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Les 1 500 Coups de Foudre

Ça y est, on est arrivé à 1 500 articles en autant de jours, plus un. (Je l’ai vérifié avec une calculatrice.) Ça comprend une séquence de 896 jours de suite. (Les captures d’écran en bas sont des remplacements pour des temporaires avant la publication.) Je savais que ce jour arriverait ; or, après le Grand Bilan du Tour et la fin des 100 films, je me sens comme si j’ai déjà assez écrit dans ce registre pour l’année.

Pour les 500 posts du blog, j’ai annoncé le lancement de la balado. Les 1 000 posts était l’occasion d’une rétrospective. Au-delà d’une page Facebook (jamais lancée afin de ne rien signaler à mon ex), je n’ai pas envie de lancer un autre canal pour le blog — il n’y a pas assez de traffic sur Twitter, Instagram ou Spotify pour le justifier — alors que faire ?

Je suppose que l’on aura une autre rétrospective, mais de façon très différente. Tous les octobres, je vois une augmentation du trafic qui met grosso modo le niveau pour l’année à venir, car Google revalorise les sites. Cette année, ça veut dire que même des choses que j’avais oubliées sont trouvées par tel ou tel Internaute. Voici des pépites que vous ne connaissiez pas, ou avez probablement oubliées :

Le tuvoiement : J’ai une faiblesse pour inventer des mots en français, et ceci est l’un de mes préférés, après poubelletaine. Ceci était pour décrire l’expérience d’avoir des gens avec qui je fais des aller-retours entre le tutoiement et le vouvoiement, parfois dans la même conversation. Rien n’a changé, mais c’est amusant.

La manne céleste : Avant la disparition de myPanier (il existe toujours, mais seulement en ligne), j’aimais tellement y aller dans l’espoir de trouver telle ou telle nouveauté. Et parfois, si on annulait une commande, quelque chose de surprenant serait là. Ce jour-là, c’était un sac de Savaroises de St-Michel. Je tuerais pour un sac de Savaroises en ce moment.

L’humour Martine : Il me semble que je ne devrais même pas savoir que les livres de Martine existent. Après tout, le temps que j’aie commencé, j’étais déjà beaucoup trop vieux pour ces livres. Pourtant, j’ai fait partie de nombreux groupes qui partagent des parodies de leurs couvertures. (Ils disparaissent régulièrement, probablement à cause de plaintes venant de l’édition.)

Une astuce pour voyager aux États-Unis : Je ne suis pas opposé à notre système de pourboires pour les serveurs. Mais depuis le Covid, on a perdu tout sens. J’ai récemment vu un comptoir dans un resto, uniquement pour des commandes à emporter, qui demandait 20, 25 ou 30 % comme pourboire. Pour rien, à des employés qui gagnaient déjà le SMIC (le pourboire est censé être au lieu du SMIC). On n’a jamais autant payé pour si peu de service.

Parlons en japonais : J’ai expliqué la signification d’un t-shirt de mon premier cours de japonais. Il y a beaucoup de choses dans les archives ici qui n’ont rien à voir avec la France, mais valent quand même au moins un sourire.

À la pharmacie : Dans les griffes d’un rhume, j’ai fait un cauchemar sur ce qui m’arriverait en France si j’étais tombé malade. J’ai donc fait mes recherches sur les noms des médicaments. Sauf pour une catégorie qui sentait le piège.

Le mensonge de «Black Friday» : À cause de la Grande Fête du Tour, je ne pouvais pas revisiter ce billet injustement oublié, car écrit tout au début, la vérité derrière l’une des expressions que je déteste la plus en anglais. Suivi « comme le blanc sur le riz », comme on dit en anglais, par « Cyber Monday », et de nos jours « Cyber Week ».

Le vrai chez Tricatel : Impossible à sur-estimer l’influence de L’Aile ou la cuisse sur moi. Alors quand j’ai découvert que Jacques Tricatel était un très légèrement déguisé Jacques Borel, j’ai dû en savoir plus. Mon père et La Fille n’avaient aucune idée à quel point j’étais ravi quand nous avons dîné chez Courtepaille un soir, car cette entreprise est l’un des successeurs de M. Borel.

Mais je dois conclure en vous disant que vous avez tous raté la meilleure blague du blog lundi. Personne n’a écouté la balado, alors personne n’a entendu le nouveau slogan de la campagne de M. Descarottes :

Des carottes pour tous, et tous pour Descarottes.

Je pourrai écrire 1 500 billets de plus, mais je ne dépasserai jamais celle-là !

VoiceOver

Aujourd’hui, je ne serai que sérieux, enfin presque, car je veux sincèrement que tout le monde prenne quelque chose en compte. Ce que vous faites avec les infos suivantes est à vous, mais ça m’est important.

La semaine dernière, j’ai tenté le défi de la blogueuse Il Est Quelle Heure, de lire l’article lié ici avec l’aide de VoiceOver, la technologie d’iOS qui permet l’accessibilité aux lecteurs aveugles. Surtout, elle voulait que l’on essaie de lire le texte alternatif d’une photo de son chat. J’ai eu des aventures à cet égard, car activer cette technologie n’est pas grand-chose, mais la maîtriser, c’est tout autre histoire.

Photo du monument à Louis Braille au Panthéon
Monument à Louis Braille au Panthéon, ©️Justin Busch 2021

Pour ce qui suit, j’ai changé la langue de mon portable en français. Si vous voulez vivre le vrai cauchemar, faites comme ma première expérience, et gardez la mauvaise langue pour le portable par rapport aux textes lus en ligne. Ces technologies ne s’attendent pas à des cas de figure plurilingues, et liront les textes un caractère à la fois.

Alors, on va commencer par activer VoiceOver. Ça se trouve dans le menu d’accessibilité dans les réglages pour iOS :

Capture d'écran pour montrer où trouver VoiceOver

Une fois sélectionné, la vie va vite changer, car tout élément sur l’écran en fera partie. Dès que l’on active VoiceOver, il y aura beaucoup de nouvelles options. Vous voyez que « Parole » est sélectionné ? On va toucher deux fois — une fois sera désormais juste pour sélectionner, pas pour activer — et choisir la voix :

Capture d'écran des options Parole, Braille, etc.

La voix au début s’appelle Thomas. Je suis sûr qu’il est un chic type, mais pour mes buts, on va la changer. Je ne sais pas quelle soit la différence entre une Audrey de qualité et une Audrey premium, mais après quelques essais, j’ai fini par choisir Aurélie. Il y a longtemps, j’ai dit à La Fille que si je pouvais tout refaire, elle s’appellerait Aurélie. Non, je n’en connais pas une. J’aime le son, c’est tout. (Si vous avez lu cet autre billet soigneusement, peut-être que ce n’est pas toute l’histoire. Mais je l’ai dit bien avant.)

Capture d'écran du menu pour sélectionner une voix, dont Audrey, Aurélie et Thomas

De toute façon, je recommande fortement que vous suivez le tutoriel offert. Voici une petite vidéo du début pour mieux comprendre :

Même avec de l’expérience, vous pouvez voir que je rate souvent les gestes de balayer. Voici une autre courte vidéo, de naviguer au bon blog dans mes abonnements, puis de trouver l’article, puis de trouver l’image. Ça passe moins vite que d’hab, car VoiceOver soulignera chaque élément le long du chemin :

Vous aurez remarqué qu’il y avait deux descriptions de l’image. La première était en fait générée par une IA après avoir analysé les contenus. L’autre, c’était la légende, lue à haute voix.

Ouvrons maintenant le même article dans le navigateur Safari, pas au-dedans l’appli. Les choses changeront. Écoutez le texte lu par Aurélie, qui je vais mentionner autour de mon ex sans divulguer son identité :

C’est très différent de ce que l’on a entendu de ma chère Aurélie — l’IA ne savait pas que le chat de l’image s’appelait Stella. Ce que vous venez d’entendre cette fois, c’était le texte alternatif, écrit par l’autrice d’Il Est Quelle Heure afin de communiquer aux aveugles exactement ce qui est dans la photo. Peut-être que vous aurez remarqué que l’appli WordPress a sauté le texte alternatif — il est bien possible que j’aie raté un paramètre, mais je veux attirer votre attention vers quelque chose d’important. La légende avec le lapin était trompeuse. Si vous avez l’habitude de relier les légendes au texte du billet, et peut-être y faire des blagues — je le fais, certainement — ça pourrait tromper les lecteurs aveugles. Le texte alternatif, c’est pour eux.

Voici où trouver le texte alternatif pour l’ajouter à vos photos dans l’appli :

Capture d'écran des paramètres d'une image dans l'appli WordPress

Et au cas où vous utiliseriez la version web :

Capture d'écran de l'éditeur du bloc dans la version web

C’est la toute première chose au-dessous du titre « Réglages ».

Si vous avez joué n’importe quelle de ces vidéos, vous savez que VoiceOver recommence à nouveau à chaque fois où vous interagissez avec n’importe quel élément sur l’écran. Je suis sûr qu’un utilisateur plus doué que moi a des astuces pour réduire les diversions. J’avais déjà commencé à ajouter des textes alternatifs à partir du début novembre, mais cette expérience m’a vraiment enseigné l’importance pour ces lecteurs. Et je pouvais tricher en étant voyant !

Je ne trouve pas que ce soit un grand effort, mais ce sera différent pour chacun. Je ne ferai honte à personne qui laisse le texte vide. Mais pour moi, tous les lecteurs sont égaux, sauf pour ce nouvel abonné et ses confrères :

Capture d'écran d'un abonné dont le nom d'utilisateur est « Le meilleur maître marabout africain du monde entier »

Je fais donc tout ce que je peux pour les accueillir, et j’espère que vous penserez à faire pareil.

La carte d’homme

La Fille veut que j’écrive ce billet, même si l’on ne l’a pas discuté à l’avance. Il y a un sujet où nous sommes complètement en désaccord, et bien qu’elle ait tort, je ne sais pas si on parle de la même chose en France, au moins de même façon. Toutefois, je crois que même si je me trompe du vocabulaire, il n’y a pas d’homme au monde entier qui ne comprendra pas exactement de quoi je parle.

Carte d'identité californienne (modèle), fourni par le département de véhicules à moteur
Carte d’identité californienne (modèle), Photo par Department of Motor Vehicles, Domaine public

Mettons une scène hypothétique. Supposons que vous êtes au supermarché, et ne savez pas où trouver la poudre de perlimpinpin. On pourrait demander à un employé quel rayon chercher. Mais honnêtement, il n’y a jamais assez d’employés, et il est fort probable qu’une fois trouvé, le malheureux aille juste dire, « Je ne sais pas » ou pire « Faut que je le demande au gérant », et en plus vu que c’est une poudre, c’est probablement soit une aide de pâtisserie soit un produit de santé et je peux vérifier les deux rayons plus vite que ça, et si ce n’est pas là, je vérifierai le rayon d’épices, et ainsi de suite.

Si vous avez lu tout ce paragraphe en disant, « Mais c’est ridicule », vous êtes une femme. Si vous hochiez la tête tout le long du paragraphe précédent, félicitations, vous avez gardé votre carte d’homme.

Autre exemple : Vous êtes enfermé dans une toute petite pièce avec une bombe nucléaire qui explosera d’ici 10 minutes. Sur le sol est un scientifique, kidnappé par les mêmes terroristes que vous, gravement blessé mais toujours capable de parler. Sur la table, à côté de la bombe, est un livre intitulé « Manuel pour désactiver les bombes nucléaires », signé par le même scientifique, mais il fait 500 pages. Vous faites quoi ?

Si la réponse est « Demander de l’aide au scientifique », vous êtes une femme. Si vous dites plutôt, « Il n’y a pas de temps à perdre ! Faut que je m’en débrouille tout seul ! », votre carte d’homme reste valide.

Mieux vaut mourir dans une boule de feu que d…d…d…demander ! Beurk, je me sens tout sale juste pour l’avoir dit !

Vous avez sûrement une idée de quoi je parle, maintenant. En anglais, on parle de la « man card », une sorte de carte de membre en tant qu’homme. Ce n’est jamais imprimé, mais on peut quand même la perdre en faisant certaines choses. Demander de l’aide pour chercher quelque chose. Lire un mode d’emploi. Avouer que l’on ne sait pas quoi faire.

Il ne faut pas confondre ça avec le fait que nous refusons tous de l’aide dans les magasins quand on l’offre sans demande. De nos jours, il est impossible de flâner dans une grande surface sans qu’un vendeur s’impose. Ils veulent vous mettre de la pression pour acheter quelque chose. Les clientes féminines ne sont pas aussi dérangées par ça que les hommes, car elles sont plus sociables. Mais les clients masculins ne s’intéressent pas du tout aux avis des vendeurs, qui ne comprennent pas ça.

Il arrive souvent que La Fille et moi soyons quelque part tel que Home Depot (pensez à Leroy Merlin) ou Macy’s (pensez à Galeries Lafayette, mais seulement en dehors du Boulevard Haussmann). J’aurai du mal à trouver quoi que ce soit, et elle me dira, « Just ask » (Il suffit de demander). À chaque fois, je commence à faire des grimaces malades, tousser violemment et cracher les lettres « a-s-k » un par un. Elle insiste qu’il n’y a pas de telle chose qu’une carte d’homme, que je ne risque rien, et qu’en plus, je fais semblant de souffrir.

Mais elle dirait exactement ça. Elle est une fille, après tout. Et moi, je ne plaisanterais jamais sur de telles choses. Ça risquerait de me faire perdre ma carte d’homme !

Meurtres aux États-Unis

D’abord, un grand merci à vous tous pour avoir reçu l’article d’hier dans le bon esprit. J’ai entendu les nouvelles en conduisant pour le déjeuner, et j’ai tout écrit pendant l’heure suivante, en attirant des regards perplexes. Honnêtement, tout est parti de la première question qui m’est venue dans l’esprit — « Que ferait Dogbert dans ce cas ? — et dès que je me suis dit « Détourner la situation de la retraite à son avantage », le reste s’est écrit. Évidemment, je connais assez bien l’actualité, mais il y a toujours une certaine peur qui va avec tenter ce genre d’humour de l’étranger. Je voulais surtout ne pas me comporter comme John Oliver ou Trevor Noah, deux soi-disant humoristes à la télé ici, des immigrés les deux, qui méprisent tous les jours le pays où ils gagnent des millions de dollars. Il y a un public pour ça, malheureusement.

Mais mon sujet hier allait être sur les voisins en bas dont j’ai envie de faire sauter leur appartement. Ça détruirait le mien, un problème, mais comme ils le méritent, avec de la musique forte jusqu’à 1h30 tous les matins. Leur argent étant apparemment plus vert que le mien (expression américaine pour se plaindre d’être mal servi par rapport aux autres), il m’a fallu deux mois de demandes avant que la gérante ne leur ait dit quelque chose. Pourtant, et vous savez que je suis sérieux, je ne ferais jamais rien en réalité contre eux. Quelqu’un doit s’occuper de La Fille et de M. Descarottes, après tout.

Aujourd’hui, les cons de mon pays — je vous jure que ce n’est pas tout le monde, mais comme c’est difficile à croire en ce moment — fêtent un meurtre politique. J’ai essayé de vous dire en été que la moitié du pays croit aux meurtres politiques comme façon légitime d’avancer son programme. Je vous garantis que personne ne connaissait le nom Brian Thompson avant mercredi, sauf ses employés, mais beaucoup de monde sont ravis de son meurtre dans une rue new-yorkaise (lien vers Le Monde).

M. Thompson était PDG de l’une de nos plus grandes compagnies d’assurance de santé, UnitedHealth. Ma seule plainte sur l’entreprise, c’est que j’y ai passé un entretien d’embauche il y a une décennie, j’ai entendu que c’était une réussite, puis rien. Mais vu son domaine, beaucoup de monde ont une dent contre l’entreprise, car elle ne paye pas toutes les réclamations. (Expliquer pourquoi ça arrive est hors sujet cette fois. Mais c’est légal en général.)

Je ne dis pas que tout le monde devrait l’aimer. Mais il a laissé une veuve et deux enfants après avoir été fusillé 3 fois en derrière par quelqu’un qui semble être un pro. Au cas où ce ne serait pas clair, les balles ont eu les mots « deny », « defend », « depose » inscrits sur leurs cartouches, d’après un livre contre l’assurance privée (lien en anglais). On dit souvent ici, « Si tu n’as rien de gentil à dire, ne dis rien ». Au lieu de ça… je n’ai pas de mots, sauf que j’ai honte de partager un pays en commun avec ces types.

Voici la réponse de Taylor Lorenz, ancienne journaliste chez The New York Times et Washington Post, maintenant chez Vox. Ça dit « J’ai écrit sur le bazar de couverture des médias sur le manque de « civilité » et « respect » en ligne après la mort du PDG de United Health. » Le dessin avec l’étoile qui sourit ? « PDG descendu ». Et le titre de son article, « Oui, « nous » voulons que les cadres d’assurance meurent ». Pour être bien clair, elle condamne les condamnations.

Tweet sur BlueSky qui dit « J'ai écrit sur le bazar de couverture des médias sur le manque de "civilité" et "respect" en ligne après la mort du PDG de United Health. »
Capture d’écran

Voici un exemple complètement sans ambiguïté de quelqu’un qui dit « Les actions produisent des résultats » en réponse à une nouvelle qu’une compagnie d’assurances annulera une décision controversée après le meurtre :

Tweet sur BlueSky qui dit « Les actions produisent des résultats ».
Capture d’écran

Voici une professeure d’éthique à Saint Louis University, qui dit « Alors, je ne fête pas que le PDG de UHC a été fusillé dans la rue, je n’en suis pas triste non plus. Les gens méritent mieux que l’industrie d’assurance et les poulets sont rentrés. » Cette dernière expression veut dire que l’on a reçu les conséquences méritées de ses actions. Dit autrement, elle le trouve justifié et on peut ignorer le reste.

Alors, je ne fête pas que le PDG de UHC a été fusillé dans la rue, je n'en suis pas triste non plus. Les gens méritent mieux que l'industrie d'assurance et les poulets sont rentrés.
Capture d’écran

Il y a des milliers comme ceux-ci. Supposons qu’ils ont raison et que ce monsieur était responsable de milliers de morts. Qui a donné au tueur le droit de le fusiller dans la rue ? De risquer de blesser d’autres personnes ? De faire tout ça sans procès ? Si ce n’est pas un crime de tuer M. Thompson, ou de tenter d’assassiner un candidat présidentiel, pourquoi est-ce que la droite ne devrait pas faire pareil ?

Ces gens sont des monstres qui ne seront jamais heureux jusqu’à ce qu’il y aura une guerre civile. Et ils ont des postes d’influence.

Premier ministre

([J’avais planifié tout autre chose pour aujourd’hui, mais vu l’actualité française, M. Descarottes souhaite reprendre la parole. — Justin])

Bonjour, les amis, c’est votre cobaye préféré, M. Descarottes. J’ai entendu parler que vous êtes désormais à la recherche d’un nouveau premier ministre. Je suis sûr que vous vous ennuyez de ce tourbillon et aimeriez tous juste regarder Fort Boyard en paix. Mais en plus, vu que vous avez du mal à choisir entre la gauche et la droite, vous avez besoin d’un autre choix, quelqu’un qui n’est là que pour soi-même. Et, euh, pour vous.

Moi.

Une photo en gros-plan de M. Descarottes dans sa cage.
Le candidat

Mon programme ne sera rien d’autre que populaire. Disons qu’en anglais, on dit que les hommes politiques offrent un choix entre une carotte et un bâton (lien malheureusement en anglais), et moi, je suis expert en carottes. Alors, voici le programme du gouvernement Descarottes :

  • La retraite à 4 ans — Je trouve cet argument entre 63 et 64 ans ridicule. Aucun membre de ma famille n’a jamais atteint ses 10 ans, et mon prédécesseur est mort à l’âge de 18 mois. On va donc mettre en place une règle plus réaliste vu les besoins de mes parents.
  • La réforme agricole — Je suis bien au courant des plaintes des agriculteurs et je compatis. Je ne veux surtout pas qu’ils finissent comme leurs collègues dans les Pays-Bas. Le gouvernement Descarottes imposera donc un prix minimum de 120 % des prix actuels pour les légumes. Cependant, il faudra désormais pousser seulement les carottes et les laitues.
  • La réforme du Conseil — Il faut que la sobriété budgétaire commence au sein de mon gouvernement. En conséquence, je n’aurai que deux ministres, un âne et un serpent. Pourquoi ne pas avoir des vrais pour une fois ? Si vous avez besoin de traduction, leur porte-parole sera M. Laurent Gerra, car il est déjà expert en parler pour tout le gouvernement.
  • Relations étrangères — Il n’y aura pas de guerre en Europe sous mon gouvernement. Cependant, à partir du premier jour, nous serons en guerre contre le Pérou. Ça durera jusqu’à ce qu’ils reconnaissent les droits des cobayes et arrêtent de nous manger.
  • La réforme judiciaire — Depardieu et Palmade seront condamnés à nettoyer ma cage tous les jours, sans plus de procès. Ce sera télévisé sur LCP, et les publicités qui iront avec paieront la dette. Le gouvernement déménagera au ZooParc de Beauval au cas où ils finiraient trop vite.
  • La réforme fiscale — Même chose pour les acteurs qui ne payent pas leurs impôts. Depardieu ne s’en sortira vraiment pas !
  • La transition écologique — Il faut baisser la consommation d’électricité, mais n’étant un gouvernement ni de droite ni de gauche, la peine doit être partagée. Les médias de M. Bolloré et les concerts des rappeurs seront donc tous les deux interdits. Avec du temps, je crois que même leurs fans comprendront la sagesse de cet échange. En plus, l’équipe du PSG sera interdite de voler en jet privé, d’après la loi Mbappé du 10 décembre. (Je sais qu’il n’est plus là. C’est juste un hommage.)
  • Droits des animaux — Le Canard enchaîné peut continuer de se publier, mais il faut libérer les canards. Si le Dauphiné pouvait le faire, eux aussi.
  • Recherche scientifique — Je veux que nous soyons les chercheurs les plus prestigieux en génétique, car c’est l’avenir. Chaque département sera donc chargé de développer sa propre variété de carottes si une n’en existe pas déjà. Les AOP pour tous !
  • Liberté d’expression — Garantie comme avant, sauf que l’expression « les carottes sont cuites » sera interdite. C’est une pensée dégoûtante.

Mais je ne veux pas que vous pensiez que c’est juste un complot pour laisser le gros mettre les pieds en France. J’ai deux idées pour lui, à choisir par une vote pendant un téléthon (on va lui rendre utile pour un but caritatif ; je suis généreux comme ça). Est-ce que l’on va le renvoyer dans les terres australes avec rien à manger sauf des escargots, où il n’aura le droit qu’à donner des leçons d’anglais par Zoom ? Ou est-ce que l’on va le rattraper dans une boule en plastique à la frontière espagnole afin qu’il puisse voir la France sans y entrer, pendant que tout le monde lui parle en espagnol ?

Descarottes — 49.3 carottes dans les pots de chacun !

Cadeau d’anniversaire

Ce n’est pas le post que vous étiez censés voir ce matin. Malheureusement, plusieurs choses sont mal allées en ce qui concerne la surprise que je faisais. J’espère que je la posterai plus tard aujourd’hui. Heureusement, complètement par hasard, on m’a envoyé un cadeau d’anniversaire inattendu une semaine à l’avance (le bon jour, c’est le 22 novembre).

Deux tomes intitulés « Molière : Ses plus belle œuvres ».

Vous pouvez facilement reconnaître l’auteur ainsi que les contenus de ces deux tomes. Le truc surprenant, c’est qu’ils sont un cadeau de la part de mon frère cadet. Dire qu’il n’est pas fan de ce que je fais ici, c’est un euphémisme. Mais il serait également vrai de dire qu’il ne sait pas que le blog existe. C’est juste que je sais qu’il préférerait que je ne perde pas de temps avec ce qu’il trouve un rêve bête.

Mais je l’apprécie vraiment. Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il y a 28 ans, il m’a donné un cadeau plutôt lié à celui-ci. C’était la traduction complète de « À la recherche de temps perdu ». Je regrette de vous dire que je ne l’ai jamais terminé. Ce n’était même pas proche. Je l’ai toujours et… j’allais cacher ceci jusqu’après la fin de la Grande Fête, mais j’avais planifié une nouvelle colonne hebdomadaire avec Proust en traduction anglaise. (Je ne suis pas assez ambitieux pour le lire en VO.) Mais maintenant, avec Molière ici, il me faudra penser à nouveau à quoi faire d’abord. Vos avis seront les bienvenus.

Il fera longtemps avant que je croie que c’est un rêve bizarre. Sérieusement.

Bon 4e anniversaire au blog

Il y a 4 ans aujourd’hui, j’ai publié mon premier post sur Un Coup de Foudre. Je n’arrive toujours pas à croire que ça fait 856 jours de suite (la capture d’écran vient d’hier), 831 664 mots (ce post pas compris), 243 posts avec des recettes (dont beaucoup du Tour avec plus qu’une — il y a probablement environ 300 recettes en total) — et un Tour des 101 départements, fini juste à temps.

Franchement, je suis épuisé.

D’habitude, les posts d’anniversaire ont deux choses en commun : un nouveau dessert (gâteau chocolat-framboise, Saint-Honoré, macarons « Montélimar ») et des réflexions de plus en plus mélancoliques sur l’avenir. Il n’y a pas de dessert cette fois, juste les réflexions.

L’année dernière, je vous ai écrit :

Pourtant, il reste le cas que ce sont largement des activités virtuelles. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais j’aimerais toujours que ce soit la vraie vie, non pas seulement des trucs que j’écris la nuit. Je ne sais pas comment changer ça en vivant à Elbe-en-Irvine, mais je ne vais nulle part. En repassant sur les autres anniversaires du blog, on peut voir que j’ai plus ou moins la même pensée à chaque fois. Au moins je suis cohérent.

Rien n’a changé. Je me dis souvent que j’écris sur deux choses : la France et moi-même. Tout blog est en quelque sorte l’histoire de son auteur ; on les lit parce que son point de vue nous intéresse. Vu ce qui est arrivé juste après minuit hier, je n’ose pas dire que la partie sur la France ne va pas :

Je l’apprécie vraiment, et je vous remercie. Mais si vous avez fait attention, vous savez que la partie personnelle…n’est pas une telle réussite. Je ne parle même pas des relations, même s’il m’énerve que la bise oblige certaines personnes de me toucher de façon qu’elles préféreraient évidemment ne pas faire. J’ai voulu mourir pendant un tel moment le week-end dernier. Je ne sais pas comment me sortir de ces situations. Mettez ça de côté.

Au premier anniversaire, je vous ai dit :

Je crois que je peux enfin vous dire le vrai secret du blog, qui est peut-être moins un secret que quelque chose dont il vous semble toujours que je plaisante. Je dis parfois que ce blog est la plus longue liste de courses au monde. Mais je cherche quoi exactement ?

Où habiter.

Avec la fin du Tour, j’ai ma réponse. Je l’ai depuis longtemps, honnêtement, mais si je pense que les deux dernières années au sein de l’OCA représentent mes efforts pour apprendre à vivre parmi vous, je dois les considérer un échec. Il m’a fallu deux ans juste pour créer assez de liens que l’on ferait du covoiturage avec moi ! Personne ne se débrouillera jamais dans la vie quotidienne là où il est étranger, pas comme ça. Je n’ose pas partager certaines choses des coulisses, mais je sais maintenant qu’il me faut traiter l’avenir comme si je dois commencer de zéro si j’arrive sur le sol français. C’était la leçon la plus dure de l’année.

Alors ce blog continuera sur son chemin planifié. J’ai certainement des plans — le blog sur la France m’a amené à des endroits que je n’ai jamais imaginé. Je ne sais toujours pas ce que j’espérais trouver quand j’ai ouvert Duolingo pour la première fois, mais après 4 ans, 100 films, et un Tour complet, le Coup de Foudre m’a sous son emprise plus que jamais. Mais si je veux que ce soit plus qu’un intérêt académique, je dois trouver un moyen pour réussir la vie parmi vous au-delà d’Internet.

Présidentielle 2024

J’ai menacé d’écrire ce post il y a des semaines. Novembre n’est pas pour les hommes politiques (à moins que l’homme politique français à qui je veux parler le plus dise qu’il veut apparaître sur la balado — ceux qui se souviennent des Dessins de la Semaine sauront qui). Il n’y aura pas de prédiction ici. Je veux plutôt vous expliquer pourquoi nous sommes à ce point.

Ce qui suit n’a pas pour but de vous convaincre de changer d’avis. Mais je vais critiquer seulement une personne, parce que vous entendez seulement des critiques de l’autre personne dans la presse française. Vous connaissez les arguments contre lui. Je vous dis souvent que je ne haïs pas les habitants des états « rouges », et que je ne crois pas que la moitié de mes concitoyens soient des nazis. Je veux que vous voyiez pourquoi je les comprends.

On commence avec des photos prises dans le Walmart de mon quartier. Ce n’est pas du tout la Californie de mon enfance, ni même Irvine que jusqu’en 2020 :

C’est ça la vie à chaque fois où je veux acheter des lames pour mon rasoir, ou de la crème à raser. Je dois appuyer sur un bouton, puis attendre 10-20 minutes pour qu’un employé ouvre la vitrine. Pourquoi y a-t-il des vitrines fermées à clé au milieu du magasin ? Parce qu’en 2014, mes con-citoyens ont voté pour adopter une loi, Proposition 47, qui a haussé la valeur de biens volés afin d’inculper quelqu’un pour un crime, de 400 $ à 950 $. Moins que ça, c’était désormais un délit. Oui, c’est la faute aux citoyens lambdas, parce qu’en Californie certaines lois doivent être adoptées par le public, pas seulement l’Assemblée. (Seulement 26 états fonctionnent comme ça — lien en anglais.) C’était le Procureur général qui a dit que ce ne serait pas un moyen pour simplement excuser les crimes ou ne pas les poursuivre, et en fait Mme le procureur général a même écrit un sommaire qui a apparu sur les scrutins, et dit que cette loi « économisera des centaines de millions par année pour la justice criminelle »

Deux ans plus tard, en 2016, on a déjà vu que le taux de vol à l’étalage avait haussé (lien en anglais) par 15 % partout en Californie dans les supermarchés et les pharmacies. Mais pendant les années à venir, la situation a empiré de plus en plus. Le temps que 2021 soit arrivé, des gangs se sentaient à l’aise à cambrioler des dizaines de milliers de sacs à main des meilleurs magasins dans les meilleurs quartiers de l’état. Personne n’est jamais poursuivi pour ces crimes. Ne me croyez pas sur parole ; voici un clip d’un cambriolage de sacs de Neiman-Marcus (hyper-cher) à San Francisco, en pleine journée :

La semaine prochaine, on va finalement voter pour restaurer les vieux crimes (lien en anglais). Mais le Procureur général qui a lancé tout ça refuse même maintenant à dire qu’elle avait tort ou de soutenir la nouvelle loi.

Mme le Procureur général se nommait Kamala Harris.

Voici une autre photo du même Walmart :

C’est directement derrière les caisses automatiques. Vous ne reconnaissez pas ces produits. Ce sont tous des biscuits mexicains, largement de l’entreprise Gamesa, le LU mexicain. Je n’ai pas grandi avec ces choses malgré avoir vécu à 70 km de la frontière jusqu’à mes 18 ans. Les clients qui achètent ces produits n’habitent pas dans mon quartier ; ils viennent de Santa Ana, la ville voisine. Walmart les trouvent plus rentables que moi.

Vous savez que j’ai une relation compliquée avec le Mexique. Je vous fais leurs plats (tacos, chili colorado, birria) et j’appelle leur cuisine le patrimoine de notre Sud-ouest. Un jour, j’espère vous chanter ma chanson « mariachi » préférée. En même temps, je n’apprécie pas qu’il faille parler espagnol pour faire des achats à nombreux endroits en Californie. Ni que ces gens renvoient plus de 63 milliards de dollars à la maison (lien en anglais), puis exigent aux services sociaux de payer les choses que je dois payer moi-même, comme l’assurance médicale. (Ce n’est pas un argument pour faire comme en France — cet argent ne ferait pas partie des impôts, car c’est souvent gagné « sous la table ». On met ça de côté.)

Depuis le mandat de Bill Clinton, on appelle le fonctionnaire responsable de gérer la frontière mexicaine le « border czar« . Ce titre est informel — en général, la personne est officiellement « U.S. Attorney », « Assistant au Président », ou autre chose. En 2021, beaucoup de journaux ont rapporté (Axios, The Hill) que M. le président Biden avait nommé quelqu’un pour être responsable de réduire le taux d’immigration illégale — certains l’a appelé « border czar », autres non. Pendant les 3 prochaines années, ce taux a monté en flèche ; ce graphique montre juste le nombre d’arrestations à la frontière — on considère qu’en général, le nombre d’arrestations est un reflet du nombre d’entrées illégales, impossibles à compter directement :

Source : US Customs and Border Patrol

Mais cette année, beaucoup des mêmes publications ont dit qu’en fait le fonctionnaire chargé de la frontière ne l’était jamais, et que tous leurs rapports de 2021 étaient erronés (Axios, Time). C’était qui le fonctionnaire en question ? Mme la vice-présidente Harris.

Après le premier attentat contre M. Trump, je vous ai dit que tous les candidats républicains sont appelés fascistes par les Démocrates depuis 1948. Pourtant le seul président à emprisonner des citoyens à cause de leurs origines, c’était Franklin Roosevelt, pour qui une station du métro parisien est nommée. Pensez à ça quand vous entendez ce mot de notre côté.

On a le choix actuel car M. Biden a eu un débat si catastrophique que personne ne pouvait plus mentir sur son état. Pourtant, pendant les 3 dernières années, on nous a dit que c’était du complotisme à croire que quelque chose n’allait pas. Malgré tout ce que j’ai dit en haut, j’aurais soutenu Mme Harris si elle avait invoqué le 25e Amendement pour remplacer M. Biden, car il faut avoir un président capable de prendre des décisions.

Dernière chose, je souhaite que je puisse vous faire comprendre que les partis politiques ici ne sont pas comme ceux en France. Il y a 4 ans, il n’y avait pas de NUPES ; il y a 2 ans, il n’y avait pas de NFP. Les partis viennent et partent. Ici, les deux les plus importants ont duré pendant des siècles. Ce sont une question d’identité personnelle ici de façon inconnue en France. Beaucoup des arguments que vous entendez de notre côté devraient être comprises comme les produits de cet esprit.

Je comprends qu’en considérant seulement les relations étrangères, vous considérez probablement seulement un des deux d’être le bon choix. Mais j’espère que vous comprendrez mieux pourquoi les états rouges feront l’autre choix, et pourquoi ça ne leur rendent pas votre ennemi.

Prête pour les fêtes

J’ai eu deux soirées de jeux de cartes de suite ces deux derniers jours — belote le vendredi et tarot le samedi — alors j’ai dû cui-si-ner, et je n’ai pas préparé grand-chose pour vous aujourd’hui. Alors, je vous montrerai ce que j’ai fait, partager quelque chose de prévisible, puis j’ai un peu sur une conversation intéressante ce soir.

Vendredi, j’ai fait la tarte aux noix de pécan de chez Galatoire’s à la Nouvelle-Orléans, ce que je vous ai montré en 2022 :

Cette photo est plus qu’un peu trompeuse. Je suis plus que satisfait avec le goût, mais la pâte a rétréci de façon très irrégulière, alors vous ne voyez pas la mauvaise partie. Mais j’avais une raison.

Voici quelque chose de très récent pour mon dessert de samedi soir, le flan coco :

Voyez-vous le changement ? J’ai torréfié la noix de coco râpée qui fait le fond, et j’aime mieux son apparence. Voilà :

Je suis bien content des résultats. Malheureusement, je ne savais pas que l’un des invités était allergique et un autre n’aimait pas le coco. Oups.

J’ai eu besoin de la tarte parce que j’espérais remplacer la photo dans cette page pour mon prochain bulletin :

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Ça part de mon format habituel pour eux, car j’ai ciblé les fêtes à venir. Je préfère la vieille photo, alors je la garde. J’espère qu’ils seront contents de ces recettes, car une des deux n’est pas de la France, même si elle vient de ses descendants aux États-Unis. Je remercie encore une fois Anagrys pour les schwowebredele, car je crois que celle-ci est une belle réussite.

Je ne sais pas si on les utilisera, mais au moins j’ai livré deux choses pour la bonne saison. Il me faudra préparer une galette des rois mi-décembre pour la même raison. Peut-être plus qu’une pour les photos. Cette culture de prêt-à-Instagrammer me rend plus qu’un peu fou.

Ça nous amène à mon dernier sujet. Je me sens souvent comme j’ai un peu réussi à m’intégrer, car tout le monde attend « ce que Justin apporte ». J’apprécie ça, vraiment, mais il y a des fois où je me sens un peu comme le traître traiteur car personne ne me connaît en dehors des événements. Mais pendant ces derniers deux mois, je me sens comme si ça commence à changer enfin. On a fait deux tables de 4 personnes à la soirée de tarot, et pendant la pause pour le dessert, parce que j’avais exprimé un certain niveau de mécontentement au sujet de la vie dans Orange County, les autres m’ont vraiment écouté.

On va en discuter davantage plus tard, mais on a une conversation très différente quand tout le monde se soucie de quelqu’un, et il me semblait que l’on a eu cette conversation ce soir. Je l’apprécie.

Six heures en France

Aujourd’hui, vous aurez une histoire complètement inattendue, et certains d’entre vous diront que celle-ci me montre menteur. Car s’il y a une chose qui est le fondement de ce blog, c’est mon affirmation que je ne suis jamais allé en France avant mes 44 ans et un an et demi d’études frénétiques. La vérité, c’est à la fois plus compliquée et plus bête que ça, et après 20 ans de l’avoir crue perdue, j’ai récemment trouvée la preuve.

En 1993, pendant l’été entre mes 1ère et terminale années au lycée (on dirait plutôt 11e et 12e), je suis allé en Espagne avec six autres élèves de mon lycée, et notre prof de la langue, Señora Zabaleta. (Malgré le nom, elle est aussi américaine que moi — elle s’est mariée avec un espagnol.) Au fait, Sra et moi sommes récemment retrouvés à ce même lycée en août quand j’y ai visité. Elle était un peu déçue que j’avais changé d’équipe, mais pas du tout surprise par tout ce que j’ai fait, car j’ai été son élève pendant 3 ans, et elle me connaît bien. De toute façon, notre voyage.

Voici l’itinéraire. C’est en anglais, mais je fais confiance que vous savez tous ce qui veut dire « Madrid » :

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Ça vient d’un album de photos que j’ai fait après le voyage. Voyez-vous les mots Paris ou France quelque part dans cette photo ? Indice : Ô hell no. United, une de nos pires compagnies aériennes (je mens — elles sont toutes parmi nos pires), a vraiment mis le bordel dans un état de désordre et a annulé notre vol à Madrid de Los Angeles. En récompense, ils nous ont mis dans un vol à Paris, et de là à Madrid — dans la meilleure classe de ma vie. Ça s’appelait « Classe Connaisseur » — pas exactement 1ère, mais avec la même nourriture et de meilleurs sièges que nous avons payés. Puis, c’était Air France qui nous a apporté à Madrid. Ne me croyez pas sur parole — j’ai les preuves ! D’abord, le menu et un formulaire que j’ai gardé plutôt que leur envoyer :

J’ai pris des photos dans l’aéroport Charles-de-Gaulle. Oui, avec des pellicules de 36 photos, c’était mon idée de ce qui était important :

Secrètement — pas à vous, mais à mes compagnons et ma prof — c’était où j’avais toujours voulu aller, et voilà, j’étais si proche. On a dû attendre 6 heures avant notre prochain vol, et on a voté sur la question de quitter l’aéroport ou pas. Je faisais partie de l’équipe « Allons voir la Tout Eiffel », mais on a perdu, et je sais maintenant que les autres avaient raison. Le plus loin que nous aurions pu possiblement aller serait de prendre le RER B jusqu’à Notre-Dame, prendre des photos, puis retourner tout de suite. Même ça aurait été un risque et personne du groupe ne parlait un mot de français.

Tout à coup, un voyage d’un seul jour en France vous semble beaucoup plus logique, n’est-ce pas ? J’ai l’habitude.

Vu que mon passeport n’a jamais été tamponné (demandez à vos parents, tout n’était toujours pas numérique), et je n’étais donc jamais admis en France, je ne considère pas que j’ai menti. Mais j’étais sur le sol français pendant 6 heures, entouré par tout ce que je rêvais que la France pourrait être — toutes les boutiques des créateurs étaient là, même à l’époque.

On n’a pas encore fini. J’ai gardé une copie du magazine « Approche » dans mon album. Tout ce temps, j’avais peur que j’aurais l’air idiot ou dingue si je vous disais « Je me souviens d’exactement un gros-titre, « Six ans pour un ‘oui' », à propos de la nouvelle princesse japonaise. » Mais voilà, enfin :

Le magazine fait environ 80 pages, et je ne vais pas essayer de vous montrer le tout cette fois, mais pour Agathe, voici un peu de son article sur le Lot :

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Et un peu de l’article sur la princesse Masako :

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Je crois que l’on lira ce numéro ensemble dans un autre billet. Si vous aimeriez que l’on fasse ça, dites-le-moi dans les commentaires.

Je vous laisserai avec une question pour réfléchir. Vous savez maintenant que j’ai passé un quart de siècle en croyant que c’était la seule et unique fois de ma vie où j’irais en France. Et que la dernière décennie de ça, c’était car mon ex profitait de me barrer de quitter les États-Unis. Comprenez-vous maintenant l’urgence derrière tout ce que je fais ici ?