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Remplacé

D’habitude, je n’écris qu’une fois par jour, et ce post est, sans vergogne, largement pour rétablir mon horaire. Mais, je ne l’écrirais pas si quelque chose d’hilarant n’était pas arrivé !

Le nouveau robinet

Alors, la grande majorité de mécaniciens et gardiens en Californie du Sud sont des immigrés mexicains (ainsi que les cuisiniers dans les restos rapides, les jardiniers, les nettoyeurs à sec, et certains autres posts). En général, ils n’apprennent que la moindre quantité d’anglais dont ils ont besoin pour interagir avec leurs employeurs et leurs clients. D’où la polémique, mais je n’écris pas pour me lancer dans le sujet. Je le dis juste pour vous expliquer que le mec entré dans mon appartement pour réparer — enfin, remplacer — le robinet a eu trois appels téléphoniques pendant sa visite chez moi, tous en espagnol, tous sur haut-parleur.

Je ne dis jamais aux personnes qui ne le savent pas que je comprends leurs conversations dans d’autres langues. Si elles pensent que c’est la sécurité grâce à l’obscurité, elles méritent tout ce qui leur arrivent. Je ne ferai rien avec cette info, mais ce que j’ai clairement entendu pendant sa conversation avec une femme qui n’était pas évidemment une collègue, c’était (je traduis) :

Ne t’inquiète pas, l’époux n’est pas à la maison.

Époux est la traduction la plus exacte de « esposo », après tout. (Je dirais « mari » s’il avait dit « marido » — voilà, je reste en bonne forme.)

La polémique WordPress

Je ne crois pas que j’écrive ce post, mais je viens d’apprendre des choses sur un procès lié à WordPress qui pourrait poser des problèmes au futur pour ses utilisateurs. La plupart de mes sources sont en anglais, mais il s’avère que ce procès est maintenant bien connu parmi la presse francophone (au moins la partie consacrée à la technologie).

Détail de Boxing, from the Games and Sports series (N165) for Old Judge Cigarettes – print, issued by Goodwin & Company, Photo par The Metropolitan Museum of Art, Domaine public

Le contexte, c’est qu’il y a deux entreprises qui s’appellent « WordPress », avec des domaines presqu’identiques, wordpress.org et wordpress.com. La première est une association à but non-lucratif qui gère le logiciel dit WordPress. La deuxième est une entreprise dit « Automattic », un jeu de mots sur le nom de son fondateur, un certain Matt Mullenweg, qui était aussi co-fondateur de l’association. Automattic héberge tous les sites « wordpress.com », dont celui-ci, mais n’est pas le seul hébergeur disponible. En revanche, elle a une relation unique avec l’association, ayant le seul droit d’utiliser les marques et logos de WordPress sans limites. Pourtant, le changement pour renommer son appli « Jetpack » est venu du fait que même là, l’entreprise n’est pas censée se représenter comme le seul fournisseur du logiciel.

Le problème, c’est que l’autre grand spécialiste en hébergement de sites de WordPress, une entreprise dite « WP Engine » n’a jamais rien contribué au développement du logiciel WordPress. (Plus précisément, la quantité d’effort est minuscule par rapport à celle d’Automattic.) Mais le problème avec cela, c’est que WP Engine n’est pas obligé de contribuer au développement du logiciel. C’est « open source » (lien en français) ; c’est-à-dire que le logiciel n’est pas payant en soi, et n’importe qui peut le copier et l’utiliser à nouveau.

Selon le site Développez, ainsi que The Verge et Ars Technica (deux derniers en anglais), M. Mullenweg a exigé que WP Engine commence à payer 8 % des revenus à Automattic pour le droit d’utiliser le nom WordPress ainsi que le logo. WP Engine a dit « non », alors WordPress.org — l’association à but non-lucratif — a répondu par désactiver son droit d’accéder aux serveurs de l’association pour obtenir des mises à jour. WP Engine a lancé un procès contre Automattic, et de son tour, Automattic vient de faire démissionner 8 % de ses employés, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ses décisions.

Il y a un dicton parmi les avocats anglophones, et j’imagine que les francophones ont quelque chose de similaire : « Une partie qui se représente a une folle pour cliente ». On pourrait dire que c’est un dicton intéressé, car les avocats ne gagnent pas d’argent dans ce cas. Mais il y a de bonnes raisons en plus, et numéro un — je vous dis ça en tant que fils d’un avocat ainsi que quelqu’un qui a survécu deux procès avec mon ex — c’est que quoi que l’on dise peut être utilisé devant le tribunal. Ce qui dit son avocat, pas autant. Apparemment, personne n’a dit ça à M. Mullenweg.

Il participe à un fil sur le site Hacker News (en anglais) pour discuter le procès. Là, pendant les 3 derniers jours, il mentionne tout genre de conversation qu’il a eu avec des employés de WP Engine, dont Heather Brunner, la PDG de l’entreprise, qui il a essayé d’embaucher pour WordPress.org. Ça apparaîtra dans les documents rendus au juge, je vous rassure, mais présenter son côté en public comme ça, ça mettra de l’eau aux bouches des avocats de WP Engine !

On dirait que ces affaires n’impliquent pas directement les utilisateurs de WordPress.com, moi et vous tous. Mais si vous avez aimé le niveau de service aux clients jusqu’à ce point (il le dit avec un maximum de sarcasme), ça ne va pas s’améliorer avec 8 % des employés de moins. On va payer les frais des avocats pour ceci, et les revenus pour ça chez Automattic viennent des cotisations de sites comme celui-ci (je paye 96 $/année pour le plan « Premium »). Il n’est pas difficile à imaginer comment ça affectera les frais d’Automattic à l’avenir.

Je suis plus sympathique aux plaintes d’Automattic que vous ne le pensez. Ils font la grande majorité des travaux sur le logiciel open source. J’utilise tout genre de tel logiciel dans mon quotidien, et je comprends l’investissement. Mais cette histoire de 8 % des revenus d’un utilisateur, ça n’ira nulle part dans un tribunal américain, et il m’étonne qu’ils aient choisi ce chemin au début.

Les Craquantes

Aujourd’hui, j’ai quelque chose de complètement inattendu pour vous tous. Les deux lecteurs qui ont moins de 30 ans, vous n’aurez aucune idée de quoi je parle. Le reste d’entre vous vont me prendre pour un américain — non, encore plus que d’hab. Mais en vidant ma chambre chez mes parents récemment, j’ai trouvé quelque chose que j’avais égaré il y a des décennies.

Pendant les années 80, au-delà des Transformers et GI Joe, mon émission préférée à la télé était The Golden Girls, connue dans les pays francophones sous les noms Les Craquantes ou Carré de dames. À quel point c’était connu, je ne sais pas. J’ai horriblement du mal à trouver des clips en français, ce qui me dit que ce n’était pas la réussite énorme en France que c’était aux États-Unis. Et ça me rend perplexe, car les Français connaissent souvent des échecs aux États-Unis dont je ne m’en souviens pas du tout, comme Tonnerre mécanique ou Manimal. (On parle ici d’une émission qui a duré pendant 7 ans contre deux annulées pendant leur première année.)

Comment est-il arrivé qu’un garçon de 9 ans aimait une émission sur 3 dames âgées de 60 ans et une autre de 80 ans autant qu’une série sur des robots géants ? On parle de 4 actrices comiques de la télé qui étaient toutes bien-aimées du public avant le début de la série. Je ne les connaissais pas du tout de leurs séries des années 70, mais l’humour marchait d’une façon que même moi, je pouvais le comprendre.

Par exemple, une fois, les quatre sont dans un resto italien quand elles se rendent compte que les prix sont beaucoup plus chers qu’attendus. La plus vieille, Sophia, dit « Ne vous inquiétez pas, j’ai un vieux tour sicilien pour éviter les factures. » Elle verse du sel dans son vin puis appelle le serveur et commence à le gronder : « Dites-donc, est-on censé enlever les chaussettes avant d’écraser les raisins ? » Elles finissent par recevoir le dîner gratuitement !

Alors, pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? J’ai un cousin, Steven Haft, qui travaillait en tant que producteur chez Disney à l’époque. Peut-être que vous avez entendu parler d’un film qu’il a produit avec un humoriste, un certain Robin Williams, Le cercle des poètes disparus ? (À ne pas oublier, les producteurs ne sont pas les réalisateurs, mais plutôt des hommes d’affaires.) Deux de ses associés sur le film étaient Paul Witt et Tony Thomas, aussi des producteurs des Craquantes. Alors un beau jour en 1988, cette photo avec les autographes des stars est arrivée chez moi :

Haute résolution en cliquant

Mais ne me croyez pas complètement sur parole. Avec la photo, il y avait une lettre, adressée à mon père :

Je la traduis pour vous :

1er novembre, 1988

Bonjour Michael,

Diane (ma mère) me dit que les garçons sont de grands fans des « Craquantes ».

J’ai demandé à Paul Witt et Tony Thomas, mes amis qui produisent l’émission, obtenir ces photos signées personnellement.

J’espère qu’ils en profiteront.

Bisous à la famille, Steven

La papeterie dit « The Dead Poets Society » en bas, le titre en VO du film que j’ai mentionné avant. Quand on a un tel tube, on veut que tout le monde le sache !

Mon cousin et moi ne parlent que très rarement — il est de même âge que mes parents et habite sur la Côte Est. La relation est plutôt distante — on parle d’un cousin au troisième degré — mais oui, on se connaît. Peut-être qu’une autre fois, je vous raconterai plus d’histoires sur lui, car il est intéressant. Mais vu que j’ai enfin trouvé cette photo, j’ai la partager !

Oups

Hier, j’ai subi une dévitalisation pour la première — et j’espère la dernière — fois de ma vie. C’est une bonne chose que je n’ai pas dépensé le prix d’un billet d’avion pour voir Indochine, car entre ça et la couronne qui l’a suivi… l’argent pour une telle visite n’est plus là. Je ne suis pas dans le bon état pour finir mon billet sur la Guyane, et j’ai toujours du maaaaal à la joue et à la dent où la roulette a été passée, alors à cause du mauvais jugement qui va avec la douleur, j’écrirai sur mes regrets venant de la dernière soirée de tarot.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Pour être clair, je crois que je n’ai pas « brûlé mes ponts » comme on dit en anglais (c’est-à-dire mettre un terme à ses relations avec d’autres personnes, en général de façon dramatique). Mais si j’ai raison, c’est dû à ma différence culturelle préférée, que les Français sont beaucoup plus capables de vivre une différence d’avis. Je n’aurais jamais dit soit une chose soit l’autre en anglais à un groupe d’américains, surtout de californiens.

Je vous ai dit que vous connaissiez déjà l’un des deux secrets que je ne voulais pas révéler à ce groupe. Ce n’est pas la pire chose, c’est juste que je sais que personne au sein de l’OCA ne lit ce blog, alors je peux raconter mes mauvaises expériences ici, et je ne les mentionne jamais aux autres membres. Je parle en ce cas de « La Boulette ». J’espère que la raison sera assez évidente — je n’ai pas besoin de cafarder sur moi-même dans un groupe de connaissances en commun. Mais à l’instant, il me semblait que je n’avais pas de choix. J’explique.

Il y a très peu de personnes célibataires qui font partie de l’OCA. Soit on fait partie d’une jeune famille qui veut grandir ses enfants à l’étranger, soit on fait partie d’un vieux couple marié qui voulait prendre sa retraite ici. (Je ne vois surtout pas la logique de ce dernier groupe — les prix sont chers et la nourriture… — mais ça fait la plupart de mes connaissances.) Évidemment, des choses arrivent dans la vie — on divorce, quelqu’un meurt d’une maladie inattendue, etc. — mais en général, les gens qui sont là sont venus en couple.

Si j’ai tiré une leçon de La Boulette, c’était « défense de pécher dans cet étang ». J’ai rejoint l’OCA pour pratiquer la langue, et si j’offense qui que ce soit, je perdrai mon seul moyen d’interagir avec des natifs. Je sais que je n’ai même rien fait à cet égard, mais je dois rester au-dessus de tout soupçon. En revanche, en quelque sorte, tout le monde pense que c’était ma raison pour apprendre la langue ! Vous n’avez aucune idée de combien de monde m’ont demandé si c’était mon but. C’est souvent la deuxième ou troisième question que je reçois quand je raconte mon parcours à une nouvelle connaissance !

Dans ce cas, c’était un homme du groupe de tarot qui l’a évoqué. Devant une femme célibataire d’environ le même âge (je crois ; je ne demande jamais cette info !), pendant notre pause pour le dessert, il a suggéré que nous devions sortir ensemble parce que, et je le cite, « Pourquoi pas ? ».

Et oui, c’est assez logique ! On partage le tarot comme intérêt en commun, on se connaît depuis des années, elle ne coupe jamais mes desserts comme s’ils sont faits à base de choux de Bruxelles. C’est mieux que rien. Mais sans même un moment pour réfléchir, j’ai lancé « Jamais avec un membre de l’OCA ! » Puis j’ai expliqué que j’ai déjà évité le groupe de cinéphiles pendant six mois, car sur un malentendu, ça n’a pas du tout marché. (Je ne suis pas assez malin pour avoir dit ça au bon moment.) Au moins, je n’ai pas rendu le nom.

Je ne dis pas que j’allais faire autrement, mais j’imagine que ça n’aura rien fait du bien au cas où je changerais d’avis dans l’avenir.

L’autre chose, c’était que l’on s’est lancés dans une conversation sur la présidentielle de novembre. Je ne dirais jamais rien à d’autres américains sur le sujet. Mais dans ce groupe, j’ai partagé certaines des mêmes choses que vous avez entendues ici, mais encore plus fortement. Je n’ai pas envie de lancer dans une polémique ici, mais je vous préviens souvent que la bataille politique aux États-Unis est loin d’être le combat entre les bons et les méchants. Je n’oserais même pas dire autant en anglais.

Je dois vraiment me féliciter pour tout ça. Dans le cours d’une seule soirée, j’ai réussi à ouvrir la bouche sur deux choses dont j’essaye de les éviter à tout prix. Sans même avoir rien bu !

Je suis de retour

([M. Descarottes va bien, mais il a des choses à dire.])

Bonjour les amis, je vous ai manqué, je le sais ! Ne vous inquiétez pas, malgré le faible niveau de service aux clients chez le gros — c’est pas la FNAC ici — je ne vais nulle part.

Le gros m’a réveillé à 6h45 pour aller chez la vétérinaire. Ce serait hyper-énervant si les cobayes avaient l’habitude de dormir plus de 10 minutes à la fois, mais j’en ai quand même rälé. Quoi, je suis un cobaye qui parle français ! À quoi vous attendiez-vous exactement ?

Honnêtement, je ne me souviens pas trop de la suite. Ils m’ont laissé chez la vet à 7h45. La docteur Kumar est gentille et je la laisse me relever la première fois à chaque fois. Mais cette fois, elle m’a surpris avec une aiguille et après ça, je me suis endormi.

J’étais prêt à rentrer à partir de 15h30, mais c’est exactement le moment où la petite sort du lycée, alors j’ai dû patienter une demi-heure entière avant qu’ils ne me cherchent ! Pensez-vous que les Brockway accepteraient de tels délais ? Moi non plus.

La vet a donné au gros un sac en plastique de quelque chose de dégoûtant, de la nourriture Oxbow Critical Care. C’est grosso modo du foin en poudre qu’il faut mélanger avec de l’eau. À mes yeux, ça ressemble à un « dime bag » de marijuana (littéralement « sac à pièce de 10 centimes », mais en général un sac en plastique, rempli de drogues illégales, qui se vend pour 10 $). Comme j’aurais aimé qu’un policier le contrôle pendant le trajet — ça aurait été marrant !

Cependant — et je veux que vous pensiez désormais aux photos suivantes à chaque fois où le gros cuisine, hihihihi ! — il à dû préparer cette nourriture avec les mêmes ustensiles qu’il utilise pour tout autre chose ! Vous les reconnaîtrez de beaucoup d’autres recettes. En fait, j’insiste sur vous donner ma recette !

Les ingrédients de l’Oxbow Critical Care (1 cobaye) :

  • 1 cuillère à soupe de foin en poudre au goût d’anis
  • 2 cuillères à soupe d’eau froide, filtrée au frigo et non pas le bazar du robinet

Les instructions de l’Oxbow Critical Care :

  1. Dans une tasse utilisée pour tous les gâteaux des êtres humains, ajouter le foin en poudre.
  1. Y ajouter l’eau.
  1. Mélanger le tout avec une cuillère qu’un être humain va aussi mettre dans sa bouche. Laisser le cobaye rire follement.
  1. Verser le tout dans une seringue en plastique. Poursuivre votre cobaye préféré jusqu’à ce que vous soyez bien épuisé. BWAHAHAHAHAHA !

Voyage dans le temps

J’ai dû passer la journée à San Diego hier, suite à un ultimatum une demande de mes parents de vider mon ancienne chambre. On parlera plus tard sur certaines choses que j’y ai retrouvées. Mais La Fille y est allée avec moi, et pour la remercier, on a fait quelques choses que j’aimerais partager, des souvenirs de mon enfance.

D’abord, le trajet vers San Diego est toujours un cauchemar. Il y a une base militaire à côté de l’autoroute, Camp Pendleton, et malgré le fait qu’il n’y a aucun contrôle le long de ses bords, la vitesse descend à 20 km/h tout au long de cette partie du trajet. Le trafic ayant arrêté plusieurs fois, j’ai eu le temps de le prendre en photo :

Aimeriez-vous avoir un choc ? J’ai trouvé ma carte d’identité du lycée pendant ma 2e année (ça s’appelle « 10th grade » ici). J’avais 14 ans quand cette photo a été pris au début de l’année scolaire ; mon 15e anniversaire suivra 3 mois plus tard. J’avais toujours des cheveux, waaahhhh !

Pour le dîner, on est allés chez Filippi’s Pizza Grotto, la meilleure pizza de San Diego depuis 1950. De nos jours, c’est une chaîne avec une quinzaine de pizzerias (celle en bas ne date « que » de 1990). C’est pas cher, et même si le menu manque d’imagination, c’est un de mes souvenirs préférés.

Voici l’intérieur et la carte :

Sûrement vous voulez voir la pizza :

Je vous ai parlé avant d’Extraordinary Desserts, la meilleure pâtisserie de la Californie du Sud, non pas seulement San Diego. La pâtissière, Karen Krasne, a appris aux côtés de Gaston Lenôtre et Pierre Hermé eux-mêmes, et elle est pleinement à ce niveau. Un de ces quatre, il me faudra faire quelque chose de son livre pour vous. Vous vous demandez pourquoi j’aime les gâteaux compliqués ? Voilà :

On a mangé sur place. La Fille a commandé son gâteau « Truffe Framboise », et moi, j’ai eu le « Viking », un gâteau au chocolat avec des couches de crème brûlée et mousse au chocolat.

Malheureusement, le prix de parking est en flèche là. Anciennement, on pouvait se garer dans la rue. Ça coûtait 1 $/heure. Maintenant, il faut payer un parking, et ça coûte 20 $ pour jusqu’à 2-heures ! Mais avec un trajet de 260 km pour l’aller-retour, je ne voulais pas perdre l’opportunité de faire des choses pour remercier vraiment ma fille, sans qui ce boulot aurait été le pire.

Sebastian Marx au Théâtre Raymond Kabbaz

Ce soir, j’étais à Los Angeles pour quelque chose qui vous aurait surpris si je ne l’avais pas déjà mentionnée dans le gros-titre. Mais je vais quand même vous surprendre en bas. D’abord, mettons tout le monde à jour.

Quand j’ai commencé à apprendre le français en 2020, Facebook m’a suggéré des vidéos d’une humoriste, une certaine Swann Périssé, à partir de celle-ci (je garde des comptes rendus). Mais peu après, le réseau m’a présenté deux comédiens bilingues d’origine anglophone, Sebastian Marx et Paul Taylor. Rappelez que j’ai commencé le 29 mars ; on est seulement à deux mois après le début dans ce souvenir :

Lien à son post

Ceux qui lisent l’anglais me disent, « Justin, ce n’était pas le début ; c’est vous qui l’avez dit. Quelle était la vidéo pas tous publics ? » Ben, voici le bon lien. Honnêtement, il n’y a qu’un moment que je ne voulais pas qu’un fille de 10 ans voie — mais je ne voulais vraiment pas que ça arrive.

En 2021, je l’ai contacté dans l’espoir de voir son spectacle à Paris, mais son dernier spectacle a eu lieu le 18 juillet, et je n’y suis arrivé que le 21. Oups. Des jours plus tard, il m’a gravement déçu, car il est le genre d’expatrié américain qui dirait n’importe quoi sur le pays pour amuser les pires xénophobes. Si vous m’avez lu depuis un peu, vous savez que la chose qu’il ne faut pas mépriser autour de moi, c’est nos efforts pendant la SGM. Je suis prêt à écouter les critiques, mais les appeler inutiles, jamais. À ce point, j’ai arrêté de le suivre, en me disant que c’était quand même le bon temps de ne plus dépendre des bilingues.

Mais si vous avez lu un peu de ce blog, vous savez que je suis un nostalgique du premier rang. Alors quand j’ai entendu parler au spectacle de Philippine Delaire, qu’il passerait par Los Angeles, je l’ai noté sur le calendrier. Cependant, je me suis dit que je n’allais pas y aller tout seul. J’ai donc posté une annonce dans le groupe privé de l’OCA. Aucune réponse.

Il y a un mois, on m’a approché pendant une soirée pour me demander si j’avais déjà acheté un billet. Je lui ai dit non (la vérité), mais elle m’a dit qu’elle et son mari s’intéressait à faire du covoiturage si j’irais. C’était tout ce dont j’avais besoin d’entendre — j’ai tout de suite acheté un billet. Pour info, c’est un couple que je connais depuis deux ans déjà.

On est partis ensemble à 18h pour un spectacle qui a commencé à 20h. C’est comment on fait pour conduire 60 km quand on connaît le trafic californien. On a passé un bon moment en voiture — j’ai plein d’histoires dingues à raconter, et pour ma part, je suis toujours curieux à mieux comprendre pourquoi on quitterait volontairement la France. (Dans ce cas, il n’y a pas de tête empoêlée.)

Le spectacle a eu lieu au Théâtre Raymond Kabbaz, une partie du Lycée français de Los Angeles (les frais sont à couper le souffle). Il se passe que c’est exactement dans le quartier où je vivais, et je connais très bien l’adresse, même si je ne l’ai jamais visité.

Il y avait une petite collation servie avant le spectacle :

L’entrée s’appelle le « Foyer Jodie Foster ». Je la mentionne seulement car c’est l’américaine dont vous me parlez tous le plus dans vos courriels et messages privés. Je vous promets, je sais qu’elle parle français !

Je veux vous donner une meilleure vue du panneau au-dessus :

Voici la salle de spectacle :

Alors, le spectacle lui-même. Je pouvais tout comprendre — M. Marx a grosso modo le même accent que mes parents, tous étant nés au Nord-Est du pays. Il a duré deux heures, et il serait difficile de reconstruire ses blagues. Son humour reste plutôt « bleu » et pour les adultes.

À la fin, j’ai eu une opportunité pour prendre une photo ensemble avec. M. Marx. Je lui ai dit que j’avais appris le français en le regardant. Qu’est-ce qu’il m’a dit en réponse ? « Fallait pas faire ça ! »

Une note sur l’Outre-mer

On arrive enfin dans les départements de l’Outre-mer. Si un américain est censé croire que la France n’est que le 76, on est particulièrement loin de la France de mes compatriotes. À propos de ça, quelques observations.

Carte de toutes les départements et collectivités, Graphique par Superbenjamin, CC BY-SA 4.0

Le temps que j’aie publié le premier post du blog, je savais deja que le Tour comprendrait l’Outre-mer. Cependant, j’ai eu quelques conversations avec des américains avant le lancement qui m’ont dit que je devrais gagner du temps et l’ignorer. C’est fou de penser à « gagner du temps » pour un travail de 4 ans, même si je pensais à 2 ans à l’époque. Cependant, ce que j’ai dit en réponse était « Ce serait comme écrire sur les États-Unis sans l’Alaska et Hawaï. Ridicule. » Et pour être clair, il ne m’est jamais venu dans l’esprit de faire autrement. Or, je dirais maintenant qu’il y a un sens où mon analogie était fausse.

Il ne m’est pas difficile de voir le point de vue d’un américain, pour qui la France et Paris sont à peu près la même chose. Toute l’idée du Tour part du propos qu’il me fallait découvrir tout le pays pour moi-même, afin de prouver que je ne suis pas « comme ça ». Il s’est avéré que le trajet valait le coup en soi, même si mes sentiments sur le but sont encore plus compliqués qu’au début. Mais je crois que je ne dis rien de choquant si j’ajoute que jusqu’en 2020, j’avais la tête pleine de châteaux, de Jeanne d’Arc et de rois et non pas des Caraïbes (Bob Morane a vite réglé ça). Que même la Corse n’était qu’un détail historique sur la naissance de Napoléon.

Mais la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion — il y a un sens où ce ne sont pas les Hawaï français. J’avais l’impression que l’Outre-mer n’était pas très visible dans mes lectures ; j’ai donc fait une expérience. J’ai vérifié les 8 derniers numéros du Canard enchaîné, du 24 juillet jusqu’au 11 septembre. 4 des 8 ne mentionnent aucun département de l’Outre-mer. Celui du 14 août mentionne la Guadeloupe et La Réunion, mais seulement en tant que lieu de naissance d’un musicien et lieu de résidence d’un couple qui visitait pendant les JO. Deux numéros mentionnent seulement La Réunion, une fois dans chacun. Un numéro mentionne la Guyane et la Mayotte, une fois chacune. Ce n’est pas le cas aux États-Unis en ce qui concerne l’Alaska et Hawaï. Ce n’est pas à dire que les départements de l’Outre-mer sont moins valables, seulement que (par exemple), il est peu probable qu’il y ait un président de la République martiniquais ou mahorais comme on a eu un président hawaïen et un sénateur chargé du budget alaskain. Ils participent à l’Assemblée nationale, bien sûr, mais ça ne fait même pas deux décennies depuis la dernière fois où il y a eu des référendums sur l’autonomie (Guyane, Martinique). (Il reste une question de droits spéciaux pour les hawaïens autochtones — lien en anglais.)

Il y a d’autres différences, même si on n’a pas trop de raisons pour y penser quotidiennement. Les 5 départements de l’Outre-mer ne font pas partie de l’espace Schengen ; un visiteur européen va montrer son passeport en atterrissant, tout comme moi. Le traitement des langues régionales est très différent qu’aux États-Unis — il n’y a pas de langue officielle chez moi, et il n’y a pas officiellement d’autres langues officielles en France que le français. Mais les martiniquais ont adopté une loi pour reconnaître le créole de cette façon. Pour sa part, en Guyane, il y a une quarantaine de langues et environ 20 % des habitants font leur quotidienne en créole guyanais.

Pourtant, il y a des limites aux exceptions. J’ai fait des efforts pour découvrir si on pouvait passer un examen de permis de conduire dans une langue autre que le français — je n’arrive pas à trouver une preuve de ça, et je vous ai dit avant que je suis très admiratif à cet égard. Si on vérifie le site de France TV pour des chaînes spécialisées, celle dite « France 1 » est différente pour chaque département et territoire — et le reste sont les mêmes. « Meurtres à » a lieu uniquement en France, que ce soit à Lille ou sur la Basse-Terre. (Je m’attends à ce que l’intrigue reste exactement aussi prévisible. On appelle ça « l’égalité ».)

Je n’ai rien dit sur les collectivités à ce point. Évidemment, elles sont aussi la France, et je serais menteur si je disais que je les avais pris en compte quand le Tour a été conçu. Mais je considérerais qu’un Tour des États-Unis serait complet avec les 50 États et non pas le Porto Rico ou les Îles Mariannes du Nord. Rassurez-vous que j’ai des plans à cet égard. Ici, je me sens en territoire inconnu, de façon différente du Territoire de Belfort, mais je vous promets que dans la pleine mesure de mes moyens, les 5 départements de l’Outre-mer seront traités exactement comme tous les autres.

J’abandonne

Il y a 6 mois, je vous ai parlé d’une déception après une erreur stupide de ma part — je me suis laissé croire que quelqu’une qui m’intéressait sur une appli de rencontres répondrait si j’ai payé afin de lui écrire. D’habitude, je ne suis pas aussi arrogant que ça, mais je me suis dit, « Peut-être qu’une Française apprécierait un type qui parle sa langue et cuisine sa cuisine. » J’ai oublié que le type en question était moi, alors elle préférerait mourir plutôt que répondre. Je ne la blâme pas pour ça, même si j’étais contrarié qu’après plusieurs années sans payer un abonnement à Match.com, l’une des plus grande applis de ce genre aux États-Unis, j’aie eu un abonnement non désiré qui durerait 6 mois de plus.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

On est ici pour la même chose que quand je vous ai montré une vidéo où j’ai supprimé Duolingo, pour la mettre derrière moi. Cette fois, voici une vidéo où je supprime mon compte Match avant de supprimer l’appli ; la musique est celle de « Partie terminée » de Final Fantasy VII Remake :

Avec ça, je dis adieu à tout espoir d’avoir une relation romantique aux États-Unis. Il est impossible depuis longtemps de faire une demande de sortir à quelqu’une en live. Il faut utiliser les applis, où tous les problèmes de « la règle de 6-6-6 » s’imposent, et les chances sont très, très faibles.

Le truc le plus drôle, c’est qu’un observateur neutre aurait dit que les choses avaient finalement commencé à s’améliorer. En 2013, et vous n’êtes pas obligé de me croire, car je ne peux vous montrer aucune preuve, j’avais l’habitude d’ajouter certains profils à mes favoris, ce qui n’était pas un moyen de contact en soi. L’autre personne apprendrait que vous l’aviez fait, mais aucun message n’était échangé, et c’était différent d’une mention j’aime. Une seule personne m’a écrit après avoir vu que j’ai fait ça — et c’était pour me faire honte, car elle avait dit dans son profil qu’elle cherchait seulement des hommes sans enfants. Cette fonction n’existe plus — maintenant, il faut contacter quelqu’un dès que l’on le voit ou perdre l’opportunité. Quand je contactais d’autres personnes, je n’ai jamais une fois reçu une réponse.

De toute façon, je me suis retrouvé face à pas moins de 7 mentions j’aime à la fin cet abonnement. Pas besoin de me croire sur parole, mais j’ai caché les visages :

« Justin », vous me dites, « vous con ! Ça s’appelle une amélioration ! » Ce que vous ne pouvez pas voir de cette façon, c’est que toutes ces personnes ne parlent guère l’anglais et aucune ne parle le français. Je le sais par deux moyens. D’abord, il y avait très peu écrit dans leurs profils, et ce qui était là était horriblement mal écrit, façon « pas ma langue maternelle » plutôt que « j’écris comme dans un SMS ». L’autre, c’est que j’ai écrit au début du profil que je cherchais quelqu’une qui parle français, car je vous ai déjà dit il y a deux ans que personne n’a lu ça placé à la fin. Et pour être clair, j’avais déjà jeté tout autre demande.

Une fois pendant cet abonnement, j’ai répondu à un message qui a dit seulement « Hi » avec la question (en anglais), « Bonsoir, je ne le vois pas sur votre profil ; parlez-vous français ? » On a eu une conversation bizarre, car c’était surprenant pour elle — personne n’a rien lu, mais elles voulaient toutes les pâtisseries dans mes photos, j’en suis sûr. Il ne vous surprendra pas qu’elle a fini par me bloquer. Mais le lendemain, j’ai reçu cette note du site :

Après du bla-bla sur leurs travaux pour garantir la sécurité, ça dit « Nous venons de résilier l’abonnement de Lisa à cause de ce qui semble être du comportement frauduleux. » Oh super, la seule fois où je réponds, et c’est une arnaque ! Si la malchance n’existait pas, je n’aurais pas de chance.

La pire chose — et pas besoin de me croire car je ne fournirai jamais plus de détails — c’est que l’année dernière, la femme de mes rêves (oui, on se connaît) m’a demandé dans la vraie vie si j’aimerais l’épouser. Et j’ai dû mentir car elle était déjà mariée et je ne suis pas du tout ce genre d’homme, même s’il me semble que l’on taquine. Mais ça, c’est une autre histoire.

Le projet de La Fille

Ma fille est chez sa mère en ce moment (c’est comment j’ai pu faire mon dîner valdoisien il y a deux jours), mais juste avant de partir, elle a construit quelque chose et m’a dit de vous la montrer. Voilà :

Ah, cette scène vous est familière ? Voyons de plus près :

C’est l’Arc de Triomphe, avec plus de détails que ce qui restait visible pendant le temps de Christo. L’autre chose me semble juste un bâtiment haussmannien.

Ça, c’est le Grand Palais, ce que je n’ai toujours pas visité. Il faudra régler ça.

C’est assez le Louvre. Je ne m’en plaindrai pas. Avant qu’elle n’ait installé la pyramide, je pensais que c’était le Panthéon.

Pas besoin d’expliquer cette partie !

Une vue plus proche du bas.

Et Paris ne serait pas Paris sans le bâtiment préféré des habitants, n’est-ce pas ? Je ne comprends pas la polémique — Indochine y a joué la première fois où je les ai écoutés, et ça, c’est suffisant !

Il y a 649 Legos en total. Voici les instructions pour le bas :

La Tour Montparnasse est beaucoup plus compliqué qu’elle n’apparaisse :

Le Grand Palais était plutôt facile :

Mais c’est la Tour Eiffel qui exige les efforts, même juste en maquette.

Naturellement, elle m’avait fait promettre de vous montrer ses efforts. Comme si ça allait être difficile !