Google gâche tout

Une erreur de Google a vraiment gâché ma journée hier. Je vais vous montrer quelques captures d’écran qui racontent toute l’histoire. D’abord, on penserait qu’hier était de loin la plus grande réussite du blog :

OH LÀ LÀ, ouais ? Je vous dirai que jusqu’à hier, le record était 386, quand j’ai publié ma critique du livre « Le second degré n’est qu’une température ». Et cette fois-là, le tout a été dû au lien de son auteur sur Twitter. Mais les apparences sont fausses.

Je n’ai aucune envie de revisiter la polémique autour du livre de Mme Koç ; ce n’est pas le sujet. Je vous dirai que je ne doute pas le chiffre pour The Salingers, car ça reste une nouvelle récente et tous les jours, cet article continue de recevoir des visites. Il y a plein de fans d’Indochine qui veulent en savoir plus. Mais l’autre article date de janvier, n’est plus au courant, et personne ne l’a lié. Et voici ce qui s’est passé :

Tout ce traffic vient de Google — 373 + 61 = 434, pas une coïncidence. Au cas où ce ne serait pas clair, c’est leur araignée :

Je sais que le tout est trop vite arrivé car j’ai reçu une notification de WordPress :

On pourrait dire, « Ben, personne n’a été blessé ; laissez tomber ». Et c’est vrai. Mais il y a une dernière graphique qui est le vrai problème. Ça, c’est le traffic de la balado :

Ce chiffre est évidemment lié à l’araignée de Google et non pas à de vrais auditeurs. Je vous ai dit à la fin de l’année dernière que je craignais que la hausse des chiffres n’avait aucun sens. La plupart des lecteurs lisent ce blog avec l’appli de WordPress, et pourtant Spotify me dit que tout le traffic vient du web, non pas de leur appli, ni d’iTunes. Les statistiques de la balado sont évidemment le résultat du lecteur téléchargé avec chaque visite sur le web, et il n’y a pas de public. Spotify dit qu’ils ne comptent que les lectures qui durent au moins une minute ou dont l’épisode est téléchargé. Ce dernier explique tout.

Je ne sais pas ce que je vais faire avec cette info. La balado est beaucoup de travail. Il y a des gens qui m’ont parlé d’avoir écouté certaines interviews dans la vraie vie, et ça vaut quelque chose. Et je l’ai lancée afin de pratiquer ma prononciation, non pas dans l’espoir de devenir « viral ». ([Ne vous inquiétez pas, je vous considère un virus en forme humaine. — Mon ex]) Mais j’ai fait des bêtises pour le blog — des interviews à 3h du matin, l’enregistrer dans l’hôtel à Paris le lendemain du concert d’Indochine afin de ne pas rater une semaine — et je parle apparemment juste aux robots. Ça, c’est déprimant.

Je n’aime jamais vous raconter une histoire toute pourrie, alors je vais vous raconter quelque chose de hilarant qui est arrivé la veille. Vous souvenez-vous de la fois où j’ai fait 300 macarons pour un événement avec mon ex ? Elle m’a envoyé un SMS pour me dire « Les macarons que tu as faits l’année dernière étaient délicieux. Puis-je avoir la recette ? » Elle n’a jamais fait aucune pâte dans sa vie ! En plus, je n’oublierai jamais l’invité qui m’a dit « Ton ex a trouvé une super pâtisserie pour les macarons. Tu sais laquelle ? » Mais je coopère au maximum.

J’ai appelé un ami pour partager le fou rire avant de répondre. Il m’a dit « Tu dois lui donner la version de Pierre Hermé avec le sirop bouillant ! » Mais je n’ai pas fait ça pour l’événement. J’ai donc écrit la recette avec une meringue française en anglais, avec chaque astuce que je connais. Il suffit d’imaginer sa réaction en lisant des choses comme « On cherche un « ruban lisse » avec la pâte » et « Utilisez une douille Ateco 806 pour les pocher ». La meilleure vengeance est un macaron servi froid.

Mon amie F

Nous sommes en Vendée, alors je vais enfin vous raconter certaines histoires autour de mon amie qui habite là. Elle ne savait pas que ce post paraîtrait ; j’espère que ça ira.

Photo par Chabe01, CC BY-SA 4.0

Remontons le temps jusqu’en mai 2020. Je me suis enfin présenté dans le groupe de Facebook qui m’a lancé sur tous les chemins que je parcours — Louis de Funès, Indochine, Bourvil, Les Rita Mitsouko — et j’étais choqué par toutes les demandes que j’ai reçues sur Messenger pour parler. La plupart du monde qui m’ont contacté étaient bilingues, ceux qui avaient fait des séjours linguistiques ou se sont expatriés pendant un certain temps. C’était facile de parler avec ces gens car ils pouvaient toujours changer de langue quand j’avais des problèmes. Et honnêtement, je devais vérifier des choses sur Google Traduction sans cesse.

Je croyais que ça resterait le cas, qu’il y aurait toujours plus d’affinités avec ceux qui avaient été marinés dans une culture anglophone. Mon amie rouennaise habitait au Royaume-Uni. Mon ami en Somme ne parle pas l’anglais, mais il a voyagé plusieurs fois aux États-Unis. Cependant, F m’a fait changer d’avis.

Je ne lui ai jamais demandé à quoi elle s’attendait à l’époque — je ne l’ai demandé à personne, pour être clair, mais pour les bilingues, c’était assez évident. Beaucoup de monde mourraient de curiosité sur « l’américain », mais la majorité me passeraient le bonjour et c’était tout. Ça va, et je n’ai aucune plainte. Mais certains continuaient les conversations, et j’ai vite découvert que F voulait vraiment m’aider. Elle m’écrirait des notes sur telle ou telle chose que j’avais mal écrit dans le groupe, ou ajouterait un renseignement sur une question que j’avais demandé. Mais quelque chose était différent entre nous qu’avec tout le reste du monde.

Ce ne sera pas du tout ce à quoi vous vous attendiez… 😉

Les réseaux sociaux sont largement très informels. Et j’ai toujours hâte à vous dire que chaque usage de « you » en anglais se traduit comme « tu », pour de nombreuses raisons. Alors beaucoup de monde me tutoyaient dès le départ, ou me demandaient « On peut se tutoyer ? » très vite. Mais à l’époque, F et moi continuions de nous vouvoyer. Et pour être clair, ça ne me dérangeait pas du tout ! Je n’ai jamais demandé de changer à personne, jusqu’à maintenant, car je reste très mal à l’aise sur quel est le bon moment (on en parlera plus une autre fois), mais j’ai chanté les louanges du vouvoiement dans ces pages.

Toutefois, nous avions parlé d’avoir un coup de fil téléphonique pendant mon premier voyage. Le dernier jour, j’étais dans le métro et en retard, en route pour Les Invalides ; nous avions choisi midi, mais j’étais toujours sous terre. Elle m’a appelé avant que je ne puisse quitter le métro, et m’a vite demandé « On peut se tutoyer ? »

À ce point-là, nous nous connaissons depuis un an déjà. Je sais que ça a l’air dingue, mais pour la première fois, j’ai senti comme si je l’avais mérité, comme si c’était une promotion. La seule chose à laquelle je peux faire la comparaison, c’est le son d’avoir réussi une quête. J’ai dû quitter le pays plusieurs heures plus tard, mais le sourire a duré pendant des jours.

Il y a d’autres histoires. Quand j’ai lancé ce blog, F était la toute première personne à laquelle je l’ai montré. Elle m’a gentiment envoyé quelques corrections avant le lancement « officiel ». Une autre fois, très tôt, je lui ai écrit « Je m’ai fait une promesse », et elle m’a expliqué que les verbes réfléchis utilisent toujours « être », ce que Duolingo ne m’avait toujours pas enseigné. Alors, voilà, je me souviens de cette leçon à chaque fois où j’écris un verbe réfléchi au passé composé. Il était une fois, je vous ai dit que je gardais un fichier plein d’expressions inattendues d’un étranger, pour faire rire une amie dite F. Elle voilà.

Il y a une page que je n’ai jamais édité depuis le début du blog, celle où je me présente. J’y mentionne qu’une amie m’a donné l’expression « un coup de foudre ». Oui, des jours avant que je ne voie Le Gendarme se marie et décide que ce sera le bon nom pour le blog. Vous savez qui maintenant.

Une histoire qu’elle entendra en même temps que vous ? En 2022, j’ai dû expliquer à mes parents pourquoi je partais pendant un week-end et avais besoin de quelqu’un pour garder M. Descarottes. Des parents de F venaient de visiter la Californie, dont LA. Les miens avaient au moins entendu parler de F, alors…je leur ai dit que j’allais passer du temps avec ses parents pendant leur séjour. Leur séjour déjà conclu. Oui, je sais. Mais sérieusement, pensiez-vous que j’allais dire « Je pars en France, mais juste pendant un jour ; gardez le cobaye, svpkthxbye » ? Ouais, moi non plus.

Ils ne savent toujours pas d’où vient mon t-shirt « Central Tour ».

On devrait tous avoir un tel ami. Quel pays, la France, qui m’en a donné trois, et en 2020 en plus !

Je découvre la Vendée

On continue maintenant le Tour avec le 85, la Vendée. C’est le département le trente-cinquième plus peuplé et les habitants se nomment vendéens. C’est notre cinquième, et dernier séjour dans le Pays de la Loire, et si les larmes coulent plus que d’habitude en achevant cette région, c’est parce que dans le pays le plus spécial au monde pour moi, on est quelque part un peu plus spéciale que le reste. J’attends ce moment depuis longtemps, pour deux raisons.

Je vous ai récemment parlé des niveaux d’amitié. Si je suis complètement candide — taisez-vous, Voltaire, je n’ai pas aimé le livre — il y a trois personnes en France où les perdre me blesserait comme rien d’autre. On en a déjà visité deux dans ce Tour, en Seine-Maritime et en Somme. Bienvenue chez la troisième. On y reviendra. Mais mon autre raison pour avoir hâte d’y visiter ? Il y a longtemps, je vous ai dit qu’il y a seulement trois départements connus à chaque lycéen aux États-Unis : Paris, Gironde, et Vendée, à cause de la Révolution et la Guerre de Vendée. Nous voilà.

Il nous faut commencer à La Roche-sur-Yon, la préfecture. Cette ville, agrandie à sa taille présente par les ingénieurs de Napoléon, a changé son nom huit fois pendant le XIXe siècle, étant aussi connue sous les noms Napoléon, Bourbon-Vendée et Napoléon-Vendée. Plus récemment, La Roche est connue pour avoir été la maison du soldat Pithivier (Jean Lefebvre) dans les films de la 7e Compagnie.

Avec toute cette histoire impériale, il faut se lancer sur la Place Napoléon, au cœur de la ville. Un jardin à quatre bassins, le spectacle à voir est Les Animaux de la Place, une collection d’animaux mécaniques construits par le même ingénieur derrière les Machines de l’Île à Nantes. Il faut attendre 2028 pour la réouverture du Musée de La Roche-sur-Yon, mais pour l’instant, à quelques pas de la Place, on trouve l’Espace Malraux, une petite collection consacrée à Paul Baudry et à Benjamin Rabier, artistes yonnais du XIXe siècle. Puis on marche 1 km jusqu’au Haras de la Vendée (1 étoile Michelin), construit pendant les années 1840, où on trouve des animations et des concours équestres.

Aux alentours de La Roche-sur-Yon, on trouve L’Historial de la Vendée (2 étoiles), qui raconte l’histoire du département de la Préhistoire jusqu’à nos jours. Il y a 7 espaces qui couvrent 6 époques, notamment la Guerre de Vendée. On passe aussi par les villages d’Apremont et La Chapelle-Palluau où le le film Les Vieux de la Vieille — un autre classique Audiard/Gabin — a été tourné. Le château d’Apremont abrite de nos jours la mairie, et vaut la visite pour ses tours de la Renaissance.

Notre prochain arrêt est Montréverd, pour visiter le Logis de la Chabotterie (2 étoiles), nommé pour ses propriétaires du XIIe siècle, mais surtout un musée consacré au général Charette et la vie quotidienne à la fin du XVIIIe siècle. Très proche, on visite le Refuge de Grasla (1 étoile), où en 1794, des citoyens opposés à la conscription et la Terreur ont construit un village insolite au milieu d’une forêt de 600 hectares.

Puy, on visite le joyau de la Vendée, le renommé Puy du Fou (3 étoiles), avec 4 villages et 19 spectacles qui racontent l’histoire de la France. Il ne faut absolument pas rater La Cinéscénie (2 étoiles), un spectacle présenté la nuit dans un espace de 23 hectares pour raconter 700 ans d’histoire vendéenne. Regardez la bande-annonce ; il n’y a rien comme ça au monde entier.

Près de Fontenay-le-Comte, on trouve deux abbayes importantes fondées au XIe siècle, Nieul-sur-l’Autise (1 étoile), abbaye royale d’Aliénor d’Aquitaine, et Maillezais (1 étoile), maison pendant les années 1520 d’un certain François Rabelais. Dans cette région, il nous faut visiter un des 15 embarcadères pour voir le Marais poitevin par bateau.

On retourne vers l’ouest jusqu’aux Sables d’Olonne, de nos jours une station balnéaire, mais on est là pour Les Salines (1 étoile), le musée-parc des marais salants régionaux. Ici, je peux enfin vivre le rêve de faire récolter du sel à ma fille (en fait, je menace plus habituellement de lui envoyer dans une mine de sel, mais ceci suffit). Notre dernier arrêt se trouve vers le nord le long de la côte, à l’Île de Noirmoutier, que l’on atteint en traversant le Passage du Gois (2 étoiles), une chaussée submersible qu’il faut traverser à marée basse. L’Île elle-même offre des plages, des campings, et le Bois de la Chaise (1 étoile), une forêt de pins le long d’une plage.

Qui sont les personnages les plus connus de la Vendée ? Le pirate des Caraïbes François l’Olonnais est né aux Sables-d’Olonne (je sais, inattendu !), anciennement la maison de l’ornithologue Jean-Jacques Audubon ainsi que le couturier espagnol Paco Rabanne. Paire de lunettes Jamy Gourmaud est né à Fontenay-le-Comte, où romancier Georges Simenon a vécu pendant la Second Guerre mondiale (Maigret a peur s’y déroule). Héros de la Révolution américaine et général vendéen — un de très peu nés en Vendée ! — Gaspard de Bernard de Marigny est né à Luçon, où le cardinal de Richelieu était évêque. Charles de Royrand, commandant de l’Armée du Centre pendant la Guerre de Vendée, est né à Saint-Fulgent, et son remplacement, Charles Sapinaud de La Rairie, est né à La Gaubretière.

Que manger en Vendée ? Peut-être que vous vous souvenez de notre brioche de Pâques il y a deux ans, la gâche — c’est une spécialité vendéenne. Parmi les produits locaux, on trouve les huîtres Vendée-Atlantique, le jambon de Vendée IGP, même des producteurs du beurre Charentes-Poitou AOC. En plats principaux, il y a le farci de jottes, des feuilles de bettes farcies de légumes, la potironée, une soupe aux potirons, et la pintade au chou vendéen, élaborée de préférence avec une pintade de Challans. En dessert, il y a le gâteau minute, un peu similaire à un quatre-quarts, le foutimasson, une sorte de beignet à l’eau de fleur d’oranger, et le fion, comme un flan pâtissier, mais avec beaucoup plus d’œufs entiers dans l’appareil, non pas seulement des jaunes. Pour boire, il y a le Kamok, une liqueur de café, et le troussepinette, une liqueur fabriquée de vin rouge, d’eau de vie, de sucre, et de pousses d’épine noire.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est pas le 1er, version avril 2024

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

J’aimerais ajouter que WordPress a vraiment rendu cette tâche difficile avec leur nouvelle « fonctionnalité » qui copie du texte de l’article et non pas seulement le lien quand on veut partager un article. Si vous détestez ce bordel autant que moi, merci de me rejoindre pour nous en plaindre aux responsables. J’ai déjà lancé une plainte sulfureuse vers leur « service » aux clients.

Autre chose ? Entre sortir la balado un jour à l’avance, cuisiner un fénétra, tourner mon poisson d’avril ET collectionner tous ces liens, je suis é-pui-sé. DE RIEN.

Nouveaux à moi :

Les habituels :

Actif ailleurs :

Mathilde’s little things partage ses bonnes adresses pour manger à New York ainsi qu’un voyage au Mexique.

À encourager :

Rien de nouveau chez La bibliothécaire, Et si Facebook disparaissait?, Un déjeuner en Provence, Manonpatis, Bessie’s Bazaar, Planète Vegas, Grain de Sable, Bonheurs culinaires, Maman Lyonnaise, Les souris de Paris, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Parlez l’anglais — COMME UN CON !

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet qui réunit plusieurs de mes bêtes noires. Nous avons parlé des profs d’Internet qui gagnent leurs vies grâce à être jeunes et jolies, et…disons que c’est un chemin qui ne m’était jamais disponible, même à mes 25 ans. Nous avons parlé de comment je ne peux guère supporter l’anglais comme on le parle aux États-Unis — et nulle part ailleurs non plus. Pourtant, si je suis honnête — ce qui est rarement le cas — j’aimerais aussi gagner un peu de ce fric d’influenceur. Et c’est bien évident que ça n’arrivera jamais grâce à la pâtisserie non plus. Que faire ?

Je vous présente la prochaine étape pour mieux s’intégrer aux États-Unis — je vous enseigne comment reconnaître notre langue de con, et répondre de façon naturelle. Plus envie de tronçonner tout le monde autour de vous, garanti !

Avec l’amicale participation de La Fille en tant qu’opératrice caméra, nous vous montrons 100 % de vrai anglais comme on l’utilise dans les restos. PAS DE MENSONGES ! Aucun manuel scolaire ne vous montrera ces secrets car sinon tout le monde abandonnerait leurs études d’anglais.

Image par brgfx sur Freepik, colorée par moi avec Photoshop

POISSON D’AVRIL !

OU EST-CE ?

Saison 3, Épisode 3 — Quatre jours avec les Salingers

La balado doit apparaître un jour à l’avance cette semaine, parce que trop de choses arrivent en même temps. Mais voici quelque chose que j’ai faite pour une soirée tarot samedi. C’est le fénétra, notre dessert haut-garonnais, et vu que c’est un dessert pour Pâques, c’est le bon week-end, n’est-ce pas ?

Haute résolution en cliquant

Je suis beaucoup plus heureux de celui-ci que mon original d’il y a 2 ans. J’ai appris des choses sur comment étaler la pâte, et l’entremets du début de la semaine m’a préparé pour la dacquoise au-dessus de celui-ci. Les invités étaient bien contents de ce dessert, connu par très peu d’entre eux, et ça m’a rendu heureux. Je considère le fénétra l’un de mes desserts préférés et je continue de le recommander fortement.

Pour ceux qui connaissent les règles du tarot, j’ai réussi deux gardes — pourtant, c’était la première fois où j’en avais réussi une ! J’ai même joué le petit au dernier tour deux fois. Ça ne m’est jamais arrivé avant. C’était une nuit extrêmement chanceuse à cet é-garde. (Vous pouvez pousser des soupirs. Je me tue !)

Je regrette de vous dire que grâce à un sale tour par quelqu’une, il est devenu bien évident que je ne vais pas aller en France cette année. Au moins, pas cet été. Je n’ai jamais imaginé que l’onqui que ce soit — se nierait ses propres vacances juste pour me nier l’opportunité. J’aurais dû savoir que 2023 est trop bien allé à cet égard.

J’imagine que vous avez déjà deviné que je dis « On y va » à ma fille quand c’est le temps de quitter la maison. Oui, en français. Eh bien, elle a fait des progrès rapides avec Duolingo. Je le lui ai dit hier, et elle m’a répondu, sans hésiter, « Va-t-en ». Ouais, aussi en français. Ça me rassure que j’ai toujours la bonne fille à la maison, pas un sosie. Les années ado, tout le monde !

Notre blague traite des enfants. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Dictionnaire, Maturité, et Cœurs.

Sur le blog, il y a aussi L’entremets mousse au chocolat « Princess Peach », un dessert inspiré par le nouveau jeu Princess Peach Showtime, et Ne parlez pas l’anglais comme les autres non plus, une plainte sur les anglophones qui se plaignent d’une appli gratuite car le dialecte n’est pas le leur.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Qui sont « The Salingers » ?

Ça fait longtemps depuis les dernières vraies nouvelles d’Inochine dans ces pages. Je n’allais jamais essayer de voyager pour un de leurs concerts en 2023, car je me suis fait une promesse que le voyage fou de 2022 serait le seul de son genre. Alors la prochaine chose à laquelle j’attends, c’est leur prochain album. Et ça, les fans attendent depuis longtemps. En octobre 2021, le groupe a parlé de sortir un nouvel album fin 2022. Un mois plus tard, la date a déjà été reportée jusqu’à début 2023. En avril 2023, ils ont dit qu’ils sont revenus dans un studio à Londres. Franchement, à ce point je ne voulais plus entendre parler de dates. On attend, les dates passent sans nouvelles, et tout le monde est déçu. Faites votre travail en secret, Nico, ça va.

Mais il y a deux semaines, il y a eu une raison —peut-être — pour croire que l’attente atteignait sa fin. Le 15 mars, ce tweet a fait fureur parmi les fans :

Je ne connais pas le magazine Diverto, où cette pub est parue, mais les Sherlock Holmes d’Internet n’ont pas perdu de temps en analysant l’image.

Source, ©️D.R.

Quiconque a produit cette pub, elle est bien parsemée avec des indices qui suggèrent un nouvel album d’Indochine. « Pony Music », l’édition de disques en bas, ressemble à Sony Music, la vraie maison d’Indochine. « Salingers Records » rappelle le label privé du groupe, Indochine Records. « Babel Babel » pourrait faire référence au livre Babel de Patti Smith, une influence pour Nico. Et si on connaît la discographie du groupe, « The Salingers » semble être une référence au soi-disant écrivain J.D. Salinger, d’où la chanson « Des Fleurs pour Salinger ».

Cette dernière référence me fait peur. Chaque élève aux lycées américains est condamné de lire son excrétion en forme de livre, L’Attrape-cœurs. Le titre original, « The Catcher in the Rye », ce qui veut dire littéralement, « Le receveur dans le champs de seigle », est du n’importe quoi le plus pur en anglais. On peut le « comprendre » en lisant le livre — c’est-à-dire qu’il y a une explication, mais l’explication est bête. Le personnage principal est parmi les gens les moins sympas de tous les temps sans commettre un crime. Son parcours dans le livre ne sert à rien.

M. Salinger a eu la chance de le publier juste au moment quand les normes littéraires aux États-Unis s’effondraient, et il n’a jamais trouvé un moyen de le suivre — alors 40 ans de silence de sa part — car il savait qu’il était un arnaqueur, un escroc. Je considère son intérêt un écart dans les goûts de Nico, mais tout le monde a son péché mignon, et on n’a jamais lu une critique de Rabelais ou Zola chez moi non plus.

Mais un album tout basé sur l’œuvre de Salinger ? Oh là là, ce serait trop pour moi ! Pourtant, après l’apparition de la pub, un autre indice est apparu qui me suggère que le tout est une farce compliquée. On a créé une chaîne YouTube pour « The Salingers« , notamment avec une vidéo avec les mêmes symboles que dans la pub :

Mais il y a un autre clip dans cette chaîne, « Show Time ». On peut vérifier avec l’appli Shazam que c’est un extrait d’une chanson qui existe déjà, « Uppercut« , par un groupe peu connu, Moon Sound Malabar. À mes oreilles, quelque chose a été ajoutée, mais le clip ici part absolument de l’enregistrement inconnu :

Quel qu’Indo fasse pour promotion, je refuse absolument de croire que le groupe utilise la musique d’autres sans même pas la leur attribuer.

Le problème avec ma théorie de farce, c’est que ça coûte. Il y a évidemment du travail derrière ces clips et la pub, à ne pas mentionner le prix de publier la pub dans un magazine.

Il n’y a quand même plus de nouvelles de « The Salingers » depuis une semaine. Personne ne sait vraiment si ce soit le prochain album d’Indochine ou pas. C’est un mystère, et un dont j’espère que l’on connaîtra enfin la vérité, que ce soit une farce ou pas.

Un quatrième jour dans notre vie

C’est encore une fois le 29 mars, mon « anniversaire français ». Il m’étonne toujours combien a changé à partir du jour où je me suis dit « Je suis bien ennuyé dans cet appartement avec cette saloperie de virus partout. Je vais essayer un cours de français sur Duolingo. »

([En fait, il n’a dit rien de sorte, les amis. Tout le français qu’il a appris ce jour-là était genre « un garçon et un cheval », « un cheval et un chat », etc. Croyez-moi, j’en ai eu marre d’entendre toutes les répétitions ! — M. Descarottes])

Le jour où « Un Jour Dans Notre Vie » est devenu mon générique

Je reviens encore et encore à ce thème (2021, 2022, 2023), à partir de ma chanson préférée de tous les temps, parce que comme j’ai écrit en 2023, il exprime tout ce que veux dire ici, tout mon espoir et désespoir en même temps. Et il me semble que la leçon de la dernière année est le point auquel les deux côtés de ça existent ensemble.

Je me demande souvent à quoi je m’attendais ce premier jour-là. Je ne connaissais personne dans ma ville avec laquelle le français serait utile. À l’époque, ça faisait 12 ans depuis la dernière fois où j’avais sorti des États-Unis, et il me semblait que je devais attendre les 18 ans de La Fille (en 2028) pour régler ça. J’avais les concerts de Laurence Manning en ligne, mais c’était tout.

Toutes les raisons que j’avais pour apprendre le français au début sont disparues. Ça fait un an entier depuis le dernier concert en ligne de Laurence, alors je ne vois plus les québécois avec lesquels j’avais envie de parler. Le groupe sur Facebook qui m’a accueilli deux mois après le début existe toujours, mais il est largement devenu un seul type (pas moi) qui parle à lui-même.

J’en ai trouvé d’autres. On va bientôt visiter la Vendée pour le Tour, où quelqu’un de vraiment spécial y habite (pas le sujet de Peur). J’ai découvert une passion pour les films français qui nous amènera à une semaine consacrée aux films en même temps que notre Fête des Impôts (le 15 avril). Il y a toujours un manuscrit en cours, même si je suis plus pessimiste qu’avant à propos de la date où il sera fini. Mais ce sont tous des buts liés à un blog qui ne faisait jamais partie des rêves du jeune moi.

Et si ce monsieur avait reçu ce qu’il avait demandé ? Ce blog est né de la terreur que je n’arriverais jamais en France. Mais si j’avais réussi à y passer une semaine après mes années à la fac, si j’avais appris la langue assez tôt pour le vivre comme j’ai envie, est-ce que j’aurais fait les bons choix ? Ou est-ce que j’aurais tout mis à côté comme l’espagnol ?

Je n’ai pas de bonnes réponses à ces questions. Je me dis parfois qu’il y a 3 personnes que je souhaite avoir connu il y a 30 ans, pas juste récemment. Mais si je suis honnête, je ne peux même pas imaginer comment ce serait arrivé en deux des trois cas. Je pleure les opportunités ratées, puis je me dis que je suis fou pour pleurer l’impossible. (J’aime me gronder, la seule chose qui arrive dans tous les avenirs possibles.) Tout ce que je peux dire vraiment est ce que je dis depuis des années : qu’un jour dans notre vie, tout peut changer. Et je suis reconnaissant que vous êtes tous là maintenant.

Ne parlez pas l’anglais comme les autres non plus

Il y a des mois, énervé par les bruits de mes con-citoyens qui font semblant de parler anglais, j’ai écrit un article intitulé « Ne parlez pas l’anglais comme un américain, 1ère partie ». J’ai ajouté « 1ère partie » car j’étais loin d’épuiser le sujet, mais il ne m’est pas venu à l’esprit d’y revenir. Plus précisément, j’ai des limites pour la fréquence de billets où je me plains de tel ou tel chose. Et il y a des sujets plus importants pour m’en plaindre.

L’image la plus américaine de toutes, Photo par Tech. Sgt. Andrew Burdette, Domaine public

Un de ces sujets est l’attitude du reste de l’anglophonie vers l’anglais tel qu’il est à travers l’Étang, comme disent les britanniques. Je suis moins ravi d’écrire ça que vous ne le pensez. Il était une fois, tout le monde qui me connaissaient auraient dit que si j’allais vivre quelque part à l’étranger, il serait à Londres. Petit, j’avais la tête aussi pleine de rois britanniques que de français. J’adore l’accent britannique autant que le vôtre (au moins l’accent éduqué, le soi-disant « Received Pronunciation » — les personnages de Sasha Baron-Cohen font mal aux oreilles). Et j’aime leur cuisine — je sais, une attitude très inhabituelle, mais sincère. En revanche, je ne connais personne là-bas et on ne peut pas vivre à temps plein chez Fortnum & Mason. Mais pour autant que je sois prêt à me plaindre de l’anglais de chez moi, leurs plaintes sont du codswallop (mot britannique : bazar, n’importe quoi) le plus pur.

Reculons un peu. Je fais partie d’un groupe d’utilisateurs de Duolingo sur Facebook. Ironiquement, je ne l’ai trouvé qu’une fois que j’avais enfin supprimé l’appli. Je ne l’ai pas réinstallée, mais je suis heureux d’aider ceux que veulent apprendre le français sur le même chemin que moi. Et il y a certaines expériences qui ne sont logiques que pour les autres utilisateurs de Duolingo. Si vous ne connaissez pas les satanés leaderboards (classements), comptez-vous chanceux. Parmi ce groupe, on trouve tout la cantina de Mos Eisley — des américains, des britanniques, même des brésiliens qui utilisent Duolingo en anglais pour apprendre le français.

Je vous rappelle que Duolingo est disponible gratuitement, et que je n’ai jamais rien payé pour l’utiliser — plutôt l’inverse ! Et c’est fait aux États-Unis, par des anglophones américains (ils embauchent des autochtones pour dire les exemples à haute voix). Les brésiliens, les scandinaves, ils ne se plaignent pas de cette situation. Mais les britanniques, les australiens, les néo-zélandais ?

Ils se plaignent de tout. C’est insupportable. J’ai commencé à garder des captures d’écran à partir du moment où un britannique s’est plaint que Duolingo dit « burglarize » pour cambrioler au lieu de « burgle ». Il a dit « Sûrement même les Américains ne disent pas « burglarized » ? » Ce tosser (mot britannique : con) a bien mérité les réponses :

Une personne a répondu qu’il n’a jamais entendu « burgle » (vous le trouverez seulement dans des rediffusions de la BBC) ; deux autres ont dit que si, nous l’utilisons. Moi, j’ai répondu avec une pub ancienne de McDo avec un personnage dont son nom, Hamburglar, dit hamburger et burglar en même temps.

Mais ça continuait. « Malheureusement, Duo utilise l’anglais américain par défaut » :

Malheureusement ? Bollocks ! (mot britannique : merde, une connerie) C’est gratuit. Vous vous souciez de ne pas utiliser des expressions britanniques afin que nous les provinciaux puissions vous comprendre, monsieur ? Et plus :

« Je dis absolument « film » et ne rêverais même pas d’utiliser le mot « movie ». » Taisez-vous, toff (mot britannique : snobinard riche). Les américains du groupe ne « rêveraient » même pas d’avoir une telle attitude de wanker (mot britannique : branleur) vers votre anglais.

On continue. « Tristement, nous les britanniques doivent apprendre l’américain. » Quand on lui répond « Peut-être que vous les Brits trouvent un site produit par une société britannique ? » un autre britannique se plainte que « c’est impoli » et que les américains ont mal compris et veulent juste être offensés, car « sadly » veut dire « malheureusement » :

Honnêtement ? Bugger off ! (Expression britannique : casse-toi, de façon vulgaire.)

Au cas où ce ne serait pas clair, je connaissais déjà chaque « briticisme » que j’ai utilisé dans ce billet. Je trouve cette attitude absolument inacceptable. J’étais abonné du site britannique Kwiziq pour aller plus loin que Duolingo et je ne me suis jamais plaint de son anglais avec des « ou » partout où nous écrivons « o ». Et je le payais.

Peut-être que vous comprenez maintenant pourquoi je ne m’intéresse même pas un peu à vivre dans un autre pays anglophone. Je vous ai parlé honnêtement des « fans » en France qui m’ont dit « j’espère que tu resteras aux États-Unis ». L’ancien Empire, c’est souvent comme ça mais sans les bonnes pâtisseries. Un échange qui ne vaut pas la peine !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le capitaine Évident

Il y a deux insultes en anglais que je voulais récemment chercher en français. Ni l’un ni l’autre est trop sévère pour ce blog ; c’était juste une recherche de la part de M. Descarottes pour assurer qu’il n’épuiserait pas son stock. Il s’agissait de deux façons de dire que quelqu’un vient de remarquer l’évident. ([Vous voyez déjà d’où mon intérêt. — M. Descarottes])

Appeler quelqu’un « Captain Obvious » (le capitaine Évident, mais certains le traduisent Évidence, ce qui comprend mal que « obvious », c’est un adjectif, pas un nom), c’est à dire qu’il dit des choses non pas seulement évidents, mais que tout le monde sait bien déjà. Il y a un site de voyage aux États-Unis qui a une série de pubs autour d’un tel personnage. Un exemple vous donnerez le goût de l’affaire :

L’autre expression, « master of the obvious », se traduit (à mes yeux, mais je n’ai pas trouvé d’exemples) par « maître de l’évident ». C’est très similaire à « capitaine Évident », mais peut-être un peu moins agressif, parce qu’il n’y a pas de titre, alors pas d’aller aux injures personnelles.

Mais ce que j’ai découvert en faisant ces recherches, c’est que la traduction d’évident est…moins qu’évident. ([BRAVO, mon capitaine ! — M. Descarottes]) Certains choses sont aussi simples qu’attendu ; en ce qui suit, je suis largement mon dictionnaire Oxford.

Dire que quelque chose est évident est « il est évident », bien sûr. Mais dire la chose en question, c’est « enfoncer les portes ouvertes ». On dit ça en anglais — « push on an open door » — mais ça veut dire que quelque chose est facile ! Et le fait d’avoir dit la chose évidente, c’est une « lapalissade » Au moins là, j’ai une excuse pour ne pas le connaître — ça vient d’un Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice au XVe siècle, qui avait l’habitude de dire des choses comme « s’il n’était pas mort, il serait encore en vie ». Ne me croyez pas sur parole, il y a une chanson qui l’a rendu immortel :

Quand une grimace rend ses sentiments évidents, on dit qu’ils sont « écrits sur son visage ». On utilise exactement cette expression en anglais (« written on one’s face« ), mais nous disons aussi que ça « se voit dans ses yeux » (« seen in one’s eyes »).

Pourtant, quand un choix est évident, on ne dit pas qu’il est évident ni écrit quelque part, mais plutôt qu’il « s’impose ». Ou pire, que l’on n’utilise même pas un mot pour ça — mon dictionnaire Oxford dit que la chose qui s’impose est simplement « la chose à faire », ce qu’il donne également pour « the thing to do » et « the obvious thing to do ». Il n’y a donc pas de mot pour évident dans ce contexte. ([Oui, mon Seigneur de La Palice, car c’est évident. — M. Descarottes])

Un dernier exemple ? Un comportement qui rend ses intentions évidentes, c’est soit « manquer de finesse » soit « le voir venir avec ses gros sabots ». J’aurais pensé que l’on entend quelqu’un venir avec ses gros sabots, car comme note Wiktionnaire, les sabots (des chaussures en bois) sont connus pour être bruyants. Le choix de verbe n’est pas… ([NE FINISSEZ PAS CETTE PHRASE ! — M. Descarottes])… évident.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour remonter le temps jusqu’aux années 70 et des chaussures à semelles compensées au lieu de sabots.