Alors nous voilà, au bout de 100 films. Si on m’avait dit en février 2020 que je regarderais 100 films français pendant ma vie, peu importe les 4 prochaines années, j’aurais dit que c’était une bêtise. Si on m’avait dit en décembre 2020 qu’il me faudrait 3 ans de plus pour regarder mon 100e film, j’aurais demandé combien de temps j’aurai passé dans le coma. La vie est marrante comme ça.
À cause du fait que plusieurs billets ne s’apprêtent pas à l’enregistrement, cette semaine la balado comprend des réflexions sur comment le ciné français a changé ma vie. Ce ne sera pas disponible sur le blog.
Pendant les 5 jours à venir, on va passer par mon classement de mes 100 films. Je ne dis pas que ce sont les 100 meilleurs films français — il me faudrait regarder environ 300 de plus avant d’avoir le début d’un avis légitime sur ce sujet. Mais je crois que j’ai un peu appris, et j’ai essayé d’écrire des articles qui ne sont que des récits secs d’acteurs ou d’intrigues.
C’est la Fête des Impôts aux États-Unis aujourd’hui, où le gouvernement se réjouit d’avoir la main dans chacune de nos poches. Pour être clair, c’est le cas tous les jours, mais le 15 avril est le jour où on se fait punir si on rate même une centime. Après, la radio passera directement des pubs pour les logiciels d’impôts aux pubs pour la présidentielle. Et vous vous demandez pourquoi je n’écoute que RTL de nos jours.
Mon lecteur Bernard a partagé cette blague ce week-end. Je ne peux pas la lire à haute voix, pour des raisons évidentes, alors je dois juste vous la montrer :
En parlant des blagues, si on lit la page des blagues hebdomadaires, on sait qu’un de ces quatre, je vais souffrir aux mains d’un monsieur ou une madame Dupont, car j’utilise ce nom à chaque fois où j’ai besoin d’un nom de famille. J’espère que ce sera un meilleur choix de risques que si j’avais choisi Dupont de Ligonnès.
Notre blague traite d’un rendez-vous chez le médecin. Nos articles sont :
Sur le blog, il y a aussi Éclipse, des photos de l’événement de lundi dernier, C’est pas possible !, l’histoire du pire chanteur au Québec, Faim, ma plainte sur le manque de choses dont j’ai envie de manger chez moi, et Mon dîner vauclusien, les œufs à la provençale et les sacristains aux fraises.
Aimeriez-vous un dîner moins compliqué pour le Tour ? Moi aussi. J’ai pensé à faire une bouillabaisse, parce que c’est un plat provençal que l’on n’a pas eu pendant le Tour, et je l’ai raté en quelque sorte, mais il y a très peu de preuves que ce plat est lié à ce département entouré. Puis deux coïncidences heureuses me sont arrivées et nous voilà. Voici les œufs à la provençale et les sacristains aux fraises :
Ni l’un ni l’autre n’est très compliqué à moins que vous deviez fabriquer votre propre pâte feuilletée. Allons faire notre dernier dîner provençal !
Avec ce billet, j’atteins mon 100e film français. Pour fêter l’occasion, il fallait que je trouve quelque chose de spécial. J’ai fouillé par ici et par là pendant une semaine, à la recherche de quelque chose qui serait le symbole, la pierre de chaperon, de tout ce que je fais chez les films. Et voilà, avec Le Capitaine Fracasse nous avons un film de cape et d’épée qui réunit Jean Marais, Geneviève Grad et Louis de Funès — c’est comme avoir Les Gendarmes, Le Bossu, et Fantômas tous dans un film. En quelque sorte, j’ai complètement raté le grand Philippe Noiret jusqu’à maintenant, alors ce film est arrivé juste à temps.
Est-ce que ce film peut vraiment survivre une liste de comparaisons aussi fortes que ça ? Non, on va voir que ce n’est pas à la hauteur des autres œuvres que je viens de mentionner, mais il reste quand même un très bon choix. Je suis ravi de l’avoir trouvé. Avant de continuer, un mot sur la qualité du support.
C’est la première fois où j’ai vu un film sorti sur disque par la maison René Chateau. Il y a des fois où Gaumont ou Studiocanal sortent des films en format numérique sans beaucoup d’efforts — pas de sous-titres, pas de bandes-annonces, etc. René Chateau n’a rien fait pour ce disque — il n’y a même pas un extrait de la bande-sonore qui va avec le menu, qui n’a qu’une option, lancer le film. Pourtant, ils sont la seule source pour de nombreux films, dont une trentaine de seconds rôles pour Louis de Funès. Vu mon but de voir chaque film où il a jamais apparu, peu importe la durée, ça rend cette édition un trésor inestimable.
Alors, le film lui-même. Je vais vous dire tout d’abord que Louis de Funès n’apparaît guère dans ce film, tourné 3 ans après Ni Vu Ni Connu et 5 ans après La Traversée de Paris. C’est-à-dire qu’il était déjà une star, mais ce film appartient complètement à Jean Marais et une jeune Geneviève Grad (17 ans à l’époque).
Le film commence avec une scène déroutante. Un homme inconnu (Jean Marais) chevauche dans une forêt et confisque deux lapins à un chasseur. Il n’est pas clair pourquoi il a le droit.
Tout à coup, une femme hurle « au secours » quand son cheval panique après avoir rencontré un chariot plein d’hommes bizarres. Marais la sauve, et son mari le reconnaît comme le baron de Sigognac :
Sigognac revient vers les hommes bizarres, une troupe de comédiens. Malgré être baron, il n’a pas beaucoup d’argent mais leur offre de passer la nuit dans son petit château. Là, Isabelle (Grad) attire son attention.
Le lendemain, il décide d’accompagner les comédiens à Paris afin de suivre Isabelle. C’est ici où je mentionne que Jean Marais est né en 1913, et Geneviève Grad en 1944, et le film a été tourné en 1961. Beurk. Mais il avait 23 ans de plus que Sabine Sesselmann dans Le Bossu, ainsi qu’Elsa Martinelli dans Le Capitan, donc laissez tomber.
La troupe est attaqué par un brigand et sa femme. Sigognac les vainc sans problème :
Sur la route, un des comédiens, dit Matamore, meurt de froid. Matamore est un des noms liés au rôle d’un « capitan ». Sigognac offre de prendre sa place, et devient donc dans ce film ce qui n’était qu’un insulte dans Le Capitan.
Un capitan est censé être soldat, mais est vraiment un bouffon. Sigognac montre du talent pour ce rôle :
Après sa première performance, la troupe lui félicite et Isabelle l’embrasse. Je remarque à chaque fois que ça a dû être pénible pour Jean Marais. Embrassé par Geneviève Grad ! Tout autre homme serait jaloux ! Le pauvre.
Sigognac est tombé amoureux d’Isabelle et lui demande en mariage. Il y a tant de raisons pour lesquelles ce serait une mauvaise idée, mais elle refuse car il est noble et elle n’est que paysan.
Malheureusement pour elle, quand on ressemble à Geneviève Grad, on attire l’attention de chaque homme avec un pouls, dont le duc de Vallombreuse, un sale type. Il lui dit qu’elle doit échanger quelques heures de sa vie pour celle de Sigognac, mais elle refuse.
Vallombreuse envoie un spadassin pour tuer Sigognac, mais Sigognac le bat et lui épargne la vie. Le sbire revient chez Vallombreuse pour lui rendre son argent car il a raté sa tâche.
La troupe joue prochainement devant le roi et la reine, qui sont bien impressionnés mais ne reconnaissent pas que Sigognac est un noble.
Vallombreuse envoie un autre sbire pour faire semblant d’embaucher la troupe. C’est une ruse afin d’enlever Isabelle.
Sigognac chasse les ravisseurs (montés à cheval) à pied, et les perd, malgré des efforts impressionnants.
Ici, je finis le récit afin de ne pas divulgâcher la fin. Mais comme à la fin de chacun de ses autres films de cape et d’épée, il finit par vivre désormais avec son intérêt romantique. Rien ne dit « passion sincère » comme de tourner les joues l’une contre l’autre :
BON, j’arrête. Vu la différence d’âges, je ne veux vraiment pas m’en plaindre.
Je n’ai aucun plan d’arrêter les films — tout au contraire. Mais je me sens comme celui-ci était le bon « examen final ». Sans sous-titres, j’ai dû compter sur moi pour tout comprendre, et j’estime que j’ai réussi à comprendre entre 80-90 % des dialogues.
Demain, on mangera notre dîner vauclusien. Après ça et la balado, on commencera « La Semaine de la Centaine », mon classement qui paraîtra en 5 fois. J’ai déjà fini le classement, mais après la publication, j’ajouterai une nouvelle page pour le mettre à jour sans en écrire un nouveau. Il y aura quelques choix qui feront la polémique, alors la première tranche sera juste les 14 jugés des navets. Il m’étonne qu’il y en a si peu, mais c’est pourquoi le ciné français est l’un des grands amours de ma vie.
« Justin », vous me dites, « vous pesez 90 kg. De tous vos problèmes, ce n’en est pas un ! » Et de ce point de vue, ben, vous avez évidemment raison. Je ne vais pas crever demain. ([Dommage. — Mon ex])
Mais je n’aime pas cuisiner pour moi-même tout le temps, et c’est le sujet de notre billet aujourd’hui. Quand je suis arrivé à Irvine en 2000, je le croyais un paradis sur Terre. En plus d’être le bon endroit pour voyager également à San Diego qu’à Los Angeles, il y avait toute une diversité de cuisines. Le meilleur resto de la région s’appelait Gustaf Anders — c’était suédois — et il y avait aussi des restos italiens, grecs, américains, etc., à ne pas oublier Pascal. Ainsi que des trucs asiatiques et mexicains. La ville ne manquait de rien.
Que tout ait changé !
Cet après-midi, j’ai décidé de vous faire découvrir trois centres commerciaux différents. J’ai tourné quelques clips de ce que l’on appelle les « food courts », les aires de restauration. Dans ces parties des centres commerciaux, on trouve largement des restos rapides ; je voulais éviter les plus chers restos avec des serveurs, pour illustrer quelque chose. Je préfère vous montrer ce qui se passe plutôt que l’expliquer.
Commençons à Northpark Plaza, anciennement où mon ex et moi faisions nos courses chez Albertson’s. Je déteste Albertson’s, une chaîne de supermarchés absolument bas de gamme, mais ils servaient au moins toute la population. H Mart cible uniquement les immigrants coréens. Dans ce clip, vous trouverez Mega Bank, qui cible des immigrants chinois, Chai Lan, un resto chinois ; Tang & Tang, un resto coréen ; Kiyo, un resto japonais ; et Goo-Yi, un autre resto coréen.
« Mais Justin », vous me dites, « sûrement c’est juste que ce centre sert un quartier asiatique. Impossible que le plus grand centre commercial de la région, The Market Place, serve aussi juste des clients asiatiques. » Alors, voici le premier des trois aires de restauration de ce centre commercial.
Il y a Fresh Brothers, la pizzeria de mon clip du 1er — mais aussi (dans l’ordre d’apparition) du chinois, hawaïen, yaourt glacé, japonais, vietnamien, taïwanais, et indien. Les deux endroits vides étaient anciennement grec et mexicain (la chaîne grecque vient de quitter Orange County) ; un glacier (Handel’s) est en train d’y déménager d’ailleurs dans le même centre. Un autre ?
Rubio’s est mexicain. Après ça, il y aura une boutique de boba, puis il y a : chinois, des sandwichs génériques, un autre glacier, un resto coréen, des sandwichs « italiens », et un autre resto coréen. Le dernier ?
Du poisson dans un style mexicain (mais pas seulement), plus de chinois, et quelque chose de vaguement méditerranéen. « Mais Justin », vous me dites « sûrement, il doit y avoir des burgers quelque part. Et les burgers sont toute la cuisine américaine ! » Et en fait, il y a trois endroits consacrés aux burgers — deux sont chers avec des serveurs, et l’autre est In-N-Out, le burger californien. Mais il n’y a plus de barbecue de notre Sud, ni de poulet frit, ni de Cajun, ni de hot-dogs, ni de boulangerie à l’américaine — tous anciennement trouvés dans ce même centre, au même niveau de prix. Il y a Pandor, boulangerie à la française critiquée dans ces pages il y a 3 ans. Mais je crois que vous voyez déjà ce que je veux dire.
Visitons The District, le plus proche de chez moi :
Il y a deux restos dits « hot pot » (pot-au-feu à la chinoise), deux endroits pour le thé boba, une boutique de pancakes à la japonaise, du poulet frit à la coréenne, puis une barbecue à la coréenne à côté pour finir ! Le grand « hot pot » était anciennement une brasserie à l’américaine ; ailleurs dans le même centre, il y avait un excellent resto de cuisine américaine, Bistro West, mais il a été remplacé par J. Zhou Dim Sum. Il y a un resto « Franco-californien », The Winery, dans ce centre ; hyper-cher et seulement pour les occasions spéciales.
Je ne vous ai même pas montré le centre 100 % asiatique près de chez moi, Diamond Jamboree. Celui-ci cible depuis le début un clientèle asiatique, alors je n’ai pas de plainte.
Après 3 jours de suite de mexicain, je suis allé dans un resto rapide à la chinoise ce soir, Pick Up Stix :
J’essaye d’éviter à tout prix le riz blanc, qui me fait de pires problèmes de glycémie que n’importe quel croissant (297 mg/dL après ce riz, youpi !). Super d’avoir une telle collection de cuisines à base de riz blanc.
À moins que vous habitiez à Saint-Genis-sur-Menthon, dans l’Ain, qui n’a eu aucun commerce pendant 30 ans, il est peu probable que vous habitiez quelque part où vous ne pouvez pas trouver de la cuisine française.
Il y a des fois où on vous donne du matériel et c’est si incroyable, si époustouflant qu’il n’y a pas de choix — il faut en écrire. Un membre de mon groupe d’utilisateurs de Duolingo qui habite au Québec m’a envoyé un clip délirant. Je l’ai regardè plusieurs fois et je n’ai toujours pas la moindre idée de ce qui se passe. Alors aujourd’hui on va parler de l’histoire absolument bizarre — et 100 % québécoise — de Normand L’Amour.
D’abord le clip. Vous allez voir que M. L’Amour n’a jamais eu un budget pour tourner des vidéos. Mais on a dessiné des choses qui vont avec ses paroles. Regardez :
Je sais déjà. « Justin, c’est quoi cette bêtise ? T’as perdu la tête, quoi ? » Pas du tout. Je reconnais un peu une âme sœur — mais pas trop — alors on va discuter comment le Camille Sans-Sens du Nord est venu à enregistrer plus de 2 000 chansons pendant deux décennies.
Commençons à la fin, ses funérailles en 2015 à 85 ans, car sa famille est plus fiable que Wikipédia. Normand Cournoyer était dépanneur à la québécoise — c’est-à-dire épicier — dans la ville de Sorel-Tracy, aussi la maison de Laurence Manning. On y trouve tout genre de personne, apparemment. En 1997, à l’âge de 68 ans, il a subi un vol armé dans son magasin, et s’est rendu compte qu’il ne voulait pas finir sa vie en tant qu’inconnu derrière un comptoir, selon le maire de la ville, Serge Péloquin — aussi son agent. Il a donc fermé le dépanneur, acheté une copie du logiciel Band-in-a-Box (Bande dans une boîte), adopté son nom de scène et a commencé à s’enregistrer.
Il s’est fait connu dans une apparition de légende sur l’émission québécoise « La fin du monde est à 7h ». Après avoir lu la météo à haute voix, il a reçu le droit de chanter à télé pendant 30 secondes immortelles :
Vous pensez que je me moque de lui, mais ce n’est pas du tout le cas. Évidemment, monsieur n’a aucun talent musical — et les paroles lui feraient un cauchemar de nos jours — mais il faut absolument le mettre à côté. Voici un homme qui était absolument inconnu, qui avait subi une expérience où la vie passait devant ses yeux, et qui a en résultat osé apparaître en live pour chanter. Ce n’était pas l’acte le plus sage de sa vie, mais c’était sans doute le plus courageux.
Alors avec sa nouvelle renommée, M. L’Amour a réussi à vendre 1 000 exemplaires de sa cassette de début, « C’est pas possible ! », d’où viennent également « La Poignée de porte » et « Toute noire », les chansons en haut. Cette réussite était assez pour qu’il gagne le droit de vendre ses enregistrements dans deux magasins locaux, le dépanneur du resto et hôtel « Le Madrid » ainsi que Boulevard Musique, l’ancien magasin de son agent, M. le maire de la ville.
Le succès a suscité une certaine jalousie. En 1999, il a perdu le Prix Félix pour un album d’humour à Yvon Deschamps, un humoriste professionnel, qui a dit que Normand aurait dû se sentir honte car « lui, il fait pas ça pour rire ». Mais notre Normand ne s’est pas découragé — il a fini par enregistrer plus de 2 300 chansons sur 200 albums, avec des morceaux en 75 langues.
Sa renommée a suffi à le faire apparaître dans une publicité pour le soda Pepsi à la télé québécoise. Je félicite les responsables pour avoir reconnu comment l’utiliser — il fournit la bande-sonore, et n’est pas la victime d’une blague.
Je veux en conclure avec une dernière chanson de M. L’Amour, quelque chose de hyper-local, « Y’avait sur mon érable ». Son thème est un pic-bois qu’il voit perché sur un érable, absolument banal bien sûr, mais une image typique de son coin du monde. En effet, il n’y a rien de plus parfait pour raconter son histoire — un homme qui rêvait juste d’être connu parmi ses voisins.
J’ai eu trop de conflits dans l’horaire la semaine dernière — le 1er avril, C’est le 1er, le désir de ne plus être en retard avec la Vendée — au point où j’ai complètement oublié que j’avais reporté Langue de Molière. Celle de cette semaine est courte, une note sur quelque chose qui m’a rendu perplexe il y a trois ans, et ses suites.
Je dois avouer quelque chose. La plupart d’entre vous connaissent mieux que moi la télé américaine. Et non pas seulement récemment, je veux dire la télé de mon enfance. Sauf pour les Transforners et G.I. Joe, mais laissez tomber. J’étais certainement fan de Supercopter et Les Craquantes, mais vu les conversations que j’ai eues, le Français lambda connaît La Petite Maison dans la prairie et Dallas alors que je ne les ai jamais vus. Il y a des émissions dont je n’ai jamais entendu parler sauf à la part des Français, comme Manimal et Tonnerre mécanique.
Mais parfois, même quand je sais de quoi vous parlez, je reste tout perplexe. C’était le cas quand j’ai entendu parler de la VF de Starsky et Hutch. Il y a un personnage dans la distribution, connu en anglais sous le nom « Huggy Bear ». « Huggy » est plutôt difficile à traduire, étant un adjectif formé du mot « hug », qui veut dire un câlin. Non, pas un câlin genre les VDM « épicées », Mon dictionnaire Oxford préfère « étreinte » ; plutôt coquin de Duolingo de n’apprendre que « câlin » pour ça, non ? De toute façon, c’est « hug ». Mais « Bear » est tout simplement « ours ». Alors, on aurait pensé que « Étreinte L’Ours » aurait été logique, si horriblement littéral. « Colin L’Ours », ça va ?
Mais non. En quelque sorte il est devenu « Huggy les bons tuyaux ». Et en même temps, j’ai appris que ce sont des tuyaux :
Franchement, je ne savais pas que Huggy avait de si mauvais goût. Beyoncé ? Quoi, Alain Weill n’est pas disponible ? Mais tout ça n’était pas très instructif sur mon ancienne question : pourquoi était-il « les bons tuyaux » ?
J’ai enfin trouvé deux articles pour éclaircir la situation. Le premier était une interview de son interprète, Antonio Fargas, sur France Bleu :
Le nom français « Huggy les bons tuyaux » est plus approprié car dans la série, Huggy est un vrai partenaire de Starsky et Hutch. Il leur donne de vrais bon tuyaux. [Caractères gras dans l’original]
J’ai deux plaintes : 1) C’était donc quoi le problème avec « L’Ours » ? On ne dit pas « Huggy the good tips » en anglais ! et plus important, 2 ) Pourquoi est-ce que vous ne regardiez pas plutôt Simon et Simon qui avait lieu à San Diego au lieu de LA ? Bande d’obsédés des grandes villes !
Langue de Molière vous reverra en deux semaines, car la semaine prochaine ne sera pas du tout comme les autres !
Je sais que vous avez tous entendu parler de l’éclipse solaire d’hier. C’était aussi visible en France qu’au Canada, vous savez. Vous deviez juste aller à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Alors, afin de vous montrer l’éclipse telle qu’elle était en Californie du Sud, j’ai refait le projet de La Fille pour son école pendant la dernière éclipse en 2017 . Rien de plus simple !
D’abord, voler une feuille de papier à votre imprimante :
La plier en deux :
Couper un rectangle du centre :
Dérouler la feuille de papier :
Couvrir le trou avec une feuille d’aluminium et mettre du ruban adhésif aux bords :
Avec une épingle, faire de petits trous dans l’aluminium. J’ai fait deux rangs de 4 trous chacun :
Puis, je suis allé quelque part d’effrayant, le soi-disant « extérieur » pour tester cet appareil. Selon une de nos chaînes de télévision, l’éclipse a commencé à 10h15 sur la Côte Ouest, alors j’ai pris quelques photos à ce temps. Mais c’était trop tôt :
« Justin », vous me dites, « est-ce une blague ? Je ne vois rien ! » En fait, il y a 7 ombres dans cette photo, mais ils sont petits. Je recadre la photo et les cercle pour vous :
Plus haute résolution en cliquant
Oui, les petits pois blancs vers les centres sont les images du soleil. Ce sont toujours toutes rondes alors je suis revenu à 11h10, le moment du maximum, avec le soleil bloqué à environ 60 % :
Plus haute résolution en cliquant
Vous voyez que les ombres ont maintenant la forme de croissants ? Sans beurre de Charentes-Poitou AOP. La déception est énorme. Mais voilà, une dernière photo sans cercles rouges. Vous pouvez la cliquer pour la magnifier :
Plus haute résolution en cliquant
Après cette grande déception, je voulais me rappeler que ce n’est mieux nulle part ailleurs ici, alors je suis allé dans un resto rapide mexicain, Rubio’s, pour un « ancho citrus shrimp burrito », un burrito aux crevettes et à la sauce de piments anchos et de citron. Ça a l’air triste, n’est-ce pas ? J’en mange 2 ou 3 chaque mois.
Je vous rassure, j’échangerais l’éclipse et le burrito pour un « French taco » et pas d’éclipse tous les jours et deux fois le dimanche. (C’est une expression anglaise, « every day and twice on Sunday », qui veut dire « à chaque fois, très régulièrement, sans hésiter ».)
Cette semaine était ma fête de la Vendée, et je suis heureux d’avoir un épisode consacré à ce département et à une personne qui m’a apporté plein de bonheur. La fin de la semaine n’était pas la meilleure, mais je suis sûr que le temps que la fin de l’année arrive, ce que je retiendrai sera que j’ai écrit deux billets sur deux de mes sujets préférés. Enfin, je l’espère. (Hahaha, savez-vous combien de fois j’ai lié La boulette l’année dernière ? Bonne chance avec ça, Justin !)
J’aimerais attirer votre attention ailleurs pour un moment. Le billet de Gilles sur la Clausmatt hier a mentionné une association caritative, l’Association Espoir à Colmar. Il s’agit d’un effort d’accueillir des gens en situation de difficulté personnelle ou professionnelle. En plus, ils collectent de l’argent par le moyen d’un magasin de vente d’articles d’occasion, pareil à l’association que je soutiens le plus avec mes dons en Californie, Goodwill.
La Fille et moi avons commencé à échanger des SMS en français. J’ai hâte de vous dire que nous nous taquinons souvent, mais j’étais quand même fier des deux côtés dans cet échange :
Elle se croyait maline à cause de m’avoir répondu « non » au lieu de « no » à quelque chose d’autre, alors j’ai pensé à la remettre à sa place. Mais elle m’a répondu correctement (« Je le sais »), alors c’était à moi d’être choqué (« Attends, QUOI ? Tu l’as compris ? ») et à elle de jubiler !
Y a-t-il le moindre doute qu’elle réussisse ses études ? Si seulement afin de me vaincre ?
Je vous ai récemment parlé d’une grande déception où je me suis abonné à nouveau à un site de rencontres. Il y a longtemps, je vous ai raconté des histoires où des américaines m’ont grondé pour ne pas avoir mentionné que je cherchais quelqu’une de francophone, soit de naissance soit par diplôme. Alors, il s’est avéré que l’on m’avait écrit pendant ma longue absence, puis encore une fois après mon abonnement à nouveau. Je lui ai donc écrit pour offrir mes excuses en disant que je ne cherchais pas des anglophones monolingues. Pouvez-vous deviner ce qu’elle m’a écrit en réponse ? Bof, vous savez déjà. « Tu n’as pas dit que… »
Je vous jure, le langage de mon profil n’a pas changé du tout. Mais j’apprécie surtout que l’effort de répondre n’a pas été remercié. Je pense que personne ne me croit quand je dis que mon plus grand rêve est de ne plus rien entendre en anglais. Après une quarantaine d’années de conneries en anglais, je suis sincèrement prêt à être déçu dans une plus belle langue, et non pas seulement dans le domaine romantique. Vous pensez que je plaisante.
En parlant des conneries en anglais, l’avenir à cet égard est à vous. Avec la participation amicale de La Fille, j’ai tourné le clip de lundi dernier et l’ai sous-titré « 1ère partie ». Mais je ne tournerai plus de tels clips à moins que vous me disiez que ce serait intéressant. C’est du travail. Mais je suis preneur quant à vos réactions.
Notre blague est l’histoire des morts tragiques de deux femmes, Inès et Natasha. Ne me demandez pas comment j’ai choisi ces prénoms en la traduisant. Nos articles sont :
On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec le prochain acte après Véronique Sanson : Jain, Jeanne Added et Juliette Armanet, qui ont chanté « Don’t Speak » de Gwen Stefani en anglais :
C’est mon plan d’écrire sur les artistes originaux quand la matière est d’origine francophone, mais il n’y a pas besoin d’écrire « Je découvre l’une des nombreuses personnes qui me donnent envie de m’expatrier » (Gwen Stefani, pour préciser).
Parce que le prochain paragraphe sera le truc le plus dingue que vous ayez lu chez moi, j’aimerais dire d’abord qu’en regardant la vidéo en haut, il m’est bien évident que toutes les 3 chanteuses, dont Jain, sont très douées en anglais, pas autant que Véronique Sanson, mais absolument capables de jouer ici et non pas seulement devant un public de mes clones. MAIS…
Je n’écrirais même pas cet article s’il y avait une version du blog en anglais. J’écrirais tout simplement « En raison de la loi du 1er avril de 2020, écouter cette musique est du crimethink. Il ne faut pas l’écouter aux États-Unis ; passez sur votre chemin ». N’étant pas américains, vous ne m’allez pas croire du tout. Je voulais désespérément trouver autre chose à dire sur cette chanteuse, au point où j’ai écouté TOUT son premier album et presque tout le reste des deux autres. Mais elle est ce qu’elle est.
Jain est née Jeanne Galice, à Toulouse, en 1992, d’une famille avec des racines malgaches. Elle a passé une partie de son enfance à Dubai, ses années collégiennes à Brazzaville, au Congo, et a eu son bac à Abou Dabi. Son nom de scène fait référence au jaïnisme, une religion de l’Inde.
En 2015, elle se fait connue avec son premier single, Come, où elle dit que « my soul is in Africa » (mon âme est en Afrique) :
Le problème ici est qu’elle sonne exactement comme Rihanna ou Angélique Kidjo, et quand elle chante le mot « Come », il sonne comme une version féminine de K7. Pourtant elle est blanche et née à Toulouse. J’ai parlé avant de mon choc que personne ne m’a jamais accusé de « l’appropriation culturelle ». Mais je suis petit, et pas une célébrité. Et en fait, les journalistes américains l’affrontent avec ces questions à partir de sa première tournée aux États-Unis en 2017 :
Ici il y a une grande polémique sur la cultural appropriation, qui stigmatise l’adoption de codes culturels par quelqu’un qui vient d’une autre culture. C’est vu comme un vol par certains, explique Jain. Donc plusieurs journalistes m’ont posé cette question : « est-ce de l’appropriation culturelle que vous faites quand vous parlez de l’Afrique »…La culture américaine a une vision très différente de la France sur ces questions culturelles. J’ai donc dû raconter mon histoire et surtout expliquer qu’elle n’est pas fabriquée.
Plus tard en 2015, elle sort son premier album, Zanaka, qui comprend Come, mais aussi son plus grand tube, Makeba, à l’honneur de la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba :
Oh là là. Si j’avais essayé en 2020 d’imaginer le clip le plus offensant imaginable aux États-Unis, il serait quelque chose où une blanche — la seule telle personne dans le clip — est entourée par des danseurs noirs en chantant sur des thèmes africains. La deuxième pire chose aurait été Dynabeat, dans un contexte asiatique, dès que l’on avait remarqué la ressemblance entre le clip et le dieu hindou Ganesh avec ses 4 bras.
J’espère qu’il sera clair que je ne suis pas ici pour valider cette « analyse » selon laquelle la couleur de sa peau décide ce que l’on peut chanter ou écrire. C’était exactement ce moment où j’ai perdu tout espoir. Si Jain a dû affronter déjà ces questions en 2017, 2020 aurait été tout autre chose.
Son deuxième album, sorti en 2018, Souldier (jeu de mots en anglais — soldier = soldat, soul = âme), est plus de la même chose, mais avec moins de thèmes ouvertement africains. Le premier single, Alright, parle de la vie après une rupture :
Moins, pas zéro. Flash parle de ses années au Congo :
Ma chanson préférée de Jain vient de cet album — Inspecta, son hommage au générique d’Inspecteur Gadget :
En 2023, Jain est de retour avec The Fool, nommé pour la dernière carte du tarot de Marseille, Le Fou. Cet album ne sonne pas du tout comme les autres. Elle montre encore son talent, mais si vous n’entendez pas le sous-entendu « sa cervelle ou sa signature parapherait le contrat » derrière ce changement complet de son style, vous n’avez pas compris le marché anglophone.
D’autres morceaux — I Feel Alive, Cosmic Love, Goodbye — sont tous dans ce même style, plus mélodique, moins rythmique, mais surtout avec toute influence africaine purgée.
Je pleurais en écrivant cette critique. La musique de ses deux premiers albums n’était jamais la mienne. Mais je ne doute pas, même pour un instant, que ça venait vraiment d’elle. Encore pire, les deux premiers albums sont heureux ; ce dernier est triste. Je soupçonne qu’elle aurait nommé l’album « La Folle », mais le message aurait été trop évident. Il doit être une ironie insupportable pour elle que Makeba a trouvé une nouvelle vie sur TikTok juste après la sortie de « The Fool ». Par égard pour la vraie Jain, j’espère qu’un jour elle sortira un autre album exactement comme Zanaka, et qu’il connaîtra autant de succès qu’avant. Elle n’a rien fait pour mériter autrement.
Cependant, je dois lui donner deux notes, une pour les américains et l’autre pour l’Europe.
Ma note américaine : Jain? Never heard of her. Please don’t fire me, I beg you. (Jain ? Jamais en entendu parler. Veuillez ne pas me licencier, je vous en supplie.)
Ma note européenne : J’achète mon propre billet pour le concert, juste pour la soutenir.
L’année dernière, je vous ai parlé d’une humoriste que j’avais découverte sur Instagram, Philippine Delaire. Puis en février, il s’est avéré qu’elle apparaîtrait à Los Angeles le 5 avril, annoncé au spectacle d’Arnaud Demanche. Hier étant le 5 avril, et vu le gros-titre, un Bon Point pour ceux qui viennent de deviner où j’étais :
Cette fois, l’événement était à The Bourbon Room à Hollywood, club de royalistes expatriés. Nan, je plaisante un peu. C’est à Hollywood, mais le « bourbon » ici est le whiskey lié à l’état de Kentucky, à base de maïs. Mais l’eau-de-vie doit son nom à Louis XVI., à cause de son soutien de la Révolution. Non, L’AUTRE Révolution du XVIIIe siècle.
Alors, les portes se sont ouvertes à 19h, mais le spectacle n’a commencé qu’à partir de 20h. Vu que je suis arrivé à 18h20, j’ai fait une petite balade autour du quartier. Mais d’abord, j’ai dû conduire par le vieux quartier du centre-ville où j’ai pris des trains chaque semaine pendant 3 ans. Voici la prison du comté de LA pour les hommes, en face de la gare (j’ai pris les photos de l’autoroute ; la gare n’est pas visible) :
Et l’horreur dite la Cathédrale de Notre-Dame des Anges (Los Angeles est la traduction de ça en espagnol : Nuestra Señora de Los Ángeles), ou comme la communauté de catholiques ici l’appelle, le Taj Mahony, d’après le cardinal Roger Mahony, car c’est un monument à son égo. Comprenez-vous pourquoi j’adore tant les cathédrales françaises ?
Nous voilà à Hollywood :
Connaissez-vous la bande de truands religion de Scientology ? Ils ont un musée à leur fondateur ici, et c’est énorme :
Ce n’est pas ce que l’on appellerait « nos bonnes adresses ». Juste à côté de chez la culte de Tom Cruise, on trouve cette maison mal réputée :
Déjà Vu, mon œil ! Jamais vu pour moi — je n’y entrerais jamais.
On est sur le « Walk of Fame » ; les astronautes qui ont visité la Lune sont des membres en tant que des stars de la télé. Je ne plaisante même pas ; c’est la signification de la télé en haut de leur plaque :
Connaissez-vous la maison de disques Capitol Records ? Anciennement celle de The Beatles — mais aussi celle de Barbara Pravi aux États-Unis ; le lien est la preuve :
Voici des photos de The Bourbon Room :
Et la salle de spectacle :
J’ai tourné une petite vidéo pour vous donner le goût de l’atmosphère. Oui, la chanson de France Gall jouait vraiment sur les haut-parleurs :
Alors, le spectacle ? Euh, je dois vous dire quelque chose. Il y a une semaine, j’ai demandé dans le groupe privé sur Facebook de l’OCA si on aimerait faire du covoiturage. Aucune réponse. Naturellement, 3 couples du groupe y sont arrivés dont 2 qui me connaissent grâce à de nombreux événements. J’étais bien contrarié. Ça commence vraiment à sentir comme si personne ne veut rien faire avec moi. Entre ça et le fait que Mme Delaire parle viiiiiiite, j’ai galéré à comprendre le spectacle.
J’ai dû commander quelque chose à manger et à boire, car c’était obligatoire. 24,90 $, les amis — pour le bretzel et une petite bouteille d’eau San Pellegrino.
À la fin du spectacle, j’ai filé à la française, sans attendre les autres à l’extérieur. Je ne sais pas si j’irai à ma prochaine soirée de tarot. Je me sens comme s’ils essayent de m’envoyer un message. Si j’ai tort, il serait super si on m’offrait ses excuses pour ne jamais accepter une invitation de ma part.
Étant malheureux, j’ai passé par chez Randy’s Donuts, à côté de LAX (l’aéroport) et ouvert 7/24 depuis 1952 :
Un inconnu devant moi dans la queue a vu à quel point j’étais de mauvaise humeur et m’a acheté un donut et une bouteille d’eau. Malgré le fait qu’il était soûl. Je ne plaisante même pas.
J’entends parler que Sebastian Marx sera ici cet été. J’ai beaucoup appris de lui et Paul Taylor en tant qu’humoristes bilingues au début. Je n’aurais aucun problème quant à le comprendre. Mais en ce moment, je ne sais pas si j’ai envie de répéter ce qui s’est passé hier.