai-je raison quand je dis : c’est bon de me connaître ?

La honte nationale

Ce n’est pas du tout le post dont j’avais envie d’écrire. Mais hier, dans l’État de New York, le gouverneur a commis, à mon avis, l’acte le plus honteux de ma vie. Si on a hâte de dire « Mais le 6 janvier », une différence importante est que personne ne parlera contre ce que madame a fait. Même quelques sénateurs républicains ont voté pour destituer M. Trump après ce jour-là. Cette fois, on parle d’une capitulation à la terreur.

Antenne du One World Trade Center illuminée en vert, Photo par le Gouvernement de l’État de New York

Avant de continuer, imaginons un contexte français qui serait pareil. Imaginez que demain, Mme Rima Hassan annoncera : « On va fêter l’Islam en illuminant le Bataclan avec la couleur du drapeau de l’État islamique. » M. Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, n’a pas fait cette annonce. Mais Mme Kathy Hochul, le gouverneur de l’État de New York, l’a faite à son honneur.

Je ne cache pas que je n’approuve pas le choix des new-yorkais. Ce n’est pas moi, ce n’est même pas M. Mamdani, qui dit qu’il ne se croit pas un citoyen. C’est sa mère :

He is not an Uhmericcan (American) at all. He was born in Uganda, raised between India and America. He is at home in many places. He thinks of himself as an Ugandan and as an Indian.

Il n’est pas un américain du tout. Il est né en Ouganda, élevé entre l’Inde et l’Amérique. Il est à l’aise dans beaucoup d’endroits. Il se croit un Ougandais et un Indien. [Ma traduction]

Interview avec Mira Nair, Hindustan Times (archivé)

Mais encore une fois, ce n’est pas lui qui a fait l’acte honteux. Pour fêter son investiture, Mme Hochul a proclamé (la dernière ligne) que janvier 2026 sera le mois du patrimoine musulman-américain :

Capture d’écran

Même ça, ce n’est pas honteux en soi. Selon le texte, « Les musulmans-américains ont un impact important sur notre paysage politique. » C’est un choix de mots époustouflant, « impact », surtout dans le New York, mais c’est l’annonce de la fête pour le soir-même qui est la honte nationale :

Capture d’écran

Ça dit : « Ces 16 sites emblématiques seront illuminés en vert à l’honneur du mois du patrimoine musulman-anéricain : 1 World Trade Center… ». Dit autrement, le tout premier site mentionné est exactement le bâtiment construit pour remplacer le World Trade Center original.

Parce que je voulais être juste, j’ai vérifié d’autres fois où des sites ont été illuminés à l’honneur de telle ou telle raison. Ce sont largement les mêmes choix à chaque fois : Memorial Day, la Ryder Cup, la Fête du travail (liens en anglais). Je devinerai donc que personne n’a pensé au problème — à partir de Mme le gouverneur.

Mais je suis bouche bée. Ce n’était pas les boudhistes qui ont fait tomber les « Twin Towers. » Ce n’était pas les israéliens — même s’il y a plein de complotistes qui disent ça. Ce n’était même pas le club de tricoteuses d’East Teaneck, dans le New Jersey. Illuminer le nouveau World Trade Center dans exactement la couleur des destructeurs de l’ancien n’est pas une façon de montrer que l’on s’entend avec l’Islam. C’est une façon de leur dire que nous avons soumis.

La planification

Je vous ai dit dans le bilan de l’année 2025 que je vais accueillir des invités chez moi dimanche. Puisque j’essaie de garder un ton optimiste pour les bilans, je ne vous ai pas dit que je suis désormais en plein panique. Heureusement, vous êtes tous ici pour aider avec la planification.

C'est une salle à manger avec un surtout de table en métal argenté de Christofle. Les murs sont dorés comme on trouve souvent dans les palais, Les sièges sont en cuir et en bois, et il y a trois candélabre à 10 branches devant la fenêtre, elle même recouverte d'un rideau blanc.
Salle à manger au palais du Louvre, Photo par Thomon, CC BY-SA 4.0

D’habitude, quand je vais chez les autres pour les événements de l’OCA, il y a de la musique. Pas très forte, afin de ne pas interrompre les conversations, mais quand même. Je dois vous dire, c’est plutôt étranger à moi, parce que je ne joue jamais de la musique comme fond sonore. Si je l’écoute, c’est tout ce que je fais. En voiture, évidemment c’est plus important à faire attention à la route — raison pour laquelle je préfère Les Grosses Têtes en voiture !

Alors, je dois rassembler une liste de lecture, ou comme dites vous les anglophones, une playlist. J’imagine que 3 heures de contenus suffisent. Mais rien ne devrait être trop bruyant. Pas d’Alice et June, pas des Histoires d’A. Il me semble que j’ai une belle demi-heure d’Indochine acoustique pour ça — quelques chansons enregistrées du concert à la Tour Montparnasse, des trucs de l’album Singles Collection, peut-être que « Le Lac » n’est pas trop bruyant. J’ai l’intégrale de Marie Laforêt, ainsi que celle de Téléphone, et tout l’album de Véronique Sanson, « De l’autre côté de mon rêve ». Il y aura du Sandrine Mallick et du Nicolas Moro. Je n’hésiterai pas à emprunter aux 30 Ans de Taratata, surtout pour les représentations d’Eddy Mitchell. Il y a un peu des Rita Mitsouko que je peux utiliser, comme 1928 de l’album La Femme Trombone, ou Même Si de l’album Variété. Mais je me sens comme si j’en ai besoin de plus. Vos suggestions sont les bienvenues !

Il me faudra avoir quelque chose pour grignoter avant d’aller à table, j’imagine. Un américain servirait un plateau de fromage et de biscuits salés avant le dîner. Mais j’ai l’impression que le fromage est toujours entre le plat principal et le dessert en France. Je ne veux pas faire un faux pas !

Les boissons posent un problème. Je n’ai pas l’habitude de boire que de l’eau et du thé glacé sans sucre. J’aurai une bouteille de vin blanc, et j’ai dit à un des deux couples qu’un vin rouge sera le bienvenu s’ils veulent apporter quelque chose. Mais je ne sais pas quoi servir d’autre. Je ne vois que très peu de sodas aux événements de l’OCA. C’est toujours du vin et de l’eau. Y a-t/il un autre bon choix non-alcoolisé ?

Au fil du Tour, je ne dirais pas que j’étais paresseux quant aux accompagnements, mais je ne faisais pas trop car les dîners étaient tous pour une personne. Le plat principal sera (je gâche la surprise pour vous, mais pas pour les invités) le thon à la basquaise. Je n’ai plus de riz de Camargue, mais je ne crois pas que ce soit le bon accompagnement non plus. L’écrasé de panais était une star du Tour, mais peut-être pas avec du thon. Vos suggestions sont aussi les bienvenues pour ça !

Quant au pain, doit-il être une baguette, ou puis-je servir un pain de mie maison ? J’en ai un bon du livre d’Apollonia Poilâne, mais mes baguettes ne sont pas à la hauteur. Il me faudrait en acheter. C’est quoi le bon choix ?

Comme vous pouvez voir, j’ai pensé principalement au menu, mais vu que je ne suis pas trop expérimenté en accueillant des invités en général, et surtout des Français, il y a des détails qui m’échappent !

Le bilan de l’année 2025

C’est encore une fois le dernier jour de l’année, donc le temps pour revisiter le meilleur d’Un Coup de Foudre en 2025.

Bilan de 2025 : madeleines à l’orange et au chocolat, la boulangerie Boudin à San Francisco, le vignoble Guglielmo à Morgan Hill, la bûche truffe framboise, et le gâteau ardéchois de Millina

Comme d’habitude, on commence avec le trafic. Je vous ai dit à la fin de 2024 que j’ai toujours mon « but réaliste » et mon « but de rêve ». Je croyais qu’un but réaliste serait une croissance de 20 %, ou 60 000 vues, et de rêve serait 75 000 vues, une deuxième année de suite de croissance à 50 %. J’ai raté ça, mais j’ai quand même atteint 40 %, avec plus de 70 000 vues cette année de la part de plus de 44 000 visiteurs.

Capture d'écran des statistiques pour 2025 : 70 620 vues, 44 500 visiteurs, 7 746 mentions j'aime et 4 136 commentaires.

À noter, ça représente une augmentation entièrement de trafic venant des moteurs de recherche. La moitié de cette croissance est due à la star du blog, Les Blagues de la Semaine. Les autres chiffres qui témoignent à la taille de la communauté sont grosso modo pareils — 4 100 commentaires contre 3 900 ; 7 700 mentions j’aime contre 7 300. Je ne m’en plains pas, mais j’aimerais toujours que la communauté ici agrandisse. (C’est mon côté impérialiste, évidemment.)

Avant de continuer, je dois vous dire que 2025 se termine sur la meilleure nouvelle que j’aie eu cette année. Ça fait littéralement 10 ans depuis la dernière fois où j’ai accueilli des invités chez moi. Dimanche soir, deux couples de l’OCA viendront dîner chez moi. J’accepte depuis longtemps que les Américains ont fait leur choix sur moi, même si je crois qu’ils ont tort. Les Français, en revanche, m’ont accepté, autant dans le comte d’Orange que sur Internet, et je serai ravi de montrer enfin à quel point je l’apprécie. Le menu sera composé de deux des plats mentionnés dans le Grand Bilan du Tour ; le dessert sera la bûche truffe framboise, car je considère que j’ai appris des leçons en faisant la première, et elle sera améliorée. Je le dis souvent, c’est bon de me connaître.

Le grand projet de l’année, c’était d’écrire le livre du Tour, un projet qui a mangé grosso modo les 7 premiers mois de 2025. Je l’avais commencé en janvier 2023, mais c’était seulement avec les derniers mots du Tour que je me suis vraiment mis à la tâche. Je le considère à la fois une réussite et un échec à ce point. Côté réussite, j’aimerais bien voir le nombre de personnes qui écrivent un livre de 268 pages dans sa quatrième langue 5 ans après sa première leçon. Côté échec, il ne me reste pas beaucoup de maisons d’édition du premier groupe de tentatives. Il me reste certaines cartes à jouer à cet égard, et j’ai pris une décision de ne pas les tenter qu’en janvier, afin de ne pas être perdu à cause des fêtes de fin d’année. Ça dit, c’est évident que le livre ne sortira pas chez Les Arènes, ou chez Flammarion, ou chez Gallimard, mes éditions de rêve. Calmann-Lévy n’a jamais été qu’un coup de tête, même si à mon avis, certains livres montrent qu’en fait, mes contenus ne sont pas trop banaux pour l’éditeur de Proust. Et cet autre livre me laisse un peu douteux sur les priorités chez Fayard. D’accord, c’est les noms qui les vendent, et là, je n’ai rien par rapport aux hommes politiques les mieux connus du pays. Cependant, j’ai quelque chose à dire sur littéralement tous les Français, et toujours de façon positive, et c’est le manque d’accueil pour ça qui me rend un peu déçu.

Mais même là, ce dont je me souviendrai à jamais, c’est le nombre de personnes qui m’ont aidé à relire le livre. Quand j’écris que l’accueil des Français n’est rien d’autre que la meilleure expérience de ma vie, c’est la vérité. J’espérais trouver 5 ou 6 bénévoles, pas une quinzaine.

À vrai dire, je suis un peu déçu par le nombre faible de films vus et l’absence complète de livres terminés cette année (au-delà du premier tome de La Recherche). Ce n’était pas complètement exprès — le médicament qui vient d’être réduit avait des conséquences plus graves que vous ne le savez, et entre le livre et le déménagement, il y avait moins de temps que d’habitude. Mais trois films, après l’année où j’ai fêté mes 100 films, ce n’était pas planifié du tout. Heureusement, ils étaient tous de qualité : Le Comte de Monte-Cristo, Le Clan des Siciliens et Monsieur Aznavour. Je croyais que je terminerais au moins deux tomes de Guy-Roger Duvert cette année — il y en a plus que ça sur mon appli Kindle qui m’attendent, et j’aimerais vous rassurer que je n’ai pas changé d’avis sur lui du tout. Il en reste d’autres qui m’attendent aussi. J’espère que 2026 verra un retour aux sources ici, parce qu’atteindre un niveau suffisant pour lire des romans entiers pour adultes, c’était l’un des plus grands plaisirs de ma vie.

Mais même ici, il faut ajouter que le projet Dimanche avec Marcel est devenu un grand succès, et plus que ça, quelque chose d’important, de façon inattendue. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en plongeant dans cet univers pour la deuxième fois de ma vie. J’essaie toujours de me comporter de façon respectueuse en tout ce qui concerne la France, mais ici, j’ai laissé mon côté râleur prend la parole, et je crois que c’était en fait le bon choix. Je ne me considère pas du tout béotien — je suis la même personne qui a lu Hegel et Machiavel pendant un mois de vacances d’hiver à la fac, sans aucun rapport avec un cours à venir. Cependant, il y a plein d’études sérieuses de Proust pour ceux qui en ont envie, et le monde peut supporter une analyse qui jette un œil exaspéré sur les bêtises du narrateur et les prétentions de sa société. Je dis partout que ce blog est sur ma France, et ça veut dire une bonne dose de ma personnalité un peu inhabituelle.

Au fait, savez-vous pourquoi c’est Dimanche avec Marcel ? Il y avait une comédie musicale américaine, Sunday in the Park with George (Dimanche au parc avec George), inspiré par la vie de Georges Seurat. Le lien est en français et explique tout. J’ai toujours adoré le titre, d’où ce choix.

Il n’y avait pas de voyage important cette année, mais je crois que les récits de San Francisco et les producteurs du centre californien étaient bien appréciées.

Il y avait beaucoup moins de recettes que d’habitude, aussi une conséquence de mes préoccupations littéraires. Sur le tableau de bord du blog, je peux voir qu’il n’y a qu’une page et demi d’entrées dans la catégorie de recettes, où il y en avait 2 1/2 – 3 pour chacune des années précedentes. En partie, c’est parce qu’avec la fin du Tour, il y a moins de pression à cuisiner. Il y aussi des demandes pour revisiter certains desserts bien-aimés pour l’OCA. Mais j’ai raté mon but de cuisiner des plats de la francophonie. Il y a un plat en particulier dont j’ai envie de le faire pour vous depuis trois ans déjà, car c’est l’un de mes préférés au monde entier, mais aussi parce qu’il fera plaisir à l’une des personnes les plus importantes pour moi.

Je mentionnerai quand même quelques points forts. Le macaron Saint-Valentin, un classique du blog depuis 4 années, est devenu un gâteau, l’un des produits phares de ma cuisine. Les madeleines à l’orange et au chocolat conçues pour Dimanche avec Marcel sont bien élégantes. J’ai fait le vrai king cake de la Nouvelle-Orléans, un moment important pour les copains de classe de La Fille. Le gâteau ardéchois de Millina était une réussite énorme parmi mes amis expatriés. Et même si je crois qu’il restait des choses à améliorer chez la bûche Truffe framboise, la vérité est que je sais qu’elle prendra sa place aux côtés de l’autre grande bûche du blog, la Riviera.

On finit toujours avec un œil jeté sur les chemins des internautes vers ce blog. Selon Google, les internautes ont vu des liens vers ici 2,26 millions de fois — mais n’ont cliqué que de 35,3 milliers de fois. Ouf :

Ça dit, il n’y a plus besoin même de mentionner les brouteurs ou les vies privées de certaines chanteuses. De loin, la vedette des vedettes est la page de blagues :

7 pages les plus populaires selon Google : les blagues, un article sur l'identité des Salingers (enfin, Indochine), l'expression « un meurtre de corbeaux », le sandwich américain dit "French dip", les recettes des macarons de Boulay et du fion vendéen, et finalement, « la règle de 6-6-6 », sur les rencontres.

Les blagues sont 6x plus populaires que l’article le plus populaire de tous les temps, sur l’identité secrète des « Salingers », en réalité un projet d’Indochine. Et 16x plus populaire qu’un article sur le phénomène le plus détesté sur les applis des rencontres !

Si on m’avait dit que je serais connu pour des blagues, j’aurais dit que c’était la plus grosse blague de tout ! Mais comme je disais quand j’étais le chouchou des brouteurs, on ne peut pas choisir la façon de sa renommée. J’apprécie que c’est au moins la récompense pour rendre ce blog et sa balado plus accessibles aux sourds. Avec ça, comme je dis à la fin de chaque épisode, merci de m’avoir lu, je vous adore tous, et on se reverra en 2026 !

Les bonnes résolutions du nouvel an

C’est la fin de l’année, et demain sera notre bilan habituel, avec des statistiques, des souvenirs, des remerciements, etc. Avant ça, je veux réfléchir un peu.

Je n’ai pas l’habitude de faire des résolutions. Je trouve que j’ai du mal à les suivre, et qu’elles sont très stressantes. Néanmoins, je fais attention à mes propres comportements — peut-être trop — et il y a toujours quelque chose pour critiquer. ([FINALEMENT ! — Mon ex-belle-famille])

J’aimerais critiquer moins mes compatriotes ici. Ce n’est pas parce que je me suis réveillé un jour et me suis dit : « Ah, Ben Franklin avait raison. Ça ira. » C’est plutôt qu’en écrivant mon livre, et en le relisant, je me suis souvenu de pourquoi j’ai arrêté de faire attention à Sebastian Marx. Je n’étais pas heureux de son jeu de trouver sa place en France en se moquant des États-Unis. J’ai lancé ce blog sur le propos que j’étais ici pour partager les Bonnes Nouvelles sur la France, plutôt que pour râler sur les États-Unis. Ne vous méprenez pas sur ce que je dis : j’ai des plaintes. Comme j’ai des plaintes. Mais je dois vivre ici pendant au moins trois ans de plus, et ce n’est pas bon pour le moral.

J’aimerais me critiquer un peu moins. C’est plus difficile qu’il ne le semble. Une belle partie de l’humour du blog, ainsi que de ce qui se passe dans les coulisses, part de l’idée que tout le monde — que ce soit La Fille, M. Descarottes, même mes deux peluches (je ne plaisante pas ; vous les rencontrerez en janvier) — a une dent contre moi. Ça vient du pire conseil que j’ai jamais reçu au lycée, de me moquer plus de moi-même — c’est devenu une partie importante de ma personnalité. Mais ce n’est pas bon pour le moral non plus.

J’aimerais lire moins de choses négatives. Il y a un néologisme en anglais, « doomscrolling », qui veut dire être accroché à lire de mauvaises nouvelles. J’en suis aussi coupable que n’importe qui. Une partie de ça vient de mes méthodes pour rechercher les Bonnes Nouvelles pour la balado, parce que la vie est drôle comme ça. Mais j’ai la même habitude en anglais. Et ce n’est pas bon pour le moral

J’aimerais faire mieux avec mes projets caritatifs. Il y a les dons de sang, les cartes postales et depuis l’année dernière, Podcasthon. Je me sens comme si je pourrais faire mieux. Je donne déjà autant de sang que possible. Mais j’espérais augmenter mes efforts dans les autre cas, et j’ai raté ce but cette année.

Alors, ce sont mes bonnes résolutions. Je ne veux pas faire de promesses à leur égard. Mais j’aimerais toujours faire mieux.

La tradition

Je ne sais pas vous, cher lecteur, mais parfois, après des heures debout en cuisine avant Noël, je suis épuisé. (Et au cas où ce ne serait pas clair, je pense à Jours d’humeur.) Alors, plutôt qu’avoir grand-chose aujourd’hui, juste l’histoire d’une tradition de Noël.

Notre tradition familiale date des 3 ans de La Fille. Nous étions à South Coast Plaza, le grand centre commercial de notre région (voici mon tour en français), elle a vu Santa Claus là pour des photos avec les enfants, et elle m’a dit « Je veux que le Père Noël me serre dans ses bras. » (En anglais. Soyons raisonnables.) Elle ne voulait rien demander, juste ça. J’ai les photos, mais comme vous savez, je suis interdit par sa mère de publier des photos d’elle en ligne. Mais j’étais presque déçu qu’elle ne voulait rien, alors je lui ai dit « Tu sais quoi ? Quand un enfant est vraiment sage, le Père Noël lui donne un chocolat énorme. »

La veille de cette ce Noël-là, nous avons fait des brownies, et en a laissé deux sur une petite assiette avec un verre de lait. Voici le moule :

C'est un moule jetable en aluminium avec des brownies, recouverts avec des pépites de chocolat partout.

Le matin de Noël, je l’ai réveillée et elle m’a demandé, « Peut-on voir si le Père Noël nous a apporté un cadeau ? » Quand elle a vu une assiette avec juste quelques miettes, ainsi qu’un cadeau emballé, elle a dit « Le Père Noël l’a adoré ! » Voici le cadeau :

Carton d'un Hershey Kiss de 200 grammes, visible car un côté est en plastique translucide.

C’est un Hershey’s Kiss géant de 200 grammes (normalement, ils font 5 grammes). Elle a dit : « Le chocolat ! Je l’ai gagné ! » et une fois goûté, « J’aime le Père Noël ! » Depuis ce temps-là, chaque année, nous faisons quelque chose pour le Père Noël, et il apporte toujours un Hershey’s Kiss géant, souvent avec d’autres choses.

Pour info, pendant 6 ans, à travers nos deux cobayes, il y avait toujours un cadeau pour eux, avec l’emballage signé « Rudolphe le renne au nez rouge ». J’avais acheté un cadeau pour M. Descarottes l’année dernière, mais il est mort avant Noël.

Ces dernières années, il est devenu difficile de maintenir cette tradition. Hershey’s continue de produire le bon chocolat ; le problème se trouve dans nos magasins — aucun ne le stocke plus. L’année dernière, j’ai dû lui donner 3 petits Hershey’s Kisses de 50 grammes chacun, car c’était tout ce qui se vendait dans les magasins. Et cette année, je n’ai même pas vu ces derniers, juste des sacs avec les bonbons de 5 grammes. Mais je m’attendais à ça, alors, j’ai commandé à Hershey’s en ligne. Et cette fois, c’était un monstre de 454 grammes (1 livre) :

Mais nous sommes loin des jours où je devais tout faire en cuisine. Cette année, La Fille m’a dit « Je veux faire les cookies pour le Père Noël. » Et elle a choisi une recette de Péla pour ça, ses « cookies américains ». Tout ce que j’ai fait, c’était de casser les œufs et enfourner et sortir les cookies du four. C’est autrement son travail à elle. Voici des photos :

Boudin de pâte à cookies, tranché en 14 tranches de 1,5 cm chacune
9 cookies sur un Silpat, prêts à enfourner
Assiette pleine de cookies aux pépites de chocolat, 14 au total
Vue en gros plan de plusieurs cookies ; deux sont en haut, des parties de 4 autres sont visibles en bas.

Ça dit, certaines choses ont changé depuis le début en 2013. Elle me dit « Je sais que tu es Santa », et bien que je le nie vivement, elle ne me croit pas. Mais après avoir reçu son chocolat hier matin, ce qui l’attendait juste en bas de, euh, son bas de Noël, elle a dû avouer : « Je n’ai vu le rouleau de papier nulle part, et je n’ai rien entendu non plus. Je ne sais pas comment tu l’as fait, « le Père Noël ». »

Que puis-je dire ? Le Père Noël a ses secrets.

La visite du Père Nougat

Je vous ai promis que nous allions revenir sur ma visite chez Surfas ce week-end. Vraiment, qu’est-ce que je ferais sans 3-4 visites chez eux chaque année ? Alors, d’abord, voici mes achats, 109 $ au total :

Une boîte de poudre de cacao, deux barres de nougat de Montélimar, une bouteille de vanille liquide, 2 paquets de sachets roses d'Alsa, une boîte de sel guérandais et deux boîtes de crème de marrons

C’est, euh… pas beaucoup pour l’argent, me dites-vous. Et vous avez raison. En partie, c’est ce que j’appelle depuis le début du blog « l’impôt import » — bien avant cette année, tout ce que j’achetais de France avait déjà tendance à coûter entre 3 et 4 fois son prix chez Carrefour. Mais il y a un produit américain ici, la vanille liquide, qui coûte 40 $ pour ses 236 ml — c’est fait entièrement de vanille de Madagascar, alors je l’accepte. Qu’est-ce que tout ça coûterait chez Carrefour ?

Une boîte de 200 ml d’extrait de vanille Vahiné fait 6,15 €. 2 barres de 100 grammes de nougat Chabert et Guillot, le fabricant ici, n’est pas disponible — mais 1 barre de 200 grammes coûte 5,05 €. 16 sachets de levure chimique d’Alsa ? 1,60 €. 2 pots de 250 grammes de crème de marrons de Faugier ? 3,28 €. Et 454 grammes de poudre de cacao ? Dites-donc, c’est du Guittard, meilleur que Poulain ou la marque du magasin, alors allons chez Valrhona. Ils ne la vendent pas directement aux amateurs, mais Meilleur du Chef nous vendra 500 grammes pour 18,90 €. Ce panier fait 34,98 €. Si on échange ça en dollars pour faire la comparaison directe, c’est 41,18 $. 2,64 fois plus cher chez moi. Excusez-moi une seconde.

WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! C’est injuste, c’est vraiment trop injuste !

Merci, je ne me sens même pas un peu mieux, mais j’ai dû faire ça. De toute façon

Chaque décembre, on peut compter sur Surfas à vendre des produits européens qu’ils ne stockent pas d’habitude. C’est donc inutile de les chercher sur leur site web, mais j’ai de nombreuses photos.

En entrant, il y a plein de boîtes de truffes au chocolat de chez Mathez. À vrai dire, jamais goûtées, alors je ne connais pas le niveau de qualité :

Boîte dorée avec une photo de truffes au chocolat sur l'étiquette

Juste derrière ça, il y a quelque chose de spectaculaire, des pannetones signés Dolce et Gabbana, la maison italienne de mode. Évidemment, quelqu’un d’autre est le producteur, mais les boîtes sont dessinées par les créateurs. Les prix sont époustouflants — 85 $ chacun, mais la boîte est un « showstopper », comme on dit en anglais (mon dictionnaire le rend « clou d’un spectacle ») :

Pyramide de boîtes de panettone

Je ne connais pas non plus les palets de Pont-Aven, mais le site web est prometteur :

De petites boites rouges de palets de Pont-Aven, avec un dessin d'un couple qui danse. Du nougat entoure les palets.

On peut voir dans cette photo qu’il y a plein de nougat : du Chabert et Guillot à gauche, et un produit italien à droit.

Les produits vendus sous le nom Maxim’s, d’après le resto parisien, me semblent très touristiques. Je ne suis pas sûr qu’ils valent le coup, mais je ne dirais pas non si on m’en offrait un :

J’ai essayé de faire de pâtes de fruits d’Auvergne pour le Tour, mais trop difficile sans les bonnes purées Boiron (disponibles chez Surfas, mais pour des prix dignes de Louis Vuitton). Je goûterais cette marque si je n’avais pas épuisé mon budget :

Boîte ronde de pâtes de fruits aux fruits rouges, de la marque Cruzilles

Je ne vais pas mentir, j’ai trouvé les biscuits roses de Reims trop industriels. Mais ça sent la maison de les voir :

Je suis sûr que cette huile d’olive aux truffes noires est exactement ce qui promet l’étiquette. Mais rien ne fait peur comme les prix des produits aux truffes (sauf pour les œufs au début de l’année) :

Bouteille d'huile d'olive aux truffes noires.

Les pains d’épices de la marque Fortwemger m’ont gravement déçu il y a 3 ans. Mais des biscuits bonhommes m’ont quand même tenté :

Sacs de biscuits en forme de bonhommes

Ce gâteau de voyage au chocolat avait l’air très bon, et venait de Saint-Rémy-de-Provence. Mais je peux probablement faire pareil :

Gâteau de voyage sans son carton

J’ai découvert La Maison d’Armorine pendant le Tour. Les « cœur de celtes », des caramels au beurre salé recouverts de chocolat, ont l’air super. Mais, budget.

Boîte de caramels au beurre salé

Il y avait de nombreux panettones moins chers qu’en haut. Mais toujours 40 $. C’est un pain cher.

3 parfums de panettone

100 grammes de palmiers coûtent 6 $. Merci, mais sans cannelle, les orejas sont des palmiers. Je peux avoir 5 ou 6 fois cette quantité pour le même argent, faits maison :

Boîte de palmiers

Je n’avais pas de glacière avec moi, mais 16 $ pour 125 grammes de beurre est de la folie, même si ça vient de la Maison Bordier. C’est typiquement entre 4-5 € en France.

Du beurre Bordier au frigo.

Surfas est vraiment pour les pros. On y achète de l’huile d’olive ou du vinaigre 5 L à la fois :

Le choix de champignons est dingue :

Une douzaine de genres de champignons séchés

Vous ne connaissez probablement pas la sauce Sriracha (à gauche). C’est basé sur un produit thaïlandais, mais fabriqué à Los Angeles. La fumée de l’usine est si épicée que les voisins ont tenté un procès contre le fabricant (lien en anglais).

Deux genres de sauce piquante asiatique. La sriracha est dans une boîte grande mais de largeur étroite, avec des bouchons verts en plastique.

J’espérais trouver du sel de Camargue, ce que j’utilise dans ma cuisine. Malheureusement, il y avait de nombreux sels, mais largement de la fleur de sel, et largement de Guérande. C’est pour ça que j’ai fini par acheter du sel guérandais. (Maldon, aussi dans les photos, est britannique.)

Toute visite chez Surfas sans La Fille finit par un déjeuner chez Shamshiri Grill, mon resto persan préféré. Le kebab koobideh est le meilleur :

Deux kebabs de bœuf, du riz blanc à moitié coloré jaune avec du safran, deux tomates grillées et des oignons grillés

Il y avait du baklava et d’autres desserts persans sur le comptoir, mais j’ai déjà eu assez à manger !

Je ne quitte jamais Surfas sans dépenser, mais je suis toujours content d’y aller !

Final Fantasy V vaincu

Nous avons parlé en trois fois de l’expérience de jouer à Final Fantasy V en français (première, deuxième, troisième). Aujourd’hui, c’est la finale — nous discuterons la dernière partie et la récompense pour gagner, mais aussi quelques différences entre le vocabulaire du jeu en anglais et en français.

Comme je vous ai dit quand j’ai repris le jeu il y a quelques semaines, en 2021, j’avais réussi à atteindre la dernière étape du jeu, juste pour être facilement tué par un méchant beaucoup trop puissant pour moi. On pourrait dire « Mais Justin, c’est le genre de jeu où vous pouvez sauvegarder vos progrès et même quitter le donjon si c’est trop difficile. Pourquoi ne pas faire ça ? » Ah, mais vous voyez, on a parlé du problème que le monde change à plusieurs fois — et si on rate des trucs importants avant les changements, impossible de les récupérer plus tard.

C’est pourquoi, cette fois, j’ai utilisé — horreur ! — une solution écrite par quelqu’un d’autre (lien en anglais). J’ai honte, parce que ce jeu vient de l’époque quand un bon joueur pouvait vraiment tout explorer soi-même. (Le monde a bien changé avec Final Fantasy VII — il fallait acheter un guide imprimé, et depuis ce temps, c’est pareil pour beaucoup de jeux vidéo.)

Alors, nous sommes dans le donjon final, la « fissure interdimensionnelle » ouverte quand notre ami Exdeath a fusionné les deux mondes d’avant. Les règles de la physique telles que l’on les connaît sont suspendues — largement pour que ce donjon puisse récapituler tout ce qui s’est passé ailleurs.

Après un région désertique pour commencer, on se retrouve dans une forêt comme celle où Exdeath est né. Une fille charmante essaie de tuer le parti. Cette bataille n’est pas difficile :

Fille inconnue : « Cette forêt est si paisible... Pourquoi ne pas vous y reposer... pour l'éternité ! «

Dès que le parti sort de la forêt, il se trouve devant un château qui flotte dans les airs. Pourquoi flotte-t-il ? Ne posez pas de question — parce que c’est cool, c’est pourquoi !

Parti devant le château. Il y a évidemment du ciel partout au-dessous.

Le parti entre et se trouve dans un donjon. Là, après avoir battu plusieurs vieux sorciers, ils rencontrent une fille qui dit qu’elle y était prisonnière :

Elle part. Mais quand le parti atteint la salle du trône, il entend une voix :

Voix inconnue : «Vous pouvez essayer de fuir, mais vous n'irez pas bien loin... »

C’est la fille du donjon ! Apparemment, quand elle vous a embrassé pour l’avoir sauvée, c’était un piège. Elle se transforme en un homme portant une armure.

Il s’avère que l’homme s’appelle Halicarmasse, comme le jardin de l’Antiquité :

Homme : « Vous allez périr des mains du souverain de ce château, Halicarasse ! »

C’est ici où la solution a commencé à être utile. La dernière fois, je vous ai montré une bataille contre un mime. Je ne l’ai jamais battu avant, ou si je l’avais fait, je ne m’en souviens pas. Cette fois, j’ai fait maîtriser ses pouvoirs à trois membres du parti — ils pouvaient donc tous copier mes meilleures attaques. Avec ça, Halicarnasse a vite perdu.

On monte un escalier et le parti se retrouve en haut du château. Un dragon s’approche du parti. C’est Twintania. Je ne l’ai jamais battu avant. Cette fois, mes mimes l’ont vit tué avec le sort Météore. 3 fois par tour, c’est trop pour lui !

On affronte enfin Exdeath. Peu importe la quantité de temps passé en préparant, il vient d’avoir le pouvoir du néant :

Puis il fait quelque chose de vraiment effrayant. Il se transforme en arbre — car il est né dans la forêt !

Il jette un sacré sort, et tout semble perdu :

Exdeath : « Mouah ha, ha, ha... Et maintenant ! Vous allez périr à l'intérieur du néant ! »

C’est ici où les fantômes de vos prédécesseurs, les Guerriers de l’Aube, apparaissent pour vous encourager. Au fil du jeu, on les a regardés tous mourir.

Après ce moment touchant, nous revenons à nos arbres, et Exdeath dit que c’est pas grand-chose de perdre le néant, la source de ses pouvoirs :

La bataille finale commence. Exdeath se transforme en arbre plus… menaçant ?

Exdeath apparaît comme un tronc avec des racines qui s'entendaient partout.

Avec une bonne dose de Météore, trois fois par tour, il périt assez vite. Il y a un discours digne de la liste de clichés — « Non ! C’est impossible ! »

Le néant reste là, mais sans Exdeath, les fantômes s’en débarrassent en vous renvoyant au monde :

On revoit le parti un an après la bataille. C’est Krile, la petite-fille de Galuf qui l’a vu mourir aux mains d’Exdeath qui raconte ce qui s’est passé :

Krile : «C'est comme si notre combat n'avait été qu'un cauchemar...»

On voit les deux princesses qui ont été séparées pendant leur jeunesse réunies sur les trônes de leur royaume :

Krile : «Le chancelier de Tycoon a l'air heureux. »

Elle pense à hériter le royaume de son grand-père :

Krile : « Je pourrais devenir reine ! Ça n'arrivera jamais... Mais... je ne refuserais pas !»

Au début du jeu, Bartz, le personnage principal, voyageait avec un chocobo, un oiseau jaune assez grand pour monter comme un cheval. Son chocobo, Boko, a épousé un autre, Koko. Ils ont des enfants. C’est MIGNON !

Krile revient dans la forêt où son grand-père est mort. Elle pleure et dit qu’elle est maintenant toute seule. Mais elle a tort :

Bartz : « Qu'est-ce que tu racontes? Tu n'es pas seule. »

Elle réjouit de revoir ses amis du parti :

Krile : « Vous êtes tous venus ! »

Avec ça, les 4 amis partent pour de nouvelles aventures.

Trois membres du parti montent sur des chocobos, alors que Krile monte sur son dragon.

Il y a un message spécial pour le joueur à la fin des crédits, car c’est une reprise 30 ans après le jeu original :

Nous adressons nos plus profonds remerciements à tous nos fans à travers le monde, tant ceux d'hier que ceux d'aujourd'hui, ainsi qu'aux équipes dévouées qui ont contribué à façonner la version originale des jeux.

Et avec ça, c’est la fin du jeu. Il m’a fallu 20 ans pour atteindre ce moment. Final Fantasy V n’est pas à la hauteur de IV ou VI, mais j’ai toujours regretté que je ne pouvais pas le vaincre. Comme les développeurs, je vous remercie pour avoir supporté cette quête, parce que je sais que ce n’est pas typique des contenus ici. Il y a quelque chose de spécial, d’avoir vaincu ce jeu dans une nouvelle langue, après l’avoir raté dans la vieille — c’est un symbole d’une vie différente.

Ça dit The End, la fin.

Le visiteur inopportun

Je vais vous raconter l’histoire qui a complètement gâché ma vie d’antan. Je dois faire attention, parce que le fait que je suis le seul innocent dans cette histoire n’a rien à voir avec la question de qui est tenu responsable dans la vraie vie. Si ça a l’air ridicule, je vous rassure que le temps que ça finisse, vous serez d’accord avec moi.

Ma carrière s’est lancée en travaillant pour une entreprise géante dans le domaine de la défense (et malheureusement, pas dans le quartier du même nom). J’ai été embauché pour travailler sur des projets d’intelligence artificielle dans la lutte contre le terrorisme, avec des systèmes qui n’avaient rien à voir avec les réseaux neuronaux. Cependant, après 4 ans, la société a perdu le prochain contrat, et j’allais être viré pour manque de fonds. « Heureusement » (je dirais avec du recul que ce n’était pas le cas), au dernier moment, une autre division de l’entreprise a décidé de me garder pour travailler sur des projets banaux, le développement de sites web pour le gouvernement. J’aurais dû quitter ça, mais j’avais besoin de l’argent.

Je suis très doué en écrire des propositions pour le gouvernement, et après des mois sur de petits projets, j’ai écrit 2/3 d’une proposition qui valait 75 millions de dollars au fil de 5 ans. Naturellement, je n’ai même pas reçu un centime de prime pour cet effort, alors que le gérant a reçu 1 million pour l’avoir gagné. C’est bon d’être le patron, n’est-ce pas ?

L’important, c’est qu’il y avait trois bureaux qui finiraient par collaborer sur le travail : le mien à San Diego, un autre en Floride, et un dernier à Washington, D.C. Il faut toujours avoir un bureau à D.C., parce que c’est où habitent les clients.

Je ne peux rien dire sur le client ni les détails, mais après un an d’efforts, j’ai découvert qu’un document « écrit » par une employée dans le bureau à D.C. a été plagié. J’avais trouvé une erreur dans une partie sur les statistiques, recherché la bonne formule, et j’ai trouvé exactement son texte, copié-collé sans citation. Curieux, j’ai vérifié le reste, et c’était évidemment complètement le produit du plagiat.

J’ai passé un week-end de cauchemar en vérifiant tous les documents produits par ce bureau. Tout a été plagié, des centaines de pages, et l’on avait facturé 500 milliers de dollars au gouvernement pour les écrire.

Tout le monde était heureux de découvrir un employé fidèle et honnête qui n’acceptait pas la corruption, d’accord ?

HAHAHAHAHAHAHAHA… euh, non. Le seul cible des questions, c’était moi : « Pourquoi est-ce qu’il t’a fallu une année pour découvrir ça ? Qu’est-ce que tu caches ? Tu veux nous faire chanter, c’est ça ? » Balivernes — pour une chose, même si j’étais ce genre de personne, le gérant du bureau en question n’était pas le type qui avait mangé mon prime. Autre chose, j’ai découvert ça par hasard — 4 personnes avaient relu tous les documents produits par ce bureau sans rien découvrir. Si une chose n’avait pas attrapé mon œil, rien n’aurait été découvert.

Mais je comprends, même si je le trouve dégoûtant. Si le client savait ce qui s’est passé, nous perdrions le contrat, et une cinquantaine de personne perdraient leur travail. Mieux vaut me faire quitter l’entreprise que risquer la vie de beaucoup de monde qui n’a rien fait.

J’ai embauché un avocat, qui m’a aidé à me protéger, mais il n’y a jamais eu un processus. 9 mois plus tard, j’ai quitté mon boulot pour fonder un start-up. C’est une autre histoire, mais avec ça, tout est parti en vrille : le divorce, d’autres start-ups, rien de bon. J’évoque tout ça afin d’expliquer pourquoi j’ai une dent contre le plagiat et les tricheurs.

Hier, ceci est arrivé :

Liste de vues avec Le pastis gascon en tête avec 89 vues, puis mon article du jour avec 35, puis les blagues avec 30.

On aime vraiment le pastis gascon, hein ? Ce genre de truc arrive de temps en temps ; je crois qu’il s’agit de robots qui deviennent coincés pour des raisons inconnues. Honnêtement, je m’en fiche. Mais quelque chose de pire est arrivé ; il était censé être 464 visiteurs uniques, mais on voit :

Ben, s’il s’agissait de moteurs de recherche, peut-être que c’était une araignée. Mais ça n’explique que 40 % du trafic. Et quand je vois ça :

Liste de visiteurs par pays; les États-Unis en tête avec 243, suivis de la France avec 203.

C’est évident que le trafic n’a rien de francophone — il n’y a guère de vrais lecteurs aux États-Unis. Pire, au-delà du pastis :

Il me semble que l’on téléchargeait le Tour en gros. D’accord, quand il s’agit de Google, ça passe crème car j’espère avoir des visiteurs en résultat. Mais ce n’était pas Google, responsable de seulement 40 % des visites d’hier.

Je ne sais pas qui a fait ça, mais les IA ne sont pas les bienvenues. Elles n’envoient personne ici, et je n’apprécie pas du tout l’idée que l’on fait passer mon travail pour le sien. Pourtant, ça me semble l’explication la plus probable. Vos idées sont les bienvenues, c’est certain.

J’espère que vous comprendrez donc pourquoi ce sujet est si sensible pour moi.

Deux petites anecdotes

J’essaie sincèrement de ne plus écrire sur mon ex, surtout à cause de certaines choses comme ce soir, mais quelque chose d’hilarant est arrivé samedi, et il faut que je le partage.

Mais d’abord, ce soir. Il m’arrive souvent que je suis ici et là autour d’Elbe-en-Irvine ou d’Anguille-sous-Roche avec La Fille, et nous croisons quelqu’un ou autre qui nous connaît de l’église où mon ex et moi avions fait un accord légal pour éduquer la petite en religion. Et cette personne dira « Bonjour, La Fille ! » et fera semblant de ne pas me voir. Même si c’est moi qui répond. C’est exactement ce qui nous est arrivé ce soir en sortant du resto rapide où nous étions pour des burgers. Super, madame, ravi de vous voir aussi, et je ne savais même pas que vous me considériez comme un paria.

Je vous conseille de ne jamais signer un accord comme ça avec une autre personne. Tôt ou tard, tout le monde choisira un côté ou l’autre. Probablement tous le même côté.

Trois billets d’EuroMillions — en espagnol, anglais et français, Photo par joaquimalbalate, CC BY-SA 4.0

Ça nous amène à samedi. Contre toute attente, et je veux vraiment dire toute attente, l’équipe de football américain de notre lycée a bien réussi sa saison, et a atteint la finale du championnat de sa ligue. Ce qui voulait dire que la fanfare de La Fille devait jouer samedi soir. Les élèves dînent toujours ensemble au lycée avant de partir pour les matchs, et cette fois, mon ex et moi étions là ensemble pour aider à servir de la pizza aux élèves.

Peut-être que vous vous souvenez de la guerre pour que La Fille ait le droit de suivre des cours de français. Ou la lutte pour qu’elle saute une année car son niveau était trop avancé. Même si elle restait la meilleure élève après le saut. Oui, mon ex était fort opposée à la langue française, n’est-ce pas ?

Quelque chose a changé, car quand La Fille nous a rejoints pour le dîner, mon ex lui a dit, et je cite :

Je voudrais une bouteille d’acqua minérale.

Ben, elle a toujours du mal à différencier le français de l’italien — c’est « eau minérale », pas chérie — mais si vous pensiez que le jour arriverait où elle dirait « Je voudrais » en français, j’aimerais vous demander juste une chose :

QUELS SONT LES NUMÉROS GAGNANTS DE LA PROCHAINE LOTERIE ?