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Adieu, M. Descarottes

Hier, les funérailles de M. Descarottes ont eu lieu à Sea Breeze Pet Cemetery à Huntington Beach (à environ 15 km de chez moi). C’était l’un des pires jours de ma vie, même un mois après son décès. La Fille m’a demandé de ne pas publier la photo de lui dans son cercueil, alors je ne le ferai pas. Je vous dirai simplement que son jouet préféré était là avec lui, exactement comme je l’avais demandé.

Commençons à l’entrée du cimetière. Voici l’enseigne, apparemment là depuis le début en 1961 vu son état :

Enseigne qui dit Sea Breeze Pet Cemetery, cimetière d'animaux d'compagnie

Avant de passer aux funérailles, voici quelques images du terrain. D’abord, des tombes près de l’entrée :

Quelques tombes recouvertes de fleurs

Et une statue du tout premier animal enterré au cimetière, « Old Sarge », un chien qui a servi avec les Marines pendant la Seconde Guerre mondiale :

Statue en plâtre blanc du chien nommé "Old Sarge"

Voici l’extérieur de la morgue. Je ne vais pas vous montrer la chapelle, car il était là avec le cercueil ouvert :

Photo de la morgue, un bâtiment d'une étage, beaucoup plus long que large.

Notre premier cobaye a été enterré à côté d’un arbre. M. Descarottes l’a rejoint sur le même site :

Vue du site du tombe à côté d'un arbre, à droite. Il y a une brouette pleine de terre à gauche, et un mur en arrière-plan.

Vous ne pouvez pas le voir d’ici, mais nous sommes à 4 km du Pacifique, en direction derrière le mur sur la photo. Les deux cobayes sont enterrés avec leurs têtes face à l’océan.

L’équipe ne nous a pas permis de parler ou offrir des prières avant de commencer de remettre la terre dans le trou. Ils voulaient finir le plus vite possible. On en parlera plus en bas. Pour l’instant, voici la tombe à la fin de l’affaire, l’herbe remplacée sur le trou :

La tombe après avoir rempli le trou avec de la terre.

Et voici une vue de la tombe de l’autre sens, en regardant vers l’arbre du côté de la tombe, au lieu de derrière l’arbre :

Vue de la tombe de l'autre côté, regardant de gauche à droite

M. Descarottes ne serait pas content de moi si je ne râlais pas en son nom quant au comportement des pompes funèbres. Alors, vu qu’il est mort le 19 décembre, pourquoi est-ce que les funérailles n’ont pas eu lieu qu’un mois plus tard ? Rien de la sorte n’est arrivé la dernière fois, après tout.

Le cimetière est complet. Toutes les tombes sont déjà payées. Quand nous avons payé la tombe du premier cobaye en 2019, c’était assez d’espace pour 3 rongeurs ou un chat ou chien. Vu que nous n’allions jamais enterrer un plus grand animal, ce n’était pas un problème. Mais en 2019, il y avait une plus grande équipe — de nos jours, il n’y a que deux employés, un homme et une femme. Monsieur est paresseux comme personne d’autre, et madame n’est pas capable de creuser les tombes. Officiellement, la morgue est ouverte 8 heures par jour, 5 jours par semaine.

En fait, monsieur n’y travaille que deux ou trois jours par semaine, et il quitte les lieux pas plus tard que 13h à chaque fois. Il a refusé d’être disponible pendant les vacances d’hiver en janvier, ni plus tard même si ce serait le seul enterrement d’un jour, et je ne pouvais pas retirer La Fille du lycée pour ça. Si mon ex n’avait pas accepté un échange de garde pour ce week-end dont le 20 — un jour férié aux États-Unis à l’honneur de Martin Luther King — les funérailles auraient dû attendre jusqu’en mars ou bien en avril. Il ne fait aucun effort pour travailler avec les familles.

Voici le panneau qui nous a accueilli au moment de notre arrivée — « Closed » veut dire « fermé » :

Photo d'une fenêtre avec un panneau qui indique que la morgue est fermée

C’est évidemment devenu un boulot à temps partiel pour les deux personnes qui travaillent toujours là, et ils font leur tout pour rendre l’expérience la plus désagréable possible pour les familles en deuil. Je n’ai pas de mots pour exprimer mon vrai avis.

Après l’événement, nous avons déjeuné avec mes parents (aussi là pour l’enterrement) chez Marie Callender’s, une chaîne de restos célèbre pour leurs tartes ainsi qu’un plat dit « pot pie ». Il me faudra vous en faire un, car je n’ai aucun espoir de l’expliquer. J’avais espéré qu’une tarte serait réconfortante pour La Fille, mais elle était trop triste pour manger. Pour ma part, j’ai eu du chili et cornbread (pain de maïs), un autre plat typiquement américain qu’il me faudra préparer pour vous :

Bol de chili et pain de maïs

C’était au moins un peu réconfortant pour moi, mais la vérité, c’est que nous avons à nouveau les cœurs brisés et il nous faudra un peu de temps pour guérir.

Le Collectif AVI

Hier, je m’occupais de mes propres oignons quand tout à coup, j’ai reçu une notification sur Twitter que la légende dite Méta-Brouteur ferait un « Space » pour parler du faux Brad Pitt qui fait fureur en ce moment en France. Ce serait sous les auspices d’une association dite le Collectif d’Aide aux Victimes d’Influenceurs. Entre le fait qu’inspiré par Méta-Brouteur, j’ai fait mon propre effort pour emmerder un brouteur, et le fait que je m’intéresse fortement aux escrocs, impossible pour moi de résister.

Capture d'écran de la notification sur Twitter

D’abord, voici un lien vers l’enregistrement. Ça fait plus de 2 heures ; je n’ai écouté qu’environ 45 minutes.

Parlons d’abord du scandale du jour. Je n’ai pas vu le reportage original sur TF1, qui est désormais retiré d’Internet à cause de harcèlement envers la victime. Mon précis suit donc le rapport de Franceinfo. C’est l’histoire d’une certaine Anne, quinquagénaire, déjà dans un mariage malheureux quand elle est contactée par quelqu’un qui lui fait croire qu’il est la mère de Brad Pitt et veut jouer à marieuse entre les deux. Avec l’aide de fausses photos et vidéos générées par l’IA, madame arrive à croire que c’est vraiment lui, et dépense environ 830 mille euros avant de voir dans les journaux que Brad Pitt est en fait avec une autre femme.

Je compatis énormément avec cette femme, car tout le monde se moque d’elle pour l’avoir cru, mais moi, je sais que c’est seulement la haine de soi sans fond qui m’a sauvé du même sort. Un jour, ce genre de scepticisme me coûtera cher. Je recevrai un MP de Véronique Sanson sur Instagram où elle me dira « Je viens de dire à une amie que je suis partie pour acheter des cigarettes. C’est-à-dire que je viens de monter dans l’avion d’Air France. Tu me chercheras demain au terminal Tom Bradley à LAX vers 18h ? » Et je lui dirai non car je ne le croirai pas du tout ; puis le LA Times publiera des photos de son arrivée mais il sera trop tard. Alors, Véro — puis-je t’appeler ça ? — je t’offre mes excuses, mais c’est que trop d’arnaques arrivent sur Internet pour le croire.

Non, mais sérieusement, Anne était déjà déprimée et vulnérable, alors je ne juge pas, même s’il me semble qu’elle aurait dû insister sur de meilleures preuves. Mais ce que je n’ai jamais dit de ma propre expérience d’un brouteur, c’est que j’ai assez gardé la tête pour prendre un rendez-vous avec un psychologue le lendemain de la « rupture », car je ne voulais pas faire une vraie bêtise, et je me connaissais assez bien pour m’inquiéter. Je rejoins donc Méta-Brouteur, qui a écrit sur cette histoire :

Je ne comprends pas ce besoin d’enfoncer une victime qui est déjà au fond du trou, d’une manière générale.

Et de justifier ça par « c’est la sélection naturelle « , comme si la science approuvait…

Je pense que c’est cela que l’on doit interroger.

Tweet de Méta-Brouteur

J’étais donc heureux d’apprendre plus du Collectif AVI et ses travaux. C’est une association de bénévoles anonymes ou sous pseudonymes, comme Méta-Brouteur, qui prennent des témoignages des victimes et les aident à déposer des plaintes avec les bonnes autorités. Ils aident aussi les victimes à trouver des ressources de soutien, tels que les psychologues et les avocats. Tout ça se fait sans aucune demande d’argent — les seules actions que l’on peut faire sur leur site sont raconter sa propre histoire, les contacter et devenir aussi bénévole.

Je vous parle autant d’escrocs non pas seulement car ils m’offensent. La vérité, c’est qu’il n’y a aucun rapport entre la quantité de tentatives que je reçois en français et en anglais. Toutes les semaines, je suis contacté par plus de brouteurs via mes comptes Facebook et Instagram en français que j’en reçois pendant toute l’année en anglais. (Tous mes escrocs de SMS, en revanche, sont en anglais.) Ça rend la sécurité en ligne encore plus importante, et c’est pour ça que je trouve si important de ne pas se moquer des victimes.

Les rejets

Aujourd’hui, j’étais censé publier mon appel caritatif annuel pour donner du sang, et surtout, des plaquettes. Mais pour la deuxième fois en 4 années, j’ai été rejeté quand j’y suis allé. Je réessaierai la semaine prochaine, mais il me semble une bonne idée de parler de pourquoi c’est arrivé.

Avant de continuer, puisque je sais exactement à quoi vous pensiez tous en voyant le gros-titre, non, l’amertume à cet égard n’est pas planifié avant février. Cependant, hier matin, j’ai reçu le meilleur courriel du blog. Je ne veux même pas l’appeler pourriel, ni spam, car c’était extrêmement professionnel — bien écrit, avec de vraies infos pour contacter son auteur, et comme vous verrez, des détails spécifiques et vérifiables. Voici son début :

Capture d'écran qui dit : « Bonjour, Nous organisons la rédaction d'un article dont le thème est : "Les meilleurs sites pour les couples amoureux" »

J’attendrai pendant que vous essayerez de vous déplier de rire. Si on classait tous les sites d’Internet selon ce critère, celui dit « Un Coup de Foudre » serait, malgré son nom trompeur, au fond. Oui, il y a les macarons Saint-Valentin, mais euh… est-ce que monsieur a fait des recherches sur ses clients potentiels ? OMD, mais je dois vous montrer un peu plus, car j’ai failli avoir une crise cardiaque !

Capture d'écran de la suite qui m'invite à faire la promotion dans leur article, en disant, en partie : « Chaque participant sera présenté sous un angle positif pour mettre en valeur ses propres points forts. »

La Boulette ? La règle de 6-6-6 ? J’abandonne ? Mieux vaut faire de la pub pour le tourisme dans la Cité du Vatican sur un blog dit « Actu des talibans » !

Alors, l’autre rejet. Je suis arrivé à la porte de la Croix Rouge et me suis pris en photo :

L'auteur

Comme à chaque fois, je me suis habillé dans un t-shirt en français, afin que tout le monde vous attribuiez le mérite. Mais quand j’ai dû subir une prise de sang pour vérifier le taux d’hémoglobine, ils ont fini par me dire de revenir la semaine prochaine. Qu’est-ce qui s’est passé ?

À chaque fois où on fait un don de sang, peu importe les détails, on subit cette prise de sang. Aux États-Unis — je ne sais pas si c’est pareil en France — ce numéro doit être supérieur à 13,0 g/dL. J’en ai eu 12,4. Par rapport, voici mon dernier résultat d’une prise par un labo, il y a 4 mois :

Capture d'écran qui montre un taux de 13,5 g/dL.

Vous pouvez voir que les limites jugées normales sont entre 13,0 et 17,7. Qu’est-ce qui a changé ?

Je vous parle de plus en plus de l’inflation ici et les prix absurdes. Je peux dire très franchement que je mange beaucoup moins qu’il y un an (mais en quelque sorte, ne maigris pas), et que la quantité de viande rouge dans mon régime a chuté. Mon dernier repas avec de la viande ? Le Réveillon. Je ne suis pas du tout surpris, pour autant que je sois déçu.

Pendant les jours à venir, je vais faire des efforts pour manger de la viande rouge. J’y reviendrai mardi, et j’espère que ça ira mieux. Mais je vois bien que ça commence à avoir des conséquences.

La première fois où j’ai été rejeté ? J’avais pris de l’aspirine ce matin-là, sans savoir qu’il ne faut pas faire ça pendant deux jours avant de donner des plaquettes. Alors c’était une erreur stupide, mais rien de grave pour la santé.

Pour finir, juste pour vous amuser, il faut répondre à une cinquantaine de questions avant le rendez-vous ; voici certaines (les traductions suivent en bas, avec les réponses dans ma tête) :

« Êtes-vous enceinte en ce moment ? » Euh, je suis mâle ; ça marcherait comment ? « Avez-vous jamais été enceinte ? » Non, mais sérieusement, la biologie ne marche pas comme ça, même en Californie. « Pendant les 3 derniers mois, avez-vous couché avec une nouvelle partenaire ? » HAHAHAHAHA, euh…non. « Même chose mais avec plus qu’une partenaire ? » Les maths ne sont pas votre point fort, je vois. « Pendant les 3 derniers mois, avez-vous reçu de l’argent, des drogues ou autre paiement pour le sexe ? » Vous êtes les seuls à penser que « recevoir » serait le sens de l’affaire, mais non. « Même chose, mais pour vos partenaires. » Punaise, mais vous me prenez pour qui ?

Honnêtement, c’est la partie la plus énervante de ces dons, mais c’est comment vous savez que les dons de plaquettes me sont vraiment importants.

Les milliardaires

Je n’avais franchement aucune idée de quoi mon billet se traiterait aujourd’hui. Puis j’ai vu cette nouvelle écœurante de l’une de mes choses préférées au monde entier, la page sur Facebook dite « Complots faciles pour briller en société » :

Bon, les amis, ça sent la fin… En attendant, j’ai décidé d’utiliser plus mon site web vu que c’est le seul endroit où j’ai un vrai contrôle. J’ai viré toutes les pubs car trop envahissantes et il faut que je réfléchisse à une newsletter ou un moyen autre que les réseaux sociaux. Ne jamais oublier que FB et les autres ont droit de vie et de mort numérique sur vos profils.

Source

Il y a une capture d’écran sur son post original qui montre que les modérateurs ont encore une fois supprimé l’un de ses posts, et il risque d’être banni. Je trouve cette situation ridicule. M. Halby, l’auteur de cette page, a récemment publié un livre en France, « Nous Sachons », inspiré par son écriture en ligne. Je suis heureux de lui offrir de la publicité gratuite ici :

Couverture du livre « Nous Sachons » par Dimitri Halby
Source chez la FNAC

Ce livre a été publié par Éditions Robert Laffont, une maison assez bien réputée si pas à la hauteur d’une Hachette. Est-ce satirique ? Ben oui. Est-ce gentil envers ses cibles ? Non, pas particulièrement. Mais y a-t-il de vraies obscénités, de la pornographie ou autre chose qui mériterait une livraison emballé en papier marron, comme on dit aux États-Unis ? (C’est la loi pour les magazines pornographiques.) Non, absolument pas. Si La Fille était francophone de naissance, je n’hésiterais pas du tout à lui laisser lire ce livre.

Pourtant on se plaint aux États-Unis qu’avec la dernière présidentielle, M. Zuckerberg a décidé de transformer Facebook en le Far West en ligne, où on peut faire tout et n’importe quoi. Évidemment, ce n’est pas le cas partout ; je suis sûr qu’il y a des règles européennes en jeu, mais ce n’est pas le point. Tous ses détracteurs américains l’aimaient bien quand il supprimait de vraies infos au nom de leur programme politique. Et c’est ça qui m’amène à mon vrai sujet — notre relation toxique avec les milliardaires.

Pour ma part, je haïs chacun et tous des milliardaires qui sont sortis de nôtre Silicon Valley. Pourquoi ? Parce que je faisais partie de deux start-ups, et je pourrais vous raconter des histoires effrayantes de l’esclavage moderne derrière les gros-titres. Saviez-vous que c’est légal de prendre les travaux de quelqu’un pour un an entier à 80 heures la semaine avec seulement des actions en récompense, puis le virer sans lui donner les actions si telle ou telle étape n’a pas été atteinte ? Ne me demandez pas comment je le sais ; disons seulement que je n’ai jamais été viré.

Alors, je vois du monde qui expriment leur haine de M. Musk — qui je déteste parce que la Californie fait son tout pour nous forcer d’acheter des voitures électriques — mais aiment peut-être Jeff Bezos, qui force ses employés à uriner sur place sans faire une pause dans ses entrepôts. Ou peut-être qu’ils aiment George Soros, qui a payé les campagnes des procureurs qui ne poursuivent personne à Los Angeles et San Francisco, et qui a gravement endommagé l’économie britannique pour gagner sa fortune. Ou peut-être qu’ils imaginent que Steve Jobs était un chic type car ils aiment leurs iPhones — demandez aux chinois qui se suicidaient en sautant de ses usines ce qu’ils pensaient de M. Jobs. (Si vous vous demandez pourquoi j’utilise un iPhone et non pas un truc de Samsung, j’ai des histoires là aussi.)

J’ai un ami qui pense en ce moment que Musk ne pète que les parfums de Cartier. Ces conversations me rendent fou, mais n’imaginez pas du tout qu’il y en a un autre que je préfère.

Ce que j’essaie de dire, c’est que je suis déçu pour M. Halby, mais je ne considère pas que M. Zuckerberg a tourné sa veste. Ni Bezos ni Musk ni les autres. Parmi les trucs les plus mystérieux pour moi, c’est que beaucoup de monde adoptent tel ou tel milliardaire comme si c’était son équipe préférée. Ce sont des êtres humains, et ils suivent leurs propres conseils. Pourquoi on imagine que ce sont ses amis, je ne le comprends pas du tout.

Deux galettes, une soirée

Ce soir, j’étais à une soirée de jeux de l’OCA. Je vous ai dit il y a des jours que j’allais faire une galette des rois pour l’événement : la voilà :

Galette des rois sur une assiette

Aimeriez-vous regarder d’un peu plus proche ? D’accord :

Galette des rois en gros-plan pour voir les diamants dessinés dans la pâte feuilletée de plus proche.

Mais je ne voulais pas répéter la situation de l’année dernière, où tout le monde était mécontents car je n’avais pas mis une fève au-dedans. Lundi, j’ai écrit un courriel à l’hôtesse pour la signaler que j’apporterais une galette des rois. Elle m’a dit qu’elle avait des fèves en plastique, et que je pouvais lui en emprunter une une fois sur place. Il s’est avéré qu’elle avait aussi une couronne. Voilà :

Galette des rois avec une couronne en papier

Vous remarquerez que le motif de diamants au-dessus n’a rien à voir avec mes dessins du passé. Je l’ai vu sur Instagram, et j’ai essayé de le copier. Mais c’est pourquoi celle-ci est en fait ma deuxième galette des 24 dernières heures. Voici la catastrophe dit la première fois :

Galette des rois avec du chocolat qui a coulé à la surface après s'être échappé de l'intérieur.

La garniture a fuite partout sur la moitié du haut, car j’ai coupé des lignes un peu trop profondément dans la surface. J’ai appris de mon erreur, mais je ne livrerais jamais un dessert dans un si pitoyable état. Dommage, car les lignes étaient plus régulières la première fois.

Je suis un peu déçu que ma galette n’a pas gonflé comme au passé, mais c’était presque parfaitement ronde. Il me semble comme si chaque année, quelque chose s’améliore et autre chose prend un pas en arrière. Mais je peux pas m’en plaindre. J’ai coupé 12 parts, et je suis rentré avec seulement une.

On a joué à ce que l’hôtesse appelle « le jeu de petits papiers », ou tout le monde écrit un mot sur chacun de quatre bouts de papier, puis on les mélange dans un gros panier. On fait 3 tours. Pendant le premier tour, on peut décrire le mot sans le dire, et son partenaire doit le deviner. Pendant le deuxième tour, il faut mimer le mot. Pendant le troisième tour, on donne un indice de seulement un mot. C’est donc très important de faire attention pendant le premier tour.

Pour la première fois, mon partenaire — le mari de l’hôtesse — et moi avons gagné. C’est super que tout le monde ait vu que je ne suis pas un fardeau inutile dans un tel jeu. Mon vocabulaire est plus limité que celui des autres, mais je sais des choses. Par exemple, j’ai reçu le mot « Astérix » et j’ai donné l’indice « Son chien s’appelle Idéfix ». Pourtant, je n’ai jamais lu une BD entière d’Astérix. Après le jeu, j’ai demandé au groupe, « Si j’avais donné l’indice « écrase » pour « Mammouth », combien de monde l’aurait eu ? » Pourquoi est-ce que je connais « Mammouth écrase les prix » ? Je ne peux pas mentir, j’aime voir les visages quand je sors de tels faits divers. C’est dingue, et je le sais.

Mais on m’a rattrapé avec une question impossible : « C’est qui ton acteur français préféré vivant ? » J’ai eu du mal à sortir un nom. (J’ai finalement répondu Pierre Niney, car j’ai vu plusieurs films avec lui, mais honnêtement, c’était le seul nom auquel je pouvais penser. J’ai honte d’avoir oublié Jean Dujardin.) Pour autant que j’écris sur la France, c’est vrai que je reste souvent coincé bien en retard de l’actualité. Mais pourquoi pas ? Entre l’endroit et l’époque, c’est mon idée du Paradis !

Encore plus de dialogues avec La Fille

À la fin de la Grande Fête du Tour, je vous ai fait une promesse en ce qui concerne La Fille :

Une autre fois, je vous raconterai deux histoires de ses 3 ans, presqu’aussi folles.

Les personnages du blog

Vu que j’ai eu beaucoup à faire hier, mais je pouvais écrire tout ça de mémoire en 20 minutes, nous voilà. Mais d’abord, nous avons reçu ses notes officielles pour le premier semestre de l’année scolaire. Je le savais déjà il y a une semaine, mais rien n’était officiel jusqu’à la sortie du bulletin scolaire. Je ne vais partager qu’une chose, mais j’en suis très fier :

Capture d'écran d'une note de 111,5 %

J’ai supprimé le nom de sa prof, mais on dirait que sa note est « plus que parfaite », hihihi. (Elle ne connaît toujours pas cette conjugaison.) On n’a pas des notes entre 1-20, mais plutôt F (échec) jusqu’à A, avec des plus et des moins pour les modifier. Elle a une si élevée note car la prof a choisi de soustraire les pires devoirs de toute la classe, en les accordant le même nombre de points, mais elle n’en avait pas besoin. C’est ça le genre de réussite qui garantit le débit de gourmandises.

Pour ma part, la prof sait qu’elle a déjà regardé trois films de Louis de Funès (tous dans mon top 4) ainsi que L’Homme de Rio, et quoi d’autre peut-on demander d’un parent pour aider ? J’ai fait une promesse à La Fille que si ça continue — comme s’il y a un doute ! — qu’elle pourra écrire un billet vers la fin de l’année scolaire.

Alors, nos deux histoires viennent de bien avant le début de nos aventures françaises — mais rien ne montre aussi clairement sa personnalité.

La première vient d’une visite à Disneyland. Je vous rappelle, elle n’avait que 3 ans. Là, il y a une attraction consacrée à Winnie l’Ourson, dit The Many Adventures of Winnie the Pooh. À l’extérieur, où on monte dans les voitures, il y a une rangée de lumières. On ne peut pas la voir dans la photo ci-dessous ; c’est sur le mur de la grange juste à gauche de l’entrée. Mais on peut la voir facilement d’où les passagers montent dans la voiture (exactement où celle dans la photo est stationnée).

Photo de l'entrée de l'attraction de Winnie l'Ourson
L’attraction de Winnie l’Ourson, Photo par
Benoît Prieur, Domaine public

Les lumières paraissent être juste des décorations. Elles sont toutes blanches, et chacune s’allume et s’éteint grosso modo par hasard. Sauf pour une. Après les avoir regardée pendant des minutes, elle m’a dit, « Regarde, papa, celle-là est un feu rouge ! Elle ne s’allume que quand la voiture a le droit de partir ! » Et elle avait raison.

L’autre histoire s’est passée quand nous sommes allés ensemble dans un resto. Ayant ses 3 ans, je voulais qu’elle arrête d’utiliser la poussette, et qu’elle marche partout. Mais elle avait d’autres idées. Quand je me suis garé dans le parking, je lui ai dit, « Oups, désolé, j’ai oublié la poussette à la maison. Faut marcher. » Elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit « Vérifie le coffre, papa. » Elle savait que j’avais menti. Si seulement vous auriez pu entendre le ton. Ce n’était pas une question. C’était le lieutenant Columbo disant « Juste une dernière chose ». Elle m’a eu et elle le savait !

3 ans, je vous dis.

Vous comprenez pourquoi on a des dialogues comme celui-ci. Et pourquoi je les encourage, plutôt que la punir pour son culot. Face à une telle personnalité, il n’y a rien d’autre à faire que de la développer.

Trop envie

J’ai fait une jolie boulette il y a deux jours, et c’est l’histoire la plus Justin que je vais vous raconter pendant tout 2025. « Oh là là », vous vous dites, « avec ce niveau de confiance, il a dû demander à quelqu’une de sortir ». Non, c’est encore plus stupide que ça.

Caïn venant de tuer son frère Abel, statue dont le visage est couvert par la main droite
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Vous savez déjà que j’ai une très chère amie à Rouen. Elle poste parfois des liens vers des immobiliers intéressants. Cette fois, elle a partagé le post d’une inconnue (à moi) sur Facebook avec un appartement de 55 mètres carrés, très joli même si plutôt petit par rapport à mon passé (j’habite actuellement dans un appartement de 100 mètres carrés, et jamais moins de 70). Au-delà de ces détails, il n’y avait d’autre infos. Mais il était 1h du matin chez moi, je venais de poster la recette des penne, ce qui m’a mis dans un état déjà un peu amer envers la Californie, et c’était dans cet esprit que j’ai répondu :

Je suis preneur, et je m'en fous d'où et du prix ! Je veux juste quitter la Californie !

Je me sens énormément coupable à cause de ce qui a suivi. Quand je me suis réveillé, j’avais plusieurs réponses. Il y avait un message de la propriétaire actuelle, qui voulait savoir si j’étais sérieux. Et il y avait un autre de mon amie pour me dire que c’était quelque chose de sa cousine et elle comprend mais si je ne suis pas sérieux, merci de ne pas donner de faux espoirs (ce n’est pas une citation exacte ; elle est plus gentille avec moi que je mérite).

Je comprends complètement. Je ne savais pas que cette fois, c’était de la part d’une connaissance personnelle, mais si on va laisser de tels messages, on est responsable pour ce qui arrive après.

Au moins une partie était quand même vraie. Aucune langue humaine n’a les bons mots pour exprimer le point auquel j’ai envie de quitter la Californie. J’ai fait les penne pour vous car j’étais en train d’avoir une crise de nostalgie après plusieurs jours de ne manger rien que du mexicain. Je viens de vous dire que l’on paye 50 % de plus pour McDo que le reste du pays — et le gouvernement de l’état menace de hausser encore une fois le SMIC (lien en anglais) juste pour les restos rapides, afin de le rendre encore plus cher. (Il faut comprendre que le vrai but est de réduire la consommation de ces produits parmi les pauvres, rien à voir avec « un salaire vital », l’expression commune.)

Pour vous donner un autre exemple lié à McDo, si on utilise l’appli au resto, il y a une variété de remises disponibles. Anciennement, il y avait une remise de 20 % sur toute commande d’au moins 15 $. Après le 1er janvier, c’est désormais sur toute commande d’au moins 20 $.

On va bientôt avoir un nouvel impôt de 50 centimes le gallon d’essence — pensez à 12 centimes le litre si ça vous aide. Ce sera juste en Californie et nulle part ailleurs. Nous payions déjà les impôts les plus hauts du pays (lien en anglais), 0,69 $ le gallon ainsi que 0,52 $ de « frais », donc 1,21 $ le gallon au gouvernement. Ça augmentera jusqu’à 1,70 $. Le deuxième plus haut ? L’Illinois à 67 centimes le gallon. Tout ça est au nom de nous dire — et je suis 100 % sérieux — que ça rendra les voitures électriques plus abordables. Les impôts paieront des remises aux acheteurs riches de ces voitures — sauf Tesla, car l’état est en guerre contre Musk (lien en anglais).

En ce moment, il y a des incendies qui sont en train de détruire des milliers de maisons dans le comté de Los Angeles. Pourtant, il n’y a pas d’eau dans les bouches d’incendie (lien en anglais). Le gouvernement de l’état dit qu’il y a juste trop de demande. Mais on n’a pas construit de nouveaux réservoirs depuis les années 60. Et on refuse absolument de brûler les broussailles avant que les grands incendies n’arrivent, car on n’accepte aucune pollution. On a même annulé ça en octobre 2024 (lien en anglais). Vaut mieux que des milliers de personnes perdent ses maisons.

Il y a une entreprise nationale, U-Haul, qui offre des camions de location pour déménager. Pendant 5 années de suite (lien en anglais), la Californie est l’état dont le plus de camions sont loués afin de la quitter.

Cet état n’est plus « L’État en or » (« Golden State »), comme on disait. C’est un asile pour les malades mentales qui continuent de punir les citoyens les plus pauvres en mettant le feu littéralement aux maisons de tout le monde.

Je regrette tellement d’avoir taquiné la cousine de mon amie. Mais si on me disait « Justin, vous pouvez vivre dans un hameau de 50 personnes en Lozère et nulle part ailleurs en France », je l’accepterais sans hésiter un moment.

L’arrêt à la californienne

Je n’ai pas grand-chose aujourd’hui ; c’est un moment stressant. Alors je vais me plaindre d’un comportement que mes con-citoyens ont adopté plutôt récemment. Par récemment, je veux dire depuis environ 3 ans déjà, mais pas plus. Je l’appelle « l’arrêt à la californienne ».

Vous savez tous qu’un carrefour n’est pas seulement un supermarché, que l’usage ordinaire du mot veut dire un croisement de deux rues. Parfois il y a des feux rouges pour gérer le traffic, parfois il n’y a que des panneaux octogonaux rouges qui disent…euh, « stop ». À votre place, j’insisterais sur « arrêt », comme au Québec, mais comme je vous dis parfois, je ne peux pas faire pour vous ce que vous refusez pour vous-mêmes. Si vous voulez dire « week-end » au lieu de « fin de semaine », je ne vais pas vous corriger. De toute façon, je crois que l’on sait tous de quoi je parle.

Quand il n’y a que deux voies dans des sens opposés, il n’y a vraiment pas de problème si on ne s’arrête pas devant les panneaux. Bien sûr, pas pour les piétons, ou comme je les appelle, les quilles, mais il n’y a pas de risque d’accident de voiture. Dans ce qui suit, je parle des carrefours avec des voies dans 3 ou 4 sens ; c’est-à-dire, les situations où on peut faire un virage à angle droit ou croiser le chemin d’un autre. Je pique un dessin de Wikipédia pour illustrer ce que je veux dire, même si dans ce cas, il n’y a que des panneaux de stop dans 2 des 4 sens.

Dessin qui montre un carrefour avec des voies dans 4 sens, mais avec des panneaux de stop seulement dans 2 des 4 sens.
Carrefour avec 4 voies, Dessin par Roulex 45, CC BY-SA 3.0

Aux États-Unis, la règle quand il y a plusieurs voitures qui arrivent en même temps, c’est que la première voiture à arrêter sera aussi la première à partir. On imaginerait que ça encouragerait les gens de s’arrêter le moins de temps possible, et on aurait raison. Mais la nouveauté californienne est bien pire que ça.

Si deux voitures approchent de l’intersection en même temps, la deuxième ralentira comme si elle allait s’arrêter. Mais dès que le chauffeur voit que la première voiture s’est arrêtée, il accélère et fait son virage sans s’arrêter du tout.

Comme vous pouvez imaginer, c’est extrêmement dangereux. Si on fait ça d’une position assez loin derrière la ligne transversale, c’est bien possible que le conducteur de la première voiture croie que la deuxième voiture s’arrêtera, alors il entrera l’intersection. Les connards comptent sur la peur de nos jours, car ils savent que nous savons tous que le type qui approche peut être un maniaque meurtrier.

J’ai failli me faire tuer le jour du Réveillon cette semaine, car un tel chauffeur a décidé que même une distance de 100 mètres derrière le panneau n’était guère une raison pour ralentir, peu importe s’arrêter. Encore une fois, ce ne serait pas un si grand problème si ces types ne faisaient pas de virages directement devant les autres voitures. Mais la Californie, c’est le pays des « moi d’abord », et franchement, s’ils risquent de tuer des inconnus, ils s’en foutent.

Le bilan de l’année 2024

Ça y est, la fin de la quatrième année entière du blog. Cette année est plus douce-amère que les autres parce qu’elle a vu beaucoup de fins. Revivons l’année 2024 d’Un Coup de Foudre.

Images de l'année : albums de Nicolas Moro et Sandrine Mallick, tarte aux figues, tarte tropézienne, bokit, Biosphère et Lachine à Montréal
De gauche à droite, de haut en bas : Nicolas Moro, tarte tropézienne, Sandrine Mallick, bokit, Biosphère de Montréal, steak sauce Roquefort, tarte aux figues, Lachine. Haute résolution en cliquant.

Commençons avec mon obsession, le trafic, auquel il faut mettre un stop dans les Caraïbes. (Désolé, je suis incorrigible — mais je l’assume.) Au début de chaque année, j’aime estimer ce que je considèrerais une bonne année, ou encore plus, une année de rêve. Ayant terminé 2023 avec 30 966 vues sur 15 309 visites, j’ai décidé qu’une bonne année serait 42 000 vues sur 20 000 visites, et une année de rêve serait 50 000 vues sur 25 000 visites. Avec 49 900 vues sur 26 700 visites pour commencer le dernier jour de l’année, j’ai fini avec 50 124 vues sur 26 826 visites. Je vous remercie tous pour ça.

Connaissez-vous le film « Y a-t-il un flic pour sauver le président ? » ? Au début, le lieutenant Drebin reçoit un prix « pour ses 1000 revendeurs de drogues tués ». En l’acceptant, il dit « En fait, j’ai percuté les deux derniers avec ma voiture, mais heureusement, il s’est avéré que tous les deux étaient des revendeurs. » Je me sens comme si j’atteins mon but de même façon ! (C’est ma traduction ; je ne connais pas la VF officielle.)

Parlons des fins. En avril, on a fêté mes 100 films français avec une semaine de mon classement. Il n’y aura jamais une vraie fin aux films, mais je me sens comme si c’était la fin du projet de les regarder afin d’apprendre la langue. Le débit d’un film par semaine n’a duré qu’une année, de 2020 à 2021, mais ça reste l’époque la plus extraordinaire de ma vie. J’ai travaillé pendant plus de 6 mois sur le tableur qui est devenu mon classement, et c’était un soulagement de le mettre enfin derrière moi.

Octobre a vu la fin du plus grand projet du blog, le Tour des Départements. Je n’ai toujours pas les bons mots pour la combinaison de joie et de tristesse qui va avec cette fin. Vous les lecteurs ne voyez que les produits finaux. Pour moi, ne plus visiter le site du Guide Vert presque tous les jours sent l’état de manque. ([C’est pourtant rien par rapport à ses cris pour du nougat de Montélimar. — M. Descarottes])

Et bien sûr, il y avait les pertes personnelles. Mon amie Pascale me manque tous les jours, et je ne suis toujours pas guéri du choc de la mort de M. Descarottes. Hier, j’ai posté la pub suivante dans le groupe privé de l’OCA dans l’espoir que l’on pourra profiter du bol de rechange que je gardais, ou de sa cage :

Capture d'écran d'un post sur Facebook avec des photos de la cage, d'un bol neuf, et d'un sac de nourriture.

Mais cette année a aussi vu des points forts. La tarte aux figues de Claire Heitzler et la tarte tropézienne de Yann Couvreur seraient les meilleurs desserts de n’importe quelle année du blog. Le bokit (et la poudre à colombo) était exactement le plat bon marché que je cherchais au fil du Tour, et la pièce de bœuf sauce Roquefort de Chez Gégène vient d’apparaître dans le bulletin de l’OCA en tant que ma recette pour deux pour la Saint-Valentin. (Je ne recommande que personne planifie un dîner romantique sur ma parole.)

Et parlons du bulletin — est-ce qu’il y a même une personne qui aurait deviné que je prendrais en charge la responsabilité d’écrire une publication de 30 pages tous les deux mois pour une association francophone ? Je ne le crois toujours pas moi-même ; pourtant, quand j’ai vu la demande originale en mars, j’ai tout de suite su que j’étais la bonne personne pour le poste. Et j’ai des nouvelles à cet égard — à partir de janvier, je ferai enfin partie du bureau et assisterai aux réunions, exactement comme j’avais espéré. Ne me demandez pas comment — peut-être qu’il y a eu des conversations dans les coulisses, mais je ne sais rien.

N’oublions pas le voyage à Montréal de l’été. J’aurais préféré que ce soit juste moi et La Fille, mais nous y avons passé de bons moments, surtout rencontrer enfin Anne-Marie, première abonnée du blog !

Côté musique, le nouvel album d’Indochine est arrivé et parti sans faire grand-chose chez moi. (Mon article sur « The Salingers », en revanche, c’était très populaire.) Mais 2024 a aussi vu deux de mes découvertes préférées, Sandrine Mallick et Nicolas Moro. Je les écoute quotidiennement même après des centaines de fois pour « Swing à La Villette ».

Je n’ai lu que 3 livres en français cette année : Le jour où je me suis convertie, par Claire Koç, qui a suscité la polémique, ainsi qu’autre chose, PluriElles, par Céline Kokkomäki — ma recommandation la plus forte de l’année, et Outsphere 3 : Réligions, par Guy-Roger Duvert, toujours mon auteur préféré. Backup ne compte pas, car lu en anglais. J’espère que la grande nouvelle de 2025 à cet égard sera la publication du livre du Tour — en quelques mois, je serai à la recherche de correcteurs pour lire environ 10-15 pages chacun. Je ferai mon tout pour le sortir avec une vraie édition, parce que je crois — égocentrique que je suis — que ça méritera mieux que disparaître parmi les millions d’auto-édités.

C’est ici où je finis habituellement en me plaignant que l’article le plus populaire du blog reste celui sur la fois où j’ai failli me faire avoir par un brouteur. Mais cette année, ce n’est plus le cas — quelle que soit la raison, je ne suis plus le maître des brouteurs en formation. En fait, cet article ne fait même pas partie du top 10 :

Top 10 des articles cliqués sur Google, dont les blagues de la semaine, ma critique du livre de Claire Koç, et la règle de 666, les trois mesures d'un homme exigés par les américaines

Je suppose que je suis toujours le Balzac des fausses relations, vu que l’article le troisième plus populaire se traite des attentes irréalistes des américaines. Mais ne vous inquiètez pas, les internautes sont devenus plus effrayants que jamais. Ce qu’ils recherchent, ça me dégoûte :

Des top 20 recherches, il y en a 4 sur la vie personnelle de Claire Koç et son mari, et une sur « Jeanne Added vie privée », alors que les brouteurs sont tombés en 20e place. Bien sûr, je suis ravi que les blagues soient devenues une destination importante pour les internautes, mais mes articles sur les femmes nommées sont strictement sur leur travail. Je suis heureux de voir que certaines recettes obscures ont attiré de l’attention, le frescati et les macarons de Boulay, mais je trouve cette tendance écœurante. En plus, si je vais être lié avec une chanteuse comme ça, elle sera Julie Zenatti, Véronique Sanson, ou personne. Non, mais je n’écris pas sur elles de cette façon non plus.

Hélas, on ne peut pas choisir le moyen de sa renommée. Mais je vous apprécie chacun et tous, et j’essaie de ne jamais vous faire perdre du temps — je reste reconnaissant pour chaque moment que vous passez chez moi. Merci de votre confiance, merci de m’avoir lu en 2024, et on se reverra en 2025 !

La Gauloise ratée

Comme je vous ai récemment dit, aux États-Unis c’est pire d’être juste soupçonné d’avoir fumé une cigarette que de maltraiter les « petits gens » (on dit en anglais « little people » ; peut-être qu’il y a une expression plus courante pour ce que je veux dire — ceux qui ne sont pas prestigieux). Ceci n’est pas une apologie pour le tabac, mais il y a tant d’hypocrisies sur le sujet que ça va peut-être donner la mauvaise impression aux lecteurs nord-américains. Alors juste pour être clair :

Je n’ai jamais rien fumé, soit une cigarette soit un cigare soit de la marijuana. (Pour des raisons dégoûtantes, cette dernière passe crème en Californie.) Même chose pour le tabac à priser, la snus, quoi que ce soit. Je ne l’encourage pas non plus et ma fille a certainement entendu ce message de ma part. (Il est possible qu’elle soit plus stricte que moi ; à voir si ça continuera.)

En 1921, l’une des plus grandes chaînes de stations-service aux États-Unis a été fondée, Pep Boys (lien en anglais). Leurs pubs étaient célèbres pour les dessins des fondateurs, Manny, Moe, et Jack, toujours avec un cigare dans la bouche de Manny, qui fumait dans la vraie vie. Voici un exemple :

Publicité de 1937 qui montre des dessins des 3 fondateurs de Pep Boys
Publicité des Pep Boys de 1937, domaine public

Mais en 1990 (lien en anglais), Manny a perdu son cigare à jamais :

Logo de Pep Boys de 1990, où le cigare de Manny a été supprimé
Pep Boys logo de 1990, CC BY-SA 3.0

En 1997, on a ouvert un mémorial au deuxième président Roosevelt, celui de la Seconde Guerre mondiale. Sa statue n’avait aucune cigarette, malgré le fait que toute photo de lui montre une cigarette à la main.

Statue du président Franklin Roosevelt à Washington, D.C.
Statue du président Franklin Roosevelt, Photo par JohnEditor132, CC BY-SA 4.0

En 1998, le gouvernement de l’État de Californie a interdit de fumer partout dans les bâtiments — les restos, les arènes, les bars, etc. Pas les immeubles, mais avec du temps, la grande majorité l’ont banni en plus — et il m’énerve sans cesse que les gérants réagissent immédiatement à tout rapport d’une cigarette, mais si ses voisins font la fête jusqu’à 2h du matin tous les jours, tant pis.

En même temps, ce même gouvernement — je parlé de Californie seulement, pas le fédéral à Washington, D.C. — a décidé qu’il voulait vraiment être le partenaire silencieux des entreprises du tabac. Les impôts sur un paquet de cigarettes, anciennement 0,37 $ le paquet, ont été presque triplés, jusqu’à 0,87 $ :

Capture d'écran d'un tableau qui montre tous les impôts sur les cigarettes en Californie
Source

À l’époque, cette augmentation était censée payer les coûts des maladies liées au tabagisme. Mais au fil du temps, on disait, « Pourquoi pas forcer les fumeurs à payer tout ce que l’on veut — les EHPAD, les dentistes, le sida, quoi que ce soit ? » Alors en 2017, on a voté une augmentation de 2,00 $ le paquet, un autre triplement des impôts. Et parce que l’on s’en fout du fait que c’est un impôt sur les citoyens les plus pauvres, au-delà de moi, qui le trouve injuste, personne ne se plaint de la hausse des revenus.

Capture d'écran d'un graphique qui montre les revenus annuels de l'État venant des impôts sur les cigarettes
Source

Je ne vous dis pas ça pour vous ennuyer avec des chiffres, mais plutôt pour vous montrer qu’à partir des années 90, il devenait de moins en moins acceptable d’être vu en public avec des cigarettes ou autour de fumeurs. Et que de nos jours, on peut leur faire tout et n’importe quoi.

C’est ça le contexte pour avouer quelque chose qui me dérange depuis 30 ans déjà. En 1995, il y avait une élève française à ma fac, là pendant une année pour un séjour linguistique. Comme toujours, je garde la confidentialité de toute personne mentionnée sur ce blog, alors je ne mentionnerai pas son nom, mais je l’ai vite trouvée sur les réseaux sociaux, ce qui a confirmé que je n’avais rien imaginé.

On vivait dans le même dortoir. Je savais exactement qui elle était, car la fac n’était pas grande, et toutes les rentrées, les universités avaient l’habitude de publier ce que l’on appelle un « facebook » — un livre avec tous les noms et photos des nouveaux élèves. (Maintenant vous savez d’où le nom du réseau de M. Zuckerberg.) Pourtant, je ne lui ai jamais une fois dit bonjour. Pourquoi ?

Parce que tous les jours, je la voyais dans la cour du dortoir, une cigarette à la main, en train de fumer. Et j’avais bien adopté les nouvelles mœurs du pays, selon lesquelles les fumeurs étaient — et restent — à un pas des lépreux.

Je ne m’intéresse pas du tout aux cigarettes, mais je me demande parfois ce qui se serait passé si j’avais dit bonjour à la gauloise avec la Gauloise.