Très inhabituel d’avoir deux dîners départementaux dans la même semaine, mais je me sens pressé. Notre plat principal nécessite deux pâtes différentes que vous pouvez acheter au supermarché. Je dois les préparer à la main, alors c’est pendant que La Fille n’est pas ici, ou pas du tout. Mais je suis content des résultats. Je vous présente le pâté de pommes de terre et le pelaud d’Eymoutiers :
Honnêtement, bien que j’aime bien le pâté, je suis moins que ravi que ça aille faire 6 repas de suite. C’est un plat pour une famille, pas un type célibataire. Mais notre dessert, le pelaud, c’est une star. Fabriqué comme les macarons mais sans les parties difficiles, vous allez craquer pour les photos franchement « food porn ». Et je ne parle comme ça jamais, alors vous savez que je dis la vérité. Allons-y !
J’ai toujours deux buts en faisant mes dîners. Numéro un, c’est que tout doit être aussi authentique que possible. Mais numéro deux, c’est que je dois vouloir les manger, car en général, je le fais tout seul. Alors, j’avais peur de celui-ci car je ne voulais pas faire un farci poitevin — impossible de réduire les quantités quand il faut farcir tout un chou. Heureusement, Recettes et Terroirs m’a sauvé, alors je vous présente l’agneau mariné au vin blanc et le broyé du Poitou :
L’agneau ici est servi avec l’accompagnement miraculeux, le riz de Camargue. Allons les préparer !
C’est votre faute, mon vendredi soir d’enfer. Pendant toute la semaine dernière, j’ai vu un fraisier après un autre des grands pâtissiers sur Instagram — Nina Métayer, Yann Couvreur, Jeffrey Cagnes — et je me suis dit, « C’est la tendance et je ne suis qu’un mouton, alors si tout le monde fait des fraisiers en ce moment, il me faut en faire un ». Alors, voici le mien, d’après Yann Couvreur :
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J’ai fait le mien pour une soirée de tarot samedi, mais franchement, maintenant que je comprends vraiment comment le faire… si j’ai dit pour l’entremets Princess Peach qu’il fallait se nommer Julie Zenatti pour me demander de le refaire, pour celui-ci, il faudra que madame acceptera ma demande en mariage avant que je ne rentre en cuisine. OH LÀ LÀ, mais c’est du travail ! Vu qu’elle peut juste en commander un de Yann Couvreur, quel gâchis de ma part. Mais voyons quand même.
On continue maintenant le Tour avec le 87, la Haute-Vienne. C’est le département le trente-sixième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-viennois. C’est notre douzième et dernier séjour en Nouvelle-Aquitaine, et encore une fois, j’ai des larmes aux yeux à la fin d’une autre région.
On commence notre tour à la préfecture, Limoges. La ville est mondialement connue pour sa porcelaine, alors notre premier arrêt est le Musée national Adrien-Dubouché (3 étoiles Michelin), qui raconte l’histoire de l’industrie à Limoges ainsi que de poterie autour du monde, avec plus de 18 000 pièces dans sa collection. De nos jours, on peut aussi visiter la Manufacture Bernardaud dans la ville. On visite aussi la Cathédrale Saint-Étienne (1 étoile), construite à travers 6 siècles, dans un style largement gothique, remarquable pour son portail Saint-Jean du XVIe siècle. En 1169, Richard Cœur de Lion y a été confirmé comme duc d’Aquitaine. Ailleurs dans ce quartier, dit la Cité (2 étoiles), on trouve le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles), avec des collections de Renoir, d’émail, et même d’antiquités égyptiennes. On finit à Limoges avec quelque chose d’inhabituel, le Musée des Distilleries limougeaudes, partie de la Distillerie du Centre, et ce qui reste d’une industrie d’une cinquantaine de distilleries dans la ville.
Musée Adrien-Dubouché, Photo par Damien, CC BY-SA 2.0, Cathédrale Saint-Étienne, Photo par Babsy, CC BY 3.0, Les Fermes du Pont Charraud par Armand Guillaumin au Musée des Beaux-Arts, Photo par le musée, Domaine public, Musée des Distilleries limougeaudes, Photo par Damien, CC BY-SA 2.0
Juste au sud de Limoges, on visite le village de Solignac, pour prendre une balade le long du Sentier de la Briance et visiter son abbaye avec une des églises romanes les plus vieilles du Limousin. Quelques kilomètres à l’est, on passe par Feytiat, qui a de belles randonnées, mais largement car je trouve sa mairie l’un des plus beaux bâtiments au monde entier. Un peu plus à l’est, on visite Saint-Léonard-de-Noblat pour son ancienne collégiale romane (1 étoile), avec un clocher qui fait 52 m de hauteur. Notre dernier arrêt dans l’est du département est le Lac de Vassivière (2 étoiles), un lac artificiel de 1 000 ha, autour duquel on trouve plein de beaux paysages et randonnées.
Ce ne serait pas Un Coup de Foudre sans un Devoir de Mémoire, alors on tourne vers l’ouest pour un pèlerinage au village d’Oradour-sur-Glane (2 étoiles), où les ruines et les cimetière témoignent à un crime sans pareil. Le village reconstruit est à côté.
Château de Rochechouart, Photo par MOSSOT, CC BY-SA 3.0, Château de Châlus-Chabrol, Photo par le château, CC BY-SA 4.0, Église des Salles-Lavauguyon, Photo par Traumrune, CC BY-SA 3.0, Fresque de l’église des Église des Salles-Lavauguyon, Photo par Traumrune, CC BY-SA 3.0
Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Vienne ? Mondialement, la première place appartient certainement au peintre Auguste Renoir, né à Limoges. Le chimiste Louis-Joseph Gay-Lussac, découvreur d’une loi fondamentale sur les gaz, est né à Saint-Léonard-de-Noblat. Lucien Ginzburg, dit Serge Gainsbourg, a passé 6 mois en tant que lycéen à Saint-Léonard-de-Noblat sous le pseudonyme de Lucien Guimbard pour se cacher des Voisins. Le peintre Camille Corot séjournait parfois à Saint-Junien.
Que manger en Haute-Vienne ? On est dans l’ancienne région de Limousin, alors c’est une cuisine très similaire à ses voisins creusois et corréziens. En plats principaux, on y trouve la pâté de pommes de terre, fait avec des pommes de terre, de la chair de saucisson, de la pâte brisée et de la pâte feuilletée (oh là là, du travail) et les choux farcis à la limousine, avec des pommes de terre et de la chair de saucisson. (On sent un thème ici.) En dessert, il y a la flognarde (déjà fait ici), comme un clafoutis aux pommes, le boulaigou, une crêpe épaisse, ou le pelaud, un petit-four à base de poudre d’amandes, recouvert de chocolat, et nommé pour « ceux qui pèlent la peau » chez la tannerie. Pour boire, il y a le gin « Bleu de Limoges » et les vins Haute-Vienne IGP.
Je savais depuis début octobre que ce serait mon dessert vendéen. J’avais envoyé une photo de mon flan pâtissier à mon amie F, et elle avait deviné que c’était un fion. C’était assez d’un indice pour moi ! (Au fait, j’espérais que ce genre de truc m’arriverait plus souvent, où les habitants des départements à venir me donneraient des idées.) Alors nous voilà ; voici le fion vendéen :
La véritable recette exige un moule que je n’ai pas, alors on parlera des changements à faire. Allons le préparer !
On va maintenant parler plus du gâteau que j’ai fait pour la fête d’anniversaire de La Fille hier. Comme je vous ai dit hier, c’était recouvert avec des bonbons Starburst suite à une demande de ma fille, qui ne les a pas pu mangé pendant deux ans à cause de son appareil dentaire :
La recette est d’après le gâteau au citron et à la fraise publié par Péla en mars, mais il me manque ses talents en tant que décoratrice dans les meilleures circonstances, et je doute qu’elle travaille jamais avec de tels bonbons. (Des Kinder, bien sûr, mais genre Carambar ? Jamais.) Je vais vous partager la recette avec mes changements pour la taille et quelques remarques sur les difficultés de le fabriquer à grand format. Allons-y !
C’est encore une fois le 5 mai, alors le temps pour mon dîner mexicain annuel à l’honneur de mon amie rouennaise (2022 — tacos, 2023 — birria). Cette fois, je vous partagerai mon plat mexicain préféré — de loin. Je le mange presque chaque semaine dans mon resto mexicain préféré, Rodrigo’s, où je suis si bien connu qu’ils ne me donnent plus une carte. C’est le chili colorado :
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Pour répondre à votre question, le nom n’a rien à voir avec notre état de Colorado ; le chili colorado vient de Chihuahua au Mexique. En espagnol, colorado veut dire « rougeâtre », et la sauce pour ce plat est bien rouge grâce aux piments secs que l’on va utiliser. Et pour répondre à votre autre question, d’habitude on le mange avec des tortillas, du riz à la mexicaine et des charros (haricots noirs). J’allais le présenter avec un dessert mexicain, que j’avais préparé en même temps, mais il n’est pas bien allé.
Ce plat a besoin de 3 ingrédients que vous allez avoir du mal à trouver en France, tous des piments secs. Des trois, le piment dit soit « ancho » ou « pasilla » est mon préféré — il a un goût similaire au piment d’Espelette une fois asséché. J’ai montré des photos à un ami qui connaît très peu la cuisine mexicaine et il m’a demandé si c’était hyper-épicé. En fait, ce n’est pas du tout le cas — mes goûts à cet égard sont identiques aux ceux du Français moyen, et je ne le mangerais pas si c’était plus épicé que notre thon à la basquaise.
Un renseignement amusant avant de nous lancer ? J’ai découvert ce plat pour la première fois chez Disneyland, pas au Vieux San Diego ou le quartier dit « East LA » (l’Est de Los Angeles). Mais après ça, je le cherche partout.
Ma recette vient du site Latino Foodie (lien en anglais). Je l’ai coupé largement par deux, mais la quantité de bouillon par seulement 1/4. Dans une cocotte de 6,75 L, impossible de tout couvrir avec moins de liquide.
Les ingrédients pour le chili colorado (2 personnes) :
4 piments secs « californien »
2 piments secs « ancho »
3 piments secs « árbol »
1 oignon, coupé en quarts
750 ml de bouillon de bœuf
3 gousses d’ail
1/4 cuillère à café de cumin en poudre
1/4 cuillère à café d’origan
De l’huile d’olive
500-600 grammes de paleron coupé en dès
1 1/2 cuillères à soupe de farine
2 feuilles de laurier
Les instructions pour le chili colorado :
D’abord, retirer les pépins et les tiges des piments californiens et anchos ainsi que les tiges des árbols. Faire le tout avec des ciseaux en coupant dans le sens de la longueur.
Mettre les piments dans une grande casserole avec les morceaux d’oignon. Couvrir le tout avec de l’eau froide et porter à ébullition.
Une fois bouillante, éteindre le feu, couvrir la casserole et laisser mijoter pendant 20 minutes.
Égoutter les piments et les mettre dans le bol d’un robot cuisinier avec 250 mL de bouillon de bœuf, les gousses d’ail, le cumin, et l’origan. Faire une purée.
Tamiser la sauce sur un grand saladier. Appuyer sur les solides avec une cuillère pour extraire un maximum de liquide. Jeter les solides.
Saler et poivrer les dès de paleron — j’ai utilisé du gros sel de Camargue.
Faire chauffer l’huile d’olive dans une cocotte.
Y ajouter le paleron et la farine. Remuer puis faire revenir pendant 4-5 minutes.
Ajouter la sauce de la 4e étape, 500 mL de bouillon de bœuf et les feuilles de laurier. Porter à ébullition puis baisser le feu à moyen-doux.
Laisser mijoter et réduire pendant 1 heure (les photos montrent 1/2 heure, puis la fin). Jeter les feuilles de laurier, saler et poivrer selon vos goûts, puis servir. Buen provecho !
Je connais mon dessert vendéen depuis longtemps, mais au moment où j’ai publié « Je découvre la Vendée », je n’avais toujours pas choisi un plat principal. Puis j’ai reçu plusieurs commentaires qui parlaient des mogettes, un genre de haricot blanc, et tout était clair. Je n’allais pas trouver un vin vendéen ici, et mon amie F serait mécontente si je servais un dîner dit « vendéen » sans vin ni pain, alors voici le préfou et la chorba d’agneau à la mogette de Vendée.
Aimeriez-vous un dîner moins compliqué pour le Tour ? Moi aussi. J’ai pensé à faire une bouillabaisse, parce que c’est un plat provençal que l’on n’a pas eu pendant le Tour, et je l’ai raté en quelque sorte, mais il y a très peu de preuves que ce plat est lié à ce département entouré. Puis deux coïncidences heureuses me sont arrivées et nous voilà. Voici les œufs à la provençale et les sacristains aux fraises :
Ni l’un ni l’autre n’est très compliqué à moins que vous deviez fabriquer votre propre pâte feuilletée. Allons faire notre dernier dîner provençal !
À chaque fois où un jeu vidéo sort avec de la pâtisserie, La Fille me demande à essayer de copier tel ou tel gâteau. Et dès que nous avons entendu parler que la princesse Peach serait pâtissière dans son nouveau jeu… c’était juste une question de quel gâteau. Après plus d’efforts que j’aimerais m’en souvenir, voici l’entremets mousse au chocolat de Princess Peach Showtime :
Après avoir vu le travail pour tout ça, vous allez me demander si j’ai envie de le refaire. Pour les macarons, je les fais sur demande. Pour une tropézienne, il vous faut faire partie de l’un de mes groupes. Pour ce truc, il faut soit être La Fille soit se nommer Julie Zenatti. Désolé, mais ce sont les règles. Allons le faire :