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Ayez les réfs

Il y a un groupe sur Facebook dont je fais partie, plein de parodies de Tintin. Beaucoup de leurs blagues suivent ce format :

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En fait, j’ai « la réf », parce que ce n’était vraiment pas si difficile à trouver. Mais je suis arrivé avec 18 ans de retard de trop pour l’avoir vu à son époque. Cependant, il me semble que sur ce blog, il y a ce problème à l’envers — l’auteur a une tête pleine de références possiblement inconnues aux lecteurs. Il me faut régler ça, au moins un peu. Alors, je vous offre mes excuses si vous connaissez déjà certaines — je ne sais pas ce que vous ne connaissez pas.

Le son du succès — Je dis souvent après avoir réussi quelque chose que j’entends le son du succès. En général, ça veut dire la musique de la victoire après une bataille dans la série de jeux vidéo Final Fantasy. Surtout le quatrième volet :

Parfois c’est-à-dire plutôt la musique du trésor d’Ocarina of Time. Mais ça fait 32 ans où j’ai cette musique dans la tête.

La plus grande histoire d’amour de tous les temps — Désolé mais ce n’est pas Josepha et Cruchot. C’est Cecil et Rosa, les protagonistes de Final Fantasy IV. J’ai joué ce jeu de zéro jusqu’à la fin plus que n’importe quel autre jeu, car je les adore plus que n’importe qui. Ce clip, produit pour son 20e anniversaire, est tout dont je rêve (mais aucune version du jeu le ressemble) :

La vieille chouette sage — Je mentionne parfois Maurice, le poisson rouge qui a poussé le bouchon trop loin. Pourtant, je l’ai adopté. La véritable référence de ce genre est la chouette dans cette pub des années 80. Personne ne sait combien de fois il faut lécher une sucette « Tootsie Pop » afin d’atteindre le bonbon au centre, car tout le monde la mord trop vite.

Alphonse et Gaston — Deux Français inconnus en France. Ils viennent d’une BD publié dans les journaux américains au début du XXe siècle. Le gag le mieux connu est que les deux se disent « Après toi » encore et encore et ne finissent jamais rien.

Alphonse et Gaston par Frederick Opper, Domaine public

Voici un indice — Je mentionne souvent La Guerre des robots, film de 1986. J’ai enfin trouvé un enregistrement en français pour vous montrer la réf. Les voix sont décevantes pour moi, et la traduction n’est pas super. Le méchant Megatron, trahi par son commandant en second, Starscream, devient le plus puissant robot Galvatron. Ici, il revient pour sa vengeance. En version anglaise, Starscream lui demande « C’est toi, Megatron ? » et Galvatron répond « Here’s a hint » (Voici un indice), puis Starscream le prend cher. En français, Galvatron dit plutôt « Oui mais plus fort qu’avant ».

Here’s Johnny ! — Un ami m’a parlé de regarder le film « Shining » de Stanley Kubrick. Je lui ai demandé s’il avait compris la référence derrière la réplique « Here’s Johnny! ». Il s’est avéré que cette réplique n’existe pas en VF. Alors : Michel Drucker se traduit en anglais par Johnny Carson. Johnny Carson a été l’animateur de l’émission « The Tonight Show » pendant des décennies. Il était remplacé par Jay Leno, puis Jimmy Fallon. De toute façon, Johnny Carson était toujours présenté comme ça :

Rue Sesame — « Sesame Street » aux États-Unis est l’ancêtre direct de l’Île aux Enfants. Mais l’émission est peu connue en France. Alors, bien que tous les Muppets (oui, dessinés par Jim Henson lui-même) soient des réfs importantes, les plus importants pour mes buts sont « Cookie Monster » (le Monstre aux cookies), « Count von Count » (littéralement, Comte von Compte) et « Oscar the Grouch » (Oscar le grincheux). Voici Cookie Monster en train de faire ses bêtises :

Pour sa part, le Comte est connu pour compter des choses une à la fois, en riant « Ah ah ah ! ».

Cette émission existe depuis les années 60 et reste toujours populaire, avec plusieurs milliers d’épisodes. La Fille l’a tant aimée en tant que bébé que beaucoup de ses chansons restent parmi le top 20 de ma bibliothèque iTunes, même 8 ans après la fin de son intérêt. Celles qui les dépassent font partie de mes playlists pour faire du vélo ! (J’ai perdu mes données avant 2011, et j’écoute Rush en dehors d’iTunes, alors cette liste est un peu trompeuse. Mais pas trop.) Comme toujours, ne me croyez pas sur parole — les « Pajanimals » sont une dérivée de Sesame Street par les mêmes producteurs :

Plus haute résolution en cliquant

Ceci est « The Bionic Jam » — on en parlera une autre fois.

Savoir est la moitié de la bataille — À la fin de chaque épisode de GI Joe, il y avait des messages d’intérêt public — n’acceptez rien des inconnus, souvenez-vous du numéro téléphonique de vos parents, etc. Chacun s’est terminé par le slogan « And knowing is half the battle », savoir est la moitié de la bataille. C’est le « My tailor is rich » de ma génération — tous les quarantenaires le reconnaîtront.

Il me semble que ce serait un super « tag » — quelles sont les références qui vous sont importantes ?

Ma catastrophe

([Aujourd’hui, une invitée prend la parole. — Justin])

Bonjour les ennemis, c’est moi L’Ex. Savez-vous quel jour il est ? Oui, c’est le 22e Jour de la Catastrophe comme dit Justin, mais c’est ma catastrophe de laquelle on parle. Ça fait des années où je lui donne la réplique ici ; pourtant, je n’ai jamais eu l’opportunité de vous dire la vérité. Sachez que tout ce qu’il dit est un mensonge — après tout, c’est lui qui vous dit tout le temps « Ne me croyez pas sur parole ». Peu importe s’il fournit toujours des liens avec ça — il n’a aucun sens de l’humour et il faut prendre tout ce qu’il dit au premier degré. C’est certainement ce que je fais.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

J’aimerais commencer par vous parler de ma plus grande farce, pour vous aider à voir que c’est moi qui a le vrai sens de l’humour hyper-raffiné. Nous sommes sortis ensemble pendant 4 ans avant de se marier (avec lui ! beurk !). Il me disait toujours que l’endroit dont il avait le plus envie de visiter au monde entier était…

L’Allenagne.

(Car il voulait que le fantôme de son leader préféré lui rende hommage.)

Quoi, vous ne me croyez pas ? Dites-donc, vous savez qu’il irait aux sites des nazis s’il allait en Allemagne. À mon avis, ce leader allemand n’était pas aussi diabolique que Justin. Mais nan, il me disait qu’il voulait visiter chez vous. Et sans vouloir trop offenser, vous êtes le genre de personnes qui sont ses amis, alors il faut comprendre que ça ne m’intéressait pas du tout. Alors, pendant les 7 premières années où nous étions mariés, je lui disais, « L’année prochaine, nous irons en France. Mais cette année, je veux aller ailleurs. » Et chaque année après la 1ère, il me demanderait, « Alors, cette année, pouvons-nous aller en France ? » Et je clignerais les yeux en murmurant « Ah non, chéri, l’année prochaine. Si tu m’aimes, on ira ailleurs cette fois. » Et il a mordu à l’hameçon à chaque fois ! Après le divorce, j’ai refusé chaque demande de sa part pour échanger la garde de La Fille pendant une décennie afin qu’il ne puisse aller en France encore plus longtemps que le mariage entier !

Hihihi, je suis si maligne, non ?

Mais en fait, je mérite aussi tout le crédit pour son blog. Si je n’avais pas fait ça, il n’aurait jamais été si désespéré, et n’aurait jamais tant étudié. Alors si vous aimez le lire — ce que je trouve impossible — vous devriez me remercier pour ça. Et si vous aimez le voir cuisiner, à genoux pour me remercier aussi. Une reine n’a pas le temps de cuisiner, alors il a dû l’apprendre chez nous (beurk !) en plus !

J’ai pensé à vous raconter la fois où il m’a acheté un collier pour la Fête des Mères, ce que j’ai dit au tribunal sous peine de parjure était la pire chose qui m’est arrivée à ses mains pendant 12 ans ensemble. Saviez-vous qu’il a fondé une start-up et qu’elle a échoué après trois ans ? Que pour la Saint-Valentin en 2004, il a essayé de préparer un dîner pour moi, et qu’après 8 heures, il a tout raté ? Et qu’en 2003, il avait mal compris une annonce du pilote quand nous avons volé en Jamaïque pour les vacances, alors nous avons passé 4 jours entiers avec nos montres une heure à l’avance du vrai fuseau horaire ?

Alors vous voyez maintenant comme j’ai souffert à ses mains. Si vous saviez qui était la seule personne qui a jamais nettoyé une toilette chez nous (« nous », beurk), vous seriez bouche bée le reste de la journée.

Mais ma souffrance atteindra sa fin en deux étapes. La meilleure arrivera en 2028, quand la garde partagée d’enfant atteindra sa fin, et je ne devrai plus jamais lui parler. L’autre étape arrive aujourd’hui. Je n’apparaîtrai plus jamais dans ces pages, et laisserai désormais la responsabilité de le critiquer à M. Descarottes. Il n’est pas aussi enthousiaste que moi, mais il aime parler le français, où mon combat était d’empêcher La Fille de l’apprendre.

Je vous dirais adieu, mais ce n’est pas mon souhait pour ses amis. Alors allez aux grenouilles ou quoi que ce soit. Je m’en fous !

([On n’a rien discuté, mais mon ex a raison. Ce sera sa dernière apparition sur Un Coup de Foudre. Même dans ce genre de commentaire. — Justin])

J’ai essayé

C’est encore une fois le temps pour ma plainte annuelle (2021, 2022, 2023) sur le seul sujet qui m’énerve presqu’autant que mon frère. Presque.

Pourquoi est-ce que je me suis embêté avec des milliers d’heures d’efforts ? Au moment de publication, j’aurai écrit 1326 articles de 732 mille mots en total, vu plus de 250 heures de films, cuisiné autant de recettes, et enregistré plus de 30 heures de la balado…désolé, podcast. J’ai fait un engagement tout au début, ce qui est bien connu parmi ceux qui sont ici depuis un moment, que tout serait en français ici. Et encore une fois après des vacances dans un pays francophone, je me demande pourquoi. Mais ça pique encore plus cette fois, car les racines du blog se trouvent au Québec.

J’ai pris très tôt une décision de ne pas utiliser aucun anglicisme où il y avait le moindre choix. J’aurais dit « fin de semaine » au lieu de week-end, mais un ami m’a vite persuadé que ça aurait l’air bien cinglé ([Enfin, plus cinglé — M. Descarottes]). Je résiste au maximum les emprunts superflus — je dis « réunion », pas « meeting » ; « responsable », pas « manager ». Et où les Français ont jété tout court l’éponge, je cherche toujours des mots québécois pour combler les écarts — « divulgâcheur » au lieu de « spoiler », « balado » au lieu de « podcast », etc.

Et pourquoi est-ce que je fais ça ? On croit aux États-Unis que les francophones — les Français, bien sûr, mais surtout les Québécois — ont une attitude plutôt mécontente en ce qui concerne la langue anglaise. Que vous nous croyez des impérialistes qui s’attendent à ce que tout le monde parle anglais. La dernière fois où le Québec a essayé de quitter le Canada est bien dans mes souvenirs vivants, ayant été lieu en 1995. Je n’exprime aucun avis sur le sujet de ce que ce soit une bonne idée ou pas, mais je comprends bien que ça part du sens que la promesse dun pays bilingue qui respecte sa culture est bien plus théorique que réelle. Je vois régulièrement qu’au Québec, même les noms des films en anglais sont traduits où ils passent sans plainte en France (par exemple, Die Hard 4 est sorti sous le nom Vis libre ou crève ; les films Matrix sont devenus « La Matrice »). Je suis sensible à ce genre de signal.

Je suis bien au courant qu’en famille avec des anglophones purs et durs, ce voyage n’allait jamais marcher comme je l’aurais espéré tout seul. Surtout car il est devenu important à mon frère de parler au-dessus de moi et d’écraser mes efforts dès le départ — une personne normale serait ravie d’avoir quelqu’un qui connaît la langue locale, mais il lui fait plus plaisir de m’embêter comme ça. N’importe quoi. Ce qui compte, c’est que j’ai su qu’il me fallait l’accepter aux repas ainsi que d’autres fois.

Mais enfin, je ne peux pas faire pour vous ce dont vous n’avez pas envie. Si je m’approche de l’accueil de mon hôtel et dis « Bonsoir, nous sommes la famille Busch et nous avons réservé deux chambres » et le réceptionniste me répond « And you’re here for how many nights? » (T’es ici pendant combien de nuits ?), on a déjà établi deux choses : 1) en fait, il m’a bien compris sans difficulté, et 2) ce n’est pas le Yankee imperialist qui a insisté sur l’anglais. Je vous ai dit après le tout premier jour que j’avais fait la gueule après une telle réponse dans un resto et ça a amené le serveur à se corriger. D’autres fois, dont au comptoir d’Air Canada en quittant Montréal, j’ai dit « quoi ? » en réponse à l’anglais. Pourtant, je n’aime pas du tout me comporter comme ça.

Et franchement, il y en a beaucoup que l’on ne sait pas quand on apprend juste assez d’anglais pour faire du service aux clients. À l’aéroport, j’ai demandé à un employé où était le bon comptoir pour Air Canada. Il m’a demandé où j’allais, et quand je lui ai répondu « Los Angeles, mais par Toronto », il m’a dit « You have to go to Toronto? » (Il te faut aller à Toronto ?) avec un ton complètement inapproprié. S’il comprenait mieux l’anglais, il aurait su que son intonation voulait dire « Vous devez vraiment y aller ? Vous ne pouvez pas quitter mon pays en direct ? ». Les hispanophones qui travaillent dans les restos rapides ici font souvent pareil, car ils utilisent la négation de façon qui marche en espagnol, mais suggère à un anglophone qu’ils sont en train de réagir négativement même avant de recevoir une réponse. J’imagine que je fais certaines telles erreurs, alors j’essaie d’être compréhensif, mais quand on change de langue comme ça, ça signale qu’à son avis, son anglais est meilleur que mon français. Je vais donc remarquer un ton insultant.

Il y a un dessin qui circule sur Internet :

©️2015 Louleloup

Je me demande de plus en plus si les francophones veulent l’inverse — que le reste du monde apprennent seulement à dire « bonjour ». À ce point, je déconseillerais l’effort à ceux qui n’ont que des buts touristiques.

Je suis gravement déçu par cet aspect de mon voyage. Comme l’année dernière, mes parents ont fini leur séjour en pensant que j’ai un niveau hyper-mauvais — c’était seulement un appel téléphonique (en rentrant de LAX !) d’une amie qui voulait m’emprunter mon lecteur DVD qui les a montré qu’en fait, je sais ce que je fais. Mais mettez de côté ma vanité. Voici un exemple typique du genre de plainte dont nous entendons parler en anglais :

Comme 82,5 % des fonctionnaires de la RCN, je travaille en anglais. Penser, parler, écrire et lire en anglais, tous les jours, représente un effort mental immense pour moi, malgré mon bilinguisme. Chaque journée de travail m’épuise.

À moins d’un changement radical, les réunions « bilingues » auxquelles j’assisterai continueront d’être une supercherie ne contenant que deux mots de français, « bonjour » et « merci ».

Dérives linguistiques dans la fonction publique canadienne, Anna Pellerin Petrova, Le Devoir

Elle n’a pas la moindre idée de comment ces mots tombent sur mes oreilles. C’est vos concitoyens qui m’ont montré qu’ils ne veulent que bonjour et merci, madame !

J’ai essayé.

La fin du voyage

Après la Basilique Notre-Dame, nous sommes allés à la Biosphère, un musée sur une île du Saint-Laurent. À distance, la Biosphère ressemble plus qu’un peu à la célèbre sphère de Disney World. Plus proche, on voit que ce n’est pas solide, mais abrite plutôt un musée et des plantes ([À ne pas confondre avec la Justinsphère, un musée de plaintes — M. Descarottes]) :

En entrant, juste après avoir payé son billet, on voit un mur de plantes, arrosées par un système d’arrosage qui me rappelle mes bons vieux jours en tant que tueur en série d’un tout petit gazon. Évidemment, celui-ci marche, pas comme le mien :

On passe à une exposition sur le cycle de l’eau. On choisit un petit ballon en plastique qui sert que sa propre « goutte d’eau » (en fait, ça dit aux écrans quelle langue à utiliser) :

Ce n’est pas ma faute que je ne sais jamais quel est un fleuve ni une rivière. Les québécois eux-mêmes confondent les deux !

Voici plus de l’exposition :

À la fin, quand on rend sa « goutte », ça arrive :

La prochaine exposition résout enfin un mystère qui me hante depuis 35 ans déjà. Une des pires comptines du deuxième pire export canadien, le chanteur pour enfants Raffi (lien en anglais) — on en parlera du pire une autre fois — s’appelle « Baby Beluga » (Bébé béluga). Je n’ai jamais compris d’où l’intérêt pour lui. Maintenant, grâce à cette exposition sur des efforts pour sauver les bélugas du Saint-Laurent, je comprends que les eaux du Canada sont leur habitat. Le truc à droit est pour rendre des bélugas échoués au fleuve.

Si je suis honnête, la chanson de Raffi « Bananaphone » est encore pire. Comptez-vous chanceux d’avoir grandi avec Chantal Goya et Dorothée au lieu de ce gars.

On passe au quatrième étage. (Il n’y a rien entre le 1er et ceci.) Ici, il y a une plate-forme d’observation d’où on peut regarder tout Montréal, aux deux côtés du Saint-Laurent :

Au 5e étage, il y a une salle de conférence avec des canapés imprimés avec un motif inhabituel. Ne scannez pas le code QR ; voici le lien que vous cherchez, à la balado du musée.

En quittant la Biosphère, on passe par Habitat 67, un monument de l’architecture « brutaliste ». On achète des appartements de 1, 2, ou 3 « cubes » (64 m^2 chacun) si on a envie d’y vivre. On paiera environ 450 000 € le cube ; je l’ai vérifié.

À côté de Habitat 67, on trouve le « Parc de Dieppe ». Ma chère Seine-Maritime mérite un peu plus d’effort, mais j’apprécie la pensée :

Nous sommes revenus à la Rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal pour déjeuner. Quelqu’un qui a rejeté les conseils d’Anne-Marie pour des restos en les disant « rien de spécial » choisit un resto par hasard. J’y mange les pâtes au citron les plus épicées de ma vie, ce qui est bizarre ainsi que rien de spécial. Je ne vais pas vous déranger avec plus de mes plaintes sur lui, car en quelque sorte il serait moi le méchant, mais sachez que je serai ravi de m’électrocuter plutôt que voyager avec ce type encore une fois. Au moins j’apprends de la carte que les québécois pensent que le mot « fun » commence par une voyelle :

On va dans une boutique de bibelots afin que certains puissent « magasiner », comme disent les québécois, pour des souvenirs. Si les fourrures étaient fabriquées en Lachine, tout ça est probablement de l’autre Chine :

Oui, j’ai pris cette photo juste pour faire cette blague.

J’avais entendu que ce mot était un juron, mais apparemment pas assez qu’il ne faut pas le porter sur un t-shirt :

La Fille et moi avons l’après-midi pour nous-mêmes. Je lui dis que l’on va faire quelque chose pour elle. Après des recherches rapides, nous choisissons le Musée de l’Illusion. En fait, pas besoin d’aller au Canada pour ça — il existe dans 5 villes françaises.

Tout est des illusions d’optique. Vous avez probablement vu certaines avant :

Je ne peux pas me convaincre que ces arcs ont la même longueur, même avec l’outil pour le vérifier :

Cette illusion est dingue. Voyez-vous le secret ?

Le retour de mardi ne mérite pas son propre post, mais voici quelques choses que je voulais partager. À l’aéroport de Montréal, nous étions épatés par les choix chez McDo, encore une fois mieux que les nôtres :

Mais sérieusement, « croissants français authentiques » ? Ne me faites pas rire !

On a goûter des McFlurry aux parfums indisponibles chez nous. Oui, notre petit-déj :

Avant d’embarquer, on a trouvé cette boutique charmante :

Mais je dois vous dire, je suis plus doué avec les macarons. Beaucoup trop de bulles dans les coques. Fabriquées par machine peut-être ?

J’adore l’idée des macarons à l’érable. Je vais les dupliquer.

On est passés par Toronto pour revenir aux États-Unis. Là, les hypocondriaques utilisent des applis pour appeler les ascenseurs :

À Toronto, on a vu une marque familière et réconfortante. Je voulais pleurer.

J’y ai acheté du jerky de bœuf, le goûter nord-américain (j’avais envie de goûter la version canadienne). C’est un genre de bœuf asséché avec du sucre et des épices. C’était un produit de qualité, mais pas à mes goûts.

Le code de l’aéroport de Toronto est YYZ. C’est aussi le nom d’un morceau instrumental de Rush, mon préféré sans paroles. Après 32 ans, j’ai enfin vécu le rêve d’écouter YYZ à YYZ.

Dernière chose : croiriez-vous que l’on a contrôlé nos passeports au Canada pour entrer les É-U ? C’est vrai — après être passé par cette queue, on n’a pas dû montrer nos passeports une fois revenus à Los Angeles :

Demain, votre billet préféré après chacune de mes vacances — je râle sur la langue.

La Basilique Notre-Dame de Montréal

On arrive au dernier jour du récit de nos vacances à Montréal — en fait, je suis revenu à l’appartement mardi. (Je n’ai aucune envie d’écrire « rentrer ».) Vu le niveau de détail de ce qui suit, on le fera en deux billets : la Basilique, puis le reste.

On avait acheté des billets pour la Basilique pour lundi (ils ont une date mais pas d’heure), alors nous y avons commencé. Au-delà de la cathédrale d’Auch, dans le Gers, je crois que l’on n’a pas vu autant de bois dans une cathédrale sur ce blog — et là, même pas à ce point.

D’abord, voici l’extérieur de la Basilique. Une église existe sur le site depuis 1683, quand la première a été érigée sous l’ordre des Sulpiciens (on va les rencontrer plusieurs fois dans ce récit), mais le bâtiment devant vos yeux ne date qu’aux années 1820, ayant été construite selon les plans de James O’Donnell, architecte new-yorkais…et protestant. (Un fait qui aurait été plutôt étonnant aux architectes de presque toutes les cathédrales qui apparaissent sur ce blog, mais il a évidemment fait du bon travail.) La météo a rendu cette photo trop sombre originalement, et j’ai ajusté le contraste avec Photoshop, pour info — autrement jamais le cas avec mes photos de voyage.

En entrant, l’intérieur est spectaculaire :

Aux côtés, on voit que les bancs et toute architecture autour d’eux est en bois :

Derrière l’entrée, en haut de nous, on voit l’orgue, qui est massif :

On s’approche de l’autel. Je vais diriger votre attention vers deux statues :

En haut, Jésus-Christ couronne sa mère, Marie :

À droit, on voit le sacrifice d’Isaac par Abraham, évidemment juste avant que l’ange ne dise de ne pas l’achever :

On tourne aux vitraux le long des murs. Ils racontent l’histoire de Montréal, ainsi que des épisodes de la foi. Ce vitrail montre 3 membres des Sulpiciens devant la vieille église du XVIIe siècle :

Mais remarquez un détail qui se trouve en bas à gauche de tous les vitraux. Pensiez-vous que nous irions sortir de cette visite sans contenus bien français ? Ce ne serait pas Un Coup de Foudre !

Cette scène montre Paul de Chomedey de Maisonneuve, un des fondateurs de Montréal, en train de porter la croix de Mont-Royal, érigée à l’honneur de la Sainte-Vierge après l’arrêt d’une inondation. La croix moderne n’est plus celle du vitrail :

Il y a un tableau de Jeanne Mance, la première infirmière de la ville, reconnue en 2012 comme cofondatrice de Montréal, en train de nourrir les pauvres. Elle a fondé l’Hôtel-Dieu :

Vers l’arrière de ce mur, il y a un autre vitrail qui montre plusieurs des fondateurs de la ville, dont Jacques Cartier, Maisonneuve, et Mance. Vu que Cartier a vécu presqu’un siècle avant les autres, ce n’est pas une scène historique en soi :

Sûrement vous vous souvenez de notre visite à la Basilique de Lisieux pour visiter Sainte-Thérèse ? Il y a une chapelle le long du mur consacrée à elle ainsi qu’aux martyrs sulpiciens de la Révolution française :

Dans une autre chapelle de la Basilique, consacrée à Saint-Jude, on trouve un tableau par l’artiste québécois Marius Dubois, intitulé « Notre-Dame du Canada ». Pourquoi du Canada ? Parce qu’elle tient une feuille d’érable, bien sûr ! Très logiques, nos amis canadiens.

En 1910, la Basilique abrite un congrès eucharistique, une pratique inaugurée par l’Église en 1881 à Lille (je ne le savais pas avant). C’est le sujet de notre prochain vitrail :

Un autre vitrail est consacré à 3 femmes de la colonie de Nouvelle-France. À droite on trouve Sainte Kateri Tekakwitha, la première autochthone des Amériques à être canonisée, en 2012. Elle a vécu un parcours très similaire à celui de Sainte-Thérèse de Lisieux, ayant été morte d’une maladie à l’âge de 24 ans. Les autres sont Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys, née à Troyes, première sainte canadienne après avoir fondé le premier couvent de la Nouvelle-France.

Notre dernier vitrail reprend Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys. On y trouve aussi Adam Dollard des Ormeaux, considéré un héros du Fort Ville-Marie (ce qui deviendrait Montréal), tombé dans une lutte contre des amérindiens. Il y a une question sur son but dans cette bataille ; certains historiens disent qu’il cherchait juste les peaux de castor possédés par ses ennemis.

Demain, on reprendra la fin du voyage avec la Biosphère, ce que l’on a déjà aperçu à distance plus tôt, ainsi que le moment préféré de La Fille de toute la semaine.

Le Quartier Dix30 et le Jardin botanique

Dimanche, comme je vous avais dit que j’allais faire, je suis allé au Quartier Dix30, à Brossard, en dehors du centre-ville de Montréal, pour rencontrer Anne-Marie de Carry the Beautiful. J’ai dû faire une promesse à La Fille que je lui ferais une recette de Péla en récompense pour la laisser avec le reste de ma famille, alors on en reparlera plus tard. De toute façon, vu les difficultés de trouver une place pour se garer à Montréal, j’y suis arrivé une heure à l’avance.

Je n’aurais pas dû m’inquiéter. Anne-Marie avait écrit sur ce quartier, mais après les derniers jours, si on me dit « c’est facile à s’y garer », j’imagine que c’est-à-dire qu’il y deux voies dans chaque allée. Ce n’est pas le cas même dans notre hôtel, avec ses 30 étages. Mais en fait, c’est exactement comme n’importe quel grand centre commercial aux États-Unis, avec des milliers de places. 😮 Pour des centaines de magasins, bien sûr :

Une expérience extrêmement dépaysante, c’est de trouver des magasins 100 % américains avec des panneaux en français. Je pense à McDo comme une entreprise internationale, alors ce n’est pas surprenant, mais celles-ci, oui :

Ceci n’était pas notre resto, mais j’étais très curieux à cause de la queue énorme devant sa porte :

J’étais aussi curieux de ce magasin, Sporting Life, avec son nom très anglophone, alors j’y suis entré :

Là, j’ai trouvé l’étalage le plus canadien de tout notre voyage :

Anne-Marie et moi nous sommes retrouvés dans un resto végan dit Lov. Voici une petite vidéo pour vous montrer l’ambiance de l’extérieur :

Et l’intérieur :

J’ai commandé une gaufre sucrée (quelle surprise, je sais) avec une tartinade choco-noisette. Anne-Marie peut vous dire que j’ai dit oui à du sirop d’érable sans avoir compris la question. J’aime bien le sirop — ce n’est pas une plainte — mais je ne n’ai pas compris la serveuse.

J’ai passé par un bureau de poste — ouvert le dimanche ! — pour acheter des timbres en revenant au centre-ville, et je suis heureux de vous dire que j’ai envoyé toutes mes cartes postales cette nuit-là. Mais c’était plus tard.

À ce point, La Fille et moi sommes partis pour le Jardin botanique. Ne croyez pas aux directions de Google Maps. Ça nous a mis au mauvais côté du parc, au point le plus loin du parking. Heureusement, il y avait au moins une entrée — on peut entrer par deux des quatre bords du parc. Là, nous avons vu une belle collection d’arbres et cet étang :

Notre prochain arrêt était le jardin japonais :

Puis on a passé par des rosiers, mais pas la roseraie principale du jardin :

Après ça, on a atteint, à notre avis, le jardin le plus impressionnant du parc, le jardin chinois. Il y a un bateau en pierre, une tour, et un temple, tous autour d’un étang, avec une jolie cascade en plus :

Près du jardin chinois, il y a un jardin aquatique (ce mot me fait penser à chaque fois à une scène de Ni Vu Ni Connu), avec de nombreux nénuphars :

J’oublie déjà où j’ai vu ces dernières scènes, mais je vous rassure, on était toujours dans le jardin botanique. Il vaut vraiment la visite !

Pour le dîner, mon frère voulait aller au resto Chez Claudette, réputé pour être l’un des meilleurs pour la poutine (lien en anglais, peut-être un mauvais signe) :

À l’intérieur, on trouve des photos des célébrités qui y ont mangées, dont Maurice « Rocket » Richard, le joueur de hockey sur glace légendaire.

Voici un peu de la carte, de taille impressionnante. Notez qu’il y a toute une sélection de hot-dogs et hamburgers sur la dernière page — c’est la version canadienne des friteries du Nord-Pas-de-Calais :

J’ai commandé une poutine aux 5 poivres. C’était mieux que ma première deux jours avant, mais honnêtement, la prochaine fois à Montréal, ce ne sera pas mon frère qui choisira les restos.

« Mais Justin », vous me demande, « vous avez mangé tout ce plat sans faire exploser votre lecteur de glycémie ? Comment ça ? » En fait, le taux était plutôt bon ! Quelque chose à voir avec le nombre fou de pas ce jour-là, j’en suis sûr !

Fabriqué en Lachine

Big Boy Caprice : Autour de moi, si une dame ne porte pas de vison, elle ne porte rien du tout.

Breathless Mahoney : Je me porte bien dans les deux sens.

Dialogue du film Dick Tracy, ma traduction

Nous avons commencé notre samedi à Montréal dans un endroit très inhabituel, le Lieu historique national du Commerce-de-la-Fourrure-à-Lachine. (Honnêtement, tous ces traits d’union, c’est un peu trop. En plus, merci de ne pas noter que mon gros-titre est un abus de la langue. C’est. Une. BLAGUE.)

C’est ce qui reste d’un ancien entrepôt du commerce de la fourrure au bord du fleuve Saint-Laurent, dans le quartier dit Lachine. Aux côtés de l’entrepôt, on trouve le canal de Lachine, construit pour passer au côté des rapides du fleuve. Le canal est toujours là, mais de nos jours, impossible à naviguer.

On était là pour le tout premier jour de la saison où le musée est ouvert. Alors, avec pas trop de monde là, on a eu le droit à un discours de l’une des gardes-forestiers (en anglais, oui, probablement encore plus d’une peine pour moi que pour elle). Elle a commencé par nous montrer les nombreuses fourrures prises et vendues à Lachine, dont les visons, ours, cerfs, et surtout les castors.

Une des choses les plus importantes à faire avec les fourrures, c’était les chapeaux. Mais être chapelier était dangereux, avec des produits chimiques qui rendaient les ouvriers plutôt fous, d’où l’expression en anglais « as mad as a hatter » (aussi dingue qu’un chapelier). Selon le panneau, on dit « travailler du chapeau » — est-ce que l’on comprend vraiment que c’est-à-dire dingue ?

Voici quelques des outils des chapeliers :

Quelque chose d’amusant le long du parcours, c’était des castors avec des panneaux amusants. Voici deux exemples :

On s’est promenés le long du canal, et j’ai remarqué un slogan qui m’a bien fait rire. Je n’ai pas réussi à expliquer la blague à La Fille ou à mon frère.

Le personnel nous a dit de visiter le Musée de Lachine, pas loin, mais c’était fermé — pour tout 2024. Je me demande si c’était fait exprès. Disons que quelqu’un de mon parti — je vous laisserai deviner qui — parlait trop fort et se faisait le centre de l’attention. Je crois que ses pitreries sont moins amusantes au reste du monde qu’il ne le pense.

Puis nous sommes allés à L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le Sacré-Cœur de Montréal — encore plus grand, mais également en haut d’une colline. Oui, j’ai pris les escaliers — mais il y a une navette pour ceux qui n’en ont pas envie.

Les vues de l’oratoire sur la ville valent la visite toutes seules :

Originalement, l’oratoire était une petite chapelle construite en 1904 pour soutenir les travaux du moine Frère André, mais avec sa renommée, l’Église a enfin construit une basilique sur le même endroit. En entrant, il y a une fresque de Saint-Joseph, à côté des escaliers mécaniques pour monter au sanctuaire :

Voici l’intérieur du sanctuaire :

Derrière l’entrée, il y a une GRANDE orgue :

Il y a aussi des vitraux tout le long des murs :

Vers l’avant, il y a des statues des 12 apôtres. Celle avec deux têtes est en fait Saints Pierre et Paul :

Derrière l’autel, il y a une petite chapelle consacrée aux reliques du Bienheureux Basile-Antoine Moreau :

En sortant sur le balcon de l’oratoire, il y a des vues encore plus spectaculaires :

En quittant l’oratoire, on passe par la chapelle des votives, où se trouve aussi le tombeau du Saint Frère André :

Après l’oratoire, on a déjeuné très proche dans le quartier, au Duc de Lorraine, une pâtisserie et bistro (le nord-américain pour bistrot) hyper-français. J’ai eu un « croque-poulet » avec des frites, et une mille-feuille. Les prix sont plus chers que ce à quoi je me serais attendu en France pour ce niveau de qualité — l’apparence est impeccable, mais on ne parle pas de Pierre Hermé ou Nina Métayer ici. Mais le service était excellent, et quand j’ai dit à la serveuse, « C’est mademoiselle qui paye », elle a laissé l’addition devant La Fille avec une sourire. BWAHAHAHAHA !

Notre dernier arrêt était le Forum de Montréal, l’ancienne arène des Canadiens, l’équipe de hockey sur glace de la ville. L’équipe a quitté cette arène, qui date de 1924, pour le Centre Bell, mais elle existe toujours en tant que cinéma à 22 écrans, ainsi qu’exposition sur les Canadiens. Malgré le fait que j’étais fan dédié des Red Wings de Detroit, presque tous les grands noms de l’histoire ont joué à Montréal — Maurice Richard, Jean Béliveau, Jacques Plante, Toe Blake, Ken Dryden. On en parlera plus une autre fois. (J’ai l’impression que la plupart d’entre vous n’ont aucune idée de qui je parle.)

Voici l’intérieur tel qu’il existe de nos jours :

Des vieux sièges de l’arène :

Un petit « temple de la renommée » :

J’ai prendre une photo de ce vieux numéro d’un journal local :

Quelques photos des équipes qui ont gagné la coupe Stanley, la plus vieille de toutes les trophées de sport aux Amériques, dont la toute première fois à gauche :

Après ça, nous sommes revenus à l’hôtel car seulement moi et La Fille voulions continuer d’explorer. Bof. Mais demain, je vais déjeuner avec la plus vieille amie du blog, et ce sera super.

Aventures en Montérégie

Hier, nous avons suivi des conseils d’Anne-Marie de Carry the Beautiful, la première blogueuse à découvrir le mien. À travers plusieurs articles, elle recommande de nombreux sentiers et sites historiques en Montérégie, une région au sud de la ville de Montréal. J’aimerais vous dire que nous avons fait de la randonnée, vu le Parc des Ancres, et passé du temps en explorant le vieux village de Saint-Jean-sur-Richelieu.

HAHAHA, non. Nous avons visité exactement deux choses encore une fois. Mais la première était une recommandation d’Anne-Marie, et je ne peux pas dire assez de bonnes choses à cet égard. C’était l’ancien Fort-Chambly, juste à côté du village de Chambly. Juste après avoir stationné votre voiture, voici ce qui vous attend, le parc et la rivière Richelieu :

Dans le parc, on trouve quelques monuments qui font référence à être un cimetière, mais il n’y a pas d’autres pierres tombales. Le deuxième monument est en fait pour un général américain de l’époque de notre révolution. George Washington avait envahi le Québec, vous savez.

On s’approche du fort. Il a été reconstruit pendant le XXe siècle, raison pour laquelle il est en si bon état. Mais les noms gravés autour de la porte datent du XIXe siècle, raison pour laquelle ils ont vu de meilleurs jours.

Après avoir payé nos billets, environ 8 $ la personne (La Fille est entrée gratuite), nous étions dans la cour :

À gauche, il y a des canons, placés pour tirer sur la rivière :

À droite dans la cour, on entre le musée, et voit des dessins amusants qui racontent l’histoire aux enfants. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve celui de Samuel de Champlain, fondateur de Montréal, hyper-drôle :

Dans le musée, on voit l’entrepôt de poudre pour les fusils et les canons. Il y a d’autres choses dans l’exposition, beaucoup desquelles ciblent les enfants — il y avait une classe là en même temps que nous.

Voici le puits à l’intérieur du fort — il aurait été bête de ne pas avoir une source d’eau au cas où il y aurait un siège :

Une carte du XVIIIe siècle montre qu’il était une fois, c’était la Nouvelle-Yorck en français, pas le New York :

Le fort doit sa bonne condition à un certain Jean-Octave Dion, journaliste qui a lutté pour sa restauration. Il y a une exposition sur lui juste devant la sortie :

Après, nous avons déjeuné dans le village 100 % charmant de Chambly. Oui, on mange beaucoup d’italien. Mais c’était très bon — et oui, c’est du Brie sur ma pizza :

Je suis tombé amoureux de Chambly, presqu’autant que Montargis. Mais avant que vous ne pensiez « Il pense à vivre au Québec ? », j’ai les yeux fixés sur un seul but. D’autre part, Chambly est beau, exactement le genre de petit village que j’aime. J’aurais aimé prendre plus de photos, mais on a insisté que nous devions monter dans la voiture. On me soûle.

Notre autre arrêt du jour était le Musée du Fort Saint-Jean, consacré au Collège militaire royal de Saint-Jean, où il est abrité.

Le musée est rempli d’artefacts militaires de l’époque où les Français menés par Samuel de Champlain ont établi la Nouvelle-France, jusqu’à nos jours :

C’est intéressant pour moi, en tant que bilingue, de voir les différences de comment on parle des mêmes événements dans les deux langues. Aux États-Unis, on parle de la guerre entre l’Empire britannique et la France de 1754-1760 sous le nom de « French and Indian War » (La Guerre des Français et des Amérindiens). Mais en français, ce conflit s’appelle « la guerre de la Conquête ». Ravi de s’intégrer aux britanniques, je vois. Mais vous avez raté votre opportunité de vous rejoindre au général Washington, les québécois.

Pourtant, nous étions les seuls visiteurs au musée (qui est gratuit), et franchement, même si j’en ai profité, je le déconseille à ceux qui ne sont pas obsédés de l’histoire militaire.

Nous avons retourné au Complexe Desjardins pour dîner ce soir. Vous savez que j’adopte du français québécois ici depuis longtemps — divulgâcher, courriel, balado — mais dites-donc, que suis-je censé faire quand les cartes en français disent « smoked meat » au lieu de « viande fumée » ?

C’est quoi « smoked meat » ? Selon le site de tourisme de la ville, c’est de la poitrine de bœuf, dit « brisket » en anglais, fumée après ayant été marinée dans du sel et des épices. Ce qui m’est drôle, c’est que ça ressemble tellement au barbecue de Texas, où on fait exactement la même chose ! Mais ce menu n’intéressait pas La Fille alors on a fini dans une « brasserie sportive », La Cage Aux Sports :

J’y ai commandé le célèbre plat québécois par excellence, la poutine :

Je doute que ce plat appelle bien aux goûts français. Sur un lit de frites, on met beaucoup d’un fromage dit « cheese curds » en anglais, ou « fromage en grains ». Je ne connais pas un fromage français similaire, mais si vous avez mangé de la mozzarella en perles, la texture n’est pas loin. Quant à la sauce, j’avais entendu parler que c’était à base de sirop d’érable, mais celle-ci ne l’était pas. Je goûterais une autre poutine, mais seulement si un vrai québécois me l’avait personnellement recommandé. Peut-être qu’il me faudra la préparer ici.

Demain, on va faire fourrure sur ce blog. Je ne plaisante pas…trop.

Vieux-Montréal

Vous souvenez-vous de ma plainte sur être accompagné par QUELQU’UN pendant ces vacances ? Disons que tout ce dont j’avais peur s’est passé aujourd’hui, mais vous allez devoir lire « entre les lignes ». Juste un peu.

Malgré ayant une voiture, certains d’entre nous sont partis pour la Place Jacques-Cartier ce matin. C’est une rue qui mène vers le fleuve Saint-Laurent, et est couronnée par une colonne dédiée à l’amiral Nelson, érigée en 1809. Je ne plaisante même pas. Ces britanniques et leurs drôles d’idées sur comment traiter leurs sujets francophones.

On a pris le petit-déjeuner dans un café en face de la rue. J’ai demandé une table pour 3 personnes et le réceptionniste m’a répondu en anglais. Puis il a vu la gueule et a répété sa réponse en français. D’habitude, je ne mange jamais de petit-déjeuner. Mais de cette façon, on y a passé une heure quand tous les endroits historiques ferment vers 17h. Voici mon « croissant aux amandes » :

Puis on a passé par le Marché Bonsecours, l’endroit idéal pour passer du temps en faire du lèche-vitrines devant des bibelots pendant que le jour se passe sans visiter des endroits historiques. La dernière vue est en fait de l’air ; on en parlera plus en bas.

Voici le Musée archéologique, près du Vieux-Port, au bord du fleuve. J’imagine que c’est bien intéressant. Mais vu que l’on est parti de l’hôtel sans tout notre parti, une personne a dû retourner à l’hôtel pour retrouver le reste ainsi que notre voiture. 3 km de marche en montée. Au moins je suis passé par un bâtiment intéressant pendant le trajet, alors que La Fille passait du temps au musée avec la personne qui nous a fait quitter l’hôtel sans tout le monde ni la voiture.

Une fois revenu au musée pour chercher les deux, nous nous sommes promenés le long de la Rue Commune, à côté du fleuve :

On a déjeuné dans une crêperie. J’étais le seul à commander en français. Deux minutes plus tard, le serveur est revenu pour vérifier ma commande, cette fois en anglais. Ma crêpe, dite « Parisienne » sur la carte, était au Brie et aux pommes, servi avec du sirop d’érable. Remarquez qu’au Québec, on peut commander du thé glacé sans sucre. Ne sous-estimez pas à quel point ça m’est important avec mon sirop d’érable.

Puis, on s’est promenés le long de la Rue Saint-Paul, réservée aux piétons, et pleine de boutiques et restos. Bonne chance à vendre des fourrures aux États-Unis sans de nombreux manifestants. J’étais bouche bée.

On est enfin arrivé à La Grande Roue, exactement ce à quoi vous pensez, heureusement avec des cabines fermées. Ça fait 60 mètres de haut, environ 1/3 de la roue de Las Vegas ou 1/2 du London Eye. Voici l’extérieur et comment on monte dans la roue :

La taille de cette roue est plus que suffisante pour avoir des vues spectaculaires de la ville aux deux côtés du fleuve :

Il y a un musée dit la Biosphère. Avec un bon objectif, on peut prendre une photo plutôt en gros plan à travers le fleuve. Mais regardez aussi la vraie distance pour vous donner un goût du point auquel les vues sont exceptionnelles :

Le fameux Cirque du Soleil, qui vient de Montréal, se trouve juste à côté de la Roue, et on peut facilement en prendre une jolie photo :

Après, on a passé par la Basilique Notre-Dame. La queue pour y entrer était folle, mais j’ai pu au moins prendre cette petite vidéo du clocher :

Une demi-heure plus tard, tout est parti en vrille, mais je n’ose pas l’expliquer. La Fille et moi avons trouvé un beau centre commercial, le Complexe Desjardins :

Nous y avons dîné, seuls, dans un joli resto italien. Le propriétaire a insisté sur l’anglais avec moi, et m’a donné une carte en anglais (celle dans la vitrine était en français), mais la serveuse était beaucoup plus accueillante à cet égard. Regardez le four à pizza dans la 3e photo ; c’était impressionnant !

J’espère que demain ira mieux.

Bonjour de Montréal

Bonjour les amis, je suis au centre-ville de Montréal après toute une journée de voyage. Je suis un peu épuisé, mais j’ai pensé à vous tous pendant le trajet entier. Allons voir ce qui est arrivé.

Hier, j’ai déposé M. Descarottes chez le vétérinaire avec une cage propre et un gros sac de carottes. Il me semblait heureux. ([Voila, les amis, il peut apprendre. — M. Descarottes])

Ce matin, je me suis mis mon t-shirt Indochine, celui avec les paroles de Nos Célébrations, puis nous sommes arrivés à LA à 8h45 pour un vol à 12h10. Dans le parking, il y a des panneaux sur les fausses plantes pour vous dire « défense d’arroser » :

Le comptoir d’Air Canada semble prometteur, mais…on y reviendra.

Les prix pour manger à LAX sont encore plus dingues que jamais ! 22 $ pour un burger sans accompagnement. Et qui veut y acheter une bouteille de vin ?!? Non, merci.

À bord l’avion, Air Canada se révèle…c’est compliqué. Les hôtesses de l’air ont refusé de me parler en français. Mais l’expérience de voler en restant dans l’Amérique du Nord est plutôt nulle partout — on va payer pour tout et n’importe quoi si on veut manger. La nourriture est seulement comprise avec les billets d’avion qui vont à l’étranger, et dans ce contexte, le Mexique et le Canada ne le sont pas.

Non, je n’ai pas acheté le vin. Mais j’imagine que vous allez en rire.

Bon, on ne paye pas les bretzels — un paquet est compris dans un vol de 6 heures. Remarquez que ce sont, selon le paquet, « le bretzel le plus amusant du Canada ». Seulement une boisson a été servie aussi. Ce n’était pas à la hauteur de mes attentes pour un si long vol — à travers tout le continent, je m’attends aux boissons deux fois.

Les programmes musicaux sont comme des épisodes de podcasts. Au moins il y avait une chanson de Rush dans le « rock canadien » :

La sélection de films québécois est juste effrayante. Je ne plaisante même pas :

Une fois arrivé à l’aéroport YUL, le contrôle de passeports est très automatisé. Un agent contrôlera le ticket que vous recevez de ces machines, mais c’est très bref. Elle m’a parlé en français.

On est arrivés très tard. À côté de l’hôtel, il y a un magasin qui vend des matelas. Vous allez aimer le nom. Mais j’ai dit à haute voix en le voyant « Pas moi, mais vous, évidemment oui » :

Le resto de l’hôtel était déjà fermé le temps que nous y soyons arrivé. Mais au coin de la rue, il y avait une boutique de la chaîne de donuts canadienne, Tim Horton’s, ouverte 7/24. C’est tellement mieux que n’importe quelle chaîne aux États-Unis, surtout si vous aimez l’érable :

Mais regardez ce qu’ils appellent un pain au chocolat ! Soit chocolatine soit croissant ! 😂😂😂

Alors oui, je n’ai mangé que des donuts aujourd’hui. Un donut de Primo’s avant de partir, et un donut de chez Tim’s après m’être enregistré. Mais rien entre les deux sauf le petit paquet de bretzels !

Cependant, je dois vous dire, à ce point, le « compte français » va comme ça. Oui : agent d’immigration, réceptionniste de l’hôtel. Non : agent de location de voiture, vendeur chez Tim Horton’s. On aurait pensé qu’après 30 ans de s’en plaindre, je serais ravi d’enfin trouver une boutique de donuts dont les employés parlent anglais !