Le retour du m’as-tu-vu

Si je suis honnête, « m’as-tu-vu » est mon mot préféré de tout le vocabulaire de toutes les langues que je connais. J’adore sa sonorité. J’adore sa structure, la question qui ne l’est vraiment pas. Et étant une grosse ordure, j’adore me décrire de cette façon. ([C’est en fait le truc le plus gentil que je dirais chez vous. — Mon ex]) Mais oh là là, j’ai une raison cette semaine !

Les certifications d’ACTFL restent valides pendant deux ans. C’est pour ça que j’espère que je prendrai finalement l’examen DELF ou bien le DALF cette année, et ne plus avoir besoin de m’inquiéter. De toute façon, puisque ma certification de lecture était sur le point d’expirer — et peut-être que j’en ai besoin pour mon CV — j’ai donc pris les examens de lecture et d’écoute mercredi. Voici les résultats :

Un niveau de « avancé-haut », reçu pour la lecture, ça vaut un niveau C1. Mon rêve est enfin réussi, au moins partiellement. Un niveau de « avancé-mi », pour l’écoute, c’est seulement un B2, mais c’est toujours une amélioration. C’était « avancé-bas » l’année dernière. Encore une fois, voici le son de succès.

Je suis absolument interdit de parler des contenus de l’examen. J’ai dû signer de nombreux accords qui leur donnent le droit de me bannir pendant 5 ans si je mentionne le moindre détail. Alors, je dirai rien sur les questions. Mais fais-moi confiance, j’aimerais tellement cafarder sur les employés chargés d’administrer les tests ! J’ai dû recommencer celui de lecture quatre fois à cause d’erreurs de leur part !

Je considère que tout ça sert à valider ma stratégie. Il n’y a rien de plus d’apprendre des logiciels. Lire des romans, écouter la radio, la télé — la vie quotidienne, tout court — ce sont les meilleurs guides à ce point. J’ai pas envie de tomber dans la connerie des réseaux sociaux, alors il me faudra trouver une source d’études plus formelles. Je soupçonne que ça s’appellera « l’Alliance française », mais en ce moment, leur horaire ne me convient pas.

Cerise sur le gâteau, demain on se réunira pour un article que je ne m’attendais pas à finir jusqu’à 2-3 semaines plus tard. Mais avec cette nouvelle, j’ai tout à coup trouvé la confiance — et l’endurance — de mettre fin à une tâche difficile. Certains devineront vite la bonne chose — merci de ne pas la divulgâcher dans les commentaires.

Mon dîner oisien

Il y a des fois où j’ai franchement aucune idée de ce que je cuisinerai pour un département après son « Je découvre », pourtant le dîner finit par devenir un vrai coup de cœur. Je pense surtout à la Corse-du-Sud, à l’Eure, à l’Isère… et désormais, à l’Oise. J’adore les deux plats de ce dîner, qui feront partie de ma quotidienne. Tous les deux sont plutôt faciles, mais ont l’air d’un million de dollars, comme on dirait en anglais. Voici le potage Crécy et la mousse au chocolat et au Cointreau avec de la crème Chantilly :

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Not faire

En anglais, « fair » (en tant qu’adjectif) veut dire « juste ». On le prononce d’exactement la même façon que « faire ». Alors comme notre ami Calimero, qui se plaignait tout le temps que c’était vraiment trop injuste, les enfants anglophones se plaignent que « it’s not fair. » Mais moi, j’ai une autre plainte sur faire.

On l’utilise beaucoup trop.

Je suis aussi coupable que n’importe qui. On a la même mauvaise attitude paresseuse en anglais. Et les japonais, eux aussi. Nous disons tous « faire » ou « do » ou «する» (suru) comme s’il n’y a aucun autre verbe dans les langues. On fait les courses, les valises, le parcours, les magasins, un tour — il n’y a presque rien que faire n’arrive pas à… euh… faire. En anglais, ma mère a un coup de faire assez grave qu’elle dit « do the candles » (faire les bougies) pour dire « allumer les chandelles sur un gâteau ». Chez les japonais, c’est assez grave qu’ils disent « ai shimasu » pour « je t’aime » — c’est à dire qu’ils font l’action d’aimer quelqu’un.

Il s’avère que je suis très loin d’être le seul à se plaindre de ce problème. J’ai cherché « verbes au lieu de faire » avec le but de trouver ceux qui en avaient marre de faire, autant que moi. J’étais pas déçu.

Par exemple, j’ai trouvé un épisode d’un podcast qui parle d’une belle dizaine de synonymes pour faire, et je ne savais même pas qu’on pourrait utiliser faire dans certains de ces cas !

Il mentionne dire « Ça fait combien ? » et le remplacer faire par coûter. Mais moi, j’ai seulement appris coûter pour ceci ! Je ne suis pas sûr que j’aurais compris le sens s’il ne l’avait pas donné !

Autre exemple : Il donne deux phrases, « Je ne m’y fais pas. Je ne m’y habitue pas. » Encore une fois, je connaissais seulement « s’habituer » pour cette utilisation ! Peut-être que le hibou vert n’était pas aussi idiote que l’on en pense.

J’ai trouvé aussi cette leçon d’un lycée rouennais. Ils font la polémique contre plusieurs verbes, non pas seulement faire — et contre « chose » aussi ! Au lieu d’avoir, ils suggèrent « comporter », « éprouver », « poursuivre », etc. Mais il faut… euh… fabriquer attention : ces mots veulent dire des… hein, comment dire selon eux… ustensiles très particuliers. On « éprouve » des sentiments, on n’éprouve pas un stylo dans sa trousse. C’est peut-être pas si facile de tout simplement remplacer faire, ni avoir non plus. Voyons.

Le tour est quand même fait joué. Je ressens ai envie de faire composer des phrases presque aussi compliqués que dans mes livres. Je tombe suis toujours pas fini avec Prospérine Virgule-Point et la phrase sans fin (80 %), mais je remarque que dans ce roman, personne ne « dit » jamais rien. Ils bafouillent, ils marmonnent, ils grondent, mais disent ? Jamais. (11 fois dans les 100 premières pages, mais presque toujours dans les paroles d’un personnage.) Je peux confectionner faire ça, je vous gronde dis !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine mais encore une fois, je ne sais toujours pas quel sera le sujet.

Le don de sang

Aujourd’hui, je serai rien que sérieux en vous racontant une histoire.

En décembre 2021, Sadie, la niece d’une copine de classe de la primaire jusqu’à la fin du lycée, a eu un accident vasculaire cérébral. Elle n’était pas du tout malade — visiblement — jusqu’à ce moment-là. Elle a tout de suite eu plusieurs chirurgies du cerveau, mais le temps que la fin du mois soit arrivé, le vrai diagnostic a changé. Elle avait une leucémie.

Pour le 3 février, sa famille a organisé une collecte de sang :

Mais c’était déjà trop tard. Elle est décédée le 31 janvier de l’année dernière.

Moi, habitant à environ 120 km de cet événement, je n’allais pas y aller. Mais je me suis enregistré avec la Croix Rouge pour donner des plaquettes ce même jour-là. Rien n’est allé comme prévu. D’abord, ils ne m’ont pas dit de ne pas prendre de l’aspirine avant le don. J’ai dû donc attendre 4 jours de plus. J’y suis arrivé encore une fois — avec mon t-shirt Indochine, bien sûr, parce que je veux toujours que ces gens fassent un lien entre vous et la bienveillance :

Malheureusement, l’infirmière a fait un joli bordel en ratant une veine, et j’ai été bien blessé. J’ai rien mentionné ici à l’époque, mais j’ai eu besoin de 3 semaines pour guérir.

Mais une promesse est une promesse. Alors le 3 mars, j’ai essayé pour la troisième fois et 2 1/2 heures plus tard — les plaquettes demandent du temps — voilà :

Vous pouvez voir que j’étais déterminé, quant au t-shirt. Mais aussi quant au sang.

Dimanche prochain, la famille de Sadie aura un autre événement en son honneur. Au lieu d’y aller, aujourd’hui je suis revenu chez la Croix Rouge, et cette fois-ci, avec moins de drame. Dois-je vraiment vous dire quelle musique jouait dans ce casque audio 100 % fabriqué en France ? Ouaip, j’ai eu assez de temps pour écouter tout le concert d’Indochine. Le seule problème, c’est que l’infirmière m’a vu pleurer pendant « Nos Célébrations » et a pensé que quelque chose de mal m’est arrivé à cause des aiguilles !

À ce point, on aurait dû être un véritable Justin du 23 juin 2002 (le jour de la pire erreur de ma vie) pour ne pas voir le futur. Surtout le reste de ce post.

Il va vous surprendre, mais je n’ai jamais rencontré Sadie. Et si vous avez fait attention ici les dernières années, il y a très peu de monde de ma vie d’avant dont je chante les louanges. Mais sa tante, Michelle, est une princesse parmi les êtres humains, quelqu’un qui n’a jamais — même pas une fois — fait partie du harcèlement scolaire. C’était un honneur de lui rendre une si petite faveur.

C’est pourquoi je suis ici maintenant pour vous parler des plaquettes. C’est en même temps le don le plus facile et le plus difficile à faire. Le plus facile parce qu’il n’y a presque aucun temps de guérison — on peut le refaire toutes les 4 semaines (toutes les 2 aux États-Unis), pas comme les 2 mois entre les dons de sang entier. Le plus difficile parce que ça prend au moins 2 heures — ils vous rendent tout votre sang, moins les plaquettes, mais c’est un processus lent. Mais c’est aussi quelque chose d’essentiel pour les patients atteints du cancer, encore plus que le sang entier. Et la pire chose ? Les plaquettes durent seulement 5 jours après le don avant de périmer. « Heureusement », il y a assez de besoin dans ce monde pourri que les vôtres ne seront jamais gaspillées.

Je vais le rendre tout simple pour vous. En France, la Croix Rouge n’a rien à voir avec les collectes de sang. Vous avez plutôt l’Établissement français du sang. Cependant, il n’est pas le cas que toutes les maisons de dons peuvent prendre des dons de plaquettes. Voici la liste. Ne doutez pas que j’ai déjà tout lu. Voici l’examen pour vérifier si vous pouvez en donner.

Mais je n’aime jamais vous laisser sans blagues, alors voici un commentaire qu’un cher ami m’a laissé après avoir vu des photos en haut. Il me connais très bien.

Épisode 45 — des boulettes et des améliorations

Je ne devrais pas trop me plaindre de cette semaine. En plus du nouvel appareil photo, les disques d’Indochine, et Ne nous fâchons pas, j’ai reconstruit mon ordinateur avec un nouveau processeur et disque dur, et maintenant, ça marche vite. (J’ai la même attitude chez mes ordis qu’en cuisine — fait maison au maximum). Mais j’échangerais le tout pour être certain qu’il n’y aura pas de problèmes avec mon groupe de cinéphiles. On verra.

Je ne demande jamais rien des lecteurs, mais demain sera une exception. Je vais interrompre le rythme du blog pour vous parler de quelque chose très important à moi et j’espère que ce post-là vous inspirera. Disons juste que je ne demande jamais à personne de faire quelque chose que je ne ferais pas aussi. Alors, après l’avoir fait, on en parlera,

Et si je vous disais que nos supermarchés ont commencé à mettre les bonbons de Saint-Valentin sur les étagères le 24 décembre ? Et que j’ai vu les premiers bonbons de Pâques ce week-end ? (J’en ai acheté un, mon préféré de tous les temps ; on en parlera bientôt.) C’est pourquoi notre blague de la semaine traite de la Saint-Valentin, car c’est jamais trop tôt pour la prochaine fête ces jours-ci. Au fait, ma bûche de Noël pour 2023 paraîtra ici le week-end prochain. De toute façon, nos articles sont :

Il y a aussi La boulette, pas mon meilleur moment, et Comment avoir du son parfait, un tutoriel sur la production des balados.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Anchor, qui abrite le balado. Bonne écoute !

Ne nous fâchons pas

C’était mon amie F qui a fait la bonne chose pour me remonter le moral cet aprèm. Elle m’a rappelé ma petite vidéo de l’année dernière, et après ça, je me suis dit « J’ai besoin d’une bonne comédie comme en 2020 ». Alors ce soir, j’ai regardé « Ne nous fâchons pas », car il me semblait qu’un film avec Jean Lefebvre ne pourrait pas être trop sérieux. Je n’étais pas déçu.

Ce film est un vrai régal pour les amateurs des films français des années 60s. Comme j’ai mentionné plus tôt, c’est un film de Georges Lautner et Michel Audiard, avec Lino Ventura en vedette. Mireille Darc, connue ici pour Pouic-Pouic, Borsalino, Un grand seigneur, et Elle cause, n’apparaît que tard, mais dans un rôle important. Il y a des rôles de camée pour André Pousse, Robert Dalban, et France Rumilly (plus connue comme Sœur Clotilde des Gendarmes de Saint-Tropez). J’imagine qu’Audiard et Lautner avaient vu Thunderball (Opération Tonnerre en français) ; à son tour, Gérard Oury a évidemment bien étudié celui-ci pour Le Cerveau. Cerise sur le gâteau*, le rôle de Ventura rappelle bien son tour dans Les Tontons flingueurs et le tout est clairement une répétition pour le chef d’œuvre d’Audiard, Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

*(Montrez-moi l’étranger qui écrit de telles choses. J’attendrai.)

On commence avec Lino Ventura dans le rôle d’Antoine Barreto, ancien truand devenu homme d’affaires (ça sent Les Tontons flingueurs dès le départ !). La police lui en veut à cause de trois hommes qu’il a frappés. Il s’avère qu’il y avait un accident de voiture, et l’un des types frappés a été responsable, mais il s’est fâché contre les témoins aussi. Ça donne l’idée de son personnage.

Dans son entreprise, un magasin d’attirail de pêche, deux truands le recherchent, dont l’un d’entre eux est joué par André Pousse. En échange pour les aider à sauter la frontière italienne, ils lui offrent la dette d’un certain Léonard Michelon.

Barreto va chez Jeff, un ancien truand devenu restaurateur. On sait du nom de son resto que malgré les apparences, c’est pas ce que l’on appelle « une bonne adresse » !

Au fait, une autre fois, j’ai une histoire de homard à l’américaine pour vous, mais laissez tomber. Jeff lui envoie chez Michalon. Comme ce qui arrive souvent dans les films d’Audiard, ce film est plein de vocabulaire argotique. Je savais pas quel est un « lavedu » (un homme facile à duper) :

Plus tard, Jeff dit « On pourrait lui filer le traczir au colonel, non ? » Traczir n’est même pas dans mon dictionnaire Oxford ; ça veut dire peur. Pour sa part, Barreto dit à Jeff « Jeff, file-lui une tarte », qui apparemment veut dire gifler, vu ce qui arrive.

Quand Barreto arrive chez Michalon (Jean Lefebvre), il s’avère qu’un tueur à gages est là et Barreto le tue en légitime défense :

Barreto et Michalon doivent faire disparaître le corps du tueur, alors ils cherchent un embaumeur (Dalban, à gauche en bas). Il leur propose « le puzzle congolais », et on ne découvre jamais exactement ce que ça veut dire, mais on n’entend plus parler du corps, donc c’était efficace :

Mais le tueur était le sbire (j’adore ce mot) du « Colonel », un britannique qui arrive chez Jeff à la recherche de Michalon :

Le Colonel est bien évidemment le modèle pour le Colonel de David Niven dans Le Cerveau, tourné 3 ans plus tard. Je refuse toute autre explication. Au fait, j’accepte que je me ferai jamais passer mon accent pour celui de Nico, mais il ne me dérangerait pas de sonner comme David Niven en français. J’ai peur que je sonne plutôt comme le Colonel ici ; disons qu’il est carrément britannique, mais pas charmant comme Niven.

Il s’avère que le Colonel croit que Michalon sait trop sur son prochain complot, voler de l’or d’une livraison secrète entre les gouvernements soviétiques et français (encore une fois Le Cerveau !). Après un échange d’otages, Barreto rend visite au Colonel pour mieux comprendre. Et chez le Colonel, on voit pour la première fois un bizarre stéréotype que les britanniques jouent tous de la musique façon Beatles ou Dave Clark Five partout. Je dois vous dire, voir comment vous regardez les anglophones est souvent l’un des trucs les plus intéressants dans mes films.

Après ça, le Colonel trahit Barreto, et essaye de tuer lui, Jeff, et Michalon, tous. En route chez le Colonel après le premier attentat, Barreto et Jeff roulent sous ce panneau. Quelques moments plus tôt, on le croyait une fête ; c’était en fait une grève. Ne changez jamais, les Français, et je veux dire ça sincèrement.

Après une série d’attentats, Barreto et sa bande essayent de trouver un logement chez Gisèle, une amie, mais le Colonel est prêt. C’est France Rumilly au téléphone ici :

Finalement, le trio cherche de l’aide chez « Mme Michalon » (Mireille Darc), l’ex-femme de Michalon. Elle n’est pas du tout heureux de revoir son ex, mais tombe amoureux vite de Barreto :

La violence augmente et devient de plus en plus ridicule, façon Faut pas prendre etc. Je ne vais pas vous montrer tout ça, mais encore et encore les stéréotypes britanniques des années 60s ! Pour être clair, je suis pas du tout offensé — c’est Audiard, où tout est exagéré — c’est juste difficile à prendre au sérieux le Colonel en tant que méchant avec des musiciens qui le suivent partout.

À la fin, le Colonel perd tout son gang, et il y a finalement de la paix. Mais pour Michalon, il sera toujours quelqu’un qui lui en veut.

J’ai énormément profité de ce film. On voit beaucoup de visages familiers dans des rôles familiers, mais avec un scénario original, et la violence façon Bugs Bunny (c’est à dire comique et jamais sanglante) qui est typiquement Audiard. S’il y avait des sous-titres en anglais, je le montrerais à ma fille sans la moindre hésitation. Recommandé avec enthousiasme !

Comment avoir du son parfait

Je vous ai menacé d’écrire un tutoriel pour vous expliquer comment améliorer la production d’un balado. Puisque je manque toujours d’inspiration, c’est exactement ce que vous allez avoir. Mais j’espère qu’au moins ma publicité pour le prochain épisode vous fera rire.

Alors voici l’enregistrement brut, fait avec Ferrite sur mon iPhone et mon microphone AKG Lyra :

Et voici ses données :

Le son n’est pas le meilleur, hein ? Il y a des bruits partout, dont beaucoup de souffles. Heureusement, Ferrite a de bons effets automatiques, et jusqu’à la semaine dernière, ce sont exactement mes outils de choix. Voici les données :

Vous pouvez clairement voir les résultats d’auto-nivellement. Mais comment sonne-t-il ?

Le bruit de fond est bien coupé, mais pas parfaitement, et il y a toujours des souffles. En fait, les souffles ne sont même pas réduits. Je supprimais les souffles à la main au passé — mais pas plus. Commençons pour la dernière fois avec les données :

Ce sont exactement les mêmes qu’avant. Alors, ajouterons notre premier effet, le « noise gate » (réduction du bruit) :

Seuil est à 4 %. On va le couper, jusqu’à 2 %. Aucun autre changement n’est nécessaire.

Et maintenant, ajouterons l’effet auto-nivellement :

Vous pouvez encore une fois voir l’effet auto-nivellement. Et comment sonne-t-il maintenant ?

Mais où sont donc passés les souffles ? Tous disparus. Il n’y a rien que ma voix et juste assez de réverbération pour que ce soit naturel. S’il vous semble que les différences n’existent pas, votre volume est trop bas, et vous écoutez probablement soit sur un portable soit dans une voiture en mouvement. Avec un casque audio comme mon Focal Elegia, c’est bien évident !

La meilleure chose, c’est que c’est tout. Pas besoin de supprimer même pas un bruit à la main. Si vous êtes comme moi, et enregistrez tout plusieurs fois, il vous faudra toujours tout éditer. Mais maintenant, ça passe rapidement !

Les disques Central Tour

Mon colis est finalement arrivé le 18. Voici les contenus :

Et dès qu’ils sont arrivés, j’ai fait une bêtise. (C’est ma semaine.) J’ai dû conduire une distance assez longue pour écouter, disons, les vingt premières minutes. Le premier des 3 CDs commence avec Nos Célébrations, exactement comme au concert (extrait en bas). Mais ce n’est pas un enregistrement pris des micros sur scène juste aux moments où le groupe joue. C’est plutôt un documentaire de l’évènement, avec l’ambiance de la foule, et tout le parler de Nico entre les chansons. Et exactement comme au concert, j’étais dépassé par le souvenir d’avoir été là quand le groupe est monté sur scène, et j’ai commencé à pleurer. Faut pas pleurer en conduisant !

(Il y a certaines chansons qui marchent bien pour ça. Voici deux armes pour m’arrêter net, n’importe où.)

Je veux être bien clair : la raison d’être (désolé pour l’anglicisme) de ces disques, ce n’est pas écouter la musique, pour autant que je l’aime. Les albums servent le mieux à ce but. C’est plutôt le parler et la foule. C’est passer un moment absolument magique avec Dimitri Bodiansky, leur ancien saxophoniste, quand cette foule hurle son approbation pour le revoir. C’est écouter les « encore plus fort » pendant « Marilyn » ou les « woo » pendant « Miss Paramount ».

Les 3 CDs font 2h30 au total ; le film comprend une heure entière d’autres choses, dont un tour de la tour au centre du stade, et un enregistrement de la chanson « Atomic Sky », qui ne fait pas partie des CDs. C’est un petit truc qui ne m’aide même pas, parce que j’ai acheté le bon lecteur pour le Blu-Ray Zone B il y a longtemps, mais ce disque est pour tous les zones. Les fans au Pérou et au Québec n’auront pas besoin d’un lecteur spécial juste pour le jouer.

Honnêtement, je ne sais pas quand je le regarderai. En écoutant les CDs, je suis encore une fois au courant du point auquel j’ai dû prendre le voyage fou. Exactement au même point qu’avec Putain de Stade, on regarde pour expérimenter un peu être au milieu du spectacle. Mais cette fois, j’étais . Je pense aux mots que j’ai écrits au début — j’ai le mal du pays pour un pays que je n’ai jamais visité — et je les ressens à nouveau. Encore plus fort.

Le nouvel appareil photo

C’est la faute de The Ria, et la jetée à Huntington Beach. Je sais depuis longtemps que je ne suis pas satisfait de la qualité des photos de mes portables. Celui que j’ai acheté juste avant mon voyage en 2021 est mieux que celui que j’utilisais pendant les neuf premiers mois du blog. Mais les capteurs des portables sont trop petits pour mes besoins, et en plus, le « verre » (comme disent les photographes en parlant des objectifs) est nul. Moi, avant l’époque numérique, j’utilisais un merveilleux Contax RX, avec trois objectifs Zeiss. (J’entends les bruits choqués de votre part ; des produits d’ ? Du Japon, malgré les noms ; c’est compliqué.). De toute façon, en prenant des photos pour La pizza façon Detroit, je me suis dit que je n’en pouvais plus.

J’ai peur de dépenser autant pour les appareils photos numériques comme pour les argentiques. Avec assez de soin, les vieux appareils pouvaient fonctionner pendant des décennies ; chez les numériques, l’obsolescence arrive beaucoup plus vite. Mais c’est cher maintenant de développer mon film, et le scanner pour le blog n’est pas une option vu mon horaire de publication. Alors je viens de faire un achat qui augmentera le niveau de qualité des images ici :

Voilà mon nouveau Panasonic Lumix DMC-ZS100. Comme le casque Focal et le micro AKG, j’ai cherché un bon marché, et je l’ai trouvé. (Bon, rien n’égalera jamais le micro !)

Ce que tous les trois ont en commun, c’est que je les ai achetés tous « boîte ouverte » ; en ce cas, ça valait 10 % pour moi. Voici ma boîte ; elle est arrivée assez scellée :

Je n’achète jamais des appareils numériques d’occasion, parce que ces objets sont tous assez fragiles, mais tant que j’ai toujours la garantie de la manufacture, qui se soucie du ruban adhésif ? Et puisque je suis dinosaure (demandez à ma fille), je m’en fiche des outils pour Instagram ou n’importe quoi. Je veux payer le capteur, l’objectif, et le Wifi pour ne pas devoir brancher l’appareil tout le temps.

Alors, pourquoi celui-ci ? Vu que j’ai envie d’être Laurène Lefèvre ([On est en Californie ; ça pourrait arriver. — M. Descarottes]), j’ai commencé en vérifiant ce qu’elle utilise. C’est un réflex qui coûte presque 2 000 €, sans compter les objectifs ! Mais j’ai parlé avec un photographe professionnel qui m’a expliqué qui si je voulais préparer juste des photos de la nourriture pour aller à la presse, 20 mégapixels suffiraient, sans besoin d’un si grand capteur. Attendez, pourquoi aurais-je un tel besoin ? Je dis ça, je dis rien ! L’objectif est d’assez bonne qualité ; on ne trouve pas de vrais Leica à ce prix, peu importe le nom tamponné sur l’appareil. Quant au Wifi, c’est le même partout.

J’aurais pu payer 50 % plus pour une version plus récente avec exactement le même capteur, un objectif avec une plus longue distance maximale, et le Bluetooth. Mais l’objectif n’est pas clairement de meilleure qualité. On dirait que l’objectif plus cher est aussi plus lent (il demande plus de temps où l’obturateur reste ouvert). En Europe, la question est plus difficile, car le vieux coûte plus qu’aux États-Unis, et le nouveau est à peu près le même. Mais dans cette comparaison tête-à-tête, je ne vois aucune différence. Ça suffit pour mes buts.

Vous vous appelez QUOI ?

Langue de Molière est bien au courant du fait que certains ne s’amusent pas en lisant qu’il pense à « jamais » et à « colère » en voyant Nevers et Angers sur une carte. Mais il n’est rien que juste, alors aujourd’hui, on parle de noms en anglais pour vous faire rire.

On commence avec notre plus grande chaîne de théâtres. Franchement, après toutes les fusions, acquisitions et faillites des deux dernières décennies, elle est la seule chaîne de théâtres, au moins dans l’ouest. Anciennement, on trouverait des théâtres ici avec des noms bien français — Bijou, Savoy (comment on écrit Savoie), Vogue. Maintenant, les théâtres sont tous :

Regal Cinéma, Photo par WhisperToMe, Domaine public

En anglais, « Regal » sans l’accent est synonyme de « royal » (qui veut dire la même chose dans les deux langues). Vu que l’on y paye 7 $ pour les mêmes bonbons vendus pour 1 $ aux supermarchés, c’est pas exactement un régal pour le porte-feuille.

Vous connaissez sûrement McDo, mais je vais vous choquer avec l’exemple suivant. Des années 70s jusqu’en 2004, le clown Ronald McDonald avait une bande de potes (dont de nombreux criminels — Hamburglar et les Fry Guys, liens en anglais), qui vivaient tous dans le pays imaginaire de McDonaldland. Mais le meilleur ami de Ronald, réapparu juste cette année dernière dans leurs courriels ?

Ouaip, son nom est en fait « Grimace ». Mais le mot n’est pas si différent entre les deux langues — et c’est pire en anglais, où c’est une expression plutôt douloureuse que comique ! Il a fait son début pendant les années 70s en tant que méchant, mais le temps que j’aie commencé à avoir des souvenirs, il était déjà devenu gentil. Qu’il ait gardé ce nom, c’était bizarre !

Peut-être que si vous avez des parents ici et les pères embauchent des tuteurs pour leurs enfants, vous entendrez parler qu’ils font tous de la publicité avec des annonces qu’ils seront en retard. Une chaîne appelée Mathnasium met ces promesses dans leur logo !

Logo de Mathnasium, Domaine public

Qu’es-ce qui arrive ? Aux États-Unis, les notes aux écoles sont sur une échelle de F à A, avec des symboles moins et plus, plutôt que de 0 à 20. A+ est la meilleure note possible. Rien à voir avec le SMS pour « à plus tard ».

Finalement, je me demande pourquoi personne ne m’invite plus aux fêtes depuis que j’ai commencé avec le français. Plutôt, ils m’envoient des invitations bizarres avec des avertissements partout :

Evite ne veut vraiment pas dire « évite ». C’est plutôt un reste des années 90s, où des entreprises en ligne ont choisi leurs noms em ajoutant « e » pour « électronique » aux noms de leurs produits. Un vendeur de jouets (toys) était eToys, un vendeur de cartes (cards) de vœux était eCards, alors un vendeur de cartes d’invitation est devenu e + invite -> evite.

Pour la première fois, Langue de Molière n’a aucune idée de ce qui arrivera dans cette colonne la semaine prochaine.