À ce point, la grande majorité d’entre vous ont rendu compte que ce blog n’est probablement pas écrit par un vieillard fou à Clermont-Ferrand. ([C’est plutôt un vieillard fou en Californie. — M. Descarottes]) Mais le post du 1er avril n’était pas planifié jusqu’à lundi soir, quand j’ai abandonné une idée sur laquelle je travaille depuis presque 2 ans. (Je n’ai jamais trouvé la bonne histoire pour raconter autour de l’idée — disons que les membres de l’OCA, qui connaissent bien la géographie locale, le trouveraient très drôle. Mais tout post ici doit réussir un test — est-ce que ça aura du sens dans l’Hexagone ?) D’habitude, je ne revisite pas les farces une fois finies, mais je veux en dire plus cette fois, parce que celle-ci montre que « je mange mes propres croquettes pour chiens » (« eat my own dog food »), comme on dit en anglais. (Ça veut dire « suivre ses propres conseils ».)
J’ai commencé à tout écrire en dînant chez Boudin, où j’attirais des regards inquiets à cause des fous rires venant de ma table, malgré le fait que j’étais seul. Je ne sais pas si l’on s’en souvient, mais j’avais abordé l’idée d’une farce autour d’une identité cachée en 2023. Je l’ai abandonnée de peur que mon idée originale, que le blog était en fait écrit par une IA programmée par un ado ennuyé, semble trop possible. Certains d’entre vous m’ont rencontré dans la vraie vie, et pourraient témoigner de mon existence, mais je ne ferais pas une telle blague de nos jours.
Au passé, je me suis plaint que les auteurs français ne faisaient pas leurs devoirs en choisissant des noms pour leurs personnages américains, qu’ils sont souvent des anachronismes. Je vais donc vous montrer exactement ce que j’ai fait pour inventer « Guy-François » et « Marie-Geneviève ».
J’ai commencé par regarder cette vidéo produit par Politologue, qui montre les 20 prénoms de garçons les plus populaires entre 1900 et 2019 :
J’ai été bien surpris de voir à quel point la liste était figée pendant la première moitié du XXe siècle. L’ordre change, mais pas vraiment la collection. Je voulais un prénom qui serait possible pendant les années 50, mais probablement pas une personne réelle. Vu que « Guy » était dans le top 20 , j’ai ajouté un trait d’union pour avoir un prénom composé, et voici la liste de suggestions :

Je me suis dit « Guy-François me semble le plus franchouillard », alors je l’ai cliqué, et voilà, c’était parfait — il n’y a jamais eu plus qu’une dizaine, tous nés entre 1958 et 1963 :

Je savais déjà que Marie avait baissé énormément en popularité, alors je l’ai vérifié directement, mais je connais plusieurs personnes avec des prénoms qui commencent par « A », alors j’ai ajouté un « G ». Voilà, on trouve « Marie-Geneviève près du début » :

Et heureusement, même si c’était plus populaire pendant les années 50, c’était toujours possible pendant les années 70 :

Mais où les mettre ? J’ai deviné qu’il y aurait un « CHU Clermont-Ferrand », mais je l’ai vérifié avant de l’utiliser. Quant au nom de famille, Buisson est la bonne traduction de Busch, mais j’ai peut-être fait une erreur : il y a plein de Buisson en France, mais Politologue n’a aucun « De Buisson ». Cependant, il y a environ 380 Debuisson. Je n’ai pas vérifié ces noms avant de publier. Après, j’ai trouvé un Jean-Louis du Buisson, pas exactement la même chose, et des vins « Haut de Buisson ». Il me semble que j’aurais pu mieux faire.
J’ai failli me faire sortir de Boudin en écrivant « Maman, un ange qui n’a jamais rien dit de mal sur lui ». Je ne sais pas lequel soit plus loin de la vérité, ça ou mon soi-disant amour de l’Allemagne !
Un de ces quatre, je vais finir cette autre farce !











