Archives de l’auteur : Justin Busch

Avatar de Inconnu

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

La magie de Vegas

On s’approche de la fin de notre visite à Las Vegas aujourd’hui. Demain, je finirai avec mon récit habituel de mes plaintes — quoi, vous pensiez que je râlais seulement sur les pays francophones ? Nan, un râleur professionnel sait râler sur tout ! Mais avant ça, j’ai d’autres hôtels et d’autres expériences à vous montrer.

Après le Mob Museum, nous sommes revenus dans le Strip, où nous nous sommes garés au centre commercial dit Fashion Show Mall. La photo est du pont pour croiser le Strip :

Notre destination était The Venetian, un hôtel dont le thème est d’après la Venise du Gâtinais de Colmar des Alpes de l’Italie. (Les reflets sont dus au verre du pont.)

Je vous laisse à décider à quel point ils ont réussi, mais en 2005, j’ai visité la Venise italienne, qui est une copie de toutes ces Venises françaises, et je trouve l’hôtel plutôt fidèle :

Il y a de nombreux restos dans leur « Place Saint-Marc » ; on a déjeuné chez Brera, qui n’a pas de chef renommé (souvent la raison pour manger quelque part à Vegas), mais la pizza margherita et les pâtes bolognaises étaient très bonnes :

Je ne savais pas jusqu’au moment d’écrire ce billet que c’est en fait le deuxième resto du même nom d’un chef à Los Angeles. Hihihi, oups. (J’essaie de ne rien faire à Vegas que je peux à la maison.) Peu importe, La Fille était heureuse.

On est passés par le Wynn, leur voisin :

Du pont entre les deux, on aperçoit la Sphère :

M. Wynn était le PDG de MGM Mirage, mais l’a perdu car il a trop dépensé pour construire le Bellagio. Pour s’en venger, il a construit le Wynn afin d’être le Bellagio mais plus grand en chaque détail. Voici des exemples de ce que l’on y trouve :

Parfois les fleurs bougent :

On a vite marché à travers le Wynn pour atteindre l’hôtel Trump International. Ce n’est pas hyper-Vegas — il n’y a qu’un resto, dit DJT, et une boutique. Contre vos attentes, c’est donc un modèle de modération par rapport au reste du Strip :

Resorts World, notre prochain arrêt, qui fait partie d’une chaîne asiatique, était dé-ce-vant. Il y a de l’argent (4,3 milliards) derrière celui-ci, mais absolument rien d’exceptionnel. Les attentes sont élevées quand on est dans le Strip.

Vous souvenez-vous de Randy’s Donuts à LA ? Ils sont là, dans un resto dit « Sun’s Up, Buns Up » (Le soleil se lève, les petits pains aussi). Bun = petit pain, mais aussi cul. Voilà :

Après, on est passés à Circus Circus, apparu dans « Les diamants sont éternels ». C’est l’hôtel idéal pour les enfants, avec de nombreux jeux et des clowns.

Après Circus Circus, on est allés pour dîner au Paris, dans un grill dit Mon Ami Gabi, au pied de leur Tour Eiffel :

Ce qui rend celui-ci spécial, c’est que l’on est en face du Bellagio et le meilleur spectacle de la ville, les Fontaines du Bellagio. Voici la vue de notre table :

Et quelques aperçus de l’intérieur du resto :

Voici les cartes (haute résolution en cliquant afin que vous puissiez les lire) :

Le pain (pas compris) est arrivé avec une petite salade de carottes ([Quel gâchis ! — M. Descarottes]) :

J’ai commandé un steak-frites au poivre et on a partagé des profiteroles :

Puis, on a traversé la rue pour visiter le Bellagio, à mon avis le meilleur hôtel au monde. Commençons avec une belle vue des Fontaines :

Même la réception est élégante — le plafond a été décoré par Dale Chihuly, l’artisan de verre le meilleur réputé du pays :

Le Jardin du Bellagio change complètement 4 fois par année. La Fille a pris la photo avec moi :

Derrière le lac, il y a deux restos exceptionnels, Picasso (2 étoiles Michelin), où j’ai eu le dîner le plus triste de ma vie — qui fermera définitivement en août — et Prime, un grill par un de nos meilleurs chefs, Jean-Georges Vongerichten. Voici les cartes, aussi disponibles en haute résolution :

La Fille et moi aimons tant Bellagio que nous sommes revenus tôt le lendemain pour ne pas rater Café Gelato, à mon avis le 2ème meilleur que je connais (après Fiocco di neve à Rome) :

Voici les biens :

Et nos commandes (le mien à gauche) :

Avec ça, on a quitté Vegas. Mais j’ai une dernière surprise. En juin, Marie-Luce, qui vous connaissez sous le nom de blog Miaougraphie de Clément, m’a parlé de Logan’s Candies, à Ontario. C’est à 9 km de mon ancienne fac, mais je ne le connaissais pas à l’époque. Étant un très petit détour de la route vers Las Vegas, j’y ai visité pour goûter leur « English toffee ». C’est excellent.

J’ai dit à la caissière que c’était une québécoise qui m’y avait dirigé 26 ans après ma licence, et je dois vous dire, ça a fait sa journée !

Le flamant de la Mafia

On commence aujourd’hui avec notre hôtel bien que ce soit largement sur un musée. Nous nous sommes enregistrés au Flamingo (Flamant) :

Le Flamingo n’est pas le premier hôtel-casino de Las Vegas — ce serait plutôt le Golden Gate, dans le centre-ville — ni le plus spectaculaire (on dirait plutôt « budget », pas cher, de nos jours). Mais c’est de loin le plus important de l’histoire de la ville. Explorons l’hôtel un peu avant de continuer.

Il y a un jardin avec des flamants, des tortues marines, des poissons koi, et d’autres animaux :

Même les lampes suivent le thème :

J’essaie de vous convaincre que vous êtes plus populaires ici que vous ne le pensez. Regardez leur resto rapide pour les hot-dogs, la Haute Doggery :

Mais leur grill, d’où vient son nom de Bugsy & Meyer’s ?

Ça nous mène à notre grande activité du voyage, le National Museum of Organized Crime and Law Enforcement (Musée national du crime organisé et des forces de l’ordre), dit le « Mob Museum ». Car le Flamingo, c’était l’entrée de la Mafia à Las Vegas.

Le bâtiment était anciennement un palais de justice fédéral, et une salle reste presque exactement dans le même état que dans les années 50, quand c’était le lieu d’une audience du sénateur Estes Kefauver sur la Mafia :

Je sais que j’ai tort, qu’il ne faut pas glorifier le mal, mais j’adore les histoires de truands, et surtout deux films américains, Les Incorruptibles et Dick Tracy. Et comme nous apprend les films, où le crime organisé est la faute aux immigrés, le musée commence par parler de l’expérience des immigrés aux États-Unis. (Je plaisante, bien sûr, mais c’est dingue à quel point les polémiques en France et chez moi sont les mêmes sur ce sujet.)

On passe vite à une exposition sur les outils des policiers pour attraper les truands — les bâtons et pistolets des policiers dans la rue, mais aussi les équipements pour l’espionnage électronique :

Un moment plus qu’un peu amusant parle d’un truand qui a essayé d’établir des casinos sur des bateaux dans le Pacifique, dans les eaux internationales. Voici des jetons de son entreprise :

J’ai trouvé une courte vidéo de son 2ème bateau :

Puis on remonte le temps à la première décennie du XXe siècle. Le premier quartier chaud (on dirait « quartier à lumières rouges » en anglais) de Las Vegas a été ancré par l’Arizona Club, un casino et bordel :

Il n’y a presque rien dans cette photo. À l’époque, les jeux étaient bien limités, et les manchots ont dû vendre quelque chose en plus (par exemple, des boules de gomme ou des cigarettes) :

Mais deux choses ont changé à jamais le destin de Las Vegas. D’abord, un changement des lois afin qu’un divorce ne faille que quelques semaines de résidence dans l’état, et la construction du barrage Hoover, qui a amené des milliers d’hommes dans la région. Ici, on voit une photo du célèbre acteur Clark Gable et sa bientôt-ex Maria Langham, ainsi que des souvenirs du barrage :

La présence de tous ces hommes en mal de prostituées, d’alcool, et d’opportunités de perdre leur argent gagné au barrage a attiré la Mafia, qui enverrait Bugsy Siegel pour construire l’hôtel Flamingo. Pour sa part, la Mafia avait besoin d’agir de façon plus unie, et ne plus compter sur l’alcool après la fin de la Prohibition. Il y a des souvenirs de cette époque :

Le souvenir le plus impressionnant du musée est sans doute le Vrai Mur du Massacre de la Saint-Valentin (pour moi, en 3ème place derrière la Vraie Croix et le Mur de l’Atlantique) :

Ceci est en fait le mur du garage où 7 truands ont été fusillés au milieu d’une réunion pour planifier l’assassinat d’Al Capone, plus tard immortalisé dans le film Dick Tracy :

Le film est inspiré d’une BD de nos journaux (depuis 1931, et toujours publiée) :

Il y a aussi des balles retrouvées des cadavres ainsi que des copies du rapport du coroner :

Et un pistolet qui appartenait à Capone lui-même :

C’est dans ce cadre où Bugsy Siegel a construit le Flamingo, sous la supervision à distance de son ami d’enfance, Meyer Lansky. Mais Bugsy a volé des fonds, et le reste de la Mafia a voté pour le tuer.

Le musée abrite quelques objets historiques du Flamingo de Bugsy, dont ses lunettes à soleil (à gauche) :

Il y a aussi une chaise électrique, une réplique de celle de la prison dite Sing Sing, et je sais qui payerait cher pour cette photo que je vous offre gratuitement :

Il y a deux souvenirs 100 % français (ou pas, attention) pour partager avec vous. Le premier est une montre fabriquée par « Jacques Edho Paris » pour un tournoi de golf dans les années 70. Pourtant, je n’arrive à trouver aucune preuve qu’il y avait une vraie manufacture, plutôt qu’un nom inventé :

L’autre chose vient d’une exposition à la fin sur les escrocs modernes. Quel est le vrai sac à main Louis Vuitton, et quel est le faux ? (Je répondrai dans les commentaires si vous n’arrivez pas à lire la bonne réponse en anglais.) Haute résolution en cliquant pour aider vos recherches !

Je finirai avec le souvenir que j’ai acheté. Souvent dans les films de gangsters, les témoins menacés disent « I didn’t see nothing! » (J’ai rien vu.) J’ai vu des aimants qui disaient « J’ai rien vu au Mob Museum », en forme de tableau des yeux, et j’ai dû en acheter un :

Bonbons à gogo

Tout ce que je vous ai montré hier est venu de notre matin (nous sommes partis vers 7h, et sommes arrivés à Vegas vers 12h45). Aujourd’hui, je vous parle du reste de notre dimanche. D’abord, un détour historique.

Vous connaissez sûrement les bonbons M&Ms. Ce sont les initiales des fondateurs de l’entreprise, Murrie et Mars. La famille Mars reste jusqu’à nos jours le seul propriétaire de la société Mars. Mais il était une fois, quand le fils du fondateur original, Forrest Mars Sr, a pris sa retraite à Las Vegas, il s’ennuyait et est revenu dans le commerce avec une gamme de chocolats très supérieur à celle de l’entreprise familiale. Il a nommé sa création Ethel M, d’après sa mère. Ethel M reste un des meilleurs chocolatiers aux États-Unis, même après avoir été racheté par Mars Inc. — et on peut visiter son usine près de l’aéroport. C’est exactement ce que l’on a fait.

Étant dimanche, il n’y avait pas beaucoup d’ouvriers :

En revanche, certaines activités continuaient :

Voici les petits bijoux :

On a acheté quelques bonbons pour remporter, et un « milk-shake » (sérieusement ? Je suis avec les québécois — lait frappé) au chocolat et aux fraises :

On en a profité dans le jardin — des cactus :

Après ça, nous sommes partis de l’usine Ethel M, mais c’était toujours trop tôt pour nous enregistrer à notre hôtel. Nous sommes donc allés dans le Strip. La Fille a pris une photo du plus célèbre panneau de la rue pendant que je conduisais :

Nous sommes passés par le Luxor, hyper-égyptien :

Nous avons décidé de déjeuner dans le MGM Grand, en face de la rue. J’ai visité cet hôtel de nombreuses fois, parfois avec mon ex, parfois seul, mais jamais avec La Fille. (Nous étions à Vegas avec mes parents en 2017.) J’ai su que j’allais demander exiger certaines choses plus tard, alors je l’ai laissée choisir quoi manger. Voici Nathan’s Hot Dogs de New York City — je sais que Mathilde les connaît, mais le reste d’entre vous, probablement pas.

Derrière le comptoir, il y a de la choucroute, des oignons, et du chili, des accompagnements typiques. Il y a aussi le « crumb cake » new-yorkais. Peut-être que je le préparerai pour vous, mais depuis mon toute petite enfance, j’ai toujours préféré les éclairs et les millefeuilles.

Pour avoir du contexte, voici le « food court », une collection de restos rapides. La pub pour Johnny Rockets sur mon plateau en haut est là car ils ne sont pas concurrents — on les reçoit par hasard.

Le MGM Grand est le site de ma dernière visite tout seul à Las Vegas, en 2015. Cette fois-là, j’ai mangé chez L’Atelier de Joël Robuchon, le seul repas 2 fois étoilé de ma vie. Un garde sécurité m’a dit que de nos jours, l’attente pour une place chez l’Atelier est de 3 mois. (On y mange autour d’un bar, pas une table.) Quand j’y suis allé, je ne pouvais pas choisir n’importe quelle date, mais j’ai pu avoir une place une semaine à l’avance. La Fille a pris cette photo pour partager :

À côté, il y a le 3 fois étoilé Joël Robuchon.

Puis nous sommes allés en face de la rue à New York-New York :

Juste après l’entrée se trouve Hershey’s Chocolate World. Là, on voit une sculpture bien française, par un M. Bartholdi — mais en réglisse :

C’est autrement juste un magasin — avec des nouveautés comme des sacs à main en forme de boites de beurre d’arachide Reese’s, ou des barres Hershey’s géantes :

Notre dernier arrêt — pour ce billet — est le bâtiment à côté du MGM Grand où se trouvent le magasin Coca-Cola et M&M World :

Le magasin Coca-Cola (ça dit « Coca-Cola store » à gauche dans la photo, la même chose) stocke des milliers de bibelots et t-shirts liés au soda. On peut commander un menu dégustation d’échantillons de leurs produits, mais la queue pour ça était longue.

M&M World est la même chose, mais pour les M&Ms :

Cependant, au 4ème étage — vous diriez 3ème, mais on appelle le rez-de-chaussée le 1er — on trouve des produits Ethel M et une petite exposition sur la famille Mars :

Je finirais avec notre hôtel, mais c’est uniquement lié au musée dont on va parler demain, alors il faudra patienter. Mais je vous promets, il vaudra la peine !

Sur la route vers Las Vegas

(Pas de Langue de Molière cette semaine ; j’ai trop d’autres choses à écrire.)

Ça fait deux ans où je dis à La Fille « Je veux que l’on parte sur l’autoroute vers Las Vegas, car je veux que tu voies comment vit la vraie Amérique, pas les grandes villes. » Il y avait donc un sens dans lequel la destination n’était que la carotte pour la convaincre. ([Attention, les amis, en anglais on utilise souvent les carottes comme métaphore. C’est une blague cruelle. — M. Descarottes]) Je vous dirai tout d’abord que ça fait 14 ans depuis la dernière fois où j’ai fait ce trajet en voiture — et des choses ont changé. (En fait, cette dernière fois, c’était mon dernier voyage avec mon ex, juste avant la naissance de La Fille.)

Il y a environ 430 km entre chez moi à Elbe-en-Irvine et l’Hôtel Flamingo dans le « Strip » comme Las Vegas Boulevard est connue. (J’ai vérifié chez Planète Vegas ; c’est le Strip, pas la.) Mais presque tout le trajet se déroule dans un seule comté, San Bernardino, le plus grand du pays. Quand je dis que c’est grand, on parle d’une superficie de presque 52 000 km carrés — environ 90 % de la taille du Grand Est. Il y a environ 2,2 millions d’habitants du comté, mais ce n’est pas du tout dense.

Notre premier arrêt a été Oak Hills, à environ 125 km de chez moi :

Il n’y a que 9 000 personnes là, sur 60 km carrés. Ça semble abandonné en traversant l’autoroute :

Pourtant, même cette station-service veut se distinguer d’une façon ou autre. Comment ? Avec un rayon énorme consacré à jerky, le bœuf séché si populaire en Amérique du Nord. Je n’ai jamais rien vu comme ça — en plus de tout le bœuf, il y a du saumon, de l’espadon, même du yak.

30 km plus au nord le long de l’autoroute 15, on est à Apple Valley (la Vallée des Pommes). Il n’y a rien. Quand Véronique Sanson chante « Il est de nulle part », je me demande si elle connaît cette région :

50 km plus tard, on est à Barstow. Barstow est un centre important pour les transports par rail, mais seulement des marchandises.

C’était dimanche, alors ce centre commercial n’était pas encore ouvert, mais même avec les employés, c’était vide. On verra que presque tout l’industrie le long de la route s’est effondrée.

Juste après Barstow, il y a Yermo, un village presque détruit par l’arrivée de l’autoroute 15, car ça a remplacé l’ancienne route entre Californie du Sud et Las Vegas. En 2018, un entrepreneur y a construit « EddieWorld », une station-service énorme avec des milliers de choix de bonbons. Voici leur château d’eau, une photo prise par La Fille :

J’ai tourné un petit clip à l’entrée pour vous donner un goût de la taille :

Il y a plus de jerky, fait dans la région :

Des exemples des bonbons, dont des boules de gomme de taille effrayante :

De Yermo, on continue 84 km de plus le long de la 15, jusqu’à Baker, un village de 400 personnes aussi tombé dans la désuétude au-delà de ses stations-service et restos rapides.

Baker est célèbre pour « le plus grand thermomètre au monde » :

Il y avait 3 hôtels dans le village qui servaient les voyageurs, tous définitivement fermés. Le dernier était le Bun Boy (Garçon aux petits pains ; Baker étant l’anglais pour boulanger), toujours ouvert la dernière fois où j’ai passé par le village :

Mais il reste certaines attractions. The Mad Greek (Le Grec fou) est un resto célèbre pour son décor ridicule plus que sa cuisine :

Alien Fresh Jerky (Le jerky frais extra-terrestre) tire son thème du célèbre Area 51 et les OVNIs censés être là. Ils sont en train de construire un hôtel en forme de soucoupe volante :

Ils ont aussi des vidéos amusantes :

Dans nos campagnes, on trouve des magasins dits « country store », qui vendent un peu de tout. Voici celui de Baker, qui se vante de 400 sortes de sodas :

Mais attention, les prix sont en flèche à Baker. Dairy Queen, une chaîne de glaciers, est connue pour leurs sundaes dits Blizzards (Tempêtes de neige). Ils coûtent plus de 2x leurs prix près de chez moi !

À 60 km de Baker, toujours sur la 15, on atteint enfin le Nevada. À la frontière, il y a une ville dite Primm, à 60 km de Vegas. Leur plus grand hôtel est fermé ; je ne comprends pas pourquoi les portes étaient ouvertes :

À côté, Buffalo Bill’s reste ouvert, mais sa montagne russe est fermée. Il y a très peu de monde là-dedans :

Il y avait un autre village, Jean, à 20 km de Primm, anciennement ancré par 3 hôtels. Il ne reste rien sauf une station-service, et personne n’y habite plus. Le seul hôtel qui reste a été condamné il y a plusieurs ans, mais personne ne se dépêche pour finir le travail. Terrible’s est le nom de la station-service ainsi que l’hôtel disparu ; vous pouvez voir une pub pour la station dans la première photo :

J’étais bien dérangé par l’état de tous ces villages sur la route. Anciennement, la 15 était une autoroute pleine de vie, et même si les espaces entre les villages étaient aussi vides que gros, une fois arrivé au prochain village, c’était joyeux. Ce n’était pas ce que j’avais espéré montrer à La Fille, mais c’était une bonne leçon sur l’état du pays. Quand vous ferez la comparaison avec ce que je vous montrerai demain, vous serez bouches bées.

Vegas à la parisienne

Ce billet sera plutôt court, car nous avons marché aujourd’hui, dans des températures chaudes. Ne me croyez pas sur parole — après les deux derniers jours, pas de problème, je le sais ! — voici les températures de lundi :

Et les distances, par pas et par kilomètres :

Quand je suis à Las Vegas, je suis là pour faire les hôtels. Et on a beaucoup visité ! Demain, je recommencerai du début, mais cette fois, je veux vous donner une idée de vos influences sur la ville. Et si vous considérez que pendant deux décennies, c’était grosso modo tout mon contact avec la culture française, sur moi.

Il y a des châteaux médiévaux à Las Vegas :

Hôtel Excalibur

Même Fontainebleau !

Quoi, vous ne le reconnaissez pas ? Voilà, une vue plus proche du panneau :

Vous avez déjà vu la Tour Eiffel ici, mais c’est le 14 juillet tous les jours ici. Au moins la nuit :

Peut-être que vous reconnaîtrez un autre monument :

On entre Paris par une porte sous un auvent qui dit « Le Casino », complètement différent des autres hôtels qui disent seulement « casino », alors on sait que c’est hyper-authentique.

Juste à l’intérieur, on peut voir les autres pieds de la tour — c’est exactement comme l’originale, mais ne fait que la moitié de la taille :

On sait que l’on est vraiment à Paris, car c’est trop américanisé pour mes goûts :

Il y a des panneaux en français partout, mais maintenant, je suis hyper-sensible aux erreurs. Comme le manque d’accents ici :

Parfois les erreurs sont plus subtiles. C’est « Excursions dans la cAmpagne », pas « cOmpagne » !

Trop petite, la photo ? Essayons avec une plus proche :

Ouais, vous m’avez tous ruiné. Je ne peux plus aller nulle part sans chercher de l’orthographe à critiquer ! ([Il était toujours comme ça en anglais, rassurez-vous. — M. Descarottes])

Les boutiques ont largement les bons noms :

À l’intérieur d’un café, ils sont un peu perplexes sur quelle est une pâtisserie :

Mais tout n’est pas perdu. Peut-être que j’essaierai un chou à la crème de spéculoos :

La vitrine n’est pas mal non plus, mais encore américanisé :

Hélas, la crêperie est définitivement fermée — j’avais hâte de vous la montrer. Mais il y a une nouvelle boulangerie-pâtisserie par Guy Savoy :

Naturellement, j’ai dû goûter une brioche aux fruits confits. Vraiment pas mal, mais à 9 $, un rapport qualité prix plutôt pénible.

Ce n’est pas tout ce que je vais dire sur Paris Las Vegas, mais c’est la grande majorité. Avant d’y revenir, on suivra notre chemin vers la ville, vous montrer des bibelots en grand format et visiter un musée comme nulle part ailleurs.

Saison 3, Épisode 19 — Bonjour de Paris

Bonjour de Paris, tout le monde.

Photo prise par La Fille

Paris…Las Vegas !

OMD, quel que vous vouliez me dire, je le mérite, vraiment. J’ai fait assez de bêtises sur ce blog pendant les 4 dernières années qu’absolument personne n’était sceptique ! J’ai cru que j’avais laissé un indice qu’il y avait anguille sous roche quand j’ai dit que j’étais sûr que tout le monde me parlerait en anglais, mais je ne m’en plaindrais pas. Est-ce que ça sonne comme quelque chose que je dirais, vraiment ? Moi, ne pas être râleur ?!?

En fait, j’ai exactement la même réputation en anglais. Je suis si pince-sans-rire que beaucoup de monde prennent tout ce que je dis au sérieux. Je devrais probablement faire plus d’efforts pour améliorer ça.

Nan. Comme m’a dit l’amie à laquelle j’ai d’abord tout avoué, « Te connaissant tu aurais pu le faire. » Je suis ce que je suis. Mais honnêtement, je ne suis pas assez riche pour prendre des allers-retours d’un ou deux jours comme ça chaque année. C’était juste l’aventure d’une fois, pour avoir une histoire comme nulle part ailleurs. Et même si l’argent n’avait rien empêché, ça fait mal au cœur d’aller en France pendant si peu de temps !

Mon but avec ce voyage était en fait de montrer à La Fille les États-Unis profonds, les parties que vous ne connaissez pas non plus. On passera plusieurs journées en explorant le célèbre Strip sur ce blog — mais aussi un billet pour parler des arrêts au milieu de nulle part.

Mais vu que je suis en train d’avouer mes farces, en fait on est à un voisin de l’hôtel Paris, à l’hôtel Flamingo, anciennement lié à la mafia. J’en aurai beaucoup plus sur ce sujet, mais pour l’instant, voici l’entrée :

Notre blague traite des je-sais-tout. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Fig Newtons, Entrepôt et Paris.

Sur le blog, il y a aussi Attentat, mes pensées sur l’attentat aux États-Unis, Mon dîner terrifortain, les œufs durs à l’aurore, et Le gâteau du Lion, mon dessert terrifortain.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

On s’en va

Il y a trois ans, j’en ai eu assez pendant mes soi-disant vacances dans le Massachusetts, en famille avec La Fille, mes parents et mon frère, ce qui m’a mené à réserver mon premier voyage en France.

Avion d’Air France, Photo par Philippe Noret – AirTeamimages, CC BY-SA 2.5

Il y a deux ans, je vous ai dit que je n’en pouvais plus à cause de la rupture de mon stock de nougat de Montélimar. Et j’ai récemment épuisé à nouveau mon stock. Deux jours plus tard, je vous ai dit que j’étais à Paris. Juste pour un jour, mais quel jour.

L’année dernière, nous sommes allés en France, mais toujours avec de la famille et c’était diff-i-cile, car La Fille et moi, nous étions prêts à bouger et n’avons pas fini par faire tout ce dont nous avions envie de faire.

Alors, que pensez-vous arrive cette fois, quand j’ai dû supporter mon frère pendant une semaine entière et je n’ai plus de nougat ?

Ouais, vous l’avez bien deviné. Demain soir, je publierai la balado comme chaque semaine, mais je vous écrirai de Paris. On ne sera là que pendant deux jours, car je vous ai dit que je ne referai plus jamais un voyage d’un jour, mais je n’en ai rien dit sur deux. Je n’ai contacté personne car notre horaire est déjà plein, alors j’offre mes regrets à ceux qui sont près des bons quartiers.

Cependant, je me sens à l’aise en vous faisant une promesse. Je sais que c’est un sujet sensible quand je me plains de l’anglais après chaque voyage. Et je suis sûr que cette fois, tout le monde va me parler en anglais. Je veux que La Fille passe deux bons jours, alors je vous promets que je l’assumerai et n’en plaindrai pas.

Honnêtement, je suis ravi de rater les JO, mais juste pour vous faire rire, j’ai vu cette parodie de Tintin à propos de la chanson catastrophique de Mme Dombasle il y a des jours :

Source

Je sais que c’est une blague sur « Antisocial » par Trust. Mais sérieusement, personne n’a déjà pensé au fait que « Arielle Dombasle » rime avec « pierre tombale » ?

Je découvre l’Essonne

On continue maintenant le Tour avec le 91, l’Essonne. C’est le département le quatorzième plus peuplé et les habitants s’appellent essonniens. C’est notre quatrième séjour en Île-de-France.

Il nous a fallu 90 départements et 3 1/2 ans de ce tour pour enfin arriver dans le département avec le bâtiment le plus important de tout le pays. Je vous laisse un moment pour essayer de deviner comment vous vous êtes trompés si gravement tout ce temps. Le Louvre y est déménagé ? On a volé la Tour Eiffel ? Versailles, est-il toujours dans les Yvelines ? Qu’est-ce qui se passe ?

Je parle, évidemment, de l’entrepôt de la FNAC à 2, Rue des Champarts, Massy 91300 (lien à un site du gouvernement français). Tous mes colis de la FNAC sont expédiés de cette adresse. S’il y a un entrepôt de logistique où j’ai envie d’y visiter, ça doit être celui-ci. (Pas de photo gratuite, hélas.)

On commence notre séjour à Bièvres, pour visiter la Maison littéraire de Victor Hugo, le Château des Roches. Le célèbre auteur fréquentait cette maison, qui abrite de nos jours environ 6 500 brouillons, épreuves d’imprimerie et autres manuscrits de Hugo. Puis on visite le Château de Saint-Jean-de-Beauregard, château du XVIIe siècle, toujours en bon état, avec un pigeonnier, des écuries, un potager et un parc de 20 hectares. (Mais attention, ouvert seulement le dimanche.) À Athis-Mons, on visite un musée inhabituel, le Musée Delta, consacré à l’aile Delta, mieux connue pour son utilisation dans le Concorde et le SR-71 Blackbird — il y a un Concorde sur place pour explorer ! À Viry-Châtillon, dans le domaine du Piédefer, on trouve le Nymphée, une salle décorée complètement en rocailles et en coquillages. (Attention — ouvert seulement le samedi.)

À la préfecture, Évry-Courcouronnes (fondée en 1964 !), on trouve la Cathédrale de la Résurrection (1 étoile Michelin), la seule cathédrale de France construite entièrement pendant le XXe siècle. Son architecture hyper-moderne en brique rouge est le témoignage ultime de la valeur de toute la construction réussie du Xe au XIXe siècle ailleurs en France. Très proche, on trouve la ville de Corbeil-Essonnes, avec sa cathédrale Saint-Spire, où les bâtiments ont leurs racines dans le Xe siècle. En faisant mes recherches parmi les photos de Wikipédia, je suis tombé horriblement amoureux de Corbeil-Essonnes, alors on va prendre une balade le long de la rivière Essonne, à travers le pont de la rue de Paris. Un peu au sud-ouest, on visite Ballancourt-sur-Essonne pour le Château du Saussay, du XVIIe siècle, qui a la forme de deux châteaux identiques qui s’opposent, ainsi qu’une bibliothèque construite par la famille Colbert, celle du célèbre ministre.

On continue au sud pour le château et parc du Domaine de Courances (ouvert le week-end). Le château est un bâtiment typique du XVIIe siècle, mais le parc, labellisé « Jardin Remarquable », comprend 14 sources et 17 pièces d’eau, toutes nourries par la rivière École. À Milly-la-Forêt, on trouve la Maison Jean Cocteau, où cet artiste hors catégorie a passé les 16 dernières années de sa vie. Il est enterré dans la Chapelle Saint-Blaise des Simples, bâti au XIIe siècle mais décoré par Cocteau lui-même suit à la demande du maire. Notre dernier arrêt est Dourdan, à l’ouest du département, pour son château et Place du Marché-aux-Grains (1 étoile). Là, on explore les halles médiévales, un des seuls châteaux du XIIIe siècle à rester intact jusqu’à nos jours, et l’Église Saint-Germain-L’Auxerrois, du même époque (mais reconstruite plusieurs fois).

Qui sont les personnages les plus connus de l’Essonne ? Missak Manouchian, mort pour la France et maintenant accueilli dans le Panthéon, a été arrêté à la gare d’Évry-Courcouronnes. Héros du blog Arnaud Beltrame — connu mondialement — gendarme qui s’est sacrifié en échange d’un otage, est né à Étampes. Jean-Luc Mélenchon, homme politique, était conseiller à Massy pendant 13 ans, ainsi que sénateur d’Essonne pendant 19 ans. Le chanteur Joe Dassin vivait à Savigny-sur-Orge. La chanteuse Kimberly Mills, dite Kimberose, est née à Athis-Mons. Marcel Fournier et Denis Defforey, les plus grands hommes d’affaires de tous les temps, ont ouvert le tout premier Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois. Charles Perrault, écrivain légendaire de contes de fées, vivait à Viry-Châtillon. La star du 3e plus haut film de mon classement, Françoise Rosay, est morte à Montgeron.

Que manger en Essonne ? En tant que partie de la région naturelle de la Beauce, l’Essonne partage certains plats avec ses voisins du Loiret et de l’Eure-et-Loir : le pithiviers, les mentchikoffs (déjà faits ici), et la soupe de pommes de terre et porc dit le rata beauceron. Mais l’Essonne comprend aussi la grande majorité de l’ancienne Hurepoix, où on cultive ses produits locaux, les pommes de terre Belle de Fontenay, les fraises parisiennes, la menthe poivrée, et le navet francilien (j’aurais juré que ce dernier était un film de Luc Besson). En plats principaux, on y trouve la soupe cressonnière et la quiche au cresson. En dessert, il y a le cochelin, de petits bonhommes à base de pâte feuilletée. Pour boire, il y a de nombreuses brasseries locales, dont Inkraft, La Bouledogue, et Brasserie Ox, les liqueurs de La Distillerie du Gâtinais, et de nombreuses boissons spiritueuses de La Fabrique à Alcool.

Le gâteau du Lion

Notre dessert est une autre expérience genre « Devinez la bonne recette », comme les chichis frégis et les douceurs des Sucs. Je voulais faire le gâteau dit « belflore », mais absolument impossible de trouver une photo qui accordait avec sa description. Et aucune recette fiable. Puis j’ai découvert une page de Belfort Tourisme qui parlait de spécialités liées au célèbre Lion. C’est comment j’ai découvert le gâteau du Lion, notre dessert terrifortain :

Haute résolution en cliquant

À mon avis, ce gâteau est une star du blog. Je sais, vous mourez de curiosité. Allons le faire !

Lire la suite

Mon dîner terrifortain

J’avoue que j’ai eu du mal à chercher mes recettes pour ce dîner. Le Territoire de Belfort a un excellent magazine consacré aux actualités du département, Vivre le Territoire, et tant que l’on peut trouver de la cancoillotte ou du Munster-Géromé, ainsi que de la saucisse de Montbéliard, c’est plein de belles idées. Sinon… on doit travailler un peu. Le dessert devra attendre jusqu’à demain, mais cette fois, voici les œufs durs à l’aurore :

Haute résolution en cliquant

Il n’y a rien à ajouter — allons le cuisiner !

Lire la suite