Les Disparus d’Arkham

On interrompt notre fête de la moitié du Tour pour une nouvelle surprenante :

Vous savez déjà que j’ai fini de lire mon tout premier livre en français le mois dernier. Disons que le deuxième…est passé beaucoup plus vite. J’ai lu la première moitié pendant les vols de mon voyage à la Nouvelle-Orléans, puis je l’ai fini pendant ce dernier week-end. C’est très facile quand on parle de la suite de L’Appel d’Am-Heh, Les Disparus d’Arkham.

Je n’imaginais pas que ce serait possible, mais pour l’amateur du Mythe de Cthulhu, ce livre est un régal encore plus grand. Il y a longtemps, je vous ai parlé du Roi en Jaune de Robert Chambers. Mais dans ce contexte-là, c’était à cause des nombreux liens du livre avec la France. Cette fois, M. Duvert nous fait plonger dans l’histoire du Roi en Jaune, ses liens à la ville mystérieuse de Carcosa, et au…. dieu ? Grand Ancien ? … Hastur. Ça se passe brièvement, et on peut facilement profiter du livre sans la connaître, mais pour quelqu’un dont toute sa vie adulte est colorée par des rêves du Roi en Jaune, c’était étonnant.

Il y en a plus. Je ne veux pas gâcher la signification de ces monstres à l’intrigue, mais dés qu’un personnage a dit d’éviter les coins d’une pièce, j’ai crié : « Il parle des Chiens de Tindalos ! » ([Menteur ! Vous avez dit Hounds, en anglais. J’ai tout entendu. — M. Descarottes]) Et c’était exactement ça. Le livre se termine avec un mot qui m’a bercé. Je pensais à vous le dire, mais au dernier moment, j’ai décidé que non. Mais si vous lisez le livre, dès que vous le terminez, cherchez-le sur Wikipédia.

Mais mettre à côté ces liens-là. Ce livre est une réunion avec les personnages bien aimés du premier livre, mais dans des situations toutes neuves. On savait déjà du premier livre que notre jeune archéologue, Kristen, est réputée d’être mentalement malade. En fait, j’en doute, mais j’ai toujours aucune preuve de mon hypothèse. De toute façon, elle se trouve au début à l’asile légendaire « Arkham Asylum ». (Vous connaissez sûrement vos histoires de Batman.) En fait, celui de Batman est localisé à Gotham City, pas Arkham, mais le Mythe de Cthulhu est la source originale. Notre agent secret britannique, Howard, est perdu ou mort, et notre détective privé, Milton, se mange à cause de se sentir coupable. (Se manger en anglais veut dire que l’on est consommé par de mauvais sentiments ; mes excuses si c’est le mauvais mot en français.)

Cette fois-ci, il y a une nouvelle enquêteuse, Lilian Freling, journaliste de Boston. M. Freling est là pour chercher quelques bostoniens riches qui sont disparus pendant des visites à Arkham. Elle sert largement pour remplacer Kristen et Howard tous les deux, et ça marche, même s’il me fallait du temps pour l’aimer.

Il s’avère que presque tout est lié à l’histoire d’Am-Heh du livre précédent. C’est la meilleure sorte d’écriture lovecraftienne — tout est mélangé dans un complot si diabolique, si complexe, que les enquêteurs arrivent à douter de leur santé mentale. Si vous connaissez la série X-Files, vous savez déjà quel genre de problèmes arrive aux enquêteurs — ils sont témoins de tous genres de trucs bizarres, mais les preuves qui restent après leurs rencontres sont toujours ambiguës, de sorte que personne ne les croit.

Je n’ai que deux petits plaints. D’abord, le méchant « Lord Shellington » porte un titre noble (Lord) malgré être censé descendant d’une famille fondatrice de la ville. Il y a ceux qui disent que nos titres élus ont remplacé les titres féodaux, car une fois élu, tout le monde les utilise pour le reste de sa vie. D’accord, mais « Lord » n’était titre nulle part aux États-Unis, même à l’époque. L’autre plaint, c’est que la fin bouge un peu trop vite. Je comprends que tout mène vers un troisième livre, mais la finale de ce livre me rappelle la fin du jeu vidéo Final Fantasy IX — on passe une belle quarantaine d’heures en jouant le jeu, puis la bataille finale est contre un ennemi jusqu’alors complètement inconnu le long du jeu. La fin du livre reste quand même satisfaisante, mais elle vient un peu de nulle parte.

Enfin, je recommande ce livre avec autant d’enthousiasme que j’avais pour le premier. Je n’ai pas de meilleurs compliments !

6 réflexions au sujet de « Les Disparus d’Arkham »

  1. les2olibrius

    Alors comme ça j’apprends que… Je « me mange » trop souvent ! Quel dommage que ce trait de caractère ne me fasse pas maigrir ! ( L’équivalent de la formule d’anglais me paraît être « se manger / se ronger les sangs » mais elle est vieillie et nous transforme en vampires!)

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  2. Light And Smell

    Je confirme qu’il faut du temps pour apprécier Lilian Freling…
    Dans tous les cas, je suis ravie que tu aies aussi apprécié cette suite ! Et merci pour ton avis ; c’est toujours intéressant d’avoir le point de vue d’un amateur du Mythe de Cthulhu 🙂

    Aimé par 2 personnes

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  3. Angelique

    Ah, ah, moi aussi j’ai ADORE ces deux premiers volumes des chroniques occultes. Oui, je sais que Scully et Mulder n’ont pas le vie facile (je suis fan de cette série) et j’aime beaucoup ton point de vue sur ce livre. Je te souhaite une belle soirée, à très bientôt

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  4. Ping : Épisode 24 | Un Coup de Foudre

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