Archives mensuelles : février 2021

La soupe à l’oignon

Connaissez-vous l’émission ancienne «Une famille en or» ? C’était une adaptation d’une émission américaine, « Family Feud » (et son host, Richard Dawson, était aussi le méchant dans le film «Running Man»). Si j’étais sur scène pour cette émission et la question était «Le plat français le plus connu aux États-Unis», je suis sûr que ma première réponse serait la soupe à l’oignon. (Puis ils me disaient que c’est le croissant, et je me plaindrais que le croissant n’est pas un plat, mais c’est une autre histoire.) Selon Keldelice, cette soupe n’est une spécialité d’aucun département. Je suppose qu’elle appartient à toute la France.

Ce soir, j’ai suivi un cours avec l’Alliance Française pour apprendre à préparer la soupe à l’oignon. (Je dois ajouter que le prof nous a demandé «Est-ce que vous avez fait des crêpes pour la Chandeleur ? Personne ? Justin ?» — ELLE SAIT.) Cette soupe n’est pas du tout difficile, mais vous avez besoin du bon bol pour la finir correctement. Voici la mienne — je suis sûr que vous comprendrez :

Le fromage n’est pas fondu, hélas. Sinon, je crois qu’elle est bien faite. À cause d’avoir fait partie d’un cours pour Américains, les mesures sont les nôtres. Je vais vous donner les instructions du cours, même si je ne pouvais pas utiliser le gril.

Les ingrédients :

  • 1 c. à soupe de beurre
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive
  • 4 gros oignons (environ 1 1/2 lb), tranchés finement
  • 2-4 gousses d’ail, hachées finement
  • 1 c. à café de sucre
  • 1/2 c. à café de thym séché
  • 2 c. à soupe de farine
  • 1/2 tasse vin blanc sec (facultatif)
  • 8 tasses de bouillon de poulet ou de bœuf
  • 6-8 tranches épaisses de pain français, grillé
  • 1 gousse d’ail
  • 12 onces de gruyère ou de fromage suisse râpé

Les instructions :

  1.  Dans une grande casserole ou fait-tout, chauffer le beurre et l’huile à feu moyen-vif.
  2. Ajouter les oignons et cuire 10 à 12 minutes jusqu’à ce qu’ils soient ramollis et commencent à dorer.
  3.  Ajouter l’ail, le sucre et le thym et poursuivre la cuisson à feu moyen pour 30 à 35 minutes jusqu’à ce que les oignons soient bien dorés. Mélanger fréquemment.
  4. Saupoudrer la farine et remuer jusqu’à ce qu’elle soit bien mélangée.
  5.  Incorporer le vin blanc et le bouillon et porter à ébullition.
  6. Écrémer toute mousse qui remonte à la surface, puis réduire le feu et laisser mijoter doucement pendant 45 minutes. 
  7. Préchauffer le gril.
  8. Frotter chaque tranche de pain grillé avec la gousse d’ail.
  9.  Déposer six ou huit bols à soupe allant au four sur une plaque de cuisson et les remplir au 3/4 avec la soupe à l’oignon.
  10. Faire flotter un morceau de pain grillé dans chaque bol.
  11. Garnir de fromage râpé, en divisant uniformément.
  12. Griller environ 15 cm du feu pendant environ 3-4 minutes jusqu’à ce que le fromage commence à fondre et à bouillonner.

Les grandes vacances

Ce soir, j’ai regardé «Les Grandes Vacances», un film de Jean Girault avec Louis de Funès et Claude Gensac sorti en 1967, un peu avant «Le gendarme se marie» (avec le même groupe de stars). C’était un autre film très difficile pour moi au début, parce qu’il n’y a pas de sous-titres. Mais ce film a lieu en Écosse, et la moitié de la distribution parle en anglais, alors cette situation a rapidement changé !

Le scénario est très drôle – à cause de difficultés au lycée, Charles Bosquier (de Funès) envoie son fils en Angleterre pour améliorer son anglais. Mais le fils, Philippe, le trompe, et son ami Michonnet va au lieu de lui. Au même temps, la fille de la famille en Angleterre, Shirley, à visité le lycée de Bosquier. Elle s’échappe avec Philippe et des copines de classe, et la plupart du film se traite des parents (mais surtout de Funès) en chassant leurs enfants.

Ce qui rend ce film si amusant est que les parents changent leurs avis des autres parents encore et encore. Dans un moment, M. Bosquier et M. MacFarrell veulent se tuer. Un moment plus tard, ils sont encore des amis. Ça se passe plusieurs fois, pendant que tous les deux pères se parlent en la langue de l’autre — mal. Et la chasse devient de plus en plus ridicule – à cheval, en avion, sur le toit d’un bus, et enfin en chariot.

À la fin, les deux pères se trouvent dans la distillerie du père de Shirley. Ils décident que c’est mieux de permettre à leurs enfants de se marier, et tout le monde est enfin heureux. Après une si longue chasse, ils sont trop fatigués pour se plaindre !

Qu’est-ce qu’il y a, Mickey ?

Je sais que je parle beaucoup trop d’un seul épisode de Taratata, mais elle m’a donné tellement d’idées que je ne suis pas encore fini de les trouver. Ce soir, j’ai encore écouté M. Mickaël Furnon, bien connu sous le nom Mickey 3D. Et cette chanson — on a un problème, Monsieur ?

Ça commence avec les paroles «Je n’ai pas peur des américains». Et pourquoi est-ce qu’on doit avoir peur des américains ? Je ne mords pas !

Je plaisante, mais ce serait très étrange, s’il y avait une chanson en anglais avec ce sentiment sur des autres gens.

Les anglicismes qui n’existent pas en anglais

Une amie m’a invité dans un groupe sur Facebook, appelé «relooking maison». «relooking» n’a pas du tout l’air français, non ? «-ing» est comment on fait le participe présent en anglais : «parlant» = « speaking, » «allant» = « going, » «cuisinant» = « cooking, » etc. Bref, «-ant» en français égal «-ing» en anglais. Mais il n’y a pas de mot «relooking» en anglais. Mon comédien bilingue préféré à un sketch sur ce sujet :

Je trouve que ces mots qui ne sont pas vraiment empruntés sont très intéressants. Nous avons le mot « jogging » en anglais, et ça veut dire exactement «faire du footing», mais « footing » n’existe pas du tout en anglais. Au lieu d’utiliser « jogging » pour dire «courir lentement», vous utilisez «jogging» pour dire «une sorte de pantalon», ce qu’on appelle « sweatpants » en anglais.

En linguistique, nous disons qu’une règle est «productive» si l’on peut faire de nouveaux mots selon la règle, et que d’autres personnes peuvent comprendre la signification du mot parce qu’ils parlent la langue, sans utiliser de dictionnaire. Il me semble que «ajouter -ing aux verbes anglais» est une règle productive en français, même si les résultats sont bizarres pour un anglophone.

Mais «relooking» est quelque chose de vraiment bizarre, parce que «re-» veut également dire «encore VERBE» en anglais qu’en français, et «looking» est un vrai mot en anglais — ça veut dire «voyant» — mais «relooking» n’a rien à voir avec «voir encore». Ça veut dire «refaire quelque chose pour changer son aspect». Il est un nouveau mot, il suit la règle, mais personne parmi les anglophones peut comprendre ce qu’il veut dire.

M. Taylor a un peu de tort sur un mot dans son sketch. Vous dites «pressing» pour une sorte de nettoyage de vêtements. En anglais, on l’appelle le verbe pour ça « pressing, » mais le nom est « dry-cleaning ». On dirait « He is pressing the dry-cleaning » pour dire «Il nettoie à sec le pressing». J’ai l’impression que c’est «plus français» à dire «le linge» au lieu de «le pressing», mais au moins c’est sur le bon sujet.

En tout cas, ces mots m’intéressent parce qu’ils ne sont pas exactement des amis faux, mais il y a quelque chose à la fois de familier et de bizarre quand je les trouve.

Mon dîner audois

Chers lecteurs, je sais que ce post est vraiment en retard. J’étais gravement malade pendant la semaine dernière, et je suis encore malade. Pas le virus; c’est quelque chose d’intestinal. Mais je peux enfin manger alors on continue. Pour ce dîner, j’ai choisi deux plats qui sont recommandés par l’Agence de Développement Touristique de l’Aude. Voici la tarte aux asperges et le clafoutis aux cerises :

On peut trouver ces plats dans plusieurs départements, mais les audois sont fiers de ces produits agricoles. Je ne peux pas trouver les produits avec la marque Pays Cathare aux États-Unis, mais l’un de mes buts ici est de suivre les idées des gens qui connaissent mieux leurs départements. Et j’ajouterai — le clafoutis en particulier, c’est une tuerie !

Avant de vous donner la recette de la tarte aux asperges, je dois avouer quelque chose. J’ai trop rempli la tarte, et je l’ai renversée en la mettant dans mon four. J’ai pensé à la refaire, mais alors que ce n’est pas aussi belle que je la voudrais, c’est par ailleurs bien fait. Donc, en premier, la tarte aux asperges.

Les ingrédients :

  • 750 grammes d’asperges vertes
  • 150 grammes d’emmental râpé
  • 3 œufs frais
  • 25 cl de crème fraîche
  • 20 grammes de beurre
  • Sel fin de cuisine, poivre noir
  • 1 pâte brisée OU
  • 200 grammes de farine
  • 100 grammes de beurre
  • 1 gramme de sel
  • 1 jaune d’œuf
  • 25 g de sucre en poudre
  • 50 ml d’eau

Les instructions :

  1. Si vous allez faire votre propre pâte brisée, mélanger la farine et 100 grammes de beurre dans un saladier. Sabler la pâte.
  2. Ajouter le sucre, le jaune d’œuf, le sel et l’eau et mélanger jusqu’à la pâte n’est plus gluante.
  3. Réserver au frigo pendant deux heures.
  4. Faire cuire les asperges vertes dans de l’eau bouillante salée pendant 20 minutes et les égoutter.
  5. Pendant la cuisson des asperges faites préchauffer votre four à 180°C ou thermostat 6.
  6. Réserver quelques asperges pour la décoration.
  7. Mixer les autres asperges. 
  8. Battre les œufs puis les incorporer dans la purée d’asperges.
  9. Ajouter la crème fraîche, le fromage râpé, sel et poivre.
  10. Etaler la pâte brisée dans un moule à tarte ; selon le choix de votre pâte penser à beurrer le plat.
  11. Garnir avec la préparation précédemment préparée.
  12. Placer les asperges réservées pour la décoration.
  13. Enfourner 35 minutes.
  14. Servir chaud ou tiède.

Et maintenant, le clafoutis. Je suis vraiment content avec ce dessert J’ai suivi exactement leur recette, sauf pour la levure, mais je suis pas d’accord avec deux de leurs astuces. Ils suggèrent de ne pas dénoyauter les cerises, et de mettre 100 grammes de sucre au fond du moule. C’est beaucoup de travail pour dénoyauter les cerises — j’ai eu besoin de 20 minutes pour le faire –mais je crois que vos invités préféraient garder leurs dents. Quant au sucre, il rend le fond un peu collante et difficile à démouler. Quant à la levure, ce n’était pas claire s’ils voulaient de la levure chimique ou de la levure de boulanger. J’ai vérifié une dizaine d’autres recettes, et je n’ai pas pu en trouver une autre avec de la levure, alors pas de levure dans la mienne.

Les ingrédients :

  • 1 kg de cerises 
  • 150 g de farine
  • 300 g de sucre
  • 5 œufs
  • 20 cl de lait (entier c’est mieux !)
  • 40 g de beurre

Les instructions :

  1. Laver les fruits et les dénoyauter.
  2. Verser la farine, les œufs, 200 g de sucre, la levure, le lait dans le bol du mixeur. 
  3. Bien mélanger.
  4. Beurrer un moule à manqué. Répartir sur son fond les 100 g restants de sucre (ou moins), les fruits, puis la préparation.
  5. Mettre au four et faire cuire 40 minutes (th. 6/180°). 
  6. A déguster tiède ou froid, selon votre goût.

Lequel arrivera en premier ?

Nous attendons tous avec impatience un monde après le virus. Ce jour-là, il y aura quelque chose de différent à parler. Pendant ce temps, il y a au moins des blagues comme celle-ci, notre dessin de la semaine, où la fin n’arrive jamais.

Je connais cette pièce de théâtre sous son nom en anglais, «Waiting for Godot». Mais c’est plus précis de l’appeler «En attendant Godot» parce que le dramaturge, Samuel Beckett, écrivait toutes ses œuvres en français malgré être anglophone d’origine irlandaise.

Il y avait un autre que j’ai profité. Pendant les années 1920s aux États-Unis, l’alcool était interdit. Il y avait donc des bars illégaux, appelés «speakeasies», qu’on ne pouvait pas entrer sauf savoir un mot de passe. Je suppose qu’il était une fois en France, il y avait quelque chose de similaire sinon ce dessin n’a pas de sens pour les lecteurs.

Comme d’habitude, si vous avez profité de ces dessins, abonnez-vous !

Des crêpes pour Chandeleur

Aujourd’hui est Chandeleur, et la tradition française est de manger des crêpes pour la fête. Je voulais faire quelque chose un peu différent, et grâce à Alsa, j’ai trouvé exactement ça. Voici les pancakes soufflé :

Comme d’habitude, j’ai coupé la recette. Je dois ajouter que je ne suis pas du tout d’accord avec leurs instructions pour le temps de cuisson. Ils disent 3-5 minutes le côté. Ça a brûlé mes premiers, et dans la photo en haut, j’ai fait cuire les pancakes 1 minute le côté. Je les ai mangés avec du sirop d’érable, mais Alsa recommande une ganache au chocolat.

Les ingrédients :

Les instructions :

  1. Dans un saladier, délayez la fleur de maïs, la farine de blé, le sel et la Levure chimique . Ajoutez le sucre et le le sucre vanillé, faites un puits et mettez-y les oeufs ainsi que la moitié du lait pour obtenir une pâte homogène. Incorporez le reste du lait et le beurre fondu.
  2. Battez les blancs en neige dans un autre saladier puis les incorporez délicatement dans la pâte à pancake.
  3. Utilisez du papier sulfurisé pour former un anneau rond de 7cm (hauteur 2cm). — Au lieu de papier sulfurisé, j’ai utilisé un moule en forme de cœur. Il y a une vidéo dans leur page de recette, et ils utilisaient aussi un moule. On peut réutiliser cette recette pour Saint-Valentin !
  4. Graissez légèrement une poêle et chauffez-la à feu moyen. Placez l’anneau de papier ou le moule au milieu de la casserole.
  5. Versez une demi-louche de pâte dans l’anneau puis mettez un couvercle pendant 1 minute.
  6. Retourner le pancake doucement et faîtes cuire de l’autre côté encore 1 minute.

Tout le monde veut être français

Connaissez-vous Topito ? C’est un site humoristique français que j’ai trouvé sur Facebook. Ils me rappelle notre site «Buzzfeed» — plein de listes «top 10», et aussi de plagiat. Mais je ne peux pas les quitter parce que je trouve que leurs vidéos sont souvent drôles, et ils ont parfois des articles intéressants. Celui-ci m’intéresse beaucoup — «Top 10 des marques qui font semblant d’être françaises, c’est pas beau de mentir».

Aux États-Unis, on peut dire que la langue française est prestigieuse, même parmi ceux qui ne la parlent pas. Nous avons deux chaînes de boulangeries — Au Bon Pain et Pret a Manger (oui, avec une mauvaise orthographe) — qui sont aussi françaises que l’Empereur du Japon. On peut les trouver dans l’article de Topito. Chez les asiatiques, la langue française est aussi prestigieuse. On se trouve ici deux autres chaînes de boulangeries qui viennent du Japon et de la Corée du Sud et portent des noms français.

Voici «Tous Les Jours», qui loue d’espace dans les supermarchés asiatiques, et ont leurs propres magasins de plus :

(Source)

Il y a une spécialité rennaise appelée la galette saucisse, comme ça :

(Source)

Mais honnêtement ? Celle de Tous Les Jours n’a rien à voir avec la galette saucisse. Un hot dog n’est vraiment ni asiatique ni français. Et leur pain n’est pas du tout français. C’est juste qu’un nom français a l’air élégant.

«Vie de France» n’existe plus près de chez moi, mais sur la côte Est, oui. Celle-ci est venue du Japon, et j’avoue que leurs mille-feuilles me manquent. Ils étaient pas mal ! Sérieusement :

(Source)

Et vous savez peut-être que notre voisin au sud, le Mexique, a reçu ses traditions boulangères des français ? C’est vrai ! Quand la France contrôlait le Mexique en 1861, ils introduisit la pâtisserie française. C’est vrai qu’il y a des pains tous mexicains, comme les tortillas. Mais le «pan dulce» (pain sucré) ? Il vient de la viennoiserie ! Par exemple, les «orejas» ont l’air palmier, hein ?

(Source)

On peut voir qu’aux États-Unis, tout le monde veut être français !